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au sujet de la violence...

9 Octobre 2014, 05:55am

Publié par pam

Très récemment trois de mes amis, à Paris et à Toulouse, ont subi la violence gratuite de leurs concitoyens, avinés pour la plupart, mal dans leur peau c'est probable, mal dans la société certainement. Je pense à eux.

Extraits de : Michel Onfray in “La philosophie féroce. Exercices anarchistes.

“La violence est vieille comme le monde... De l’inventeur du gourdin paléolithique à l’ingénieur qui met au point une bombe à raréfaction d’oxygène, la brutalité ne cesse pas, elle se métamorphose. On la dit légitime lorsqu’elle prétend faire respecter l’ordre républicain - en fait, quand elle se contente de permettre et de cautionner le bon fonctionnement de la machine libérale. En revanche, elle est qualifiée d’illégitime chaque fois qu’elle procède d’individus agissant pour leur compte - du vol à la tire à l’assassinat politique en passant par les agressions, crimes et délits notifiés dans le Code civil...

Je pose que la délinquance des individus fonctionne en contrepoint à celle des gouvernements. Partout sur la planète, les États polluent, asservissent les minorités, déclarent des guerres, matent les soulèvements, matraquent les manifestants, emprisonnent les opposants, pratiquent la torture, les arrestations arbitraires, les pendaisons, les emprisonnements, en tout lieu ils achètent des silences et des complicités, détournent des fonds en quantités pharaoniques et autres joliesses rapportées partiellement par la presse quotidienne. Cette violence ne rencontre rien au-dessus d’elle, voilà qui la fait dire légitime.

Parallèlement, les délinquances privées font pousser des cris d’orfraie aux praticiens des violences publiques. Comme un seul homme, le personnel politique s’excite sur ces questions porteuses pour les démagogues : l’insécurité, la délinquance, la criminalité, les incivilités, voilà à quoi se résume le débat politique contemporain. Répression ou prévention ? Désormais, on récuse même cette alternative, jadis opératoire, pour répondre d’une seule manière : répression. Dans nos sociétés dépolitisées, les différences résident dans les formes et non plus dans le fond.

Les bêtes de proie qui activent le libéralisme agissent par-delà le bien et le mal, elles créent des richesses considérables qu’elles se partagent en laissant la plus grande partie de l’humanité croupir dans la misère. L’argent, le pouvoir, les honneurs, la jouissance, la puissance, la domination, la propriété, c’est pour elles, une poignée, l’élite ; pour les autres, le peuple, les petits, les sans-grade, la pauvreté, l’obéissance, le renoncement, l’impuissance, la soumission, le mal-être suffisent... Villas cossues dans les quartiers chics des pays riches contre masures effondrées dans les zones dévastées ; fortunes concentrées dans l’hémisphère Nord, pauvreté dans l’hémisphère Sud ; riches des centre-villes et déshérités des banlieues ; chiens et chats repus d’Europe, enfants africains qui meurent de faim ; prospérité économique des nantis contre soupir des victimes exsangues. Violence légitime des puissants contre violence illégitime des mendiants, le vieux moteur de l’histoire...

On aurait tort de braquer le projecteur sur les seules violences individuelles alors que tous les jours la violence des acteurs du système libéral fabrique les situations délétères dans lesquelles s’engouffrent ceux qui, perdus, sacrifiés, sans foi ni loi, sans éthique, sans valeurs, exposés aux rudesses d’une machine sociale qui les broie, se contentent de reproduire à leur degré, dans leur monde, les exactions de ceux qui (les) gouvernent et demeurent dans l’impunité. Si les violences dites légitimes cessaient, on pourrait enfin envisager la réduction des violences dites illégitimes...”

Konstantin Shalev

Konstantin Shalev

Extraits de : Michel Onfray in “Antimanuel de philosophie”.

“Peut-on recourir à la violence ?

Malheureusement, on constate que le recours à la violence entraîne un mouvement que seule arrête la destruction de l’un des deux protagonistes. Y recourir c’est constater son incapacité à épuiser sa haine contre qui on la dirige. La violence se défend moralement lorsqu’elle arrête un processus qui menace d’être destructif et catastrophique, dans le cas où elle est défensive. Offensive, en revanche, elle est intenable : l’histoire des hommes et celle des nations procèdent pourtant de cette énergie sombre qui agit en moteur de l’histoire.

