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Colère...

18 Juillet 2014, 07:33am

Publié par pam

extrait de "La colère" de Thich Nhat Hanh.

Transformer son énergie en sagesse.

MÉDITATIONS GUIDÉES POUR UN REGARD PROFOND ET L’APAISEMENT DE LA COLÈRE.

Vous devriez toujours commencer par quelques instants de respiration consciente, afin d’apaiser votre esprit. “J’inspire, je sais que j’inspire. J’expire, je sais que j’expire.”

Évitez de dire les mots de façon mécanique, efforcez-vous de les ressentir concrètement, pour atteindre réellement le sens de la méditation.

À chaque exercice, inspirez et expirez de 8 à 10 fois.

Analyse de la colère.

1- Je vois une personne en colère : j’inspire.

Je vois la souffrance de cette personne : j’expire.

2- Je vois les souffrances qu’entraîne la colère pour moi et pour les autres : j’inspire.

Je vois que la colère consume et détruit le bonheur : j’expire.

3- Je découvre les racines de la colère dans mon corps : j’inspire.

Je découvre les racines de la colère dans ma conscience : j’expire.

4- Je découvre que la colère s’enracine dans les perceptions erronées et l’ignorance : j’inspire.

Je souris à mes perceptions erronées et à mon ignorance : j’expire.

5- Je vois que l’autre personne souffre : j’inspire.

J’éprouve de la compassion pour la personne en colère qui souffre : j’expire.

6- Je découvre l’environnement défavorable et la tristesse de la personne en colère : j’inspire.

Je comprends les causes de cette tristesse : j’expire.

7- Je vois que je suis moi-même consumée par le feu de la colère : j’inspire.

J’éprouve de la compassion pour moi-même, alors que je brûle de colère : j’expire.

8- Je sais que la colère m’enlaidit : j’inspire.

Je comprends que je suis la cause principale de ma laideur : j’expire.

9- Je me rends compte que je suis comme une maison en feu lorsque je suis en colère : j’inspire.

Je prends soin de ma colère et je reviens en moi-même : j’expire.

10- J’envisage d’aider la personne ne colère : j’inspire.

Je constate que je suis capable d’aider la personne en colère : j’expire.

LA RELAXATION PROFONDE.

Permettre à votre corps de se reposer est très important. Si celui-ci est détendu, votre esprit le sera également. La pratique de la relaxation profonde est essentielle à la bonne santé de l’un comme de l’autre. La durée de la méditation guidée ci-dessous est généralement de 30 minutes, mais vous pouvez l’adapter à votre convenance. Le plus important est de l’apprécier.

Étendu sur le dos, confortablement, fermez les yeux ; bras et jambes allongés, détendus, pieds tournés vers l’extérieur.

Tout en inspirant / expirant, prenez conscience de votre corps tout entier, des zones en contact avec le sol : talons, jambes, fesses, dos, dessus des mains et des bras, arrière de la tête. À chaque expiration, sentez comme vous vous enfoncez de plus en plus profondément dans le sol, en vous libérant de toute tension, de tout souci.

Tout en inspirant, concentrez votre attention sur votre abdomen qui se soulève et s’abaisse, faites ainsi plusieurs respirations.

En inspirant, prenez conscience de vos pieds. En expirant, laissez-les se détendre. En inspirant, irradiez vos pieds de votre amour et en expirant, souriez-leur. Alors que vous respirez, découvrez qu’il est merveilleux d’avoir deux pieds qui permettent de marcher, courir, pratiquer des sports, danser, conduire, mener d’innombrables activités durant la journée. Remerciez vos pieds d’être présents chaque fois que vous avez besoin d’eux.

En inspirant, prenez conscience de votre jambe droite et de votre jambe gauche. En expirant, laissez toutes les cellules de celles-ci se détendre. En inspirant, souriez-leur et, en expirant, irradiez-les de votre amour. Ressentez la force et la santé de vos jambes. En respirant, enveloppez-les de votre tendresse et de votre sollicitude. Laissez-les se reposer, s’enfoncer doucement dans le sol. Relâcher toute tension qui pourrait les affecter.

En inspirant, prenez conscience de vos mains qui reposent sur le sol. En expirant, détendez complètement tous les muscles de vos mains, en relâchant toute tension qui pourrait les affecter. En inspirant, découvrez à quel point il est merveilleux d’avoir deux mains. En expirant, souriez-leur et enveloppez-les de votre amour. En respirant, prenez conscience de tout ce que vous pouvez faire avec vos mains : cuisiner, conduire, prendre quelqu’un par la main, prendre un bébé dans vos bras, caresser, vous laver, dessiner, jouer d’un instrument de musique, taper à l’ordinateur, bricoler, prendre soin d’un animal, tenir une tasse de thé... Grâce à elles, vous pouvez faire tant de choses. Efforcez-vous simplement d’apprécier la chance d’avoir deux mains et laissez toutes leurs cellules se reposer réellement.

En inspirant, prenez conscience de vos bras. En expirant, laissez-les se détendre complètement.

Épaules. Prenez conscience des tensions et du stress accumulés. Laissez cette tension s’en aller à chaque expiration, et sentez comme elles sont plus détendues.

Cœur. Estomac, intestins. Yeux. Continuez à détendre chaque partie de votre corps.

À présent, si une partie de votre corps est affectée d’une maladie ou d’une douleur, efforcez-vous d’en prendre conscience et de l’envelopper de votre amour.

Sachez qu’il y a d’autres zones de votre corps qui sont restées fortes et saines. Laissez-les envelopper de leur force et de leur énergie la partie faible ou malade. Inspirez et affirmez votre propre aptitude à guérir.

Expirez et débarrassez-vous des soucis et des peurs qui pourraient affecter votre corps. En respirant, souriez avec amour et confiance à la région de votre corps qui souffre encore.

Enfin, en inspirant, prenez conscience de votre corps tout entier qui est allongé. En expirant, appréciez la sensation de bien-être que vous procure votre corps allongé, détendu et calme. Souriez-lui en inspirant, puis, en expirant, enveloppez-le de votre amour et de votre compassion. Voyez comme toutes les cellules sourient joyeusement en même temps que vous. Remerciez-les. Prenez à nouveau conscience de votre abdomen qui s’élève et s’abaisse doucement.

Pour finir, étirez-vous lentement et ouvrez les yeux. Prenez votre temps pour vous lever, avec calme. Efforcez-vous de faire bénéficier votre activité suivante et le reste de la journée du calme et de l’énergie de la Pleine Conscience que vous avez générés.

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Droit de se rebeller...

17 Juillet 2014, 06:21am

Publié par pam

extraits, résumé, fiche de lecture, simple outil pour donner envie de lire ou de relire, pour méditer, pour occuper l'esprit quand les mains sont à l'ouvrage...suite...

