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Le tao de la physique. Fridtjof Capra.

17 Mai 2014, 06:29am

Publié par pam

extraits de la post-face (1985 !) :

"J’essaie d’analyser les conséquences sociales de cette mutation à laquelle nous assistons. Les problèmes majeurs de notre époque : danger nucléaire, destruction de notre environnement naturel, impuissance à réduire la misère et la malnutrition un peu partout dans le monde, ne sont que les facettes d’une seule et même crise, essentiellement une crise de perception. La plupart d’entre nous, particulièrement ceux qui ont pour tâche de gérer nos structures politiques et sociales, continuent encore de fonctionner selon un mode de pensée aujourd’hui dépassé. Leurs concepts et systèmes de valeurs sont périmés. Inadaptés aux problèmes du monde surpeuplé et profondément interdépendant dans lequel nous vivons. Mais en même temps, des chercheurs d’avant-garde, des pionniers dans les domaines des techniques de pointe et des sciences sociales, des militants associatifs, souvent qualifiés de marginaux, travaillent à l’élaboration d’une nouvelle approche de la réalité. Ces idées neuves vont construire notre avenir, car elles vont donner naissance aux technologies, systèmes économiques et institutions sociales du futur.

Jusque là et depuis des siècles, ce qui structurait la société occidentale et influençait considérablement le monde entier était que l’univers est un système purement mécanique composé d’un assemblage de blocs élémentaires ; que le corps humain est une machine perfectionnée ; que la vie est une lutte permanente dans laquelle chaque organisme vivant combat pour sa survie ; et pire qu’un certain “ordre naturel” veut que dans toute la hiérarchie des créatures vivantes, la femelle soit partout et toujours en situation de dépendance et de soumission vis-à-vis du mâle. D’innombrables générations ont été endoctrinées par cette idéologie, qui ne résiste pas aux découvertes de la science moderne. Partout sur la planète, des femmes et des hommes, de plus en plus nombreux, ont acquis la conviction que des hypothèses de ce genre doivent être radicalement revues, comportant de graves lacunes.

Beaucoup parlent d’une conception holistique du monde, une approche qui va au-delà de l’apparente dissociation des formes et structures pour voir l’univers comme un Grand Tout intégré. Idem pour l’écologie, être véritablement sensibilisé aux problèmes de l’écologie, c’est reconnaître l’interdépendance fondamentale de tous les phénomènes de l’univers et comprendre que l’homme, et par extension les sociétés humaines, font intimement partie des processus cycliques naturels. De plus en plus de gens sont ainsi d’authentiques écologistes.

Le tao de la physique. Fridtjof Capra.

Face aux multiples dangers qui menacent la planète, la race humaine ne survivra que si nous parvenons à transformer radicalement les méthodes et codes de valeur qui gouvernent encore notre démarche scientifique et nos technologies. J’appelle fortement le passage d’une mentalité dominatrice, axée sur le contrôle et l’asservissement de la nature, êtres humains compris, à une mentalité cherchant à développer la coopération, l’entraide, la non-violence.

En Occident, sciences et techniques ont confondu connaissance et contrôle : l’idée de base étant que, pour comprendre la nature, l’homme doit commencer par la dominer. Système patriarcal qui inculque au mâle un désir pathologique de contrôle et domination.

Jusqu’à la Renaissance, le but de la science était la recherche de la sagesse, une meilleure compréhension de l’ordre naturel, un mode de vie en harmonie avec cet ordre. Depuis Bacon, le but de la science est de fournir à l’homme des connaissances spécialisées lui permettant d’asservir la nature. De nos jours encore, science et technologie sont utilisées conjointement à des fins nuisibles, dangereuses et anti-écologiques.

Plus femmes et hommes prennent conscience de ces problèmes, comprennent que les prétendus progrès techniques se retournent bien souvent contre nous, plus les choses changent. Mais ce changement devra s’accompagner d’un changement des mentalités. La tête évolue, le cœur doit suivre, pour que cette société obnubilée par le pouvoir, la domination, le contrôle, devienne une communauté travaillant à développer coopération et non-violence.

Tao : “Celui qui se conforme à l’ordre naturel flotte naturellement dans le courant du Tao.”

Le tao de la physique. Fridtjof Capra.

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“Conseils d’une amie pour des temps difficiles”

16 Mai 2014, 07:05am

Publié par pam

Pema Chödrön. “Conseils d’une amie pour des temps difficiles”. Quand tout s’effondre. Ed. La Table Ronde. 1997. Extraits :

Éviter de nuire :

Ne pas nuire à autrui suppose évidemment de s’abstenir de tuer, voler ou mentir. Cela implique aussi de ne pas être agressif (en parole comme en esprit ou en action). Apprendre à ne nuire ni à nous-mêmes ni aux autres est un enseignement de base du bouddhisme sur le pouvoir de guérison lié à la non-agression. C’est la base même d’une société éveillée.

L’agression la plus fondamentale envers nous-mêmes, le mal le plus fort que nous pouvons nous faire est de demeurer ignorant en n’ayant ni le courage ni le respect de nous regarder avec honnêteté et douceur.

C’est le parcours de toute une vie que d’entrer honnêtement en relation avec le caractère immédiat de notre expérience et de nous respecter suffisamment pour ne pas porter de jugement sur celle-ci.

C’est un vrai choc de constater à quel point nous avons refusé de voir certaines de nos manières de nuire. Notre style est si bien enraciné en nous que nous ne pouvons pas entendre ceux qui essayent de nous dire que peut-être nous causons du tort par notre façon d’être ou dans nos rapports avec les autres.

Grâce à l’attention, nous voyons nos désirs et notre agression, notre jalousie et notre ignorance, sans suivre ces pulsions ; nous nous contentons de les voir, d’en prendre acte. L’étape suivante consiste à s’abstenir. L’attention est la base, l’action de s’abstenir est la voie.

“Conseils d’une amie pour des temps difficiles”

Une pratique de méditation faisant appel à l’attention et à la faculté de s’abstenir : remarquer les mouvements de notre corps quand nous nous sentons mal à l’aise. La consigne est de ne pas essayer de changer quoi que ce soit, de ne pas nous critiquer quoi que nous fassions, mais de nous contenter d’observer nos gestes. Prendre note de la manière dont nous essayons d’éviter l’absence de terrain solide est un moyen d’entrer en contact avec cette perte d’assise.

