Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

glanage, cueillette et partage...

10 Mars 2014, 08:15am

Publié par pam

basta ! www.bastamag.net

PHILOSOPHIE DE VIE

Glanage, cueillette et partage des aliments : comment éviter le gaspillage

PAR STÉPHANE PERRAUD 5 FÉVRIER 2014

Pour se nourrir à moindre frais à la campagne, éviter le gaspillage en ville ou pour le simple plaisir de trouver soi-même ses repas, le glanage et la cueillette reviennent au goût du jour. Glaneurs des marchés et glaneurs des champs réinventent ce droit d’usage, un peu tombé en désuétude. D’autres font pousser des fruits et légumes en libre-service, dans leur jardin ou les espaces publics. Une véritable philosophie de vie, qui change notre rapport aux aliments, à la nature, à la gratuité et au partage. Devenir glaneur-cueilleur, partager sa nourriture : mode d’emploi.

Cet article a initialement été publié dans la revue Village.

« Chaque année, quand la récolte des pommes de terre est terminée, je vois arriver les glaneurs. Il y a toujours des tubercules qui passent au travers des machines. Plutôt que de les laisser pourrir sur place, je laisse les gens les ramasser à la main. Ce n’est pas un manque à gagner, je vends de gros volumes. C’est plutôt l’occasion de discuter de mon métier », témoigne Éric Fallou, président de la Fédération nationale des producteurs de plants de pommes de terre et agriculteur en Eure-et-Loir. Il est l’un des rares à accepter de témoigner. Car le glanage, autrefois très répandu dans nos campagnes, est devenu tabou. Les agriculteurs sont attachés à la propriété privée. Et les glaneurs craignent d’être assimilés à des précaires. Ce qu’ils sont parfois, mais pas toujours. Glaner permet certes de réaliser des économies, mais aussi de limiter le gaspillage. C’est d’abord une philosophie de vie. Ce droit d’usage, un peu tombé en désuétude, reste à réinventer.

Que dit la loi ?

On distingue le glanage, qui consiste à ramasser ce qui reste au sol après la récolte, du grappillage, qui consiste à cueillir ce qui reste sur les arbres ou dans les vignes. En 1554, un édit royal stipule que le glanage est autorisé aux pauvres, aux malheureux, aux gens défavorisés, aux personnes âgées, aux estropiés et aux petits enfants ! Ce texte est toujours en vigueur, mais on se référera plutôt à l’article 520 du code civil et à l’article R26 du code pénal pour établir un cadre juridique. Un collectif de juristes montpelliérain déduit de ces textes que le glanage est désormais autorisé pour tous, après la récolte et en journée, sauf arrêté municipal contraire. Il reste cependant interdit sur un terrain clôturé. Dans les faits, les propriétaires d’un champ ouvert apprécieront que vous veniez leur demander la permission. Le grappillage, lui aussi, est licite dans les mêmes conditions, mais la jurisprudence l’assimile fréquemment au maraudage, donc au vol. Par précaution, limitez-vous aux fruits tombés ou demandez aux propriétaires. Enfin, le râtelage qui consiste à utiliser un instrument est considéré comme une récolte. Il est donc interdit.

Un réseau pour cueillir

Aujourd’hui, c’est surtout chez les gros producteurs d’oignons ou de pommes de terre qu’on observe encore des scènes de glanage. Mais si l’on veut glaner sain, mieux vaut se tourner vers des agriculteurs bios. Les volumes sont moindres, mais les surplus existent. « Suite au désistement d’un client, j’ai laissé grainer 500 salades sur pied, regrette Sébastien Corneaux, maraîcher bio en Saône-et-Loire. Si j’avais connu un réseau de glaneurs, j’aurais pu faire des heureux. »

Réseau, le mot est lâché. L’association Ondine, spécialisée dans les circuits courts, tente de mettre en place un glanage organisé avec les producteurs bios des Monts du Lyonnais. « Le terme fait peur à la chambre d’Agriculture. Mais on va se lancer sans elle, car les producteurs sont partants, explique Michel Gontier, bénévole à Ondine. Nous allons créer une plateforme internet sur laquelle les paysans pourront indiquer les jours et les lieux de glanage. En bio, on pratique la rotation des cultures. On ne peut pas laisser traîner des patates ou des carottes si l’on veut mettre des épinards ou des blettes. Il faut assainir le sol en récoltant l’intégralité du champ. Le glanage, c’est du temps de gagné pour les agriculteurs ! » Si vous connaissez des maraîchers bios, proposez-leur donc vos services.

Cinq tonnes de fruits !

