Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

bouddhisme

humain ?

29 Avril 2016, 08:47am

Publié par pam

VANA VEROUTI. “LE SOUPIR DES DIEUX”.

“- Que sommes-nous censés faire ? Ne rien vouloir ? Ne rien avoir ?

- Pas du tout. Ce qui est mauvais, c’est de devenir frustré et malheureux, de désirer les choses que nous ne pouvons pas avoir.

- Et cette histoire de renaissance et de transmigration des âmes ?

- Le Bouddha dit que nos désirs ne s’achèvent pas dans la mort. Ils resurgissent encore et encore, soutenus par l’infinie chaîne de renaissances qui se déploie dans les plis de l’éternité. Mais attention : selon le Bouddha, la renaissance n’implique pas la transmigration d’une âme dans un nouveau corps. Pour lui, ce qui est transmis, ce sont les qualités mentales de la personne et non la personne elle-même. Une fois mort, le continuum d’un être humain, par lequel nous signifions les tendances de son caractère, tout ce qu’il a cultivé dans sa vie, est propulsé par la force du devenir dans un nouveau ventre et n’aspire qu’à se matérialiser dans le courant d’une nouvelle existence, comme une graine tombée à terre.

... Souviens-toi juste que l’affirmation du Bouddha pourrait expliquer pourquoi les saints ont toujours incité les gens à la bonté, à la compassion, à l’amour du prochain et à la paix. La loi du Karma est une réalité. Que cela nous plaise ou non, nous récoltons ce que nous avons semé, dans cette vie et dans l’au-delà.

- Et l’âme alors ? Est-ce qu’elle existe ?

- Elle existe, mais pas comme la religion nous la représente. L’âme est un flux d’énergie pur et éternel. Une énergie que l’on ressent, sans pouvoir la concevoir intellectuellement.

- Savoir que notre âme se réincarne dans un corps, et que notre propre corps est un amas de particules, cela me donne la chair de poule !

- Pourtant, c’est ainsi qu’opère la nature, et non seulement d’après le Bouddha mais aussi selon la science. Imagine le génie de Bouddha qui a découvert cela grâce à la méditation."

humain ?

Voir les commentaires

Le Tonglen.

10 Avril 2015, 06:20am

Publié par pam

PEMA CHÖDRÖN. “LES BASTIONS DE LA PEUR”.

Chapitre 9 - LE TONGLEN.

“Dans la joie et dans la peine tous sont égaux. Sois donc le gardien de tous, comme de toi-même.” Shantideva.

Le tonglen (donner et recevoir en tibétain) est l’échange de soi-même contre les autres, autre pratique de la bodhichitta pour éveiller bienveillance et compassion. Il se réfère à notre disposition à recevoir notre douleur et celles des autres et à renvoyer à tous du bonheur.

On inspire ce qui est douloureux et indésirable, on souhaite sincèrement que soi et autrui soient délivrés de la souffrance. Ainsi on laisse tomber le scénario qui accompagne la souffrance pour ressentir l’énergie dont il est porteur. On ouvre totalement son cœur et son esprit à tout ce qui surgit. Puis on expire le soulagement pour que tous soient heureux, soi et autrui. En acceptant de garder même un petit moment, une énergie inconfortable en soi, on apprend à cesser d’en avoir peur. Puis quand on voit quelqu’un dans la peine, on ne répugne plus à inspirer sa souffrance et à expirer du soulagement.

En premier, on ouvre son esprit (bodhichitta inconditionnelle), vacuité. Faire l’expérience de l’ouverture, c’est d’abord avoir confiance en la qualité vivante de l’énergie de base. On doit se rendre compte de la manière dont on bloque l’énergie, dont on crispe son corps et son esprit. Puis on s’entraîne à s’adoucir, à s’ouvrir à l’énergie sans porter de jugements.

On poursuit jusqu’à être synchronisé avec sa respiration et distinguer clairement ce qu’on reçoit et ce qu’on envoie. On maintient l’équilibre entre inspir et expir, même durée, même intensité.

Puis on pratique l’échange avec la personne souffrante. En partageant le soulagement, l’inspiration devient ouverture et acceptation de ce qui n’est pas désiré, l’expiration devient lâcher-prise et ouverture encore plus grande. On renverse les habitudes ancrées de s’accrocher à tout ce qui réconforte, de se refermer face à la souffrance.

Apprendre aux malades à pratiquer le tonglen leur permet de se libérer de la peur, de l’isolement, de la honte et crée une atmosphère de clarté pour que l’entourage soit aussi libéré de la peur.

S’entraîner à relâcher sa solide emprise sur le moi et se préoccuper des autres, fait entrer en relation avec le point sensible de la bodhichitta.

S’ouvrir à tout ce qui surgit, ne pas être trop ambitieux. Garder son cœur ouvert à l’instant présent.

La 4° étape est d’étendre la compassion à toute personne dans la même situation. On commence par une situation particulière et authentique pour élargir le cercle autant qu’on peut.

Dès que des émotions pénibles montent, on s’entraîne à les inspirer et à laisser tomber le scénario. Puis on étend ses pensées et son attention à ceux qui éprouvent la même peine, puis on inspire en faisant le souhait que tous soient libérés de cette sorte de confusion.

Inversement, on peut remarquer tout ce qui peut apporter du bonheur dans la vie quotidienne, et le partager avec d’autres dans l’esprit du tonglen.

Avec la pratique, vient l’automatisme du processus, le tonglen commence à aérer nos préjugés et nous fait entre dans un monde plus tendre et ouvert.

Le Tonglen.

Voir les commentaires

Pourquoi ne sommes-nous pas heureux ?

23 Novembre 2014, 12:22pm

Publié par pam

BONHEUR DE LA MÉDITATION. Yongey Mingyour Rinpotché.

Extraits, résumé... :

VIII - POURQUOI NE SOMMES-NOUS PAS HEUREUX ?

“Tous les êtres ordinaires tendent à agir d’une façon qui leur est nuisible.” Jamgön Kongtrul.