MICHEL ONFRAY. ANTIMANUEL DE PHILOSOPHIE.

Leçons socratiques et alternatives.

5 - LE DROIT. Le règlement, le surveillant et la police.

Il existe un droit de se rebeller ou de désobéir qui s’appuie même sur un devoir de se comporter ainsi. Le droit ne peut pas vous obliger quand la morale vous retient. Avant toute législation, et indépendamment d’elle, les obligations éthiques priment (respecter la dignité de l’autre, assurer son existence ou sa subsistance alimentaire, lui accorder la protection élémentaire de son corps et de sa santé, de son identité et de sa subjectivité, donner à son cadavre les soins convenables...)

Les uns placent l’humanité et la justice au-dessus de tout, les autres vénèrent la loi, l’ordre et le droit au détriment de toute autre considération.

La Déclaration des droits de l’homme, la Constitution de 1958 reconnaissent légalement et juridiquement la possibilité d’un droit de refus ou d’insurrection. Article 21 de la Constitution : lorsque “le gouvernement viole les libertés et les droits garantis par la Constitution, la résistance sous toutes ses formes est le plus sacré de tous les droits et le plus impérieux des devoirs”. On ne peux mieux dire : le droit obéit d’abord à la morale, il doit garantir la sécurité et la liberté des individus ayant accepté de s’y soumettre. Le pouvoir existe par le seul consentement de ceux sur lesquels il s’exerce. Le droit d’opposition se manifeste dans le refus de contribuer personnellement à la logique qui fait sa force : déséquilibrer en refusant de soutenir. En n’obéissant pas à une loi inique, on en supprime l’effet. La loi et le droit existent pour les hommes, pas le contraire.

Epicure (342-270 av. J.C.). Matérialiste (il ne croit qu’aux atomes et à leur organisation dans le vide), indifférent aux dieux (qui n’ont que faire des hommes), eudémoniste (recherchant le maximum de bien-être dans l’existence), il propose pour parvenir au bonheur de satisfaire les seuls désirs naturels et nécessaires. “Le droit de la nature est le moyen de reconnaître ce qui est utile pour ne pas se faire du tort les uns aux autres et ne pas en subir.”

La Boétie : “Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libre.”

Henri-David Thoreau (1817-1862) : “La seule obligation que j’aie le droit d’adopter, c’est d’agir à tout moment selon ce qui me paraît juste... La loi n’a jamais rendu les hommes plus justes d’un iota.”

Si l’on exige de vous que des devoirs sans vous reconnaître aucun droit, alors vous expérimentez la situation des esclaves, des domestiques et des prisonniers ; si en revanche on ne vous accordait que des droits, vous brilleriez de tous les feux du tyran. La liberté n’est pas la licence de faire ce que l’on veut, quand on veut, avec qui l’on veut. Cela est plutôt la loi de la jungle. La liberté pure c’est la violence de tous contre tous, le maximum de pouvoir accordé aux plus forts et aux plus rusés. Elle permet aux dominants d’imposer leur loi aux plus faibles.

Chacun doit parler, échanger et contribuer à la rédaction d’un règlement intérieur pour consentir à l’essentiel (le besoin d’une règle du jeu) sans qu’il soit nécessaire de payer le prix fort (tous les droits pour l’administration et la direction, aucun pour les élèves). La loi réalise une liberté : pouvoir disposer de soi sans craindre pour soi. Partout entre les individus et les groupes, le contrat social doit se pratiquer : constater le risque d’une liberté sans limitation, vouloir vivre ensemble et construire un projet pour permettre cette convivialité, accepter de renoncer à un pouvoir de nuisance, puis construire une règle du jeu viable à laquelle chacun peut se référer en cas de besoin - voilà la nature du projet. Trop souvent, le règlement intérieur correspond à la liste des interdits et des obligations à vous destinés. La loi et le droit sont justifiables quand ils permettent de réduire les risques de la vie en communauté. S’ils doivent servir à asseoir le pouvoir de l’autorité habituelle sur les individus qui deviennent ainsi des sujets soumis, alors la loi est l’instrument de domination du pouvoir, le droit sert l’autorité en place et les individus subissent l’injustice d’un système qui les bâillonne.

J.J. Rousseau : “Trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s’unissant à tous n’obéisse pourtant qu’à lui-même..... Enfin chacun se donnant à tous ne se donne à personne, et comme il n’y a pas un associé sur lequel on n’acquière le même droit qu’on lui cède sur soi, on gagne l’équivalent de tout ce qu’on perd, et plus de force pour conserver ce qu’on a.”

Au regard de ces disparités (entre les petits et les grands), a-t-on vraiment envie de défendre la police ? Le mot police suppose l’organisation de la cité dans le respect de tous et de chacun, l’ordre reconnu pour les citoyens, la protection des personnes exposées et la contrainte exercée sur ces individus décidés à n’écouter que leur intérêt, donc nuisibles. Légitimer l’idée de police ne signifie pas légitimer l’action des policiers dans le détail. Tant que les hommes vivront en société, il faudra une police pour empêcher la loi de la jungle et permettre la loi de la civilisation.

Nous laissons partout des traces numériques, informatiques, électroniques. Les États qui aspirent à dominer la planète commencent à contrôler la circulation des informations, d’où la crainte d’une maîtrise des ondes de communication par une puissance secrète, commerciale et mafieuse. L’apparent effacement de la discipline correspond à l’augmentation du contrôle. Craignez plutôt la police invisible. Moins vous la voyez, plus elle vous voit.

Droit de se rebeller...
Droit de se rebeller...

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COMMENT VIVRE ENSEMBLE ?

16 Juillet 2014, 05:56am

Publié par pam

extraits, résumé, fiche de lecture, simple outil pour donner envie de lire ou de relire, pour méditer, pour occuper l'esprit quand les mains sont à l'ouvrage...suite...

MICHEL ONFRAY. ANTIMANUEL DE PHILOSOPHIE.

Leçons socratiques et alternatives.

COMMENT VIVRE ENSEMBLE ?

4 - LA LIBERTÉ. L’architecte, le pédophile et Internet.

Pourquoi votre lycée est-il construit comme une prison ?... tout ce qui manifeste l’autonomie de l’individu (la possibilité de décider de son existence dans son moindre détail) gêne considérablement la société dans son ensemble. La société n’aime pas la liberté car elle n’engendre pas l’ordre, la cohérence sociale, la communauté utile, mais plutôt l’éclatement des activités, l’individualisation et l’atomisation sociale. La liberté fait peur, angoisse, elle inquiète l’individu, qui se retrouve face à lui-même, dans le doute, devant la possibilité de choisir, donc d’expérimenter le poids de la responsabilité ; mais elle gêne aussi la société qui préfère des personnages intégrés dans le projet prévu pour chacun plutôt qu’une multiplicité de pièces jouées par des petits groupes d’individus.

