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Captivé par le flot du temps...

6 Juillet 2014, 06:59am

Publié par pam

Extraits (ou résumé ou fiche de lecture !) de

"Plaidoyer pour le bonheur" de Matthieu Ricard.

Chapitre XIX - CAPTIVÉ PAR LE FLOT DU TEMPS.

“Une bonne vie est caractérisée par une absorption totale dans ce que l’on fait.”

Lorsqu’il exécute une œuvre, l’artiste absorbé par son œuvre, et en poursuivant le travail jusqu’à son terme, oublie fatigue, faim, inconfort. Le fait d'être immergé dans ce que l’on fait compte plus que le résultat de l’action. Le plaisir de l’acte constitue la motivation principale. C’est l’expérience du flux, une résonance s’établit entre l’action, le milieu extérieur et la pensée. Cette expérience peut toucher au ravissement. C’est l’opposé de l’ennui et de la dépression, mais aussi de la fébrilité et de la distraction. La conscience de soi s’estompe, ne reste que la vigilance du sujet qui se confond avec l’action et ne s’observe pas lui-même. L’esprit est à la fois focalisé et détendu.

Si une tâche est trop difficile, la tension s’installe, puis l’anxiété, si elle est trop facile, on va se relâcher et vite s’ennuyer.

Tout dépend de la façon dont on vit l’expérience du temps qui passe.

Les personnes qui entrent le plus facilement dans cette expérience du flux sont généralement intéressées et curieuses des choses de la vie, persévérantes et douées d’un faible égocentrisme, dispositions qui permettent d’être motivé par des gratifications intérieures.

La prise en considération de l’expérience du flux a permis des améliorations de conditions de travail, d’agencement de musées, et surtout de pédagogie scolaire.

À l’opposé du flux, l’un des symptômes majeurs de la dépression est l’égocentrisme. Nombreux sont ceux qui colportent le sentiment de l’importance de soi, produisant une génération de narcissiques dont la principale préoccupation est de savoir comment ils se sentent. N’avoir de cesse d’exaucer ses moindres désirs, voilà la recette assurée du mécontentement.

L’expérience du flux n’est pas à confondre avec le plaisir : le plaisir est facile, n’exige aucune aptitude particulière, c’est une puissante source de motivation mais il n’engendre pas le changement. Le sentiment de gratification n’est pas toujours plaisant, peut même être stressant. Ce qui est gratifiant produit l’expérience du flux mais demande une certaine aptitude, des efforts et comporte des risques d’échec. Croire qu’on peut prendre des raccourcis pour atteindre à une satisfaction profonde et se dispenser de développer ses qualités et ses vertus est une folie. Ce genre d’attitude produit des légions de dépressifs qui, plantés au milieu de grandes richesses, meurent de faim spirituellement. Mais l’expérience du flux n’est qu’un instrument, pour qu’elle puisse engendrer à long terme une meilleure qualité de vie, elle doit être imprégnée de qualités humaines : altruisme, sagesse... La valeur du flux dépend de la motivation qui colore l’esprit. Elle se révèle précieuse quand il s’agit d’apprécier chaque instant de l’expérience, de le mettre à profit de façon constructive.

Thich Nhat Hanh propose un exercice de marche attentive.

La contemplation de la nature de l’esprit est une expérience profonde et fertile qui combine la relaxation (calme intérieur) et le flux (présence d’esprit claire et éveillée, attentive mais sans tension). Mais elle exige une lucidité d’esprit ou l’effacement du moi est total. On pourrait dire que l’être “éveillé” demeure constamment dans un état de fluidité altruiste et sereine.

Captivé par le flot du temps...

Essayons de passer la journée avec ça en tête et donnons-nous rendez-vous à nous-mêmes ce soir.... Bonne journée à tous.

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