Ceux qui possèdent un grand confort matériel éprouvent des souffrances aussi profondes que ceux qui en sont privés. Ils ont tendance à sourire facilement, mais leurs yeux trahissent souvent insatisfaction ou désespoir. Ils cherchent à devenir meilleur ou pus fort, ou vaincre la haine de soi.

Quand le progrès matériel, ou extérieur, est plus rapide que le progrès intérieur, les êtres semblent souffrir de problèmes émotionnels profonds, sans disposer ne eux-mêmes de moyens d’y faire face. L’abondance d’objets matériels fournit une telle multiplicité de distractions extérieures que l’on perd le lien avec la vie de l’esprit.

Quand les causes sous-jacentes qui ont produit ou perpétué quelques temps une sensation de bonheur se mettent à changer, la plupart des gens en attribuent la responsabilité à des circonstances extérieures (autres, lieu, temps) ou à eux-mêmes. Mais comme cette attitude reflète un manque de confiance en soi ou dans les choses dont on nous a appris à croire qu’elles devaient nous rendre heureux, nos blâmes ne font que rendre notre quête du bonheur plus difficile encore. Dans leur majorité, les gens ne savent pas clairement ce qu’est le bonheur et finissent par créer les causes de l’insatisfaction à laquelle ils tentent désespérément de mettre fin. Il faut donc examiner plus attentivement ce que sont le bonheur et le malheur, et quelles sont leurs causes respectives.

LE CORPS ÉMOTIONNEL.

“Il n’y a pas davantage de centre localisable des émotions qu’il y en a pour le jeu de tennis.” Davidson.

Notre corps joue un rôle très important dans la production des émotions. Tout commence par les perceptions.

ÉTATS ET TRAITS ÉMOTIONNELS.

“Toutes choses dépendent des circonstances”. Patrul Rinpotché.

Scientifiquement, les émotions sont soit des événements brefs ou états (colère soudaine) soit des conditions durables ou traits de tempérament. Les états émotionnels sont des poussées soudaines de bavardage neuronal, alors que les traits sont plutôt l’équivalent de relations suivies entre les neurones. Ces liens durables ont parfois une base génétique, ils peuvent aussi être dus à un traumatisme grave ou résulter d’expérience constantes ou répétées dans l’enfance ou l’adolescence. Les traits émotionnels ont un effet conditionnant sur la manière de juger les expérience quotidiennes et d’y réagir.

LES FACTEURS CONDITIONNANTS.

“La souffrance suit une pensée négative comme les roues d’un char le bœuf qui le tire.” Dhammapada.

Le bouddhisme nous aide, de l’intérieur, à nous représenter plus clairement nos expériences agréables ou désagréables et nous fournit les moyens de modifier nos pensées, sentiments et perceptions de telle sorte que nous devenons des êtres humains plus heureux, plus en paix et plus aimants, ce qu’on peut vérifier, même au niveau cellulaire.

Ce qu’on nomme esprit se manifeste comme la rencontre perpétuellement changeante de deux phénomènes : la perception nue (la simple conscience de ce qui se passe) et les facteurs conditionnants (processus par lequel notre perception est jugée et notre réaction déterminée). Toute activité mentale procède de l’activité combinée de la perception pure et des associations neuronales durablement établies. Pour être heureux, on doit apprendre à reconnaître et à travailler sur les facteurs conditionnants qui produisent des réactions compulsives, ou liées aux traits émotionnels. Tout facteur peut être perçu comme contraignant, dans la mesure où il nous empêche de voir les choses telles qu’elles sont, sans les juger. L’influence de nos conditionnements est si forte que nous pensons rarement que nous pouvons prendre du recul. Et comme, de ce fait, notre compréhension est limitée, nous confondons la vérité partielle que nous percevons avec la vérité complète. Si nous pouvions voir toute la vérité de chaque situation, notre seule réaction au comportement d’autrui serait la compassion.

LES AFFLICTIONS MENTALES.

“Qui a créé les armes de l’enfer, et comment ?” Shantideva.

On appelle les facteurs conditionnants, les afflictions mentales, les trois principales sont l’ignorance, l’attachement et l’aversion. Elles constituent la base de tout ce qui nous empêche de voir les choses telles qu’elles sont.

L’ignorance est l’incapacité fondamentale à reconnaître le potentiel illimité, la clarté et le pouvoir de notre esprit. Ainsi tout ce qu’on perçoit est dénaturé ou masqué. L’ignorance transforme la perception ouverte de la conscience éveillée en toutes sortes de distinctions entre soi et les autres perçus comme réellement existants. Une fois qu’on a établi le schéma neuronal qui consiste à s’identifier comme un “moi” unique, pourvu d’une existence indépendante, on perçoit inévitablement tout le reste comme “autre”, étranger. Ainsi on se perçoit comme infime, limité, vulnérable. Les autres êtres ou objets sont alors considérés comme des sources de bonheur ou de malheur potentiels et la vie devient une lutte pour obtenir ce que nous pensons indispensable au bonheur avant que d’autres ne mettent la main dessus. Cette lutte est le samsâra, roue ou cercle : cercle vicieux du malheur : rechercher sans cesse les mêmes expériences avec chaque fois l’espoir d’obtenir un résultat différent. Le contraire du samsâra est le nirvâna, état de félicité ou de bonheur complet qui résulte de l’extinction de l’ego ou de l’idée du moi. Le nirvâna signifie l’acceptation de toutes les expériences agréables ou non, comme des aspects de la conscience claire. Le point de vue du samsâra est fondé principalement sur le fait de classer les expériences en deux (agréables et désagréables) et de s’identifier à elles. Le nirvâna est un état de conscience fondamentalement objectif dans lequel les expériences sont acceptées sans jugement. Il nous rend capables de percevoir des solutions pas nécessairement liées à notre survie en tant qu’individu mais qui concourent au bien de tous les êtres.

... à suivre...

