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Se prendre en charge soi-même

30 Janvier 2014, 09:25am

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eau...

29 Janvier 2014, 07:34am

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Voeux d'Ariane Mnouchkine

28 Janvier 2014, 08:29am

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meditation sur l'abandon...

27 Janvier 2014, 09:41am

Publié par pam

“Les êtres sont submergés dans un océan de douleurs, une souffrance créée par les idées fausses, la colère et la cupidité. Si vous voulez vous libérez de cette souffrance, vous devez chercher un maître et pratiquer ses enseignements, comme on consulte un médecin pour se guérir d’une maladie. Vous devez tout d’abord apprendre à observer votre esprit et simplifier votre vision des choses. Amenez votre esprit à un état de calme. Quelles que soient les pensées et les émotions qui surgissent, laissez-les s’élever et reposer, ne les suivez pas. Comme le vent qui va et vient sans pour autant changer le ciel, laissez-les affluer à votre esprit sans qu’il en soit affecté.”

“Chaque jour évitez les actes nuisibles. Même le plus petit méfait a un effet dont les conséquences viendront un jour vous hanter. “

“Quiconque est vivant aujourd’hui sera mort dans cent ans. Comme un cheveu que l’on retire du beurre, vous devez abandonner tout ce que vous aurez accumulé. Vous devrez quitter tous vos biens. Si vous devenez égoïste, même en possédant des biens qui n’ont que la taille d’une fourmilière, vous en éprouverez des souffrances aussi grandes que des montagnes. Si vous réduisez vos besoins et savez vous satisfaire de ce que vous avez, l’infortune n’aura pas de prise sur vous.”

Ani Patchen.

meditation sur l'abandon...

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épreuves et évolution.

27 Janvier 2014, 09:06am

Publié par pam

J’ai été le poisson et l’étang

J’ai été la prison et la clef.

épreuves et évolution.

"Quand on prend des élans, il arrive qu’on trébuche. Ce n’est pas pour ça qu’on cherche la chute."

Leos Carax.

"Tous mes héros ont un trait commun, ils surmontent quelque chose, peu importe quoi."

Tarkovsky.

épreuves et évolution.

“Il était parfaitement conscient d’avoir connu les mêmes découragements et le même sentiment d’échec durant les périodes qui avaient précédé ses moments de créativité les plus intenses.”

Ursula Le Guin. "Les dépossédés".

épreuves et évolution.

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Catriona Irving

22 Janvier 2014, 07:10am

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600 000 emplois créés si on mangeait local...

19 Janvier 2014, 08:36am

Publié par Reporterre

L’Europe doit changer son système alimentaire, et vite !

PABLO SERVIGNE

« Il y a de grandes chances pour que le système alimentaire européen s’effondre d’ici quelques années ». Tel est le constat d’un rapport qui sonne l’alarme, et propose des pistes pour une transition vers un modèle alimentaire post-industriel, aux mécanismes résilients et durables.

La convergence de toutes les crises (économie, social, climat, biodiversité, énergie, etc.) menace la stabilité du système alimentaire industriel européen. Tel est le constat d’un rapport commandé par le député européen Yves Cochet pour le groupe les Verts/ALE, et intitulé Nourrir l’Europe en temps de crise. Vers des systèmes alimentaires résilients. Au delà du constat accablant, le rapport dresse un panorama original d’une alimentation post-industrielle européenne, et les grandes lignes d’une transition qui pourrait s’avérer rapide et brutale.

Loin de la PAC, des monocultures et des exportations subventionnées, cet avenir aurait plutôt les couleurs de l’agriculture urbaine, l’agroécologie et la permaculture. Un grand bond en avant vers des petits systèmes résilients et autonomes.

Malgré la crise économique et sociale, l’Europe reste un continent stable, riche et puissant ; sa population y est relativement bien nourrie. Mais pour combien de temps encore ?

Il faut dans un premier temps se rendre compte que l’alimentation du citoyen européen dépend dans une très large mesure d’un système alimentaire industriel : des chaines d’approvisionnement très longues, une agriculture lourdement mécanisée basée sur les intrants et les monocultures, une politique commerciale d’importations et d’exportations, une dépendance totale au pétrole et au gaz naturel à toutes les étapes de la chaine, et une taille et une complexité démesurées.

