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Le jour du dépassement...

19 Août 2014, 18:06pm

Publié par pam

Aujourd'hui les terriens ont dépassé pour cette année les ressources naturelles renouvelables et vivent donc à crédit jusqu'au 31 décembre prochain.

Et vous ? vous avez fait quoi aujourd'hui pour améliorer les choses ?

D'accord une personne sur 9 milliards ça semble peu mais n'oubliez pas que nous sommes bien plus nombreux que les médias et les politiques voudraient le ou nous le faire croire à vouloir que ça change, à refuser la société qu'on nous propose.

Alors ? vous ferez quoi demain pour la planète ? pour nos enfants et nos petits enfants ?

Des idées ?....

Le jour du dépassement...

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Technique et philosophie...

19 Août 2014, 05:12am

Publié par pam

Antimanuel de philosophie. Michel Onfray. Extraits, résumé, fiche de lecture.....

Chapitre III - LA TECHNIQUE.

Le cellulaire, l’esclave et la greffe.

Une fois accomplis, les progrès techniques rendent difficiles et improbables les retours en arrière.

La technique se définit par l’ensemble des moyens mis en œuvre par les hommes pour s’affranchir des nécessités et des contraintes naturelles. Là où la nature oblige, la technique libère, elle recule les limites de la soumission aux puissances naturelles. À l’origine, la technique vise à permettre l’adaptation de l’homme à un milieu hostile. Dans un premier temps assurer la survie, puis rendre la vie plus agréable. Ensuite, besoins humains de communication. Chaque problème posé appelle une solution et induit les développements technologiques appropriés. L’histoire de l’humanité coïncide avec l’histoire des techniques. Quelquefois, les inventions déclenchent des révolutions de civilisation (feux, métaux, roue, électricité, informatique, code génétique).

Mais une invention n’existe pas sans contrepoint négatif. Aujourd’hui, le monde de la technique s’oppose tellement à celui de la nature qu’on peut craindre une mise à mal de l’ordre naturel, mettant en danger la planète. D’où l'apparition de l’écologie en appelant au principe de précaution. De plus le fossé se creuse entre riches et pauvres : ceux qui disposent de la technologie de pointe et les autres qui n’ont même pas les moyens de la survie. La technique est un luxe de civilisation riche. En Occident, la technique mène à la paupérisation, au chômage, à la raréfaction du travail, à l'aliénation.

Il faut espérer un monde où la technologie serait au service des hommes.

Risques technologiques majeurs résultant du développement des industries chimiques ou du nucléaire.

Theodor Adorno : “L’affirmation selon laquelle les moyens de communication sont source d’isolement ne vaut pas seulement pour le domaine intellectuel... Le progrès sépare littéralement les hommes.... Les communications établissent l’uniformité parmi les hommes en les isolant.”

La possibilité technique oblige-t-elle à sa réalisation effective ? La seule faisabilité technologique donne-t-elle la mesure du faisable et de l’infaisable ? Morale, éthique, sens du bien et du mal ?

Les progrès considérables du génie génétique prend de vitesse toute réflexion.

Limites des manipulations génétiques ?

Les possibilités et les limites de la technique médicale supposent aussi une morale.

La brevetabilité du vivant ainsi que les organismes génétiquement modifiés font aussi problème. Piller le patrimoine végétal des pays pauvres pour le profit de quelques uns : la technique artificialise la planète, met à mort la nature au profit d’un seul pays riche ainsi dominateur.

Seule une politique éthique écologique et humaniste pourra éviter la transformation de la terre en champ de bataille pour de nouvelles guerres économiques.

Hans Jonas : maître à penser des défenseurs du principe de précaution, face aux périls écologiques, biologiques et technologiques de la modernité, formule une éthique de la responsabilité en invitant à agir seulement après avoir réfléchi aux conséquences de l’action immédiate dans le futur.

Esclaves modernes, de nombreux individus croupissent en victimes du capitalisme qui se caractérise par un usage de la technique exclusivement indexé sur le profit et la rentabilité. Subir ce processus, c’est être esclave : smicards, chômeurs, SDF, prostitués, enfants et adultes exploités. Passé le temps de la découverte, la technique permet aux plus forts de dominer les plus faibles, de l’âge des cavernes à celui d’Internet. La technique se met au service de ceux qui possèdent les moyens de production. Fabrication d’objets périssables destinés à faire circuler l’argent des consommateurs.

En utilisant la technologie à des fins humanistes et libertaires, et non inhumaines et libérales, on augmente le temps de loisir, on diminue le temps et la pénibilité du travail, on ne produit que les richesses nécessaires, on limite les stocks.

L’esclave d’aujourd’hui, c’est aussi l’individu privé de relations humaines, coupé du monde ou relié que par des réseaux de providence (aides humanitaires).

Là où la technique permet un progrès matériel, elle annonce souvent une régression morale. On ne peut prévoir ce que donneront ces énergies nouvellement libérées par la mise en réseau planétaire des initiatives privées et publiques. La quantité tue la qualité (livre, informations...).

Nietzsche (1844-1900) : “Pauvre, joyeux, indépendant ! tout cela est possible simultanément. Pauvre, joyeux et esclave, c’est aussi possible... Fi ! croire que l’on pourrait remédier par un salaire plus élevé à l’essentiel de leur détresse, je veux dire leur asservissement impersonnel ! ... Fi ! avoir un prix auquel on cesse d’être une personne pour devenir un rouage !... quelles énormes sommes de valeur intérieure (celle des hommes) sont gaspillées pour une fin aussi extérieure (celle des nations)... Qu’est devenue votre valeur intérieure sans un minimum de maîtrise de vous-mêmes ? Si vous n’avez plus foi en la liberté spirituelle de l’homme sans besoins ?

Paul Lafargue : “Au lieu de réagir contre cette aberration mentale (l’épuisement des forces vitales au travail), les prêtres, économistes, moralistes, ont sacro-sanctifié le travail... Dans la société capitaliste, le travail est la cause de toute dégénérescence intellectuelle... Si la classe ouvrière se soulevait non pour réclamer les Droits de l’homme (droits de l’exploitation capitaliste) ou le Droit au travail (droit à la misère), mais pour forger une loi d’airain, défendant à tout homme de travailler plus de trois heures par jour, la Terre... sentirait bondir en elle un nouvel univers... Mais comment demander à un prolétariat corrompu par la morale capitaliste une résolution virile ?

André Gortz : “Le sens de l’actuelle révolution technique ne peut pas être de réhabiliter l’éthique du travail, l’identification au travail. Elle n’a de sens que si elle élargit le champ des activités non professionnelles dans lesquelles chacun puisse épanouir la part d’humanité qui, dans le travail technicisé, ne trouve pas d’emploi.”