L’usage libre de son temps, de son corps, de sa vie engendre une angoisse plus grande que si l’on se contente d’obéir aux instances génératrices de docilité (famille, école, travail...)... tout vise moins pour vous une compétence qu’une mesure de votre aptitude à l’obéissance, à la docilité, à la soumission aux demandes du corps enseignant.

Quiconque contrôle les flux contrôle les individus qui les constituent. Partout vous devez pouvoir être vu. Le quadrillage de l’espace est rendu possible par l’architecture. Votre liberté individuelle disparaît dans les quadrillages d’espace (architecture) et les quadrillages de temps (administration) : écoles, prisons, casernes, atelier. Il s’agit avant tout d’encager les possibilités multiples de la liberté pure pour les contraindre à passer par le trou d’aiguille de la discipline sociale. Le but non avoué étant d’éteindre les formidables puissances de désordre contenues dans une liberté sans limite.

Gilles Deleuze (1924-1995) : “Crise des institutions = installation progressive et dispersée d’un nouveau régime de domination... Réformer l’école, l’industrie, l’hôpital, l’armée, la prison, chacun sait que ces institutions sont finies, à plus ou moins longue échéance. Il s’agit seulement de gérer leur agonie et d’occuper les gens, jusqu’à l’installation de nouvelles forces qui frappent à la porte. Ce sont les sociétés de contrôle qui sont en train de remplacer les sociétés disciplinaires.”

Déterminisme : être dans la peau d’un individu qui n’a pas le choix et subit son impulsion sans pouvoir y résister. Il suppose une force contraignant un individu à se comporter d’une façon qui ne relève pas d’un choix conscient. Malgré le processus éducatif, certains dressages ne suffisent pas pour empêcher un comportement déviant. Un déterminisme peut être façonné par le contexte socioculturel de l’époque. Une époque, une histoire, une géographie, une culture, une civilisation fabriquent des déterminismes auxquels on n’échappe pas. Le déterminisme peut aussi être physiologique, en l’occurence génétique : on ne choisit pas son corps et les caractères transmis par l’hérédité.

Les influences les plus puissantes, les moins visibles mais les plus repérables dans leurs conséquences sont les influences psychiques. Ce que nous sommes, goûts, dégoûts, plaisirs, désirs, envies, projets, tout procède et découle de la puissance de l’inconscient. Chacun de vous est déterminé à être ce qu’il est aujourd’hui. Et si le choix existait, hors déterminismes, la plupart choisiraient d’être autres que ce qu’ils sont. Généralement, l’individu dispose d’une liberté minimale et subit des contraintes maximales. On constate que la liberté existe en doses différentes chez les individus, mais pour l’essentiel, on est choisi par plus fort que soi, on obéit.

La croyance à la liberté ressemble étrangement à une illusion.

Spinoza : “Telle est cette liberté humaine que tous les hommes se vantent d’avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes que les déterminent.”

Vous vous retrouverez dans la peau du censeur de vos désirs anciens censurés hier par vos parents. Ce que chacun s’autorise, il ne le tolère pas forcément des siens ou des autres en général.

Les libertés sont plus faciles à revendiquer qu’à accorder.

Une liberté qui ne rencontre aucune limite ne peut se définir, se préciser. Les limites sont là où une nuisance s’ensuit de son usage, pour soi ou pour autrui. Mais qui est habilité à juger des nuisances?

L’exercice de la liberté suppose donc un apprentissage. La liberté se borne en regard des impératifs religieux et éthiques qui permettent de construire et d’entretenir une société dans les règles. Ainsi, vous êtes libre tant qu’une figure d’autorité ne vous l’interdit pas....

On doit aussi envisager la loi morale.

La liberté d’un enfant, c’est donc celle que définissent pour lui ses parents. Idem pour un handicapé mental ou un vieillard sénile.

Bakounine (1814-1876) : “N’en déplaise aux métaphysiciens et aux idéalistes religieux, philosophes, politiciens ou poètes : l’idée de Dieu implique l’abdication de la raison et de la justice humaines ; elle est la négation la plus décisive de la liberté humaine et aboutit nécessairement à l’esclavage des hommes, tant en théorie qu’en pratique.

Si Dieu est, l’homme est esclave ; or, l’homme peut, doit être libre ; donc Dieu n’existe pas.”

COMMENT VIVRE ENSEMBLE ?

merci d'être là si nombreux pour suivre ce blog, grâce à vous ce matin je redécouvre ce chapitre qui m'avait profondément touché, avec une impression de rentrer à la maison !

" Il s’agit avant tout d’encager les possibilités multiples de la liberté pure pour les contraindre à passer par le trou d’aiguille de la discipline sociale. Le but non avoué étant d’éteindre les formidables puissances de désordre contenues dans une liberté sans limite."

qu'en termes élégants ces choses-là sont dites, et du coup elles touchent plus qu'un long discours, comme certaines pancartes dans une manif !!

Et la peur que cela génèrent chez les conventionnels et les hommes de pouvoir... et chez chacun de nous finalement quand il s'agit de dire ou faire ou décider "en toute liberté"....

Et parce que "Les libertés sont plus faciles à revendiquer qu’à accorder. " j'ai supprimé l'article de dimanche dernier, en vous remerciant pour vos touchants commentaires.

En vous remerciant de votre attention et en espérant vous avoir donné envie de lire ou relire Onfray, passez tous une bonne journée.

Refusons de poser des limites à la liberté de nos proches mais parallèlement refusons d'eux qu'ils essayent d'en poser pour nous et notre liberté.

COMMENT VIVRE ENSEMBLE ?

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Qu'est ce que l'homme ?

15 Juillet 2014, 07:18am

Publié par pam

Michel Onfray. Antimanuel de philosophie. Extraits-réumé-fiche-de-lecture- suite : chapitre 1 : Qu'est ce que l'homme ?

I - LA NATURE. Le singe, le cannibale et le masturbateur.

L’éthologie enseigne qu’il existe des comportements naturels communs aux animaux et aux humains, on obéit la plupart du temps à des mouvements naturels. Différences sur la façon d’y répondre : l’homme peut choisir d’exercer sa volonté, sa liberté, son pouvoir de décision, réduire la nécessité. Besoins spirituels propres aux hommes. Langage, définition réelle de l’humanité. La culture éloigne de la nature, arrache aux obligations qui soumettent les animaux qui n’ont pas le choix. Spécifiquement humain : capacité à transmettre des savoirs mémorisés et évolutifs. Plus l'acquisition intellectuelle augmente en l’homme, plus le singe recule en lui, plus l’homme est libre, inverse d’une personne dominée par ses instincts.

