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meditation...

3 Juillet 2013, 09:05am

Publié par pam

HÉNÉPOLA GUNARATANA. “MÉDITER AU QUOTIDIEN”.

LA MÉDITATION. Quel intérêt peut-elle avoir pour vous ?

Vous êtes humain et de ce fait vous êtes l'héritier d'une insatisfaction inhérente à la nature humaine qui ne vous quitte pas. Souvent, vous vivez de véritables montagnes russes émotionnelles : vous êtes humain, votre maladie est un monstre intérieur qui prend de nombreux aspects : stress chronique, manque de compassion véritable pour les autres, sentiments érodés, torpeur des émotions. Nous pouvons nier ce sentiment, essayer de le supprimer, mais il ne s’en va jamais. Personne n’est vraiment détendu, on fait semblant. Tous essayent désespérément de relâcher leur tension intérieure. La vie ressemble à une lutte perpétuelle, un formidable effort avec un taux de réussite infime. Nous nous empêtrons dans le syndrome du “si seulement”. Ce gâchis vient d'un ensemble d’habitudes mentales profondes, subtiles et envahissantes, un nœud gordien que nous avons construit petit à petit et que nous pouvons dénouer de la même façon, une chose à la fois. Nous pouvons rendre l’inconscient conscient pas à pas.

L’essence de notre expérience est le changement, incessant. Chaque instant la vie s’écoule et n’est jamais la même. L’altération perpétuelle est l’essence de l’univers de perception. C’est la nature de l’univers mais la culture de l’humanité nous a enseigné de bizarres réponses à ce flux incessant, nous rangeons les expériences dans des catégories. Nous essayons de faire entrer chaque perception, changement mental de ce courant sans fin dans l’un des tiroirs : bien, mal, sans intérêt. Ensuite, selon celui que nous avons utilisé, notre perception s’effectue à travers un jeu de réponses mentales standardisées. Si une perception a été étiquetée bonne, nous essayons de figer le temps juste à cet instant. Nous nous accrochons à cette pensée particulière, la caressons et essayons de l’empêcher de s’échapper. Lorsque nous n’y parvenons pas, nous mettons tous nos efforts pour répéter l’expérience qui l’a produite. Nous appelons cette habitude mentale “s’attacher”. À l’inverse, quand nous percevons quelque chose de mal, nous essayons de le repousser, le nier, le rejeter, nous en débarrasser de toutes les manières possibles. Nous nous battons contre notre propre expérience. Nous fuyons des parties de nous-mêmes. Nous appelons cette habitude mentale “rejeter”. Entre les deux se trouve le tiroir “neutre”. Là nous rangeons les expériences tièdes, sans intérêt, ennuyeuses, pour pouvoir les ignorer et reporter notre attention là où l’action se trouve, sur notre incessant manège de désirs et d’aversions. Toute cette catégorie d’expériences est dépouillée de sa juste part d’attention. Nous appelons cette habitude mentale “ignorer”.

Le résultat direct de cette folie est une perpétuelle course vers nulle part, une bataille incessante pour le plaisir, une fuite sans fin devant la douleur et l’ignorance perpétuelle de 90% de notre expérience. Pourquoi votre vie a un goût si fade ? C’est un système qui ne marche pas. Aussi grand soit l’effort de votre poursuite du plaisir et du succès, il vous arrive d’échouer. Aussi rapide que vous soyez pour éviter la souffrance, elle vous rattrape parfois. Et, entre ces deux moments, la vie est ennuyeuse à en pleurer. Nous avons construit des murs autour de nous et sommes pris au piège dans la prison de nos propres mensonges et de nos aversions. Nous souffrons.

Souffrance est un grand mot dans la pensée bouddhique. Le mot pali est dukkha et il ne signifie pas seulement la douleur du corps. Il signifie le profond sens d’insatisfaction qui fait partie de chaque moment mental et qui résulte directement de la routine du fonctionnement mental. L’essence de la vie est souffrance, a dit le Bouddha. On croit qu’il y a bien des fois où l’on est heureux, c’est faux. Sous la joie, vous trouverez ce fin courant sous-jacent de tension qui pénètre tout, et aussi merveilleux que soit cet instant, il va se terminer. En fin de compte, vous allez mourir, vous perdrez tout, tout est éphémère.

Ce n’est pas triste. C’est seulement désolant lorsqu’on voit les choses depuis le niveau ordinaire de la perspective mentale. En dessous, se trouve une autre perspective, une manière toute différente de regarder l’univers. C’est un niveau où le mental n’essaye pas de fixer le temps, où nous ne nous attachons pas à notre expérience à mesure qu’elle se déroule, où nous n’essayons pas de repousser les choses au dehors. C’est un talent qui peut s’apprendre.

Bonheur et paix, voilà les deux espoirs majeurs de l’existence humaine, ce que nous recherchons tous. Mais examinez chacun de vos objectifs et vous verrez qu’ils sont superficiels. Ce ne sont pas les objectifs de surface que nous recherchons véritablement, ils ne sont que des moyens pour parvenir au but. Ce que nous cherchons vraiment, c’est cette sensation de soulagement qui se produit lorsque la tension est satisfaite. Soulagement, détente, plus de désir.

