Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Lettre de Victor Hugo à Lamartine...

13 Avril 2015, 07:27am

Publié par pam

"Voilà pourquoi j'ai fait les Misérables" :

Mon illustre ami,

Si le radical, c'est l'idéal, oui, je suis radical. Oui, à tous les points de vue, je comprends, je veux et j'appelle le mieux ; le mieux, quoique dénoncé par le proverbe, n'est pas ennemi du bien, car cela reviendrait à dire : le mieux est l'ami du mal. Oui, une société qui admet la misère, oui, une religion qui admet l'enfer, oui, une humanité qui admet la guerre, me semblent une société, une religion et une humanité inférieures, et c'est vers la société d'en haut, vers l'humanité d'en haut et vers la religion d'en haut que je tends : société sans roi, humanité sans frontières, religion sans livre. Oui, je combats le prêtre qui vend le mensonge et le juge qui rend l'injustice. Universaliser la propriété (ce qui est le contraire de l'abolir) en supprimant le parasitisme, c'est-à-dire arriver à ce but : tout homme propriétaire et aucun homme maître, voilà pour moi la véritable économie sociale et politique. Le but est éloigné. Est-ce une raison pour n'y pas marcher ? J'abrège et je me résume. Oui, autant qu'il est permis à l'homme de vouloir, je veux détruire la fatalité humaine ; je condamne l'esclavage, je chasse la misère, j'enseigne l'ignorance, je traite la maladie, j'éclaire la nuit, je hais la haine. Voilà ce que je suis, et voilà pourquoi j'ai fait Les Misérables. Dans ma pensée, Les Misérables ne sont autre chose qu'un livre ayant la fraternité pour base et le progrès pour cime. Maintenant jugez-moi. […]

Lettre de Victor Hugo à Lamartine...

Voir les commentaires

Sorcières en 2015...

13 Avril 2015, 07:15am

Publié par Weronika Zarachowicz

je vous conseille la lecture de cet article paru dans Télérama :

ET SI LES SORCIÈRES RENAISSAIENT DE LEURS CENDRES ?

de Weronika Zarachowicz.

Longtemps persécutée, moquée ou salie, la sorcière revient aujourd'hui sous un éclairage positif. Féministes, écologistes, anticapitalistes : tous pourraient la revendiquer.

« Tremate, tremate, le streghe son tornate » (« tremblez, tremblez, les sorcières sont de retour »)… Au cœur des années 70, les féministes italiennes s'étaient emparées de la sorcière pour en faire le symbole subversif de la révolte féminine. Leurs consœurs françaises avaient suivi, et une revue littéraire féministe arbora le titre de Sorcières (sous-titre Les femmes vivent…), sous la houlette de Xavière Gauthier, Marguerite Duras ou Nancy Huston.

Et puis, chassées par le rouleau compresseur des années 80, qui referma brutalement les pistes ­lancées par la contre-culture, les sorcières se sont éclipsées. Ne laissant dans leur sillage que les vieilles et laides créatures des contes pour enfants et, à la faveur d'une énième rediffusion télé, l'adorable mais inoffensive Samantha, Ma sorcière bien-aimée

Des figures d'émancipation féminine

Mais les sorcières sont de retour en France et elles sont toujours aussi dérangeantes, incandescentes. Depuis quelques années déjà, elles infusaient les littératures populaires anglo-saxonne et française, de la fantasy à la science-fiction, devenues des réservoirs de figures d'émancipation féminine.

Voilà que des artistes comme la jeune plasticienne Camille Ducellier, réalisatrice du film expérimental Sorcières, mes sœurs, ou l'écrivain Chloé Delaume, s'en emparent à leur tour (1). Et coup sur coup, trois livres-chocs nous invitent à penser autrement les sorcières, leur rendent leur légitimité… et leur modernité.

La sorcellerie est un terrain glissant et l'on s'y sent peu à l'aise, en tout cas en France. Ceci explique, sans doute, que ces textes nord-américains nous arrivent avec tant de retard : quarante-deux ans pour celui des militantes féministes Barbara Ehrenreich et Deirdre English, douze ans pour l'écoféministe Starhawk, dix ans enfin pour l'historienne marxiste et féministe Silvia Federici.