Beaucoup de fruitiers sont devenus des arbres d’agrément et ont perdu leur fonction nourricière. Lassé de voir pourrir des fruits sur pied dans les jardins et vergers autour de Dijon, Thierry Deiller, fondateur de l’association Relais Planète solidaire, a décidé de les ramasser. « En septembre 2007, j’ai lancé un appel à travers la presse locale. Des dizaines de particuliers m’ont ouvert leur jardin. À l’automne 2009, avec un groupe de bénévoles, nous avons organisé notre première collecte Fruimalin et récolté cinq tonnes de fruits ! » L’expérience s’est renouvelée et Fruimalin est aujourd’hui une activité économique qui salarie une personne à l’année. Les plus beaux fruits – environ 10 % de la récolte – sont donnés au propriétaire du jardin, aux bénévoles qui les ramassent et au secteur caritatif. Le reste est transformé en confitures ou en jus, que l’association vend sur les marchés.

Pour ce faire, le collectif a investi dans un local aux normes, une chambre froide, un pressoir, etc. L’initiative rencontre un vrai succès chez les anciens, soucieux de ne pas gaspiller, et les paysans à la retraite qui disposent d’un verger, mais n’ont plus la force de récolter. Ainsi entretenus, les arbres conservent leur capacité de production. L’association cueille également dans la nature et chez des producteurs bios qui donnent leurs surplus ou les produits recalés au tri. « Notre modèle est reproductible. Avec sept tonnes de fruits et légumes diversifiés par an, on peut créer un emploi », témoigne Thierry Deiller. Soutenus par la Région, en 2014, quatre autres Fruimalin [1] vont se monter en Bourgogne.

Dessiner sa carte de glanage

La nature est un autre lieu de glanage. On parle alors de cueillette sauvage. Francis Nicolas, ancien cadre bancaire à Orléans, n’est pas dans le besoin, mais il adore arpenter la campagne à la recherche de nourriture. En homme organisé, il a reporté sur une carte IGN tous les lieux autour de son domicile où il trouve de quoi se sustenter en fonction des saisons. « Je me promène à vélo. Je suis à l’affût de ce que la nature peut m’offrir. Avec le temps, mon regard s’est aiguisé, explique-t-il.Quand je trouve de la mâche sauvage, j’observe dans quel sens vont les vents dominants et je marche en direction du premier talus. Les graines vont se fixer dessus. Je trouve systématiquement de nouvelles pousses. »

Francis est un adepte des salades sauvages. Il cueille aussi des baies d’églantier, de genévrier, de sureau, des prunelles, des noix, des merises et des pommes qu’il transforme en sirop, en apéritif, en compote et en confiture. Il est également grand amateur de champignons. « Je me nourris pour moitié avec un panier bio acheté à des producteurs, pour moitié avec ce que je trouve dans la nature, confie-t-il. Malgré une économie de plus de 100 euros par mois, ma motivation n’est pas pécuniaire. C’est juste pour le plaisir de cueillir ce que la nature nous donne. » Un conseil, quand vous trouvez un bon coin, indiquez- le sur votre carte et laissez toujours quelques pousses… En prévision de votre prochain passage.

Les bons conseils d’un guide nature

Quand on se promène avec Anthony Charretier, on s’arrête tous les trois mètres. Ici, ce sont de jeunes orties qui attirent son attention. Là, de l’oseille sauvage. Plus loin, du plantain, qu’il délaisse car il l’estime déjà trop dur pour être cueilli. Finalement, il se penche pour ramasser du pourpier. Les feuilles au goût citronné se mangent directement en salade et les tiges plus fermes se cuisent à la vapeur comme des haricots verts. Il termine la balade dans le champ voisin, parsemé de fleurs de mauve. Elles pourront joliment agrémenter une salade, mais s’utilisent le plus souvent en tisane contre la toux.

Sur le chemin du retour, on croise du chénopode blanc, qui se consomme cru ou cuit comme les épinards, et de l’amarante réfléchie dont les graines se préparent comme le quinoa. « Ces deux plantes étaient cultivées dès le néolithique. Aujourd’hui, plus personne ne les connaît, révèle-t-il. On a importé beaucoup de variétés en oubliant ce qui poussait spontanément chez nous. Si l’on plante côte à côte du pissenlit et un pied de tomate, c’est le pissenlit qui pousse le mieux. Normal, la tomate vient des Andes… La nature est un véritable garde-manger pour celui qui sait s’y repérer. On peut même consommer la fameuse renouée du Japon, cette invasive que tout le monde arrache. Je propose des sorties botaniques dans la campagne au grand public. Je suis étonné de voir que personne ne cueille rien. C’est un savoir-faire oublié. »

Cueilleur et animateur nature, Anthony [2] part quotidiennement ramasser une bonne partie de ses repas autour de sa yourte. En vacances dans le Var au printemps dernier, il a juste pris un peu de riz, de l’huile, du sel et du sucre et il a trouvé tous ses repas sur place : asperges sauvages, jeunes pousses de fenouil et de fragon, criste marine au goût de carotte… Avant d’aller glaner, n’hésitez pas à passer une journée avec un guide nature près de chez vous. Vous aurez un bon aperçu de ce que vous pouvez cueillir. À renouveler chaque saison.

