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douceur, révolte et espérance...

11 Mars 2014, 07:35am

Publié par pam

Comment ne pas se révolter voir même se mettre en colère devant les constats d'échec tous azimuts (politique, économie, social, écologie, entraide, racisme, sexisme...) ?

Dans tous les domaines il y a lieu de se scandaliser.

Mais on ne peut ni rajouter au négativisme ambiant en critiquant-jugeant-démolissant,

ni constater et reprendre son petit bonhomme de chemin égoïste, la rage en dedans comme dit Higelin,

ni répondre à la violence par la violence (merci Bouddha, Gandhi et tous ceux qui nous ont ouvert les portes par l'exemple d'alternatives pacifistes et positives),

ni sombrer dans une déprime défaitiste et fataliste qui nous prive de notre vie,

ni nous couper totalement d'un monde qui ne nous correspond pas...

Et on ne peut pas non plus accepter l'inacceptable, suivre le mouvement comme des moutons en s'accommodant tant bien que mal d'une société où règnent l'argent, le pouvoir, la compétition, la violence, les inégalités et j'en passe !

Alors comment s'en dépêtrer ? En dénonçant les abus, en signant des pétitions, en manifestant ? En cherchant des alternatives pour vivre et apprendre à nos enfants d'autres valeurs plus "humaines" ? En refusant autant que possible de participer à ce fatras destructeur ? En se repliant sur soi et quelques proches pour faire le moins de mal possible aux autres et à la planète ? En donnant du temps, de l'argent, de l'énergie, de la compassion aux autres ?

Peut être un mix de tout cela, à la mesure de nos capacités individuelles, en essayant de ne pas se prendre au sérieux, sans donner de leçons, sans juger si possible, ouverts à l'inconnu dans tous les sens du terme, et à chaque moment en relevant le positif de chacun et de chaque évènement pour se réjouir de ce qui nous environne plutôt que de chercher à s'en défaire à tout jamais.

Une belle journée commence, je vous la souhaite douce et constructive, portez vous bien.

quelques instantanés qui prouvent s'il en est besoin que rien n'est jamais gagné !

Octobre 2001.

Ziad Jara, d’origine libanaise, un des terroristes du 11 septembre étudiait en Allemagne. Il a du se “regrouper” avec les autres étudiants arabes pour cause d’isolement et de discrimination. Il devient alors, au contact des autres, islamiste et fondamentaliste. Il reste pour ses parents l’ancien étudiant modèle. Spirale : le racisme des uns entraîne l’extrémisme des autres.

7 octobre 2001 : À peine levée, j’entends un journaliste à France Inter qui pleurniche parce que la “France” n’a pas participé dès le début à la “riposte”. Pauvre chéri, il est vexé... opération “liberté immuable”...!!! Envie de vomir tellement ils sont cons et minables, des gosses de 3 ans qui comparent leurs zizis. Qu’ils crèvent tous et qu’on puisse enfin vivre tranquilles. Non seulement je ne me sens pas américaine mais j’ai le droit et le revendique d’être neutre. Depuis le discours de départ à la guerre de Bush j’ai envie de faire flotter un drapeau noir sur la maison. Et vive la provo gratuite !!

2 juin 2005.

Je lis en ce moment le Traité d’athéologie de Michel Onfray. Outre que j’adore sa clarté, son plan... et ce qu’il a à dire ! Ça me touche tellement, il trouve de tels échos en moi que je me sens rebelle en révolte. Ça fait remonter toutes les horreurs catho subies depuis l’enfance. Les mensonges, les duperies, les dissimulations, la fausseté, les hypocrites et menteurs enduits de bons sentiments pourris. Sangsues et méduses.

3 juin 2005.

J’ai poussé un gros soupir (inconscient) tout à l’heure chez Sylviane quand elle m’a traitée de rebelle.

