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Pourquoi ne sommes-nous pas heureux ?

23 Novembre 2014, 12:22pm

Publié par pam

BONHEUR DE LA MÉDITATION. Yongey Mingyour Rinpotché.

Extraits, résumé... :

VIII - POURQUOI NE SOMMES-NOUS PAS HEUREUX ?

“Tous les êtres ordinaires tendent à agir d’une façon qui leur est nuisible.” Jamgön Kongtrul.

Ceux qui possèdent un grand confort matériel éprouvent des souffrances aussi profondes que ceux qui en sont privés. Ils ont tendance à sourire facilement, mais leurs yeux trahissent souvent insatisfaction ou désespoir. Ils cherchent à devenir meilleur ou pus fort, ou vaincre la haine de soi.

Quand le progrès matériel, ou extérieur, est plus rapide que le progrès intérieur, les êtres semblent souffrir de problèmes émotionnels profonds, sans disposer ne eux-mêmes de moyens d’y faire face. L’abondance d’objets matériels fournit une telle multiplicité de distractions extérieures que l’on perd le lien avec la vie de l’esprit.

Quand les causes sous-jacentes qui ont produit ou perpétué quelques temps une sensation de bonheur se mettent à changer, la plupart des gens en attribuent la responsabilité à des circonstances extérieures (autres, lieu, temps) ou à eux-mêmes. Mais comme cette attitude reflète un manque de confiance en soi ou dans les choses dont on nous a appris à croire qu’elles devaient nous rendre heureux, nos blâmes ne font que rendre notre quête du bonheur plus difficile encore. Dans leur majorité, les gens ne savent pas clairement ce qu’est le bonheur et finissent par créer les causes de l’insatisfaction à laquelle ils tentent désespérément de mettre fin. Il faut donc examiner plus attentivement ce que sont le bonheur et le malheur, et quelles sont leurs causes respectives.

LE CORPS ÉMOTIONNEL.

“Il n’y a pas davantage de centre localisable des émotions qu’il y en a pour le jeu de tennis.” Davidson.

Notre corps joue un rôle très important dans la production des émotions. Tout commence par les perceptions.

ÉTATS ET TRAITS ÉMOTIONNELS.

“Toutes choses dépendent des circonstances”. Patrul Rinpotché.

Scientifiquement, les émotions sont soit des événements brefs ou états (colère soudaine) soit des conditions durables ou traits de tempérament. Les états émotionnels sont des poussées soudaines de bavardage neuronal, alors que les traits sont plutôt l’équivalent de relations suivies entre les neurones. Ces liens durables ont parfois une base génétique, ils peuvent aussi être dus à un traumatisme grave ou résulter d’expérience constantes ou répétées dans l’enfance ou l’adolescence. Les traits émotionnels ont un effet conditionnant sur la manière de juger les expérience quotidiennes et d’y réagir.

LES FACTEURS CONDITIONNANTS.

“La souffrance suit une pensée négative comme les roues d’un char le bœuf qui le tire.” Dhammapada.

Le bouddhisme nous aide, de l’intérieur, à nous représenter plus clairement nos expériences agréables ou désagréables et nous fournit les moyens de modifier nos pensées, sentiments et perceptions de telle sorte que nous devenons des êtres humains plus heureux, plus en paix et plus aimants, ce qu’on peut vérifier, même au niveau cellulaire.

Ce qu’on nomme esprit se manifeste comme la rencontre perpétuellement changeante de deux phénomènes : la perception nue (la simple conscience de ce qui se passe) et les facteurs conditionnants (processus par lequel notre perception est jugée et notre réaction déterminée). Toute activité mentale procède de l’activité combinée de la perception pure et des associations neuronales durablement établies. Pour être heureux, on doit apprendre à reconnaître et à travailler sur les facteurs conditionnants qui produisent des réactions compulsives, ou liées aux traits émotionnels. Tout facteur peut être perçu comme contraignant, dans la mesure où il nous empêche de voir les choses telles qu’elles sont, sans les juger. L’influence de nos conditionnements est si forte que nous pensons rarement que nous pouvons prendre du recul. Et comme, de ce fait, notre compréhension est limitée, nous confondons la vérité partielle que nous percevons avec la vérité complète. Si nous pouvions voir toute la vérité de chaque situation, notre seule réaction au comportement d’autrui serait la compassion.

LES AFFLICTIONS MENTALES.

“Qui a créé les armes de l’enfer, et comment ?” Shantideva.

On appelle les facteurs conditionnants, les afflictions mentales, les trois principales sont l’ignorance, l’attachement et l’aversion. Elles constituent la base de tout ce qui nous empêche de voir les choses telles qu’elles sont.

L’ignorance est l’incapacité fondamentale à reconnaître le potentiel illimité, la clarté et le pouvoir de notre esprit. Ainsi tout ce qu’on perçoit est dénaturé ou masqué. L’ignorance transforme la perception ouverte de la conscience éveillée en toutes sortes de distinctions entre soi et les autres perçus comme réellement existants. Une fois qu’on a établi le schéma neuronal qui consiste à s’identifier comme un “moi” unique, pourvu d’une existence indépendante, on perçoit inévitablement tout le reste comme “autre”, étranger. Ainsi on se perçoit comme infime, limité, vulnérable. Les autres êtres ou objets sont alors considérés comme des sources de bonheur ou de malheur potentiels et la vie devient une lutte pour obtenir ce que nous pensons indispensable au bonheur avant que d’autres ne mettent la main dessus. Cette lutte est le samsâra, roue ou cercle : cercle vicieux du malheur : rechercher sans cesse les mêmes expériences avec chaque fois l’espoir d’obtenir un résultat différent. Le contraire du samsâra est le nirvâna, état de félicité ou de bonheur complet qui résulte de l’extinction de l’ego ou de l’idée du moi. Le nirvâna signifie l’acceptation de toutes les expériences agréables ou non, comme des aspects de la conscience claire. Le point de vue du samsâra est fondé principalement sur le fait de classer les expériences en deux (agréables et désagréables) et de s’identifier à elles. Le nirvâna est un état de conscience fondamentalement objectif dans lequel les expériences sont acceptées sans jugement. Il nous rend capables de percevoir des solutions pas nécessairement liées à notre survie en tant qu’individu mais qui concourent au bien de tous les êtres.

... à suivre...

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