Voir les commentaires

principes de base de la méditation...

13 Août 2014, 07:51am

Publié par pam

continuons le résumé de "Réflexions d'un médecin bouddhiste à l'usage des soignants et des soignés" Dr. Daniel Chevassut.

- PRINCIPES DE BASE DE LA MÉDITATION.

Pour réaliser cet objectif, le moyen est la pratique de l’attention. Être attentif, présent et pleinement conscient à ce qui est Aussi bien intérieurement dans sa tête et dans son corps qu’à l’extérieur : environnement, situation vécue... Pour éliminer progressivement l’habitude du mental de partir dans tous les sens, on utilise un support comme le souffle pour le fixer. On reste donc posé sans distraction sur le va et vient du souffle, on ne bloque pas pensées ou sensations (physiques ou psychologiques) et on ne les suit pas non plus. On expérimente alors progressivement cet état témoin. Tout est vu, éprouvé, mais sans identification, ni fixation, ni tentative d’appropriation. C’est un acte de dépossession.

Ce type de travail sur soi a pour résultat de développer un esprit paisible, réceptif, disponible et apte à se concentrer rapidement et efficacement sur ce qui est approprié en fonction du lieu et du temps. Il favorise donc l’expression d'une attitude juste mais aussi le développement de l’intuition. D’ailleurs, si on est vraiment réceptif à une situation, l’esprit est en paix et souvent la solution s’impose d’elle-même.

Outre l’esprit, la méditation implique un travail sur le corps, par le biais de la posture. La position du corps a d’elle-même un effet apaisant. Le plus important est la rectitude du dos. Le corps est parcouru de canaux subtils (nadi en sanscrit), dans lesquels circule l’énergie (prâna en sanscrit). La production et la qualité des pensées, émotions et rêves sont étroitement liées à la circulation de cette énergie.

“L’axe vertébral est la manifestation physique de la verticalité. À ce titre, il occupe une place essentielle dans l’équilibre et l’épanouissement de l’être. La verticalité n’est pas seulement une posture corporelle, mais aussi le reflet de la présence à l’instant, dans laquelle aucune énergie n’est dispersée dans la remémoration du passé ou l’anticipation du futur. Dans cette intemporalité, libre du moi et de ses illusoires sécurités, le corps trouve sa dignité naturelle et son repos parfait.” Jean-Marc Mantel.

L’outil pour observer le corps subtil (canaux, centres d’énergie...) est la conscience, mais une conscience plus affinée que celle dont nous faisons habituellement l’expérience, une conscience progressivement purifiée par le travail de la méditation.

Bokar Rimpotché : “Les scientifiques nous révèlent un grand nombre de choses que nous n’avons pas la capacité de percevoir par nous-mêmes. Cependant, malgré tout leur savoir, malgré les découvertes merveilleuses qu’ils opèrent, il reste un domaine qu’ils ne savent ni approcher ni comprendre : celui de la nature de l’esprit. Ce domaine est précisément celui de l’enseignement du Bouddha.”

Seul l’esprit peut connaître et analyser l’esprit, et la première étape de cette observation consiste à développer un état intérieur clair et serein.

Par ailleurs, le niveau de conscience du sujet modifie considérablement l’observation de l’objet. Nous percevons les choses en fonction de ce que nous sommes. D’après le principe d’incertitude du physicien Heisenberg, la qualité de conscience de l’observateur peut modifier la nature ou la structure de l’objet observé. Cette vision quantique selon laquelle les atomes forment un univers d’événements multiples plutôt qu’un monde figé d’éléments et d’états, crée beaucoup d’espace dans les possibles de la relation humaine. Cela signifie que la qualité d’être du médecin a une influence directe sur la santé de son patient.

Il y a une compréhension qui naît de la pratique de la méditation elle-même. L’accès à certaines réalités implique en effet un niveau de maturation de la psyché et de la conscience équivalent.

Ces connaissances sont le fruit de l’expérience spirituelle des grands maîtres du passé. Rien n’a donc été inventé.

Bokar Rimpotché : “S’engager sur la voie de la méditation implique que l’on en connaisse la finalité, les moyens utilisés et les résultats obtenus :

- Reconnaître que la source de toute souffrance et de tout bonheur est l’esprit lui-même et que, donc, seul le travail sur l’esprit permet d’éliminer la première et d’établir le second de manière authentique et définitive.

- Connaître les conditions auxiliaires nécessaires : désir de méditer, instructeur qualifié, lieu retiré.

- Savoir poser son esprit en méditation : sans suivre les pensées du passé ou de l’avenir, établir dans le présent son esprit, ouvert, détendu, lucide et le fixer sur l’objet de concentration choisi.

- Savoir quels sont les fruits temporaires et ultimes de la méditation : sérénité, liberté face aux circonstances et enfin, l’état de Bouddha.”

principes de base de la méditation...

- LA MÉDITATION EST-ELLE SANS RISQUES ?

Toute la difficulté consiste à maintenir une cohérence dans le fonctionnement du corps et de la psyché, tout en conservant cette vision profonde, même si, inéluctablement, il y a des périodes de crises. Entre l’éveil de la conscience et l’ignorance, il y a un entre-deux qui peut parfois être inconfortable, mais qui est aussi en même temps très tonifiant.

Je ne sais pas exactement où j’en suis sur le chemin spirituel, mais je sais que pour rien au monde ne ne reviendrais en arrière. Cela serait de toute façon impossible.

Pratique mal comprise : la torpeur est un danger, il est essentiel de maintenir un esprit vif et clair pendant la méditation. Il vaut mieux raccourcir le temps de méditation ou reporter en cas de fatigue. Sinon cette torpeur risque de nous faire développer une apathie dans le reste de l’existence. Il faut de la rigueur.

La pratique peut révéler des problèmes antérieurs. La méditation favorise progressivement une transparence intérieure. Dans cette transparence, la censure répressive de la psyché se relâche, tout un contenu mental et émotionnel inconscient est susceptible de remonter à la surface. Il faut donc savoir travailler avec ce qui peut se révéler désagréable, voire inacceptable. Un dysfonctionnement mental sévère peut constituer un obstacle majeur dans le cadre de la pratique contemplative.