Herbert Marcuse (1898 -1979) : “Dans les zones techniquement avancées de la civilisation, la conquête de la nature est pratiquement totale... Cependant, le développement du progrès semble être lié à l’intensification de la servitude... L’asservissement et la destruction de l’homme par l’homme les plus efficaces, s’installent au plus haut niveau de la civilisation, au moment où les réalisations matérielles et intellectuelles de l’humanité semblent permettre la création d’un monde réellement libre.”

Technique et philosophie...

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alternatives

18 Août 2014, 07:11am

Publié par pam

"Le mouvement des Alternatiba ce sont des villages des alternatives pour redécouvrir la citoyenneté. C'est à dire le pouvoir que chacun à notre niveau peut avoir sur le local et donc sur le global aussi. Même si le pouvoir de chacun est minime, la liberté que chacun peut acquérir peut donner un pouvoir beaucoup plus grand que ce que l'on l'imagine. Ce sont ces libertés là qu'il faut redécouvrir par un travail collectif, par le reconnaissance qu'il y a plein de gens qui font des petites choses et donc moi aussi je peux faire des petites choses. Et ces petites choses une fois assemblées ne sont plus si petit que ça." Hervé Kempf

et aussi :

http://blogs.mediapart.fr/blog/alternatiba

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pollution visuelle...

16 Août 2014, 06:32am

Publié par pam

moment d'inquiétude ce matin : quand j'ai ouvert mon blog, plusieurs pubs polluaient la lecture... et le look... j'imagine que c'est la rançon du succès puisque vous êtes toujours plus nombreux à me faire l'honneur de me suivre, mais elles ont disparu... fausse alerte ?

espérons ...

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Garbage Warrior, Le film des Earthships

15 Août 2014, 06:10am

Publié par pam

Un film plein d'espoir, qui raconte les délires architecturaux d'un homme profondément écologique, c'est à dire qui veut vivre sans abimer la planète (les gratte-papiers diraient "impacter"...).

Un architecte artiste aux projets infiniment créatifs.

Une rencontre explosive entre la recherche écologique et créative et l'administration...

La vie est dure pour les rêveurs et les artistes...

Mais comme toujours, il suffit de changer de point de vue pour atteindre son but...

"Ils ne font pas le lien entre les catastrophes naturelles et le changement climatique, ils pensent que c'est le hasard... ils ne veulent même pas comprendre qu'il y a un problème, et sans reconnaissance du problème pas besoin de solutions... mais la Terre brûle."

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Peinture naturelle

14 Août 2014, 09:10am

Publié par engelleben. site : dans une contrée du perche

Recette de la peinture à la farine, protection des bois extérieurs

Vous mettez quoi pour protéger vos bois extérieurs ?
> cette drogue de lasure (quand c’est fini le bois en redemande l’année suivante) ?
> votre bois est autoclave (vous trouvez çà beau) ?
> votre bois est brut mais à tendance à mal vieillir aux outrages du temps ?

Donc laissez vous tenter par une belle peinture (avec les pigments naturels), écologique, résistante, simple, pour un coût ridicule.

La base essentielle de cette peinture sont les pigments, cette poudre donnera la couleur à votre peinture, laissez vous à dénicher celle qui vous plaira. On en trouve partout sur le net, et les grandes surfaces de bricolages en ont parfois, je pourrais vous conseiller ce fournisseur (http://www.ocreschauvin.fr/) ou cet autre http://www.solargil.com/ ; pour ma part j’ai utilisé des pigments synthétiques que l’on m’a donné, ocre rouge et ocre jaune, des teintes naturelles.

Ingrédients pour 3 litres de peinture à la farine

- 300g de farine
- 3l d’eau
- 600g de pigment
- 300ml d’huile de lin

Recette de la peinture à la farine

Faire chauffer une vieille marmite, verser 300g de farine avec 300ml d’eau, quand çà commence à chauffer, verser au fur et à mesure 3 litres d’eau en remuant (comme pour une sauce blanche), et porter à ébullition pendant 10 minutes (et vous avez une sauce blanche sans le beurre).

Y ajouter alors 600g de pigment, et 300ml d’huile de lin, porter de nouveau à ébullition pendant 30 minutes.

Laisser froidir, c’est prêt, nous avons fabriqué 3 litres de peinture suédoise.

Vous pouvez y ajouter un peu de savon noir (pour la texture), et du sulfate de fer (meilleure tenue en extérieur contre les mousses, à bannir en intérieur).

Utilisation

Nettoyer les bois avant application (un coup de nettoyeur haute pression est parfait), je vous conseille de retirer la peinture ou lasure existante (ou poncer grossièrement).

Peindre avec une brosse ou pinceau large, pas de risque de salissure (la peinture se nettoie facilement à l’eau), ne pas lésiner sur la peinture.

La peinture tiendra au moins 5 ans voir même davantage. Pour réaliser une peinture blanche remplacer les pigments par du blanc de Meudon.

Je n’y vois que des avantages

- fabrication à volonté
- mono-couche (pouvoir couvrant parfais sur bois nu)
- sec en 1 heure à 20°C
- coût ridicule (0.20€ de farine, 4.5€ de pigment, 1€ d’huile de lin, 0.30€ d’électricité pour la cuisson), soit 2€ le litre de peinture qui dit mieux
- nettoyage des outils à l’eau
- écologique et saine avec ses matières premières basiques (alors que les peintures du commerce sont gavées en composants volatils dangereux)
- garantie 5 à 10 ans (voir même plus)

Un réel plaisir de créer sa peinture pour repeindre les bois extérieurs, les enfants participent volontiers à cette activité, voilà qui amène une touche de gaieté au jardin.

Peinture naturelle

Dès que ma sciatique me lâche, j'essaie et je vous raconte !

Peinture naturelle

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antinucléaire...

14 Août 2014, 06:50am

Publié par Vincent Rémy. Télérama

Pour ceux qui ont du mal à comprendre les "trucs techniques"...

Pour ceux qui veulent des arguments intelligents à opposer aux pollueurs, aux naïfs, aux imbéciles et à ceux qui croient encore que de Gaulle et son idée de tout nucléaire était génial...

Pour ceux qui ont encore des doutes...

Pour toutes les autruches qui préfèrent oublier que nous sommes entourés de bombes à retardement dont le coût du démantèlement sera faramineux...

Et pour ceux qui ne savent pas encore qu'à nos portes d'autres pays trouvent des solutions....

antinucléaire...