Diderot : “Méfiez-vous de celui qui veut mettre de l’ordre (institutions politiques, civiles et religieuses).

Ordonner, c’est toujours se rendre le maître des autres en les gênant.”

Thomas Hobbes : propose un contrat social générateur de droits et de lois qui agissent en remèdes à la méchanceté naturelle des hommes.

Simone de Beauvoir : “On ne naît pas femme, on le devient.”

Le cannibalisme célèbre à sa manière le culte dû aux ancêtres, assure la survie du mort et son utilité dans la communauté. Ainsi le mort sert une fois encore au groupe et rend possible une société où triomphe la solidarité, la réalisation de l’un par l’autre, de la partie au tout.

Les prétendus barbares qui mangent leurs morts pour les honorer trouveraient sûrement barbares nos coutumes : on prétend aimer nos défunts et on leur destine le même sort qu’aux animaux (mettre les morts en terre où ils seront dévorés par les vers). Et si la barbarie n’était pas là où l’on croit ?

Montaigne : “Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage.”

La masturbation est naturelle et sa répression culturelle (Église, science). La civilisation se construit sur la répression des pulsions naturelles, les détourne. Un onaniste est un improductif social.

Pour les Cyniques grecs, la culture consiste à imiter la nature, à rester au plus proche d’elle. La culture sert la plupart du temps les intérêts de la société, la sexualité doit viser à la fabrication de la famille. Réappropriation de soi par soi sans autre souci que sa satisfaction égoïste, la masturbation est un facteur d’équilibre psychique personnel chaque fois qu’une sexualité classique est impossible.

Wilhelm Reich associe la critique marxiste et la psychanalyse pour libérer les êtres des aliénations économiques et sexuelles.

Les Cyniques enseignent le renoncement aux fausses valeurs (pouvoir, argent, famille, réputation, honneurs...) et célèbrent des vertus austères (liberté, autonomie, indépendance, insoumission...).

Peter Sloterdijk : “La honte est la chaîne sociale la plus intime qui nous attache aux normes générales du comportement avant toutes les règles concrètes de la conscience”.

“L’indépendance sexuelle demeure une des conditions les plus importantes de l’émancipation”.

Qu'est ce que l'homme ?

II - L’ART. Le décodeur, la Joconde et la pissotière.

Tout jugement esthétique devient impossible si l’on ignore les conditions d’existence et d’émergence d’une œuvre d’art. Comme les langues parlées, le langage artistique change en fonction des époques et des lieux. Il faut donc savoir resituer l’oeuvre d’art dans son contexte géographique et historique. Savoir qui elle veut toucher, à quoi ou à qui elle sert. Connaître aussi son auteur.

Car l’oeuvre d’art est cryptée, toujours.

Comme on ne parvient pas à répondre à toutes ces questions, le spectateur ou le critique se contentent souvent de projeter leurs obsessions sur les œuvres examinées.

Il n’y a pas de compréhension d’une œuvre si l’intelligence du regardeur fait défaut.

L’objet ne prend son sens qu’avec la culture, le tempérament et le caractère du personnage appréciant le travail.

On ne naît pas amateur, on le devient, en construisant son jugement : éduquer les sens, solliciter le corps. L’École et la famille devraient jouer ce rôle, l’une ne le fait pas, l’autre ne le peux pas toujours, alors la tâche vous incombe.

Adorno : “L’oeuvre d’art demande plus que le simple abandon en elle-même.”

Le goût de chacun provient souvent de ses chances ou malchances, de son milieu ou de son éducation, de ses rencontres ou de son isolement, de son parcours scolaire ou familial : la plupart du temps le goût kitsch caractérise les victimes exclues de la culture, de l’art et du monde des idées par un système qui recourt à l’art pour marquer les relations sociales entre les individus, puis les classes.

Quand ces “gens de peu” ne se contentent pas de consommer de l’art kitsch, mais qu’ils le créent, on dit qu’ils évoluent dans le monde de l’art brut. Exclus du rapport bourgeois à l’oeuvre d’art, les artistes du brut pratiquent en toute liberté, sans contrainte, sans souci de plaire à d’autres qu’eux ou leurs proches. Seul importe leur besoin de créer avec les matériaux modestes à leur disposition et qui ne coûtent pas cher. Dans une intégrale liberté d’inspiration, création, facture, composition, avec une imagination entièrement débridée, sans avoir à produire pour une institution à même de transformer l’oeuvre d’art en argent, indépendants à l’endroit des gens qui font la loi dans le milieu artistique, ces artistes kitsch insufflent un véritable vent de fraîcheur dans le monde de l’art. On le trouve aussi dans les arts premiers qui concernent les peuples dits primitifs.

Indépendants du monde occidental et du marché bourgeois, ces objets d’art vivent une existence autonome, en marge. Les sortir de leur milieu pour les exposer dans un musée font du kitsch et du primitif des objets d’art à part entière, car aujourd’hui, le musée crée et fabrique l’art.

Jean Dubuffet : “Ce n’est pas des écrivains ni des artistes que la classe possédante, à la faveur de sa propagande culturelle, entend susciter, c’est des lecteurs et des admirateurs. La propagande culturelle s’applique, bien au contraire, à faire ressentir aux administrés l’abîme qui les sépare de ces prestigieux trésors dont la classe dirigeante détient les clefs, et l’inanité de toute visée à faire œuvre créatrice valable en dehors des chemins par elle balisés.”

Après Marcel Duchamp et son urinoir, une œuvre d’art n’a plus à être belle, on lui demande de faire sens. Duchamp tord le cou à la Beauté et invente un art radicalement cérébral, conceptuel et intellectuel. Duchamp donne les pleins pouvoirs à l’artiste, décideur de ce qui est de l’art et de ce qui ne l’est pas. Il pensait que le regardeur fait le tableau. L’art contemporain, plus qu’un autre, exige une participation active du regardeur.

Octavio Paz : “L’intérêt des ready-made est moins plastique que critique ou philosophique.... il est une arme contre ce que nous trouvons valable, une critique active. ”

Marcel Duchamp : “Ce qui ne va pas en art dans ce pays aujourd’hui, et apparemment en France aussi, c’est qu’il n’y a pas d’esprit de révolte - pas d’idées nouvelles naissant chez les jeunes artistes... L’art est produit par une suite d’individus qui s’expriment personnellement ; ce n’est pas une question de progrès.” 1975.

“Qu’est-ce que le goût ? Une habitude. La répétition d’une chose déjà acceptée.” 1977.

méduses. Hélène Lagrange.

méduses. Hélène Lagrange.

III - LA TECHNIQUE. Le cellulaire, l’esclave et la greffe.

Une fois accomplis, les progrès techniques rendent difficiles et improbables les retours en arrière.