J’y repense au moment de me coucher et je crois que - malgré le fait que je trouve plutôt séduisant de me faire traiter de rebelle, et “titre honorifique” - si j’ai soupiré, c’est qu’il est si dur de vivre sans faire de concession (ou le moins possible !), de refuser de se vendre quelque en soit le prix, d’être toujours la seule à me rebeller, d’en rester seule, de perdre des amis qui décident de se poser-ranger.

12 février 2014.

merci de ton coup de tél de ce matin, j'y pensais en désherbant mes iris (sous la pluie et le vent !)... au sujet de mon dernier article de blog : ce n'est pas de la colère c'est plus une prise de conscience que je souhaite partager, on ne fera pas changer les choses si on ne partage pas nos révoltes quand à ce qu'on cherche à nous imposer et surtout ça concerne avant tout la société dans laquelle vont devoir vivre nos enfants, nos petits-enfants, comme dit l'autre s'ils nous demandent un jour mais qu'avez-vous fait ? que leur répondrons-nous ? Leur proposer d'autres choix de vie, être des exemples, nous battre (pacifiquement) contre ce que nous ne pouvons accepter... Quand j'écris ce genre de texte, je me dis que si une seule personne me lit et prend conscience qu'on ne peut plus rester les bras croisés, que si on se laisse faire, il faudra de nouveau voir des femmes subir des curetages à vif, des filles se faire écraser par des garçons dans les cours de récré, les femmes sont toujours payées 30% de moins que les hommes, l'Europe vient d'accepter un nouveau maïs OGM, on reparle d'autoriser les forages pour le gaz de schiste et pendant ce temps plus personne ne parle d'arrêter le nucléaire ni du fric que va couter non seulement le démantèlement des centrales mais simplement leur entretien puisque la plupart ont dépassées leur durée de vie prévue au départ.... il y a tant de choses qui ne vont pas je suis plus écoeurée et scandalisée des couleuvres qu'on cherche à nous faire avaler. C'est trop tard pour la colère !

Il y a une demi-heure je faisais un soin à une femme de Figeac qui subit en ce moment des chimio douloureuses. On lui a enlevé des ganglions sains et maintenant elle souffre, pourquoi enlever ce qui n'est pas atteint ? Ces ganglions ont une utilité. Je ne lui ai rien dit mais comment aider les gens qui subissent des trucs pareils ? Et ici il faut faire chaque jour l'aller retour jusqu'à Rodez pour être traité. Donc deux ou trois heures de route en plus de la fatigue des soins.

C'est la tempête dehors, il faut que j'aille voir si tout va bien. Mais ce que je cherchai à dire c'est que je ne peux essayer de soigner d'un côté sans chercher à faire de la prévention le reste du temps. C'est un tout.

Bien sur, jardiner, créer, bricoler, écouter Mozart, lire un bon bouquin, méditer, me réjouissent l'âme mais je crois que la révolte fait partie de moi alors j'essaye juste de faire ma part comme le colibri de Rahbi !

douceur, révolte et espérance...

et d'autres instantanés :

Il n’y a pas de révolte possible à l’intérieur d’une prison ; le seul vrai courage c’est de s’évader.

“ Des gosses aux mentons duveteux, doux comme une peau de pêche, leurs corps tendus par la frustration de ce qu’ils n’ont pas. Ils veulent mais ils n’ont pas, et se répètent Pourquoi. Pourquoi eux et pas nous ? “. C. B. Divakaruni.

“ Tu aurais intérêt à prendre la responsabilité de ta vie telle qu’elle est, au lieu de blâmer les autres, ou les circonstances, pour la situation dans laquelle tu te trouves.” Dan Miller in “ Le guerrier pacifique”.

“ Moi, je veux tout tout de suite - et que ce soit entier - ou alors je refuse ! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d’un petit morceau si j’ai été bien sage ! Je veux être sûre de tout aujourd’hui et que cela soit aussi beau que quand j’étais petite - ou mourir.” Jean Anouilh in “ Antigone”.