Bernard Laponche : “Il y a une forte probabilité d'un accident nucléaire majeur en Europe”

QUELLE ÉNERGIE POUR L'AVENIR ? | Physicien nucléaire, polytechnicien, Bernard Laponche est formel : la France est dans l'erreur. Avec le nucléaire, elle s'obstine à privilégier une énergie non seulement dangereuse mais obsolète. Alors que d'autres solutions existent, grâce auxquelles les Allemands ont déjà commencé leur transition énergétique.

Le 18/06/2011 à 00h00- Mis à jour le 11/08/2014 à 16h09
Propos recueillis par Vincent Remy - Télérama n° 3205

Il est des leurs. Enfin, il était des leurs. Polytechnicien, physicien nucléaire, Bernard Laponche a participé, dans les années 1960, au sein du Commissariat à l'énergie atomique, à l'élaboration des premières centrales françaises. La découverte des conditions de travail des salariés de la Hague sera pour lui un choc : il prend conscience du danger de l'atome, qu'il juge moralement inacceptable. Dès les années 1980, Bernard Laponche, désormais militant au sein de la CFDT, prône la maîtrise de la consommation énergétique et le développement des énergies renouvelables. Les décennies suivantes lui ont donné raison. Mais la France, seul pays au monde à avoir choisi l'option du tout-nucléaire, s'obstine dans l'erreur, déplore-t-il, et s'aveugle : énergie du passé, sans innovation possible, le nucléaire ne représente pas seulement une menace terrifiante, pour nous et pour les générations qui suivront ; il condamne notre pays à rater le train de l'indispensable révolution énergétique.

On présente toujours l'énergie nucléaire comme une technologie très sophistiquée. Vous dites qu'il s'agit juste du « moyen le plus dangereux de faire bouillir de l'eau chaude » (1) . C'est provocateur, non ?
Pas vraiment... Un réacteur nucléaire n'est qu'une chaudière : il produit de la chaleur. Mais au lieu que la chaleur, comme dans les centrales thermiques, provienne de la combustion du charbon ou du gaz, elle est le résultat de la fission de l'uranium. Cette chaleur, sous forme de vapeur d'eau, entraîne une turbine qui produit de l'électricité. L'énergie nucléaire n'est donc pas ce truc miraculeux qui verrait l'électricité « sortir » du réacteur, comme s'il y avait une production presque spontanée...

Pourquoi cette image s'est-elle imposée ?
Les promoteurs du nucléaire ne tiennent pas à mettre en avant la matière première, l'uranium. C'est lié au fait qu'à l'origine le nucléaire était militaire, donc stratégique. Et puis en laissant penser que l'électricité est produite directement, ils lui donnent un côté magique, ainsi qu'une puissance trois fois plus élevée, car c'est la chaleur produite que l'on évalue, pas l'électricité. Or les deux tiers de la chaleur sont perdus, ils réchauffent l'eau des fleuves ou de la mer qui sert à refroidir les réacteurs.

Parlons donc du combustible...
Ce sont des crayons d'uranium, de l'uranium légèrement enrichi en isotope 235, pour les réacteurs français. La fission est une découverte récente (1938) : un neutron tape un noyau d'uranium qui explose, produit des fragments, donc de l'énergie, et des neutrons, qui vont taper d'autres noyaux – c'est la réaction en chaîne. La multiplication des fissions produit de la chaleur. Or les fragments de la fission sont de nouveaux produits radioactifs, qui émettent des rayons alpha, bêta, gamma... A l'intérieur des réacteurs, vous produisez donc de la chaleur, c'est le côté positif, mais aussi des produits radioactifs, notamment du plutonium, le corps le plus dangereux qu'on puisse imaginer, qui n'existe qu'à l'état de trace dans la nature. On aurait dû s'interroger dès l'origine : ce moyen de produire de l'eau chaude est-il acceptable ?

Cette réaction en chaîne, on peut tout de même l'arrêter à chaque instant, non ?
Dans un fonctionnement normal, on abaisse les barres de contrôle dans le cœur du réacteur : elles sont constituées de matériaux qui absorbent les neutrons, ce qui arrête la réaction en chaîne. Mais il faut continuer de refroidir les réacteurs une fois arrêtés, car les produits radioactifs continuent de produire de la chaleur. La nature même de la technique est donc source de risques multiples : s'il y a une panne dans les barres de contrôle, il y a un emballement de la réaction en chaîne, ce qui peut provoquer une explosion nucléaire ; s'il y a une fissure dans le circuit d'eau, il y a perte de refroidissement, la chaleur extrême détruit les gaines du combustible, certains produits radioactifs s'échappent, on assiste à la formation d'hydrogène, cet hydrogène entraîne des matières radioactives et peut exploser.

“Puisque le point de départ, c'est la création
de produits radioactifs en grande quantité, la catastrophe
est intrinsèque à la technique. Le réacteur fabrique
les moyens de sa propre destruction.”

Mais on multiplie les systèmes de protection...
Vous avez beau les multiplier, il y a toujours des situations dans lesquelles ces protections ne tiennent pas. A Tchernobyl, on a invoqué, à juste titre, un défaut du réacteur et une erreur d'expérimentation ; à Fukushima, l'inondation causée par le tsunami. Au Blayais, en Gironde, où la centrale a été inondée et où on a frôlé un accident majeur, on n'avait pas prévu la tempête de 1999. Mais on a vu des accidents sans tsunami ni inondation, comme à Three Mile Island, aux Etats-Unis, en 1979. On peut aussi imaginer, dans de nombreux pays, un conflit armé, un sabotage... Puisque le point de départ, c'est la création de produits radioactifs en grande quantité, la catastrophe est intrinsèque à la technique. Le réacteur fabrique les moyens de sa propre destruction.

Y a-t-il eu des innovations en matière nucléaire ?
Aucun progrès technologique majeur dans le nucléaire depuis sa naissance, dans les années 1940 et 1950. Les réacteurs actuels en France sont les moteurs des sous-marins atomiques américains des années 1950. En plus gros. Les réacteurs, l'enrichissement de l'uranium et le retraitement, sont des technologies héritées de la Seconde Guerre mondiale. On a juste augmenté la puissance et ajouté des protections. Mais parce que le système est de plus en plus compliqué, on s'aperçoit que ces protections ne renforcent pas toujours la sûreté.

On a du mal à croire qu'il n'y ait eu aucune innovation majeure...
Si, le surgénérateur ! Avec Superphénix, on changeait de modèle de réacteur. Et heureusement qu'on l'a arrêté en 1998, car il était basé sur l'utilisation du plutonium. Le plutonium est un million de fois plus radioactif que l'uranium. Comment a-t-on pu imaginer faire d'un matériau aussi dangereux le combustible d'une filière de réacteurs exportable dans le monde entier ?