S’abstenir, c’est-à-dire ne pas passer à l’acte de façon impulsive comme d’habitude, a quelque chose à voir avec le renoncement à la mentalité de divertissement. En nous abstenant d’agir, nous pouvons voir que quelque chose existe entre l’apparition du désir (ou de l’agression ou de la solitude...) et toute action que nous accomplissons comme résultat de ce sentiment. Il y a quelque chose dont nous ne voulons pas faire l’expérience et dont nous ne faisons jamais l’expérience parce que nous sommes tellement pressés d’agir.

S’abstenir, c’est la méthode dont on use pour parvenir à connaître la nature de cette agitation et de cette peur. C’est la méthode permettant de se faire à l’absence de terrain solide.

Si nous nous divertissons aussitôt en commençant à parler, agir ou penser, nous ne pourrons jamais nous détendre. Notre vie sera un marathon sans fin. Nous demeurerons bloqués au stade de “vrai paquet de nerfs”.

Si vous ne faites pas ce que vous dicte la peur, alors la peur n’a aucun pouvoir sur vous.

Quand nous comprenons le processus, nous ne nous faisons pas avoir par la réaction en chaîne qui transforme des choses minuscules en monstruosités.

En restant en attente, nous commençons à entrer en rapport avec l’agitation fondamentale aussi bien qu’avec l’espace fondamental. Et la conséquence, c’est que nous cessons de nous causer du tort. Établir une relation vraiment bonne avec nous-mêmes nous apprend l’immobilité, ce qui n’empêche pas de courir, danser, sauter, mais signifie que la compulsion a disparu. Nous arrêtons de trop manger, trop fumer, chercher à trop séduire...

Notre parole est apprivoisée et communique quelque chose. Nous ne gaspillons pas le don de parole pour exprimer notre névrose. C’est la libération qui se produit naturellement quand nous sommes tout à fait là, sans nous faire de souci au sujet de l’imperfection.

“Conseils d’une amie pour des temps difficiles”

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essence, éléments et chamanisme

14 Mai 2014, 06:48am

Publié par pam

Extraits de "L'envol de l'aigle" de Kenneth Meadows :

Les traditions mystiques occidentales définissent quatre éléments : air, feu, eau, terre. Ils sont considérés comme les composants de base de tout ce qui existe dans la réalité physique bien qu’ils ne soient pas compris comme des substances physiques mais comme des principes métaphysiques gouvernant l’apparition de la matière. Néanmoins, on peut percevoir les éléments comme des mouvements d’énergie.

Chaque élément a des qualités spécifiques et identifiables :

- Le feu est créatif, expansif, vigoureux, explosif, dévorant.

- L’eau est fluide, adaptable, absorbante, dispersante.

- L’air est illimité, vif, impatient, imprévisible.

- La terre est stable, patiente, nourrissante, obstinée.

Le feu gouverne l’étincelle de la Vie.

L’air gouverne le souffle de la Vie.

L’eau gouverne le flux ou la rivière de la Vie.

La terre gouverne la substance de la Vie.

Dans la tradition orientale, il y a cinq éléments : bois, feu, terre, métal et eau.

On les représente sous la forme d’un pentagrame qui illustre leurs liens fonctionnels.

Il ne s’agit pas de conceptions contraires ou mêmes différentes, ce sont les polarités complémentaires d’un tout, elles indiquent essentiellement différents modes d’activités.

Le système à cinq éléments de l’approche chinoise fait apparaître la Terre, au centre, comme une grande force d’équilibre et d’unification.

Le système à quatre éléments des traditions occidentales, lui, fait figurer au centre un élément caché que les théosophes appellent éther (lumière céleste ou cosmique) et qui est selon eux la lumière à partir de laquelle les quatre éléments entrent dans le processus de manifestation.

La nature qui nous entoure est habitée d’un pouvoir manifeste, bien qu’ignoré de la plupart des gens et par la science matérialiste parce qu’il n’est pas physique, mais les chamans l’ont identifié depuis des milliers d’années comme une essence fondamentale permettant à toute chose manifestée d’être consciente de sa nature d’être vivant.

On peut définir l’essence comme une énergie primaire pure dont tout est dérivé. Tout dans l’univers vibre ou palpite avec elle et c’est grâce à elle que tout continue d’exister. L’apparence inanimée de certains objets, comme les minéraux, n’est qu’une illusion.

L’essence de cette vitalité qui génère l’activité de toute créature vivante, de l’amibe à l’être humain, est spirituelle. Certains chamans l’ont appelée Ce sans quoi rien ne peut exister.

En Polynésie et dans certaines régions d’Amérique du Nord, on l’appelait Mana (puissance miraculeuse). En Chine, c’est le Chi (force de vie), au Japon le Ki (essence vitale), en Inde, c’est Prana (énergie absolue), chez les chamans des anciens peuples nordiques Megin (pouvoir intérieur). Chacun de ces termes se réfère à un aspect de la même puissance originelle et montre que tous les peuples du monde possédaient le concept d’une essence infuse dans toute forme de vie qu’elle active sans être elle-même matière. Cette essence est dans l’air que nous respirons et dans ce que nous consommons.

essence, éléments et chamanisme

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recyclage alimentaire.

13 Mai 2014, 07:51am

Publié par pam

trouvé sur : bio à la une. com

5 déchets alimentaires à ne surtout pas jeter

Par Manon Laplace

Et si manger ses déchets alimentaires était le nouveau geste écolo ? Bon pour la planète et pour la santé, le recyclage s'invite désormais en cuisine. Bio à la Une vous livre ses trucs et astuces pour réduire le gaspillage alimentaire.

1,3 milliards de tonnes de denrées alimentaires comestibles seraient jetées chaque année dans le monde. Soit un tiers de la production. Des chiffres assommants qu’il serait possible de réduire avec des gestes simples. Réduire les portions, acheter ses produits frais au fur et à mesure ou encore accommoder les restes, autant de bonnes habitudes de consommation pour éviter le gaspillage. Mais l'on peut également optimiser sa manière de cuisiner en utilisant toutes les parties des aliments, même les plus surprenantes. En d’autres termes, il faut cuisiner ses déchets alimentaires!

