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principes de base de la méditation...

13 Août 2014, 07:51am

Publié par pam

continuons le résumé de "Réflexions d'un médecin bouddhiste à l'usage des soignants et des soignés" Dr. Daniel Chevassut.

- PRINCIPES DE BASE DE LA MÉDITATION.

Pour réaliser cet objectif, le moyen est la pratique de l’attention. Être attentif, présent et pleinement conscient à ce qui est Aussi bien intérieurement dans sa tête et dans son corps qu’à l’extérieur : environnement, situation vécue... Pour éliminer progressivement l’habitude du mental de partir dans tous les sens, on utilise un support comme le souffle pour le fixer. On reste donc posé sans distraction sur le va et vient du souffle, on ne bloque pas pensées ou sensations (physiques ou psychologiques) et on ne les suit pas non plus. On expérimente alors progressivement cet état témoin. Tout est vu, éprouvé, mais sans identification, ni fixation, ni tentative d’appropriation. C’est un acte de dépossession.

Ce type de travail sur soi a pour résultat de développer un esprit paisible, réceptif, disponible et apte à se concentrer rapidement et efficacement sur ce qui est approprié en fonction du lieu et du temps. Il favorise donc l’expression d'une attitude juste mais aussi le développement de l’intuition. D’ailleurs, si on est vraiment réceptif à une situation, l’esprit est en paix et souvent la solution s’impose d’elle-même.

Outre l’esprit, la méditation implique un travail sur le corps, par le biais de la posture. La position du corps a d’elle-même un effet apaisant. Le plus important est la rectitude du dos. Le corps est parcouru de canaux subtils (nadi en sanscrit), dans lesquels circule l’énergie (prâna en sanscrit). La production et la qualité des pensées, émotions et rêves sont étroitement liées à la circulation de cette énergie.

“L’axe vertébral est la manifestation physique de la verticalité. À ce titre, il occupe une place essentielle dans l’équilibre et l’épanouissement de l’être. La verticalité n’est pas seulement une posture corporelle, mais aussi le reflet de la présence à l’instant, dans laquelle aucune énergie n’est dispersée dans la remémoration du passé ou l’anticipation du futur. Dans cette intemporalité, libre du moi et de ses illusoires sécurités, le corps trouve sa dignité naturelle et son repos parfait.” Jean-Marc Mantel.

L’outil pour observer le corps subtil (canaux, centres d’énergie...) est la conscience, mais une conscience plus affinée que celle dont nous faisons habituellement l’expérience, une conscience progressivement purifiée par le travail de la méditation.

Bokar Rimpotché : “Les scientifiques nous révèlent un grand nombre de choses que nous n’avons pas la capacité de percevoir par nous-mêmes. Cependant, malgré tout leur savoir, malgré les découvertes merveilleuses qu’ils opèrent, il reste un domaine qu’ils ne savent ni approcher ni comprendre : celui de la nature de l’esprit. Ce domaine est précisément celui de l’enseignement du Bouddha.”

Seul l’esprit peut connaître et analyser l’esprit, et la première étape de cette observation consiste à développer un état intérieur clair et serein.

Par ailleurs, le niveau de conscience du sujet modifie considérablement l’observation de l’objet. Nous percevons les choses en fonction de ce que nous sommes. D’après le principe d’incertitude du physicien Heisenberg, la qualité de conscience de l’observateur peut modifier la nature ou la structure de l’objet observé. Cette vision quantique selon laquelle les atomes forment un univers d’événements multiples plutôt qu’un monde figé d’éléments et d’états, crée beaucoup d’espace dans les possibles de la relation humaine. Cela signifie que la qualité d’être du médecin a une influence directe sur la santé de son patient.

Il y a une compréhension qui naît de la pratique de la méditation elle-même. L’accès à certaines réalités implique en effet un niveau de maturation de la psyché et de la conscience équivalent.

Ces connaissances sont le fruit de l’expérience spirituelle des grands maîtres du passé. Rien n’a donc été inventé.

Bokar Rimpotché : “S’engager sur la voie de la méditation implique que l’on en connaisse la finalité, les moyens utilisés et les résultats obtenus :

- Reconnaître que la source de toute souffrance et de tout bonheur est l’esprit lui-même et que, donc, seul le travail sur l’esprit permet d’éliminer la première et d’établir le second de manière authentique et définitive.

- Connaître les conditions auxiliaires nécessaires : désir de méditer, instructeur qualifié, lieu retiré.

- Savoir poser son esprit en méditation : sans suivre les pensées du passé ou de l’avenir, établir dans le présent son esprit, ouvert, détendu, lucide et le fixer sur l’objet de concentration choisi.

- Savoir quels sont les fruits temporaires et ultimes de la méditation : sérénité, liberté face aux circonstances et enfin, l’état de Bouddha.”

principes de base de la méditation...

- LA MÉDITATION EST-ELLE SANS RISQUES ?

Toute la difficulté consiste à maintenir une cohérence dans le fonctionnement du corps et de la psyché, tout en conservant cette vision profonde, même si, inéluctablement, il y a des périodes de crises. Entre l’éveil de la conscience et l’ignorance, il y a un entre-deux qui peut parfois être inconfortable, mais qui est aussi en même temps très tonifiant.

Je ne sais pas exactement où j’en suis sur le chemin spirituel, mais je sais que pour rien au monde ne ne reviendrais en arrière. Cela serait de toute façon impossible.

Pratique mal comprise : la torpeur est un danger, il est essentiel de maintenir un esprit vif et clair pendant la méditation. Il vaut mieux raccourcir le temps de méditation ou reporter en cas de fatigue. Sinon cette torpeur risque de nous faire développer une apathie dans le reste de l’existence. Il faut de la rigueur.

La pratique peut révéler des problèmes antérieurs. La méditation favorise progressivement une transparence intérieure. Dans cette transparence, la censure répressive de la psyché se relâche, tout un contenu mental et émotionnel inconscient est susceptible de remonter à la surface. Il faut donc savoir travailler avec ce qui peut se révéler désagréable, voire inacceptable. Un dysfonctionnement mental sévère peut constituer un obstacle majeur dans le cadre de la pratique contemplative.

Enfin, quand tout se passe bien, la structure égotique, se sentant menacée par une pratique méditative bien conduite, va réagir de multiples façons : le plus souvent par l’ennui, l’orgueil, la tristesse ou la dépression. Ce cas particulier n’est pas sans rappeler le phénomène du sevrage. On peut aussi éprouver de la peur, plus dans l’approche de la vision supérieure.

Aristote : “De même que les yeux des oiseaux de nuit clignotent devant l’éclat de la lumière du jour, ainsi le regard des mortels est ébloui devant ce qui est le plus manifeste.”

Tout cela se travaille, en comprenant entre autre que ce sont des effets secondaires d’une pratique efficace (variables en fonction de chacun).

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