Nicolas Sarkozy affirme que si l'on refuse le nucléaire, on doit accepter de s'éclairer à la bougie. Qu'en pensez-vous ?
Il est lassant d'entendre des dirigeants qui n'y connaissent rien continuer à dire n'importe quoi. Nicolas Sarkozy ne croit pas si bien dire ; un jour, et pourquoi pas dès cet été, les Français s'éclaireront à la bougie : comme nous sommes le seul pays au monde à avoir choisi de produire 80 % de notre électricité avec une seule source, le nucléaire, et une seule technique, le réacteur à eau pressurisée, si nous sommes contraints d'arrêter nos réacteurs, nous retournerons à la bougie ! Pas besoin d'une catastrophe, juste un gros pépin générique, ou une sécheresse et une canicule exceptionnelles. Car on ne peut pas faire bouillir l'eau des rivières. En revanche, si l'on décidait de sortir du nucléaire en vingt ans, on pourrait démultiplier notre inventivité énergétique pour justement éviter la bougie.

Les défenseurs du nucléaire disent qu'en France, avec notre nouveau réacteur, l'EPR, que l'on construit à Flamanville, on arrive à un risque quasi nul...
Chaque pays assure que ses réacteurs sont mieux que les autres. Avant Fukushima, le discours des Japonais était le même que celui des Français. On en est déjà à cinq réacteurs détruits (Three Mile Island, Tchernobyl, et trois réacteurs à Fukushima) sur quatre cent cinquante réacteurs dans le monde, des centaines de kilomètres carrés inhabitables. La probabilité théorique, selon les experts de la sûreté nucléaire, devait être de un pour cent mille « années-réacteur » [une année-réacteur, c'est un réacteur fonctionnant pendant un an, NDLR], voire un million d'années-réacteur pour un accident majeur, type Tchernobyl ! La réalité de ce qui a été constaté est trois cents fois supérieure à ces savants calculs. Il y a donc une forte probabilité d'un accident nucléaire majeur en Europe.

Une innovation majeure pourrait-elle vous conduire à revoir votre jugement ?
Je ne vois pas de solution dans l'état actuel, non pas de l'ingénierie, mais de la connaissance scientifique. Je ne dis pas qu'un jour un savant ne trouvera pas un moyen d'utiliser l'énergie de liaison des noyaux de façon astucieuse, qui ne crée pas ces montagnes de produits radioactifs. Mais pour le moment, il n'y a pas !

Pourquoi vous opposez-vous à Iter, expérience sur la fusion menée à Cadarache, sous l'égide de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ?
La fusion, c'est l'inverse de la fission. On soude deux petits noyaux, deux isotopes de l'hydrogène, le deutérium (un proton et un neutron) et le tritium (un proton et deux neutrons), et cette soudure dégage de l'énergie. Mais il faut arriver à les souder, ces noyaux ! Dans le Soleil, ils se soudent du fait de la gravitation. Sur Terre, on peut utiliser une bombe atomique, ça marche très bien. L'explosion provoque la fusion des deux noyaux, qui provoque une seconde explosion beaucoup plus forte : c'est la bombe à hydrogène, la bombe H. Pour une fusion sans bombe, il faut créer des champs magnétiques colossaux afin d'atteindre des températures de cent millions de degrés. Iter, à l'origine un projet soviétique, est une expérience de laboratoire à une échelle pharaonique, des neutrons extrêmement puissants bombardent les parois en acier du réacteur, ces matériaux deviennent radioactifs et doivent d'ailleurs être remplacés très souvent. Je ne suis pas spécialiste de la fusion, mais je me souviens que nos deux derniers Prix Nobel français de physique, Pierre-Gilles de Gennes et Georges Charpak, avaient dit qu'Iter n'était pas une bonne idée. Ils prônaient les recherches fondamentales avant de construire cet énorme bazar. Personne n'a tenu compte de leur avis, et nos politiques se sont précipités, sur des arguments de pure communication – on refait l'énergie du Soleil – pour qu'Iter se fasse en France.

Pourquoi ?
Parce que les Français veulent être les champions du nucléaire dans le monde. Les Japonais voulaient Iter, mais leur Prix Nobel de physique Masatoshi Koshiba a dit « pas question », à cause du risque sismique. Je pense que ce projet va s'arrêter parce que son prix augmente de façon exponentielle. Et personne ne s'est posé la question : si jamais ça marchait ? Que serait un réacteur à fusion ? Comme disent les gens de l'association négaWatt, pourquoi vouloir recréer sur Terre l'énergie du Soleil puisqu'elle nous arrive en grande quantité ?

Que répondez-vous à ceux qui pensent que l'impératif du réchauffement climatique, donc la nécessaire réduction des émissions de CO2, nous impose d'en passer par le nucléaire ?
Tout d'abord, on ne peut pas faire des émissions de CO2 le seul critère de choix entre les techniques de production d'électricité. Faut-il accepter qu'au nom du climat, tous les cinq ou dix ans, un accident de type Fukushima se produise quelque part dans le monde ? Ensuite, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a montré que si l'on voulait tenir nos objectifs de réduction des émissions de CO2, la moitié de l'effort devait porter sur les économies d'énergie. Pour l'autre moitié, le recours aux énergies renouvelables est essentiel, la part du nucléaire n'en représentant que 6 %. Il faut donc relativiser l'avantage du nucléaire.

“Comme on a fait trop de centrales, il y a eu
pression pour la consommation d'électricité,
en particulier pour son usage le plus imbécile, le
chauffage, pour lequel la France est championne.”

Vous avez commencé votre carrière au CEA et avez été un artisan de cette énergie. Que s'est-il passé ?
J'ai même fait une thèse sur le plutonium, et je ne me posais aucune question. Tout est très compartimenté au CEA, je faisais mes calculs sur la centrale EDF 3 de Chinon, n'avais aucune idée des risques d'accident ni du problème des déchets. Je travaillais avec des gens brillants. Et puis j'ai commencé à militer à la CFDT, après 68, et on s'est intéressé aux conditions de travail des travailleurs de la Hague. Je me suis aperçu que, moi, ingénieur dans mon bureau, je ne connaissais rien de leurs conditions de travail, et que les gens de la Hague ne savaient pas ce qu'était un réacteur nucléaire. On a donc écrit, en 1975, un bouquin collectif qui a été un best-seller, L'Electronucléaire en France. Le patron du CEA de l'époque a d'ailleurs reconnu la qualité de ce travail. Pour cela, j'ai travaillé pendant six mois à partir de documents américains, parce qu'en France il n'y avait rien. La CFDT a alors pris position contre le programme nucléaire. J'ai commencé à travailler sur les alternatives au nucléaire et, en 1982, je suis entré à l'Agence française pour la maîtrise de l'énergie.

