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bonheur

Bonheur de vivre...

2 Avril 2015, 06:36am

Publié par pam

Extraits de "L'art de la simplicité" de Dominique Lobeau :

Le bonheur de vivre dépend de toutes petites choses et il ne faut pas renoncer à être libre, modeste, agréable ou sociable. Le bonheur est un exercice physique et mental de chaque instant, une bagarre continuelle. Il faut savoir se défendre de tout et faire de sa vie un abri. Et savoir que là où il est possible de vivre, il est possible de bien vivre. Notre objectif devrait se résumer à ne pas rechercher les biens éphémères mais à trouver son bonheur et son bien ultime dans son âme et dans son esprit, à être libre, à se créer sa propre esthétique de l’existence.

“Est heureux celui qui croit l’être. Tout ce que j’ai est avec moi.” Stilpon de Mégare, disciple de Socrate.

Nulle part l’homme ne trouve plus de tranquillité et plus de retraite que dans son âme, surtout s’il possède, en son for intérieur, ces notions sur lesquelles il lui suffit de se pencher pour acquérir aussitôt une quiétude et un ordre parfait.

Acceptez l’inévitable avec grâce et résignation. Ne pas accepter la vie telle qu’elle est nous empêche d’évoluer. Lorsque nous arrêtons de nous battre contre l’inévitable, nous pouvons vivre plus richement.

“L’essentiel n’est pas de vivre, mais de bien vivre.” Platon.

Puisque nous avons un temps limité à vivre sur cette terre, il faut le vivre aussi heureusement que nous le pouvons dans les circonstances données. Faites le premier pas, puis un autre, mais ne regardez ni trop loin, ni trop en arrière.

Bonheur de vivre...

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bonheur et souffrance ?

24 Mars 2015, 08:35am

Publié par pam

Extraits de "Plaidoyer pour le bonheur" de Matthieu Ricard.

“Une profonde souffrance peut nous ouvrir l’esprit et le cœur, et nous ouvrir aux autres.” Dalaï-Lama.

La souffrance peut être un extraordinaire enseignement, à même de nous faire prendre conscience du caractère superficiel de nombre de nos préoccupations habituelles, du passage irréversible du temps, de notre propre fragilité et surtout de ce qui compte vraiment au plus profond de nous-même.

“À long terme, la souffrance favorise la découverte d’un monde où il n’y a pas de séparation réelle entre l’extérieur et l’intérieur, entre le corps et l’esprit, entre moi et les autres.” Guy Corneau.

Il serait absurde de nier que la souffrance peut avoir des qualités pédagogiques si l’on sait l’utiliser à bon escient. Par contre, s’y résigner en pensant simplement “c’est la vie !” équivaut à renoncer d’avance à cette possibilité de transformation intérieure qui s’offre à chacun et permettrait d’éviter que la souffrance ne soit systématiquement convertie en malheur. Ne plus être submergé par des obstacles comme la maladie, l’inimitié, la trahison, la critique ou les revers de fortune ne signifie en rien que les événements ne nous affectent pas, ni que nous les ayons éliminés à jamais, mais qu’ils n’entravent plus notre progression vers la liberté intérieure. Il est important de ne pas laisser l’anxiété et le découragement envahir l’esprit.

Shantideva : “S’il y a un remède, à quoi bon le mécontentement ? S’il n’y a pas de remède, à quoi bon le mécontentement ?”

Blâmer les autres pour nos tourments et voir en eux les seuls responsables de nos souffrances revient à nous garantir une vie misérable. Ne sous-estimons pas les répercussions de nos actes, de nos paroles et de nos pensées. Si nous alternons comportements altruistes et nuisibles, ne soyons pas surpris de glaner un mélange de joies et de souffrances.

“Les conséquences d’une action, quelle qu’elle soit, mûrissent au fil du temps et retombent tôt ou tard sur celui qui l’a accomplie : il ne s’agit pas d’une intervention de la justice divine, mais d’une simple réalité.”