En nommant sa collection Sorcières, et en publiant la sorcière néo-païenne Starhawk, l'éditrice Isabelle Cambourakis était consciente du risque qu'elle prenait.« Quand j'ai commencé cette collection de sciences humaines, j'ai immédiatement pensé à la sorcière, par rapport aux années 70, à son potentiel subversif qui reste si puissant. La posture n'est pas facile, mais j'assume les ricanements. »


Sortir du folklore et des clichés ésotériques

Pourquoi donc s'y réintéresser en 2015 ? Parce que, constate Silvia Federici, la chasse aux sorcières, qui s'étendit du XIVe au XVIIe siècle en Occident, « demeure l'un des phénomènes les moins étudiés de l'Histoire ». D'où le fantastique apport de ces ouvrages, qui sortent enfin les sorcières du folklore et des clichés ésotériques. « Comme pour toute histoire, écrivent Barbara Ehrenreich et Deirdre English, celle des sorcières fut rapportée par l'élite instruite, ce qui fait qu'aujourd'hui, nous ne les connaissons qu'à travers les yeux de leurs persécuteurs. »

Paru en 1973 et aussitôt « best-seller underground », Sorcières, sages-femmes et infirmières est l'un des premiers essais à raconter la persécution des sorcières, non plus en les considérant comme des coupables, mais comme des victimes. Cette « guerre contre les femmes », affirment les auteures, ne fut pas un phénomène « mineur » : si des centaines de milliers de femmes furent massacrées, torturées ou exilées (2), c'est parce qu'elles menaçaient la structure et la distribution du pouvoir.

La chasse fut menée par la classe dirigeante contre la population féminine paysanne, les sages-femmes et les guérisseuses, qui étaient souvent « les seuls médecins généralistes d'une population qui n'avait ni docteurs ni hôpitaux et qui souffrait amèrement de la pauvreté et de la maladie ». On passa alors d'une médecine « douce » et empirique, basée sur une compréhension des os et des muscles, des plantes et des médicaments, à une médecine « héroïque », faite de saignées, lavements et forceps obstétricaux.

Confisquer la connaissance

Le premier enjeu fut donc celui du contrôle, et de la confiscation de la connaissance :« une médecine masculine pour la classe dominante sous les auspices de l'Eglise était acceptable, une médecine féminine intégrée à une sous-culture paysanne ne l'était pas ». Pas plus que la maîtrise et les savoirs exercés par les femmes sur leurs fonctions reproductrices, des siècles durant.

Ce « gigantesque gaspillage de talent, d'éducation, d'expérience », cette politique de terreur (qui s'exerça contre les Juifs et les chrétiens hérétiques aussi) se déroulèrent à l'apogée de la Renaissance, en pleine floraison des arts, des sciences et de l'humanisme. Con­trairement à l'idée propagée par les Lumières, le Moyen Age, « superstitieux », n'a persécuté aucune sorcière. « Le concept même de sorcellerie ne fut pas formulé avant la fin du Moyen Age, rappelle Federici, et il n'y eut jamais, au cours de "l'Age sombre", de procès collectifs et d'exécutions, alors que la magie imprégnait la vie »…

Dans Rêver l'obscur, la Californienne Starhawk propose un changement de perspective saisissant. Elle replace la chasse aux sorcières dans le contexte politique et économique des XVIe et XVIIe siècles, du passage de la société féodale à l'économie de marché et au patriarcat salarié. Sans cette persécution, dit-elle, impossible de comprendre les origines du capitalisme !

Paysannes, célibataires, vagabondes…

Car tout bascule alors – l'économie, la société, les valeurs… En s'attaquant à celles qui défient l'ordre nouveau – les femmes paysannes qui prennent (souvent) la tête des mouvements contestant l'autorité et l'Eglise, mais aussi les célibataires, les vagabondes, les femmes âgées qui incarnaient le savoir et la mémoire de la communauté –, les persécuteurs anéantissent l'idée d'une révolution qui pourrait bénéficier aux femmes, aux pauvres et aux non-propriétaires. Ces transformations « ont avantageusement servi les classes montantes professionnelles argentées et rendu possible l'exploitation brutale, extensive et irresponsable des femmes, des travailleurs et de la nature ».

