Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

PYROTECHNIE.

18 Décembre 2013, 08:42am

Publié par pam

15 avril 2008.

Art de dompter l’indomptable, art de l’éphémère pour le “classique” feu d’artifice qui imprime un bref instant la plus grande toile possible : le ciel comme support. Instant si bref que toute mégalomanie est exclue, puis disparition totale car aucun transfert technique sur images ne peut rend compte du fugitif événement et de son contexte : bruit, souffle, odeur, ouverture instantanée sur le cosmos suivi du trou noir.

Acceptation du transfert d’heures, de jours de travail solitaire en poignée de secondes de rêve collectif, gratuit (dans tous les sens du terme), jouissance en apothéose.

Bonheur de détourner la poudre - symbole pivot de “l’art de la guerre” , expression inconvenante due à la juxtaposition insupportable de deux mots antinomiques - à des fins totalement pacifistes.

Quant aux “costumes de feu” : donner en spectacle un bonheur intime et inaccessible d’évoluer dans l’élément le plus dangereux en une symbiose totale, libre, assumée. Caresse mutuelle entre deux incompatibles, impudique si elle était comprise dans son vrai ressenti par le public.

Public partagé entre l’effroi, scepticisme (automate ? trucage ?) , délire joyeux quand le transfert s’opère, car l’instinct primaire de fuite et la fascination enfantine se rejoigne dans le contexte établi et rassurant du “spectacle”. Pour finir par osciller entre scepticisme (plus simple d’imaginer avoir été berné que d’affronter la futilité de ses peurs) et enthousiasme (quand par chance leur capacité de rêve rejoint l’échange de ma jouissance) permettant l’acceptation de l’esthétisme intrinsèque au danger maîtrisé d’une danse avec le feu, dans le feu, non maîtrisé lui, mais accepté, recherché, complice.

Une porte s’ouvre à la généralisation du concept : arrêter de se batte avec, contre, mais jouer ensemble. Chercher un accomplissement au milieu de ce qui semble le comble de l’invivable, l’inacceptable. La vie ? Les autres ? La douleur ?

C’est mon chemin vers la sérénité. Le seul qui me corresponde, qui me parachève, me comble, tout en étant conforme à mes aspirations pacifiquement anarchistes, tranquillement libertaires, profondément gaies. Solitaire mais généreuse dans le don : donner à voir, à aimer, à rêver, à voir aimer et à voir rêver l’autre. Essence du spectacle vivant.

Commenter cet article