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Décroissance

27 Novembre 2012, 17:21pm

« Celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. » Kenneth Boulding (1910-1993), président de l'American Economic Association.

« Ce qui s’impose à nous c’est une régression globale de la consommation matérielle. »André Gorz, journaliste et co-fondateur du Nouvel Observateur, entretien rediffusé sur France Inter les 20 et 21 novembre 2012 à l'émission Là-bas si j'y suis (écouter ici).

« Je me raccroche au courant écologiste décroissant. Après la guerre, le libéralisme a triomphé en proposant un mode de gestion de la violence fondé sur le libre-échange : on ferait du commerce au lieu de faire la guerre. Socialistes et communistes proposaient un autre contrat, fondé sur le partage, mais toujours avec l’abondance matérielle en ligne de mire. Il faut maintenant aller vers une abondance spirituelle, avec un contrat fondé sur l’intelligence et la recherche. Mais le socialisme reste pris dans le maelstrom productiviste. »

Bernard Maris, économiste, membre du conseil général de la Banque de France, Libération, 7-11-2012.

« Il nous faut maintenant choisir entre la décroissance ou le clash. »

Dominique Bourg, professeur de l'université de Lausanne, Les Echos, 6-11-2012.

« On a devant nous une évidence qui va s’appeler la décroissance. Comment traiter la décroissance ? C’est là la vraie question. »

« Les années qui me restent sont essentiellement dédiées à des vraies actions qui peuvent, qui espèrent, servir à quelque chose. (...) Quelle va être notre dignité de nouveaux pauvres ? (...) Quelle va être la forme de l’obligation de la décroissance, mais une décroissance positive, puisse qu’une décroissance négative est le contraire de notre DNA (ADN) ? »

Philippe Starck, designer, France inter, 1-10-2012.

« Pour remonter le moral des Français, il faudrait leur dire d’arrêter de regarder la voiture du voisin ou le salaire du président, qu’ils ont de la chance de vivre sur ce territoire qu’ils amochent, et qu’ils devraient songer, je ne dis pas à faire leur pain et cultiver leurs légumes, mais à s’adapter à la décroissance... »

Raymond Depardon, photographe, Télérama, 29-8-2012.

« On est rentré dans une époque d’illimitation dans tous les domaines (...) c’est un des très grands thèmes, il faut apprendre à s’autolimiter, individuellement et collectivement, et la société capitaliste maintenant est une société qui, à mes yeux, court à l’abîme de tous les points de vue, parce que c’est une société qui ne sait pas s’autolimiter. Une société vraiment libre, une société autonome, doit savoir s’autolimiter. L’imaginaire de [notre] époque est très loin de cela. Et c’est cet imaginaire de l’expansion illimité, de l’accumulation (...) c’est cela qu’il faut détruire. Tout dépend de ça. »

Cornelius Castoriadis, philosophe et psychanalyste français d'origine grecque (1922-1997), à réécouter à l'émission de Daniel Mermet du lundi 10 septembre 2012.

« Les gens voient que quelque chose ne fonctionne pas. Mais ce sont toujours les mêmes solutions qui sont avancées : la production, la croissance économique. Nous voulons proposer avec “Moins!” des pistes de solutions alternatives. »

Mathieu Glayre et Yvan Luccarini, rédacteurs de « Moins! - journal romand d’écologie politique »

«La croissance sert de justification dans le présent à la suppression de la liberté au nom d'une plus grande liberté future. Elle est motif, argument à tous les sacrifices. Sacrifier la liberté à la croissance : avec plus ou moins de rigueur, tous les États tiennent ce langage. C'est-à-dire sacrifier aujourd'hui à un lendemain toujours reporté. »

Serge Moscovici, père de Pierre Moscovici, in De la nature pour penser l'écologie, éd. Métailié, 2002.

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