Ainsi, l'éradication des sorcières est inséparable des « enclosures » – le vaste mouvement d'expropriation des terres et ressources naturelles collectives, peu à peu transformées en propriétés privées. Cette privatisation a détruit le système de droits et d'obligations mutuels du village médiéval et empêché l'accès aux pâturages, bois, abris, herbes thérapeutiques…

Les femmes, qui étaient souvent en charge des « communs », furent les premières à souffrir de leur disparition, tandis que le salariat devenait la norme pour les hommes. Et la terre, désormais propriété privée, s'est retrouvée « liée à la nouvelle vision du monde (où) la nature n'est pas vivante, et n'a de valeur que dans la mesure où elle peut être exploitée ».

C'est la fin du monde de « l'immanence » – le monde vu comme interdépendant et interactif, où chaque élément porte en lui une valeur sacrée et qui avait survécu au catholicisme à travers la culture des sorcières, notamment. C'est le triomphe d'une vision « mécaniste » du monde, qui coupe l'homme de la nature, et permet l'exploitation de cette dernière à un degré inconnu jusque-là. Mais c'est aussi la métamorphose de la condition féminine : peu à peu exclue du travail productif, la femme est confinée dans le royaume de la reproduction et con­damnée à jouer le rôle d'objet.

L'utérus comme territoire public

Dans l'incontournable et limpide Caliban et la sorcière, l'historienne Silvia Federici étoffe encore l'analyse : « Alors qu'au Moyen Age les femmes avaient pu employer diverses formes de contraception, et avaient exercé un contrôle incontestable sur le processus d'enfantement, leurs utérus, à partir de ce moment-là, devenaient un territoire public, contrôlé par les hommes et l'Etat, et la procréation était directement mise au service de l'accumulation capitaliste. »

Federici reproche à Foucault d'avoir totalement ignoré la répression vis-à-vis des sorcières dans son étude sur la sexualité ; et à Marx d'avoir relégué leur chasse aux oubliettes, comme si elle était sans rapport avec la lutte des classes. « Cependant, l'ampleur du massacre aurait dû éveiller quelques soupçons […]. La chasse aux sorcières a eu lieu en même temps que la colonisation et l'extermination des populations du Nouveau Monde, les enclosures, le début de la traite des esclaves, la promulgation des "Bloody Laws" (réprimant) les vagabonds et les mendiants […].On aurait pu trouver un sens à tout cela. »

On en trouve un aujourd'hui. Dans une période marquée par le désastre écologique et la crise du capitalisme, les sorcières n'ont jamais semblé aussi modernes. Les prendre au sérieux, elles et leur héritage, les faire rentrer – enfin ! – dans les études universitaires, c'est dérouler jusqu'à nous des fils ultracontemporains et ô combien utiles pour le féminisme, la critique du néolibéralisme contemporain, et c'est remettre du féminin dans une Histoire qui en manque singulièrement, qu'elle soit marxiste ou non…

Mieux comprendre la « transition vers le capitalisme », c'est aussi mieux saisir « la misogynie qui imprègne toujours les pratiques institutionnelles et les rapports hommes-femmes », écrit Silvia Federici. C'est réaliser comment l'association des femmes et de la nature a été utilisée pour les dévaloriser toutes deux, schéma qui perdure.

Isolées, aliénées, impuissantes

Le passé vit dans le présent, écrit Starhawk. « Les expropriateurs se déplacent dans le tiers-monde, détruisant les cultures, pourvoyant la connaissance occidentale estampillée, pillant les ressources de la terre et des gens […]. La fumée des sorcières brûlées est encore dans nos narines ; elle nous intime […] de nous considérer comme des entités séparées, isolées, en compétition, aliénées, impuissantes et seules. »

L'antidote, pour Starhawk la néo-païenne, consiste précisément à se nommer sorcière. Et se nommer sorcière, c'est rendre aux femmes le droit d'être puissantes et même dangereuses, faire d'elles les héritières des guérisseuses et des sages-femmes. Et ouvrir de nouveaux possibles, politiques, artistiques.

« Comme avec les mouvements queer (oui, je suis fier d'être pédé !) ou Black is beautiful, on se réapproprie un terme qui a été une insulte, la cause d'un immense massacre de femmes », dit Camille Ducellier, réalisatrice du film expérimentalSorcières, mes sœurs, qui donne à voir cinq « sorcières » modernes – l'écrivain Chloé Delaume qui y fait son apostasie, un transgenre qui travaille dans un donjon SM ou encore Thérèse Clerc, féministe octogénaire.