Servez-vous !

François Rouillay a longtemps cultivé un petit potager derrière sa maison. Mais ça, c’était avant. Avant qu’il ne découvre les Incroyables Comestibles, un phénomène venu du Royaume-Uni qui consiste à proposer des légumes en libre-service, cultivés devant chez soi. À Colroy-la-Roche, en Alsace, François a ainsi planté des salades, des tomates, des choux, des fraises et des aromatiques dans une jardinière. Ses voisins viennent se servir avant le déjeuner. Et lui-même traverse la rue quand il a besoin de haricots. « Dans le village, nous sommes déjà une dizaine de personnes à avoir installé des bacs. Des gens qui ne se parlaient pas sont devenus amis, cuisinent ensemble. Nous avons créé l’abondance potagère. On comptabilise déjà plus de 200 initiatives comme la nôtre en France et il s’en crée trois par jour dans le monde ! », témoigne-t-il.

Dans certaines communes, les commerçants eux-mêmes proposent un petit bac en libre-service devant leur magasin. Cela attire la clientèle. « Au final, cela change le regard sur l’alimentation. À Todmorden, la commune anglaise où tout a commencé en 2008, la population a totalement repensé sa façon de consommer. Désormais 83 % des achats alimentaires proviennent du local », assure-t-il. Preuve que glanage et gratuité ne sont pas forcément synonymes de manque à gagner.

Précautions d’usage

Ne partez jamais cueillir dans la nature sans une flore. Nicolas Blanche, auteur du livre Sauvagement bon et du blog du même nom, conseille « Fleurs sauvages », en poche chez Larousse. En cas de doute, ne consommez pas ! Un appareil photo sera utile pour identifier plus tard, chez vous, les plantes suspectes. Prévoyez un couteau pour couper net les tiges ou déterrer des légumes racines comme le panais ou la carotte sauvage. Privilégiez les sacs en toile (ou le panier) aux sacs plastiques qui font transpirer les plantes. Vérifiez dans votre flore la liste des espèces protégées et ne cueillez rien dans les réserves naturelles.

Évitez les bords de route, la proximité des usines ou les abords de jardins très propres – vraisemblablement traités – ainsi que les pâturages pour les plantes à consommer crues car beaucoup d’animaux sont porteurs de parasites. Méfiez-vous des plantes aquatiques ou de celles qui poussent près d’un lieu humide. Elles peuvent transmettre la douve du foie. Beaucoup de plantes sauvages ont des tendances allergènes. À consommer en petite quantité, surtout si l’on a des problèmes rénaux ou hépatiques. Mais pas d’affolement, on trouve les mêmes précautions d’usage avec les épinards, l’oseille, la rhubarbe… Avant le passage en cuisine, nettoyez les plantes à l’eau vinaigrée, surtout les salades. Si vous avez un doute, faites cuire à la vapeur à 100 °C, la plupart des parasites ne résistent pas et les plantes conservent l’essentiel de leurs propriétés.

Glaner sur les marchés

À la campagne, peu de gens osent glaner à la fin du marché. Les invendus sont le plus souvent ramenés à la ferme par les producteurs qui les transforment en conserves. Certains en donnent discrètement à un client dans le besoin, mais pas plus. Ce type de glanage est davantage une pratique citadine. Sur les grands marchés urbains, les revendeurs laissent sur place fruits et légumes qui seront invendables le lendemain. Dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon, Paul et Cécile se nourrissent depuis deux ans de cette façon, été comme hiver. « Nous avons les moyens de nous acheter de la nourriture, mais nous ne supportons pas de voir ce gaspillage sous nos fenêtres. Avec ce qui est jeté quotidiennement, on pourrait nourrir la moitié du quartier », estime Paul qui vient ici deux fois par semaine.