Chronique d’une mort annoncée

Ce système alimentaire industriel contribue très largement à un ensemble de crises que subit notre planète et nos sociétés : le réchauffement climatique, la dégradation des écosystèmes et de la biodiversité, l’épuisement des énergies fossiles, la situation sociale des agriculteurs, la mauvaise santé des populations, et un gaspillage immense de nourriture.

L’ironie est que ces crises l’affectent en retour de manière inquiétante. Les menaces qui pèsent sur ce système sont un climat et une économie de plus en plus instables, et surtout un épuisement des énergies fossiles, des minerais et de l’eau douce. Une autre menace vient de sa structure même, centralisée et interconnectée, très vulnérable aux chocs systémiques.

Toutes ces menaces interagissent, et pourraient provoquer un effet domino. Il y a donc de grandes chances pour que le système alimentaire européen s’effondre d’ici quelques années.

Penser la sécurité alimentaire de l’Europe implique donc d’adopter une pensée systémique et transdisciplinaire, et de traiter les crises simultanément. Continuer des politiques de statu quo ou ne traiter qu’une crise, sans vision à long terme, met en danger la stabilité et la pérennité du système alimentaire industriel.

L’avenir sera résilient ou ne sera pas

Pour penser la structure et le fonctionnement des futurs systèmes alimentaires, cette étude propose de se référer à des principes généraux de résilience : des systèmes locaux, diversifiés, décentralisés, cycliques, transparents, ainsi qu’une grande cohésion sociale à une échelle locale. L’Europe retrouverait une certaine autonomie alimentaire.

La production devrait désormais être cadrée par deux principes fondamentaux : restaurer les écosystèmes et se limiter uniquement aux énergies renouvelables. On parlera donc d’« agriculture de réparation », et d’« agriculture solaire ».

Enfin, pour qu’un système alimentaire résilient se maintienne malgré ces crises, il est nécessaire que les consommateurs prennent conscience de ses mécanismes et de ses limites. Sans cela, toute transition est impossible.

Un paysage radicalement nouveau

Appliquer ces principes de résilience dès aujourd’hui transformera profondément l’aménagement de nos villes, qui sont aujourd’hui conçues sur des modes de fonctionnement totalement opposés (centralisation, transports à longue distance, gabegie énergétique, etc.). A l’avenir, il y aura une multitude de systèmes alimentaires de taille plus petite et non plus un seul système dominant, les réseaux de distribution alternatifs bien plus courts apporteront aux citadins les produits d’une agriculture urbaine émergente et très innovante.

La production urbaine ne suffira toutefois pas à nourrir les citadins, et nécessitera la (re)mise en culture et la sécurisation des ceintures péri-urbaines, ainsi que la revitalisation des campagnes.

Dans les zones rurales, le chantier est immense, puisque les exploitations devront fournir non seulement une production alimentaire régionale diversifiée mais (en absence d’énergies fossiles abondantes) produire aussi des énergies renouvelables à partir de biomasse et d’énergie solaire.

La descente énergétique annonce la fin des monocultures et du labour à grande échelle, et le retour d’une génération entière de (millions de) nouveaux paysans. Les instabilités climatiques favoriseront quant à elles une agriculture privilégiant les polycultures de plantes vivaces, dont principalement les arbres et les arbustes, qui, sans consommer beaucoup d’énergie, restructurent les sols et protègent la biodiversité tout en assurant de bons rendements.

Les graines sont déjà en place

Nous ne partons pas de rien, les graines du nouveau système alimentaire ont déjà été plantées. Le cadre de transition esquissé dans cette étude s’incarne déjà sur le terrain. De multiples expériences alternatives, souvent à la marge mais économiquement viables, émergent partout, là où la sécurité alimentaire vacille, et où des citoyens conscients des menaces décident d’agir collectivement.

Dans les pays industrialisés, l’agriculture urbaine est en plein essor. Ses bénéfices ne sont pas uniquement alimentaires, ils sont aussi sociaux : cohésion sociale, amélioration du cadre de vie, création d’emplois.

Dans les campagnes, les expériences d’une agriculture « post-pétrole » et« post-industrielle » restent isolées mais prometteuses, car très productives, sobres en énergie et économiquement viables.

Toutes ces expériences s’insèrent dans le nouveau cadre de transition développé dans cette étude. Ainsi, elles rendent crédibles ce cadre de pensée, et inversement, le cadre de pensée permet de les rendre plus visibles et compréhensibles par le public. Ceci redonne espoir en la possibilité d’une transition et favorise le passage à l’action. Mais les initiatives sont encore fragiles, il convient donc de les soutenir et de favoriser leur émergence par des politiques publiques fortes.