Au pays de Descartes, ressortir la figure de la sorcière est aussi une façon de donner un grand coup de pied dans les tabous de la rationalité et de la normativité. Et de transformer les rires qui accompagnent habituellement l'évocation des sorcières en un rire qui fracasse les certitudes, un rire de sorcière. Tremblez, tremblez, les sorcières sont de retour… ­

(1) Voir les catalogues d'expositions récentes : « L'Heure des sorcières », centre d'Art contemporain de Quimper, 2014 ; « La Nuit du contre-savoir, les sorcières ont-elles un sexe ? », Frac de Lorraine, Metz, 2013 ; « Sorcières, pourchassées, assumées, puissantes, queer », Maison populaire de Montreuil, 2013.
(2) Question controversée chez les universitaires : le nombre de femmes accusées de sorcellerie s'élèverait à deux cent mille sur trois siècles, d'après A.L. Barstow.

A lire

Sorcières, sages-femmes et infirmières, de Barbara Ehrenreich et Deirdre English, éd. Cambourakis, coll. Sorcières, 2015, 128 p., 16 €.
Rêver l'obscur, Femmes, magie et politique, de Starhawk, éd. Cambourakis, coll. Sorcières, 2015, 384 p., 24 €.
Caliban et la sorcière, Femmes, corps et accumulation primitive, de Silvia Federici, éd. Entremonde-Senonevero, 2014, 464 p., 24 €.
Fiction, féminisme et postmodernité, les voies subversives du roman contemporain à grand succès, d'Anne Larue, éd. Classiques Garnier, 2010, 238 p., 39 €.
Le Guide pratique du féminisme divinatoire, de Camille Ducellier, éd. Joca Seria, coll. Extraction, 2011, 96 p., 18 €.

Sorcières en 2015...

Voir les commentaires

Le Tonglen.

10 Avril 2015, 06:20am

Publié par pam

PEMA CHÖDRÖN. “LES BASTIONS DE LA PEUR”.

Chapitre 9 - LE TONGLEN.

“Dans la joie et dans la peine tous sont égaux. Sois donc le gardien de tous, comme de toi-même.” Shantideva.

Le tonglen (donner et recevoir en tibétain) est l’échange de soi-même contre les autres, autre pratique de la bodhichitta pour éveiller bienveillance et compassion. Il se réfère à notre disposition à recevoir notre douleur et celles des autres et à renvoyer à tous du bonheur.

On inspire ce qui est douloureux et indésirable, on souhaite sincèrement que soi et autrui soient délivrés de la souffrance. Ainsi on laisse tomber le scénario qui accompagne la souffrance pour ressentir l’énergie dont il est porteur. On ouvre totalement son cœur et son esprit à tout ce qui surgit. Puis on expire le soulagement pour que tous soient heureux, soi et autrui. En acceptant de garder même un petit moment, une énergie inconfortable en soi, on apprend à cesser d’en avoir peur. Puis quand on voit quelqu’un dans la peine, on ne répugne plus à inspirer sa souffrance et à expirer du soulagement.

En premier, on ouvre son esprit (bodhichitta inconditionnelle), vacuité. Faire l’expérience de l’ouverture, c’est d’abord avoir confiance en la qualité vivante de l’énergie de base. On doit se rendre compte de la manière dont on bloque l’énergie, dont on crispe son corps et son esprit. Puis on s’entraîne à s’adoucir, à s’ouvrir à l’énergie sans porter de jugements.

On poursuit jusqu’à être synchronisé avec sa respiration et distinguer clairement ce qu’on reçoit et ce qu’on envoie. On maintient l’équilibre entre inspir et expir, même durée, même intensité.

Puis on pratique l’échange avec la personne souffrante. En partageant le soulagement, l’inspiration devient ouverture et acceptation de ce qui n’est pas désiré, l’expiration devient lâcher-prise et ouverture encore plus grande. On renverse les habitudes ancrées de s’accrocher à tout ce qui réconforte, de se refermer face à la souffrance.

Apprendre aux malades à pratiquer le tonglen leur permet de se libérer de la peur, de l’isolement, de la honte et crée une atmosphère de clarté pour que l’entourage soit aussi libéré de la peur.

S’entraîner à relâcher sa solide emprise sur le moi et se préoccuper des autres, fait entrer en relation avec le point sensible de la bodhichitta.

S’ouvrir à tout ce qui surgit, ne pas être trop ambitieux. Garder son cœur ouvert à l’instant présent.

