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la maladie comme maître ?

9 Août 2014, 07:07am

Publié par pam

RÉFLEXIONS D’UN MÉDECIN BOUDDHISTE À L’USAGE DES SOIGNANTS ET DES SOIGNÉS.

Dr. Daniel Chevassut. suite des notes de lecture...

Dénominateur commun : tout l’enseignement du Bouddha repose sur la libération de la souffrance et sur les moyens pour y parvenir. l’objectif de la médecine est de soulager la souffrance des malades et de les guérir chaque fois que c’est possible.

Albert Einstein : “S’il y a une religion qui puisse s’accommoder des exigences de la science moderne, c’est bien le bouddhisme.”

En effet, le message transmis par le Bouddha préconise d’expérimenter soi-même les principes du Dharma, démarche qui me satisfait entièrement d’un point de vue scientifique. “Nous ne devons pas croire à une chose parce qu’elle a été dite, ni croire aux traditions parce qu’elles ont été transmises, ni croire sur la simple autorité de nos maîtres ou instructeurs.” Cela dit, le bouddhisme propose une direction, mais en aucun cas il n’impose quoi que ce soit.

- LA MALADIE COMME MAÎTRE.

Mourir est une succession de deuils à vivre : on fait le deuil de sa santé, puis de sa vitalité et de son indépendance, ce qui amène à réfléchir à la question de la vulnérabilité. Puis deuil de ses identifications (sociale, familiale) ; dans la vie, c’est l’autre qui vous confère votre statut, l’autre qui vous indique le rôle qu’il convient de jouer au bon moment. L’image de soi change, la maladie transforme. Tout cela abouti progressivement à une dépression réactionnelle avec une douleur morale profonde.

Puis quelque chose en soi cède, on accepte de mourir. Pas résignation mais acceptation du corps et de l’esprit. Cet état s’accompagne d’une paix indescriptible, à l’origine pour moi de ma quête spirituelle.

Changements psychologiques : comment expérimenter une douleur physique intense et en même temps être intérieurement en paix ? Et aussi changement de notre relation au monde et à l’environnement. Plus grande transparence et plus grande acuité de perception. Plus grande aptitude à communiquer avec la nature, plantes, animaux. Plus le degré de connaissance spirituelle s’affine, plus le rapport avec le monde naturel s’élabore.

Poème persan : “La Vie est dormante dans le minéral, rêve dans la plante, se réveille dans l’animal et devient consciente d’elle-même dans l’homme.”

Graf Dürckheim, philosophe : “À condition que l’homme comprenne à quoi il a affaire, la grande expérience est un tournant et un bouleversement. Elle induit une transformation de l’attitude globale envers la vie.”

Cette maladie fut un élément déterminant dans ma quête spirituelle. Elle m’aide à mieux ressentir ce que l’autre peut éprouver et à ne jamais oublier la compassion ni l’enfer psychologique que l’on peut parfois expérimenter quand on s’apprête à quitter ce monde ou lorsqu’on est atteint d’une maladie sévère, longue et invalidante.

la maladie comme maître ?

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