Cela fait trente ans... Que prôniez-vous à l'époque ?
Mais la même chose qu'aujourd'hui : économies d'énergie et énergies renouvelables ! Les principes de l'électricité photovoltaïque, donc des panneaux solaires, étaient déjà connus. Aujourd'hui, on ne parle que de l'électricité, mais ce qu'il faudrait d'abord installer partout, c'est des chauffe-eau solaires ! Rien de plus simple : un fluide caloporteur circule dans un tube sous un panneau vitré, et permet d'obtenir de l'eau à 60 degrés. L'Allemagne, pays moins ensoleillé que la France, a dix fois plus de chauffe-eau solaires. Dans le Midi, il n'y en a pas, ou si peu !

Cela ne demande pas beaucoup d'innovation...
L'innovation permet avant tout de réduire les coûts. L'éolien, sa compétitivité face au nucléaire est acquise. En ce qui concerne le photovoltaïque, les Allemands anticipent des coûts en baisse de 5 % chaque année. Il y a beaucoup de recherches à faire sur les énergies marines, les courants, l'énergie des vagues, la chaleur de la terre avec la géothermie. Les énergies renouvelables, sous un mot collectif, sont très différentes, et peuvent couvrir à peu près tous les besoins énergétiques. Les Allemands estiment qu'elles couvriront 80 % des leurs d'ici à 2050. C'est plus que crédible, à condition de toujours rechercher les économies d'énergie.

Le fait qu'on ait produit de l'électricité à partir du nucléaire à un coût modique, ne prenant pas en compte les coûts du démantèlement et de la gestion à long terme des déchets radioactifs, a-t-il pénalisé les énergies renouvelables ?
Oui, et comme on a fait trop de centrales nucléaires, il y a toujours eu pression pour la consommation d'électricité, et en particulier pour son usage le plus imbécile, le chauffage électrique, pour lequel la France est championne d'Europe. On construit des logements médiocres, l'installation de convecteurs ne coûte rien, cela crée du coup un problème de puissance électrique globale : en Europe, la différence entre la consommation moyenne et la pointe hivernale est due pour moitié à la France ! Résultat, l'hiver, nous devons acheter de l'électricité à l'Allemagne, qui produit cette électricité avec du charbon… Hors chauffage, les Français consomment encore 25 % de plus d'électricité par habitant que les Allemands. Qui n'ont pas seulement des maisons mieux isolées, mais aussi des appareils électroménagers plus efficaces, et qui font plus attention, car l'électricité est un peu plus chère chez eux.

“Les Allemands étudient des réseaux
qui combinent biomasse, hydraulique, éolien,
photovoltaïque. Ils réussissent la transition
énergétique. Parce qu'ils l'ont décidée.”

Quelles sont les grandes innovations à venir en matière d'énergie ?
Les « smart grids », les réseaux intelligents ! Grâce à l'informatique, on peut optimiser la production et la distribution d'électricité. A l'échelle d'un village, d'une ville ou d'un département, vous pilotez la consommation, vous pouvez faire en sorte, par exemple, que tous les réfrigérateurs ne démarrent pas en même temps. Les défenseurs du nucléaire mettent toujours en avant le fait que les énergies renouvelables sont fluctuantes – le vent ne souffle pas toujours, il n'y a pas toujours du soleil – pour asséner que si l'on supprime le nucléaire, il faudra tant de millions d'éoliennes... Mais tout change si l'on raisonne en termes de combinaisons ! Les Allemands étudient des réseaux qui combinent biomasse, hydraulique, éolien, photovoltaïque. Et ils travaillent sur la demande : la demande la nuit est plus faible, donc avec l'éolien, la nuit, on pompe l'eau qui va réalimenter un barrage qui fonctionnera pour la pointe de jour... C'est cela, la grande innovation de la transition énergétique, et elle est totalement opposée à un gros système centralisé comme le nucléaire. Le système du futur ? Un territoire, avec des compteurs intelligents, qui font la jonction parfaite entre consommation et production locale. Small is beautiful.Les Allemands réussissent en ce moment cette transition énergétique. Parce qu'ils l'ont décidée. C'est cela, le principal : il faut prendre la décision. Cela suppose une vraie prise de conscience.

Comment expliquez-vous l'inconscience française ?
Par l'arrogance du Corps des ingénieurs des Mines, d'une part, et la servilité des politiques, de l'autre. Une petite caste techno-bureaucratique a gouverné les questions énergétiques depuis toujours, puisque ce sont eux qui tenaient les Charbonnages, puis le pétrole, et ensuite le nucléaire. Ils ont toujours poussé jusqu'à l'extrême, et imposé aux politiques, la manie mono-énergétique.

Cela vient de notre pouvoir centralisé ?
Complètement ! Dans les années 1970, un chercheur suédois a écrit une étude sur le fait que le nucléaire marche dans certains pays et pas dans d'autres. Et il en a conclu qu'une structure politico-administrative autoritaire et centralisée avait permis qu'il se développe dans deux pays : l'URSS et la France. Pour de fausses raisons – indépendance énergétique, puissance de la France –, on maintient le lien entre le nucléaire civil et militaire – le CEA a une branche applications militaires, Areva fournit du plutonium à l'armée. Ce complexe militaro-étatico-industriel fait qu'ici on considère madame Merkel comme une folle. Au lieu de se dire que si les Allemands font autrement, on pourrait peut-être regarder… Non, on décide que les Allemands sont des cons. Nos responsables claironnent qu'on a les réacteurs les plus sûrs, que le nucléaire c'est l'avenir, et qu'on va en vendre partout. C'est l'argument qu'on utilise depuis toujours, et on a vendu péniblement neuf réacteurs en cinquante ans, plus les deux qui sont en construction en Chine. Ce n'est pas ce qui était prévu… En dix ans, les Allemands, eux, ont créé près de 400 000 emplois dans les énergies renouvelables.

En dehors des écologistes, personne, y compris à gauche, ne remet en cause le nucléaire...
Les choses évoluent vite. Fukushima ébranle les pro-nucléaire honnêtes. Je pense que la décision allemande aura une influence, pas sur nos dirigeants actuels, mais sur nos industriels et aussi sur les financiers. Ils doivent se dire : vais-je continuer à mettre mes billes dans un truc comme ça ? Il y avait jadis l'alliance Areva-Siemens pour proposer des réacteurs EPR, mais Siemens en est sorti depuis des années. On peut toujours se rassurer en pensant que les Allemands se trompent, mais on peut difficilement soutenir qu'ils aient fait ces dernières décennies de mauvais choix et que leur industrie soit faiblarde...