Enfin, quand tout se passe bien, la structure égotique, se sentant menacée par une pratique méditative bien conduite, va réagir de multiples façons : le plus souvent par l’ennui, l’orgueil, la tristesse ou la dépression. Ce cas particulier n’est pas sans rappeler le phénomène du sevrage. On peut aussi éprouver de la peur, plus dans l’approche de la vision supérieure.

Aristote : “De même que les yeux des oiseaux de nuit clignotent devant l’éclat de la lumière du jour, ainsi le regard des mortels est ébloui devant ce qui est le plus manifeste.”

Tout cela se travaille, en comprenant entre autre que ce sont des effets secondaires d’une pratique efficace (variables en fonction de chacun).

Voir les commentaires

la maladie comme maître ?

9 Août 2014, 07:07am

Publié par pam

RÉFLEXIONS D’UN MÉDECIN BOUDDHISTE À L’USAGE DES SOIGNANTS ET DES SOIGNÉS.

Dr. Daniel Chevassut. suite des notes de lecture...

Dénominateur commun : tout l’enseignement du Bouddha repose sur la libération de la souffrance et sur les moyens pour y parvenir. l’objectif de la médecine est de soulager la souffrance des malades et de les guérir chaque fois que c’est possible.

Albert Einstein : “S’il y a une religion qui puisse s’accommoder des exigences de la science moderne, c’est bien le bouddhisme.”

En effet, le message transmis par le Bouddha préconise d’expérimenter soi-même les principes du Dharma, démarche qui me satisfait entièrement d’un point de vue scientifique. “Nous ne devons pas croire à une chose parce qu’elle a été dite, ni croire aux traditions parce qu’elles ont été transmises, ni croire sur la simple autorité de nos maîtres ou instructeurs.” Cela dit, le bouddhisme propose une direction, mais en aucun cas il n’impose quoi que ce soit.

- LA MALADIE COMME MAÎTRE.

Mourir est une succession de deuils à vivre : on fait le deuil de sa santé, puis de sa vitalité et de son indépendance, ce qui amène à réfléchir à la question de la vulnérabilité. Puis deuil de ses identifications (sociale, familiale) ; dans la vie, c’est l’autre qui vous confère votre statut, l’autre qui vous indique le rôle qu’il convient de jouer au bon moment. L’image de soi change, la maladie transforme. Tout cela abouti progressivement à une dépression réactionnelle avec une douleur morale profonde.

Puis quelque chose en soi cède, on accepte de mourir. Pas résignation mais acceptation du corps et de l’esprit. Cet état s’accompagne d’une paix indescriptible, à l’origine pour moi de ma quête spirituelle.

Changements psychologiques : comment expérimenter une douleur physique intense et en même temps être intérieurement en paix ? Et aussi changement de notre relation au monde et à l’environnement. Plus grande transparence et plus grande acuité de perception. Plus grande aptitude à communiquer avec la nature, plantes, animaux. Plus le degré de connaissance spirituelle s’affine, plus le rapport avec le monde naturel s’élabore.

Poème persan : “La Vie est dormante dans le minéral, rêve dans la plante, se réveille dans l’animal et devient consciente d’elle-même dans l’homme.”

Graf Dürckheim, philosophe : “À condition que l’homme comprenne à quoi il a affaire, la grande expérience est un tournant et un bouleversement. Elle induit une transformation de l’attitude globale envers la vie.”

Cette maladie fut un élément déterminant dans ma quête spirituelle. Elle m’aide à mieux ressentir ce que l’autre peut éprouver et à ne jamais oublier la compassion ni l’enfer psychologique que l’on peut parfois expérimenter quand on s’apprête à quitter ce monde ou lorsqu’on est atteint d’une maladie sévère, longue et invalidante.

la maladie comme maître ?

Voir les commentaires

"Réflexions d'un médecin bouddhiste" fiche de lecture suite...

8 Août 2014, 07:45am

Publié par pam

RÉFLEXIONS D’UN MÉDECIN BOUDDHISTE À L’USAGE DES SOIGNANTS ET DES SOIGNÉS.

Dr. Daniel Chevassut. Éditions Sully. 2007.

CHAPITRE 1.

“Nous sommes ce que nous expérimentons et nous expérimentons ce que nous sommes.”

Lama Denys Teundroup.

Les événements et circonstances que nous rencontrons dans notre existence exercent une influence indéniable, sur notre constitution, et sur la manière dont nous appréhendons le monde.

On ne devient pas médecin par hasard. Se poser la question de la souffrance et s’engager sérieusement sur une voie spirituelle sont le fruit d’un cheminement, et d’une sensibilité, assez mûre pour prendre le risque d’être blessée. Car à moins d’être vraiment touché, on ne se pose pas véritablement de questions, ou pas les vraies questions.

- L’INFLUENCE DE LA TERRE MÈRE.

On peut se demander dans quelle mesure le lieu où l’on naît exerce ou non une influence sur notre vie : nourritures matérielles et spirituelles, terre, air qu’on respire, saveurs, parfums, sons, couleurs, êtres qui y vivent. Quelque chose au départ est déjà scellé.

Mon apprentissage de la solitude et cette aptitude à ressentir plus qu’à analyser me sont utiles comme médecin, et aussi comme aspirant spirituel. Dans ma vision d’enfant, j’avais déjà perçu le jeu de l’égocentrisme, la puissance de l’aveuglement et leurs conséquences dramatiques sur les êtres, avant-goût de l’équanimité bouddhiste.

Le sous-développement le plus grave n’est pas tant celui du matériel et de l’avoir que celui de l’être. Le délabrement progressif de la planète et la souffrance qui en résulte nous amèneront peut-être à le réaliser plus tôt que prévu.

