Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

conte

deux soeurs, deux mondes.

25 Février 2013, 08:11am

Publié par pam

Allongée sur le ventre, Sarah pianotait sur son portable à une vitesse qui laissait présager que le flot de ses idées n’était endigué que par les limites que la morphologie digitale et sa position peu orthodoxe lui fixaient. 

Du haut de son refuge, Milly observait, dubitative, les orteils de sa sœur qui étaient pour le moment la partie la plus haute de son individu, orteils qui semblaient remuer au même rythme que les doigts en dessous d’eux sur le clavier.  

Dans l’esprit hautement imaginatif de la cadette, et néanmoins infiniment moins productive que l’aînée, une musique était née, surimposée au rythme des doigts et des orteils de sa sœur. Plutôt deux groupes d’elfes, l’un au sol, l’autre en l’air, totalement autonomes du reste de l’individu Sarah, imprimant chacun leur rythme, semblable et pourtant différent, et l’imagination de Milly inventait une musique qui coulait de et sur ces mouvements. 

Hier soir, son grand-père lui avait dit qu’il y avait autant d’idées que d’êtres vivants sur cette planète. Une idée pour chaque homme ? Pleins d’hommes sans idées, quelques hommes fourmillant d’idées ? Ou bien des milliards d’amibes, et même d’insectes et d’animaux sans idées, uniquement guidés par leur atavisme, et de nombreuses idées pour chaque humain ? Il lui avait suggéré d’attendre d’avoir atteint le fatidique “âge de raison” avant de chercher à philosopher, et qu’à son âge sa mère jouait normalement à la poupée et ne cherchait pas à rationaliser l’imagination humaine. Un temps pour tout et chacun à sa place ma jolie ! Elle adorait quand son grand-père l’appelait sa jolie, elle seule avait droit à cet épithète désuet. Elle avait souri en pensant qu’il était bien dommage qu’elle n’eut pas de poupée sous la main, elle aurait aimé jouer avec juste pour faire plaisir à ce vieux bonhomme bougon qu’elle aimait tant. 

Est-ce qu’elle avait trop d’idées ? Est-ce qu’elle risquait de dépenser tout son capital imaginatif trop vite, et que se passerait-il ensuite, quand il serait épuisé ? Devrait-elle finir ses jours la tête vide comme un navet ? Mais comment ralentir le flot d’idées qui se bousculait dans sa tête ? On ne pouvait pas fermer le robinet, il n’y avait aucun robinet, et s’apercevant qu’elle triturait le lobe de son oreille jusqu'à se faire mal, elle eu un début de fou rire silencieux et reporta son attention sur sa sœur. Elle au moins, semblait avoir trouvé un moyen de faire quelque chose de son imagination. En la regardant écrire si vite, Milly ne doutait pas que sa sœur aussi débordait et n’avait pas trouvé le robinet ! 

Mais tout à l’heure, quand leur mère viendrait les embrasser et leur souhaiter bonne nuit, l’une aurait écrit des pages et des pages pendant que l’autre paraîtrait avoir baillé au corneilles toute la soirée. Milly n’aimait pas l’idée que l’on puisse quantifier son intelligence, son imagination, sa vie, au volume produit de quoique ce soit.

Je suis une tomate qui mûrît au soleil des jours qui me restent à vivre jusqu’à l’”âge de raison”. 

Elle se glissa sous la couette de son lit en mezzanine et en suçant son pouce elle se repassa dans la tête la musique de tout à l’heure pour voir si ça fonctionnait sans le rythme des petits lutins.

Pam.

deux soeurs, deux mondes.

Voir les commentaires

Fausse solitude

6 Janvier 2013, 09:27am

Publié par pam

Il était une fois une toute petite maison rose cachée dans les sapins. On ne la voyait de nulle part, elle était perdue loin de tout.  Le bûcheron qui l’avait construite avait vendu son esprit au diable en échange de la beauté et du secret de son lieu de vie.

Aucun bruit, aucune fumée ne sortait de la petite maison rose. C’était le plus beau lieu du monde mais il était vide. Oh bien sûr, pas vide d’objets et la beauté était aussi à l’intérieur de la maisonnette ; mais vide de vie. Il y avait un piano, une bibliothèque remplie de trésors et un grand lit ... mais vide.

Le bûcheron était dehors, assis sur la mousse sous un sapin. Il réfléchissait. Jour et nuit il réfléchissait et il pensait et il philosophait au fond de la forêt perdue près de la maison rose. Le diable avait pris son esprit et dans sa tête ça tournait en rond et même quelques fois ça ne tournait pas rond du tout.

