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DOMINIQUE LOREAU. “L’ART DE LA FRUGALITÉ ET DE LA VOLUPTÉ”. suite.

27 Juin 2013, 06:52am

Publié par pam

En refusant individuellement de manger de la viande, des produits industriels, des graisses animales, nous changerions la société. On dit qu’en supprimant simplement le sucre, l’industrie de la publicité entière ferait faillite.

On peut faire mieux et moins cher en cuisinant chez soi. Souvent ce qui est peu cher est bon pour la santé : sardines, pommes, farine complète, graines à germer...

“Cherchez toujours à honorer votre dieu, et ce, jusque dans les actes les plus anodins de la vie quotidienne. Ainsi balayer, prendre un bain ou faire la cuisine sont autant d’occasions d’exprimer son respect et son dévouement à son dieu, qui peut être... soi.” Itsuo Tsuda.

Nous métabolisons tout ce que nous entendons, touchons, goûtons, sentons, percevons.

“La faiblesse de nos sens ne permet à chacun de nous que de prendre conscience d’une partie bien minime du monde.” Alexandra David-Neel.

Ce que nous mangeons et comment nous le mangeons se répercutent sur nos vies. Il faut avoir l’envie de vivre, d’être heureux. Pour que la nourriture soit correctement assimilée par notre corps, elle doit être prise lentement, et dans un environnement agréable.

DOMINIQUE LOREAU. “L’ART DE LA FRUGALITÉ ET DE LA VOLUPTÉ”. suite.

LES NOURRITURES DE L’ÂME.

Les Chinois, maîtres en “alimentation médicinale”, pensent que celui qui veut prendre soin de sa santé doit être modéré dans ses goûts, bannir ses inquiétudes, tempérer ses désirs, réfréner ses émotions, prendre soin de sa force vitale, épargner ses paroles, considérer avec légèreté le succès ou l’insuccès, ignorer la tristesse ou les difficultés, éviter les grandes affections et les grandes haines, calmer ses yeux et ses oreilles, et être fidèle à son régime intérieur. Un homme qui ne se fatigue pas l’esprit ni ne trouble son âme, ne peut être malade.

“Chaque bouchée est un moyen matériel de conduire la vie à l’esprit, car nous absorbons avec la nourriture ce que l’oeil ne peut voir, les éléments de la santé, de la force et de la tranquillité.” Mulford.

Chez les taoïstes, la première règle alimentaire était de manger frugalement. Aucun aliment n’était interdit mais, connaisseurs de la médecine chinoise traditionnelle, ils connaissaient les éléments nourrissants et ce qu’il vaut mieux éviter de manger. Ils évitaient tout excès, y compris l’ascétisme.

La shojin ryori (cuisine pour l’avancement spirituel et la dévotion) a pour but de faire progresser spirituellement ses adeptes à travers l’acte de préparer et de consommer les repas. Elle exige de la part de celui qui la pratique un sens de l’effort total ainsi qu’un parfait contrôle de soi, deux qualités élémentaires et essentielles dans le bouddhisme zen. Ils impliquent le choix d’aliments de saison, des préparations variées, le respect et le goût des ingrédients, l’économie dans les gestes, l’exactitude et à travers tout cela l’appréciation de la vie en général, la recherche d’encore plus d’harmonie avec le reste du monde et un parfait accord avec soi-même. La cuisine est préparée dans le but de purifier le corps et l’esprit. La nourriture et tout ce qui s’y rapporte doit être aussi respectée que la vie.

Équilibrer les qualités de l’aliment selon les saisons, inclure dans la préparation de chaque repas les 5 techniques de cuisson (bouillir, griller, frire, cuire à la vapeur et mijoter), les 5 goûts (salé, sucré, acide, amer, épicé), les 5 couleurs (vert, jaune, rouge, noir, blanc), s’appliquer aux 5 vertus (foi, mémoire, méditation, énergie, sagesse), voilà tout ce que devraient représenter pour toute personne soucieuse de sa famille et d’elle-même, et cherchant à honorer de son mieux la vie qui lui a été donnée.

Pour le zen, nos vies sont devenues très confortables, mais nous nous sommes graduellement éloignés de notre environnement naturel et de l’appréciation des saisons.

Nourrir sa forme physique ne suffit pas à maintenir sa vitalité. Il faut aussi nourrir son énergie, son dynamisme intérieur. La maladie est un étiolement de l’énergie. C’est souvent la peur de tomber malade qui crée une obstruction intérieure. Le stress, mot exprimant sous l’excès de l’excitation, ce qui trouble et désorganise notre vitalité, est le contraire de “nourrir sa vie”.

DOMINIQUE LOREAU. “L’ART DE LA FRUGALITÉ ET DE LA VOLUPTÉ”. suite.

LES NOURRITURES DU KI.

“Le début de la sagesse est de résorber tout écart entre bonheur et malheur pour les fondre dans une globalité et une mouvance uniques.” Zhuangzi.

La quête du bonheur est une dépense d’énergie et sous-entend le malheur. Se nourrir est un processus d’affinement, une transformation qui se développe loin de la quête et du désir de posséder. La civilisation travaille à l’encontre de la satisfaction que procure la paix. Pour atteindre la sérénité, il faut ne pas avoir de but mais rester aussi alerte et léger que possible, éviter torpeur et fixité, nourrir son équilibre en évitant les pressions diverses. Chercher toujours un sens à la vie est considéré par les Orientaux comme une perte d’énergie.

L’activité de tout être vivant est de se nourrir, l’homme se distingue des autres êtres vivants en laissant de côté l’aspect nutritionnel pour penser et obtenir la connaissance.

C’est en parvenant à un état d’indépendance vis-à-vis de tout, même du passé et du futur, qu’on parvient à remplacer le tumulte par la placidité, qui nourrit la vie.

DOMINIQUE LOREAU. “L’ART DE LA FRUGALITÉ ET DE LA VOLUPTÉ”. suite.

1330, premier livre de cuisine, écrit par un médecin de la cour mongole :

“Celui qui veut prendre soin de sa santé doit être modéré dans ses goûts, bannir les inquiétudes, tempérer ses désirs, réfréner ses émotions, prendre bien soin de sa force vitale, épargner ses paroles, considérer avec légèreté le succès et l’insuccès, ignorer la tristesse ou les difficultés, éloigner les ambitions insensées, éviter les grandes affections et les grandes haines, calmer ses yeux et ses oreilles et être fidèle à son régime intérieur. Comment peut-il être malade, celui qui ne fatigue pas son esprit, ni ne trouble son âme ? C’est pourquoi celui veut nourrir sa nature doit manger quand il a faim et ne pas se remplir de nourriture, il ne doit boire que quand il a soif et ne pas se remplir de trop de boisson. Il doit manger peu et à de longs intervalles, pas trop et pas trop constamment. Il doit tendre à avoir un peu faim quand il a fini de manger et à manger un peu quand il a faim. Avoir son content gêne les poumons, et avoir faim nuit à l’énergie vitale.”

Sun Simiao.

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