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« La dette neutralise le temps, matière première de tout changement politique ou social »

20 Septembre 2014, 07:22am

Publié par Basta : Agnès Rousseaux

CONTRÔLE SOCIAL

PAR AGNÈS ROUSSEAUX 6 SEPTEMBRE 2012

  • Emprunt, crédit, créanciers, débiteurs, déficits, remboursement, taux d’endettement, « pacte budgétaire »… La dette est partout, elle a envahi nos vies. Or la dette n’est pas seulement économique, elle est avant tout une construction politique. Elle n’est pas une conséquence malheureuse de la crise : elle est au cœur du projet néolibéral et permet de renforcer le contrôle des individus et des sociétés. « Le remboursement de la dette, c’est une appropriation du temps. Et le temps, c’est la vie », nous explique le sociologue et philosophe Maurizio Lazzarato (auteur de La Fabrique de l’homme endetté). Entretien.

Basta ! : Vous dites que l’Homo debitor est la nouvelle figure de l’Homo economicus. Quelles sont les caractéristiques de ce « nouvel homme » ?

Maurizio Lazzarato : De nombreux services sociaux, comme la formation ou la santé, ont été transformés en assurance individuelle ou en crédit. Le mode de développement néolibéral est fondé sur le crédit et l’endettement. Cette situation s’est aggravée avec la crise des subprimes de 2007. Un exemple ? La formation aux États-Unis : la Réserve fédérale (Banque centrale) a récemment évalué que le montant total de prêts aux étudiants était de 1 000 milliards de dollars [1] ! C’est un chiffre astronomique. Pour avoir accès aux services, à la formation, vous devez tout payer par vous-même. Vous devenez débiteur. Entrepreneur de votre vie, de votre « capital humain ».

Le droit à la formation ou au logement s’est transformé en droit au crédit…

C’est une logique qui ne fonctionne que si l’économie est en expansion. Or la dette privée a été transférée aux États, lorsque ceux-ci ont sauvé les banques notamment, ce qui fait augmenter la dette souveraine. Et nous sommes devenus tous endettés. Cela ne peut pas continuer à l’infini ! Chaque bébé français naît aujourd’hui avec 22 000 euros de dette… À l’époque de l’expansion du capitalisme néolibéral, le crédit permettait de réaliser des projets économiques, des projets de vie, c’était une ouverture du temps et des projets. La logique s’est inversée. Aujourd’hui, notre seule perspective pour quelques années, c’est de rembourser ! La dette est produite et fabriquée par les banques privées, et c’est la population dans son ensemble qui doit rembourser. En Espagne, en Italie, en Grèce, les politiques d’austérité vont approfondir cette privatisation des services et la logique libérale d’endettement.

En quoi cela fonde-t-il un nouveau rapport social, et un nouveau rapport au temps ?

J’ai repris l’hypothèse que développe Friedrich Nietzsche : le rapport social fondamental n’est pas l’échange économique ou l’échange symbolique, mais le rapport débiteur/créditeur. Un rapport fondé sur la confiance, sur la promesse : moi, débiteur, je m’engage à rembourser le crédit, je me porte garant de moi-même. Cette promesse qui engage l’avenir, qui se joue dans le futur, est au cœur de la relation de crédit. Certains textes du Moyen Âge expliquent que le crédit est un « vol du temps ». On disait alors que le temps appartenait à Dieu. Et que les créditeurs étaient des voleurs du temps de Dieu. Aujourd’hui, le temps appartient au capital. Avec le crédit, on fait une préemption sur l’avenir. Cela peut être une anticipation positive – c’était le cas avant la crise –, mais aujourd’hui c’est une anticipation qui ferme complètement l’avenir, avec comme seule perspective de rembourser la dette. La crise continue, la croissance est faible, la dette augmente. Nous allons être bloqués pendant longtemps avec « ce remboursement du temps ». Le remboursement de la dette, c’est une appropriation du temps. Et le temps, c’est la vie.

Une dette, ce n’est pas seulement de l’argent à rembourser, mais des comportements à ajuster, du temps passé à se plier à des contraintes, écrivez-vous. Comment la logique du crédit et de la dette impacte-t-elle nos modes de vie ?

