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ecologie

lecture....

3 Novembre 2015, 07:56am

Publié par pam

Extraits de La puissance de la modération, de Pierre Rabhi aux éditions Hozhoni.

« La nature offre à la fois ce qui nourrit le corps et le guérit, émerveille l’âme, le coeur et l’esprit. »

« Je ne sais pourquoi ce grand chêne, qui dresse ses ramures puissantes, cet être qui frémit de ses milliers de feuilles, m’impose tant de respect. Alors que je n’existais pas encore, lui était déjà en ce lieu témoin muet, enfermé dans son silence de sage comme un ermite inaccessible. »

« Les roches, abondantes dans mon lieu de vie, m’émerveillent. Elles sont pour moi des fragments de mémoire muette, comme fermées sur le secret de la création du monde. »

« Pourquoi doit-on défendre une forêt ? Parce qu’elle est précieuse et participe à l’équilibre de la biodiversité dont nous dépendons, mais aussi parce qu’elle est belle et que l’on ne peut se priver de la beauté de la vie. »

« Si l’homme disparaissait, les baleines et les éléphants feraient une fête à tout casser car le pire des prédateurs aurait enfin cessé d’exister. »

« Notre sort est indissociable de celui de l’environnement. Arrêtons de nous croire au-dessus ou en dehors. »

« On parle de l’écologie comme d’un condiment dans le système global de la société, alors que c’est l’élément premier et universel qui devrait être reconnu par l’ensemble du genre humain. »

« Probablement plus que toute autre espèce, l’abeille amie des fleurs, fécondatrice infatigable, pourvoyeuse de l’une des quintessences de la nature, est elle-même de nature éthérée, intendante de ce qu’il y a de plus subtil dans la chaîne du vivant, et donc absolument indispensable aux vivants que nous sommes. »

« Nous sommes passés d’une humanité primitive qui considérait qu’elle appartenait à la vie, à une humanité dite «évoluée» qui considère que la vie lui appartient. Nous nous sommes érigés comme les propriétaires de la création. C’est la raison pour laquelle nous n’avons plus aucun respect pour rien. »

« Tuer les arbres hors des nécessités d’une vie simple, c’est commettre un grave préjudice à la vie. C’est un délit passible des plus grandes tristesses. Les arbres disparus, il ne restera plus que vide, solitude et désert jusque dans les coeurs. »

« Toutes les exactions que nous infligeons à la terre sont autant de coup de hache que nous portons à nous-mêmes. Avec cependant une nuance : notre espèce peut s’abattre comme un arbre, mais la Vie se perpétuera après nous. »

« L’eau féconde la terre, elle est le sang de la terre. Il est très important de ne jamais l’oublier et de savoir que tout le mal que nous lui faisons finit toujours par retomber sur nos têtes. »

« Chez les Bushmen, quand un chasseur abat un animal, il s’agenouille près de sa dépouille et le remercie du don qu’il lui fait, qui va lui permettre de vivre et de faire vivre sa famille. Voilà l’intelligence : comprendre que nous faisons partie d’un tout. »

« Il n’y a pas l’homme d’un côté, la nature de l’autre. L’homme est nature. »

« Nous ne sommes pas, nous les hommes, des êtres isolés, nous ne sommes pas les maîtres absolus de la Terre. Nous devons rester reliés au grand flux de la nature. C’est la condition de notre survie. »

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Lierre Keith et l'essentiel....

13 Septembre 2015, 05:55am

Publié par pam

Je pourrais effacer tout mon blog pour ne laisser que ce texte.....

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migrants, émigrés, réfugiés politiques ou réfugiés climatiques....

11 Septembre 2015, 08:59am

Publié par pam

encore un autre point de vue, que les médias et les politiques feraient bien de prendre en compte et qu'une mobilisation générale et internationale devient vraiment vitale pour tous....

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L'homme, animal suicidaire....

6 Septembre 2015, 06:36am

Publié par pam

— La survie d'une civilisation dépend inexorablement des valeurs qu'elle développe. Elle dépend de notre bon sens. Elle dépend de façon cruciale de notre intelligence collective.

Nous sommes les témoins en ce début de 21ème siècle, d'un monde paralysé par l'argent, emprisonné par ses vieilles idées, ses valeurs et traditions économiques dépassées. Crises humanitaires, inégalités galopantes, guerre$, destructions des biotopes par l'exploitation industriell€, misère monstre, écocide... N'en jetez plus!

