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Le Tonglen.

10 Avril 2015, 06:20am

Publié par pam

PEMA CHÖDRÖN. “LES BASTIONS DE LA PEUR”.

Chapitre 9 - LE TONGLEN.

“Dans la joie et dans la peine tous sont égaux. Sois donc le gardien de tous, comme de toi-même.” Shantideva.

Le tonglen (donner et recevoir en tibétain) est l’échange de soi-même contre les autres, autre pratique de la bodhichitta pour éveiller bienveillance et compassion. Il se réfère à notre disposition à recevoir notre douleur et celles des autres et à renvoyer à tous du bonheur.

On inspire ce qui est douloureux et indésirable, on souhaite sincèrement que soi et autrui soient délivrés de la souffrance. Ainsi on laisse tomber le scénario qui accompagne la souffrance pour ressentir l’énergie dont il est porteur. On ouvre totalement son cœur et son esprit à tout ce qui surgit. Puis on expire le soulagement pour que tous soient heureux, soi et autrui. En acceptant de garder même un petit moment, une énergie inconfortable en soi, on apprend à cesser d’en avoir peur. Puis quand on voit quelqu’un dans la peine, on ne répugne plus à inspirer sa souffrance et à expirer du soulagement.

En premier, on ouvre son esprit (bodhichitta inconditionnelle), vacuité. Faire l’expérience de l’ouverture, c’est d’abord avoir confiance en la qualité vivante de l’énergie de base. On doit se rendre compte de la manière dont on bloque l’énergie, dont on crispe son corps et son esprit. Puis on s’entraîne à s’adoucir, à s’ouvrir à l’énergie sans porter de jugements.

On poursuit jusqu’à être synchronisé avec sa respiration et distinguer clairement ce qu’on reçoit et ce qu’on envoie. On maintient l’équilibre entre inspir et expir, même durée, même intensité.

Puis on pratique l’échange avec la personne souffrante. En partageant le soulagement, l’inspiration devient ouverture et acceptation de ce qui n’est pas désiré, l’expiration devient lâcher-prise et ouverture encore plus grande. On renverse les habitudes ancrées de s’accrocher à tout ce qui réconforte, de se refermer face à la souffrance.

Apprendre aux malades à pratiquer le tonglen leur permet de se libérer de la peur, de l’isolement, de la honte et crée une atmosphère de clarté pour que l’entourage soit aussi libéré de la peur.

S’entraîner à relâcher sa solide emprise sur le moi et se préoccuper des autres, fait entrer en relation avec le point sensible de la bodhichitta.

S’ouvrir à tout ce qui surgit, ne pas être trop ambitieux. Garder son cœur ouvert à l’instant présent.

La 4° étape est d’étendre la compassion à toute personne dans la même situation. On commence par une situation particulière et authentique pour élargir le cercle autant qu’on peut.

Dès que des émotions pénibles montent, on s’entraîne à les inspirer et à laisser tomber le scénario. Puis on étend ses pensées et son attention à ceux qui éprouvent la même peine, puis on inspire en faisant le souhait que tous soient libérés de cette sorte de confusion.

Inversement, on peut remarquer tout ce qui peut apporter du bonheur dans la vie quotidienne, et le partager avec d’autres dans l’esprit du tonglen.

Avec la pratique, vient l’automatisme du processus, le tonglen commence à aérer nos préjugés et nous fait entre dans un monde plus tendre et ouvert.

Le Tonglen.

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