Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

résistance

13 Juin 2013, 05:41am

Publié par Marc

Cet article est reposté depuis MEDITER faute de mieux.

Les droits de l’homme devraient être incontestables. On en est loin dans ce monde où notamment le conditionnement des esprits – cette violence admise – est généralisé. Celui du pauvre par le riche, du faible par le fort, du citoyen lambda par le puissant, de l’illettré et autre inculte (cela fait beaucoup plus de monde qu’on ne le croit, surtout si l’on y ajoute ceux qui ne parlent qu’une seule langue et n’ont donc pas le moindre recul pour comprendre le monde) par la personne correctement scolarisée, du public par le publicitaire, du citoyen par le politicien, du crédule par le religieux, et enfin dans certaines cultures, celui de la femme par l’homme, ce dernier conditionnement étant sans doute le plus vicieux, le plus lâche - et très courant aussi hélas, à tel point qu’aujourd’hui on le constate même (avec désolation et un sentiment d’impuissance coupable pour certains) à tout coin de rue de nos villes, quand une femme qui se croit libre (conditionnement par l’homme) va jusqu’à porter un signe de reconnaissance de son sexe sur les cheveux.

Méditer, c’est se déconditionner de tout ce que l’on a incrusté insidieusement dans notre tête, c’est ôter tous ces filtres que l’on y a placés pour nous empêcher de penser par nous-même, c’est ne rien concéder même au nom d’une prétendue tolérance qui n’est au fond que la lâcheté de l'autruche, bref c’est faire œuvre de résistance à tous ces conditionnements admis.
Méditer, c’est être sceptique et ultimement c’est voir, comme l’avait compris le regretté Christian de Duve à la fin de sa longue vie, que même le concept de réalité ultime n’est pas encore assez neutre pour évoquer l’insoutenable mystère de l’existence et qu’il faut plutôt comprendre que « tout est mental *
».

*: Et donc illusoire, comme peut-être le mental lui-même qui en arrivera, à force de fréquenter les versants les plus vertigineux de sa réflexion, à cette conclusion pour le moins déstabilisante pour lui, conclusion qui ne pourra que déboucher sur le grand silence (celui que connaissent par exemple ceux qui ont enfin résolu un koan).

P.S.: Le billet du 14 mai 2008 faisait l’apologie de la modération en hatha yoga et en yoga.

Commenter cet article