La 4° étape est d’étendre la compassion à toute personne dans la même situation. On commence par une situation particulière et authentique pour élargir le cercle autant qu’on peut.

Dès que des émotions pénibles montent, on s’entraîne à les inspirer et à laisser tomber le scénario. Puis on étend ses pensées et son attention à ceux qui éprouvent la même peine, puis on inspire en faisant le souhait que tous soient libérés de cette sorte de confusion.

Inversement, on peut remarquer tout ce qui peut apporter du bonheur dans la vie quotidienne, et le partager avec d’autres dans l’esprit du tonglen.

Avec la pratique, vient l’automatisme du processus, le tonglen commence à aérer nos préjugés et nous fait entre dans un monde plus tendre et ouvert.

Le Tonglen.

Voir les commentaires

alimentation vivante

8 Avril 2015, 08:38am

Publié par Pam

merci Marie Eve !

Voir les commentaires

La non-agression et les quatre maras.

6 Avril 2015, 08:48am

Publié par pam

extraits de

PEMA CHÖDRÖN :

“CONSEILS D’UNE AMIE POUR DES TEMPS DIFFICILES”.

La non-agression et les quatre maras :

Ce que nous considérons comme un obstacle est bénéfique : c’est en vérité la façon dont le monde et toute notre expérience nous enseignent l’endroit où nous sommes coincés. Que nous ressentions ce qui nous arrive comme un obstacle ou un ennemi ou comme un maître et un ami dépend entièrement de notre perception de la réalité. Le niveau externe, c’est le sentiment que quelque chose ou quelqu’un nous a fait du mal en s’immisçant dans l’harmonie et la paix que nous croyions nôtres. L’obstacle interne, c’est que rien ne nous a jamais vraiment attaqué si ce n’est notre propre confusion. Il n’y a aucun obstacle solide si ce n’est notre besoin de nous protéger de toute possibilité de nous laisser toucher.

Rien ne disparaît jamais avant de nous avoir appris ce que nous avons besoin de savoir. L’obstacle reviendra jusqu’à ce que nous apprenions tout sur l’endroit où nous nous séparons de la réalité, sur la manière dont nous avons un mouvement de retrait au lieu de nous ouvrir et comment nous nous fermons au lieu de nous autoriser à éprouver complètement tout ce que nous avons à affronter, sans hésiter, ni nous replier sur nous-mêmes.

Les maras fournissent des descriptions de certains moyens très usuels grâce auxquels nous essayons d’éviter ce qui se produit :

- devaputramara : concerne la recherche du plaisir.

Quand nous nous sentons gênés, mal à l’aise, quand nous souffrons, nous courons comme des fous vers le confort : nous ne pouvons supporter de ressentir la douleur, la tension, l’anxiété, la brûlure de la colère qui monte, le goût amer du ressentiment... alors nous nous accrochons à quelque chose d’agréable, nous fuyons en essayant de nous échapper de toutes sortes de manières.

Au lieu d’éviter malaise et déséquilibre, nous pouvons commencer à ouvrir notre cœur à l’ambiguïté humaine qui provoque tant de malheur dans ce monde. Nous pouvons observer combien nous sommes faibles.

- skandhamara : concerne la manière dont nous essayons constamment de nous recréer, de récupérer du terrain, d’être celui que nous croyons être.

Quelqu’un ou quelque chose enlève le tapis sous nos pieds et notre monde s’écroule. Nous ne savons pas ce qui nous attend ni même où nous sommes alors nous revenons au terrain solide du concept que nous avons de nous-mêmes. De peur de ce que nous risquons de découvrir et au lieu d’en rire, nous voulons redevenir nous-mêmes même avec nos imperfections, juste au moment où nous pourrions comprendre vraiment quelque chose, voir clairement la situation en permettant à notre cœur de s’ouvrir. Au lieu de lutter pour reconquérir le concept de celui que nous sommes, nous pouvons entrer en contact avec cet esprit qui tout simplement ne sait pas, l’esprit de la sagesse fondamentale.

- kleshamara : concerne la manière dont nous utilisons nos émotions pour demeurer stupides ou endormis. Il se caractérise par des émotions violentes.