Parler à ses parents avant leur mort : la fin de l’existence n’est plus le moment des conflits, mais celui de la réconciliation et de la paix.

“La nature nous aide à être nous-mêmes, à traverser les changements majeurs et les situations où notre vie est en jeu. Elle apporte la magie et le rire.” Sobonfu Somé.

L’être humain ne réalise pas à quel point sa propre survie dépend de l’amour et du respect qu’il porte à la planète. Tout le monde le ressent plus ou moins, mais peu le réalisent vraiment. La nature et les éléments ont ce pouvoir extraordinaire de procurer des expériences de ravissement, où l’on s’oublie, où ce qui est superficiel en nous disparaît pour laisser place à notre vraie nature, la plus profonde.

Mircea Eliade : “Je crois que l’élément essentiel de la condition humaine est le sens du sacré.”

Si nous voulons que s’installe l’harmonie entre l’homme et son environnement, et aussi simplement survivre sur cette terre, nous devons retrouver, par un important travail sur nous-mêmes cette réalité sacrée qui vit en chacun de nous.

Nous devons préserver à tout prix un système de vie interdépendant qui doit rester intact si chacun veut continuer à exister. Seule solution pour sortir de l’impasse.

“Quand les êtres humains perdent le contact avec la nature, avec le ciel et la terre, ils ne sont plus capables de nourrir leur environnement, ni - ce qui revient au même - de gouverner leur monde ; ils détruisent leur écologie en même temps qu’ils se détruisent entre eux. Dans cette optique, la guérison de notre société doit s’effectuer de concert avec la guérison de notre lien personnel et élémentaire avec le monde phénoménal.” Chögyam Trungpa in “Shambhala, la voie sacrée du guerrier”.

"Réflexions d'un médecin bouddhiste" fiche de lecture suite...

- L’INFLUENCE DES ANCÊTRES.

Retenir de la transmission et de l’apport de nos parents et grands-parents ce qui a été positif en ressentant pour eux une vraie gratitude, même si les relations n’ont pas toujours été ce qu’elles auraient dû être. Devoir de gratitude ?

Capacité à être moi-même, en accord avec mon ressenti et mes idées, même si ceux-ci s’avéraient être en décalage, ou en désaccord avec l’entourage.

Aujourd’hui, plus que jamais, l’importance de l’énergie féminine dans le monde doit être considérée à sa juste valeur : c’est une énergie cachée, terriblement puissante, dont la femme elle-même n’est pas toujours consciente. C’est l’énergie de la Vie qui est présente et c’est parfois la fonction de certains hommes de la leur révéler. C’est probablement le pressentiment de cette puissance qui peut aussi inconsciemment faire peur au sexe masculin. André Breton appelait cette puissance mystérieuse le noyau de nuit.

Dans les temps anciens et dans certains pays, la femme qui portait un enfant était sacralisée. Elle était porteuse de vie et consciente de l’importance de ses états d’âmes sur la vie future de son bébé.

La mort étant l’opposé de la naissance, les connaissances issues de la pratique des soins palliatifs doivent venir compléter celles de la gynécologie-obstétrique. Et réciproquement.

"Réflexions d'un médecin bouddhiste" fiche de lecture suite...

- LA MALADIE COMME MAÎTRE.

Mourir est une succession de deuils à vivre : on fait le deuil de sa santé, puis de sa vitalité et de son indépendance, ce qui amène à réfléchir à la question de la vulnérabilité. Puis deuil de ses identifications (sociale, familiale) ; dans la vie, c’est l’autre qui vous confère votre statut, l’autre qui vous indique le rôle qu’il convient de jouer au bon moment. L’image de soi change, la maladie transforme. Tout cela abouti progressivement à une dépression réactionnelle avec une douleur morale profonde.

Puis quelque chose en soi cède, on accepte de mourir. Pas résignation mais acceptation du corps et de l’esprit. Cet état s’accompagne d’une paix indescriptible, à l’origine pour moi de ma quête spirituelle.

Changements psychologiques : comment expérimenter une douleur physique intense et en même temps être intérieurement en paix ? Et aussi changement de notre relation au monde et à l’environnement. Plus grande transparence et plus grande acuité de perception. Plus grande aptitude à communiquer avec la nature, plantes, animaux. Plus le degré de connaissance spirituelle s’affine, plus le rapport avec le monde naturel s’élabore.

Poème persan : “La Vie est dormante dans le minéral, rêve dans la plante, se réveille dans l’animal et devient consciente d’elle-même dans l’homme.”

Graf Dürckheim, philosophe : “À condition que l’homme comprenne à quoi il a affaire, la grande expérience est un tournant et un bouleversement. Elle induit une transformation de l’attitude globale envers la vie.”

Cette maladie fut un élément déterminant dans ma quête spirituelle. Elle m’aide à mieux ressentir ce que l’autre peut éprouver et à ne jamais oublier la compassion ni l’enfer psychologique que l’on peut parfois expérimenter quand on s’apprête à quitter ce monde ou lorsqu’on est atteint d’une maladie sévère, longue et invalidante.

"Réflexions d'un médecin bouddhiste" fiche de lecture suite...

Voir les commentaires

"Réflexions d'un médecin bouddhiste à l'usage des soignants"

7 Août 2014, 05:44am

Publié par pam

suitet à l'extrait d'hier, un autre livre d'un médecin bouddhiste qui m'avait fortement touché et qui me parle toujours : le Dr. Daniel Chevassut et ses "Réflexions d'un médecin bouddhiste à l'usage des soignants" :

commençons par la préface du Lama Cheuky Sèngué :

Du point de vue bouddhique, l’art médical est une révélation sacrée : celui qu’on appelle le Bouddha Médecin, en essence proche du Bouddha Shakyamuni, apparut à un cercle de médecins, sages, dieux et bodhisattvas rassemblés sur le mont Malaya, dans le sud de l’Inde, afin d’énoncer l’ensemble des principes de l’art médical. Pour ce faire, il créa deux émanations de lui-même afin qu’ils se livrent à un dialogue. Issu de son cœur, “Sagesse de la Science” vint prend place dans l’espace, tandis que “Né de l’Esprit”, issu de sa gorge, vint s’asseoir sur le sol. Le second posa les questions, le premier y répondit. Le fruit de leur dialogue, consigné par écrit, constitua ce qu’on appelle les Quatre Tantras de médecine, sur lesquels repose toute la médecine bouddhiste traditionnelle.