Cavalli-Sforza in “La science du bonheur”.

bonheur et souffrance ?

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Bonheur...

23 Mars 2015, 16:34pm

Publié par pam

“Jouissons de ce que nous avons, sans comparer ; il n’y aura jamais de bonheur possible pour celui que tourmente un bonheur plus grand.” Sénèque.

Bonheur...

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je ne suis jamais allé à l'école....

22 Février 2015, 08:30am

Publié par pam

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Pourquoi ne sommes-nous pas heureux ?

23 Novembre 2014, 12:22pm

Publié par pam

BONHEUR DE LA MÉDITATION. Yongey Mingyour Rinpotché.

Extraits, résumé... :

VIII - POURQUOI NE SOMMES-NOUS PAS HEUREUX ?

“Tous les êtres ordinaires tendent à agir d’une façon qui leur est nuisible.” Jamgön Kongtrul.

Ceux qui possèdent un grand confort matériel éprouvent des souffrances aussi profondes que ceux qui en sont privés. Ils ont tendance à sourire facilement, mais leurs yeux trahissent souvent insatisfaction ou désespoir. Ils cherchent à devenir meilleur ou pus fort, ou vaincre la haine de soi.

Quand le progrès matériel, ou extérieur, est plus rapide que le progrès intérieur, les êtres semblent souffrir de problèmes émotionnels profonds, sans disposer ne eux-mêmes de moyens d’y faire face. L’abondance d’objets matériels fournit une telle multiplicité de distractions extérieures que l’on perd le lien avec la vie de l’esprit.

Quand les causes sous-jacentes qui ont produit ou perpétué quelques temps une sensation de bonheur se mettent à changer, la plupart des gens en attribuent la responsabilité à des circonstances extérieures (autres, lieu, temps) ou à eux-mêmes. Mais comme cette attitude reflète un manque de confiance en soi ou dans les choses dont on nous a appris à croire qu’elles devaient nous rendre heureux, nos blâmes ne font que rendre notre quête du bonheur plus difficile encore. Dans leur majorité, les gens ne savent pas clairement ce qu’est le bonheur et finissent par créer les causes de l’insatisfaction à laquelle ils tentent désespérément de mettre fin. Il faut donc examiner plus attentivement ce que sont le bonheur et le malheur, et quelles sont leurs causes respectives.

LE CORPS ÉMOTIONNEL.

“Il n’y a pas davantage de centre localisable des émotions qu’il y en a pour le jeu de tennis.” Davidson.

Notre corps joue un rôle très important dans la production des émotions. Tout commence par les perceptions.

ÉTATS ET TRAITS ÉMOTIONNELS.

“Toutes choses dépendent des circonstances”. Patrul Rinpotché.

Scientifiquement, les émotions sont soit des événements brefs ou états (colère soudaine) soit des conditions durables ou traits de tempérament. Les états émotionnels sont des poussées soudaines de bavardage neuronal, alors que les traits sont plutôt l’équivalent de relations suivies entre les neurones. Ces liens durables ont parfois une base génétique, ils peuvent aussi être dus à un traumatisme grave ou résulter d’expérience constantes ou répétées dans l’enfance ou l’adolescence. Les traits émotionnels ont un effet conditionnant sur la manière de juger les expérience quotidiennes et d’y réagir.

LES FACTEURS CONDITIONNANTS.

“La souffrance suit une pensée négative comme les roues d’un char le bœuf qui le tire.” Dhammapada.

Le bouddhisme nous aide, de l’intérieur, à nous représenter plus clairement nos expériences agréables ou désagréables et nous fournit les moyens de modifier nos pensées, sentiments et perceptions de telle sorte que nous devenons des êtres humains plus heureux, plus en paix et plus aimants, ce qu’on peut vérifier, même au niveau cellulaire.