“La révolte vous saisit comme une grande colère pourpre, vous mord d’un seul coup et se recouche aussitôt.” Andrée Chedid “Le sixième jour”.

“Un militant kurde, las d’avoir plaidé sans jamais obtenir de secours pour les plus démunis de ses vingt-cinq millions de concitoyens - que leur non-existence nationale vouait à l’oppression -, résolut, en désespoir de cause, de demander une aide alimentaire et médicale pour les mulets du Kurdistan durement éprouvés par les bombardements de l’aviation irakienne. L’avoine, l’orge et la pénicilline leur tombèrent du ciel. Ils purent faire du pain et soigner leurs blessés.”

Jean Bertolino in “Chaman”.

“Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égard ni patience”. René Char.

“Si tu ne participes pas à la lutte, tu participes à la défaite.” Nietsche.

“Lorsqu’un changement s’effectue d’une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte. “ Olivier Clerc.

"Nous commettons énormément d'erreurs. Si nous interrogeons les gens que nous estimons sages et courageux, nous pouvons constater qu'ils ont nui à des tas de gens et qu'ils ont fait beaucoup d'erreurs, mais ils se sont servis de ces occasions comme moyen d'être plus humbles et d'ouvrir leur coeur.

Nous ne devenons pas sages en restant dans une pièce dont les portes et les fenêtres sont fermées."

Pema Chödrön: "La Voie commence là où vos êtes"

Ne vivons plus comme des esclaves. Yannis Youountas.

Les infos... même si le téléspectateur sait bien que c'est rempli de mensonges, car il croit de moins en moins ce qu'on lui raconte, mais inconsciemment il entend continuellement les mêmes noms, les mêmes infos, et même s'il n'y croit pas, juste par l'écoute répétée, la propagande finit par agir et vider le cerveau. Les producteurs de télévision arrivent quand même à leur but.

Ce qui peut pousser les gens à regarder plus loin, c'est sans doute un choc. Les choquer avec des projets qui rendent notre vie plus simple, plus facile et plus sensée.

Une façon de résister est de s'auto-organiser. Reprendre les structures que l'Etat détruit actuellement l'une après l'autre. Puisque de toutes façons c'est nous qui avons tout construit. Nous sommes donc capables de les reconstruire autrement... Créer des brèches d'auto-organisation et d'autonomie dans la ville.

C'est à nous de décider comment nous organiser pour nous sentir mieux et être plus efficace. C'est vraiment à nous de choisir.

"Nous sommes traités comme des animaux de laboratoires. Des apprentis sorciers testent sur nous une nouvelle étape du capitalisme avant de l'étendre à tout le continent. Ils testent notre capacité à survivre à la multiplication des privations, à nous rebeller, à nous échapper, à imaginer et créer des alternatives. S'ils parviennent à nous mettre à genoux, ce sera bientôt votre tour."

"Envisager une autre économie, d'autres rapports sociaux, modes de productions et de vie passe pour irréaliste, comme si la société de la marchandise, du salariat et de l'argent était indépassable. En réalité, une foule d'indices convergents suggèrent que ce dépassement est déjà amorcé." André Gorz.

"Plus la crise s'aggrave et les inégalités augmentent, plus le néo-fascisme apparaît comme l'idéologie ou la politique capable de sauver la population en souffrance. il est tellement facile de faire croire que c'est la faute des autres ! (...)
Le fascisme porte des masques différents. en Grece, en France et ailleurs mais le visage est le même.
Soyez vigilants.

"Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ;

ce sont ceux dont un dessein ferme remplit l'âme et le front.

Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime

Ceux qui marchent pensifs,

épris d'un but sublime."

Victor Hugo, Les châtiments, 1853.

douceur, révolte et espérance...
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A
Quel courage il faut pour ne jamais renoncer à se révolter alors que tout nous y pousse...
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