Quelle transition ?

La transition est ici vue comme le passage rapide (et peut-être brutal) d’un système industriel dominant à de multiples systèmes très divers, plus autonomes en énergie, plus simples et plus locaux.

Une telle transition comporte des obstacles de taille, comme le problème du changement des choix des consommateurs (la demande) ou le système de verrouillage de l’innovation technique (lock-in). Il faudra par ailleurs favoriser une multitude de systèmes agricoles sans imposer un seul modèle à l’ensemble des acteurs.

Enfin, les politiques devront construire à la fois une transition continue et radicale, et prévoir des cellules d’urgence basés sur des scénarios de rupture. S’adapter et se préparer aux deux est un facteur très important de résilience.

Sur le terrain, une transition a déjà démarré silencieusement depuis des années. Beaucoup d’agriculteurs ont déjà réduit leur consommation d’énergie, d’engrais et de pesticides. Le nombre de fermes biologiques et agroécologiques, de marchés de producteurs locaux et de circuits courts type AMAP est en constante augmentation. Des consommateurs de plus en plus nombreux sont conscients de l’impact de leur nourriture sur l’environnement et privilégient les systèmes locaux.

Mais si la transition a démarré aux marges du système, il faudra passer à la vitesse supérieure en commençant dès à présent une transition programmée, à une plus grande échelle et de manière bien plus officielle. Car le temps presse.

Alors que nous avions le temps de commencer à construire un« développement durable » dans les années 70, à l’heure des premiers constats globaux, nous n’avons aujourd’hui plus le temps. L’imminence de perturbations systémiques de grande ampleur obligent à construire rapidement des systèmes résilients.

Source : Pablo Servigne pour Reporterre.

Pablo Servigne est agronome et docteur en sciences. Il vit à Bruxelles où il participe à l’émergence du réseau local des Initiatives de Transition.

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Charité bien ordonnée...

18 Janvier 2014, 09:13am

Publié par pam

Depuis Noël, je coulais, lentement mais sûrement.

Difficile d'admettre ses failles, ses erreurs, ses incohérences...

J'aime le symbole et la forme de la spirale, pas de hasard, je fonctionne ainsi, vers le haut comme vers le bas, excessive, jusqu'à l'absurde.

Mais ne sommes-nous pas tous faits ainsi : capables du meilleur comme du pire ? humains en somme.

La nuit précédente, la pleine lune éclairant mon insomnie, j'ai retrouvé ma vielle amie la colère, qui me visite de moins en moins, mais toujours aussi violemment, décuplant mes forces au point qu'il est difficile, même pour moi, de croire que j'ai pu lancer si loin des objets que je peux à peine soulever en temps normal (c'est un exemple... je ne peux décrire plus... et mieux vaut vivre seule ! )

Plus tard, le souvenir de ce qui s'est passé s'estompe, ne restent que les courbatures, le corps traumatisé par des excès stupides et incontrôlables. Quoique... ne pas se contrôler quand on sait qu'on ne peut faire de mal à personne (sauf à soi...) et se laisser aller jusqu'au bout à vider de soi tout le trop plein de douleurs, d'injustices, d'incohérences, de mensonges subis et accumulés est si salvateur, un grand ménage des méninges d'un fatras que la méditation, le pardon, les autotraitements et la recherche de sérénité n'ont pu permettre d'évacuer. J'ai honte un peu, pas trop, je ne vais pas en plus m'encombrer de remords et de regrets ! Je sais que la route est longue pour s'améliorer et si facile celle qui contourne les problèmes, cache les embuches, dissimule les failles et les nids de poule.

Charité bien ordonnée...

Chacun ses modalités de réactions, pour moi la plupart du temps, après quelques voyages à la déchetterie et à Emmaüs pour faire le vide et m'alléger un peu, je prends quelques décisions extrêmes : je débranche le téléphone, je fais les courses à 30 kms pour être sûre de ne croiser personne de connu, je décide d'arrêter mon blog et toute sorte de communication, je brule quelques vieux carnets, je fais disparaitre des objets qui me font souvenir de certains qui accumulent les promesses sans suite, et pendant des heures j'imagine la joie et la libération qui suivraient un bon incendie de la maison et de tout ce qu'elle contient y compris les soucis de l'entretenir ; les quelques trésors sauvés dans la voiture, la route ouverte devant moi droit devant ou comme mon père faisait pour nous amuser petites filles, un coup à gauche, un coup à droite, jusqu'à ne plus savoir où l'on est et enfin découvrir un nouvel inconnu.

