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Jean M. Auel, Ayla et les Enfants de la Terre

1 Mai 2013, 08:34am

Publié par pam

“L’existence est un long apprentissage. On ne naît pas avec la vérité, on l’apprend... Je ne suis pas ce que les autres croient que je suis...

- Nous sommes tous dans ce cas. Mais cela n’empêchera jamais les autres d’attendre de nous plus que nous pouvons donner.”

“Ce n’était pas le hasard, il en était convaincu, qui avait conduit Ayla au Camp du Lion. Rencontres fortuites, coïncidences ne tenaient pas une grande place dans sa conception du monde. Mamut était persuadé que tout avait un but, une orientation voulue, une raison d’être, qu’il fût ou non à même de la saisir. La Mère, il en était sûr, avait eu un motif pour diriger Ayla vers eux. “

“ Plus il devient difficile de savoir quelle est la bonne décision à prendre, plus ce qui est en jeu répond à une problématique profonde, ancienne, voire archaïque : une souffrance qui vient de la nuit des temps, là où la mémoire ne peut plus se rendre. Là où les souvenirs, muets, ne se font plus entendre qu’à travers un corps souffrant, un langage symbolique qu’il faut savoir décrypter, des comportements récessifs et répétitifs : ce qui justement nous pose un problème... C’est là où l’on doit apprendre à écouter ce qui vit en nous.

On le sait, de génération en génération, ce qui n’a pas été dit se revit. Et on reproduit à l’infini ce qui n’a jamais été compris. Des douleurs familiales se transmettent sans que l’on sache d’où elles viennent : qui de nos ancêtres à souffert et quelle fut sa souffrance.”

“ Elle pourrait apprendre une activité ou se consacrer à une chose qui en vaille la peine. Elle ne songerait plus à ennuyer les autres sous prétexte que sa vie n’est pas comme elle l’avait rêvée. Chacun devrait exercer une activité, une chose qu’il ait plaisir à faire et à bien faire. Si Maronna n’en trouve pas, elle continuera à causer des ennuis pour attirer l’attention.”

Jean M. Auel, Ayla et les Enfants de la Terre

“ Cela montre ce qui peut arriver quand une doniate (guérisseuse) s’écarte de la bonne voie... On dit que Ceux Qui Servent La Mère paieront dans le Monde d’Après le mauvais usage qu’ils font de leur pouvoir dans le nôtre. C’est pourquoi les Zelandonia choisissent avec tant de soin ceux qu’ils acceptent. Il est impossible de revenir en arrière... On est Zelandoni pour la vie. Même si nous sommes parfois tentés de le faire, nous ne pouvons pas nous décharger de notre fardeau.”

“ ... Ceux qui possédaient l’art de guérir intercédaient souvent auprès du monde des esprits. Cependant, tous Ceux Qui Servent la Mère n’étaient point capables de la même façon dans tous les domaines. ..

Cette femme est reconnaissante pour les Dons reçus, les enseignements qu’on lui a dispensés et le savoir qu’elle a acquis....

Grand Esprit du Totem, cette femme qui a déjà demandé des conseils a aujourd’hui besoin d’aide. Le Grand Lion des Cavernes a guidé cette femme dans l’enseignement des plantes et a fait d’elle une guérisseuse. Cette femme sait soigner. Cette femme connaît les remèdes pour les plaies et les maux, elle connaît les infusions, et les badigeons, et les cataplasmes, et les autres remèdes tirés des plantes, cette femme connaît les soins et les pratiques. Cette femme est reconnaissante des connaissances et du savoir guérisseur que l’Esprit du Totem daignera lui révéler. Mais cette femme ignore les voies du monde des esprits.... La femme qui est étendue ... a besoin d’aide. Cette femme éprouve de grandes souffrances, mais la souffrance qui est en elle est encore pire. La femme supporte la douleur, mais la femme craint d’être inutile si son bras reste invalide. Cette guérisseuse aimerait aider la femme, mais l’aide peut s’avérer dangereuse. Cette femme implore l’assistance de l’Esprit du Grand Lion des Cavernes, ou de tout autre esprit que le Grand Totem choisira, pour guider cette femme, et aider celle qui est allongée devant toi.

Puisse notre Grande Mère à tous veiller sur toi, Roshario.”

“ Elle avait été elle-même cruellement éprouvée et y avait gagné des dons exceptionnels, et elle en était venue à croire que les bienfaits étaient en proportion de la sévérité des épreuves.... si pénible soit-elle, l’épreuve est nécessaire.”

“Quand une personne meurt et s’en va dans le monde des esprits, poursuivit Iza, la guérisseuse perd une partie de cet esprit. Toutes les femmes ne sont pas aptes à devenir guérisseuse. Une guérisseuse doit posséder en elle le désir profond de secourir les autres. Mais toi, Ayla, tu l’as déjà en toi, cette volonté, et c’est pourquoi j’ai commencé à te former. Je l’ai su quand tu as rapporté à la caverne ce lapin blessé... Quand tu t’es portée au secours d’Ona, tu n’as pas songé un seul instant au danger que tu pouvais courir, tu désirais la sauver avant tout.... Si tu ne possèdes pas toutes mes connaissances, ce que tu sais sera néanmoins suffisant car tu as un don inestimable, le don de comprendre et de deviner l’origine du mal, et, à partir de là, de le guérir.... Ce don que tu possèdes peut se révéler aussi puissant et efficace, et peut-être plus même, qui sait, que tous les souvenirs dont nos têtes sont pleines.”