Les épluchures de fruits et légumes que l'on jette sont autant de nutriments dont on se prive. En effet, la peau est en général beaucoup plus riche en vitamines, minéraux et en fibres que la pulpe des végétaux. Alors plutôt que de les mettre à la poubelle, on apprend à les accommoder ! Et pour ceux qui trouveraient l’idée peu ragoûtante, sachez qu’Eric Guérin, chef étoilé au Guide Michelin s’est spécialisé dans la cuisine des épluchures et des carcasses. Comme quoi déchets et gastronomie peuvent faire bon ménage ! Méfiance néanmoins à l’égard des fruits et légumes conventionnels. Si la peau est un concentré de micronutriments, elle est également la partie du végétal qui retient le plus les pesticides et les produits chimiques ! On choisit donc des fruits et légumes bio.

Les fanes

Les herbes de certains légumes cultivés (radis, carottes, navets, betteraves, etc…), également appelées fanes, sont très riches en calcium en fer et en vitamines. Facile à cuisiner, elles sont une excellente source de fibres dont on aurait tort de se priver. Cuites en potage, purée, dans une omelette ou crues en salade, les fanes s’accommodent à toutes les sauces.

Les écorces de fruit

S’il l’on s’imagine facilement manger la peau des pommes ou prunes bio, ce n’est pas vraiment le cas pour les oranges ou l’ananas. Ce n’est pas pour autant que la peau de ces fruits est bonne à jeter. L'écorce d'agrume, râpée en zests, rehaussera le goût d’un yaourt, d’un thé ou d’un poisson. Plus encore, elle permet de faire le plein de nutriments. En 2004, une étude du département américain de l’Agriculture mettait en lumière les propriétés anti cholestérol des flavones polyméthoxylés contenues dans l’écorce d’orange. De quoi prendre soin de sa santé et de la planète en un seul zest. On ne jette pas non plus les écorces d’ananas que l'on transforme plutôt en sirop en les faisant infuser dans de l’eau et du sucre.

Les épluchures de légumes

Pommes de terre, panais, tomates ou carottes, en les épluchant vous vous débarrassez de vitamines et minéraux essentiels. Si vous tenez absolument à les peler, il n’est pourtant pas obligatoire d’en jeter les épluchures. Lavées, séchées puis frites quelques secondes, on en fait des chips maison originales, naturelles et savoureuses.

Les graines et les pépins

Pourquoi continuer de jeter les graines des melons ou des citrouilles quand on peut en faire des en-cas équilibrés et nourrissants ? Une fois torréfiés, pépins et graines apportent du croustillant à une salade ou à un fromage blanc. Ils seront également parfaits pour un goûter sain, accompagnés de quelques fruits secs. Riches en fer, en protéines et en magnésium, les graines de citrouille sont de précieuses alliées santé.

Les arêtes de poisson et les carcasses de crevettes

De la même manière que les carcasses de volaille, têtes et carapaces de crevettes sont un concentré de saveur. Cuites avec des aromates et de l’eau, on obtient un délicieux fumet, soit un fond de sauce parfumé idéal pour accompagner un poisson, une soupe ou un risotto. Pour faire le plein de calcium, on réutilise également les arêtes de petits poissons en les faisant frire. “Les arêtes de poissons, de sardines par exemple, peuvent être frites et servies sur des tartines. Quand c’est bien croustillant, c’est délicieux.” explique Sonia Ezgulian, auteure du livre Les déchets, 10 façons de les accommoder.

Quant à tout ce qui ne sera pas réutilisé en cuisine, on en fait du compost pour le jardin, le potager ou les plantes. Coquilles d’œufs, épluchures, écorces, sachets de thé… Tout y passe.

Rédaction : Manon Laplace

- See more at: http://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/10938/5-dechets-alimentaires-ne-surtout-pas-jeter#sthash.BfMjibBE.dpuf

recyclage alimentaire.

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Produire autrement et partager le travail pour en finir avec le chômage

13 Mai 2014, 07:18am

Publié par pam

trouvé sur le site "reporterre".

« Produire autrement et partager le travail pour en finir avec le chômage »

ENTRETIEN AVEC DOMINIQUE MÉDA

Le 1er mai était le jour de la fête du Travail, que Reporterre a célébré en se mettant en pause. On en a profité pour réfléchir sur ce que représente le travail aujourd’hui, lors d’une rencontre avec la philosophe et sociologue Dominique Méda, notamment auteure de Réinventer le travail.

Reporterre - La Fête du Travail a-t-elle encore un sens pour vous qui avez écrit en 1995 Le travail. Une valeur en voie de disparition ?

Dominique Méda - Dans cet ouvrage, je ne décrivais pas une situation objective. J’exprimais le souhait que le travail prenne moins de place dans nos vies et soit mieux réparti entre les membres de la société, pour que chacun assume ses rôles de travailleur, parent, citoyen, ami…

Continuer à faire du partage du travail une cause commune aux travailleurs de tous les pays – puisque je rappelle qu’il s’agit d’une Fête internationale des travailleurs ! – et conserver un jour férié pour formuler des propositions destinées à améliorer leur situation me paraît non seulement une excellente chose, mais aussi une absolue nécessité.

Les chiffres du chômage sont parus la semaine dernière : 3 349 300 demandeurs d’emploi. De quoi le marché du travail souffre-t-il aujourd’hui ?

On peut aussi évoquer trois autres chiffres : plus de six millions de personnes sont désormais, en France, inscrites à Pôle emploi dans l’une des cinq catégories ; plus de 42 % des demandeurs d’emploi en catégorie A, B et C sont inscrits à Pôle emploi depuis plus d’un an ; moins de 50 % des demandeurs d’emploi sont indemnisés.

Les causes du chômage tiennent à la conjugaison de trois éléments : un étouffement de l’activité par les politiques d’austérité et plus généralement par le détournement des financements vers l’économie spéculative, une compétition intra-européenne et internationale non régulée dont la principale variable d’ajustement est le travail, et une réduction du temps de travail non proportionnelle aux gains de productivité réalisés durant le dernier quart de siècle.