La tête entre les mains, il en oubliait même de voir la beauté autour de lui, de jouir de son trésor de beauté et de secret.

Sur le toit de la maison rose était juchée une petite fée. C’était le bonheur du bûcheron. Le diable avait pris l’esprit de l’homme mais pas le bonheur potentiel  auquel chacun à droit en naissant. 

Le bûcheron plongé dans ses pensées emmêlées ne la voyait pas. 

Et la fée souriait en attendant qu’il se lève, qu’il retrouve l’espoir et qu’enfin il ouvre la porte de la maison. Cette maison de ses rêves qu’il avait construite mais jamais habitée. 

Et la fée souriait, perchée sur les tuiles roses, elle avait tout son temps, elle était immortelle.

Fausse solitude

Voir les commentaires

Histoire du lutin jaune

24 Décembre 2012, 09:48am

Chapitre - 7 -

Le temps semblait s'être arrêté.. et heureusement, parce que nous étions la nuit de Noël, et il fallait que tous ces cadeaux que nous fabriquions le lutin jaune et moi, soient distribués avant que le soleil ne se lève.

J'imaginais sans mal la déception des enfants s'ils ne trouvaient rien sous leur sapin cette année. Le lutin jaune m'avait raconté que partout sur la planète, des lutins, comme lui, avaient entrepris de coacher des humains, comme moi. On pouvait donc espérer qu'il restait suffisamment de personnes croyant encore aux contes de fées, au petit peuple et au merveilleux. Des personnes prêtes à passer une nuit blanche pour exceptionnellement remplacer le Père Noël et garder vivante la magie de Noël.

À ce moment, une gerbe d'étincelles exposa dans la cheminée. Chaque étincelle se mit à voleter dans la pièce et sous mes yeux ébahis, se mit à grossir, se transformant en autant de petites fées ailées de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Elles se posèrent sur le tapis bleu et après nous avoir salué et remercié, chacune d'elle se chargeant d'un petit objet, elles s'envolèrent par le conduit de la cheminée.

- Il était temps ! dit le lutin, elles auront juste ce qu'il faut de cadeaux et de minutes pour distribuer tout cela à tout le monde avant la fin de la nuit.

Je pense que nous avons réussi. Bien sûr, certains vont avoir un peu de mal à comprendre la leçon : un si petit cadeau à la place d'un gros tas de paquets… ça va leur faire drôle ! Mais quand ils comprendront qu'ils auraient pu ne rien avoir du tout… Que le Père Noël est, à cause de leur attitude, si triste et désespéré… Que l'amour et le bonheur ne dépendent pas de la quantité mais de la qualité… Bref !! si chaque enfant cette année remercie sans se plaindre, sans vouloir plus, mieux, encore, autre et autrement… alors… peut-être….

- Lutin ! il me vient une idée : demandons à chaque enfant d'envoyer une nouvelle lettre au Père Noël. Pas pour demander, exiger, revendiquer, juste pour lui dire qu'on l'aime, qu'il nous aura bien manqué cette année, qu'on espère qu'il va mieux et que ces rennes aussi !

- Il est vrai qu'il ne reçoit pas beaucoup de lettres de ce genre. Ton idée me plait mais elle ne suffit pas. Il faut non seulement qu'ils écrivent sans demander, mais s'ils pouvaient aussi offrir, une fois à leur tour. Un dessin, un poème, un bisou…

- Cela me semble la bonne façon de faire arrêter cette grève du Père Noël. À mon avis, il ne pourra pas résister !

- Espérons ! Et en attendant la suite de l'histoire l'année prochaine, je te salue bien bas, humaine !

Il sauta de son petit fauteuil et après un salut courtois, pris son élan et bondit dans la cheminée… où il disparut.

Héberluée, je regardai dans le conduit de la cheminée mais il était bien vide. Par la fenêtre je ne vis rien non plus, il faisait encore nuit, même si une lueur se dessinait à l'est. En me retournant, je vis au pied de mon sapin un petit paquet brillant.

Je décidai de ne pas déroger à la tradition… et d'aller me coucher.

Demain matin il ferait jour et j'aurai une surprise à découvrir !

Histoire du lutin jaune

Voir les commentaires

Histoire du lutin jaune

21 Décembre 2012, 07:41am

Chapitre - 6 -

- Je ne savais pas que j'étais si habile !