Ce qu’on nomme esprit se manifeste comme la rencontre perpétuellement changeante de deux phénomènes : la perception nue (la simple conscience de ce qui se passe) et les facteurs conditionnants (processus par lequel notre perception est jugée et notre réaction déterminée). Toute activité mentale procède de l’activité combinée de la perception pure et des associations neuronales durablement établies. Pour être heureux, on doit apprendre à reconnaître et à travailler sur les facteurs conditionnants qui produisent des réactions compulsives, ou liées aux traits émotionnels. Tout facteur peut être perçu comme contraignant, dans la mesure où il nous empêche de voir les choses telles qu’elles sont, sans les juger. L’influence de nos conditionnements est si forte que nous pensons rarement que nous pouvons prendre du recul. Et comme, de ce fait, notre compréhension est limitée, nous confondons la vérité partielle que nous percevons avec la vérité complète. Si nous pouvions voir toute la vérité de chaque situation, notre seule réaction au comportement d’autrui serait la compassion.

LES AFFLICTIONS MENTALES.

“Qui a créé les armes de l’enfer, et comment ?” Shantideva.

On appelle les facteurs conditionnants, les afflictions mentales, les trois principales sont l’ignorance, l’attachement et l’aversion. Elles constituent la base de tout ce qui nous empêche de voir les choses telles qu’elles sont.

L’ignorance est l’incapacité fondamentale à reconnaître le potentiel illimité, la clarté et le pouvoir de notre esprit. Ainsi tout ce qu’on perçoit est dénaturé ou masqué. L’ignorance transforme la perception ouverte de la conscience éveillée en toutes sortes de distinctions entre soi et les autres perçus comme réellement existants. Une fois qu’on a établi le schéma neuronal qui consiste à s’identifier comme un “moi” unique, pourvu d’une existence indépendante, on perçoit inévitablement tout le reste comme “autre”, étranger. Ainsi on se perçoit comme infime, limité, vulnérable. Les autres êtres ou objets sont alors considérés comme des sources de bonheur ou de malheur potentiels et la vie devient une lutte pour obtenir ce que nous pensons indispensable au bonheur avant que d’autres ne mettent la main dessus. Cette lutte est le samsâra, roue ou cercle : cercle vicieux du malheur : rechercher sans cesse les mêmes expériences avec chaque fois l’espoir d’obtenir un résultat différent. Le contraire du samsâra est le nirvâna, état de félicité ou de bonheur complet qui résulte de l’extinction de l’ego ou de l’idée du moi. Le nirvâna signifie l’acceptation de toutes les expériences agréables ou non, comme des aspects de la conscience claire. Le point de vue du samsâra est fondé principalement sur le fait de classer les expériences en deux (agréables et désagréables) et de s’identifier à elles. Le nirvâna est un état de conscience fondamentalement objectif dans lequel les expériences sont acceptées sans jugement. Il nous rend capables de percevoir des solutions pas nécessairement liées à notre survie en tant qu’individu mais qui concourent au bien de tous les êtres.

... à suivre...

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Bonheur...

28 Octobre 2014, 07:52am

Publié par pam

“Le bonheur n’arrive pas automatiquement, ce n’est pas une grâce qu’un sort heureux peut répandre sur nous et qu’un revers de fortune peut nous enlever ; il dépend de nous seuls. On ne devient pas heureux en une nuit, mais au prix d’un travail patient, poursuivi de jour en jour. Le bonheur se construit, ce qui exige de la peine et du temps. Pour devenir heureux, c’est soi-même qu’il faut savoir changer.”

Luca et Francesco Cavalli-Sforza in “La science du bonheur”.

Bonheur...

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Enthousiasme...

18 Octobre 2014, 07:59am

Publié par pam

L’enthousiasme est ce sentiment qui nous incite à agir. C’est une forme d’énergie très puissante qui devrait être cultivée autant que possible.

Pour avoir de l’enthousiasme, il faut avoir un corps sain.

Les gens sains sont ceux qui sont gais, qui aiment la vie et ses plaisirs.

Un des secrets pour vivre ainsi est de se souvenir avec autant de vivacité que possible des meilleurs moments de sa vie, des moments qui nous ont transportés dans une autre dimension.

