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Oublier les mâles alpha : féminiser la politique.

23 Septembre 2014, 05:45am

Publié par Cyril Dion

le 22 septembre 2014 dansCyril Dion

Ce dimanche 21 septembre 2014 nous a offert un spectacle politique contrasté. D’un côté, l’imminence du rassemblement, à New York de centaines de chefs d’Etats, déclenchait, à l’initiative d’ONG comme 350.org, Avaaz, la Fondation Nicolas Hulot en France… 2808 marches pour le climat dans 166 pays du monde.

Nous avons vu des citoyens descendre par dizaine, voir centaine de milliers (plusieurs dizaines de milliers à Paris, plus de 300 000 à New York) pour dire leur volonté de passer à des énergies 100 % renouvelables, sortir du pétrole, du charbon, du nucléaire (qui n’est pas supposé émettre de CO2, mais est responsable de nombreux autres dangers) et entrer intelligemment dans le XXIè siècle.

Il y avait de quoi se réjouir en voyant la plus grande marche pour le climat qui ait jamais eu lieu, défiler de long de Central Park. Il y avait de quoi vibrer en égrenant les images de toutes les villes, de tous les visages, des pancartes, des vieux, des jeunes, des enfants qui marchaient en souriant, main dans la main, pour dire leurs aspirations à une planète vivable, solidaire, pour les générations à venir. Un mouvement populaire se structure, se mobilise, hors des intérêts particuliers, et peut devenir une force nouvelle. S’il est capable de prendre de l’ampleur, de rassembler tous ceux qui agissent dans l’ombre, de se rendre audible et désirable pour une large part de la population, démobilisée par la politique traditionnelle, il peut faire une véritable différence dans les décennies à venir.

La politique des mâles alpha

Pendant ce temps, sur France 2, l’événement était le retour de Nicolas Sarkozy. De celui qu’une partie de son camp considère comme « le chef », capable de « remettre de l’ordre », de « guider », de « diriger » une France à la déroute.

Depuis quelques semaines, ce retour nous donne l’occasion de voir à quel point les archétypes ancestraux du mâle alpha, se tapant sur la poitrine, donnant de la voix, se conduisant comme un patron, un père, un protecteur, ont la vie dure. Début 2014, le sondage annuel d’Ipsos révélait que 84 % des sondés estimaient toujours que l’“on a besoin d’un vrai chef en France pour remettre de l’ordre” (ils étaient 87 % en 2013).

Les figures répondant à ces critères (virils, autoritaires, riches ou faisant grand cas de l’argent, parfois brutaux, séducteurs, se posant en rempart…) sont toujours la norme dans nombre de pays (ont l’ont été il y a peu) : Vladimir Poutine, David Cameron, George W. Bush, Silvio Berlusconi, Xí Jìnpíng, Benjamin Netanyahu, Nicolas Sarkozy…

Or, que pouvons-nous attendre de ce type de figures pour résoudre les problèmes résolument complexes, interdépendants, demandant de sortir des logiques de domination, de compétition, de pouvoir, pour entrer dans celles de la coopération, de l’intérêt général, du partage… Toutes ces qualités sont plutôt féminines (sans être pour autant l’apanage des femmes, féminin et masculin cohabitant, à l’image du Yin et du Yang orientaux, en chacun). Non seulement nous avons besoin de plus de femmes dans les sérails politiques, mais nous avons surtout besoin que les valeurs féminines irriguent la société toute entière : faire ensemble, d’abord dans l’intérêt des enfants, des êtres humains en général, respecter, revenir à l’essentiel, ne pas systématiquement vouloir avoir raison, être le premier, le plus fort, écouter sa sensibilité et pas seulement son intellect…

Aujourd’hui trop de femmes doivent se comporter comme des hommes pour prendre le pouvoir, et reproduisent le pire du masculin (Margareth Thatcher comme le chantait Renaud, en reste un archétype stupéfiant). Devenons plus féminins. Trouvons le juste équilibre entre nos polarités. Débarrassons-nous des chefs du passé et construisons le présent ensemble, comme des adultes pleinement solidaires et responsables. Il est grand temps.

Par Cyril Dion

Oublier les mâles alpha : féminiser la politique.

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