- Ce n'est pas une question de savoir, c'est une question de vouloir, dit le lutin d'un ton docte.

Si tu te dis que tu ne sais pas faire, tu ne sauras pas. Mais si tu veux faire, tu y arriveras. C'est comme ça ! Tu veux ? Tu peux !

Je m'étais levée, j'avais attrapé quelques bocaux sur les étagères et tout en écoutant son histoire incroyable, je m'étais mise à enfiler des perles, coller des papiers colorés, couper des bouts de tissus de toutes les couleurs, et petit à petit, autour de mon fauteuil aussi, s'accumulaient de petits objets, certes un peu plus grossiers que les siens à mon goût et bien entendu moins ravissants... et moins nombreux.

Mes doigts me semblaient si gros à côté des siens, si malhabiles, en gros le voir travailler et travailler à ses côtés me faisait paraître vraiment empotée…

De temps en temps, tout en continuant son histoire, il bondissait sur le bras de mon fauteuil, et en faisant tss-tss avec sa bouche, et d'un air exaspéré, m'enlevait des mains l'objet que j'essayais de fabriquer pour l'arranger ou rattraper mes erreurs.

Voir les commentaires

Histoire du lutin jaune... bricolages encore...

19 Décembre 2012, 07:48am

et avec des pinces à linge, tu fais quoi toi ?

Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...

et avec des plumes, des brindilles, des feuilles, de la mousse...?

Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...
Histoire du lutin jaune... bricolages encore...

Voir les commentaires

Histoire du lutin jaune... bricolages !

18 Décembre 2012, 10:17am

avec ce qu'on trouve dans la poubelle verte (emballage d'oeufs, de mouchoirs en papier...)... plus des crayons ou de la peinture, des ciseaux, quelques boules de cotillons... quelques idées de cadeaux faciles à bricoler :

Histoire du lutin jaune... bricolages !
Histoire du lutin jaune... bricolages !
Histoire du lutin jaune... bricolages !
Histoire du lutin jaune... bricolages !
Histoire du lutin jaune... bricolages !
Histoire du lutin jaune... bricolages !
Histoire du lutin jaune... bricolages !
Histoire du lutin jaune... bricolages !
Histoire du lutin jaune... bricolages !
Histoire du lutin jaune... bricolages !
Histoire du lutin jaune... bricolages !
Histoire du lutin jaune... bricolages !

Voir les commentaires

Histoire du lutin jaune

17 Décembre 2012, 09:11am

Chapitre - 5 -

Nous les lutins, avons été chargés de faire la tournée des rescapés.

- Les rescapés ?

- Oui, les gens qui comme vous croient au Père Noël et continuent de préparer une assiette de pain d'épices et un verre de lait pour lui et des carottes pour les rennes la nuit de Noël, les gens qui ont encore un peu de bon sens.

Personne ne peut remplacer le Père Noël mais si tous ceux qui rêvent encore aident les habitants de la forêt, on arrivera peut être à rattraper ce fiasco.

Tout en parlant, le lutin jaune agitait ses doigts minuscules. Si vite, si vite, plus vite encore que ma grand-mère quand elle tricote, que je ne voyais pas bien ce qu'il faisait. Mais petit à petit, autour de lui, je voyais surgir de petits objets : il attrapait une brindille dans le bûcher, un peu de fil sous le tapis, un bout de papier doré dans la corbeille à papiers et comme par magie à ses pieds apparaissaient des sifflets, des toupies, des oiseaux multicolores, des doudous soyeux, tous miniatures, tous magnifiques.

- La fée bricoleuse a fabriqué une catapulte et les nains ont été chargés de nous envoyer, nous les lutins, dans les cheminées amies. Ce sont les gnomes, qui vivent dans vos caves, vos tunnels, vos souterrains qui se sont chargés, une fois n'est pas coutume, de grimper sur les toits pour marquer à la poudre magique les cheminées des maisons où vit quelqu'un qui rêve, quelqu'un qui croit au Père Noël, aux cloches de Pâques et à la petite souris des dents perdues.

On travaille tous comme des fous depuis des jours ! Jamais personne n'aurait cru qu'un seul vieux bonhomme dans sa houppelande rouge et blanc abattait tant de travail. Pas étonnant qu'il soit déçu et en colère et qu'il se soit mis en grève.