C’est une nouvelle forme de contrôle. Les sociétés du XIXe siècle et du début du XXe étaient des sociétés disciplinaires, comme l’a décrit Michel Foucault. Le contrôle des personnes s’effectuait dans des espaces fermés – écoles, prisons, usines… On pouvait contrôler les gestes de l’ouvrier ou de l’écolier, assignés à une place précise. Avec le crédit, l’espace est ouvert, le contrôle est totalement différent. Vous êtes obligé de rendre chaque mois une somme d’argent. Vous devez régler votre vie par rapport à cette obligation, avoir une discipline de vie compatible avec le remboursement. Nous sommes dans une phase d’adaptation. Il faudra bientôt s’adapter en temps réel aux mouvements de la Bourse ! Et ce contrôle n’est pas seulement sur des individus mais sur des pays entiers : c’est le remboursement de la dette qui « décide » aujourd’hui des baisses des salaires, de la réduction des services sociaux, des dépenses publiques. Cela influence les modes de vie, et empêche d’envisager toute rupture ou bifurcation. La dette neutralise le temps, matière première de tout changement politique ou social. Cela permet aussi d’imposer des formes régressives d’organisation sociale. Tout ça pour une dette qui ne sera jamais remboursée : d’un point de vue économique, c’est une folie !

Le taux d’endettement des ménages, par rapport à leur revenu disponible, est de 120 % aux États-Unis et de 140 % en Grande-Bretagne. Cette situation est-elle tenable ?

L’endettement de l’Italie est de 120 % de son PIB. On ne peut pas rembourser de telles sommes, même sur 10 ans, 15 ans. Il faudrait saigner les gens de manière abominable. Le paiement des intérêts de la dette française s’élève à 50 milliards d’euros par an. Que l’on soit en récession ou en croissance, il faudra toujours payer ces 50 milliards (soit 1 200 milliards depuis 1974 [2]). C’est le deuxième poste budgétaire de l’État français. Une espèce de dîme, de prélèvement forcé, qui s’ajoute au prélèvement des politiques d’austérité. Et de l’autre côté, on privatise, on continue de vendre les biens de l’État. En Italie, il est prévu de vendre chaque année pour 20 à 25 milliards d’euros de biens de l’État. D’ici dix ans, on aura tout privatisé !

La domination actuelle des banques, de la finance, est-elle le signe de la centralité de ce rapport social débiteur/créditeur ?

Marx l’avait dit : ce ne sont pas les industriels qui vont diriger le capitalisme, ce sont les banquiers. L’argent déposé dans les banques est une forme abstraite de richesse. Mais c’est aussi une potentialité : il peut être investi dans n’importe quel domaine. Alors que le capitalisme industriel est « déterminé ». Donc le pouvoir de l’argent est plus important. Le capitalisme est fondamentalement industriel, mais c’est le capitalisme financier qui lui donne sa forme. Ce pouvoir du capitalisme financier a été bridé pendant les Trente Glorieuses, mais la puissance financière est aujourd’hui mise en avant. Depuis 1988, en France, la dette peut être vendue et achetée. Cette « titrisation » de la dette, la possibilité de transformation de la dette en titres négociables sur les marchés, a déterminé la situation actuelle. Cela devient un multiplicateur d’endettement, d’investissements financiers, et donc de risque.

Vous citez le philosophe Jean Baudrillard :« On revient avec le crédit à une situation proprement féodale, celle d’une fraction de travail due d’avance au seigneur, au travail asservi. » La logique actuelle du crédit nous entraine-t-elle dans une régression ?

La logique de départ de cette crise, c’est qu’on a appauvri les gens en même temps qu’on leur donnait la possibilité de s’endetter. Sous prétexte de démocratiser et d’élargir le crédit… Mais pour des gens qui ne pouvaient pas payer pour ces crédits. Même chose avec le crédit étudiant : si les étudiants deviennent de plus en plus pauvres, comment font-ils pour rembourser ? Vous êtes endetté avant même d’entrer sur le marché du travail. Vous êtes obligé de vous comporter, à 20 ans, comme une entreprise individuelle, de vous projeter et de calculer les coûts et les investissements. Vous devenez une entreprise. C’est notamment contre cela que se sont mobilisés récemment les étudiants au Canada ou au Chili.

On reproche aux individus l’endettement collectif, en tentant par exemple de culpabiliser les Grecs. Mais nous vivons aussi dans l’incitation permanente à consommer et vivre à crédit…

Deux morales se télescopent actuellement, la morale de la dette et la morale de la consommation. Au journal télévisé, on vous informe que vous êtes responsable de la dette : vous consommez trop, vous ne travaillez pas suffisamment, vous faites appel trop souvent à la Sécurité sociale. Et de l’autre côté, on vous dit que vous méritez toutes les marchandises qui vous sont proposées. La morale hédoniste de la consommation et la morale culpabilisante de la dette et du travail, qui s’agençaient avant la crise, deviennent maintenant contradictoires. On les retrouve dans la logique d’austérité et la logique de croissance. Aucune des deux ne constitue une solution à la crise.

