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Progrès ou déchéance ?....

4 Avril 2016, 05:56am

Publié par pam

La dernière couverture de La Recherche vaut son pesant de cacahuètes.

Les zélotes du progrès "scientifique" n'en sont pas à une contradiction près, au moins dans les titres de couverture qui constituent l'accroche permettant de maximiser les ventes.

Pour ma part, je relève au moins trois expressions que l'on peut scientifiquement qualifier d'erronées, quand il ne s'agit pas tout simplement de contre-vérités.

Prenons la première :
"Notre smartphone sera notre médecin"

Évidemment, voilà un titre prometteur pour un accro du smartphone, mais qualifier de médecin un appareil qui émet à longueur de journée, souvent au plus près de votre corps, des rayonnements que de plus en plus de données épidémiologiques et expérimentales nous font soupçonner d'être cancérigènes, c'est un peu fort de café. Dans le genre médecin qui sait se rendre indispensable, même le docteur Knock n'aurait pas songé à aller aussi loin.

Passons au titre principal "Manipulation, Endoctrinement, Faux souvenir, Comment le cerveau résiste".
Toutes techniques qui font référence pour le lecteur peu soupçonneux aux méthodes de recrutement des sectes, et des organisations djihadistes. Ça tombe bien, c'est justement le sujet de l'édito. Édito qui oublie soigneusement de parler non seulement des techniques publicitaires mais également du bombardement continu de mésinformations de la part des médias.
Vu le nombre d'hallucinés croyant dur comme fer que la science permettra de résoudre tous les problèmes de l'humanité, à commencer par celui de la longévité, il aurait peut-être été plus judicieux de titrer "Comment le cerveau capitule".

La longévité, justement, est le troisième sujet principal du numéro. Et l'on nous parle de "Ralentir les effets du temps", comme d'une promesse que la science pourrait tenir.

En matière de longévité, il y a deux ou trois choses à savoir si l'on ne veut pas être victime de promesses inconsidérées.

Tout d'abord, la longévité a une mesure scientifique, statistique, que l'on appelle espérance de vie de la naissance à la mort et qui, comme son nom ne l'indique pas, ne mesure pas la durée de vie moyenne que peut espérer avoir un individu naissant aujourd'hui, mais la durée de vie moyenne des générations arrivant en fin de vie. L'espérance de vie est une mesure de la durée de vie sur l'ensemble de la population arrivant aujourd'hui en fin de vie. Si l'espérance de vie des hommes est aujourd'hui en France d'environ 78 ans et celle des femmes de 86 ans, cela ne signifie pas que vous pouvez espérer raisonnablement vivre jusqu'à 78 ans en moyenne si vous êtes un homme et 86 ans pour une femme, mais que vos prédécesseurs, aujourd'hui décédé et recensés dans la population française de leur naissance à leur mort, ont vécu en moyenne un nombre d'années correspondant à l'espérance de vie.

Mais ce qui était vrai pour les générations antérieures de français qui ont vu leur condition de vie s'améliorer et ont bénéficié non seulement des immenses évolutions de la médecine au vingtième siècle mais aussi d'un accès facilité aux soins étendus à toute la population, ne le sera pas nécessairement pour les générations actuelles.

Or il se trouve qu'il existe quelques raisons étayées par des faits scientifiquement établis de penser que l'espérance de vie va diminuer au cours des prochaines décennies, non seulement en France, mais également à l'échelle de toute la population planétaire.

Un des grands responsables de ce déclin sera sans nul doute l'industrie chimique.

Depuis ses débuts, il y a un peu plus de deux siècles, l'industrie chimique a inventé une centaine de millions de molécules nouvelles, inexistantes auparavant dans la nature et auxquelles les êtres vivants n'ont pas encore pu s'adapter. Ces millions de molécules ont été utilisés à grande échelle dans toute sorte de domaines, en tant qu'armes létales, en tant que médicaments, en tant que revêtements de surface, et depuis une soixantaine d'années massivement comme produits "phytosanitaires" dans l'agriculture industrielle. Liste d'usages bien entendu non exhaustive. Ils ont été relâchés massivement dans l'environnement à tel point que l'on ne trouve plus un seul endroit sur Terre qui n'ait été affecté (cf. "Un empoisonnement universel" de Fabrice Nicolino).

Et l'on découvre, depuis moins de vingt ans, qu'un grand nombre de ces molécules que l'on croyait inoffensives ont des effets délétères à des doses infinitésimales sur la quasi totalité des êtres vivants dont l'homme, en particulier par leurs effets de mimétisme avec les molécules hormonales, induisant toutes sortes de "maladies" telles que maladie cœliaque, cancers, dégénérescence neuronale chez l'adulte, malformations durant les stades embryonnaires chez les nouveaux nés. La liste s'allonge chaque jour, d'autant plus que l'on continue à mettre sur le marché de nouvelles molécules aux effets peu ou insuffisamment testés.

En fait, l'espérance de vie a déjà commencé à décroître en France, pour la première fois depuis plusieurs décennies en 2012. Pas encore de beaucoup, quelques jours sur plusieurs dizaines d'années (je vous laisse imaginer avec quelle précision est calculée l'espérance de vie - la science occidentale est méticuleuse, précise et ... myope).
Plus inquiétant, un précurseur de l'espérance de vie de la naissance à la mort, l'espérance de vie en bonne santé est en baisse constante, dans tous les pays européens depuis 2010 ("La fabrique du mensonge", Stéphane Foucart).

Pour ce qui est de "ralentir les effets du temps", on pouvait espérer mieux...

Eric Legrand

Progrès ou déchéance ?....

si vous avez raté hier soir le documentaire sur la 5 :

 

" Manger plus pour se nourrir moins "

 

allez le visionner en replay ou

le 10 avril à 17 h 35 ou le 21 avril à 16 h 30...

 

RÉSUMÉ

Aujourd'hui, dans les pays industralisés, la majeure partie de la population mange à sa faim. Pourtant, de nombreuses personnes souffrent d'une insuffisance en micronutriments comme le fer, le zinc, mais aussi en acides gras et en vitamines. En effet, au cours des cinquante dernières années, les aliments auraient perdu jusqu'à 75% de leur valeur nutritive. Ainsi, pour retrouver l'apport en vitamine C d'une pomme des années 50, il faudrait en consommer une centaine. Cela serait pareil pour la majorité des fruits et légumes les plus consommés ainsi que pour la viande, le lait frais ou le blé. En cause, la révolution agricole des années 50, la mécanisation, la recherche variétale, la monoculture. Les coûts ont baissé certes, mais au détriment de la qualité. Enquête, des Etats-Unis à l'Allemagne, de l'Angleterre à la France.

 

 

  • Maëlle Joulin / Réalisateur
  • Maëlle Joulin / Auteur

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