Un de ses filleuls, un certain Alain aux cheveux frisés chantait il y a longtemps : "carrément méchant, jamais content". Le Père Noël a dit " C'est ça les enfants d'aujourd'hui, ils demandent trop, ils ne sont jamais satisfaits et en plus ils ne disent même plus merci !"

Là, la fée douce a dit qu'il exagérait, qu'il ne fallait mettre tout le monde dans le même panier, qu'elle connaissait plein d'enfants adorables qui n'avaient pas mérité d'être privés de cadeaux, de surprises, de matins merveilleux et de sucres d'orge. Le Père Noël est devenu tout rouge de honte et nous les lutins on a pris les choses en main.

Nous sommes tout petits mais très nombreux, et surtout nous sommes habiles ! et fiers d'être manuels : la preuve, cette crise sera résolue grâce à nous. De cela je suis sûr. Certains disent que les lutins ont mauvais caractère : c'est faux !! On aime bien râler et on ne se laisse pas marcher sur les pieds. Et ce n'est pas parce que nous sommes plus petits que nous sommes moins futés. Ah, mais !

Est-ce que vous savez qu'il y a des lutins de toutes les couleurs ? Ça dépend de l'arbre qu'ils habitent. Les lutins jaunes, comme moi, vivent dans les chênes, les bleus vivent dans les sapins, les rouge dans les érables, les violet dans les platanes…

- Et les lutins arc-en-ciel dans les palmiers !!!

Le lutin interrompu, leva un oeil noir et je baissais les yeux en tournant une mèche de cheveux entre mes doigts…

- 0h !

Sans m'en rendre compte, tout en écoutant mon drôle de petit visiteur, j'avais attrapé quelques brindilles sur le tas de bois près de la cheminée, et, suivant son exemple, tournant, trifouillant, nouant et tortillant, j'avais réalisé plusieurs petits objets : décors de Noël, boucles d'oreille, jouets ? peu importe, je sentais juste qu'en suivant son exemple j'étais sur le bon chemin… et ravie de ce que je découvrais ainsi sur mes genoux.

Caroline Sharp

Caroline Sharp

Voir les commentaires

Histoire du lutin jaune

16 Décembre 2012, 08:57am

Note des vérificateurs de raconteurs de contes de Noël :

En raison du fait que nous sommes aujourd'hui dimanche, d'une part.

Et que l'intensité dramatique de cette histoire est à son comble, d'autre part.

Il a été décidé d'un commun accord que nous n'attendrions pas demain pour publier le quatrième chapitre.

Ce qui est dit est dit, et qu'on fasse comme on a dit. Un point c'est tout pour aujourd'hui.

Chapitre - 4 -

Il commença son histoire sur un ton si dramatique qu'instantanément mon thé gela dans sa tasse… que je posais vite fait avant que mes doigts ne suivent le même chemin :

- Le Père Noël est en grève.

- Pardon ?

- En grève oui, et même plus : il a dit que si ça ne s'arrange pas il commencera une grève de la faim.

- Ça quoi ?

- La société de consommation, les enfants qui grandissent trop vite, qui passent tout leur temps devant la télé, les écrans d'ordinateur, les jeux video, les enfants jamais contents, jamais contentés.

- Mais les enfants sont faits pour grandir et les temps pour changer, c'est à nous de nous adapter, non ?

Le lutin jaune leva une fois de plus les yeux au ciel, au plafond plutôt, où une petite araignée grise jouait sur son fil. Le lutin jaune souleva son chapeau et inclina la tête, l'araignée leva sa première patte de droite en un salut courtois et retourna à ses occupations.

- Il y a pire !

- Pire ?

- La plupart des enfants et des gens ne croient plus au Père Noël. Et il est comme les fées dans Peter Pan : à chaque fois que l'un d'eux dit qu'il ne croit pas en lui, il perd un peu plus de son pouvoir magique. Année après année, Noël après Noël, il a de plus en plus de mal à faire en une nuit sa tournée de distribution de cadeaux. Déjà qu'il n'est plus tout jeune, et ses rennes non plus, sans magie les cadeaux sont plus lourds, plus encombrants, ils doivent faire une quantité d'allers-retours pour réapprovisionner le traineau et continuer leur tournée. Bref, ça devient mission impossible cette histoire de cadeaux de Noël. Et puis ce n'est pas tout. Avant un enfant était heureux avec une orange…

- Oh non, j'ai eu droit à cette rengaine toute mon enfance ! Ça va bien de rabâcher le passé, de rappeler les temps de guerre et de pauvreté. Vous ne trouvez pas super d'offrir ou de recevoir une poupée, un train électrique, des livres, des…