Vous évoquez les analyses de Nietzsche [3], qui explique que la dette permet le passage de la société sauvage à la société civilisée, parce que la dette oblige l’homme à construire une mémoire, et donc une capacité de promettre. Le crédit est-il un processus socialement positif ?

La dette est un mécanisme, ce n’est pas en soi négatif. C’est un instrument pour construire de nouvelles écoles, de nouveaux hôpitaux… Mais dans la logique capitaliste, cela devient un instrument de pouvoir. Aujourd’hui, la dette a pour seule fonction d’enrichir le créditeur. Rembourser, c’est enrichir les investisseurs institutionnels. Les gens ont cru à ce système, il est attractif. Il a fonctionné pendant vingt ans : on a eu l’impression d’un eldorado qui s’ouvrait devant nous, permettant de différer des remboursements. Pendant des années, on a acheté le consensus. Aux États-Unis, vous pouvez avoir des dizaines de cartes de crédit dans la poche. Cela a marché un temps. Mais on ne peut pas différer indéfiniment. Pourtant, le capitalisme a introduit l’infini dans l’économie. La consommation n’a pas pour but la satisfaction, mais de vous faire passer à une autre consommation. C’est donc une frustration. Vous n’avez donc jamais fini de consommer, de payer la dette…

Pourtant le crédit permet de posséder par anticipation des biens auxquels on ne peut pas accéder, et d’améliorer les conditions matérielles de vie ?

C’est autour du mot d’ordre « Tous propriétaires » de George Bush, repris par Nicolas Sarkozy, qu’a éclaté la crise, avec les subprimes. C’est la faillite de cette idée, qui devait être le symbole de la « déprolétarisation ». La déprolatarisation, c’était une idée des néolibéraux : transformer chaque individu en une entreprise individuelle. Les néolibéraux allemands après-guerre avaient un programme qui visait à construire des unités de production non-prolétariennes : favoriser l’artisanat, la petite entreprise… Nous sommes en train de vivre une nouvelle prolétarisation avec l’endettement : les classes moyennes et populaires s’appauvrissent depuis 2007 de façon redoutable. D’un côté, on coupe les salaires, de l’autre, les services sociaux. En Allemagne, l’espérance de vie a diminué [4]. La logique du crédit qui visait une déprolétarisation produit une nouvelle prolétarisation.

Faut-il annuler une partie des dettes des États ?

On passera forcément par l’annulation de dette, comme c’est souvent le cas. Ce serait logique : si on était dans une perspective libérale, les banques perdraient de l’argent. Mais après la crise des subprimes, les banquiers ont recommencé comme avant, car ils savent qu’ils ne risquent rien, même s’ils perdent de l’argent. La banque Barclays qui a manipulé le Libor (London Interbank Offered Rate) ne va rien payer pour ce scandale. Ce sont les Anglais qui vont payer pour leurs banques.

Comment peut-on lutter contre ce diktat de la dette ?

Le terrain de la lutte des classes, qui était centré sur le rapport capital/travail, autour de la production, a été déplacé sur le terrain créditeur/débiteur. Cette nouvelle relation de pouvoir s’est superposée aux autres. C’est un niveau d’affrontement beaucoup plus abstrait, mais qui traverse complètement la société. Que vous soyez salarié, chômeur ou retraité, vous devez contribuer au remboursement de la dette. Pendant un siècle et demi, le mouvement ouvrier s’est organisé autour de la question du travail. Il a inventé des formes d’organisation des luttes pour contre-balancer le pouvoir du capital. C’est plus compliqué de lutter sur le terrain de la dette. Ce déplacement laisse les gens désarmés car on n’a pas encore trouvé la façon de s’opposer de manière efficace. Il faudrait exproprier les expropriateurs, comme l’a fait le New Deal. Une euthanasie du rentier ! Comme quand Roosevelt a taxé les contribuables riches jusqu’à 90 % – et pas 75 % comme le propose François Hollande… La relation créditeur/débiteur est organisé autour de la propriété, des titres. Pour repenser la croissance – et non le contenu de la croissance, qu’elle soit verte, jaune ou autre ! – ce sont les rapports de propriété qu’il faudrait mettre en discussion.

Propos recueillis par Agnès Rousseaux

Photo/CC : Ma Gali via Flickr

A lire : La Fabrique de l’homme endetté. Essai sur la condition néolibérale, par Maurizio Lazzarato, éditions Amsterdam, 125 pages, 10,50 euros. Pour commander ce livre dans la librairie la plus proche de chez vous, rendez-vous sur le site Lalibrairie.com.

Notes

[1] Dette accumulée par les jeunes aux États-Unis pour financer leurs études. Le taux de défautsur ce type de crédit est d’environ 9 %, contre 6 % il y a dix ans.