L'humanité aujourd'hui réalise qu'elle se trouve confrontée à un choix pressant, rude et impérieux, entre enterrer l'anti-économie de l'institution capitaliste ou s'enterrer elle et la planète.

À ce jour, la société occidentale demeure anesthésiée, fondamentalement paralysée par son ignorance des mécanismes qui gouvernent la fausse organisation économique monétaire mondiale.

Lisez cet article et méditez.....

L'homme, animal suicidaire....

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Nous sommes ceux qui sont du côté du vivant — Et nous allons gagner. (Derrick Jensen)

5 Septembre 2015, 06:43am

POSTED BY: LEPARTAGE 1 SEPTEMBRE 2015

Derrick Jensen (né le 19 décembre 1960) est un écrivain et activiste écologique américain, partisan du sabotage environnemental, vivant en Californie. Il a publié plusieurs livres très critiques à l’égard de la société contemporaine et de ses valeurs culturelles, parmi lesquels The Culture of Make Believe (2002) Endgame Vol1&2 (2006) et A Language Older Than Words (2000). Il est un des membres fondateurs de Deep Green Resistance.

Plus de renseignements sur l’organisation Deep Green Resistance et leurs analyses dans cet excellent documentaire qu’est END:CIV, disponible en version originale sous-titrée français en cliquant ici.

Article initialement publié en anglais, le 23 juillet 2015, sur le site web de The Ecologist, à l’adresse suivante:
http://www.theecologist.org/green_green_living/2905572/we_are_those_who_are_on_the_side_of_the_living_and_we_are_going_to_win.html

Qui sommes nous? Nous sommes ceux qui sont parés pour la riposte, écrit Derrick Jensen. Ceux qui ne vivent plus dans l’espoir que l’on sauvera la Planète, mais dans la certitude que nous la sauverons. Nous sommes des activistes, des survivants, des amants et des combattants. Et nous disons : la destruction cessera !

Nous sommes ceux qui ne se résignent pas au destin qu’on nous présente trop souvent comme inéluctable.

Nous sommes ceux qui refusent de continuer en tant qu’esclaves. Nous sommes ceux qui se souviennent comment être humain. Nous sommes ceux qui sont prêts à reprendre en main leurs vies, et à les défendre, ainsi que celles de ceux que nous aimons, et donc de la terre.

Nous sommes ceux qui sont enfin prêts et volontaires pour riposter. Nous sommes ceux qui comprennent au plus profond d’eux-mêmes la vérité de cette affirmation de Robert E. Lee, « nous devons choisir entre le risque de l’action et la perte assurée qu’engendre l’inaction ». Nous sommes ceux qui sont prêts à passer à l’offensive, ou à soutenir ceux qui le font.

Nous sommes des survivants. Nous avons survécu à la violence domestique. Nous avons survécu au racisme, et nous avons survécu au sexisme. Nous avons survécu à l’éducation industrielle, et nous avons survécu à l’économie industrielle. Nous avons survécu à la télévision. Nous avons survécu à l’intoxication totale de notre environnement.

Et nous sommes parés pour la riposte

Nous sommes les amants de la terre, les amants les uns des autres, les amants de nos propres corps et de nos émotions. Nous aimons. Nous haïssons. Nous ressentons de la joie, du désespoir, de la peine, de l’indignation, du bonheur et de la colère. Et nous sommes parés pour la riposte.

Nous sommes les opprimés. Nous sommes prisonniers, familles de paysans, libérateurs d’animaux, femmes, enfants, Indiens d’Amérique, noirs, Mexicains, blancs pauvres, Asiatiques, peuples du Tiers-Monde, nous sommes les indigènes. Nous sommes des parents, et nous sommes des sans enfants. Nous sommes ceux qui haïssent leurs emplois, nous sommes les chômeurs, et nous sommes ceux qui ne veulent pas de travail. Et nous sommes parés pour la riposte.

Nous sommes ceux qui ont longtemps écouté avec amour et peine, et qui, dorénavant, et avec leur permission, parlent pour les saumons, les séquoias, les rivières, les campagnols et les chouettes tachetées. Nous parlons pour le bison, pour l’esturgeon, pour le lamantin et pour le requin.

Nous parlons pour le sol, pour le vent, pour la neige, pour la banquise. Nous parlons pour le phytoplancton, et nous parlons pour les insectes. Nous parlons avec des voix qui ne sont ni plus ni moins que le vent soufflant à travers nos corps, à travers nos cordes vocales. Nous parlons pour nos maisons, et pour nos voisins, et nous serons entendus. Ils seront entendus. Et nous sommes parés pour la riposte.

