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LE BONHEUR EST-IL POSSIBLE ?

26 Septembre 2013, 07:33am

Publié par pam

“La liberté extérieure que nous atteindrons dépend du degré de liberté intérieure que nous aurons acquis. Si telle est la juste compréhension de la liberté, notre effort principal doit être consacré à accomplir un changement en nous-même.” Gandhi.

On peut croiser des êtres qui respirent le bonheur.

Dans nos sociétés riches, nombreux sont ceux qui se disent heureux, en revanche, leur bonheur est éminemment fragile. Que l’une des conditions viennent soudain à manquer, à cause de la perte d’un proche, ou d’un travail, et ce sentiment de bonheur s’écroule. De plus, se déclarer satisfait de sa vie parce qu’il n’y a objectivement aucune raison de se plaindre n’empêche pas de se sentir mal à l’aise au plus profond de soi. Cette distinction entre bien-être extérieur et intérieur explique la contradiction apparente de ces études avec l’affirmation du bouddhisme selon laquelle la souffrance est omniprésente dans l’univers. Parler d’omniprésence ne signifie pas que tous les êtres font constamment l’expérience de la souffrance, mais qu’ils restent vulnérables à une souffrance latente qui peut surgir à tout moment.

Le bonheur ne serait-il qu’un répit dans la souffrance ?

Nombreux sont ceux qui n’envisagent le bonheur que comme une accalmie passagère, vécue de façon positive par contraste avec la souffrance. Le bonheur n’est-il que l’oeil du cyclone ?

Dans des circonstances désagréables, un moment de lâcher-prise, cet état de satisfaction profonde que l’on ne trouve qu’à l’intérieur de soi et qui est donc indépendant des circonstances extérieures, peut nous donner du bonheur. Nous ne pouvons nier l’existence de sensations agréables et désagréables, mais elles ont peu d’importance au regard du bonheur. De telles expériences font comprendre qu’il est certainement possible de vivre dans un état de bonheur durable. Dès lors, l’objectif consiste à déterminer lucidement les causes du malheur et à y remédier.

Si le bonheur est bien une manière d’être, un état de connaissance et de liberté intérieure, il n’y a rien qui puisse fondamentalement empêcher sa réalisation.

Le déni de la possibilité du bonheur semble être influencé par l’idée d’un monde pourri, croyance largement répandue en Occident selon laquelle l’homme et le monde sont foncièrement mauvais. Cette croyance provient en grande partie de l’idée d’un péché originel. Le constant bombardement de mauvaises nouvelles dans les médias et la présentation de la violence comme ultime remède à tout conflit encouragent ce que les sociologues anglo-saxons appellent le syndrome du mauvais monde. Celui-ci remet en cause la possibilité d’actualiser le bonheur. Penser que la nature humaine est essentiellement corrompue teinte de pessimisme notre vision de l’existence et nous fait douter du fondement même de la quête du bonheur, c’est-à-dire de la présence d’un potentiel de perfection en chaque être. Selon le bouddhisme, la réalisation spirituelle est un épanouissement de ce potentiel. Il ne s’agit donc pas de tenter de purifier quelque chose de fondamentalement mauvais, mais de nettoyer une pépite d’or afin d’en faire ressortir l’éclat. Si le sage peut être heureux, c’est que le bonheur est possible. Quand on n’a plus rien à gagner pour soi-même, on peut manifester une disponibilité totale à l'égard des autres.

Les constructions philosophiques et les opinions intellectuelles, si sincères soient-elles, n’ont plus de raison d’être lorsqu’elles sont démenties par l’expérience vécue.

C’est de points de repère (la personne du sage) dont nous avons besoin dans notre vie de tous les jours pour mieux comprendre ce que nous pourrions devenir. Il ne s’agit pas de renoncer à la vie qui est la nôtre, mais de bénéficier de l’éclairage de ceux qui ont élucidé la dynamique du bonheur et de la souffrance.

Comte-Sponville : “Le sage n’a plus rien à attendre ni à espérer. Parce qu’il est pleinement heureux rien ne lui manque. Et parce que rien ne lui manque, il est pleinement heureux.”

On ne naît pas sage on le devient.

Dans chaque domaine d’activité humaine, on peut trouver des sources d’inspiration qui, loin de nous décourager par leur perfection, stimulent au contraire notre enthousiasme en nous offrant une image admirable de ce vers quoi nous tendons. N’est-ce pas pour cela que les grands artistes, les hommes et femmes de cœur, les justes et les héros sont aimés et respectés ?

En acquérant peu à peu, grâce à l’expérience introspective, une meilleure connaissance de la façon dont surgissent les pensées, on apprend à ne plus être la proie des poisons mentaux. Dès qu’on a trouvé un peu de paix en soi, il devient beaucoup plus facile de mener une vie affective et professionnelle épanouissante. De même, dans la mesure où l’on se libère de tout sentiment d’insécurité, des peurs intérieures (lesquelles sont liées à une compréhension trop limitée du fonctionnement de l’esprit), ayant moins à redouter, on sera naturellement plus ouvert aux autres et mieux armé face aux péripéties de l’existence.

Cavalli-Forza : “Notre liberté intérieure ne connaît pas d’autres limites que celles que nous nous imposons ou celles dont nous acceptons qu’elles nous soient imposées. Et cette liberté aussi procure un grand pouvoir : elle peut transformer l’individu, lui permettre d’épanouir toutes ses capacités et de vivre dans une plénitude absolue chaque instant de son existence. Quand les individus se transforment, en faisant accéder leur conscience à maturité, le monde change aussi, parce que le monde est constitué d’individus”.

d'après Matthieu Ricard in "Plaidoyer pour le bonheur".

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