Sur place, il retrouve une vingtaine d’habitués, des glaneurs de tous âges et de toute condition sociale, plutôt décomplexés, qui se permettent le luxe de choisir. « On ne prend que ce dont on a besoin. Et on échange avec les autres pour éviter de courir à l’autre bout du marché. Il faut agir vite avant que les éboueurs n’enlèvent tout. » Le jour de notre rencontre, ils avaient ramassé, en moins de trente minutes, une grosse pastèque, une dizaine de melons, des fraises, deux kilos d’abricots, plusieurs bottes de radis, des concombres, des courgettes et du pain ! « Nous les mangeons ou nous les transformons aussitôt pour mieux les conserver. Le principal bémol, c’est que ces fruits et légumes, issus de l’agriculture conventionnelle, sont bourrés de pesticides », déplore Cécile. Le jeune couple a déménagé cet automne dans une maison en Normandie et compte désormais vivre de son potager. Bio cette fois.

Dossier réalisé par Stéphane Perraud, paru dans la revue Village (voir ci-dessous), en décembre 2013.

Illustration : Les Glaneuses, du peintre Jean-François Millet
Photos : Lucile Vilboux et Stéphane Perraud, de Village

Pour aller plus loin sur le glanage :
Film : Les Glaneurs et la glaneuse, d’Agnès Varda (1999).
Livres : Sauvagement bon, carnet d’un glaneur gourmand, par Nicolas Blanche (Tétras éditions), 14,90 euros. Pour glaner dans la nature, les éditions de Terran proposent une série d’ouvrages régionalisés : Glaner en Normandie, dans la région Centre, en Auvergne, dans les Pyrénées, sur les côtes de Bretagne, dans l’Est, dans le Midi, 20 euros.

glanage, cueillette et partage...

Voir les commentaires

Femmes

9 Mars 2014, 07:55am

Publié par pam

merci Alice !

merci Alice !

Voir les commentaires

cinema

5 Mars 2014, 17:24pm

Publié par pam

cinema sur internet ? cliquez sur

Farmvola

et vous trouverez des films très récents, des documentaires, des films d'animation pour les enfants... etc... j'ignore comment fonctionne ce site mais il est gratuit, sans engagement et manifestement légal. Voilà de quoi remédier à l'éloignement des salles de cinéma ou le manque de moyens !

merci Yog La Vie !

cinema
cinema
cinema

Voir les commentaires

au sujet de l'irrationnel...

5 Mars 2014, 07:56am

Publié par pam

Michel Onfray in “Antimanuel de philosophie”. (extraits)

Votre succès au bac est-il inscrit dans les astres ?

L’avenir s’écrit, il n’est pas encore rédigé : faites-vous à cette idée, votre destin relève de vos projets et de l’énergie que vous mettrez à les réaliser. Jamais peut-être autant qu’aujourd’hui où, en Occident du moins, la raison peut fonctionner librement sans craindre la prison ou le bûcher, alors que la religion a perdu beaucoup de son pouvoir de contrainte et de nuisance, les hommes et les femmes ne se sont mis à croire à l’irrationnel sous toutes ses formes. Partout ces fictions sont diffusées et amplifiées.

La permanence de l’irrationnel se constate facilement. Avant les débuts de la philosophie, on croit aux mythes : ils expriment une pensée magique et grouillent de dieux. La mythologie forme la pensée primitive et les religions s’appuient sur ces pensées irrationnelles. Dans la mythologie et dans la religion, la preuve ne sert à rien, la déduction non plus, pas plus que l’usage de la raison, réflexion, analyse ou esprit critique. Nul besoin de penser, croire suffit puis obéir. L’irrationnel sert souvent aux individus retors et déterminés pour guider les hommes et les maintenir dans un état de sujétion.