Les transformations du corps sont nécessaires à sa purification et aident à en préserver l’essence. Pour cela, il nous faut garder nos chaînes de transmissions propres : un sang sale est la cause de la plupart des maladies. Les aliments, eux aussi, ont leur propre taux de vibrations. Des aliments “morts” entraînent la mort. Trop de nourriture bloque l’énergie. Bougez, marchez, faites-vous des massages, méditez, respirez... Ne négligez pas l’insomnie : elle est souvent due à un blocage du ki, lequel, empêché de circuler librement dans le corps se bloque quelque part, forme des nœuds. Il en résulte trop d’énergie dans une partie du corps, en particulier le cerveau qui, trop “activé” ne peut trouver le repos. C’est pourquoi il faut bouger, marcher, faire quelques exercices, pour favoriser la circulation du ki et permettre une meilleure répartition. Les eaux en mouvement, qui contiennent des ions négatifs, sont très précieuses pour nous redonner du ki. L’air est chargé d’ions positifs, qui se multiplient à l’approche de l’orage, c’est pourquoi quand il éclate, nous sommes soulagés.

Dressez une liste des choses qui vous font plaisir et efforcez-vous d’en satisfaire au moins une par jour.

Le rire est nécessaire, vital, il nous nettoie, nous vide. Il aide toutes sortes d’émotions à remonter à la surface.

Le bonheur de vivre dépend de toutes petites choses et il ne faut pas renoncer à être libre, modeste, agréable ou sociable. Le bonheur est un exercice physique et mental de chaque instant, une bagarre continuelle. Il faut savoir se défendre de tout et faire de sa vie un abri. Et savoir que là où il est possible de vivre, il est possible de bien vivre. Notre objectif devrait se résumer à ne pas rechercher les biens éphémères mais à trouver son bonheur et son bien ultime dans son âme et dans son esprit, à être libre, à se créer sa propre esthétique de l’existence.

Si vous avez des rêves pour le futur, cela veut dire que vous croyez encore en vous-même. Tant que nous vivons, nous avons des choix.

“Est heureux celui qui croit l’être. Tout ce que j’ai est avec moi.” Stilpon de Mégare, disciple de Socrate.

Nulle part l’homme ne trouve plus de tranquillité et plus de retraite que dans son âme, surtout s’il possède, en son for intérieur, ces notions sur lesquelles il lui suffit de se pencher pour acquérir aussitôt une quiétude et un ordre parfait.

Acceptez l’inévitable avec grâce et résignation. Ne pas accepter la vie telle qu’elle est nous empêche d’évoluer. Lorsque nous arrêtons de nous battre contre l’inévitable, nous pouvons vivre plus richement.

“L’essentiel n’est pas de vivre, mais de bien vivre.” Platon.

Puisque nous avons un temps limité à vivre sur cette terre, il faut le vivre aussi heureusement que nous le pouvons dans les circonstances données. Faites le premier pas, puis un autre, mais ne regardez ni trop loin, ni trop en arrière.

extraits de

DOMINIQUE LOREAU. L’ART DE LA SIMPLICITÉ.

Ed. Robert Laffont. 2005.

Enthousiasme...

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Générosité...

19 Juillet 2014, 08:15am

Publié par pam

La peur de l’abandon et le sentiment d’insécurité sont intimement liés au manque de liberté intérieure. C’est le chérissement de soi-même, qui, avec son inséparable cortège de crainte et d’espoir, d’attirance et de rejet, est le principal ennemi de la paix intérieure. Si l’on souhaite vraiment le bonheur de quelqu’un, on ne peut exiger de définir la façon dont l’autre doit être heureux, même si ce n’est pas chose aisée.

Seul l’ego peut dire : ton bonheur ne peut passer que par le mien.

Svami Prajnanpad : “Quand vous aimez quelqu’un, vous ne pouvez espérer qu’il fasse ce qui vous plaît. Cela reviendrait à vous aimer vous-même.”