Hegel : “Les peuples heureux n’ont pas d’histoire”.

Là où l’autre met en péril ma possession, je réagis instinctivement. La guerre est naturellement inscrite dans la nature humaine ; la paix en revanche, procède de la culture et de la construction, de l’artifice et de la détermination des bonnes volontés. À l’origine, la violence suppose une incapacité à se parler, une impossibilité à vider la querelle par le langage, en ayant recours aux seuls mots. Ceux qui ne maîtrisent pas les mots, parlent mal, ne trouvent pas d’explications sont des proies désignées pour la violence.

La diplomatie est l’art d’éviter la violence en travaillant sur le terrain de la politesse, courtoisie, intérêts communs et bien défendus. Elle doit faire face aux intimidations qui sont toujours les manifestations premières des nations belliqueuses, agressives ou guerrières. Quand la diplomatie ni la dissuasion ne suffisent et que la guerre froide persiste, on passe le cap de la violence théâtralisée pour franchir un seuil dont on ne revient pas : le passage à l’acte. L’histoire passe souvent pour la mémoire consignée de ce seul état. Les belligérants qui prennent l’initiative de libérer les pulsions de mort sur le terrain des nations cherchent et trouvent des prétextes.

À l’origine des conflits, le désir d’empire, la volonté d’étendre ce qu’on croit être la vérité politique à l’ensemble de la planète. L’histoire des hommes se réduit souvent à l’enregistrement des faits et gestes qui découlent de leurs pulsions animales. Chaque fois, le droit disparaît sous la force, la convention est écartée au profit de l’agression, la violence triomphe là où le langage et les contrats faisaient précédemment la loi. L’homme recule, la bête avance.

La lutte est le moteur de l’histoire : entre classes sociales, appartenances ethniques, identités régionales, nations, confessions religieuses.

La violence se propose de régler les problèmes, en fait, elle les déplace et les nourrit. “

René Girard : “La violence inassouvie cherche et finit toujours par trouver une victime de rechange. À la créature qui excitait sa fureur, elle en substitue soudain une autre qui n’a aucun titre particulier à s’attirer les foudres du violent, sinon qu’elle est vulnérable et qu’elle passe à sa portée.”

Georges Sorel : “Nous dirions donc que la force a pour objet d’imposer l’organisation d‘un certain ordre social dans lequel une minorité gouverne, tandis que la violence tend à la destruction de cet ordre.”

Michel Onfray in “Antimanuel de philosophie”.

au sujet de la violence...

“Avant l’arrivée des Occidentaux, les Indiens d’Amérique du Nord vivaient dans une société adepte de la mesure. La violence existait, certes, mais elle était ritualisée. Pas de surnatalité, donc pas de guerre pour résorber les excédents démographiques. Au sein de la tribu, la violence servait à témoigner son courage en affrontant la douleur ou les situations d’abandon.

Les guerres tribales étaient généralement déclenchées par des conflits concernant des territoires de chasse dégénéraient rarement en massacres. Ce qui importait, c’était de prouver à l’autre qu’on aurait pu aller plus loin si on l’avait voulu. Mais c'était généralement admise l’inutilité de s’avancer plus loin dans la violence.

Longtemps, les Indiens ont combattu les pionniers de la conquête de l’Ouest en leur tapant l’épaule de leur lance, leur prouvant ainsi qu’ils auraient pu l’enfoncer s’ils l’avaient voulu. Les autres leur répondirent en faisant face et en utilisant leurs armes à feu. Car pour pratiquer la non-violence, il faut au moins être deux.” ”Werber in “Nous les Dieux”.

au sujet de la violence...

France, août 2008 :

“L’âge à venir sera celui de la femme ! Le monde a besoin pour survivre des valeurs qu’elle incarne.”

“La violence est démodée. Laissons les valeurs féminines s’épanouir dans nos sociétés afin de changer les mentalités. Les dirigeants politiques doivent donner des rôles plus importants aux femmes. C’est essentiel pour construire une paix durable et le futur de l’humanité.”

S.S. Dalaï-Lama.

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