C'est bête, on entend régulièrement parler de pompiers pyromanes, jamais de pyrotechniciens pyromanes, j'ai mal choisi ma vocation !

Je remballe les allumettes jusqu'à la prochaine queue de spirale vers un bas si bas qu'il remplit d'un vertige inversé. Oblige à s'asseoir de peur d'en tomber. Mais on ne peut pas tomber plus bas que tout en bas, et là une seule alternative s'offre, toujours la même, profiter de l'élan de la chute en donnant un violent coup de pied pour rebondir et inverser le sens de la spirale.

Et ça marche chaque fois, si simple et évident que ça remplit le coeur à la façon d'un rire salvateur : pourquoi se prendre la tête et se compliquer ainsi l'existence, il suffit juste le plus sereinement possible d'attendre d'avoir toucher le fond et de rassembler toutes ses forces pour que le rebond permette, non le retour à un statu quo déprimant et sans espoir, plutôt un rebond qui fait toucher les nuages, une autre alternative à visiter, pleine de promesses.

Charité bien ordonnée...

Ce matin, j'ai retrouvé une lettre envoyé à mon amie de yog'lavie en juillet 2012, et c'est à moi que j'offre une solution qui je le sais fonctionne, et je retrouve l'espoir de dormir et de retrouver santé et sérénité. Et je me remercie !

Charité bien ordonnée commence par soi-même...

"Bonjour Yog, j'espère que vous allez bien, j'ai commencé hier le livre du Dr Bodin. Mais pour ce qui est de cet exercice sur le sommeil... j'ai mieux !!!
Je vous ai déjà écrit, je vis très isolée à la campagne, handicapée par un vieil accident de voiture et, des vertèbres très abimées, je souffre en permanence. Parallèlement je suis guérisseuse, j'enlève le feu... après une carrière d'artificière. Depuis cet hiver, suite à un surplus de douleurs j'ai pris l'habitude en me couchant le soir de remercier pour la douceur de mon lit, la chance d'en avoir un dans ma petite maison sur le Causse et j'envoie mes pensées à toutes les personnes qui au même moment que moi cherchent à s'endormir où que ce soit sur la planète, ceux qui souffrent, ont faim, froid, trop chaud, soif, ceux qui sont seuls, sans toit, qui subissent inondations, guerres, conflits, exclusions et autres merveilles de notre société individualiste. Je me dis que si on pouvait leur offrir juste 5 minutes de confort, de calme, de douceur, de paix pour les aider à s'endormir sereinement, leur souhaiter de beaux rêves... la vie sur cette planète serait plus douce. Et voilà comment j'ai retrouvé le sommeil malgré la douleur... juste en m'oubliant, en relativisant mes propres petits soucis...
Je vous souhaite une bonne journée qui ici commence avec un beau soleil. À bientôt, merci mille fois pour votre blog que je visite presque chaque jour, amicalement."

Un an et demi a passé, je vais toujours faire une visite chaque matin à mon amie yog' et à quelques autres, avant de commencer ma journée de solitude. Ce matin encore le soleil fait fondre la gelée blanche et les chats font profil bas !

Charité bien ordonnée...

Si je peux aider les autres, guérir avec mes mains, c'est que je sais tout ça car je le vis. On pourrait penser que je suis bien mal placée pour prétendre vouloir soigner qui que ce soit, mais comment alors expliquer que ceux qui téléphonent pour des soins ne le font pas quand je vais mal (ils ne me voient pas, pour beaucoup ne me connaissent pas) si ce n'est qu'ils ressentent les moments ou je suis disponible. Et j'ai eu trois appels dans la seule journée d'hier, salvatrice ou pas la colère ? L'esprit vidé de tout ce qui l'encombrait, j'ai ressenti avec aisance leurs problèmes et leurs douleurs, j'ai pu je crois vraiment les aider. Et eux, indirectement m'ont tendu la main, m'ont fait retrouvé la joie et la sérénité, l'équilibre nécessaire à la vie.

Charité bien ordonnée...