- Vous ne seriez pas un peu larguée vous ? Vous devriez lire les lettres que le Père Noël reçoit : ce n'est pas un ou deux cadeaux demandés par lettre, souvent il y en a plusieurs pages, des listes longues comme mon bras, comme le vôtre plutôt. Et puis il faut assurer le service après-vente : après Noël, auparavant, le Père Noël et ses rennes partaient en vacances dans leur igloo de campagne. Maintenant ils doivent refaire presque toute la tournée pour que ces petits râleurs cessent de récriminer. Jamais contents ! Jamais contentés ! Ils demandent un MP3 puis veulent un MP4, un MP5, c'est sans fin, ils sont insatiables. Le Père Noël est gentil, plus que gentil, mais à trop tirer sur la corde elle se casse. Cette année il a reçu un courrier tellement méchant : un enfant l'a traité de vieux croûton rassis, exigeant tout plein de cadeaux en menaçant de les casser s'il ne les recevait pas tous. Ce même enfant, il faut le dire, n'avait lui-même jamais fait de cadeau à personne, même pas un dessin pour sa Mamie ou une fleur pour sa maman.

Ça a été la goutte d'eau qui a fait débordé le vase du Père Noël. Après avoir passé toute la journée à bougonner sur l'ingratitude et l'égoïsme des petits humains, il s'est levé et a donné un coup de poing sur la table, un coup tellement fort qu'il a déclenché un tremblement de terre et que tous les oiseaux de la forêt sont tombés de leur nid, je ne vous raconte pas le boulot de la fée guérisseuse qui a plusieurs jours durant construit de petites attelles pour renforcer les pattes cassées et les ailes froissées.

Puis le Père Noël s'est dirigé d'un pas lourd et pesant vers son lit, il s'est couché tout habillé et depuis il fait la grève. Tous les habitants de la forêt sont venus lui porter du pain d'épice et du vin chaud, rien n'y a fait, personne n'a réussi à le faire revenir sur sa décision.

Alors animaux, fées, elfes, gnomes et lutins se sont rassemblés dans la grande clairière et après de longues heures de discussion, il a été décidé que cette année chacun d'entre nous ferait une petite part du travail afin que ce ne soit pas le pire Noël jamais vécu sur Terre.

Histoire du lutin jaune

Voir les commentaires

Histoire du lutin jaune

16 Décembre 2012, 08:02am

Chapitre - 3 -

En surimpression aux multiples questions que je me posais sur lui et sur le Père Noël, me revenait sa propre déception à son arrivée.

Un truc me turlupinait : à chaque fois qu’il se pointait quelque part, il devait faire le même effet, non ? Il était habitué à cette situation, lui, contrairement à moi.

Le silence se prolongea.

J’observais le lutin jaune dans son fauteuil. Jusqu’à ce jour j’ignorais que ce fauteuil au coin de la cheminée était un fauteuil pour lutin. Il avait servi à mon ours en peluche et à pas mal d’enfants en visite ou en vacances, mais pas de doute, jamais il n’avait été aussi bien adapté. Je regardais les flammes danser dans le liquide ambré de son verre. Et lui observait la pièce, s’attardant à des détails dont je ne saisissais pas l’importance qu’ils semblaient avoir à ses yeux.

La cheminée est le centre de ma maison. La pièce est vaste, pleine de fenêtres y compris des fenêtres qui donnent dans d’autres pièces de la maison,  l’atelier et la véranda, outre le jardin. Il faisait nuit, les rideaux étaient  tirés, les lumières basses pour ne pas éteindre celle du feu et des bougies. Les flacons sur les rayonnages en bois vibraient légèrement de lumière. Les ombres se creusaient autour des livres et desbocaux de pâte de couleurs, de poudres, de bouts de bois, de plastique, de verre, et des piles de tissus dépareillés. Et de l’autre côté de la pièce, le vaisselier près de l’évier  dégageait ses odeurs de cannelle et de badiane.

Il était où le Père Noël ? Le plateau préparé pour lui, un peu bousculé, était toujours dans l’autre coin de la cheminée , avec l’assiette de pain d’épice et le grand verre de lait.

Ce lutin incongru aurait pu tout de même avoir la bienséance de demander du lait avec une belle tranche de pain d’épice plutôt que du whisky avec des glaçons !