Nous sommes activistes. Nous sommes des enseignants. Nous sommes des étudiants. Nous sommes des ouvriers dans des champs de fraises. Nous sommes des artistes visuels. Nous sommes des petits commerçants. Nous sommes des ouvriers du bâtiment. Nous sommes des ingénieurs généticiens. Nous sommes des bibliothécaires. Nous sommes des spécialistes en armes biochimiques. Nous sommes d’anciens SEALS de la US Navy.

Nous sommes des experts en démolition. Nous sommes des pirates informatiques. Nous sommes des employés chez Wal-Mart. Nous sommes des détenus. Nous sommes des mères célibataires. Nous sommes des punks. Nous sommes des pécheurs. Nous sommes des chasseurs. Nous sommes ceux qui s’opposent à la chasse. Nous sommes écrivains. Nous sommes des tueurs. Nous sommes d’anciens bûcherons. Nous sommes des saboteurs. Nous sommes des infirmières. Nous sommes des paysans. Nous sommes des arrières grand-mères. Nous sommes des avocats. Nous sommes d’anciens détenus. Et nous sommes parés pour la riposte.

Nous sommes à Los Angeles, à Detroit, à Boston et à New-York. Nous sommes à St. Louis et à Asheville, en Caroline du Nord. Nous sommes à Saint-Pétersbourg et nous sommes à Seattle. Nous sommes dans de petites communes du Montana et nous sommes dans le Sud du Mexique. Nous sommes au Canada et nous sommes en Corée. Nous sommes en Chine, en Inde, en Australie. Nous sommes au Congo et en Tanzanie. Nous sommes en Macédoine, en Autriche, au Danemark, en Finlande. Et nous sommes parés pour la riposte.

Et nous allons gagner

Nous sommes ceux qui ont réalisé qu’à moins d’être stoppée, la civilisation tuera tout ce qui vit sur Terre. Nous sommes ceux qui ont réalisé que la civilisation était motivée par une pulsion destructrice, et nous sommes ceux qui ont réalisé que cette civilisation n’était pas réformable.

Nous sommes ceux qui ont tiré des leçons de ceux qui ont essayé de conclure des traités avec ceux qui tuent la planète, et nous sommes ceux qui, alors que la planète entière est en jeu, sont finalement parés pour la riposte.

Nous sommes ceux qui n’espèrent plus que la civilisation cesse de détruire la planète, mais qui feront ce qu’il faut pour l’en empêcher. Nous sommes ceux qui n’espèrent plus que les saumons survivent, mais qui feront tout leur possible pour entraver leur extinction. Nous sommes ceux qui feront de même pour les bisons, les chiens de prairie, les tortues du désert, les baleines, les dauphins, les lions, les grands singes, et les rhinocéros. Nous n’espérons pas. Nous agissons. Et nous sommes parés pour la riposte.

Nous sommes ceux qui comprennent au plus profond d’eux-mêmes que la peur n’est qu’un concept qui nous fait croire que nous avons quelque chose à perdre, et, avec la planète entière en jeu, nous sommes parés pour la riposte.

Nous sommes ceux qui avertissent ceux qui détruisent ce monde que nous aimons. Vous devez arrêter. Maintenant. Vous allez arrêter. Entendez cela comme vous n’avez jamais entendu quoi que ce soit auparavant. Vous arrêterez. Nous sommes parés pour la riposte.

Et nous allons gagner.

Nous sommes ceux qui n’oublieront jamais que les juifs ayant participé au soulèvement du Ghetto de Varsovie ont connu un meilleur taux de survie que ceux qui se sont soumis.

Nous sommes ceux qui sont du côté du vivant, et nous allons gagner.

Derrick Jensen

Traduction: Nicolas Casaux

Édition & Révision: Héléna Delaunay

http://partage-le.com/2015/09/nous-sommes-ceux-qui-sont-du-cote-du-vivant-et-nous-allons-gagner-derrick-jensen/

Nous sommes ceux qui sont du côté du vivant — Et nous allons gagner. (Derrick Jensen)

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Les femmes et la biodiversité....

3 Août 2015, 15:46pm

Publié par Vandana Shiva. Traduction Nicolas Casaux

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Sous les pavés la terre...

16 Juillet 2015, 06:55am

Publié par pam

jardinage, agriculture et saloperies industrielles, chimiques et commerciales....

expliqués clairement par de belles personnes...

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canicule ?