De quelle logique procède l’irrationnel ? De la peur du vide intellectuel, de l’angoisse devant l’évidence pénible à accepter, de l’incapacité des hommes à accepter leur ignorance et la limitation de leurs facultés, dont la raison. Là où ils peuvent dire : “je ne sais pas”, "j'ignore pourquoi” ou “je ne comprends pas”, ils inventent des histoires et y croient. L’irrationnel colmate les brèches faites par la raison dans la destruction des illusions. Incapables de vivre dans le seul réel rationnel, les humains fabriquent de toutes pièces un monde irrationnel plus facile à habiter parce que pourvoyeur de croyances qui procurent un semblant de paix avec soi-même. L’irrationnel, c’est ce qui n’est pas encore rationnel (expliqué ou prouvé par la science), soit pour un individu, une époque, une culture et non ce qui ne le sera jamais. Ce qui échappe à la compréhension aujourd’hui conduit les hommes à échafauder des hypothèses en puisant dans les ressources illimitées de l’irrationnel. Sur certaines questions impossibles à résoudre avec les progrès de la science, recherche, technique, l’irrationnel règne en maître et pour longtemps. Être mortel, ne pas survivre, subir les déterminismes, ne pas échapper à la nécessité, être confiné à cette planète, voilà quelques-uns des motifs qui font fonctionner l’irrationnel. La raison est secourable lorsqu’elle se concentre sur la destruction des illusions et croyances, fictions crées par les hommes pour se consoler avec des arrière-mondes, des au-delà inventés, qui toujours dispensent de bien vivre ici et maintenant. La philosophie et l’usage critique de la raison permettent d’obtenir d’autres solutions, des certitudes viables et des consolations plus sûres : devant les mêmes évidences (mort, limitations des pouvoirs humains, petitesse de l’homme devant l’immensité du monde, angoisse face au destin), la philosophie fournit des moyens de s’approprier son destin, de se faire l’acteur de son existence, de se libérer des peurs inutiles et paralysantes - et non de s’abandonner comme des enfants aux mythes d’hier et d’aujourd’hui.

au sujet de l'irrationnel...

Voir les commentaires

réflexions d'un médecin bouddhiste

5 Mars 2014, 07:50am

Publié par pam

POURQUOI DEVONS-NOUS GRANDIR ?

Par honnêteté scientifique : on peut aujourd’hui apprécier scientifiquement différents niveaux de conscience chez un être humain (comas). Mais la réalité spirituelle est un niveau de conscience plus subtil et difficilement mesurable par une science qui se veut objective. On ne peut pour autant nier son existence, donc remise en question dans notre manière de soigner.

Stuart Mill : “S’il s’était trouvé que les vérités géométriques puissent gêner les hommes, il y a longtemps qu’on les aurait trouvées fausses.”

Aspect déontologique : si nous pouvons faire mieux qu’actuellement, nous devons le réaliser, car il est du devoir du médecin de rechercher tout ce qui peut être bon pour la santé des patients.

En niant le phénomène conscience ou la réalité spirituelle, on se prive de quelque chose d’essentiel. Et une société qui se veut saine ne peut pas faire l’économie de la santé de chacun.

De plus, il y a une nécessité à approfondir notre connaissance de l’humain. De même qu’on observe des modifications physiologiques et métaboliques quand le corps humain se développe ou est soumis à certaines conditions (froid, chaleur, variations de pression...) ou que surviennent des manifestations émotionnelles (colère,désir), la conscience qui s’éveille donne lieur à diverses manifestations. Ces perturbations concernent les dimensions physique et psychologique de la personne, par exemple le calme de plus en plus profond de l’esprit, qui se développe au fur et à mesure de la pratique méditative, génère progressivement une sensation physique de grande souplesse, malgré le vieillissement. Un tel fait devrait interpeller les rhumatologues. On peut parler d’épiphénomènes de la croissance spirituelle.

Paradoxalement, le monde chaotique d’aujourd’hui agit comme un stimulus d’éveil de la conscience pour beaucoup.

L’éducation à la santé doit être aussi prise en compte. Mais la négation de la dimension spirituelle dans le domaine médical fait qu’on ne peut pas actuellement la considérer comme un élément à part entière, important et nécessaire à prendre en compte dans l’émergence et le maintien de la santé.

Pourtant, beaucoup de souffrances psychologiques ont leurs racines dans cet espace méconnu. La conscience intervient d’une manière considérable dans la façon de vivre sa maladie, dans l’évolution de celle-ci et très certainement dans la manière de mourir.

L’être humain ne peut pas se contenter de la vie tout court, il est aussi à la recherche, même inconsciemment, de la vie sacrée, ou en tout cas d’une oasis de paix. D’ailleurs, dans le cadre d’une quête spirituelle, on ne trouve pas parce qu’on cherche, mais on cherche parce qu’on a déjà trouvé, parce qu’on sait au plus profond de soi cette indicible réalité.

La santé spirituelle est le défi que nous avons à relever, pour la médecine, mais aussi pour l’éducation, la justice, la politique, le commerce...

De plus, tout choix éthique est sous tension morale et spirituelle.

De nombreux problèmes actuels, certaines aberrations évidentes des technosciences, sont intimement liés à notre sous-développement spirituel et à notre méconnaissance du mécanisme de l’interdépendance.

En matière de pollution, nous polluons notre environnement parce que nous n’avons pas bien compris les liens très subtils qui nous unissent à lui. Il y a une relation étroite entre le spirituel et l’écologie par le biais de la prise de conscience. Il ne peut y avoir d’écologie extérieure sans une véritable écologie intérieure.