Les écologistes peuvent-ils peser sur les socialistes ?
Bien sûr. Déjà, en 2000, tout était prêt pour l'EPR, mais Dominique Voynet, ministre de l'Environnement, a dit à Lionel Jospin : « Si tu fais l'EPR, je démissionne. » C'est la seule fois où elle a mis sa démission dans la balance et l'EPR ne s'est pas fait à l'époque. Je travaillais auprès d'elle comme conseiller sur ces questions, j'ai pondu trois cent cinquante notes. Il y avait une bagarre quotidienne entre le ministère de l'Environnement et le ministère de l'Industrie, qui se moquait complètement de la sécurité. Malheureusement, l'EPR est reparti avec Chirac en 2002. Et il va nous coûter très cher. En un demi-siècle, on a gaspillé l'énergie, on a fait n'importe quoi. Il est urgent de choisir une civilisation énergétique qui ne menace pas la vie.

antinucléaire...
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principes de base de la méditation...

13 Août 2014, 07:51am

Publié par pam

continuons le résumé de "Réflexions d'un médecin bouddhiste à l'usage des soignants et des soignés" Dr. Daniel Chevassut.

- PRINCIPES DE BASE DE LA MÉDITATION.

Pour réaliser cet objectif, le moyen est la pratique de l’attention. Être attentif, présent et pleinement conscient à ce qui est Aussi bien intérieurement dans sa tête et dans son corps qu’à l’extérieur : environnement, situation vécue... Pour éliminer progressivement l’habitude du mental de partir dans tous les sens, on utilise un support comme le souffle pour le fixer. On reste donc posé sans distraction sur le va et vient du souffle, on ne bloque pas pensées ou sensations (physiques ou psychologiques) et on ne les suit pas non plus. On expérimente alors progressivement cet état témoin. Tout est vu, éprouvé, mais sans identification, ni fixation, ni tentative d’appropriation. C’est un acte de dépossession.

Ce type de travail sur soi a pour résultat de développer un esprit paisible, réceptif, disponible et apte à se concentrer rapidement et efficacement sur ce qui est approprié en fonction du lieu et du temps. Il favorise donc l’expression d'une attitude juste mais aussi le développement de l’intuition. D’ailleurs, si on est vraiment réceptif à une situation, l’esprit est en paix et souvent la solution s’impose d’elle-même.

Outre l’esprit, la méditation implique un travail sur le corps, par le biais de la posture. La position du corps a d’elle-même un effet apaisant. Le plus important est la rectitude du dos. Le corps est parcouru de canaux subtils (nadi en sanscrit), dans lesquels circule l’énergie (prâna en sanscrit). La production et la qualité des pensées, émotions et rêves sont étroitement liées à la circulation de cette énergie.

“L’axe vertébral est la manifestation physique de la verticalité. À ce titre, il occupe une place essentielle dans l’équilibre et l’épanouissement de l’être. La verticalité n’est pas seulement une posture corporelle, mais aussi le reflet de la présence à l’instant, dans laquelle aucune énergie n’est dispersée dans la remémoration du passé ou l’anticipation du futur. Dans cette intemporalité, libre du moi et de ses illusoires sécurités, le corps trouve sa dignité naturelle et son repos parfait.” Jean-Marc Mantel.

L’outil pour observer le corps subtil (canaux, centres d’énergie...) est la conscience, mais une conscience plus affinée que celle dont nous faisons habituellement l’expérience, une conscience progressivement purifiée par le travail de la méditation.

Bokar Rimpotché : “Les scientifiques nous révèlent un grand nombre de choses que nous n’avons pas la capacité de percevoir par nous-mêmes. Cependant, malgré tout leur savoir, malgré les découvertes merveilleuses qu’ils opèrent, il reste un domaine qu’ils ne savent ni approcher ni comprendre : celui de la nature de l’esprit. Ce domaine est précisément celui de l’enseignement du Bouddha.”

Seul l’esprit peut connaître et analyser l’esprit, et la première étape de cette observation consiste à développer un état intérieur clair et serein.

Par ailleurs, le niveau de conscience du sujet modifie considérablement l’observation de l’objet. Nous percevons les choses en fonction de ce que nous sommes. D’après le principe d’incertitude du physicien Heisenberg, la qualité de conscience de l’observateur peut modifier la nature ou la structure de l’objet observé. Cette vision quantique selon laquelle les atomes forment un univers d’événements multiples plutôt qu’un monde figé d’éléments et d’états, crée beaucoup d’espace dans les possibles de la relation humaine. Cela signifie que la qualité d’être du médecin a une influence directe sur la santé de son patient.

Il y a une compréhension qui naît de la pratique de la méditation elle-même. L’accès à certaines réalités implique en effet un niveau de maturation de la psyché et de la conscience équivalent.

Ces connaissances sont le fruit de l’expérience spirituelle des grands maîtres du passé. Rien n’a donc été inventé.

Bokar Rimpotché : “S’engager sur la voie de la méditation implique que l’on en connaisse la finalité, les moyens utilisés et les résultats obtenus :

- Reconnaître que la source de toute souffrance et de tout bonheur est l’esprit lui-même et que, donc, seul le travail sur l’esprit permet d’éliminer la première et d’établir le second de manière authentique et définitive.

- Connaître les conditions auxiliaires nécessaires : désir de méditer, instructeur qualifié, lieu retiré.

- Savoir poser son esprit en méditation : sans suivre les pensées du passé ou de l’avenir, établir dans le présent son esprit, ouvert, détendu, lucide et le fixer sur l’objet de concentration choisi.

- Savoir quels sont les fruits temporaires et ultimes de la méditation : sérénité, liberté face aux circonstances et enfin, l’état de Bouddha.”

principes de base de la méditation...

- LA MÉDITATION EST-ELLE SANS RISQUES ?

Toute la difficulté consiste à maintenir une cohérence dans le fonctionnement du corps et de la psyché, tout en conservant cette vision profonde, même si, inéluctablement, il y a des périodes de crises. Entre l’éveil de la conscience et l’ignorance, il y a un entre-deux qui peut parfois être inconfortable, mais qui est aussi en même temps très tonifiant.

Je ne sais pas exactement où j’en suis sur le chemin spirituel, mais je sais que pour rien au monde ne ne reviendrais en arrière. Cela serait de toute façon impossible.

Pratique mal comprise : la torpeur est un danger, il est essentiel de maintenir un esprit vif et clair pendant la méditation. Il vaut mieux raccourcir le temps de méditation ou reporter en cas de fatigue. Sinon cette torpeur risque de nous faire développer une apathie dans le reste de l’existence. Il faut de la rigueur.