Pour le plus grand nombre, le bonheur consisterait à obtenir tout ce que nous voulons, à être capable de tout contrôler, à pouvoir faire tourner le monde comme nous aimerions qu’il tourne. Ceux qui ont possédé ce pouvoir extrême n’étaient pas heureux et pas en paix avec eux-mêmes parce qu’ils étaient conduits à commander au monde de manière absolue et qu’ils ne le pouvaient pas. Ils voulaient contrôler tous les hommes et il en restait pour refuser d’être contrôlés. Et finalement ils mourraient.

On ne peut avoir tout ce qu’on veut, c’est impossible. Mais il y a une autre solution : vous pouvez apprendre à contrôler votre mental, apprendre à ne pas vouloir ce que vous voulez, à reconnaître les désirs mais à ne pas être contrôlé par eux. Vous faites les choses qu’une personne doit faire, mais vous êtes libéré de la pulsion obsessive et contraignante de vos propres désirs. Vous pouvez avoir peur mais sans être obligé de trembler.

CE QUI EST DIFFICILE VAUT MIEUX QUE CE QUI EST IMPOSSIBLE.

Le but de notre civilisation est d’améliorer notre vie par des améliorations matérielles diverses, pourtant le taux de criminalité augmente, comme les maladies mentales et les risques quotidiens. Un homme heureux ne vole pas, ne tue pas. Nous nous faisons plaisir en pensant que notre société exploite toutes les zones de la connaissance humaine pour atteindre la paix et le bonheur. Nous commençons seulement à comprendre que nous avons surdéveloppé l’aspect matériel de notre vie au détriment des aspects émotionnels et spirituels et que nous payons le prix de cette erreur.

L’ENDROIT OÙ COMMENCER À CHANGER LES CHOSES EST À L’INTÉRIEUR DE NOUS.

Il n’est pas possible d’effectuer des changements radicaux dans la trame de notre vie tant que nous ne pouvons pas nous voir exactement comme nous sommes maintenant. Sitôt que nous y parvenons, le changement intérieur intervient, sans qu’il soit besoin de forcer, lutter ou d’obéir à des règles dictées par une quelconque autorité. Nous changeons, c’est automatique. Mais pour arriver à cette vision intérieure initiale, c’est un vrai travail. Il faut voir qui nous sommes et comment nous sommes, sans illusion, sans jugement ni résistance d’aucune sorte. Nous devons voir nos devoirs et obligations envers nos frères humains, et par-dessus tout, notre responsabilité envers nous en tant qu’individu vivant avec d’autres individus.

Dhammapada : “Ce que vous êtes maintenant est le résultat de ce que vous étiez... Ce que vous serez demain sera le résultat de ce que vous êtes aujourd’hui. Les conséquences d’une mauvaise mentalité vous suivront. Les conséquences d’un mental purifié aussi. Personne ne peut faire plus pour vous que votre propre mental, purifié ; ni vos parents, ni votre famille, ni vos amis, personne. Un mental bien discipliné apporte le bonheur.”

Le but de la méditation est de purifier le mental. Elle nettoie la pensée de ce qu’on peut appeler des irritants psychiques (convoitise, jalousie, haine) qui nous tiennent enchevêtrés dans une servitude émotive. Elle conduit le mental à un plan de tranquillité et de claire perception, à un état de concentration et de vision intérieure.

La civilisation change l’homme extérieurement. La méditation l’adoucit intérieurement, de part en part.

meditation...

On appelle la méditation le Grand Instructeur. C’est le feu purificateur qui travaille doucement par la compréhension. Plus la compréhension est grande, plus nous pouvons être souple et tolérant. Plus notre compréhension est grande, plus nous pouvons être compatissant. Nous devenons un parfait parent ou enseignant. Nous sommes prêts à pardonner et à oublier. Nous éprouvons de l’amour pour les autres parce que nous les comprenons. Et nous les comprenons parce que nous nous sommes compris. Nous avons regardé profondément à l’intérieur et avons vu l’illusion du moi et nos propres faiblesses humaines. Nous avons vu notre propre humanité et nous avons appris à pardonner et à aimer. Quand nous avons compris la compassion pour nous-mêmes, la compassion pour les autres est automatique. Un méditant accompli a atteint une compréhension profonde de la vie, et il regarde le monde avec un amour profond, sans critique.

Le bouddhisme ne prône pas la foi au sens de croire quelque chose parce que c’est écrit ou attribué à un prophète ou enseigné par une personne faisant autorité. Le sens ici est proche de confiance. C’est savoir que quelque chose est vrai parce que vous l’avez expérimenter. De même la moralité n’est pas une obéissance rituelle à un code de conduite extérieur imposé. C’est plus un ensemble d’habitudes, consciemment et volontairement choisi, car vous reconnaissez sa supériorité par rapport à votre précédent comportement.

Le but de la méditation est la transformation personnelle. Elle change votre caractère par un processus de sensibilisation, en vous rendant profondément conscient de vos propres pensées, paroles et actions. Votre arrogance et votre antagonisme s’évaporent, votre esprit devient stable et calme. Votre vie s’harmonise. Ainsi la méditation prépare-t-elle à faire face aux hauts et bas de l’existence; Elle réduit les tensions, les peurs, les angoisses. La vie devient paisible au lieu d’être une lutte. Tout cela se produit par la compréhension. Ma méditation aiguise la concentration et la capacité de penser. Alors, peu à peu, nos propres motivations et mécanismes subconscients deviennent clairs pour nous. Notre intuition s’aiguise. Graduellement, nous parvenons à une connaissance directe des choses telles qu’elles sont réellement, sans préjugé ni illusion.

Apprenez à méditer correctement... et faites-le.

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