[2] « Il a été calculé que la somme de tous les intérêts de la dette payés depuis 1974 (date à laquelle a été introduite en France l’obligation, pour l’État, de se financer sur les marchés) représente près de 1 200 milliards d’euros, sur les 1 641 milliards de l’ensemble de la dette publique. Les intérêts de la dette constituent la mesure de la prédation que les marchés opèrent sur la population depuis quarante ans », in La Fabrique de l’homme endetté, Maurizio Lazzarato.

[3] Friedrich Nietzsche, Généalogie de la morale.

[4] lire notre article.

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désolés, on se remplit les poches...

20 Septembre 2014, 06:13am

Publié par pam

Vous êtes surs que vous voulez revoir ça dans deux ans ???

et en entendre parler tous les jours d'ici là...

C'est le propre de l'homme d'avoir des pannes de mémoire on dirait... cette video n'est pas récente, elle date de deux ou trois ans ...

vous êtes surs que c'est ça que vous voulez ? au moins avec la gauche quand un mec est pris la main dans le sac il disparait de la scène politique... il n'encombre plus les bancs de la chambre des députés, du conseil des ministres, des élections présidentielles...

Et il y a aussi des alternatives... une politique par les citoyens pour les citoyens par exemple, la décroissance par exemple, le partage équitable, la paix, l'indignation constructive....

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Bonne humeur !

19 Septembre 2014, 08:21am

Publié par pam

quelques fois il suffit juste de voir les choses différemment, d'aborder la vie autrement, et hop ça repart !

et si vous avez un petit coup de mou ce week-end... :

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Rêver....

18 Septembre 2014, 06:19am

Publié par pam

L'automne arrive, même si les températures sont encore estivales, le travail au jardin va se raréfier,

Rêver....

Ca n'empêche pas de continuer de chercher de bonnes idées pour le potager :

Rêver....
n'oubliez pas que les palettes qui ont voyagé loin sont imbibés de produits chimiques... attendez quelques années pour les utiliser ou choisissez des palettes "locales" !

n'oubliez pas que les palettes qui ont voyagé loin sont imbibés de produits chimiques... attendez quelques années pour les utiliser ou choisissez des palettes "locales" !

et puis il est tant de prévoir les travaux à l'intérieur :

Rêver....
Rêver....

ou simplement de rêver....

Rêver....
Rêver....
Rêver....
Rêver....

sans oublier l'essentiel :

"Désormais, la plus haute, la plus belle performance que devra réaliser l'humanité sera de répondre à ses besoins vitaux avec les moyens les plus simples et les plus sains.

Cultiver son jardin ou s'adonner à n'importe quelle activité créatrice d'autonomie sera considéré comme un acte politique, un acte de légitime résistance à la dépendance et à l'asservissement de la personne humaine."

Pierre Rhabi.

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Silence...

15 Septembre 2014, 06:19am

Publié par pam

TERRA ECO07/09/2014 à 15h13

Je suis parti à la recherche du silence

Thibaut Schepman | Journaliste

Connaissez-vous un endroit où l’on entend ni voiture, ni moteur, ni aucune voix ? En clair, aucun bruit humain, même en tendant bien l’oreille ? On pense d’abord en trouver des tas. Pourtant, ils sont rarissimes. Je l’ai compris en passant plusieurs jours au cœur de la forêt de l’Ardenne belge à la fin du mois de juillet.

Loin des routes bitumées, au milieu des arbres, j’appréciais le calme mais distinguais au loin le son des voitures et des campeurs. Mon sonomètre le confirmait : il captait quelques décibels. Rebelote dans les catacombes parisiennes : ce monde calme et mystérieux n’est pas à zéro décibel, même la nuit.

En 2012, un journaliste du quotidien américain The New York Times racontaitavoir marché plusieurs jours dans la neige du parc Denali, au milieu de l’Alaska, pour s’éloigner le plus loin possible des routes et parvenir à n’enregistrer que les seuls et uniques sons de la nature. Il a échoué : des bruits d’avions venaient perturber ses prises plusieurs fois par heure.

Le silence aurait-il disparu ? Les initiés qui l’entendent régulièrement sont en tout cas très peu nombreux. L’un d’eux, l’artiste sonore Eric La Casa, me raconte comment il le cherche.

« D’abord, il faut trouver à partir de quand on n’est plus relié à une ville, ce n’est pas évident. Ensuite, il faut quitter les routes, mais il y en a presque partout. Il n’y a pas vraiment d’adresses exactes, on connait des zones très calmes, mais il faut toujours chercher. Il y a le Causse Méjean [en Lozère, ndlr] par exemple, surtout l’hiver. Il n’y a presque pas de voitures et même pas d’insectes, en fait il n’y a rien. »

Et qu’entend-on quand il n’y a aucun bruit ?