La pratique peut révéler des problèmes antérieurs. La méditation favorise progressivement une transparence intérieure. Dans cette transparence, la censure répressive de la psyché se relâche, tout un contenu mental et émotionnel inconscient est susceptible de remonter à la surface. Il faut donc savoir travailler avec ce qui peut se révéler désagréable, voire inacceptable. Un dysfonctionnement mental sévère peut constituer un obstacle majeur dans le cadre de la pratique contemplative.

Enfin, quand tout se passe bien, la structure égotique, se sentant menacée par une pratique méditative bien conduite, va réagir de multiples façons : le plus souvent par l’ennui, l’orgueil, la tristesse ou la dépression. Ce cas particulier n’est pas sans rappeler le phénomène du sevrage. On peut aussi éprouver de la peur, plus dans l’approche de la vision supérieure.

Aristote : “De même que les yeux des oiseaux de nuit clignotent devant l’éclat de la lumière du jour, ainsi le regard des mortels est ébloui devant ce qui est le plus manifeste.”

Tout cela se travaille, en comprenant entre autre que ce sont des effets secondaires d’une pratique efficace (variables en fonction de chacun).

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POUR UNE JUSTE COMPRÉHENSION DE LA MÉDITATION.

11 Août 2014, 06:34am

Publié par pam

RÉFLEXIONS D’UN MÉDECIN BOUDDHISTE À L’USAGE DES SOIGNANTS ET DES SOIGNÉS.

Dr. Daniel Chevassut. Fiche de lecture suite...

CHAPITRE 4 : MÉDITATION ET CONTEMPLATION, LES VOIES INEXPLORÉES DE LA MÉDECINE MODERNE.

- POUR UNE JUSTE COMPRÉHENSION DE LA MÉDITATION.

La nature profonde de l’être humain est paisible. C’est une réalité que l’on découvre progressivement, d’une manière inéluctable et universelle, si la voie spirituelle dans laquelle on s’engage est authentique (chemin qui arrive quelque part et qui conduit à incarner les potentialités les plus profondes et nobles de l’esprit : paix, amour, compassion, sagesse).

Le parcours spirituel se crée au fur et à mesure de notre progression et mène à une transformation radicale si la détermination est forte.

Dans la tradition de l’Inde ancienne, “le bon praticien, qualifié de guide ou de convoyeur de la vie, est censé avoir des connaissances non seulement en anatomie et physiologie, mais aussi en psychologie et spiritualité.” Les qualités de vitalité et d’ouverture d’esprit du médecin étaient donc considérées comme essentielles.

La méditation concerne le spirituel. Le mot peut lui-même être source de confusion et d’erreurs, comme de confondre avec réflexion, analyse ou relaxation.

Méditer : du latin meditari (penser, étudier, avoir en vue, réfléchir) et de mederi (soigner, traiter), et aussi racine sanscrite madya (milieu, centre). Donc dimension de centre, équilibre et soin. Méditer c’est aussi la traduction de zen, mot japonais dérivé du sanscrit dhyana (concentration de l’esprit, contrôle de l’esprit).

La voie de la méditation est un processus graduel d’ouverture de l’esprit ou d’expansion de la conscience. Méditer signifie “tourner son regard vers l’intérieur et demeurer l’esprit posé en lui-même, sans se fixer sur ce qui peut être vu”.

Notre esprit est généralement fermé, égocentré, limité par ses conditionnements (pensées, concepts, émotions...). Si une forme de dépendance est bonne dans l’enfance, le bouddhisme considère qu’être esclave de ses passions est pratiquement du domaine de l’addiction.

Honorer le devoir de mémoire n’a de sens que si l’on honore en même temps l’exigence de transformation de soi.

À mesure qu’on progresse dans la pratique de la méditation, la conscience se dégage des liens qui l’entravent et l’esprit commence à s’ouvrir, s’épanouir et réaliser sa véritable nature. Car la conscience a tendance à s’identifier à ces états ou perturbations que sont pensées, émotions, rêves. Il ne s’agit pas de nier ou refouler nos contenus mentaux, mais de les voir pour ce qu’ils sont, sans en être prisonnier ou s’y identifier. 1° étape de la méditation : pratique du calme mental (samatha en sanscrit).

Méditer signifie donc demeurer posé sans distraction sur la nature de l’esprit. Bien que n’ayant aucune substantialité, l’ego est le sentiment d’exister comme une entité permanente, fixe et solide. Centre factice qui naît d’un manque de clarté et qui n'a pas d’existence en soi. L’ego est comme une contracture de la conscience, l’amalgame d’une succession d’instants de conscience, donnant l’illusion d’une entité fixe et solide, tout comme la succession rapide des molécules d’eau donne l’illusion d’un fleuve.

Francisco Varela : “L’ego, c’est l’entité virtuelle qui cache l’essence”.

Le terme méditer est aussi synonyme de contempler, si on considère la pratique contemplative comme un moyen de dépasser la pensée conceptuelle. Il semble que la plupart des gens pensent la vie plus qu’ils ne la vivent. Nous vivons en fait ce que nous pensons être. On peut donc parler d’un processus de désaliénation par la connaissance de soi, par la réalisation de ce que nous sommes véritablement en essence.

2° étape du processus méditatif et objectif principal de la méditation : reconnaître la nature ultime de son esprit, pratiquer la vision supérieure (vipassana en sanscrit). Dans le sens de supérieur à notre mode de vision précédent. Dans sa réalisation, le témoin disparaît, ni moi ni autre. Il est dit qu’ultimement on devient soi-même l’espace. Cette étape est la vraie méditation et cette observation sans observateur ne ressemble en rien à l’introspection de type psy.

La pratique du calme mental est une phase préparatoire indispensable à cette étape révélatrice et cruciale. Le calme mental apaise l’agitation des pensées, ensuite grâce à la vison supérieure, on voit la nature de l’esprit, on voit ce qui n’était pas vu auparavant. Le calme mental c’est demeurer dans ce qui perçoit au lieu de demeurer habituellement dans ce qui est perçu.

Bokar Rimpotché : “La vraie raison et le véritable but de la méditation sont d’éliminer notre ignorance (qui conçoit à tort l’existence d’un soi réel) et les émotions perturbatrices... Le point de vue de la méditation considère que les bonheurs et les souffrances ne dépendent pas fondamentalement des circonstances extérieures, mais de l’esprit lui-même.

Une attitude d’esprit positive engendre le bonheur, une attitude négative produit la souffrance.

Comment comprendre cette méprise qui nous fait chercher au-dehors ce que nous ne pouvons trouver qu’au-dedans ?