Une âme en paix peut partager son bonheur mais n’a que faire de la jalousie.

Matthieu Ricard in “Plaidoyer pour le bonheur”.

Générosité...

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Le grand saut vers la liberté...

8 Juillet 2014, 05:34am

Publié par pam

On continue avec Matthieu Ricard, extraits de "Plaidoyer pour le bonheur".

Chapitre XI - LE GRAND SAUT VERS LA LIBERTÉ.

“Quel soulagement pour le porteur qui a longtemps marché dans le monde de la souffrance que de poser à terre son lourd et inutile fardeau.” Longchen Radbjam.

Être libre, c’est être maître de soi-même. Pour beaucoup, cette maîtrise concerne la liberté d’action, de mouvement et d’opinion, l’occasion de réaliser les buts qu’on s’est fixés : ainsi, on situe la liberté à l’extérieur de soi, sans prendre conscience de la tyrannie des pensées. En Occident, la conception répandue consiste à penser qu’être libre revient à pouvoir faire tout ce que l’on veut, réaliser nos caprices. Cette liberté anarchique, qui a pour seul but l’accomplissement immédiat des désirs, apportera-t-elle le bonheur ? La spontanéité est une qualité précieuse à condition de ne pas la confondre avec l’agitation mentale. Laisser entrer dans notre esprit désir, jalousie, orgueil, ressentiment, nous impose un univers carcéral en expansion continue, oblitérant toute joie de vivre. La liberté intérieure, bien plus essentielle, c’est d’abord l’affranchissement de la dictature du moi, du mien, de l’avoir envahissant. Savoir trouver l’essentiel et ne plus s’inquiéter de l’accessoire entraîne un profond sentiment de contentement. Être libre revient donc à s’émanciper de la contrainte des afflictions qui dominent l’esprit et l’obscurcissent, c’est prendre sa vie en main, ne pas lâcher la barre vers la destination choisie.

Les méandres de l’irrésolution.

L’irrésolution peut s’opposer à tout accomplissement. L’attente et l’appréhension qui nous déchirent sont bien souvent l’expression d’une insécurité profonde devant un avenir peuplé d’espoirs et de craintes. L’irrésolution et l’immobilisme qu’elle engendre constituent ainsi un obstacle majeur à la quête du bonheur. Hésitation paralysante, rumination anxieuse. À force d’être préoccupé par soi-même, on se retrouve constamment écartelé entre l’espoir et la peur, qui monopolisent l’esprit et obscurcissent le jugement. Moins obsédé par soi, on examine plus objectivement les tenants et aboutissants d’une situation, on prend des décisions et on s’y tient. Quand le choix est difficile, conserver un certain détachement à l’égard des événements à venir permet de trancher sans rester figé dans l’irrésolution et la peur.

Le sage agit peu mais une fois qu’il a décidé de l’action, sa résolution est comme une parole gravée dans le roc.

Cette liberté permet d’être ouvert et patient avec les autres, tout en restant ferme quant à l’orientation que l’on a choisi de donner à son existence.

De même, l’angoisse que certains ressentent ne vient-elle pas d’un manque de direction dans leur vie, de ne pas avoir pris conscience du potentiel de transformation qui est en eux ?

Prendre conscience que l’on n’est ni parfait ni totalement heureux n’est pas une faiblesse. C’est un constat très sain qui n’a rien à voir avec le manque de confiance en soi, l’apitoiement sur son sort ou une vision pessimiste de la vie. Une telle prise de conscience conduit à une nouvelle appréciation des priorités de l’existence, à un sursaut d’énergie que, dans le bouddhisme, on appelle renoncement, mot souvent mal compris et qui exprime en réalité un profond désir de liberté.

Le paradoxe du renoncement.

Pour beaucoup, l’idée du renoncement, et du non-attachement, évoquent l’ascèse et la discipline. Une série d’injonctions, d’interdits qui restreignent la liberté de jouir.