« Le niveau sonore y est tellement bas que, pour un Parisien, par exemple, c’est déroutant. Il faut plusieurs jours pour descendre de son niveau de bruit habituel et s’y habituer.

On sent que les gens là-bas sont dans un autre rapport au temps et à l’espace. Ils ne sont pas mal à l’aise si vous êtes ensemble et que personne ne parle, alors que vous, par contre, il faut vous y préparer. »

Préparer son corps au silence

Eric La Casa me conseille de contacter Marc Namblard :

« Il est audio-naturaliste. C’est la personne que je connais qui est capable d’attendre le plus longtemps sans bouger, juste pour écouter. »

Celui-ci confirme que chercher le silence est une quête ardue :

« On parle beaucoup du bruit en ville, mais à la campagne, ce n’est pas vraiment mieux. J’habite dans un village de 100 habitants, au moment où je vous parle, je suis dans mon jardin, j’entends quelqu’un en train de tondre. Même quand on met un micro dans l’eau, on entend les moteurs. »

Le guide naturaliste m’assure que plus on reste dans une zone de calme, plus notre ouïe s’affine au point d’entendre « des petits bruits d’insectes ». Tant et si bien que, pour lui, « le vrai silence total n’existe pas ».

Pour m’en approcher, je prends rendez-vous dans l’endroit de France le plus coupé des bruits humains. Il se trouve... en plein centre de Paris. C’est une chambre « anéchoïque » – c’est-à-dire où il n’y a pas d’échos – installée à l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam) où l’on n’entend aucun bruit extérieur tant elle est isolée.

« C’est une sorte de boîte dans une boîte, avec un cube posé sur des blocs silencieux en néoprène qui absorbent les vibrations », explique Olivier Warusfel, le chercheur qui me fait visiter les lieux. La porte de la chambre est fermée, j’ai l’étrange impression que mes oreilles distinguent avec une grande précision d’où vient le son de sa voix.

« Nous ne sommes pas faits pour le silence »

Je décide d’y rester le plus longtemps possible, pour expérimenter le fameux silence dont m’ont parlé Eric La Casa et Marc Namblard. Dans les premiers moments, je suis impressionné par le bourdonnement que j’entends, un peu comme quand on « écoute » un coquillage. J’ai l’impression qu’il me fallait un sas de décompression en sortant du boucan parisien.

Au bout d’une dizaine de minutes, le bourdonnement diminue et d’autres bruits m’étonnent : celui de mes paupières quand je cligne des yeux, par exemple. Bizarrement, écouter le silence est assez passionnant, la première demi-heure passe très rapidement. Je craignais de m’endormir, ce calme est en fait reposant.

J’entends maintenant le squelette de mon cou quand je tourne la tête, et le « clic » de la mine de mon stylo me semble être un bruit impressionnant. Au bout de cinquante minutes, l’ennui prend le dessus. Le manque de son devient pesant, je quitte la pièce juste avant d’avoir atteint le « cap » de l’heure silencieuse.

« Nous ne sommes pas faits pour le silence. La vie fait du bruit, le silence total, c’est la mort. »

George Foy, celui qui me dresse ce constat, est probablement l’un des hommes qui a le plus cherché le silence total dans sa vie. Il a raconté ces recherches dans son livre « Zéro Décibels » (2010). Epuisé par le bruit de New York, il a d’abord cherché à se rendre dans des endroits calmes, puis s’est réfugié dans une maison très isolée. A chaque fois, des bruits le dérangeaient.

Une chambre sourde au Minnesota

Il a alors voyagé dans le monde entier avant de trouver enfin l’endroit le plus silencieux de la terre : une chambre totalement sourde au Minnesota, aux Etats-Unis, où le niveau de décibels est négatif. Il décrit :

« Le type qui m’y a amené a éteint la lumière parce que ça fait un tout petit peu de bruit et il m’a mis au défi de passer 45 minutes là-dedans sans devenir fou. J’étais dans le noir et dans le silence complet, c’était très impressionnant.

Au début, j’étais très content, j’avais trouvé ce que je cherchais. Et puis au bout d’un temps, j’ai réalisé que j’entendais des bruits, mes propres bruits, j’entendais même le sang couler dans mes veines. J’ai compris que le seul moment où l’on n’entend rien, c’est quand on est mort. »

Ce Franco-Américain est depuis revenu vivre à New York.