Cette histoire est typique d’une intervention du Bouddha, car elle met en œuvre les deux qualités fondamentales de l’être éveillé : la compassion qui motive l’acte et l’omniscience qui le rend parfait.

Sans la volonté de soulager la souffrance, on ne voit guère comment l’art de soigner aurait vu le jour.

Du point de vue bouddhique, ce désir de supprimer la souffrance, qu’on l’appelle compassion, amour, bienveillance, appartient à notre nature éveillée. En ce sens, la médecine est nécessairement une science qui possède un certain caractère sacré.

De la notion de compassion, issue du sacré et associée à la médecine, deux conclusions :

- les thérapeutes, chefs de service ou aides-soignants, s’ils n’ont pas besoin d’être omniscients ou compassionnels doivent au moins être animés par un certain amour, sinon ils se coupent de la simple raison d’être de leur activité.

- les patients doivent comprendre que cette compassion et son expression médicale ne sont pas un droit qui leur est dû, mais un cadeau offert.

Le thérapeute doit la bienveillance au malade, le malade doit la reconnaissance au thérapeute.

"Réflexions d'un médecin bouddhiste à l'usage des soignants"

INTRODUCTION.

On tire beaucoup de profit de la lecture du parcours d’hommes ou de femmes du présent et du passé, dont la quête de vérité et la soif de vivre ont été le moteur profond de toute leur existence. Ils m’ont conforté et me conforte dans mes espoirs de croire en un idéal d’amour, de joie, de beauté, de paix et de justice et dans ma capacité à ne pas baisser les bras dans l’épreuve, face à l’adversité ou devant l’immensité de la tâche à accomplir.

À l’image de la société actuelle, la médecine aujourd’hui va mal. Pas seulement la discipline médicale, mais aussi ceux qui sensés l’exercer. Paradoxe pour une structure dont l’objectif est de soigner et de prendre soin des autres.

Éléments de réflexion pour promouvoir une médecine d’avenir à la fois compétente, efficace, ouverte, intelligente et profondément humaine. Favoriser une vision où soit réhabilitée la dimension sacrée de la médecine et rendu plus évident le respect des patients et des soignants.

Témoignage d’une quête spirituelle...

"Réflexions d'un médecin bouddhiste à l'usage des soignants"

RÉFLEXIONS D’UN MÉDECIN BOUDDHISTE À L’USAGE DES SOIGNANTS ET DES SOIGNÉS.

Dr. Daniel Chevassut. Éditions Sully. 2007.

suite demain...

Voir les commentaires

Apprendre à rester présent (suite)...

4 Août 2014, 05:28am

Publié par pam

PEMA CHÖDRÖN. “LES BASTIONS DE LA PEUR”.

Pratique du courage dans les moments difficiles.

Extraits, résumés, fiche de lecture du chapitre 4 (suite) :

DÉTERMINATION : en pratiquant la méditation, on renforce sa capacité à être ferme avec soi-même. Quoiqu’il advienne (courbatures, ennui, sommeil, pensées et émotions les plus folles) on reste loyal envers son expérience. Il ne faut jamais sous-estimer sa tendance à tout laisser tomber quand on a mal. On nous encourage à méditer chaque jour, même peu de temps, pour développer la fermeté envers soi. Quelques soient les circonstances, à force de méditer, on s’aperçoit que l’objet de la méditation n’est pas de bien méditer ou d’atteindre un état idéal mais de savoir rester présent à soi-même. On ne peut se délivrer des schémas d’autodestruction sans acquérir une intelligence pleine de compassion de ce qu’ils sont.

Être dans son corps. On peut commencer par fixer son attention sur chaque parties du corps, respirer en fixant son attention sur les zones douloureuses. À n’importe quel moment de la méditation, on peut rapidement se remettre en phase avec la sensation d’unité dans son corps. Pour un instant on peut ramener directement sa vigilance à ici et maintenant.

Dans la méditation, on découvre son agitation innée. On trouve tous une sécurité et du confort dans le monde imaginaire des souvenirs, fantasmes, projets, on refuse de demeurer dans la nudité de son expérience présente. Alors douceur et humour peuvent donner la force de s’apaiser. L’entraînement par la douceur donne souplesse et sûreté en soi, non bouleversé par les situations imprévisibles et peu rassurantes. Chaque fois que l’on s’égare, il faut s’encourager avec douceur à RESTER, à s’apaiser, ainsi la détermination se cultive.

VISION CLAIRE : après avoir médité quelques temps, il est fréquent de constater qu’on régresse au lieu d’avancer vers l’éveil. Ces expériences sont signe qu’on commence à y voir plus clair, on devient peu à peu très honnête avec soi, on a moins d’illusion sur soi. On croit qu’on va trouver Bouddha, ou le sens de la vie et de toutes les souffrances et au lieu de ça on arrive face à soi, sans aucune chance de truquer quoi que ce soit. (Jack Kerouac)

La méditation demande de la patience. Si l’on n’a pas de compassion envers soi, le processus devient de l’auto-agression. La compassion envers soi permet de stabiliser son esprit, nécessaire pour travailler avec ses émotions, pour apprendre à rester en méditation.

