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Culture et cultures - 1 -

10 Décembre 2012, 16:37pm

Il y aurait d’un côté les chanceux, ceux qui ont le temps et l’argent pour se cultiver et l’intelligence de la concision, de la théorisation, de l’analyse. Et en face, nous tous pauvres crétins, qu’une fable bien tournée amène plus facilement à la compréhension d’une morale, d’un mode de vie.

Ceux qui haïssent Coelho, Werber et les autres sont englués dans une mode crétine et prétentieuse qui ressemble étrangement à cette mode des best-sellers dont ils se gaussent. “Nous les intellos” face au “bas peuple” qui lit dans le métro ou après une longue journée de labeur quand les gosses sont couchés, pendant les quelques minutes où les yeux restent encore ouverts avant que la tête ne tombe sur l’oreiller. Et ces minutes-là, c’est vrai, ne sont guère propices à la compréhension du verbiage pompeux de philosophes hermétiques.

Éclectisme... soit synonyme de pluralité des connaissances, donc ouverture d’esprit et diversité maximale des centres d’intérêt, soit dispersion stérile, effleurement des sujets d’étude, papillonnage et superficialité donc dilettantisme.... Il est nécessaire de trouver le juste milieu, déterminer avec rigueur ses vrais centres d’intérêt et les creuser. Et laisser tomber les disgressions stériles.

Prenons l’exemple de “plantes et soins”, j’ai déjà beaucoup bossé sur le sujet alors même que je ne bois que rarement des tisanes que je décris comme sainement curatives. J’ai le sentiment que je pourrais abandonner ce projet en gardant seulement un inventaire des plantes médicinales cultivables en pays tempéré par un jardinier du dimanche disposant d’une are de jardin potager derrière sa maison. Le lopin de terre idéal où se côtoieraient légumes, aromates et plantes médicinales dans un but de relative autonomie familiale. Mettant l’accent sur les associations bénéfiques entre certaines plantes dans un jardin bio, les possibilités simples et faciles d’un hobby sain (qui associe une activité de plein air avec le bonheur de voir pousser ses plantes, de prendre conscience des changements de saisons et du besoin d’avoir les mains - et les pieds - dans le concret : la terre). Hobby esthétisant : fleurs, légumes, couleurs, saveurs, odeurs, disposition harmonieuse des différentes plantes, satisfaction de se nourrir et de soigner son corps et son esprit par son travail, leçon de vie journalière pour les enfants comme pour les adultes.

L’approche philosophique du jardinier est intrinsèque à son activité, et les bienfaits d’un tel jardin tellement nombreux et évidents qu’il devient de nos jours une des meilleures compensations à la vie stressée-industrialisée-mondialisée-polluée-superficielle à laquelle nous a mené notre civilisation matérialiste et capitaliste et libérale...

Sur tout cela je ne peux pas faire l’impasse.

Se soigner le corps et l’esprit, comprendre notre terre et notre corps, analyser nos besoins naturels et spirituels, expliquer le monde et l’intérêt qu’il y a à protéger notre environnement à nos enfants par un travail concret, le jardinage, travail au sens noble du terme, compréhension des étapes nécessaires et indispensables à l‘aboutissement d’un projet, concrétisation palpable de la loi des causes et des effets (causalité ?), bienfaits de l’apprentissage, importance de la rigueur, nécessité de soutenir son effort à long terme. Et même si le jardin s’accommode mal de dilettantisme, je suis contre ces “techniciens du jardinage” qui voudraient nous faire croire qu’un “bout de jardin” nécessite non seulement un travail énorme et fastidieux, mais une technicité de pointe réservée à des pros détenteurs d’un savoir colossal !

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D
J'apprécie votre texte. Je suis un jardinier dans l'âme. J'aime le contact de la terre, regarder les fleurs pousser et s’épanouir, voir les saisons qui passent et la nature se transformer.
Cette activité me ressource et m'équilibre. J'y ai aussi appris la patience ce qui pour moi est une grande victoire.
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P
grand merci pour votre mot, Daniel le jardinier ! C'est vrai que la patience est une des vertus essentielles du jardinier ! comme accepter ses erreurs et modifier ses croyances pour trouver enfin la bonne tomate à planter ou les légumes à oublier car notre jardin est trop sec, trop froid ou trop pauvre. Cette année mes potirons et autres courges étaient si petits qu'à part pour les hobbits... pas de soupe cette année !! alors qu'il y a quelques années, j'ai du attendre ma fille pour mettre dans la brouette un superbe monstre de
citrouille !!!! Je pense qu'apprendre à s'adapter est aussi une des leçons que nous offre notre jardin. En attendant le printemps, passez un bon hiver !