Pourtant, le renoncement fait que les préoccupations sans fin qui oppressaient l’esprit s’évanouissent, laissant s’exprimer le potentiel de la liberté intérieure. Posons notre sac à terre et faisons le tri pour alléger le fardeau.

Renoncer n’est pas se priver de ce qui nous procure joie et bonheur mais mettre fin à ce qui nous cause tant de tourments. C’est décider de sortir du trou, s’affranchir de toute dépendance à l’égard des causes mêmes du mal-être. Il est plus facile de se leurrer parce qu’on ne veut pas se donner le temps ni la peine d’analyser les causes de sa souffrance. Il faut se demander ce qui nous rend vraiment heureux, et constater que certains aspects de sa vie ne méritent pas qu’on s’y accroche. Abandonner le superflu, ne pas perdre sa vie à la gagner, éviter ce qui n’est pas indispensable matériellement...

Tchouang-tseu : “Celui qui a pénétré le sens de la vie ne se donne plus de peine pour ce qui ne contribue pas à la vie.”

Désenchantement à l’égard des préoccupations les plus vaines de la vie qui font perdre temps, argent, énergie et n’apportent que satisfactions mineures et éphémères.

Libre du passé, libre de l’avenir.

À quoi bon se tourmenter pour ce qui n’existe plus et ce qui n’existe pas encore ?

La liberté intérieure permet de savourer la simplicité limpide du moment présent. Elle permet d’accepter les choses avec sérénité sans pour autant tomber dans la passivité ou la faiblesse. Une manière d’utiliser toutes les circonstances de la vie, d’éviter d’être distrait ou arrogant lorsque tout va bien, puis déprimé lorsque les circonstances se font contraires.

L’intelligence du renoncement.

Le renoncement n’est pas frustration mais façon sensée de prendre sa vie en main. Ce n’est pas fuir un monde ingérable mais se désintéresser de préoccupations futiles parce qu’on en voit les inconvénients. Le renoncement doit être un acte libérateur, pas une contrainte déchirante. Ne rien rejeter mais tout simplifier.

Le baume de la simplicité.

Notre vie se perd dans des détails, simplifions ! Simplifions nos actes, nos pensées, nos paroles pour nous débarrasser du superflu. Les conversations ordinaires sont des échos d’échos. Prendre conscience de la parole juste, de la valeur du temps, éviter commérages et mensonges. La simplicité de l’esprit s’accompagne de lucidité.

Comte-Sponville : “Le simple vit comme il respire, sans plus d’efforts ni de gloire, sans plus d’effets ni de honte. La simplicité n’est pas une vertu qui s’ajouterait à l’existence. C’est l’existence même, en tant que rien ne s’y ajoute... Sans autre richesse que tout. Sans autre trésor que rien. Simplicité est liberté, légèreté, transparence. Simple comme l’air, libre comme l’air... Le simple ne prend ni au sérieux ni au tragique. Il suit son bonhomme de chemin, le cœur léger, l’âme en paix, sans but, sans nostalgie, sans impatience. Le monde est son royaume, qui lui suffit. Le présent est son éternité, qui le comble. Il n’a rien à prouver, puisqu’il ne veut rien paraître. Ni rien à chercher puisque tout est là. Quoi de plus simple, de plus léger que la simplicité ? C’est la vertu des sages, et la sagesse des saints.”

Libre pour les autres.

La liberté comme source de bonheur, de plénitude durable, est intimement liée à l’altruisme. À quoi bon une liberté qui ne profite qu’à soi ?

Pour que l’intelligence serve à des fins altruistes, il est essentiel qu’elle s’émancipe de l’égoïsme, de l’indifférence et de la cruauté. C’est une condition indispensable à l’accomplissement du bonheur des autres. Et pour mieux aider autrui, il faut commencer par se transformer soi-même. Être libre, c’est donc aussi avoir la faculté de suivre un chemin de transformation intérieure. À cette fin, il faut vaincre non seulement l’adversité extérieure, mais plus encore nos ennemis intimes : paresse, dispersion mentale et toutes les habitudes qui nous détournent sans cesse de la pratique spirituelle ou la diffèrent.