« Mes recherches m’ont fait comprendre que personne n’a vraiment envie du silence absolu. Il faut veiller, par contre, à trouver un équilibre dans sa vie et à s’accorder des temps calmes pour sortir de temps en temps du bruit qui nous entoure. »

Silence...

Il m'arrive d'entendre un bruit, j'en cherche la provenance, c'est mon coeur qui bat...

Un ami à qui je le racontais étais horrifié à cette idée et celle de vivre ici !!

Chacun ses goûts !!!

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Tao de la physique. Fridtjof Capra.

14 Septembre 2014, 06:17am

Publié par pam

TAO DE LA PHYSIQUE. FRIDTJOF CAPRA.

Extrait de la postface :

Face aux multiples dangers qui menacent la planète, la race humaine ne survivra que si nous parvenons à transformer radicalement les méthodes et codes de valeur qui gouvernent encore notre démarche scientifique et nos technologies. J’appelle fortement le passage d’une mentalité dominatrice, axée sur le contrôle et l’asservissement de la nature, êtres humains compris, à une mentalité cherchant à développer la coopération, l’entraide, la non-violence.

En Occident, sciences et techniques ont confondu connaissance et contrôle : l’idée de base étant que, pour comprendre la nature, l’homme doit commencer par la dominer. Système patriarcal qui inculque au mâle un désir pathologique de contrôle et domination.

Jusqu’à la Renaissance, le but de la science était la recherche de la sagesse, une meilleure compréhension de l’ordre naturel, un mode de vie en harmonie avec cet ordre. Depuis Bacon, le but de la science est de fournir à l’homme des connaissances spécialisées lui permettant d’asservir la nature. De nos jours encore, science et technologie sont utilisées conjointement à des fins nuisibles, dangereuses et anti-écologiques.

Plus femmes et hommes prennent conscience de ces problèmes, comprennent que les prétendus progrès techniques se retournent bien souvent contre nous, plus les choses changent. Mais ce changement devra s’accompagner d’un changement des mentalités. La tête évolue, le cœur doit suivre. Ce n'est pas par le seul intellect que se fera le difficile, et sans doute tumultueux, passage d’une société obnubilée par le pouvoir, la domination, le contrôle, à une communauté travaillant à développer coopération et non-violence. La nouvelle mentalité sera écologiste, Et nous apprendrons sans surprise qu'elle est celle qu'enseignent les traditions spirituelles. Les sages de la Chine antique avaient une belle phrase pour exprimer cette attitude :

“Celui qui se conforme à l’ordre naturel flotte naturellement dans le courant du Tao.”

Tao de la physique. Fridtjof Capra.

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Soyons le changement !

6 Septembre 2014, 08:50am

Publié par pam

Soyons le changement !

Pour une insurrection des consciences

"Le vingtième siècle finissant a été dominé par l’alliance de la science et de la technique au service du "progrès". Certes, des prouesses considérables ont été réalisées dans divers domaines mais qu’en est-il du destin des humains et de celui de la planète qui les héberge ? Dans cette épopée matérialiste, la violence de l’homme contre l’humain a atteint des seuils désastreux et la nature a subi des déteriorations sans précédent.

Ces constats rendent plus que jamais nécessaire et urgente une alternative globale. Nous sommes de ceux qui pensent que le XXIème siècle ne pourra être sans tenir compte du caractère "sacré" de la réalité, et sans les comportements et les organisations qui témoignent de cette évidence ; car les bons vœux, les incantations, les analyses et les constats cumulés ne suffiront pas. La première utopie est à incarner en nous-même. Les outils et les réalisations matérielles ne seront jamais facteur de changement s’ils ne sont les œuvres de consciences libérées du champ primitif et limité du pouvoir, de la peur et de la violence.

La vraie révolution est celle qui nous amène à nous transformer nous-mêmes pour transformer le monde

La crise de ce temps n’est pas due aux insuffisances matérielles. La logique qui nous meut, nous gère et nous digère, est habile à faire diversion en accusant le manque de moyens. La crise est à débusquer en nous-même dans cette sorte de noyau intime qui détermine notre vision du monde, notre relation aux autres et à la nature, les choix que nous faisons et les valeurs que nous servons.

Incarner l’utopie, c’est avant tout témoigner qu’un être différent est à construire. Un être de conscience et de compassion, un être qui, avec son intelligence, son imagination et ses mains rende hommage à la viedont il est l’expression la plus élaborée, la plus subtile et la plus responsable."

Pierre Rabhi

Soyons le changement !

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prise de conscience des hommes...