La technique se définit par l’ensemble des moyens mis en œuvre par les hommes pour s’affranchir des nécessités et des contraintes naturelles. Là où la nature oblige, la technique libère, elle recule les limites de la soumission aux puissances naturelles. À l’origine, la technique vise à permettre l’adaptation de l’homme à un milieu hostile. Dans un premier temps assurer la survie, puis rendre la vie plus agréable. Ensuite, besoins humains de communication. Chaque problème posé appelle une solution et induit les développements technologiques appropriés. L’histoire de l’humanité coïncide avec l’histoire des techniques. Quelquefois, les inventions déclenchent des révolutions de civilisation (feux, métaux, roue, délectricité, informatique, code génétique).

Mais une invention n’existe pas sans contrepoint négatif. Aujourd’hui, le monde de la technique s’oppose tellement à celui de la nature qu’on peut craindre une mise à mal de l’ordre naturel, mettant en danger la planète. D’où apparition de l’écologie en appelant au principe de précaution. De plus le fossé se creuse entre riches et pauvres : ceux qui disposent de la technologie de pointe et les autres qui n’ont même pas les moyens de la survie. La technique est un luxe de civilisation riche. En Occident, la technique mène à la paupérisation, chômage, raréfaction du travail, aliénation.

Il faut espérer un monde où la technologie serait au service des hommes.

Risques technologiques majeurs résultant du développement des industries chimiques ou du nucléaire.

Theodor Adorno : “L’affirmation selon laquelle les moyens de communication sont source d’isolement ne vaut pas seulement pour le domaine intellectuel... Le progrès sépare littéralement les hommes.... Les communications établissent l’uniformité parmi les hommes en les isolant.”

La possibilité technique oblige-t-elle à sa réalisation effective ? La seule faisabilité technologique donne-t-elle la mesure du faisable et de l’infaisable ? Morale, éthique, sens du bien et du mal ?

Les progrès considérables du génie génétique prend de vitesse toute réflexion.

Limites des manipulations génétiques ?

Les possibilités et les limites de la technique médicale supposent aussi une morale.

La brevetabilité du vivant ainsi que les organismes génétiquement modifiés font aussi problème. Piller le patrimoine végétal des pays pauvres pour le profit de quelques uns : la technique artificialise la planète, met à mort la nature au profit d’un seul pays riche ainsi dominateur.

Seule une politique éthique écologique et humaniste pourra éviter la transformation de la terre en champ de bataille pour de nouvelles guerres économiques.

Hans Jonas : maître à penser des défenseurs du principe de précaution, face aux périls écologiques, biologiques et technologiques de la modernité, formule une éthique de la responsabilité en invitant à agir seulement après avoir réfléchi aux conséquences de l’action immédiate dans le futur.

Esclaves modernes, de nombreux individus croupissent en victimes du capitalisme qui se caractérise par un usage de la technique exclusivement indexé sur le profit et la rentabilité. Subir ce processus, c’est être esclave : smicards, chômeurs, SDF, prostitués, enfants et adultes exploités. Passé le temps de la découverte, la technique permet aux plus forts de dominer les plus faibles, de l’âge des cavernes à celui d’Internet. La technique se met au service de ceux qui possèdent les moyens de production. Fabrication d’objets périssables destinés à faire circuler l’argent des consommateurs.

En utilisant la technologie à des fins humanistes et libertaires, et non inhumaines et libérales, on augmente le temps de loisir, on diminue le temps et la pénibilité du travail, on ne produit que les richesses nécessaires, on limite les stocks.

L’esclave d’aujourd’hui, c’est aussi l’individu privé de relations humaines, coupé du monde ou relié que par des réseaux de providence (aides humanitaires).

Là où la technique permet un progrès matériel, elle annonce souvent une régression morale. On ne peut prévoir ce que donneront ces énergies nouvellement libérées par la mise en réseau planétaire des initiatives privées et publiques. La quantité tue la qualité (livre, informations...).

Nietzsche (1844-1900) : “Pauvre, joyeux, indépendant ! tout cela est possible simultanément. Pauvre, joyeux et esclave, c’est aussi possible... Fi ! croire que l’on pourrait remédier par un salaire plus élevé à l’essentiel de leur détresse, je veux dire leur asservissement impersonnel ! ... Fi ! avoir un prix auquel on cesse d’être une personne pour devenir un rouage !... quelles énormes sommes de valeur intérieure (celle des hommes) sont gaspillées pour une fin aussi extérieure (celle des nations)... Qu’est devenue votre valeur intérieure sans un minimum de maîtrise de vous-mêmes ? Si vous n’avez plus foi en la liberté spirituelle de l’homme sans besoins ?

Paul Lafargue : “Au lieu de réagir contre cette aberration mentale (l’épuisement des forces vitales au travail), les prêtres, économistes, moralistes, ont sacro-sanctifié le travail... Dans la société capitaliste, le travail est la cause de toute dégénérescence intellectuelle... Si la classe ouvrière se soulevait non pour réclamer les Droits de l’homme (droits de l’exploitation capitaliste) ou le Droit au travail (droit à la misère), mais pour forger une loi d’airain, défendant à tout homme de travailler plus de trois heures par jour, la Terre... sentirait bondir en elle un nouvel univers... Mais comment demander à un prolétariat corrompu par la morale capitaliste une résolution virile ?

André Gortz : “Le sens de l’actuelle révolution technique ne peut pas être de réhabiliter l’éthique du travail, l’identification au travail. Elle n’a de sens que si elle élargit le champ des activités non professionnelles dans lesquelles chacun puisse épanouir la part d’humanité qui, dans le travail technicisé, ne trouve pas d’emploi.”

Herbert Marcuse (1898 -1979) : “Dans les zones techniquement avancées de la civilisation, la conquête de la nature est pratiquement totale... Cependant, le développement du progrès semble être lié à l’intensification de la servitude... L’asservissement et la destruction de l’homme par l’homme les plus efficaces, s’installent au plus haut niveau de la civilisation, au moment où les réalisations matérielles et intellectuelles de l’humanité semblent permettre la création d’un monde réellement libre.”

Qu'est ce que l'homme ?

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Antimanuel de philosophie...

14 Juillet 2014, 07:05am

Publié par pam

extraits, résumé, fiche de lecture, simple outil pour donner envie de lire ou de relire, pour méditer, pour occuper l'esprit quand les mains sont à l'ouvrage...

MICHEL ONFRAY. ANTIMANUEL DE PHILOSOPHIE.

Leçons socratiques et alternatives.

Édition Bréal. 2001.

La tâche de la philo selon Nietzsche : “Nuire à la bêtise”.

INTRODUCTION.