Les diagnostics qui mettent en avant les prétendues rigidités et le coût du travail français sont partiels car ils se focalisent sur un élément unique alors que l’on pourrait tout autant incriminer la faiblesse de la recherche française, les erreurs de management, les stratégies à courte vue, l’insuffisante qualité des produits français, etc.

Quelles solutions l’écologie apporte-t-elle pour sortir de ces impasses ?

D’abord, un message crucial : non, la croissance ne constitue pas la réponse au chômage. Cela fait trente ans qu’on entend cette idée que le retour de la croissance va nous sauver. Or, non seulement la croissance ne revient pas, non seulement elle risque de ne pas revenir, mais surtout, il n’est pas souhaitable qu’elle revienne aux rythmes antérieurs.

Car il est désormais clair qu’elle s’accompagne de maux, de dégâts, de dégradations inestimables sur le patrimoine naturel et sur la cohésion sociale. L’écologie est donc porteuse de cette prise de conscience qu’il nous faut inventer autre chose, c’est-à-dire un modèle de développement capable de répondre à la diversité des besoins sociaux tout en respectant des normes strictes, sur les plans social et environnemental.

Ma thèse est que nous pouvons sortir par le haut de la grave crise écologique à laquelle nous sommes confrontés en mettant la résolution de celle-ci au service de l’emploi et du travail.

Comment ?

Par un changement de la production. Produire autrement, enserrer la production dans des contraintes sociales et environnementales peut nous permettre à la fois de mieux partager l’emploi et de changer le travail. Jean Gadrey a montré dans ses travaux qu’une production plus propre, écologiquement et socialement, exige plus de travail. Cette plus grande quantité de travail, il nous faut la répartir autrement sur l’ensemble de la population active.

Cela passe-t-il également par une réduction légale du temps de travail ? Quid des fameuses « 32 heures » que les écologistes évoquent parfois ?

Les 32 heures ne sont pas la seule manière d’y arriver. L’enjeu me semble plutôt être de partager autrement le travail. Car cela passe, certes, pour les uns par une réduction, et pour d’autres – tous ceux qui sont à temps partiel subi notamment – par une augmentation du temps de travail. Il faut substituer au partage actuel du travail, sauvage, un partage civilisé.

Ce partage devrait surtout selon moi s’accompagner d’une désintensification du travail, avec de nouveaux rythmes. Et ce d’autant plus qu’il nous faut désormais rechercher, dans un grand nombre de secteurs, des gains de qualité et de durabilité plutôt que des gains de productivité.

Vous expliquez dans vos recherches que les problèmes de l’emploi sont aussi liés à la façon que l’on a de mesurer les richesses économiques aujourd’hui. Que pensez-vous de la proposition de loi portée par la députée écologiste Eva Sas sur de nouveaux indicateurs de richesse ?

Le plus grand bien ! L’association que je copréside avec Florence Jany-Catrice et Célina Whitaker, le Forum pour d’autres indicateurs de richesse (FAIR), va d’ailleurs exprimer officiellement son soutien.

Cela fait plus de dix ans que nous prônons la prise en compte, à côté du PIB, d’autres indicateurs capables de mettre en évidence les évolutions des patrimoines et des collectifs qui nous importent : patrimoine naturel, santé sociale. C’est exactement cela que propose Eva Sas puisqu’il s’agit d’adopter quatre indicateurs, l’empreinte écologique, l’empreinte carbone, l’espérance de vie en bonne santé et l’indice de santé sociale, et de consacrer à l’analyse de leur évolution un temps déterminé de débat parlementaire.

C’est non seulement un excellent projet mais aussi la première étape, indispensable, d’un changement de modèle.

Le revenu minimum ou revenu inconditionnel d’existence peut-il être un outil dans la redéfinition de la valeur travail ?

Je mesure les avantages attachés à un tel revenu, notamment dans ce qu’il permet aux individus de refuser les travaux ou les conditions de travail indécentes, ce qui est essentiel. Il est aussi la marque du caractère collectif de la production.

Enfin, quand on sait à quels tourments bureaucratiques sont soumis les demandeurs du RSA (Revenu de solidarité active), on a évidemment envie de plaider pour le caractère inconditionnel d’un tel revenu.

Pourtant, je n’arrive pas à être convaincue que c’est « LA » solution. D’abord je pense que notre société n’est pas prête à délier à ce point travail et revenu, et surtout à abandonner à ce point le mythe de l’incitation individuelle au travail. Je crains aussi que cette solution ne soit l’occasion de se donner bonne conscience : on donnerait un tout petit revenu à un ensemble de personnes exclues du système productif, devenu de plus en plus sélectif, et tout serait réglé.

Je préfère de loin une solution qui me paraît plus exigeante et qui conjuguerait le partage du travail, un revenu maximum empêchant un petit groupe d’accaparer et de privatiser des ressources collectives, et une protection sociale généreuse, qui serait largement déconnectée du travail et détachée du mythe de la productivité individuelle du travail.

De manière générale, tout ce que vous défendez constituerait une véritable révolution pour nos sociétés. Pensez-vous qu’elles soient prêtes ?

Nos sociétés sont tellement tétanisées et désorientées qu’elles sont certainement prêtes à des changements. Pas nécessairement ceux que je propose, mais je crois que nos concitoyens sont désormais en attente de solutions radicales, tant on leur a raconté d’histoires.

La gauche s’est particulièrement décrédibilisée en mettant très peu en œuvre les propositions qu’elle soutenait lorsqu’elle était dans l’opposition, et ce depuis le début des années 1980. Un discours « écologiste-de-gauche » est de ce fait difficilement audible : comment parler de décroissance ou de sobriété heureuse à ceux qui gagnent moins de mille euros par mois ?

Les écologistes sont considérés comme des bobos et des gens dont les préoccupations sont beaucoup trop de long terme. Pour concilier justice sociale et efficacité écologique, la voie est étroite et nouvelle : il faut en effet tout changer, engager une bifurcation radicale.

Cela nécessite de remettre en cause les situations établies, les intérêts des lobbies, sans savoir très bien ce qu’il y aura au bout du chemin et sans avoir réellement trouvé le bon argumentaire. Il faut réussir à montrer quels peuvent être les enchaînements vertueux, qui va y gagner, comment on va procéder, etc.