On nous enseigne à être simplement dans l’instant présent, conscient de notre respiration, de ne pas porter de jugement quand notre esprit s’égare, revenir à la respiration, à la présence. Et notre confusion, notre ignorance commencent à se transformer en vision claire. Penser devient un nom de code pour voir “juste ce qui est”. Il ne s’agit pas de se débarrasser de ses pensées mais de voir clairement nos mécanismes de défense, nos croyances négatives à propos de nous-même, nos désirs, nos attentes. On voit aussi la bienveillance, la vaillance et la sagesse qu’il y a en nous. Grâce à la pratique régulière de la technique d’attention-conscience en éveil, nous ne pouvons plus nous cacher de nous-même. Nous voyons les murs que nous érigeons pour nous protéger de l’expérience nue, commençons de les ressentir comme une contrainte alors que nous les avions érigé pour notre confort et sécurité. Nous voulons détruire ces murs entre nous et les autres.

FAIRE L’EXPÉRIENCE DE NOTRE DOULEUR ÉMOTIONNELLE : beaucoup utilisent la méditation comme un moyen d’échapper aux émotions pénibles. Ce n’est pas un moyen de répression, il faut demeurer ouvert à tout ce qui surgit, sans condamner ni justifier notre expérience.

Trungpa Rinpoché décrit l’émotion comme une combinaison d’énergie qui existe d’elle-même et de pensées. Elle ne peut proliférer sans nos conversations internes. Dans la méditation, on étiquette nos pensées avec le mot “penser” et on les abandonne. Mais sous les pensées demeure une énergie vitale, vibrante. La pratique consiste à rester avec elle, en faire l’expérience, la laisser comme elle est. Quand la douleur émotionnelle surgit sans avoir été invitée, on laisse se dérouler le scénario et on reste avec l’énergie. Expérience ressentie et non commentaire sur ce qui se passe. Si on arrive à demeurer avec l’énergie sans passer à l’acte ni la réprimer, elle réveille le méditant. Mais passer à l’acte et refouler cette énergie sont des tactiques pour tenir sa douleur affective à distance... ce qui ne fait que la renforcer. Ne pas pouvoir extérioriser sa colère par exemple permet de faire l’expérience de sa propre énergie.

La sagesse est inhérente aux émotions. Lutter contre son énergie, c’est rejeter la source de la sagesse. Habituellement, quand nos émotions s’intensifient, on a peur. Dans la méditation, on s’exerce à laisser tomber les histoires qu’on se raconte et à se mettre à l’écoute des émotions et de la peur. On apprend à ouvrir son cœur à l’agitation de sa propre énergie et à rester avec la douleur émotionnelle.

ATTENTION AU MOMENT PRÉSENT : on fait le choix, instant après instant, d’être complètement là. Être présent à son esprit et à son corps est une manière d’être tendre avec soi, envers les autres, envers le monde. Cette qualité d’attention est inhérente à la capacité d’aimer. On touche les pensées en les reconnaissant comme l’action de penser et puis on les laisse tomber. Approche non agressive pour apprendre à être présent.

Parfois on aime ses pensées au point de refuser de les lâcher. Notre monde imaginaire peut être très séduisant. On apprend à consentir un effort en douceur pour rompre avec ses schémas habituels, on s’entraîne à cultiver la compassion envers soi.

Apprendre à rester présent (suite)...

Voir les commentaires

espoir, non-espoir...

31 Juillet 2014, 06:47am

Publié par pam

Pema Chödrön. “Conseils d’une amie pour des temps difficiles”. extraits...

L’absence d’espoir et la mort :

Si nous sommes disposés à abandonner l’espoir d’éradiquer l’insécurité et la douleur, alors nous aurons le courage de nous détendre dans une situation sans assise. C’est le premier pas sur la voie.

Quand on tourne son esprit vers le dharma, on prend courageusement acte de l’impermanence et du changement et on commence à acquérir le talent du non-espoir.

Ye tang che signifie en tibétain complètement épuisé (ras-le-bol total), ce mot décrit une expérience d’absence totale d’espoir. C’est le commencement.

Si nous n’abandonnons pas l’espoir, l’idée qu’il existe quelque part un endroit où nous serions mieux, qu’il existe quelqu’un de mieux que nous pourrions être, alors nous ne nous détendrons jamais là où nous sommes avec la personne que nous sommes.

Le mot attention signifie être bien là où nous sommes. La souffrance commence à se dissoudre quand on est capable de remettre en question la croyance ou l’espoir qu’il existe un endroit quelconque où se cacher.

La différence entre théisme et non-théisme ne réside pas dans le fait de croire ou non en Dieu. Le théisme est la conviction profondément ancrée qu’il existe une main que l’on peut tenir : si nous faisons ce qu’il faut, quelqu’un l’appréciera et prendra soin de nous. Cela revient à croire qu’il y a toujours une baby-sitter disponible quand nous en avons besoin (tendance à nous démettre de nos responsabilités et à déléguer notre autorité à quelque chose d’extérieur à nous). Le non-théisme, c’est se détendre dans l’ambiguïté et la précarité de l’instant présent sans chercher à atteindre quoi que ce soit pour nous protéger.

Le dharma ne nous procure absolument rien à quoi nous accrocher.

Nous sommes tous accro à l’espoir - l’espoir que le doute et le mystère vont disparaître.

Selon Bouddha, quand nous ressentons la souffrance cela ne veut pas dire que quelque chose ne va pas. La souffrance fait partie de la vie et rien ne sert de croire qu’on a mal parce qu’on a fait quelque chose de travers.

Dans ce monde d’espoir et de peur, on doit constamment changer de chaîne, de température, de musique, parce que quelque chose devient gênant ou nous agite, quelque chose commence à nous faire mal et nous n’arrêtons pas de chercher autre chose : laisser tomber l’espoir, pour vivre.

L’espoir et la peur proviennent de l’impression de manquer de quelque chose.

On ne peut pas faire l’impasse sur soi-même comme si on n’était pas là. Il faut mieux avoir une vue juste sur tous nos espoirs et toutes nos peurs. C’est alors que surgit une sorte de confiance en notre santé fondamentale.