Mon adorable petite fille vient juste de téléphoner pour m'inviter à déjeuner... elle aussi ressent et sûrement un jour à son tour guérira les autres... alors je file avec corset et minerve que j'enlèverai avant d'arriver.. et en avant vers de nouvelles aventures !

Passez une bonne journée, acceptez vos faiblesses comme vos forces, une porte s'ouvre toujours au bon moment, il faut juste la voir s'entrebâiller et courir l'ouvrir.

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Higelin

17 Janvier 2014, 08:04am

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violence des riches

16 Janvier 2014, 07:05am

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Monique Pinçon-Charlot : « La violence des riches atteint les gens au plus profond de leur esprit et de leur corps »

www.bastamag.net 5 NOVEMBRE 2013

Qui sont les riches aujourd’hui ? Quel impact ont-ils sur la société française ? Pour la sociologue Monique Pinçon-Charlot, les riches font subir au reste de la société une violence inouïe. Une violence banalisée grâce à un renversement du langage : les riches seraient des victimes, menacées par l’avidité du peuple. Elle dénonce un processus de déshumanisation, une logique de prédation, une caste qui casse le reste de la société. Et invite à organiser une « vigilance oligarchique » : montrer aux puissants que leur pouvoir n’est pas éternel.

Basta ! : Qu’est-ce qu’un riche, en France, aujourd’hui ?

Monique Pinçon-Charlot [1] : Près de 10 millions de Français vivent aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté. Celui-ci est défini très précisément. Mais il n’existe pas de « seuil de richesse ». C’est très relatif, chacun peut trouver que son voisin est riche. Et pour être dans les 10 % les plus riches en France, il suffit que dans un couple chacun gagne 3000 euros.


Nous nous sommes intéressés aux plus riches parmi les riches. Sociologiquement, le terme « riche » est un amalgame. Il mélange des milieux très différents, et regroupe ceux qui sont au top de tous les univers économiques et sociaux : grands patrons, financiers, hommes politiques, propriétaires de journaux, gens de lettres... Mais nous utilisons délibérément ce terme. Car malgré son hétérogénéité, ces « riches » sont une « classe », mobilisée pour la défense de ses intérêts. Et nous voulons aujourd’hui contribuer à créer une contre-offensive dans cette guerre des classes que mènent les riches et qu’ils veulent gagner.

Pourquoi est-il si difficile de définir cette classe ?

La richesse est multidimensionnelle. Bourdieu parlait très justement de capital – capital économique, culturel, symbolique –, c’est ce qui donne du pouvoir sur les autres. A côté de la richesse économique, il y a la richesse culturelle : c’est le monde des musées, des ventes aux enchères, des collectionneurs, des premières d’opéra... Jean-Jacques Aillagon, président du comité des Arts décoratifs, vient d’être remplacé par un associé-gérant de la banque Lazard. Dans l’association des amis de l’Opéra, on retrouve Maryvonne Pinault (épouse de François Pinault, 6ème fortune de France), Ernest-Antoine Seillière (ancien président du Medef, 37ème fortune de France avec sa famille) [2]...

A cela s’ajoute la richesse sociale, le « portefeuille » de relations sociales que l’on peut mobiliser. C’est ce qui se passe dans les cercles, les clubs, les rallyes pour les jeunes. Cette sociabilité mondaine est une sociabilité de tous les instants : déjeuners, cocktails, vernissages, premières d’opéra. C’est un véritable travail social, qui explique la solidarité de classe. La quatrième forme est la richesse symbolique, qui vient symboliser toutes les autres. Cela peut être le patronyme familial : si vous vous appelez Rothschild, vous n’avez pas besoin d’en dire davantage... Cela peut être aussi votre château classé monument historique, ou votre élégance de classe.

Il existe aussi une grande disparité entre les très riches...

Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH, est en tête du palmarès des grandes fortunes professionnelles de France, publié chaque année par la revueChallenges. Il possède 370 fois la fortune du 500ème de ce classement. Et le 501ème est encore très riche ! Comparez : le Smic à 1120 euros, le revenu médian à 1600 euros, les bons salaires autour de 3000 euros, et même si on inclut les salaires allant jusque 10 000 euros, on est toujours dans un rapport de 1 à 10 entre ces bas et hauts salaires. Par comparaison, la fortune des plus riches est un puits sans fond, un iceberg dont on ne peut pas imaginer l’étendue.

Malgré l’hétérogénéité de cette classe sociale, les « riches » forment, selon vous, un cercle très restreint.