Thich Nath Hanh appelle cela l’inter-être. Quand nous grandissons dans notre corps spirituel, nous percevons d’une manière plus aiguë notre lien avec l’univers et ses différentes composants.

Plutôt que d’opposer l’homme à l’animal, il serait plus éthique de dire que si l’être humain a une quelconque supériorité sur l’animal, cela lui confère la responsabilité de prendre soin du règne animal et non pas de l’exploiter sans aucune compassion comme il le fait actuellement à des fins commerciales, souvent dans un grand gâchis, voire avec un objectif ludique et mercantile, ce qui est pire. Ce que nous faisons subir aux animaux, dans une indifférence quasi générale, est honteux.

Le monde d’aujourd’hui, dans son système d’hyper et de surconsommation, dans son sacro-saint développement économique, est un monde qui brise et qui consomme de l’humain. L’objectif de notre système économique ne serait-il pas finalement d’entretenir le système pour lui-même, sans tenir compte des conséquences sur les gens, sur le produit concerné, ou encore sur son utilité ?

L’être humain a besoin de sanctifier le monde : de le percevoir à partir d’une conscience épanouie, vaste et profonde. Cela fait partie de sa nature fondamentale, et c’est aussi un élément structurant et fondateur de sa bonne santé.

Harry Moody et David Caroll : “La plupart des gens passent leur vies rivés à un niveau de conscience bien inférieur à ce qu’il pourrait être. Ils ont une perception réduite du monde, vivant, comme le dit une ancienne parabole, au rez-de-chaussée d’un palais de mille pièces.”

Nous sommes plus vastes que notre existence, et sans conscience ou sans élargir son champ de conscience, c’est comme un chasseur d’horizon, on arrive nulle part.

réflexions d'un médecin bouddhiste

Voir les commentaires

Pleine conscience...

4 Mars 2014, 07:00am

Publié par pam

Pour faire simple, la “Pleine Conscience” est une énergie positive en nous qu’on génère (provoque) par la respiration, la méditation, la marche, mais “conscientes”.

(pour une vraie définition allez voir sur Wikipedia !)

Penser aux problèmes au lieu de les fuir ou de les enterrer sous le quotidien permet de les résoudre. Le seul effort de prendre trois ou quatre respirations conscientes chaque matin suffit à renouer le contact avec soi et avec tout ce qui nous entoure et donc à nous transformer. L'idéal étant plus proche de deux méditations de 20 minutes chaque jour...

Si je me tourne vers les textes bouddhistes c’est que j’y trouve une grande simplicité et une bonté évidentes, que contrairement aux cathos, juifs, musulmans, le dernier souci des bouddhistes n’est pas de chercher à convertir au contraire. Ce n’est qu’ouverture d’esprit sur l’autre, acceptation de ses différences, générosité désintéressée et non-violence.

J’y trouve aussi des réponses aux questions que je me pose sur le pourquoi et le comment du soin par imposition des mains qui “me” font guérir les gens qui me demandent.

Ce qu’ils appellent Pleine Conscience c’est aussi simplement l’”intention”. Quand une émotion négative me submerge (où que je soies, quoique je fasse) je prends une respiration consciente : j’inspire la prise de conscience de mon “problème” et j’expire le bonheur d’être en vie, la beauté de mon petit Causse, le sourire des enfants, les chansons de mon père... On ressent un apaisement instantané.

C’est du même ordre que ce que je fais pour m’endormir quand je souffre, en décrispant chaque muscle, chaque nerf, en prenant simplement conscience des tensions accumulées.

Et finalement, c’est aussi du même ordre que la peine que je ressens pour la personne qui m’appelle parce qu’elle souffre. La compassion que j’éprouve me fait envoyer vers elle une énergie positive que je “prends” dans le soleil, les arbres, n’importe quoi de beau ou de positif, et qui me fait aussi trouver les mots que souvent je prononce sans avoir l’impression de les avoir réfléchis. Et on retombe dans cette “simplicité” bouddhiste...

Pleine conscience...

Voir les commentaires

paix, pardon et compassion...

2 Mars 2014, 15:00pm

Publié par pam

PEMA CHÖDRÖN. “LES BASTIONS DE LA PEUR”.

Pratique du courage dans les moments difficiles.

“Reconnais tes erreurs cachées.

Approche-toi de ce que tu trouves repoussant.

Aide ceux que tu crois ne pas pouvoir aider.

Tout ce à quoi tu es attaché, abandonne-le.

Va dans les lieux qui t’effraient.”

NOUVEAU DÉPART.

