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COMMENT VIVRE ENSEMBLE ?

16 Juillet 2014, 05:56am

Publié par pam

extraits, résumé, fiche de lecture, simple outil pour donner envie de lire ou de relire, pour méditer, pour occuper l'esprit quand les mains sont à l'ouvrage...suite...

MICHEL ONFRAY. ANTIMANUEL DE PHILOSOPHIE.

Leçons socratiques et alternatives.

COMMENT VIVRE ENSEMBLE ?

4 - LA LIBERTÉ. L’architecte, le pédophile et Internet.

Pourquoi votre lycée est-il construit comme une prison ?... tout ce qui manifeste l’autonomie de l’individu (la possibilité de décider de son existence dans son moindre détail) gêne considérablement la société dans son ensemble. La société n’aime pas la liberté car elle n’engendre pas l’ordre, la cohérence sociale, la communauté utile, mais plutôt l’éclatement des activités, l’individualisation et l’atomisation sociale. La liberté fait peur, angoisse, elle inquiète l’individu, qui se retrouve face à lui-même, dans le doute, devant la possibilité de choisir, donc d’expérimenter le poids de la responsabilité ; mais elle gêne aussi la société qui préfère des personnages intégrés dans le projet prévu pour chacun plutôt qu’une multiplicité de pièces jouées par des petits groupes d’individus.

L’usage libre de son temps, de son corps, de sa vie engendre une angoisse plus grande que si l’on se contente d’obéir aux instances génératrices de docilité (famille, école, travail...)... tout vise moins pour vous une compétence qu’une mesure de votre aptitude à l’obéissance, à la docilité, à la soumission aux demandes du corps enseignant.

Quiconque contrôle les flux contrôle les individus qui les constituent. Partout vous devez pouvoir être vu. Le quadrillage de l’espace est rendu possible par l’architecture. Votre liberté individuelle disparaît dans les quadrillages d’espace (architecture) et les quadrillages de temps (administration) : écoles, prisons, casernes, atelier. Il s’agit avant tout d’encager les possibilités multiples de la liberté pure pour les contraindre à passer par le trou d’aiguille de la discipline sociale. Le but non avoué étant d’éteindre les formidables puissances de désordre contenues dans une liberté sans limite.

Gilles Deleuze (1924-1995) : “Crise des institutions = installation progressive et dispersée d’un nouveau régime de domination... Réformer l’école, l’industrie, l’hôpital, l’armée, la prison, chacun sait que ces institutions sont finies, à plus ou moins longue échéance. Il s’agit seulement de gérer leur agonie et d’occuper les gens, jusqu’à l’installation de nouvelles forces qui frappent à la porte. Ce sont les sociétés de contrôle qui sont en train de remplacer les sociétés disciplinaires.”

Déterminisme : être dans la peau d’un individu qui n’a pas le choix et subit son impulsion sans pouvoir y résister. Il suppose une force contraignant un individu à se comporter d’une façon qui ne relève pas d’un choix conscient. Malgré le processus éducatif, certains dressages ne suffisent pas pour empêcher un comportement déviant. Un déterminisme peut être façonné par le contexte socioculturel de l’époque. Une époque, une histoire, une géographie, une culture, une civilisation fabriquent des déterminismes auxquels on n’échappe pas. Le déterminisme peut aussi être physiologique, en l’occurence génétique : on ne choisit pas son corps et les caractères transmis par l’hérédité.

Les influences les plus puissantes, les moins visibles mais les plus repérables dans leurs conséquences sont les influences psychiques. Ce que nous sommes, goûts, dégoûts, plaisirs, désirs, envies, projets, tout procède et découle de la puissance de l’inconscient. Chacun de vous est déterminé à être ce qu’il est aujourd’hui. Et si le choix existait, hors déterminismes, la plupart choisiraient d’être autres que ce qu’ils sont. Généralement, l’individu dispose d’une liberté minimale et subit des contraintes maximales. On constate que la liberté existe en doses différentes chez les individus, mais pour l’essentiel, on est choisi par plus fort que soi, on obéit.

La croyance à la liberté ressemble étrangement à une illusion.

Spinoza : “Telle est cette liberté humaine que tous les hommes se vantent d’avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes que les déterminent.”

Vous vous retrouverez dans la peau du censeur de vos désirs anciens censurés hier par vos parents. Ce que chacun s’autorise, il ne le tolère pas forcément des siens ou des autres en général.

Les libertés sont plus faciles à revendiquer qu’à accorder.

Une liberté qui ne rencontre aucune limite ne peut se définir, se préciser. Les limites sont là où une nuisance s’ensuit de son usage, pour soi ou pour autrui. Mais qui est habilité à juger des nuisances?

L’exercice de la liberté suppose donc un apprentissage. La liberté se borne en regard des impératifs religieux et éthiques qui permettent de construire et d’entretenir une société dans les règles. Ainsi, vous êtes libre tant qu’une figure d’autorité ne vous l’interdit pas....

On doit aussi envisager la loi morale.

La liberté d’un enfant, c’est donc celle que définissent pour lui ses parents. Idem pour un handicapé mental ou un vieillard sénile.

Bakounine (1814-1876) : “N’en déplaise aux métaphysiciens et aux idéalistes religieux, philosophes, politiciens ou poètes : l’idée de Dieu implique l’abdication de la raison et de la justice humaines ; elle est la négation la plus décisive de la liberté humaine et aboutit nécessairement à l’esclavage des hommes, tant en théorie qu’en pratique.

Si Dieu est, l’homme est esclave ; or, l’homme peut, doit être libre ; donc Dieu n’existe pas.”

COMMENT VIVRE ENSEMBLE ?

merci d'être là si nombreux pour suivre ce blog, grâce à vous ce matin je redécouvre ce chapitre qui m'avait profondément touché, avec une impression de rentrer à la maison !

" Il s’agit avant tout d’encager les possibilités multiples de la liberté pure pour les contraindre à passer par le trou d’aiguille de la discipline sociale. Le but non avoué étant d’éteindre les formidables puissances de désordre contenues dans une liberté sans limite."

qu'en termes élégants ces choses-là sont dites, et du coup elles touchent plus qu'un long discours, comme certaines pancartes dans une manif !!

Et la peur que cela génèrent chez les conventionnels et les hommes de pouvoir... et chez chacun de nous finalement quand il s'agit de dire ou faire ou décider "en toute liberté"....

Et parce que "Les libertés sont plus faciles à revendiquer qu’à accorder. " j'ai supprimé l'article de dimanche dernier, en vous remerciant pour vos touchants commentaires.

En vous remerciant de votre attention et en espérant vous avoir donné envie de lire ou relire Onfray, passez tous une bonne journée.

Refusons de poser des limites à la liberté de nos proches mais parallèlement refusons d'eux qu'ils essayent d'en poser pour nous et notre liberté.

COMMENT VIVRE ENSEMBLE ?

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