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Apprendre à rester présent (suite)...

4 Août 2014, 05:28am

Publié par pam

PEMA CHÖDRÖN. “LES BASTIONS DE LA PEUR”.

Pratique du courage dans les moments difficiles.

Extraits, résumés, fiche de lecture du chapitre 4 (suite) :

DÉTERMINATION : en pratiquant la méditation, on renforce sa capacité à être ferme avec soi-même. Quoiqu’il advienne (courbatures, ennui, sommeil, pensées et émotions les plus folles) on reste loyal envers son expérience. Il ne faut jamais sous-estimer sa tendance à tout laisser tomber quand on a mal. On nous encourage à méditer chaque jour, même peu de temps, pour développer la fermeté envers soi. Quelques soient les circonstances, à force de méditer, on s’aperçoit que l’objet de la méditation n’est pas de bien méditer ou d’atteindre un état idéal mais de savoir rester présent à soi-même. On ne peut se délivrer des schémas d’autodestruction sans acquérir une intelligence pleine de compassion de ce qu’ils sont.

Être dans son corps. On peut commencer par fixer son attention sur chaque parties du corps, respirer en fixant son attention sur les zones douloureuses. À n’importe quel moment de la méditation, on peut rapidement se remettre en phase avec la sensation d’unité dans son corps. Pour un instant on peut ramener directement sa vigilance à ici et maintenant.

Dans la méditation, on découvre son agitation innée. On trouve tous une sécurité et du confort dans le monde imaginaire des souvenirs, fantasmes, projets, on refuse de demeurer dans la nudité de son expérience présente. Alors douceur et humour peuvent donner la force de s’apaiser. L’entraînement par la douceur donne souplesse et sûreté en soi, non bouleversé par les situations imprévisibles et peu rassurantes. Chaque fois que l’on s’égare, il faut s’encourager avec douceur à RESTER, à s’apaiser, ainsi la détermination se cultive.

VISION CLAIRE : après avoir médité quelques temps, il est fréquent de constater qu’on régresse au lieu d’avancer vers l’éveil. Ces expériences sont signe qu’on commence à y voir plus clair, on devient peu à peu très honnête avec soi, on a moins d’illusion sur soi. On croit qu’on va trouver Bouddha, ou le sens de la vie et de toutes les souffrances et au lieu de ça on arrive face à soi, sans aucune chance de truquer quoi que ce soit. (Jack Kerouac)

La méditation demande de la patience. Si l’on n’a pas de compassion envers soi, le processus devient de l’auto-agression. La compassion envers soi permet de stabiliser son esprit, nécessaire pour travailler avec ses émotions, pour apprendre à rester en méditation.

On nous enseigne à être simplement dans l’instant présent, conscient de notre respiration, de ne pas porter de jugement quand notre esprit s’égare, revenir à la respiration, à la présence. Et notre confusion, notre ignorance commencent à se transformer en vision claire. Penser devient un nom de code pour voir “juste ce qui est”. Il ne s’agit pas de se débarrasser de ses pensées mais de voir clairement nos mécanismes de défense, nos croyances négatives à propos de nous-même, nos désirs, nos attentes. On voit aussi la bienveillance, la vaillance et la sagesse qu’il y a en nous. Grâce à la pratique régulière de la technique d’attention-conscience en éveil, nous ne pouvons plus nous cacher de nous-même. Nous voyons les murs que nous érigeons pour nous protéger de l’expérience nue, commençons de les ressentir comme une contrainte alors que nous les avions érigé pour notre confort et sécurité. Nous voulons détruire ces murs entre nous et les autres.

FAIRE L’EXPÉRIENCE DE NOTRE DOULEUR ÉMOTIONNELLE : beaucoup utilisent la méditation comme un moyen d’échapper aux émotions pénibles. Ce n’est pas un moyen de répression, il faut demeurer ouvert à tout ce qui surgit, sans condamner ni justifier notre expérience.

Trungpa Rinpoché décrit l’émotion comme une combinaison d’énergie qui existe d’elle-même et de pensées. Elle ne peut proliférer sans nos conversations internes. Dans la méditation, on étiquette nos pensées avec le mot “penser” et on les abandonne. Mais sous les pensées demeure une énergie vitale, vibrante. La pratique consiste à rester avec elle, en faire l’expérience, la laisser comme elle est. Quand la douleur émotionnelle surgit sans avoir été invitée, on laisse se dérouler le scénario et on reste avec l’énergie. Expérience ressentie et non commentaire sur ce qui se passe. Si on arrive à demeurer avec l’énergie sans passer à l’acte ni la réprimer, elle réveille le méditant. Mais passer à l’acte et refouler cette énergie sont des tactiques pour tenir sa douleur affective à distance... ce qui ne fait que la renforcer. Ne pas pouvoir extérioriser sa colère par exemple permet de faire l’expérience de sa propre énergie.

La sagesse est inhérente aux émotions. Lutter contre son énergie, c’est rejeter la source de la sagesse. Habituellement, quand nos émotions s’intensifient, on a peur. Dans la méditation, on s’exerce à laisser tomber les histoires qu’on se raconte et à se mettre à l’écoute des émotions et de la peur. On apprend à ouvrir son cœur à l’agitation de sa propre énergie et à rester avec la douleur émotionnelle.

ATTENTION AU MOMENT PRÉSENT : on fait le choix, instant après instant, d’être complètement là. Être présent à son esprit et à son corps est une manière d’être tendre avec soi, envers les autres, envers le monde. Cette qualité d’attention est inhérente à la capacité d’aimer. On touche les pensées en les reconnaissant comme l’action de penser et puis on les laisse tomber. Approche non agressive pour apprendre à être présent.

Parfois on aime ses pensées au point de refuser de les lâcher. Notre monde imaginaire peut être très séduisant. On apprend à consentir un effort en douceur pour rompre avec ses schémas habituels, on s’entraîne à cultiver la compassion envers soi.

Apprendre à rester présent (suite)...

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