La matière peut ennuyer si elle persiste à privilégier les questions sans jamais se soucier d’apporter des réponses.

Plus votre vocabulaire est riche, plus votre pensée peut s’approfondir, décoller des lieux communs.

La philo existe pour essayer de résoudre les questions que vous vous posez dans la vie quotidienne. Nombre des idées que vous teniez de vos parents, de votre milieu, de votre époque s’effritent et laissent place à un désert angoissant. C’est en continuant la philo que vous dépasserez cet état d’inquiétude pour commencer à trouver un réel plaisir à résoudre des problèmes philosophiques.

Pour l’institution, un bon philosophe est un philosophe mort.

Occasion de soumettre la réalité et le monde à une critique constructive.

Cours de philo = perpétuel mouvement d’aller et retour entre votre existence et les pensées philosophiques disponibles.

Raoul Vaneigem (1934) “Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations” en 1967. Critique radicale du capitalisme, instrument de mort et d’aliénation, défend la révolution comme condition de réalisation de la jouissance : “Préoccupation dominante de l’entreprise scolaire : améliorer les techniques de dressage afin que l’animal soit rentable.”

Jean Dubuffet (1901-1985) souhaite réhabiliter, dans le monde de la création, la puissance des malades, fous, gens simples et sans cultures et attaque ceux qui fabriquent le goût d’une époque : marchands, critiques, intellectuels, profs...

Jacques Derrida (1930) invente la déconstruction, art de démontrer par l’analyse des textes philosophiques leurs sous-entendus idéologiques, politiques et métaphysiques.

Pierre Hadot : “Le discours philosophique prend son origine dans un choix de vie et une option existentielle et non l’inverse.”

Tanguy Kan

Tanguy Kan

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Sommeil...

12 Juillet 2014, 07:27am

Publié par pam

Depuis l'hiver dernier, suite à un surplus de douleurs, j'ai pris l'habitude en me couchant le soir (et quand les douleurs me réveillent la nuit...) de remercier pour la douceur de mon lit, la chance d'en avoir un dans ma petite maison sur le Causse et j'envoie mes pensées à toutes les personnes qui au même moment que moi cherchent à s'endormir où que ce soit sur la planète, ceux qui souffrent, ont faim, froid, trop chaud, soif, ceux qui sont seuls, sans toit, qui subissent inondations, guerres, conflits, exclusions et autres merveilles de notre société individualiste.

Je me dis que si nous tous, privilégiés, pouvions leur offrir par nos pensées juste 5 minutes de confort, de calme, de douceur, de paix pour les aider à s'endormir sereinement, leur souhaiter de beaux rêves... la vie sur cette planète serait plus douce. Et voilà comment j'ai retrouvé le sommeil malgré la douleur... juste en m'oubliant, en relativisant mes propres petits soucis... Je vous souhaite une bonne journée...

Sommeil...

Yog 'la vie répond :

Mmmmmm!!!

"Pratiquement, vous pouvez aider au Travail en répandant l’Œuvre, le Sens, la Dynamique de tout cela. Il faut que d’autres touchent. Il faut que d’autres sentent, respirent un peu cet air léger qui tente de se faufiler à travers les mailles de la vieille trame. Il faut goûter la chose. Se laisser aller un peu à Ça... Allez portez cet imperceptible frémissement du Monde Nouveau.

Si chacun de vous touche dix personnes, il aura fait un travail inestimable."

Satprem

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La mort dans le monde contemporain.

11 Juillet 2014, 06:11am

Publié par pam

Malgré ses prouesses technologiques, la société moderne occidentale ne possède aucune compréhension réelle de ce qu’est la mort, ni de ce qui se passe pendant et après celle-ci. De nos jours, on apprend aux gens à nier la mort et à croire qu’elle ne représente rien de plus qu’un anéantissement et une perte. Ainsi, la majeure partie du monde vit soit dans le refus de la mort, soit dans la crainte qu’elle lui inspire. Soit une réalité à fuir à tout prix, soit juger qu’il n’est pas nécessaire de s’en préoccuper.

Toutes les grandes traditions spirituelles du monde ont clairement affirmé qu’elle n’est pas une fin. Pourtant, la société contemporaine demeure, dans une large mesure, un désert spirituel. Sans foi réelle et authentique en une vie après la mort, la plupart d’entre nous mènent une existence dépourvue de toute signification ultime.

Nier la mort est porteur de conséquences désastreuses s’étendant bien au-delà de l’individu, elles affectent la planète entière.

José Antonio Lutzenberg, ancien ministre brésilien de l’environnement : ”La société industrielle est une religion fanatique. Nous saccageons, empoisonnons, détruisons tous les écosystèmes de la planète. Nous signons des reconnaissances de dette que nos enfants ne pourront jamais payer... Nous nous conduisons comme si nous étions la dernière génération sur terre. Sans un changement radical dans nos coeurs, nos esprits et notre perspective, la terre finira comme Vénus, calcinée, morte.” 1991.

La destruction de notre environnement est alimentée par la peur de la mort et par l’ignorance d’une vie après la mort (pas y croire en tant que proposition philosophique, mais le ressentir profondément dans leur cœur). On ne nous enseigne ni ce qu’est la mort, ni comment mourir. Croire en une vie après celle-ci implique un sentiment aigu de responsabilité et la nécessité d’une morale personnelle. Raison qui nous a amenés à créer le monde brutal dans lequel nous vivons, avec si peu de compassion véritable ?

Notre société vit dans l’obsession de la jeunesse, du sexe et du pouvoir, et nous fuyons ce qui évoque la vieillesse et la décrépitude. Nous sommes démunis face à nos proches mourants, quand nous ne fuyons pas. Les mentalités heureusement changent (mouvement des soins palliatifs par exemple). Mais l’amour et les soins ne suffisent pas, il nous faut découvrir le sens réel à la mort et à la vie, autrement comment leur apporter un réconfort ultime.

La mort peut s’avérer une expérience paisible, voire transformatrice, à condition que les mourants bénéficient d’un amour inconditionnel et d’une attitude plus éclairée. Qu’elle nous effraye et que nous refusions de lui faire face, ou que nous la trouvions romantiquement attrayante, elle est banalisée. Ni déprimante, ni séduisante, elle est tout simplement une réalité de la vie.

Il est triste que la plupart d’entre nous commencent à apprécier leur vie lorsqu’ils sont sur le point de mourir. Ceux qui croient qu’ils ont beaucoup de temps ne se préparent qu’au moment de leur mort, ils sont alors ravagés par les regrets. Mais n’est-il pas trop tard ? La plupart des gens meurent non préparés à la mort, de la même manière qu’ils ont vécu, non préparés à la vie.

“Le livre tibétain de la vie et de la mort” de Sogyal Rinpoché.

La mort dans le monde contemporain.