4 Juillet 2015, 08:51am

Publié par pam

Pourtant consentuel et pas extrémiste, Hulot.... et c'est daté de près de 10 ans....

POUR UN PACTE ÉCOLOGIQUE. 2006.

Avec le Comité de veille écologique.

Que demain soit ce que nous décidons d’en faire, et pas ce que le temps décidera à notre place.

LETTRE OUVERTE AU FUTUR PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE.

Nous sommes arrivés à un carrefour de crises (crises multiformes et interdépendantes de la machine du vivant).

Pas d’autre alternative que d’engager une vaste mutation économique, sociale et culturelle, en nous appuyant sur une mobilisation collective.

Comment répondrez-vous aux multiples défis du changement climatique, de la crise énergétique, de l’extinction des espèces, de l’épuisement des ressources, de la raréfaction et de la contamination de l’eau potable, des pollutions chimiques, des maladies émergentes... et de leurs conséquences multiples ?

L’espèce humaine risque une déstabilisation majeure car sa santé et ses activités dépendent du bon fonctionnement des écosystèmes et de ressources en abondance.

La crise écologique est apparue il y a 30 ans déjà, beaucoup de temps perdu, sans doute parce que nous ne voulions pas y croire, renoncer à nos mirages, d’autant plus que la communauté scientifique tardait à venir étayer et conforter ce qui n’était au début qu’un faisceau de présomptions. Le temps du doute, du scepticisme, des polémiques est révolu. D’hypothétique, le risque est devenu avéré.

Désormais, le climat est susceptible d’être soumis à de brusques emballements qui conduiraient au chaos. Les changements climatiques se développent de manière quasi exponentielle. Personne n’est capable de dire si nous avons déjà franchi le seuil de l’irréversible.

Biodiversité : 12% de toutes les espèces d’oiseaux, 23% des mammifères, 25% des conifères, 32% des amphibiens sont actuellement menacés de disparition.

60% des services vitaux que les écosystèmes fournissent à l’humanité sont dégradés ou exploités de manière non rationnelle. La fertilité des sols s’affaiblit.

L’air, l’eau, les sols, donc l’agriculture et les aliments héritent de molécules chimiques inédites susceptibles d’induire des cancers, des malformations ou des stérilités. La baisse des ressources halieutiques, la raréfaction de l'eau douce dans quelques-uns des pays les plus peuplés, l’abaissement du niveau des nappes phréatiques, la montée de celui des mers, l’acidification des océans, le casse-tête du traitement des déchets, la disparition des forêts primaires... L’ère de l’abondance va se terminer, celle de la rareté des ressources naturelles s’annonce.

Nous sommes à la fois responsables et victimes.

On a tenté de dire que la modernité a profané la sphère du sacré en outrepassant les limites imparties à l’humanité.

L’humanité est scindée en deux mondes qui ne se comprennent plus : ceux qui se gavent et ceux qui souffrent. Les tensions s’accroissent et les foyers de conflits potentiels sont immenses. Excès de frénésie consommatrice d’un côté, damnés de la terre de l’autre, majorité de la population mondiale, sans-espoir dont on continue à piller les ressources, laminer les cultures, au profit d’une homogénéisation stupide.

Frustrations énormes, opulence indécente qui exacerbe un profond sentiment d’injustice chez ceux qui ont peine à se nourrir. La communication planétaire qui devait rapprocher les hommes cristallise au contraire des rancœurs qui ont tôt fait de se transformer en haine. Tentation forte de céder aux sirènes d’un fondamentalisme religieux, d’un nationalisme exacerbé, d’un irrédentisme (en politique, mouvement souhaitant réunir à une nation les groupes ethniques de même langue ou même culture vivant dans d'autres nations) irrationnel. Or, en Occident, nous continuons de raisonner en vase clos, à l’intérieur de frontières dont on refuse d’admettre qu’elles sont obsolètes. Il n’y a plus qu’une seule humanité sur une seule planète.

Le monde est très malade et le plus grave reste à venir. Les bouleversements catastrophiques liés au changement climatique ou aux pénuries de ressources (appauvrissement des sols, extinction d’espèces, contamination des eaux, raréfaction énergétique, baisse des ressources halieutiques, ralentissement de la croissance des rendements agricoles, inondations, sécheresses, canicules, incendies, famines, tempêtes, cyclones, montée des eaux dans les deltas et sur les littoraux, désertification, déforestation, épidémies, exodes, “bidonvillisation” sauvage, déculturation massive, encouragement des économies mafieuses...) frappent prioritairement cette part misérable d’humanité à laquelle, se rattache le plus grand nombre des hommes et qui, d’ici une ou deux générations, en constituera plus des trois quarts. La crise écologique amplifie les crises latentes de l’humanité et elle va en générer de nouvelles.