On trouve partout les mêmes personnes dans une consanguinité tout à fait extraordinaire. Le CAC 40 est plus qu’un indice boursier, c’est un espace social. Seules 445 personnes font partie des conseils d’administration des entreprises du CAC 40. Et 98 d’entre eux détiennent au total 43 % des droits de vote [3] ! Dans le conseil d’administration de GDF Suez, dont l’État français possède 36 % du capital, il y a des représentants des salariés. Ceux-ci peuvent être présents dans divers comités ou commissions, sauf dans le comité des rémunérations. Cela leur est interdit. Qui décide des rémunérations de Gérard Mestrallet, le PDG ? Jean-Louis Beffa, président de Saint-Gobain, notamment. C’est l’entre-soi oligarchique.

Cela semble si éloigné qu’on peut avoir l’impression de riches vivant dans un monde parallèle, sans impact sur notre vie quotidienne. Vous parlez à propos des riches de « vrais casseurs ». Quel impact ont-ils sur nos vies ?

Avec la financiarisation de l’économie, les entreprises sont devenues des marchandises qui peuvent se vendre, s’acheter, avec des actionnaires qui exigent toujours plus de dividendes. Selon l’Insee, les entreprises industrielles (non financières) ont versé 196 milliards d’euros de dividendes en 2007 contre 40 milliards en 1993. Vous imaginez à quel niveau nous devons être sept ans plus tard ! Notre livre s’ouvre sur une région particulièrement fracassée des Ardennes, avec l’histoire d’une entreprise de métallurgie, qui était le numéro un mondial des pôles d’alternateur pour automobiles (les usines Thomé-Génot). Une petite entreprise familiale avec 400 salariés, à qui les banques ont arrêté de prêter de l’argent, du jour au lendemain, et demandé des remboursements, parce que cette PME refusait de s’ouvrir à des fonds d’investissement. L’entreprise a été placée en redressement judiciaire. Un fonds de pension l’a récupéré pour un euro symbolique, et, en deux ans, a pillé tous les savoir-faire, tous les actifs immobiliers, puis fermé le site. 400 ouvriers se sont retrouvés au chômage. C’est un exemple parmi tant d’autres ! Si vous vous promenez dans les Ardennes aujourd’hui, c’est un décor de mort. Il n’y a que des friches industrielles, qui disent chaque jour aux ouvriers : « Vous êtes hors-jeu, vous n’êtes plus rien. On ne va même pas prendre la peine de démolir vos usines, pour faire des parcs de loisirs pour vos enfants, ou pour planter des arbres, pour que vous ayez une fin de vie heureuse. Vous allez crever. »

Comment s’exerce aujourd’hui ce que vous nommez « la violence des riches » ?

C’est une violence inouïe. Qui brise des vies, qui atteint les gens au plus profond de leur corps, de leur estime, de leur fierté du travail. Être premier dans les pôles d’alternateur pour automobiles, c’est faire un travail de précision, c’est participer à la construction des TGV, à l’une des fiertés françaises. Casser cela est une violence objective, qui n’est ni sournoise ni cachée, mais qui n’est pas relayée comme telle par les politiques, par les médias, par ces chiens de garde qui instillent le néolibéralisme dans les cerveaux des Français. Pour que ceux-ci acceptent que les intérêts spécifiques des oligarques, des dominants, des riches, deviennent l’intérêt général.

Comment cette violence objective se transforme-t-elle en assujettissement ?

C’est une forme d’esclavage dans la liberté. Chacun est persuadé qu’il est libre d’organiser son destin, d’acheter tel téléphone portable, d’emprunter à la banque pendant 30 ans pour s’acheter un petit appartement, de regarder n’importe quelle émission stupide à la télévision. Nous essayons de montrer à quel système totalitaire cette violence aboutit. Un système totalitaire qui n’apparaît pas comme tel, qui se renouvelle chaque jour sous le masque de la démocratie et des droits de l’homme. Il est extraordinaire que cette classe, notamment les spéculateurs, ait réussi à faire passer la crise financière de 2008 – une crise financière à l’état pur – pour une crise globale. Leur crise, est devenue la crise. Ce n’est pas une crise, mais une phase de la guerre des classes sans merci qui est menée actuellement par les riches. Et ils demandent au peuple français, par l’intermédiaire de la gauche libérale, de payer. Et quand on dit aux gens : « Ce n’est quand même pas à nous de payer ! », ils répondent : « Ah, mais c’est la crise »...