Un sentiment tout simple surgit et, au lieu de le laisser être là, c’est la panique. Quand tout s’écroule et que nous ressentons incertitude, déception, choc, malaise, ce qui reste est un esprit clair, frais et sans préjugés. Mais nous ne le voyons pas. Nous oublions ce que nous avons appris grâce à la méditation et que nous savons être vrai. Quand des émotions vraiment fortes surgissent, toutes les doctrines et croyances auxquelles nous nous accrochons paraissent dérisoires en comparaison, les émotions sont tellement plus puissantes. Nous UTILISONS nos émotions : elles sont inhérentes au fait d’être vivant, mais au lieu de les laisser simplement être là, nous nous en servons pour reconquérir notre terrain. Nous les utilisons pour essayer de nier qu’en fait personne n’a jamais su et ne saura jamais ce qui se passe ; pour essayer de rendre toute chose sûre et prévisible et de nouveau réelle, pour nous duper sur ce qui est réellement vrai ; au lieu de demeurer assis avec l’énergie de notre émotion et la laisser passer.

Il n’y a aucun besoin particulier de nous répandre en blâme et en autojustification. Au lieu de cela, nous rajoutons de l’essence dessus. Inutile de considérer ce processus comme un obstacle, nous pouvons observer la violence de nos émotions, commencer à nous traiter en ami, mais aussi commencer à traiter tous les êtres en amitié.

En devenant conscient de nos schémas habituels dus au fait que nous ne voulons pas demeurer dans l’incertitude, le malaise et la douleur ne pas savoir, nous commençons à faire naître une véritable compassion pour nous et pour autrui. Ainsi ce qui semble particulièrement déplaisant, problématique et non désiré devient en fait notre maître.

- yamamara : a trait à la peur de la mort.

Quand nous parlons d’une bonne vie, nous voulons dire que nous sommes enfin arrivés à trouver l’équilibre. Rechercher la sécurité ou la perfection, se réjouir de sentir assuré et complet, autosuffisant et bien dans sa peau, est une espèce de mort. Nous tuons l’instant présent en contrôlant notre expérience. Nous courrons à l’échec parce que tôt ou tard, arrivera quelque chose que nous ne pourrons pas contrôler. La vie est essentiellement remplie de défis. Être vivant, humain et éveillé, c’est être continuellement jeté hors du nid. Vivre c’est être disposé à mourir encore et toujours. La mort, c’est vouloir s’agripper à ce que nous avons et vouloir que chaque expérience nous confirme et nous flatte et nous fasse nous sentir bien équilibré. La peur de la mort, c’est en fait la peur de la vie.

Tous les maras indiquent la voie à suivre pour être complètement éveillés et vivants : en lâchant prise, en nous laissant mourir, instant après instant, à la fin de chaque expiration. Quand nous nous éveillons, nous pouvons vivre complètement sans rechercher le plaisir ni éviter la souffrance, sans nous recréer nous-mêmes quand nous nous effondrons.

La non-agression et les quatre maras.

Voir les commentaires

qu'aimerions-nous transmettre à nos enfants ?

5 Avril 2015, 09:17am

Publié par pam

Q'aimerions-nous transmettre à nos enfants ?

Je vous conseille la lecture de Samtosha :

“ Je vis encore avec le sentiment d’avoir oublié quelque chose d’important. C’est comme si, toute ma vie durant, je m’étais efforcé de ne pas me souvenir de quelque chose qui s’est passé quand j’étais petit. Mais cette chose n’a pas complètement disparu, elle nage encore dans les sombres profondeurs recouvertes de la glace sur laquelle j’ai dansé.”

in La fille du directeur de cirque de Jostein Gaarder.

qu'aimerions-nous transmettre à nos enfants ?

“Il y a deux richesses durables que nous pouvons espérer léguer à nos enfants : des racines et des ailes.” Hodding Carter.

Voir les commentaires

Souvenirs d'Alzheimer....

2 Avril 2015, 07:03am

Publié par pam

papa

Dans la plupart des traditions spirituelles, c’est la conscience qui fait de nous des êtres humains.

La maladie d’Alzheimer, en privant de la mémoire, prive-t-elle de la conscience ?

Que reste-t-il de l’être aimé quand, jour après jour, des pans entiers de son histoire d’homme disparaissent dans l’oubli ?

Autrefois, on disait “il retombe en enfance” pour qualifier un parent qui semblait s’échapper de la vie réelle pour se réfugier dans une vie simple et végétative, avec de moins en moins de communication avec l’extérieur, avec les autres, avec ceux et celles qu’il avait aimé.