Et puis, il y a évidemment la question centrale de savoir qui va commencer et avec qui nous allons nous engager dans cette voie. Une telle révolution dans un seul pays est inenvisageable. Cela ne peut se faire qu’au niveau européen, et il faut donc parvenir à constituer des coalitions, des alliances susceptibles de promouvoir cette nouvelle configuration.

Pendant ce temps, on relance le débat sur le travail dominical…

J’ai été choquée de lire que l’un de nos ministres [Laurent Fabius, ndlr] avait expliqué qu’il fallait absolument se saisir de la « manne » représentée par le tourisme et par conséquent autoriser largement le travail du dimanche.

On nous dit que les salariés sont pour... Mais dans une société malade du chômage, il faudrait être un fou ou un saint pour ne pas prendre ce qui se présente ! Est-ce une raison pour faire l’apologie pêle-mêle du travail du dimanche, des emplois payés sous le Smic, de la suppression de toutes les prétendues entraves à la liberté du travail ?

« Le travail libre », c’est ce qui était en vigueur dans la première moitié du 19ème siècle… Il faut des moments collectifs, quels qu’ils soient, réservés à autre chose qu’au travail, à la production, à la consommation.

Propos recueillis par Barnabé Binctin

A lire : Réinventer le travail, Dominique Méda, Patricia Vendramin, PUF.

Source : Barnabé Binctin pour Reporterre

Images :
. chapô : Mandryka
. Collège d’études mondiales
. Image article : Mandinin’art
.
Lire aussi : La croissance, c’est dépassé

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 Produire autrement et partager le travail pour en finir avec le chômage
 Produire autrement et partager le travail pour en finir avec le chômage

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L’INFLUENCE DE LA TERRE MÈRE.

11 Mai 2014, 06:06am

Publié par pam

extraits de :

"RÉFLEXIONS D’UN MÉDECIN BOUDDHISTE À L’USAGE DES SOIGNANTS ET DES SOIGNÉS."

Dr. Daniel Chevassut. Éditions Sully. 2007.

On peut se demander dans quelle mesure le lieu où l’on naît exerce ou non une influence sur notre vie : nourritures matérielles et spirituelles, terre, air qu’on respire, saveurs, parfums, sons, couleurs, êtres qui y vivent. Quelque chose au départ est déjà scellé.

Mon apprentissage de la solitude et cette aptitude à ressentir plus qu’à analyser me sont utiles comme médecin, et aussi comme aspirant spirituel. Dans ma vision d’enfant, j’avais déjà perçu le jeu de l’égocentrisme, la puissance de l’aveuglement et leurs conséquences dramatiques sur les êtres, avant-goût de l’équanimité bouddhiste.

Le sous-développement le plus grave n’est pas tant celui du matériel et de l’avoir que celui de l’être. Le délabrement progressif de la planète et la souffrance qui en résulte nous amèneront peut-être à le réaliser plus tôt que prévu.

“La nature nous aide à être nous-mêmes, à traverser les changements majeurs et les situations où notre vie est en jeu. Elle apporte la magie et le rire.” Sobonfu Somé.

L’être humain ne réalise pas à quel point sa propre survie dépend de l’amour et du respect qu’il porte à la planète. Tout le monde le ressent plus ou moins, mais peu le réalisent vraiment. La nature et les éléments ont ce pouvoir extraordinaire de procurer des expériences de ravissement, où l’on s’oublie, où ce qui est superficiel en nous disparaît pour laisser place à notre vraie nature, la plus profonde.

Mircea Eliade : “Je crois que l’élément essentiel de la condition humaine est le sens du sacré.”

Si nous voulons que s’installe l’harmonie entre l’homme et son environnement, et aussi simplement survivre sur cette terre, nous devons retrouver, par un important travail sur nous-mêmes cette réalité sacrée qui vit en chacun de nous.

Nous devons préserver à tout prix un système de vie interdépendant qui doit rester intact si chacun veut continuer à exister. Seule solution pour sortir de l’impasse.

“Quand les êtres humains perdent le contact avec la nature, avec le ciel et la terre, ils ne sont plus capables de nourrir leur environnement, ni - ce qui revient au même - de gouverner leur monde ; ils détruisent leur écologie en même temps qu’ils se détruisent entre eux. Dans cette optique, la guérison de notre société doit s’effectuer de concert avec la guérison de notre lien personnel et élémentaire avec le monde phénoménal.” Chögyam Trungpa in “Shambhala, la voie sacrée du guerrier”.

Harmonie...

Harmonie...

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jardins communautaires : les villes comestibles.

9 Mai 2014, 07:00am

Publié par pam

Encore un reportage sur les jardins en ville... Ou comment la hausse du prix du pétrole et le chômage peut amener les gens à revoir leurs habitudes de vie, habitudes alimentaires, agriculture industrielle.. etc.

Bon, c'est un reportage américain... et donc un peu bourin (oups ! aurais-je failli et me serais permis un jugement...!) À ma décharge je suis allée une fois aux USA et deux fois au Québec, j'ai vu de près l'inculture, le matérialisme, la bouffe répugnante, l'obésité et j'en passe. Bien évidemment j'ai aussi rencontré des gens charmants mais franchement rien qui m'incite à retraverser l'Atlantique. Et rien que j'ai eu envie d'aimer dans le "modèle américain". Mais les laissés pour compte de l'industrialisation-mondialisation- monsantisation sont si nombreux et se sont retrouvés si démunis que les initiatives passionnantes se sont multipliées et il faut leur rendre hommage. Quand ils sautent le pas et décident de changer la donne ils sont cash, sans préjugés, sans complexes et ils foncent avec générosité. Ils ont souvent été en avance sur nous, habitants du "vieux monde" alors si pour une fois on essayait de ne pas attendre dix ans pour imiter leurs bonnes idées... Le mouvement fermier-à-fermier à Cuba est passionnant. Et cette video est bourrée de bonnes idées.