Pourquoi et comment les classes populaires ont-elles intégré cette domination ?

C’est une domination dans les têtes : les gens sont travaillés en profondeur dans leurs représentations du monde. Cela rend le changement difficile, parce qu’on se construit en intériorisant le social. Ce que vous êtes, ce que je suis, est le résultat de multiples intériorisations, qui fait que je sais que j’occupe cette place-là dans la société. Cette intériorisation entraîne une servitude involontaire, aggravée par la phase que nous vivons. Avec le néolibéralisme, une manipulation des esprits, des cerveaux, se met en place via la publicité, via les médias, dont les plus importants appartiennent tous à des patrons du CAC 40.

Sommes-nous prêts à tout accepter ? Jusqu’où peut aller cette domination ?

Dans une chocolaterie qu’il possède en Italie, le groupe Nestlé a proposé aux salariés de plus de cinquante ans de diminuer leur temps de travail [4], en échange de l’embauche d’un de leurs enfants dans cette même entreprise. C’est une position perverse, cruelle. Une incarnation de ce management néolibéral, qui est basé sur le harcèlement, la culpabilisation, la destruction. Notre livre est un cri d’alerte face à ce processus de déshumanisation. On imagine souvent que l’humanité est intemporelle, éternelle. Mais on ne pense pas à la manipulation des cerveaux, à la corruption du langage qui peut corrompre profondément la pensée. Le gouvernement français pratique la novlangue : « flexi-sécurité » pour ne pas parler de précarisation, « partenaires sociaux » au lieu de syndicats ouvriers et patronat, « solidarité conflictuelle ». Le pouvoir socialiste pratique systématiquement une pensée de type oxymorique, qui empêche de penser. Qui nous bloque.

Les riches entretiennent une fiction de « surhommes » sans qui il n’y aurait pas travail en France, estimez-vous. Menacer les riches signifie-t-il menacer l’emploi ?

Cette menace est complètement fallacieuse. Dans la guerre des classes, il y a une guerre psychologique, dont fait partie ce chantage. Mais que les riches s’en aillent ! Ils ne partiront pas avec les bâtiments, les entreprises, les autoroutes, les aéroports... Quand ils disent que l’argent partira avec eux, c’est pareil. L’argent est déjà parti : il est dans les paradis fiscaux ! Cette fiction des surhommes fonctionne à cause de cet assujettissement, totalitaire. Quand on voit le niveau des journaux télévisés, comme celui de David Pujadas, il n’y a pas de réflexion possible. En 10 ans, les faits divers dans les JT ont augmenté de 73 % !

Certains se plaignent d’une stigmatisation des « élites productives ». Les riches ont-ils eux aussi intériorisé ce discours, cette représentation ?

Notre livre s’ouvre sur une citation extraordinaire de Paul Nizan [5] : « Travaillant pour elle seule, exploitant pour elle seule, massacrant pour elle seule, il est nécessaire [à la bourgeoisie] de faire croire qu’elle travaille, qu’elle exploite, qu’elle massacre pour le bien final de l’humanité. Elle doit faire croire qu’elle est juste. Et elle-même doit le croire. M. Michelin doit faire croire qu’il ne fabrique des pneus que pour donner du travail à des ouvriers qui mourraient sans lui ». C’est pour cela que cette classe est tout le temps mobilisée : les riches ont sans cesse besoin de légitimer leur fortune, l’arbitraire de leurs richesses et de leur pouvoir. Ce n’est pas de tout repos ! Ils sont obligés de se construire en martyrs. Un pervers narcissique, un manipulateur, passe en permanence du statut de bourreau à celui de victime, et y croit lui-même. C’est ce que fait l’oligarchie aujourd’hui, par un renversement du discours économique : les riches seraient menacées par l’avidité d’un peuple dont les coûts (salaires, cotisations...) deviennent insupportables. On stigmatise le peuple, alors que les déficits et la dette sont liés à la baisse des impôts et à l’optimisation fiscale.

Depuis que le parti socialiste est au pouvoir, qu’est-ce qui a changé ? Y a-t-il eu des améliorations concernant cette violence des riches que vous dénoncez ?