Il était descendu dans ma cheminée sans hotte débordante de cadeaux accrochée sur son dos. Il avait juste une petite besace de toile grise sous le bras, rien à voir avec la grande hotte du Père Noël. Mais peut être qu’en tassant bien il y rentrait une dizaine de petits paquets : des bagues, des ronds de serviette, des petits verres pour la liqueur de framboises et tout ça emballé très serré ?

Est-ce qu’un cataclysme était arrivé au Pays des Rêves, tel que la fabrique de jouets du Père Noël en avait été bouleversée ? Je sentais mon cœur se serrer à l’idée horrible qu’il ait pu lui arriver quelque chose. C'est un très très vieux monsieur, quand même...

Ce qui est sur c’est que j’étais la seule à être inquiète. Le lutin jaune me regardait d’un air pensif. Il donnait à penser qu’il préjugeait de mes capacités de compréhension, voire d’intelligence, lorsqu’enfin il ouvrit la bouche pour me raconter son histoire. Enfin !

http://avrobaroque.radio.fr/

http://avrobaroque.radio.fr/

Voir les commentaires

Histoire du lutin jaune

15 Décembre 2012, 09:42am

- Chapitre 2 -

Mais bien sûr, qui, dans cette société matérialiste en diable, se préoccupe encore des rêves et même de ses propres rêves ?

Quant à découper en rondelles un interrupteur de rêves, ne rêvons pas....

Mais que les réajusteurs de réalité qui n’ont jamais œuvré me jettent la première pierre.

En tout cas, mon lutin jaune, non content d’avoir interrompu ma rêverie, était en train de ficher par terre le château de cartes de mes contes de fées. J’étais comme la laitière et son pot au lait, mais moi, c’est le Père Noël que j’avais perdu avec son attelage de rennes, son chariot rouge et doré, sa grande barbe blanche et ses cadeaux par milliers.

Après un dernier coup d’oeil dégoûté au gnome ensuifé, je décidais  promptement de changer de tactique et choisissais de l’ignorer purement et totalement.

Je fermais les yeux un moment et quand je les rouvris (espérant secrètement en sa disparition), il était toujours là, au bout du tapis, sur les pierres usées de l’âtre, se chauffant le postérieur devant le feu qui jouait avec le bois en poussant des petits crépitements de plaisir (le feu pas le lutin !). J’attrapais ma chope de thé encore tiède et allumais une cigarette. Le dossier de mon fauteuil n’avait pas encore fini de s’étirer le long de ma colonne vertébrale, que cet abruti de lutin se mit à vociférer contre les pollueurs de  planète verte. Outre que sa capacité vocale dans les aigus, voire les suraigus, n’aurait pas laissé indifférent un producteur d’opéra (même assoupi), son débit était digne des chutes de Gavarnie... postillons inclus.

Je me noyais donc dans ce flot de paroles, et bien que bonne nageuse, buvais la tasse deux ou trois fois en m’étranglant avec une gorgée de thé.

Le bond que je fis pour reprendre souffle me projeta à vingt centimètres de lui. Je me penchais pour mettre mes yeux à la hauteur des siens, l’attrapais par le colbac (on  ne sait pas exactement où se situe le colbac, personnellement je le place à deux doigts sous le col, là où la prise sur le tissu est la plus efficace) et le chapitrais d’un ton sans réplique sur l’importance des  libertés individuelles et du respect de l’espace vital de chacun... surtout quand cette chacune-là vous offre l’hospitalité contrainte et forcée suite à une usurpation d’identité non encore justifiée. Mais, en raison des lois sacrées de l'hospitalité, je lui proposais un petit fauteuil situé dans l’angle de la cheminée et par conséquent fort bien ventilé. Et de plus il se trouve que ce siège était pile à sa taille ( aussi adapté à sa taille que les trois fauteuils des trois ours dans l’histoire de Boucle d’Or et des trois ours justement ). 

Un peu séché sur place par ma véhémence, il se laissa tomber dans le fauteuil, étouffant d’un soupir prolongé le grincement d’un ressort récalcitrant.

Refusant d’une main lasse ma proposition de tisane, il s’enquit d’un whisky avec des glaçons.

Je déteste le whisky. De toutes façons, je déteste l'alcool. Mais bon, j'ai toujours quelques bouteilles pour les amateurs, pas la peine d'être sectaire ! Je lui servis donc sa potion préférée dans un verre à sa mesure.

Je laissais la bouteille près de lui, et lui, laissa le silence s’installer.

Histoire du lutin jaune

Voir les commentaires

1 2 > >>