L’aspect austère du chemin spirituel fait place à une satisfaction profonde que les états de dépendance ou de satiété ne peuvent procurer.

Le grand saut vers la liberté...

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Une sociologie du bonheur...

7 Juillet 2014, 06:08am

Publié par pam

extraits de "Plaidoyer pour le bonheur" de Matthieu Ricard.

Chapitre XX - UNE SOCIOLOGIE DU BONHEUR.

Nous cherchons à déterminer les conditions qui favorisent le bonheur et celles qui l’entravent.

Au XX°, psychologie et psychiatrie se sont surtout occupées de décrire et de traiter les troubles psychologiques et les maladies mentales. Mais la science s’est peu interrogée sur la possibilité de passer d’une situation “normale” à un état de bien-être et de satisfaction accrus.

3 000 publications scientifiques sur le bonheur... 3 conclusions :

Nous avons une prédisposition génétique à être heureux ou malheureux : environ 50% de la tendance au bonheur peuvent être attribués aux gènes.

Les conditions extérieures et autres facteurs généraux (statut social, éducation, loisirs, richesse, sexe, âge, ethnie...) ont une influence circonstancielle mais n’expliquent que 10 à 15% des variations dans la satisfaction de vie.

On peut influencer considérablement l’expérience du bonheur et du malheur par sa manière d’être et de penser, par la façon dont on perçoit les événements de l’existence et dont on agit en conséquence.

Heureusement, car si la faculté d’être heureux était invariable, étudier le phénomène du bonheur et essayer d’être plus heureux n’aurait aucun sens !

Nombreux sont les philosophes qui se sont moqués de l’idée que le bonheur pouvait être bon pour la santé, favoriser la longévité et qu’on pouvait cultiver le bonheur. Ce sont pourtant des faits établis, le bonheur n’est pas une “niaiserie inutile” !!

Selon les chercheurs, les événements de la petite enfance n’ont qu’un effet mineur sur la personnalité adulte, beaucoup moins d’effet que les gènes.

Les dispositions à ressentir des émotions plaisantes ou déplaisantes semblent être gouvernées par des gènes différents. Pour la psy occidentale, l’émotivité plaisante inclut joie, plaisir, contentement, émerveillement, gratitude, affection, soulagement, intérêt, élévation, amour et enthousiasme, et l’émotivité déplaisante comprend colère, tristesse, angoisse, peur, dégoût, mépris et honte. L’émotivité déplaisante que l’on ressent dépend à 55% des gènes, l’émotivité plaisante qu’à 40%.

Une série d’expériences a montré chez des rats ayant eu une mère aimante et attentive, le gène de l’anxiété n’était pas exprimé et ce pour la vie. Cela est en accord avec le bouddhisme pour qui le jeune enfant a essentiellement besoin d’affection encore et toujours. Il est indéniable que le degré d’amour et de tendresse qu’on reçoit dans la petite enfance influence profondément notre vision de l’existence.

Parmi les traits fortement liés aux gènes certains sont peu modifiables (orientation sexuelle, poids moyen...), mais d’autres peuvent être considérablement modifiés par les conditions de vie et un entraînement mental (peur, pessimisme, bonheur...). L’entraînement mental peut augmenter notablement l’aptitude à l’altruisme, la compassion, la sérénité.

Nombreuses recherches consacrées au bonheur défini comme qualité de vie ou appréciation subjective que l’on a de la qualité de vie.

Les résultats montrent qu’une proportion plus importante de gens se disent heureux dans les pays économiquement prospères. Mais dans ces pays, au delà d’un certain seuil de richesse, le niveau de satisfaction ne s’accroît pas même si les revenus augmentent encore. Problème des “pauvres heureux” qui sont plus gais et insouciants que bien des riches stressés. Nombre de ces pauvres ont abandonné l’espoir de voir évoluer leur statut social et financier et ne ne sont donc pas anxieux à ce sujet. Ceux qui n’ont presque rien seraient sans doute heureux d’en avoir davantage, mais tant qu’ils peuvent manger à leur faim et que l’absence de richesse ne les obsède pas, le fait de ne posséder que très peu de choses va de pair avec une forme de liberté sans soucis.