Autrefois, celui qui perdait ainsi la mémoire et son rôle dans la famille, la société, trouvait sa place naturelle au coin de la cheminée, dans la pièce commune, et restait ainsi au bord de sa vie d’avant, là sans être là, un peu abandonné dans son coin, mais au centre de la vie, des bruits et des odeurs de sa maison, de sa famille. Mais la société change, les familles se dispersent, les générations ne cohabitent plus, et il n’y a plus guère de place pour la différence.

Aujourd’hui on se rassure en mettant un nom sur ce problème ingérable, on entoure la personne de tous les soins et attentions pour chercher à minimiser les conséquences de la maladie.

Hormis les rares moments où la peur et l’incompréhension de ce qui lui arrive rende le malade agressif ou différent de ce qu’il est vraiment en tant qu’homme ou femme, il retombe effectivement en enfance. Est-ce un mal ? L’enfance est le lieu de l’amour, de l’innocence et de la vérité. On s’y satisfait de choses simples, on n’a ni remords ni regrets ; un rayon de soleil, une bonne odeur de soupe, la tendresse d’un regard ou d’une caresse amènent le sourire et la joie.

Les questionnements sont pour les autres, ceux qui vous aiment et cherchent désespérément un signe de reconnaissance, de compréhension, inquiets en permanence du bien-être d’un être cher qui n’exprime plus ses envies ni ses besoins, qui de chef de famille est devenu le plus faible d’entre tous. Le plus dur pour les proches c’est bien sûr cette absence-présence, cette présence-absence. On dit de cette maladie que c’est la maladie de la famille et c’est vrai. Comment accepter une nouvelle place dans une famille qui n’a perdu aucun de ses membres mais dont l’un n’est plus vraiment là en étant là de plus en plus.

Nous avons tous eu avec Papa de merveilleux moments ces derniers mois, ces dernières années, des regards magiques, des rires, notre nom retrouvé, notre appartenance à sa vie réappropriée le temps d’un instant. Absolument là avec nous, mais sans la conscience de ce qui arrivait à son cerveau.

De nombreuses personnes, amis, personnel soignant dévoué et attentif, étrangers rencontrés en promenade, nous ont aidé et soutenu, voyant en Papa ce qu’il a toujours été, un homme doux et courtois, gentil et gai.

Il m’a tellement apporté, tellement aidé à me construire, tellement manqué ces dernières années, j’espère comme vous tous qu’il n’a pas trop souffert de ce qui lui arrivait car il ne le méritait pas.

12 janvier 2011.

Souvenirs d'Alzheimer....

Voir les commentaires

Bonheur de vivre...

2 Avril 2015, 06:36am

Publié par pam

Extraits de "L'art de la simplicité" de Dominique Lobeau :

Le bonheur de vivre dépend de toutes petites choses et il ne faut pas renoncer à être libre, modeste, agréable ou sociable. Le bonheur est un exercice physique et mental de chaque instant, une bagarre continuelle. Il faut savoir se défendre de tout et faire de sa vie un abri. Et savoir que là où il est possible de vivre, il est possible de bien vivre. Notre objectif devrait se résumer à ne pas rechercher les biens éphémères mais à trouver son bonheur et son bien ultime dans son âme et dans son esprit, à être libre, à se créer sa propre esthétique de l’existence.

“Est heureux celui qui croit l’être. Tout ce que j’ai est avec moi.” Stilpon de Mégare, disciple de Socrate.

Nulle part l’homme ne trouve plus de tranquillité et plus de retraite que dans son âme, surtout s’il possède, en son for intérieur, ces notions sur lesquelles il lui suffit de se pencher pour acquérir aussitôt une quiétude et un ordre parfait.

Acceptez l’inévitable avec grâce et résignation. Ne pas accepter la vie telle qu’elle est nous empêche d’évoluer. Lorsque nous arrêtons de nous battre contre l’inévitable, nous pouvons vivre plus richement.

“L’essentiel n’est pas de vivre, mais de bien vivre.” Platon.

Puisque nous avons un temps limité à vivre sur cette terre, il faut le vivre aussi heureusement que nous le pouvons dans les circonstances données. Faites le premier pas, puis un autre, mais ne regardez ni trop loin, ni trop en arrière.

Bonheur de vivre...