“Nous sommes tous les enfants du Grand Esprit, nous appartenons tous à la Terre Mère. Notre planète est en grand danger et si nous persistons à nourrir de vieilles rancunes, sans travailler tous ensemble, nous mourrons tous. “ Le chef Seattle.

Le pardon est un élément essentiel de la pratique de la bodhichitta, il permet d’oublier le passé et de repartir à zéro. On peut revoir sa vie avec honnêteté et compassion. La chose la plus importante c’est de se pardonner à soi-même. Se visualiser puis passer intentionnellement en revue tous les regrets de sa vie. Pas ressasser des souvenirs pénibles mais entrer en contact avec les sentiments sous-jacents à la douleur : culpabilité, honte, confusion, remords, tout ce qui nous bloque. Ensuite il faut inspirer ces sentiments dans son cœur et en expirant se pardonner. Ensuite il faut penser à tous ceux qui ressentent la même angoisse et leur renvoyer à tous le pardon. C’est un processus de guérison qui permet de se réconcilier avec ceux à qui on a fait du mal et avec ceux qui nous en ont fait. On n’a plus à porter le fardeau, on peut reconnaître les faits, se pardonner et repartir à neuf. On apprendra ainsi à demeurer avec ce regret de s’être fait du mal à soi et d’en avoir fait aux autres. Le pardon est l’expression naturelle du cœur ouvert, l’expression de la bonté primordiale. Chaque instant est l’occasion de repartir à neuf.

paix, pardon et compassion...

PEMA CHÖDRÖN. POUR FAIRE LA PAIX EN TEMPS DE GUERRE.

Un point de vue bouddhiste.

“Si personne ne commence à proposer une certaine harmonie, le monde dans lequel nous vivons n’aura jamais de bon sens. Quelqu’un doit planter des semences pour que règne le sens commun sur cette terre.” Chögyam Trungpa Rinpoché.

Si l’on veut que règne la paix, de la paix de l’esprit à la paix sur terre, il faut rester avec la crispation initiale au lieu de s’en éloigner sur le champ. Ne rien compliquer.

Il faut aussi s’entraîner à rester simple dans le vaste contexte qui englobe tous les êtres doués de sensibilité. Compassion.

Dès que vous sentez une énergie déstabilisante vous envahir, dès que vous vous mettez à construire des barrières protectrices, faites une pause et respirez avec. Et dans ces moments voyez que l’insécurité qu’on ressent pourrait créer une nouvelle culture fondée sur l’amour et la compassion et non sur la peur et l’agression. On peut prendre part à la création de cette nouvelle culture chacun pour soi et pour toute la planète.

Lorsqu’on s’ouvre à la nature toujours changeante de son être et de sa réalité, on accroît sa capacité d’aimer et de se soucier d’autrui et sa capacité de ne pas s’effaroucher. On peut garder les yeux, le cœur et l’esprit ouverts. On se rend compte des moments où l’on se fait prendre au jeu des préjugés, des partis pris et de l’agression. On n’arrose plus ces graines de négativité, et on commence à voir que la vie offre des possibilités innombrables de faire les choses autrement, de laisser se désagréger les semences de la guerre là où elles prennent naissance, dans le cœur et l’esprit d’êtres humains comme nous.

paix, pardon et compassion...

Voir les commentaires

BIENVEILLANCE.

2 Mars 2014, 14:59pm

Publié par pam

PEMA CHÖDRÖN. “LES BASTIONS DE LA PEUR”.

LA BIENVEILLANCE.

“La paix entre les nations doit reposer sur la base solide qu’est l’amour entre les individus.” Gandhi.

Nos efforts personnels pour vivre de façon humaine dans ce monde ne sont jamais perdus, choisir de cultiver l’amour plutôt que la colère est peut être ce qu’il faut pour sauver la planète de l’extinction. On dit que la racine de l’agressivité et de la souffrance est l’ignorance. Retranchés dans la vision étroite de nos petites affaires, c’est notre parenté avec les autres que nous ignorons, notre interdépendance. C’est à nous que nous nuisons quand nous nuisons aux autres. À force de pratiquer la bienveillance, on apprend d’abord à être honnête et compatissant envers soi et à s’aimer. Au lieu de se dénigrer, on se met à cultiver une bienveillance éclairée. Peu importe comment on se sent, on peut aspirer à être heureux. Première étape pour développer la bienveillance, voir quand on érige des barrières entre soi et les autres, et faire cette prise de conscience avec compassion. Si on ne comprend pas qu’on durcit son cœur, on ne peut dissoudre l’armure et la bienveillance est entravée. On fait obstacle à sa capacité innée d’aimer sans ordre du jour. Que nos relations soient sincères ou bloquées, elles sont autant d’aides pour découvrir notre capacité à aimer.

