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Pourquoi ne sommes-nous pas heureux ?

1 Décembre 2014, 16:11pm

Publié par pam

(2° partie du texte publié le 23 novembre dernier)

Extraits de :

BONHEUR DE LA MÉDITATION. Yongey Mingyour Rinpotché.

L’attachement. Deuxième des afflictions mentales de base.

Notre corps physique a besoin d’oxygène, d’eau, de nourriture et d’un minimum d’attention. Le problème commence quand nous étendons ce minimum vital à des domaines qui n’ont rien à voir avec la simple survie : c’est le désir ou l’attachement. Le désir-attachement est semblable à l’addiction, à la dépendance compulsive d’objets ou d‘expériences qui engendrent en nous une illusion de complétude. Comme l’addiction, le désir s’intensifie avec le temps. Et la satisfaction procurée par l’obtention de l’objet du désir est de courte durée. En plus, nous renforçons les schémas neuronaux qui nous conditionnent à trouver notre bonheur dans des sources extérieures. Histoire élaborée par les neurones entre ce qu’on espère gagner en réalisant son désir et ce qu’on redoute de perdre si on n’y parvient pas.

L’aversion. Tout désir intense engendre la peur : de crainte de ne pas obtenir ce que l’on veut ou de le perdre si on l’a obtenu. Cette peur est une forme de l’aversion : résistance aux changements inéluctables qui résultent de la nature impermanente de tout phénomène dans le monde relatif. Quand nous avons réussi à créer des conditions qui suscitent en nous un sentiment confortable de complétude et d'achèvement, nous voulons que tout reste en l'état. Plus nous sommes attachés à ce qui nous procure cette sensation parfaite, plus nous redoutons de le perdre, et plus notre douleur est cruelle quand cela disparaît.

L'aversion renforce les schémas neuronaux qui engendrent une image mentale de soi limitée, faible et incomplète. Puisque vous percevez comme une menace tout ce qui pourrait compromettre l'indépendance de ce moi fabriqué par vous, inconsciemment vous consacrez énormément d'énergie à repérer les dangers potentiels, entrainant stress, et nombreux problèmes de santé. Sur un plan émotionnel, l'aversion se manifeste sous forme de colère ou de haine, les êtres et les choses prennent tous l'allure d'ennemis. Votre monde intérieur et le monde extérieur se rétrécissent alors de plus en plus. Vous perdez confiance en vous-même et vous renforcez les schémas neuronaux qui engendrent les sentiments de peur et de fragilité.

"Considérez les avantages de cette rare vie humaine !" Jamgön Kongtrul.

Il serait facile de considérer nos afflictions mentales comme des défauts de notre caractère. Notre capacité à éprouver des émotions, à réagir "avec nos tripes" a joué, et joue encore, un rôle essentiel pour notre survie, nous permettant de nous adapter aux changements. Une telle sensibilité confirme l'une des leçons du Bouddha, à savoir que notre vie humaine est éminemment précieuse, mais qu'elle est rare et facile à perdre.

La science, en nous montrant la complexité et la sensibilité extraordinaires du cerveau humain, nous rappelle aussi notre chance d'être des hommes, avec notre capacité à percevoir et prendre en compte ce que ressentent les autres autour de nous.

Il n'est pas nécessaire d'avoir un microscope pour pouvoir observer nos habitudes psychologiques. La plupart n'ont qu'à considérer leur dernière relation amoureuse, leur dernier travail, pour voir qu'en dépit de toutes nos bonnes intentions, nous répétons les mêmes schémas tout en espérant obtenir un résultat différent.

Heureusement, plus nous nous habituons à observer notre esprit, plus nous trouvons rapidement une solution aux problèmes, et plus nous pouvons, aussi, reconnaître facilement que nos attachements, nos aversions, nos stress, nos angoisses, nos peurs, nos attentes ne sont que des fabrications de notre esprit.

Ceux qui ont fait l'effort sincère de découvrir leurs richesses intérieures jouissent naturellement et en toutes circonstances d'une certaine forme de réputation, de respect et de crédibilité. Leur comportement inspire admiration et confiance, mais leurs succès n'ont rien à voir avec l'ambition personnelle ou le désir d'attention. Ils proviennent du fait que leur esprit est ouvert et détendu, ce qui leur permet de voir les êtres et les situations plus clairement, mais aussi de conserver un sentiment fondamental de bonheur.

Si vous voulez vraiment trouver un bonheur durable, vous devez apprendre à reposer votre esprit. C'est seulement ainsi que vos qualités intérieures pourront se révéler. Si vous voulez rendre claire l'eau boueuse, le meilleur moyen est de la laisser reposer. Si vous reposez votre esprit, l'ignorance, l'attachement, l'aversion et toutes les autres afflictions mentales s'apaiseront graduellement, et la compassion, la clarté et la véritable nature de l'esprit deviendront manifestes.

Pourquoi ne sommes-nous pas heureux ?

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