5 Septembre 2014, 05:53am

Publié par pam

“Il est peut-être trop tard pour une prise de conscience des hommes. La Terre est trop gravement atteinte. Normalement, nous devrions déjà être tous détruits mais le Créateur nous donne encore du temps pour que certaines personnes puissent survivre. Celles qui auront eu la sagesse de se regrouper dans des communautés et de vivre directement des fruits de la terre. Tous les Anciens disent qu’il n’y a plus beaucoup de temps, une dizaine d’années peut-être. Sun Bear affirme que les trois quarts de l’humanité vont disparaître. Il y aura un bouleversement total, un renversement des pôles. Les plus menacés sont ceux qui vivent dans les villes.

Cette catastrophe est nécessaire pour purifier la Terre. Trop d’humains ont choisi d’accumuler des biens matériels. C’est tout juste s’il y en a cinq pour cent qui ont une conscience un peu éveillée. Mais il y en a bien moins encore qui sont vraiment détachés.

Le véritable abandon, c’est de ne pas rester attaché aux biens matériels parce qu’ils sont transitoires. Il faut savoir partager. Donner chaque fois qu’on reçoit.

La panique ne sert à rien. La seule chose à faire, c’est de travailler sur soi pour se mettre en accord avec ce que le Créateur attend de nous.

La Terre est malade de l’homme, l’homme est pour elle un cancer qui la tue à petit feu.”

“Chaque geste que nous faisons a une résonance spirituelle. Quand les gens qui viennent veulent m’aider à arracher les “mauvaises herbes”, je les invite à se demander ce qu’ils doivent arracher à l’intérieur d'eux-mêmes. Quand ils sèment, ce qu’ils voudraient semer à l’intérieur d’eux-mêmes.

Nous avons perdu, nous, cette capacité à remercier pour tout ce qui nous est donné. Nous ne savons qu’abuser des cadeaux reçus. Pour moi, faire le jardin à la manière indienne, c’est remercier sans cesse pour l’abondance et la beauté, c’est faire de cette terre un lieu d’harmonie en même temps qu’un lieu de production.

Faire un jardin, cela n’a l’air de rien mais je suis persuadée, comme la plupart des Anciens, que les temps sont en train de venir où il nous faudra être capables de cultiver nous-mêmes notre propre nourriture.

Nous plantons en spirale car pour nous elle est très importante. C’est la spirale d’énergie qui monte de la terre et qui descend du ciel. Et aussi la spirale du cœur. En nous, l’ADN est une spirale. Ma vision de ce jardin a donc été celle d’une spirale qui monte de la terre. Elle monte en beauté à partir du centre et tourne autour des légumes et des fruits pour arriver jusqu’à nous. Je fais d’autres jardins sans spirale car c’est long et compliqué, l’essentiel est de comprendre qu’il s’agit toujours d’un espace sacré. J’invite les gens à entrer par l’est pour amener l’énergie avec eux, à tourner dans le jardin dans le sens des aiguilles d’une montre.

Pour faire un jardin il faut savoir prendre son temps, il ne faut rien brusquer, rien bousculer, car tout ce qui vit à une âme, même le plus humble brin d’herbe.

Réaliser cela et le vivre dans la profondeur de mon être a été pour moi une extraordinaire révélation et une révolution dans ma vie.”

“Avant, les terres indiennes étaient communales. Chacun occupait juste ce qu’il pouvait travailler et le reste appartenait à tout le monde, formule idéale.”

Cartier in “Les gardiens de la terre”.

prise de conscience des hommes...

“Tout le monde savait que la Terre se réchauffait, tout le monde se doutait qu’elle préparait sa mue, qu’elle n’avait pas d’autre choix que de s’adapter pour survivre, comme n’importe quel organisme vivant, mais tout le monde s’en contrefoutait, tout le monde ne songeait qu’à jouir de ses privilèges, qu’à étendre ses possessions, qu’à s’étourdir en danses macabres sur des scènes de plus en plus branlantes. "

Pierre Bordage in “L’évangile du Serpent”.

prise de conscience des hommes...

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médicaments inutiles ou dangereux....

4 Septembre 2014, 06:30am

Publié par pam

Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux.