On peut avoir besoin de formuler en ses propres mots l’aspiration au bonheur : aspiration à ce que soi et les autres réalisent au maximum leur potentiel, aspirer à ce que nous apprenions tous à parler, penser, agir de manière à augmenter le bien-être fondamental, aspiration à ce que tous les êtres commencent à avoir confiance ne leur bonté primordiale...

On peut faire une liste des êtres sensibles qui nous font éprouver bienveillance, gratitude, reconnaissance, tendresse et partir d’eux pour étendre notre pratique. Il est important de s’inclure soi-même. Il est essentiel d’entrer en contact avec une honnête bonne volonté et de l’encourager à s’étendre. Localiser cette capacité à ressentir de la bienveillance et de l’entretenir. Cette pratique consiste à arroser la graine de la bonne volonté pour qu’elle grandisse. Ainsi on se familiarise avec les obstacles : torpeur, inadaptation, scepticisme, ressentiment, indignation du bien-pensant, orgueil... On apprivoise ses peurs, sa cupidité, son aversion. Si on ne prête pas attention à ses propres démons, on n’a aucune possibilité de bienveillance inconditionnelle. Sinon tout ce qu’on rencontre devient une occasion de pratiquer la bienveillance.

BIENVEILLANCE.

Voir les commentaires

Compassion...

2 Mars 2014, 14:59pm

Publié par pam

PEMA CHÖDRÖN. “LES BASTIONS DE LA PEUR”.

LA COMPASSION.

“Dans d’autres traditions les démons sont mis dehors. Mais dans la mienne on les accueille avec compassion.” Machik Labdrön.

Pratiquer la compassion est plus difficile que faire preuve de bienveillance, car la compassion implique la disposition à ressentir la douleur. Elle exige de la hardiesse, car entrer pleinement en rapport direct avec la souffrance d’un autre être, c’est douloureux, terrifiant pour beaucoup. Il faut apprendre à se détendre et à approcher en douceur de ce qui nous terrorise, laisser la peur adoucir au lieu de durcir sa résistance. La compassion n’est pas une relation entre un guérisseur et un être blessé, c’est une relation entre égaux. Ce n’est qu’en connaissant bien sa propre obscurité qu’on peut être présent à celle des autres. La compassion ne devient véritable que quand on reconnaît la condition humaine qui est commune à tous. Variantes à que je sois libéré de la souffrance et de la racine de la souffrance : que je sois sain et sauf, que je sois exempt de colère, de la peur, des soucis, que je ne tombe ni dans l’indifférence ni dans les extrêmes de la convoitise ou de la répugnance, que je ne sois pas victime de la tendance à me duper....

L’essentiel n’est pas d’être submergé par toutes ces souffrances mais simplement de donner naissance à une compassion authentique. En élargissant cette aspiration compatissante aux autres, à tous les autres, on commence à se libérer de la prison de l’isolement et de l’indifférence. Puis on se met face à ses préjugés et aversion. Être compatissant, c’est mettre fin aux habitudes d’apitoiement sur son sort, à la peur, la colère. Nous nous délestons des opinions et préjugés qui nous isolent les uns des autres. On souhaite que les manifestations extérieures de la souffrance diminuent mais aussi qu’on arrête tous d’agir et de penser en utilisant des moyens qui ne font qu’augmenter l’ignorance et la confusion. On souhaite vivre sans obsessions ni étroitesse d’esprit.

On dit que tous les êtres sont prédisposés à s’éveiller et à aller vers autrui et que cette tendance naturelle peut être développée, c’est ce qu’on fait quand on formule les aspirations. mais si on ne cultive pas cette disposition, elle s’amenuise.

Par nos plaisirs et nos douleurs, par nos espoirs et nos craintes, nous sommes profondément liés les uns aux autres. Pour connaître le bonheur durable il faut quitter son cocon. Pour apporter le bonheur aux autres aussi. La meilleure manière de se rendre service à soi-même, c’est d’aimer les autres et de s’en occuper.

Compassion...

“Si personne ne commence à proposer une certaine harmonie, le monde dans lequel nous vivons n’aura jamais de bon sens. Quelqu’un doit planter des semences pour que règne le sens commun sur cette terre.” Chögyam Trungpa Rinpoché.

Compassion...

Voir les commentaires

page politique du week-end....

1 Mars 2014, 09:39am

Publié par pam

merci Philippe et Joaquin !

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 > >>