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THÉRAPIES NATURELLES

11 Juillet 2014, 06:00am

Publié par pam

Certaines semblent évidentes, d’autres empreintes de mystère. Certaines sont familières en Occident, d’autres reposent sur des préceptes orientaux auxquels la science occidentale ne prête pas foi. Certains pensent que c’est un amalgame de styles et de techniques n’ayant rien en commun. Erreur, elles reposent toutes sur les principes suivants :

- Le corps humain est naturellement en mesure de se guérir et de se réguler.

- L’être humain n’est pas la somme de ses éléments, mais l’association subtile de son corps, de son esprit, de ses émotions, chacun peut influer sur la santé.

- Les conditions sociales et environnementales ont autant d’importance sur la santé que l’individu.

- Il importe plus de traiter la source du problème que ses symptômes évidents. Traiter les symptômes peut masquer le problème, voire l’aggraver et amener la récidive.

- Les médecines naturelles traitent un patient, pas des symptômes ou des affections.

- La guérison se fait mieux et plus rapidement si l’individu assume la responsabilité de sa santé. Ce qui ne veut pas dire le blâmer de son état ou l’estimer puni de sa négligence. La santé ne tient pas à une guérison rapide, les ennuis de santé ne surviennent pas sans raison et s’intéresser aux causes enrichit l’individu.

Pour choisir un thérapeute, le bouche à oreille est la meilleure méthode, en l’absence d’acceptation par l’Etat de certaines techniques, elles ne sont pas toutes encadrées et donc il faut éviter les gens de pouvoir et âpres au gain. Fiez-vous à votre première impression, on ne peut pas être soigné par quelqu’un avec qui on ne se sent aucune affinité, on doit être “en confiance”. Le magasin bio près de chez vous, une librairie, les groupes de soutien aux malades, peuvent être de bons endroits pour chercher l’information. Soyez septique quand quelqu’un vous promet la guérison, même un médecin ne le peut pas. Ne payez pas à l’avance, refusez les rendez-vous multiples à prendre dès le premier contact, n’interrompez pas un traitement chimique sans en parler avec un médecin, demandez l’avis d’un tiers (médecin) si le votre se braque à la moindre allusion aux thérapies naturelles... ou changez-en ! L’ouverture d’esprit est bonne pour tous, médecins compris, et certains d’entre eux sont très ouverts même s’ils n’approuvent pas. Encore une fois, la discussion doit être ouverte et libre. Le médecin sait, connaît son métier, mais vous connaissez votre corps même si vous avez des lacunes scientifiques !

Un patient qui comprend peut s’aider bien mieux, si le médecin monopolise le savoir il n’est pas loin d’imposer et donc cherche le pouvoir, qui n’est pas synonyme du savoir. Méfiez-vous des thérapeutes naturels qui refusent que vous soyez accompagné et ils doivent toujours expliquer les raisons d’un toucher sur les parties intimes. Certaines thérapies demandent de la patience pour agir, mais le thérapeute doit justifier sa technique si elle nécessite de nombreuses séances.

Il n’y a pas d’offense s’il s’avère incapable de vous soulager ou de vous guérir, il y en a une s’il n’use pas de précautions ou s’il vous manque de respect. Dans ce cas la mauvaise publicité est une bonne arme contre lui (hormis le procès) : il doit avoir une conduite irréprochable et il le sait.

Peu de thérapeutes ont choisi leur voie pour l’argent. Certains ont entrepris leur démarche comme vous, parce qu’ils étaient à la recherche d’une solution à leur problème, pour lequel la médecine conventionnelle s’était révélée impuissante.

THÉRAPIES NATURELLES

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douleur...

9 Juillet 2014, 06:10am

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“La douleur est le plus écouté des médecins ; à la bonté et à la sagesse nous ne faisons que des promesses ; nous obéissons à la douleur.”

Proust.

douleur...

“S’occuper de son corps, c’est le libérer. S’occuper de son corps et de son apparence, se masser et assouplir ses articulations reste peu pratiqué chez beaucoup d’Occidentaux encore victimes de l’influence judéo-chrétienne selon laquelle le corps n’est que tabou et salissure.

Vivre dans un corps qui fait souffrir et rend les mouvements pénibles, ce n’est pas vivre dans le repos et la liberté, ni dans la dignité et l’indépendance. C’est être esclave de soi, mais un esclavage que personne ne vous a imposé. Il faut donc apprendre (réapprendre) à se modérer, s’assouplir, se nettoyer, se purifier et se discipliner. Le corps ne doit pas encombrer l’âme. Il doit rester disponible pour l’activité intellectuelle et le domaine spirituel.”

D. Loreau in “L’art de la simplicité”.

douleur...

“Pourquoi la souffrance existe-t-elle ? Pour changer de comportement.

Quand on doit sauver sa main du feu, la douleur est le stimulus nécessaire.... Ne pas souffrir peut tuer.” “Si je n’avais pas eu cet accident cela aurait été quoi ma vie ? J’aurai suivi mon chemin de vie “normal”, et je n’aurais pas bougé dans ma tête. À ne penser qu’à mon plaisir et à ma petite vie confortable.”

“Dans le confort on n’a aucune raison de vouloir changer de vie. Seules les souffrances nous réveillent et nous donnent envie de tout remettre en question.”

Bernard Werber in “Le papillon des étoiles”.

douleur...

“La méditation ne permet pas d’éviter la réalité de la souffrance mais offre les moyens de se diriger dans ce labyrinthe de solitude.”

Naomi Osaniec.

douleur...

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Le grand saut vers la liberté...

8 Juillet 2014, 05:34am

Publié par pam

On continue avec Matthieu Ricard, extraits de "Plaidoyer pour le bonheur".

Chapitre XI - LE GRAND SAUT VERS LA LIBERTÉ.

“Quel soulagement pour le porteur qui a longtemps marché dans le monde de la souffrance que de poser à terre son lourd et inutile fardeau.” Longchen Radbjam.

Être libre, c’est être maître de soi-même. Pour beaucoup, cette maîtrise concerne la liberté d’action, de mouvement et d’opinion, l’occasion de réaliser les buts qu’on s’est fixés : ainsi, on situe la liberté à l’extérieur de soi, sans prendre conscience de la tyrannie des pensées. En Occident, la conception répandue consiste à penser qu’être libre revient à pouvoir faire tout ce que l’on veut, réaliser nos caprices. Cette liberté anarchique, qui a pour seul but l’accomplissement immédiat des désirs, apportera-t-elle le bonheur ? La spontanéité est une qualité précieuse à condition de ne pas la confondre avec l’agitation mentale. Laisser entrer dans notre esprit désir, jalousie, orgueil, ressentiment, nous impose un univers carcéral en expansion continue, oblitérant toute joie de vivre. La liberté intérieure, bien plus essentielle, c’est d’abord l’affranchissement de la dictature du moi, du mien, de l’avoir envahissant. Savoir trouver l’essentiel et ne plus s’inquiéter de l’accessoire entraîne un profond sentiment de contentement. Être libre revient donc à s’émanciper de la contrainte des afflictions qui dominent l’esprit et l’obscurcissent, c’est prendre sa vie en main, ne pas lâcher la barre vers la destination choisie.

