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Athéologie

20 Janvier 2013, 09:54am

Publié par pam

TRAITÉ D’ATHÉOLOGIE. MICHEL ONFRAY. 

Éditions Grasset. 2005.

“La notion de “Dieu” a été inventée comme antithèse de la vie - en elle se résume, en une unité épouvantable, tout ce qui est nuisible, vénéneux, calomniateur, toute haine de la vie. La notion d’”au-delà”, de “monde-vrai” n’a été inventée que pour déprécier le SEUL monde qu’il y ait - pour ne plus conserver à notre réalité terrestre aucun but, aucune raison, aucune tâche ! ... La notion de “péché” a été inventée en même temps que l’instrument de torture qui la complète, la notion de “libre arbitre”, pour brouiller les instincts, pour faire de la méfiance à l’égard des instincts une seconde nature.” Nietzsche in “Ecce homo”.

Partout j’ai constaté combien les hommes fabulent pour éviter de regarder le réel en face. La création d’arrières-mondes ne serait pas bien grave si elle ne se payait du prix fort : l’oubli du réel, donc la coupable négligence du seul monde qui soit. Quand la croyance fâche avec l’immanence, donc soi, l’athéisme, réconcilie avec la terre, l’autre nom de la vie.

L’athéologie se propose trois tâches : d’abord la déconstruction des trois monothéismes, démonstration que malgré leurs diversités historiques et géographiques, la haine qui animent les protagonistes des 3 religions depuis des siècles, l’apparente irréductibilité de surface, le fond demeure le même : variation de degrés, pas de nature. Le fond : une série de haines violemment imposées dans l’histoire par des hommes qui se prétendent dépositaires et interprètes de la parole de Dieu, les clergés : haine de l’intelligence, de la vie et passion de la mort, haine de l’ici-bas, haine du corps, haine des femme. Regarder comment la religion se constitue, s’installe et s’enracine, sur des principes qui supposent toujours la falsification, l’hystérie collective, le mensonge, la fiction et les mythes. La réitération d’une somme d’erreurs par le plus grand nombre finit par devenir un corpus de vérités auquel il est interdit de toucher. Pour tâcher de voir comme se fabrique une mythologie, on peut proposer une déconstruction du christianisme, elle suppose certes un démontage de la fabrication de la fiction, mais aussi une analyse du devenir planétaire de cette névrose.  

Dès Constantin, mise en place d’un Empire totalitaire qui édicte des lois violentes à l’endroit des non-chrétiens et pratique une politique systématique d’éradication de la différence culturelle. Avec les pleins pouvoirs pendant des siècles, le spirituel se confond avec le temporel. 

D’où déconstruction des théocraties qui supposent la revendication pratique et politique du pouvoir prétendument issu de Dieu qui ne parle pas et pour cause, mais que fait parler le clergé. Au nom de Dieu, le Ciel commande à ce qui doit être fait, pensé, vécu et pratiqué sur Terre pour Lui être agréable. Et les mêmes qui prétendent porter Sa parole affirment leur compétence dans l’interprétation de ce qu’Il pense des actions effectuées en Son nom...

Au nom de Dieu, l’Histoire témoigne, les trois monothéismes font couler pendant des siècles d’incroyables fleuves de sang : guerres, expéditions punitives, massacres, assassinats, colonialisme, ethnocides, génocides, Croisades, Inquisitions, aujourd'hui hyper-terrorisme planétaire...

Déconstruire les monothéismes, démystifier le judéo-christianisme et l’islam, puis démonter la théocratie, voilà trois chantiers inauguraux pour l’athéologie. De quoi travailler ensuite à une nouvelle donne éthique et produire en Occident les conditions d’une véritable morale post-chrétienne où le corps cesse d’être une punition, la terre une vallée de larmes, la vie une catastrophe, le plaisir un péché, la femme une malédiction, l’intelligence une présomption, la volupté une damnation.

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