“ Connais-tu le don que tu possèdes ?

- Oui, je crois. Quand quelqu’un est malade, je vois sa maladie. Je regarde ses yeux, la couleur de son visage, je sens son souffle. Je réfléchis. Quelque fois je sais par le regard, d’autres fois je sais quelles questions poser. Et je fais la médecine pour aider. Pas toujours la même médecine, et même quelque fois j’invente.

- Les meilleurs guérisseurs possèdent ce don.”

“ Tu sais bien que certaines maladies ne peuvent être guéries par les remèdes et les traitements à eux seuls. Comment soigner quelqu’un qui ne veut plus vivre ? Quel remède apporte à un homme la volonté de se remettre d’un grave accident ? Lorsque quelqu’un meurt, quel traitement appliquer à ceux qu’il laisse derrière lui ?”

Les médecines traditionnelles affirment depuis des millénaires qu'à l’origine de toutes les maladies il y a une intoxication physique et/ou psychique et que la maladie correspond à un effort du corps pour se dépolluer. Quand l’organisme est sans arrêt sur le qui-vive, en alerte, l’élimination des toxines ne se fait plus correctement. C’est la raison pour laquelle il n’est pas suffisant, pour dépolluer son organisme, d’adopter une alimentation saine ou d’utiliser les ressources des thérapies naturelles. Il faut aussi apprendre à se délivrer du stress, de cette tension psychique permanente qui mine votre santé... Notre équilibre va donc dépendre d’une alternance harmonieuse de détente et de tension... Enlever une douleur sans avoir compris le message n’est pas bon.”

Jean M. Auel, Ayla et les Enfants de la Terre

“Du fait que les Mamutoï vivaient tous ensemble durant de longues périodes, ils devaient apprendre à se tolérer les uns les autres. Il n’y avait, dans l’abri, aucune intimité possible, sinon celle des pensées de chacun, et tous prenaient grand soin de ne pas faire intrusion dans ce domaine. Ils hésitaient à poser des questions personnelles, à offrir assistance ou conseils si on ne les leur demandait pas, à intervenir dans des chamailleries privées, sauf si on les en sollicitait, ou si les querelles prenaient des proportions excessives. S’ils voyaient se développer une situation inquiétante, ils se montraient discrètement disponibles et attendaient, dans une attitude de patience et de tolérance, le moment où un ami serait prêt à parler de ses tracas, de ses craintes, de ses frustrations. Jamais ils ne s’érigeaient en juges, en critiques impitoyables et ils imposaient peu de restrictions dans le domaine du comportement personnel si celui-ci ne risquait pas de blesser ou de perturber gravement les autres. La solution valable d’un problème était celle qui aboutissait à des résultats et qui satisfaisait toutes les parties prenantes. Chacun savait ménager l’âme de ses voisins.”

Jean M. Auel, Ayla et les Enfants de la Terre

“ Elle prenait grand soin de faire sécher les plantes lentement dans un endroit sec et sombre, à l’abri du soleil, pour en conserver autant que possible le principe actif. ..

C’était une habitude, une pratique intensive qui l’amenaient à recueillir les plantes médicinales avec le passage des saisons... Elle connaissait bien d’autres utilisations des plantes, depuis les fibres qui permettaient de faire des cordes jusqu’aux propriétés alimentaires, mais c’étaient les propriétés médicinales qui l’intéressaient.

Elle était tellement familiarisée avec la végétation que les plantes nouvelles l’intriguaient toujours. Elle cherchait leurs ressemblances avec des végétaux connus et savait classer les sous-espèces dans des espèces plus largement répandues. Elle était capable d’identifier des familles et des types voisins mais elle savait très bien qu’une apparence semblable n’entraînait pas forcément des réactions semblables, et elle les expérimentait prudemment sur elle-même, en se basant sur ses connaissances et sur son expérience.

Elle était méticuleuse aussi pour les dosages et les méthodes de préparation. Elle savait qu’une infusion, préparée en versant de l’eau bouillante sur des feuilles, des fleurs ou des baies, dégageait des principes et des essences aromatiques et volatiles. La décoction, obtenue par ébullition, éliminait les propriétés résineuses, amères et donnait plus de résultat avec des produits durs comme les racines, les écorces et les graines. Elle savait comment extraire les huiles essentielles, les gommes, les résines d’une plante, comment faire des cataplasmes, des emplâtres, des fortifiants, des sirops, des onguents, des pommades. Elle savait mêler plusieurs ingrédients, renforcer ou diluer le mélange selon les besoins.

... Ayla était à la fois botaniste, pharmacienne, médecin. La magie lui venait des traditions ésotériques transmises et améliorées... par une génération après l’autre de cueilleurs et de chasseurs dont l’existence même dépendait d’une connaissance intime de leur territoire et de ce qu’il produisait.

En se fondant sur ces ressources venues de la nuit des temps, transmises par Iza, et en s’aidant d’un don inhérent d’analyse et d’une perception intuitive, Ayla savait reconnaître et traiter la plupart des maladies et des blessures. ... Ses traitements reposaient avant tout sur les propriétés curatives des plantes.”

Jean M. Auel, Ayla et les Enfants de la Terre
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