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Réflexions d'un médecin bouddhiste...

31 Mars 2013, 07:20am

Publié par pam

Dr. Daniel Chevassut. Éditions Sully. 2007.

- OUVRIR SON ESPRIT À DES MÉDECINES ANCIENNES QUI ONT FAIT LEURS PREUVES.

L’avenir n’est plus à la compétition, il est à la coopération. Il est temps d’instaurer une vraie tentative de dialogue entre les différentes formes de médecine.

Il est regrettable d’encore assister à des querelles stériles entre tenants de l’allopathie et des autres médecines. Les ethno-médecines, comme la médecine tibétaine ou la médecine ayurvédique, pourraient nous en apprendre beaucoup. Un réel dialogue doit être entamé et il serait juste de donner à ces médecines de vraies chances de faire leurs preuves. Les médecines alternatives doivent aussi admettre que l’allopathie a aussi d’excellents traitements.

Tout est question de discernement, de bon sens et d’une réelle volonté de partager notre savoir médical, avec un objectif sincère d’honnêteté et de souci d’autrui. Cela rejoint le principe bouddhique de la Voie du milieu et la nécessité d’éviter les vues extrêmes.

Il s’agit juste d’une question d’ouverture d’esprit et d’absence de peur envers ce qu’on ne connaît pas ou ne comprend pas, ainsi que la mise en oeuvre d’une méthodologie adaptée, permettant d’estimer avec nos critères d’efficacité cette approche médicale différente de la nôtre. Un des obstacles majeurs se situe au niveau de l’orgueil. Notre attitude occidentale est souvent suffisante à l’égard de points de vue différents et nous empêche ainsi d'accéder à d’autres formes de connaissances et de pensées. La hauteur de nos certitudes scientifiques ne permet pas l’émergence d’une autre vision possible.

Il est ensuite souhaitable d’intégrer et d’adapter ces connaissances à notre clinique médicale, dans un souci éthique : attitude de respect et de gratitude à l’égard de ces savoirs traditionnels et en n’envisageant pas de faire de juteux bénéfices sur le dos de ces civilisations, souvent plus pauvres que la nôtre. Tout bio-piratage est à exclure.

Souhaitons-nous avoir raison absolument et imposer notre manière de voir ou souhaitons-nous aider le patient ?

Il faut apprécier la complémentarité des deux approches. Qu’avons-nous à craindre, à part l’appauvrissement de nos laboratoires pharmaceutiques ?

L’Inde, la Chine, l’Allemagne développent cette vision de partage des techniques, il faut résister à un excès de matérialisme et conserver le sens du sacré ancestral.

- L’OBLIGATION DE CONSCIENCE : POUR UNE POLITIQUE, UNE ÉCONOMIE, UNE JUSTICE ET UNE MÉDECINE EN SYNTONIE.

Politique et économie.

Tout ne va pas bien dans le monde, l’égocentrisme et le manque de sagesse et de compassion en sont des raisons. Politiquement, la sagesse consisterait à utiliser le savoir et les richesses en tenant compte du bien-être de tous. Sagesse et spirituel sont intimement liés.

Les critères de sélection et d’élection de ceux qui assument des fonctions de responsabilités impliquant le devenir d’autres êtres humains, environnement inclus, devrait être basés sur le niveau de spiritualité et de compétence... Il y a au cœur de cet espace spirituel une intelligence prodigieuse et bonne, ni manipulée ni manipulable, avec tout ce qui peut en découler : orgueil, désir, avidité, colère, jalousie, ignorance, bêtise... Le sous-développement le plus grave n’est pas celui de l’avoir mais celui de l’être. L’homme coupé de sa racine infinie blesse l’autre et se blesse. L’homme moderne a le cœur dur et la tripe molle comme disait Bernanos.

Gandhi : “une amélioration authentique, profonde et durable ne peut plus résulter de la victoire d’une conception politique traditionnelle qui ne restera jamais que superficielle.”

Vaclav Havel : “Une telle amélioration ne pourra venir que de l’existence humaine, de la réévaluation fondamentale de la place des hommes dans le monde, des rapports qu’ils entretiennent entre eux, avec eux-mêmes et avec l’univers. Si un meilleur modèle économique et politique doit voir le jour, peut-être devra-t-il, plus que jamais, reposer sur de profonds changements existentiels et moraux au sein de la société.”

On peut remarquer la multiplication des associations humanitaires qui se mettent en place pour gérer ce que l’état est incapable d’assumer. Lorsque les gouvernement affichent leurs carences, ce sont les gouvernés qui se bougent. Le changement, c’est cette mise en valeur de l’intelligence du cœur, plus que le changement d’orientation politique. Le problème n’est pas tant de savoir ce qu’il faut penser, mais plutôt de savoir comment penser.

Les vraies questions ne sont pas toujours posées ou on n’ose pas les aborder, tant la remise en question qui est nécessaire est grande et fondamentale.

Krishnamurti : “Lorsque vous vous dites Indien, musulman, chrétien, Européen, bouddhiste ou autre chose, vous êtes violents. Car vous vous séparez du reste de l’humanité, et cette séparation due à votre croyance, votre nationalité, vos traditions, engendre tout naturellement la violence.”

Réflexions d'un médecin bouddhiste...
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