Le renoncement est un enseignement pour nous inciter à élucider ce qui se produit chaque fois que nous empoignons quelque chose parce que nous ne supportons pas de faire face à ce qui nous arrive. Quand on se sent mal à l’aise, nauséeux, déstabilisé, on panique, on met aussitôt le grappin sur quelque chose, geste fondé sur l’espoir. S’abstenir de mettre le grappin sur quelque chose, c’est l’absence d’espoir.

Si nous sommes disposés à abandonner l’espoir d’éradiquer l’insécurité et la douleur, alors nous aurons le courage de nous détendre dans une situation sans assise. Si nous faisons le voyage pour nous rassurer, nous passons complètement à côté de l’essentiel.

Toute l’anxiété, l’insatisfaction, les raisons d’espérer que notre expérience pourrait être différente, prennent racine dans notre peur de la mort. Nous avons été élevés dans une culture qui a peur de la mort et qui nous la cache. Nous en faisons néanmoins l’expérience tout le temps : sous forme de déceptions, sous la forme de choses qui ne marchent pas, ou de choses en perpétuel changement. Quand un jour finit, quand une seconde finit, quand nous expirons, c’est la mort dans la vie de tous les jours. Avoir une relation avec la mort dans notre vie de tous les jours signifie que nous commençons à pouvoir attendre, à pouvoir nous détendre dans l’insécurité, la panique, la gêne, ou avec ce qui ne marche pas.

La mort et l’absence d’espoir procurent une motivation adéquate pour vivre une vie lucide et compatissante. Mais la plupart du temps nous prémunir contre la mort est notre motivation la plus puissante, nous évitons tout ce qui pose problème. Se détendre dans le moment présent, se détendre dans l’absence d’espoir, se détendre avec la mort, ne pas s’opposer au fait que les choses changent tout le temps, qu’elles n’ont pas de substance durable, c’est ça le message de base. Parler de l’absence d’espoir et de la mort, ça veut dire faire face aux faits. Aucune fuite de la réalité. Nous pouvons continuer à avoir des dépendances de toutes natures, mais nous cessons de croire qu’elles sont autant de portes d’accès au bonheur.

espoir, non-espoir...

Voir les commentaires

Éviter de nuire

30 Juillet 2014, 07:25am

Publié par pam

Pema Chödrön. “Conseils d’une amie pour des temps difficiles”.

Éviter de nuire :

Ne pas nuire à autrui suppose évidemment de s’abstenir de tuer, voler ou mentir. Cela implique aussi de ne pas être agressif (en parole comme en esprit ou en action). Apprendre à ne nuire ni à nous-mêmes ni aux autres est un enseignement de base du bouddhisme sur le pouvoir de guérison lié à la non-agression. C’est la base même d’une société éveillée.

L’agression la plus fondamentale envers nous-mêmes, le mal le plus fort que nous pouvons nous faire est de demeurer ignorant en n’ayant ni le courage ni le respect de nous regarder avec honnêteté et douceur.

C’est le parcours de toute une vie que d’entrer honnêtement en relation avec le caractère immédiat de notre expérience et de nous respecter suffisamment pour ne pas porter de jugement sur celle-ci.

C’est un vrai choc de constater à quel point nous avons refusé de voir certaines de nos manières de nuire. Notre style est si bien enraciné en nous que nous ne pouvons pas entendre ceux qui essayent de nous dire que peut-être nous causons du tort par notre façon d’être ou dans nos rapports avec les autres.

Grâce à l’attention, nous voyons nos désirs et notre agression, notre jalousie et notre ignorance, sans suivre ces pulsions ; nous nous contentons de les voir, d’en prendre acte. L’étape suivante consiste à s’abstenir. L’attention est la base, l’action de s’abstenir est la voie.

Une pratique de méditation faisant appel à l’attention et à la faculté de s’abstenir : remarquer les mouvements de notre corps quand nous nous sentons mal à l’aise. La consigne est de ne pas essayer de changer quoi que ce soit, de ne pas nous critiquer quoi que nous fassions, mais de nous contenter d’observer nos gestes. Prendre note de la manière dont nous essayons d’éviter l’absence de terrain solide est un moyen d’entrer en contact avec cette perte d’assise.

S’abstenir, c’est-à-dire ne pas passer à l’acte de façon impulsive comme d’habitude, a quelque chose à voir avec le renoncement à la mentalité de divertissement. En nous abstenant d’agir, nous pouvons voir que quelque chose existe entre l’apparition du désir (ou de l’agression ou de la solitude...) et toute action que nous accomplissons comme résultat de ce sentiment. Il y a quelque chose dont nous ne voulons pas faire l’expérience et dont nous ne faisons jamais l’expérience parce que nous sommes tellement pressés d’agir.

S’abstenir, c’est la méthode dont on use pour parvenir à connaître la nature de cette agitation et de cette peur. C’est la méthode permettant de se faire à l’absence de terrain solide.

Si nous nous divertissons aussitôt en commençant à parler, agir ou penser, nous ne pourrons jamais nous détendre. Notre vie sera un marathon sans fin. Nous demeurerons bloqués au stade de “vrai paquet de nerfs”.

Si vous ne faites pas ce que vous dicte la peur, alors la peur n’a aucun pouvoir sur vous.

Quand nous comprenons le processus, nous ne nous faisons pas avoir par la réaction en chaîne qui transforme des choses minuscules en monstruosités.

En restant en attente, nous commençons à entrer en rapport avec l’agitation fondamentale aussi bien qu’avec l’espace fondamental. Et la conséquence, c’est que nous cessons de nous causer du tort. Établir une relation vraiment bonne avec nous-mêmes nous apprend l’immobilité, ce qui n’empêche pas de courir, danser, sauter, mais signifie que la compulsion a disparu. Nous arrêtons de trop manger, trop fumer, chercher à trop séduire...

Notre parole est apprivoisée et communique quelque chose. Nous ne gaspillons pas le don de parole pour exprimer notre névrose. C’est la libération qui se produit naturellement quand nous sommes tout à fait là, sans nous faire de souci au sujet de l’imperfection.

Éviter de nuire

Voir les commentaires

1 2 > >>