Impossible de vous donner le lien alors allez sur google et tapez :

Les Villes Comestibles - Faites Pousser la Révolution!

et enjoy !!!

jardins communautaires : les villes comestibles.

un autre exemple, sur notre "vieux" continent : allez sur google et tapez

les incroyables comestibles dans l'émission "silence ça pousse".

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mondialisation alimentaire...

7 Mai 2014, 07:55am

Publié par pam

« Je boycotte au maximum les supermarchés et les grandes marques »

Le Monde.fr | 25.04.2014 à 20h06 • Mis à jour le 30.04.2014 à 15h06 |Propos recueillis par Audrey Garric

A l'occasion de la diffusion du webdocumentaire Nestlé, un empire dans mon assiette, qui enquête sur les méthodes du numéro un mondial de l'alimentation, fort de 8 000 marques, nous vous avons questionnés, dans un appel à témoignages, sur votre rapport à l'industrie agroalimentaire. La réponse est sans équivoque : vous ne faites pas confiance aux grandes marques mues, à votre sens, par la recherche de profits de court terme au détriment de la santé et de l'environnement et qui, pour cela, « cherchent à vous duper ». C'est pourquoi vous tentez au maximum de privilégier les produits du marché, frais et de saison, et les circuits courts.

COURSE AU PROFIT ET DESTRUCTIONS

  • Mondialisation alimentaire, par David, 43 ans, consultant marketing senior freelance, Paris

L'alimentation a subi la mondialisation au même titre que les autres secteurs d'activité. Vous pouvez aujourd'hui acheter un paquet de chips de la même marque dans tout l'Occident. Economie d'échelle pour les industries agroalimentaires, uniformisation des modes de consommation pour les consommateurs. Cette exemple s'applique à toute l'alimentation humaine.

Cela étant, au-delà des problèmes sanitaires générés par la course au profit aussi bien que par des contrôles défaillants, je n'ai aujourd'hui plus aucune confiance en des entreprises — transnationales pour la plupart — qui, non contentes d'optimiser fiscalement leur activité au détriment des Etats et donc des peuples, semblent marcher main dans la main avec l'industrie pharmaceutique… En effet, quelle aubaine de pouvoir d'un côté rendre malade les consommateurs, et de l'autre leur proposer des produits pour lutter contre ces maux ! A titre personnel je prépare un maximum de mes aliments et privilégie les circuits courts, aussi bien pour des questions environnementales que pour favoriser des entreprises à taille humaine qui font partie intégrante de la société et de son marché, taxe et emploilocaux inclus.

  • Une industrie néfaste pour la santé et l'environnement, par Pierre, 31 ans, Bordeaux

Je ne leur fais plus confiance en raison d'un principe simple. Tout ce qui est produit à échelle industrielle est par essence conçu pour se conserver dans le temps et être vendu à la plus grande quantité possible pour maximiser le profit. Or, ces deux éléments impliquent dans les ingrédients du produit vendu : 1) des conservateurs ; 2) des ingrédients à base de sucre et glucose sous diverses formes, qui touchent une zone du cerveau qui favorise la dépendance, exactement de la même manière qu'une drogue.

Enfin, concernant le packaging, tout est à revoir. Non seulement, c'est polluant pour l'environnement et l'océan en particulier, mais en plus c'est néfaste pour l'homme, comme on le voit tous les jours en apprenant les effets dévastateurs du bisphénol A et des phtalates sur notre corps, et notamment la qualité du sperme de l'homme, et les malformations de nouveau-nés chez les femmes. Et ce alors qu'il existe des fournisseurs français de packagings 100 % biodégradables et écologiques, élaborés à partir d'algues en Bretagne, algues dont on ne sait plus que faire ! Pour toutes ces raisons, je boycotte au maximum les supermarchés et les grandes marques. Je ne me fournis que directement auprès des maraîchers, de mon potager et sur les marchés locaux. Question de principe et, surtout, d'éthique.

  • Des produits centrés sur le coût, par Philippe, 66 ans, retraité

Ancien PDG de trois usines agroalimentaires fournissant des fabricants de produits tels que pâtes, biscuits, charcuteries, et parmi les plus grands (Danone), je ne me souviens pas d'avoir jamais abordé autre chose que le prix. Bien sûr il y a des cahiers des charges, qui la plupart du temps ne sont d'ailleurs pas réalistes et servent uniquement de parapluie en cas de pépins, des certifications CEE, ISO, etc., qui ne sont que des bouts de papiers récompensant des procédures qui n'existent que le temps de leur obtention.

Dans la pratique, les usines, et même les plus grosses, se moquent de la qualité et ne regardent que la ligne profit. Certains industriels, sous couvert de températures de cuisson élevées, n'hésitent pas à utiliser des produits périmés, contaminés ou cent fois reconditionnés. Quand il y a un lot de matières premièresavariées, il y a toujours plus d'acheteurs intéressés. Quand aux contrôles, les fraudes et les services vétérinaires sont débordés, souvent inefficients, et surtout pas regardants. En dix ans, sur mes trois usines, je n'ai jamais eu un vrai contrôle, mais par contre beaucoup de déjeuners.

  • Appétits financiers, par Jean

Je n'ai absolument aucune confiance envers les marques de l'industrie agroalimentaire dont le seul but est de satisfaire leurs appétits financiers. Les consommateurs sont sciemment dupés, abusés et rendus captifs par les campagnes de marketing (désinformation) toujours plus performantes et destinées à sanctifier les marques de l'industrie agroalimentaire. La bonne santé des consommateurs, la juste rémunération des producteurs, le respect de notre environnement ne sont pas compatibles avec la logique d'augmentation des parts de marché et des bénéfices de l'empire agroalimentaire. L'étiquetage des produits ne vise en aucun cas à informer honnêtement les consommateurs, le lobby agroalimentaire œuvrant pour que la réglementation lui soit la moins contraignante possible sur ce point.

En tant que consommateurs, nous avons le choix de ne pas contribuer aux effets néfastes de cette industrie, en modifiant notre approche de l'alimentation. Nous devons autant que possible prendre le temps de cuisiner nous même nos repas en privilégiant les produits frais issus de circuits courts. Et pourquoi ne pas profiterd'un bout de jardin ou d'une terrasse pour faire un coin potager ?