Diogène à Alexandre : “je suis plus grand que toi, Seigneur, car j’ai dédaigné plus que tu n’as possédé”.

Le sentiment de bonheur est plus élevé dans les pays qui garantissent davantage de sécurité, d’autonomie et de liberté, d’accès à l’éducation et à l’information et bien sûr de paix. Le bonheur augmente avec l’implication sociale, la participation à des organisations bénévoles, la pratique du sport, de la musique, d’activités. Il est lié à la présence et la qualité des relations privées. Il semble lié à l’emploi, la bonne santé, l’énergie, les loisirs, mais pas au climat. Plus le pays est moderne, plus heureux sont les citoyens. Mais la dépression est 10 fois plus fréquente dans les pays développé qu’en 1960. Les suicides augmentent.

Martin Seligman : “Une culture qui se construit sur une estime de soi excessive adopte la tendance exacerbée à s’ériger en victime au moindre préjudice et encourage l’individualisme chronique, qui a sans doute contribué à cette épidémie”.

Un bouddhiste ajoutera que c’est sans doute aussi le fait de consacrer la plus grande partie de son temps à des activités et des buts extérieurs qui n’ont jamais de fin, au lieu d’apprendre à jouir de l’instant présent, de la compagnie de ceux qui nous sont chers, de la sérénité d’un paysage, et surtout, de l’épanouissement de la paix intérieure qui confère une qualité différente à chaque moment de la vie.

L’excitation et le plaisir occasionnés par la multiplication et l’intensification des stimulations sensorielles ne peuvent pas remplacer cette paix intérieure et la joie de vivre qu’elle engendre. Les excès ont pour but de secouer notre apathie, mais ne font que produire une fatigue nerveuse doublée d’une insatisfaction chronique.

Ce dégoût de la vie vient d’une totale ignorance ou d’un mépris de notre richesse intérieure. D’un refus de regarder en soi et de comprendre que c’est en cultivant la sérénité pour soi et la bonté envers les autres que l’on pourra respirer cet oxygène qu’est la joie de vivre.

L’”intelligence émotionnelle” différencie de façon significative les gens heureux des malheureux. Notion de Daniel Goleman, est définie par la faculté de percevoir avec justesse les sentiments des autres et d’en tenir compte, faculté d’identifier lucidement et rapidement nos propres émotions.

K. Magnus : le bonheur va de pair avec la capacité de s’affirmer, avec l’extraversion et l’empathie : les gens heureux sont en général ouverts au monde. Les malheureux ont tendance à se croire les jouets du destin. Plus on maîtrise son environnement, plus on est heureux. Les extravertis vivent plus d’évènements positifs que les autres, les névrosés davantage d’expériences négatives que les stables. On peut donc bien “attirer les ennuis” ou “avoir la poisse”.

Les personnes pratiquant une religion sont plus heureuses et vivent plus longtemps : sociabilisation accrue, entraide, morale évitant les excès, espoir, sentiment d’être protégé, favorise un but dans l’existence.

Peu d’influence de la santé , ainsi que de la richesse et de la beauté, sur le bonheur.

Tout dépend des buts que l’on se fixe dans l’existence.

Les gens heureux vivent plus longtemps.

Le problème de ces corrélations c’est qu’on ne sait pas si elles sont causes ou conséquences. On parle des conditions extérieures, peu des conditions intérieures du bonheur.

Cavalli-Sforza : “Les États contemporains ne considèrent pas que c’est leur rôle de faire le bonheur des concitoyens, ils s’occupent plutôt de garantir leur sécurité et leur propriété.”

Chercher le bonheur dans la simple amélioration des conditions extérieures revient à moudre du sable en espérant en extraire de l’huile. Le bonheur est en soi.

Une sociologie du bonheur...

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