On ne peut pas parler d’amélioration : nous sommes toujours dans un système oligarchique. Nos dirigeants sont tous formés dans les mêmes écoles. Quelle différence entre Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy ? Je ne suis pas capable de vous le dire. L’histoire bégaye. Un exemple : le secrétaire général adjoint de l’Élysée est actuellement Emmanuel Macron, qui arrive directement de la banque d’affaires Rothschild. Sous Nicolas Sarkozy, ce poste était occupé par François Pérol, qui venait aussi de chez Rothschild. Les banques Lazard et Rothschild sont comme des ministères bis [6] et conseillent en permanence le ministre de l’Économie et des Finances. La mission de constituer la Banque publique d’investissement (BPI) a été confiée par le gouvernement à la banque Lazard... Et la publicité sur le crédit d’impôt lancé par le gouvernement a été confiée à l’agence Publicis. Qui après avoir conseillé Nicolas Sarkozy conseille maintenant Jean-Marc Ayrault. On se moque de nous !

Pierre Moscovici et François Hollande avait promis une loi pour plafonner les salaires de grands patrons [7]. Ils y ont renoncé. Pierre Moscovici a annoncé, sans rire, qu’il préférait « l’autorégulation exigeante ». Des exemples de renoncement, nous en avons à la pelle ! Le taux de rémunération du livret A est passé de 1,75 % à 1,25 %, le 1er août. Le même jour, Henri Emmanuelli, président de la commission qui gère les livrets A [8], a cédé au lobby bancaire, en donnant accès aux banques à 30 milliards d’euros supplémentaires sur ces dépôts. Alors qu’elles ont déjà reçu des centaines de milliards avec Nicolas Sarkozy ! Elles peuvent prêter à la Grèce, au Portugal, avec un taux d’intérêt de 8 ou 10 %... Avec le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), entré en vigueur le 1er janvier 2013, c’est encore 20 milliards d’euros de recettes fiscales en moins chaque année, offerts aux entreprises, et qui plombent le déficit public de façon absolument considérable.

Le Front national a un discours virulent contre les « élites » françaises. N’avez-vous pas peur que votre analyse soit récupérée par l’extrême-droite ?

Nous ne disons pas que les politiques sont « tous pourris », comme le fait le FN. Nous proposons une analyse en terme de classes, pour donner à voir des mécanismes sociaux. Nous cherchons à dévoiler le fonctionnement de cette caste qui casse le reste de la société, dans une logique de prédation qui va se poursuivre dans une spirale infernale. Le Front National désigne comme bouc émissaire l’immigré ou le Rom, donnant en pâture ce qui est visible. Le Rom est d’ailleurs devenu un bouc émissaire transversal à l’échiquier politique, depuis la gauche libérale avec Manuel Valls jusqu’au Front National. Si on doit pointer précisément un responsable à la situation actuelle, c’est plutôt une classe sociale – les riches – et un système économique, le néolibéralisme. Puisqu’il faut des formules fortes : le banquier plutôt que l’immigré !

Vous parlez dans votre ouvrage d’une guerre des classes qui n’est pas sans visage. N’y a-t-il pas un enjeu justement à « donner des visages » à cette classe, comme vous le faites ?

C’est une nécessité absolue. Il faut s’imposer d’acheter chaque année ce bijou sociologique qu’est le palmarès du magazine Challenges. Et s’efforcer d’incarner, de mettre des visages sur cette oligarchie... C’est une curiosité nécessaire, les gens doivent être à l’affût de cette consanguinité, de cette opacité, de la délinquance financière. Nos lecteurs doivent se servir de notre travail pour organiser une « vigilance oligarchique » : montrer aux puissants que leur pouvoir n’est pas éternel, empêcher ce sentiment d’impunité qu’ils ont aujourd’hui, car ils savent que personne n’ira mettre son nez dans leurs opérations financières totalement opaques.

Nous avons aussi expérimenté des visites ethnographiques dans les quartiers riches, pour vaincre nos « timidités sociales ». Se promener dans les beaux quartiers, leurs cinémas, leurs magasins, leurs cafés, est un voyage dans un espace social. Il faut avoir de l’humilité pour accepter d’être remis à sa place, ne pas se sentir à l’aise, se sentir pauvre car vous ne pouvez pas vous payer une bière à six euros. Mais c’est une expérience émotionnelle, existentielle, qui permet des prises de conscience. Une forme de dévoilement de cette violence de classe.

Propos recueillis par Agnès Rousseaux

violence des riches

A lire : Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, La violence des riches, Chronique d’une immense casse sociale, Éditions Zones / La découverte, 2013, 256 pages, 17 euros.

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