LE SEUL GUIDE QUI REPERTORIE ET CLASSE LES MEDICAMENTS UTILES ET DANGEREUX

50 % de médicaments inutiles – 20 % mal tolérés
5 % potentiellement très dangereux, mais 75 % remboursés
Près de 100 000 accidents nécessitant une hospitalisation et 20 000 morts par an

Des dépenses de 1,3 à 2 fois supérieures à celles de tous les autres grands pays européens, soit 10 à 15 milliards d'euros jetés par les fenêtres, sans aucun bénéfice pour la santé, plus que le déficit de l'Assurance-maladie, aux dépens des véritables priorités : hôpitaux, maternités, infirmières, handicaps physiques et mentaux, dépendance et vieillesse.
Ce guide s'adresse d'abord aux malades et aux praticiens pour les alerter et les éclairer sur l'efficacité réelle et les risques des médicaments. Ensuite aux politiques et aux agences qui autorisent les médicaments, accordent aux firmes des prix de vente exorbitants et remboursent les médicaments sans discernement. Cette politique n'est pas au service des malades et des citoyens qui paient, mais à celui de l'industrie pharmaceutique qui encaisse, alors que, depuis vingt-cinq ans, elle n'invente plus guère et est devenue la moins éthique et la plus lucrative de toutes les industries, confortée par le silence indifférent ou complice d'une grande part de l'élite médicale universitaire.
La justice, la sécurité et la crise imposent de tailler à coups de serpe dans des dépenses injustifiées et des médicaments trop souvent dangereux.

Les auteurs :
Pr Bernard Debré, chef du service d'urologie à l'hôpital Cochin, membre de la Société française de chirurgie et des sociétés française, européenne et internationale d'urologie
Pr Philippe Even, professeur émérite à l'Université Paris Descartes, président de l'Institut Necker

Edition Le Cherche Midi, Collections Documents, Septembre 2012

C'est curieux, pour une fois qu'on aurait facilement pu faire des économies, personne n'a bougé.... à part les labos qui ont attaqué !

médicaments inutiles ou dangereux....

La liste des 58 médicaments jugés ''très dangereux''

Médicaments cardiovasculaires

  • 4 vasodilatateurs coronaires et artériels : Adancor® (Derono), Ikorel® (Sanofi), Vastarel® et Trivastal® (Servier)
  • 1 anti-insuffisance cardiaque : Procoralan® (Servier)
  • 1 antiarythmique : Multaq® (Sanofi)
  • 3 anti-coagulants ou antiagrégants : Ticlid® (Sanofi), Pradaxa® (Boehringer) et Xigris® (Lilly)

Pilules anti-conceptionnelles

  • Cycleane®, Mercilon®, Varnoline® (Schering Prough)
  • Melodia®, Yaz®, Diane 35®, Jasmine-Jasminelle® (Bayer)
  • Minesse® (Wyeth)
  • Felixita® (Theramex)
  • Carlin®, Triafemi®, Holgyème® (Effik)
  • Lumalia® (Pierre Fabre)
  • Evépar® (Mylan)
  • Minerva® (Biogaran)

Anti-inflammatoires

  • Indocide® (MSD)
  • Nexen® (Therabel)
  • Ketum cutané® (Ménarini)
  • Celebrex® (Pfizer)
  • Arcoxia® (MSD)

Antidiabétiques

  • Byetta® (Lilly) et Victoza® (NovoNordisk)
  • 8 gliptines : Galvus® et Eucreas® (Novartis), Januvia® et Janumet® (MSD), Xenuvia® et Velmétia® (P. Fabre), Trajenta® et Onglyza® (Boehringer)
  • 2 glitazones : Actos® et Competact® (Takeda) suspendues en France mais maintenues par l'Agence européenne.

Anti-parkinsoniens

  • Celance® (Lilly)
  • Parlodel® (Pfizer)
  • Requip® (GSK)
  • Tasmar® (Mediapharma)

Anti-ostéoporose

  • Protelos® (Servier)

Médicaments psychiatriques

  • Ritaline® (Novartis)
  • Concerta® (Janssen)
  • Tofranil® (CSP)
  • Anafranil® (Sigma-Tau)
  • Surmontil® (Sanofi)
  • Stablon® (Servier)

Anticrampes musculaires

  • Hexaquine® et Quinine®-vitamine C (Goménol)
  • Okimus® (Biocodex)

Stimulant respiratoire

  • Vectarion® (Servier)

Anti-tabac

  • Champix® (Pfizer)
  • Zyban® (GSK)

Anti-angiogènes en cancérologie

  • Avastin® (Roche)

AVERTISSEMENT: N'arrêtez pas de votre propre chef un traitement en cours. Si vous constatez qu'un des vos médicaments est présent dans cette liste, parlez-en avec votre médecin. Seul lui saura apprécier, en fonction du rapport bénéfice/risque et de votre dossier médical, la nécessité de le poursuivre, de l'arrêter ou de le remplacer.

médicaments inutiles ou dangereux....

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Action... réaction !

2 Septembre 2014, 06:38am

Publié par pam

Aujourd'hui c'est la rentrée... et ici c'est éclectisme de rigueur ! Il y en aura pour tous les gouts, enfin je le souhaite !

Alors bonne rentrée à tous ceux qui "rentrent" et belle journée à tous !

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