  • Perte de notre patrimoine alimentaire, par Dominique, 32 ans, Paris, chargé de mission

L'industrie agroalimentaire française est triplement coupable. Un, elle vend des produits frelatés, truffés de produits chimiques variés, emballés dans des plastiques polluants et dangereux pour la santé. Deux, elle détruit l'environnement en incitant l'utilisation de produits agricoles qui engendrent pollution de l'environnement, souffrance animale et atteinte à la santé des agriculteurs et des riverains. Trois, elle détruit le patrimoine culinaire français, les savoir-faire, le bien-manger et fait son beurre en propageant l'obésité. Je suis très choqué de la collaboration soumise du pouvoir politique à ces industries alors même que notre pays est le plus talentueux en la matière. Vive les petits producteurs, les cuisiniers et tous les réseaux alternatifs qui organisent la résistance face à cette industrie qu'il faudrait détruire à coup de taxes pour lui faire payer les conséquence sanitaires de son activité immorale.

RETOUR AU LOCAL ET AU BIO

  • Il est inutile de manger en février des tomates sans saveur, par Jean, 68 ans, La Roche-sur-Yon

Bien avant les scandales alimentaires, je m'étais rendu compte des arnaques : prix maintenus mais moins de produit (Prince…). J'avais aussi acheté des produits sous plastique : jambon blanc, mozzarella, etc. dont le paquet gonflait anormalement, mais aussi du fromage sans goût et d'autres articles avec trop de sel, trop de sucre. Le chorizo désormais bien trop pimenté et immangeable ! Les étiquettes ne résolvent pas les problèmes de qualité, et j'en avais assez de passermon temps à lire des textes illisibles ou nébuleux. J'en avais assez aussi deremplir mes poubelles avec des plastiques de toutes sortes en me posant les questions de la santé et de l'environnement.

Depuis quelques années je consomme local et je privilégie les produits frais et de saison. Il est inutile de manger en février des tomates bien rondes mais sans saveur. Depuis quelques années, je fais un jardin, et les légumes que je mange (à la saison) sont délicieux et sans comparaison possible avec ceux des hypermarchés. J'achète ma viande chez un boucher et je crois que j'y gagne car elle ne rétrécit pas à la cuisson et elle est bien meilleure. Pour moi je n'achète que les produits de base (farine, sucre, etc.) dans les grandes surfaces et surtout pas de produits de l'agroalimentaire. Non, ces produits sont mauvais ou sans goût, et je n'ai aucune confiance en leur qualité et leur effet sur la santé. Non merci, sans façon !

  • Ma volaille et mes légumes sont produits dans un rayon de 40 km, par Jean, 40 ans, profession libérale en Ile-de-France

L'industrie agroalimentaire n'est pas tenue de participer à notre santé. Son objectif premier est de développer avant tout son chiffre d'affaires. Partant de ce constat, j'ai décidé de me montrer très méfiant envers ses produits. Aujourd'hui, j'achète tous mes produits frais (légumes et fruits, viandes et fromages) au marché en sélectionnant des artisans de qualité et les circuits courts. Ma volaille et mes légumes sont produits dans un rayon de 40 kilomètres par exemple. Je me rends à présent au supermarché uniquement pour les achats de produits ménagers, quelques conserves (pois chiches ou sardines par exemple), les biscuits, en prenant soin de toujours détailler les ingrédients (je fuis comme la peste la mention « arômes » et la ribambelle de colorants en E). En quelque sorte, je n'achète que les produits les plus simples ayant subi le strict minimum de mise en œuvre.

Selon moi, l'essentiel des produits diffusés par l'industrie agroalimentaire est malsain pour notre santé. Il suffit, pour s'en convaincre, de détailler la liste des ingrédients. On imagine pas à quel point nos industriels sont inventifs en termes d'intrants chimiques alimentaires. Il y aurait un gros travail à faire sur l'étiquetage (ingrédients sains et malsains, traçabilité, empreinte carbone…) afin d'aider(éduquer ?) au mieux les familles. Je pense aux enfants.

  • Depuis le scandale de la viande de cheval, j'ai changé d'alimentation, par Rachel, 20 ans, Les Herbiers (Vendée)

Depuis le scandale de la viande de cheval, ma famille et moi-même avons considérablement changé notre alimentation. Nous n'achetons plus du tout de viande en supermarché ni de légumes ou autres produits alimentaires. Nous mangeons beaucoup moins de viande, et lorsque cela se produit nous l'achetons chez notre boucher au marché ! Désormais, le marché est devenu notre seul lieu d'achat pour fruits, légumes, viandes et poisson. Tellement plus convivial ! Les scandales alimentaires mettent seulement des exemples sur ce que nous connaissons déjà ; il est nécessaire d’intervenir désormais. Notre consommation doit changer, rien que par respect pour les animaux et la nature. Il m'est impossible de manger dans des restaurants rapides désormais.

  • Je mange bio depuis quinze ans, par François, Paris, 40 ans

Lorsqu'on sait que Rudolf Steiner avait déclaré en 1919 qu'une vache mangeant des protéines animales explosait son taux d'urate et devenait folle et que ce n'est qu'en 1999 que les farines funestes furent enfin interdites, on mesure le pouvoir de l'industrie agroalimentaire et de sa démarche définitivement meurtrière en ne pensant jamais au consommateur mais toujours à ses profits et aux dividendes des membres du conseil d'administration. Je cite cet exemple effarant mais tout le monde en connaît une bonne dizaine.

Depuis quinze ans je mange bio et me désole de l'appauvrissement des goûts (toujours plus de sucre et de sel) et m'inquiète de l'état dramatique de la terre, de nos eaux, de notre air que l'agriculture intensive pollue toujours plus. Les conséquences sont connues, établies : maladies cardio-vasculaires, diabète, cancers… J'en veux à toutes les personnes qui ont de l'argent et qui pourraientacheter bio, augmentant ainsi la demande qui inciterait les agriculteurs à seconvertir, donc modifieraient l'offre, de sorte qu'à terme, ce ne soient plus seulement 2 % du territoire cultivés mais bien davantage de superficies, afin que les personnes modestes puissent y accéder également, enfin, sans que l'argent soit un frein à leur désir de nourrir sainement leur famille. Je connais tous les argumentaires des « antibiologiques » ; aucun ne résiste à la force de « l'habitude » du consommateur ne désirant fondamentalement pas changer sa consommation !