Les méandres de l’irrésolution.

L’irrésolution peut s’opposer à tout accomplissement. L’attente et l’appréhension qui nous déchirent sont bien souvent l’expression d’une insécurité profonde devant un avenir peuplé d’espoirs et de craintes. L’irrésolution et l’immobilisme qu’elle engendre constituent ainsi un obstacle majeur à la quête du bonheur. Hésitation paralysante, rumination anxieuse. À force d’être préoccupé par soi-même, on se retrouve constamment écartelé entre l’espoir et la peur, qui monopolisent l’esprit et obscurcissent le jugement. Moins obsédé par soi, on examine plus objectivement les tenants et aboutissants d’une situation, on prend des décisions et on s’y tient. Quand le choix est difficile, conserver un certain détachement à l’égard des événements à venir permet de trancher sans rester figé dans l’irrésolution et la peur.

Le sage agit peu mais une fois qu’il a décidé de l’action, sa résolution est comme une parole gravée dans le roc.

Cette liberté permet d’être ouvert et patient avec les autres, tout en restant ferme quant à l’orientation que l’on a choisi de donner à son existence.

De même, l’angoisse que certains ressentent ne vient-elle pas d’un manque de direction dans leur vie, de ne pas avoir pris conscience du potentiel de transformation qui est en eux ?

Prendre conscience que l’on n’est ni parfait ni totalement heureux n’est pas une faiblesse. C’est un constat très sain qui n’a rien à voir avec le manque de confiance en soi, l’apitoiement sur son sort ou une vision pessimiste de la vie. Une telle prise de conscience conduit à une nouvelle appréciation des priorités de l’existence, à un sursaut d’énergie que, dans le bouddhisme, on appelle renoncement, mot souvent mal compris et qui exprime en réalité un profond désir de liberté.

Le paradoxe du renoncement.

Pour beaucoup, l’idée du renoncement, et du non-attachement, évoquent l’ascèse et la discipline. Une série d’injonctions, d’interdits qui restreignent la liberté de jouir.

Pourtant, le renoncement fait que les préoccupations sans fin qui oppressaient l’esprit s’évanouissent, laissant s’exprimer le potentiel de la liberté intérieure. Posons notre sac à terre et faisons le tri pour alléger le fardeau.

Renoncer n’est pas se priver de ce qui nous procure joie et bonheur mais mettre fin à ce qui nous cause tant de tourments. C’est décider de sortir du trou, s’affranchir de toute dépendance à l’égard des causes mêmes du mal-être. Il est plus facile de se leurrer parce qu’on ne veut pas se donner le temps ni la peine d’analyser les causes de sa souffrance. Il faut se demander ce qui nous rend vraiment heureux, et constater que certains aspects de sa vie ne méritent pas qu’on s’y accroche. Abandonner le superflu, ne pas perdre sa vie à la gagner, éviter ce qui n’est pas indispensable matériellement...

Tchouang-tseu : “Celui qui a pénétré le sens de la vie ne se donne plus de peine pour ce qui ne contribue pas à la vie.”

Désenchantement à l’égard des préoccupations les plus vaines de la vie qui font perdre temps, argent, énergie et n’apportent que satisfactions mineures et éphémères.

Libre du passé, libre de l’avenir.

À quoi bon se tourmenter pour ce qui n’existe plus et ce qui n’existe pas encore ?

La liberté intérieure permet de savourer la simplicité limpide du moment présent. Elle permet d’accepter les choses avec sérénité sans pour autant tomber dans la passivité ou la faiblesse. Une manière d’utiliser toutes les circonstances de la vie, d’éviter d’être distrait ou arrogant lorsque tout va bien, puis déprimé lorsque les circonstances se font contraires.

L’intelligence du renoncement.

Le renoncement n’est pas frustration mais façon sensée de prendre sa vie en main. Ce n’est pas fuir un monde ingérable mais se désintéresser de préoccupations futiles parce qu’on en voit les inconvénients. Le renoncement doit être un acte libérateur, pas une contrainte déchirante. Ne rien rejeter mais tout simplifier.

Le baume de la simplicité.

Notre vie se perd dans des détails, simplifions ! Simplifions nos actes, nos pensées, nos paroles pour nous débarrasser du superflu. Les conversations ordinaires sont des échos d’échos. Prendre conscience de la parole juste, de la valeur du temps, éviter commérages et mensonges. La simplicité de l’esprit s’accompagne de lucidité.

Comte-Sponville : “Le simple vit comme il respire, sans plus d’efforts ni de gloire, sans plus d’effets ni de honte. La simplicité n’est pas une vertu qui s’ajouterait à l’existence. C’est l’existence même, en tant que rien ne s’y ajoute... Sans autre richesse que tout. Sans autre trésor que rien. Simplicité est liberté, légèreté, transparence. Simple comme l’air, libre comme l’air... Le simple ne prend ni au sérieux ni au tragique. Il suit son bonhomme de chemin, le cœur léger, l’âme en paix, sans but, sans nostalgie, sans impatience. Le monde est son royaume, qui lui suffit. Le présent est son éternité, qui le comble. Il n’a rien à prouver, puisqu’il ne veut rien paraître. Ni rien à chercher puisque tout est là. Quoi de plus simple, de plus léger que la simplicité ? C’est la vertu des sages, et la sagesse des saints.”

Libre pour les autres.

La liberté comme source de bonheur, de plénitude durable, est intimement liée à l’altruisme. À quoi bon une liberté qui ne profite qu’à soi ?

Pour que l’intelligence serve à des fins altruistes, il est essentiel qu’elle s’émancipe de l’égoïsme, de l’indifférence et de la cruauté. C’est une condition indispensable à l’accomplissement du bonheur des autres. Et pour mieux aider autrui, il faut commencer par se transformer soi-même. Être libre, c’est donc aussi avoir la faculté de suivre un chemin de transformation intérieure. À cette fin, il faut vaincre non seulement l’adversité extérieure, mais plus encore nos ennemis intimes : paresse, dispersion mentale et toutes les habitudes qui nous détournent sans cesse de la pratique spirituelle ou la diffèrent.

L’aspect austère du chemin spirituel fait place à une satisfaction profonde que les états de dépendance ou de satiété ne peuvent procurer.

Le grand saut vers la liberté...

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