Voir les commentaires

Médecine quantique

1 Avril 2015, 07:24am

Publié par pam

extraits de "Le corps quantique" de Deepak Chopra :

LA FIN DE LA GUERRE.

La guérison quantique est la capacité d’un mode de conscience (l’esprit) de corriger spontanément les erreurs commises dans un autre mode de conscience (le corps). Processus complètement fermé sur lui-même. La guérison quantique fait la paix.

Lorsque la conscience est fragmentée, elle déclenche une guerre dans le système corps-esprit. Cette guerre est à l’origine de nombreuses maladies et fait intervenir ce que la médecine moderne nomme leur composante psychosomatique. Les rishis diraient la peur née de la dualité et ils la considéreraient, non comme une composante, mais comme la cause principale de toute maladie.

Le corps envoie de nombreux signaux pour faire savoir qu’un conflit est en cours... le corps de cette femme appelait la guérison et le lui disait à chaque crise. Elle ne pouvait même pas fermer les yeux pour méditer sans que son corps recherche désespérément quelque soulagement en sombrant dans le sommeil. “Il est inutile d’essayer de combattre cette maladie car vous êtes votre propre ennemi.” Elle n’avait pas besoin de technique mentale, elle avait besoin de laisser faire son corps qui souhaitait guérir. Le meilleur moyen de coopérer était de lui donner le repos qu’il exigeait, de continuer la méditation, de changer d’alimentation et de prendre conscience qu’aucune satisfaction professionnelle ne pourrait compenser le risque qu’elle encourait. La nature essayait de lui dire quelque chose de très important et dès qu’elle y prêterait attention, ses problèmes se résoudraient d’eux-mêmes.

L’erreur de l’intellect est insidieuse. Celui-ci refuse de croire que tout arrive à l’intérieur d’une même réalité corps-esprit ; il fait croire que l’organisme malade est une autre réalité, n’importe quelle autre sauf la sienne.

La maladie est évidemment le signe d’un conflit, qui se déroule à l’intérieur.

Pour chaque maladie, il y a des dizaines, des centaines de fois où notre organisme l’a neutralisée avant qu’elle ne se déclare. Ce n’est que lorsque nous souffrons d’un conflit intérieur que le système immunitaire perd ses capacités de défense, de guérison et de mémoire silencieuses.

Nous avons tendance à oublier que la paix est la norme.

Aujourd’hui, les gens sont profondément convaincus qu’un certain degré de conflit interne est normal. Le rythme trépidant du travail, de la vie, nous a accoutumé au tumulte. C’est nous qui avons déclenché la guerre. Vivre avec une peur constante, même sans avoir le cancer, n’est pas le signe d’une bonne santé. La guerre n’est pas finie, l’ennemi a simplement pris le maquis.

La philosophie qui sous-tend le traitement du cancer est que l’esprit doit rester passif tandis que le corps est mis à sac. Un conflit ouvert est en réalité encouragé dans le système corps-esprit. Le tout n’est pas de savoir comment gagner la guerre, mais comment préserver la paix.

L’Ayurveda nous permet d’atteindre le niveau de conscience qui exorcise ce démon de la mémoire.

Il nous dit de chercher la cause de la maladie à un niveau plus profond de la conscience, qui nous mènerait vers la voie de la guérison.

Il est absolument normal d’être trop occupé pour être malade. C’est juste ce qui permet au système immunitaire de vivre en bonne intelligence avec son environnement. Lorsqu’on est simplement soi-même et non pas un “cancéreux”, la réaction en chaîne de la réponse immunitaire, avec ses centaines d’opérations, se déclenche alors, fermement décidée à l’emporter.

Mais si l’on se laisse envahir par un sentiment d’impuissance et de peur, cette chaîne se brise. Les neuropeptides associés aux émotions négatives se propagent, se fixent aux cellules immunitaires dont la réponse perd de son efficacité. On n’en connaît pas l’explication, mais le déficit immunitaire de malades dépressifs est bien connu. C’est là que naît le paradoxe : si l’on ne faisait pas toute une histoire du cancer, mais que l’on y réagissait comme à quelque chose de banal, on aurait les meilleures chances de se rétablir. Mais le diagnostic du cancer fait que le patient se sent complètement anormal.

Le diagnostic lui-même engendre le cercle vicieux.

Médecine quantique

Voir les commentaires

<< < 1 2