CONSOMMATEURS VIGILANTS

  • Je suis devenu plus vigilant aux étiquettes, par Lionel, 44 ans, informaticien

En une dizaine d'années, je suis passé de la consommation automatique (je prends un produit, je pose dans le Caddie) à la consommation temporisée (je prends un produit, je lis l'étiquette, je valide ou non mon choix). Au fur et à mesure de mes lectures, des différents reportages télé, des scandales incroyables touchant aux industries agroalimentaires, ma sensibilité s'est accrue, ma curiosité également, ma révolte certainement un peu aussi. Je suis donc devenu plus vigilant.

Ayant conscience que se passer de produits agroalimentaires serait difficile pour moi (j'ai néanmoins éliminé tous les plats cuisinés), je tente d'acheter plus intelligent en me basant sur les informations des étiquettes. Taux de sucres ou de gras saturés, arômes naturels ou artificiels, produit bio ou responsable, mes choix sont plus précis. J'ai été très désappointé lorsque Bruxelles a décidé de ne pasvalider les mentions informatives selon le système du feu tricolore. Par ailleurs, je ne me leurre pas : ma prise de conscience et ma vigilance relative me permettent aussi de me donner bonne conscience. Je possède par exemple une machine Nespresso. Je savais parfaitement que ce café dit de luxe laisse une empreinte environnementale négative largement supérieure au café traditionnel. Et pourtant, je l'ai achetée…

  • J'ai retrouvé le lien avec l'animal, par Yann, 24 ans, Paris

J'ai eu une sorte de révélation il y a quelques mois en achetant du jambon dans un supermarché. En le prenant, je l'ai regardé et me suis dit : « Je ne vois pas le cochon, je vois le jambon. » Je n'ai plus de lien avec l'animal, le jambon est du jambon, pas du cochon. Pour la première fois, je me suis rendu compte que la facilité d'accès à la viande était tellement évidente que je ne l'avais jamais remise en question. Malaise. En me renseignant un peu, j'ai pu commencer à mettre des mots et des maux sur ce malaise ; il y a quelque chose de culturel dans la disponibilité et l'accès facile et à bas coût qui facilite la dépendance, l'achat compulsif.

Face à l'opacité de l'industrie porcine (mais pas que porcine) un peu partout dans le monde, à ce qui arrive à en filtrer malgré tout, à l'étouffement des différents partenaires et la mainmise sur le marché, je me suis dit que je ne pouvais pascontinuer de soutenir aveuglément une agriculture rendue folle par le productivisme et le rendement. Je suis devenu « végérisien », végétarien à Paris. J'applique le principe de précaution en n'achetant de la viande que quand je suis sûr de sa traçabilité et que je suis d'accord avec son mode de fabrication, c'est-à-dire quasiment jamais (Rungis, France, trop flou donc non). Mais quand je rentre chez mes parents en Bourgogne, c'est la fête ! Je redécouvre le plaisir de mangerde la bonne viande en en mangeant beaucoup moins souvent.

  • L'immense pouvoir des consommateurs, par Jean

Le mauvais comportement des agro-industriels n'est plus a démontrer et le débat n'est plus là. Maintenant il faut avancer et passer de la dénonciation à l'action. Pour cela, chacun a un rôle à jouer sans forcément le savoir. Les consommateurs ne se rendent pas compte de l'immense pouvoir qu'ils détiennent en choisissant de consommer ou de ne pas consommer. Si tout le monde se met à ne plusacheter de mauvais produits, alors seuls ceux de qualité resteront, c'est la simple loi de l'offre et de la demande ! La solution viendra du porte-monnaie !

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but du guérisseur...

7 Mai 2014, 07:13am

Publié par pam

“Notre but est de permettre à chaque patient d’atteindre le niveau d’équilibre parfait qui demeure en lui indépendamment de la gravité de son état. Le fait même d’expérimenter ce niveau conduit à la guérison, en permettant au corps d’avoir recours à ses propres ressources.”

Deepak Chopra in “Le corps quantique”.

but du guérisseur...

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Technologies méconnues pour la vie en autarcie

5 Mai 2014, 07:09am

Publié par pam

Posté par Benji sous Écologie, environnement et animaux, Réflexion, Se préparer pour "après"

sur le site : lesmoutonsenrages.fr

18 commentaires

Nombre de personnes souhaite avoir au cas où, de quoi s’en sortir un peu si quelque chose arrive, n’importe quoi: conflit majeur, grosse panne d’électricité, catastrophe naturelle, krach financier, n’importe quoi qui puisse changer notre manière de vivre de manière radicale, et en cette période d’instabilité sur la planète, toutes les options sont envisageables… Pour d’autres, le simple fait de vivre de manière plus simple et plus traditionnelle n’est pas une option, c’est devenu un but. Pourtant, qui dit sortir de ce système (volontairement ou non) dit rencontrer des difficultés, et de ce côté, chaque piste est intéressante et mérite d’être explorée. C’est pour cela que je vous relaie cette liste, peut-être certaines idées vous paraîtront intéressantes et exploitables, et peut-être même trouverez-vous des solutions auxquelles vous n’avez jamais pensé! Allez savoir… ;)

Autarcie énergétique, source de l’illustration: Retrouversonnord.be

La vie en autarcie, ce n’est pas forcément le bushcraft ou le retour à l’ère pré-industrielle. Voici une liste d’inventions, certaines oubliées, d’autres encore peu connues, toutes susceptibles d’apporter un peu de confort en contexte dégradé.

Je ne détaille pas leurs inconvénients (elles en ont, sinon on les utiliserait davantage). L’objectif est surtout de pointer du doigt certaines de nos idées reçues sur l’eau, l’énergie, le chauffage, etc.

Eau

Hygiène, santé

Plomberie

Génie climatique

Énergie

Agriculture, alimentation et cuisine

Divers

Sources d’inspiration: documents historiques; bushcraft; matériels pour milieux très chauds/froids/arides; équipements pour camping-cars, navigation en haute mer, sous-marins, stations spatiales.

Source: David Manise

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