La nature positive ou négative de notre esprit se reflète dans les apparences extérieures qui nous renvoient notre propre image. La manifestation extérieure est ainsi une réponse à la qualité de notre monde intérieur.

Le bonheur que nous désirons ne viendra pas de la déstructuration du monde qui nous entoure, mais de la réforme de notre monde intérieur.

Donc méditer nous apprend d’abord à développer une relation plus juste vis-à-vis de nous-mêmes et de notre environnement, en attendant de nous éveiller à une non-dualité, au-delà de toute forme de relation.

Lama Denys Teundroup : “La méditation est un moyen d’explorer l’esprit, mais non pas tant un moyen d’exploration et d’analyse des contenus de l’esprit, comme dans la psychologie, mais plutôt de connaissance de ses mécanismes profonds et de sa structure fondamentale”.

Méditer, c’est aussi se familiariser avec une nouvelle manière d’être, en expérimentant concrètement et progressivement une nouvelle vision des choses, une nouvelle façon d’entrer en relation avec ses pensées et émotions, ainsi qu’une nouvelle perception des phénomènes extérieurs.

La méditation est le lieu de la transformation où le corps, la parole et l’esprit entrent en cohérence parfaite.

Méditer c’est finalement devenir soi-même, lorsque tout ce que nous ne sommes pas vraiment a progressivement disparu. Tout ce qui est faux en nous, tout ce à quoi nous sommes identifiés et qui ne nous appartient pas.

 POUR UNE JUSTE COMPRÉHENSION DE LA MÉDITATION.

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gestion de la souffrance...

10 Août 2014, 06:30am

Publié par pam

RÉFLEXIONS D’UN MÉDECIN BOUDDHISTE À L’USAGE DES SOIGNANTS ET DES SOIGNÉS.

Dr. Daniel Chevassut. notes de lecture, chapitre 3.

Souffrance : mal-être qui touche à la fois le corps, la psyché et l’esprit : douleur physique, morale et spirituelle. On peut y ajouter souffrances sociales, difficultés de communication au sein de la famille, de l’entreprise, compétition, rythme de vie épuisant... Aujourd’hui, les gens sont très destructurés et vulnérables. Beaucoup ne présentent pas de dysfonctionnements mentaux avérés, mais ont de grandes difficultés à s’adapter à leur situation et à la crise qu’ils traversent. Solitude, maladie, difficultés financières, indifférence générale sont le lot de beaucoup de gens. Souvent en fond apparaissent agressivité, manque d’amour et de tendresse, besoin de fraternité.

Syndrome du mal-être et nouvelle pathologie : celle d’une incapacité croissante des êtres humains à s’adapter au monde qu’ils ont eux-mêmes créé.

“Les gens, aujourd’hui, sont atteints d’une maladie particulière, qui est celle du syndrome de manque de force intérieure.” Maître tibétain.

Spinoza : concept de potentia, puissance d’agir (d’essence divine) propre à tout être vivant. Tant que la potentia d’un sujet n’est pas corrompue, abîmée ou détruite, ce dernier est toujours à même de surmonter les difficultés de son existence.

Boris Cyrulnik : la notion de résilience, capacité de certaines personnes à sortir renforcées de l’adversité et à rebondir, s’enracine dans cette dimension, notion de potentiel humain.

Nietzsche : “Ce qui ne me détruit pas me rend plus fort.”

Certaines épreuves peuvent être des blessures qui guérissent, à condition que la puissance d’agir soit intacte ou restaurée. Sinon la souffrance peut emprisonner pendant une longue période celui ou celle qu’elle afflige dans une sorte d’entre-deux douloureux, sans l’anéantir pour autant.

Tout cela abouti parfois à une perte du goût de vivre. Le développement du coaching est aussi un reflet de cette fragilité ambiante.

Coaching : accompagnement personnalisé d’une personne dans le cadre personnel ou professionnel, dans le but de développer son potentiel et son savoir-faire avec l’aide d’une autre personne. Plusieurs étapes : au début trois points : comment se manifeste le problème et quelle est sa cause ? Qu’est-ce que je souhaite à la place (objectif) ? Lorsque mon objectif sera atteint, quelles en seront les conséquences ? Coacher un individu, c’est le mobiliser en stimulant ses ressources psychologiques.... Dans un environnement fait de turbulences, d’accélération et de dépression, le coach est capable de connecter chacun à sa motivation profonde.” B. Stenier.

Beaucoup aujourd’hui, survivent plus qu’ils ne vivent. Certains flottent dans le passé ou un hypothétique futur. Indices de ce mal-être : anxiolytiques, drogues, alcool, augmentation des consultations en pédopsychiatrie : que des enfants soient touchés confirme une extension de la souffrance collective et sociale en surface et en profondeur. Syndrome d’Harry Potter : ils aimeraient tant échapper à cette condition par des pouvoirs magiques ; comme lui, ils ont le sentiment d’avoir peu de chances de s’en sortir sur un plan purement humain ou en faisant confiance seulement aux adultes.

Du fait de notre manière erronée de fonctionner et de voir les choses, nous avons fini par créer un monde inhumain ou inadapté, dans un environnement (France) qui est pourtant très favorable à l’homme.

XIV° Dalaï Lama : “Atteindre le bonheur authentique exige de transformer à la fois le regard que l’on porte sur le monde et sa manière de penser.”

Gandhi : “La multiplication des hôpitaux n’est pas un critère de santé, au contraire... La civilisation moderne n’a de civilisation que le nom. En elle, les nations d’Europe se dégradent et se ruinent davantage chaque jour.... Cette civilisation est telle qu’il suffit d’être patient et on la verra s’autodétruire.”

Râmarthirthâ : “Le monde civilisé se traîne avec les béquilles de la respectabilité en gaspillant son temps et son matériel de façon évidente et fatigante. Et que le monde européen et yankee soit en train de réussir dans sa dévotion complète à la futilité, personne ne peut le nier.”

Philosophe russe : “J’ai entendu dire qu’en Occident vous aviez tout... et rien d’autre.”

Seule l’expérience spirituelle peut permettre l’émergence d’une autre échelle de valeurs favorisant un comportement juste. Aujourd’hui, la raison ne suffit plus, l’absence de sacré dans nos vies produit l’avoir et la société de consommation actuelle. Au lieu de trouver l’esprit de l’univers en nous-mêmes, nous passons notre temps à étreindre la poussière.

Mais comme dit Hölderlin : “là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve.”

“La conscience n’est dans le chaos du monde qu’une petite lumière, précieuse mais fragile.” Céline.

gestion de la souffrance...

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