1° besoin : la lucidité. Je ne crois pas à la durabilité de notre éthique et de nos valeurs en période de paroxysme des conflits ou des tragédies. Nous ne sommes qu’en partie civilisés. Voir par exemple la sélectivité des secours à La Nouvelle-Orléans. Et pourtant, l’essentiel des malheurs touche les plus démunis pour le moment. Les politiques sont dans un état de sidération peu efficace et préfèrent laisser dormir le problème tant que l’opinion ne sera pas prête... d’où déni et immobilisme.

Sainte-Beuve : “Nous sommes condamnés à faire mieux avec moins.”

Il y a eu le temps de l’information, puis de la prise de conscience, maintenant nous sommes dans un face-à-face dramatique avec l’effet de seuil : ce niveau à partir duquel les crises risquent de se conjuguer et de s’emballer. Si nous ne passons rapidement à l’action, la spirale infernale s’emballera. Il est exclu d’en reprendre pour 30 ans d’hésitations et de demi-mesures, de continuer à se payer de mots non suivis d’effets. Il faut décréter un état d’urgence planétaire, pour une guerre d’un type particulier puisqu’elle est dirigée contre nous-mêmes. L’ennemi siège à l’intérieur de notre système et de nos consciences. L’impératif écologique ne sera pas relevé en faisant l’impasse sur cette double dimension, collective et individuelle, en sous-traitant le problème aux scientifiques, aux politiques ou aux industriels. Tout le monde doit s’engager dans la même direction, participer au changement. Personne ne peut se sentir dédouané de ce combat et de l’urgence qu’il impose.

Si dans un monde aussi fragmenté, divisé et porté à la guerre des clans, le péril écologique ne fournit pas l’occasion de s’unir, rien d’autre ne le fera.

Ce défi détermine tout le reste, il se situe sur une échelle de gravité sans comparaison avec les autres dilemmes qui agitent nos sociétés. C’est une question d’intérêt général qui suppose une confluence d’intérêts plutôt qu’un conflit d’intérêts. La crise des écosystèmes et le déséquilibre des cycles naturels ne trouveront pas d’issue dans le triomphe des intérêts des uns sur celui des autres, même si les inégalités de situation obligeront à des contributions différenciées à l’échelle des catégories sociales, mais si certains sont moins blancs que d’autres. Fabriquer des boucs émissaires ne serviraient à rien.

Il faut conjuguer les impératifs d’aujourd’hui avec les nécessités de demain, et la solidarité entre les générations d’aujourd’hui et de ceux qui vont nous suivre.

Nous n’y parviendrons, progressivement, que si toute la société partage le même objectif et si chacun prend sa part du fardeau. la responsabilité de tous est donc requise, même si les efforts ne peuvent pas être identiques pour chacun. C’est à nous d’aider les pays émergents pour qu’ils évitent d’emprunter la même voie suicidaire que la nôtre. Ce sont les pays développés qui se trouvent à la source des désordres écologiques, en particulier climatiques, et ce sont les plus pauvres qui en deviennent les victimes. Quand la nature se rebelle, tout le monde n’est pas exposé de la même manière. Aux pollueurs d’être les payeurs.

La somme des intérêts particuliers ne fait pas l’intérêt général. Admettre la priorité de l’impératif écologique ne revient pas à ignorer les enjeux sociaux et les inégalités mondiales, c’est au contraire, les prendre fondamentalement en compte afin d’épargner une crise supplémentaire qui les aggraverait.

Dans le grand vacarme de la communication, de la mise en scène, des postures médiatiques et des faux-semblants, pourrez-vous encore entendre le murmure de la raison ?

Si ce n’est pas la société toute entière qui anticipe et conduit le changement, celui-ci nous sera imposé dans des conditions bien plus difficiles.

Il faut dépasser les différences politiques traditionnelles. Le défi qui est devant nous ne peut s’accommoder de vraies-fausses divisions idéologiques ou d’obscurs appétits de pouvoir. Le pacte écologique est une adhésion à une problématique qui transcende les querelles partisanes, l’affirmation d’une volonté collective de faire face à un enjeu vital et de se mettre en mouvement ensemble pour trouver des solutions. Le silence de la plupart des intellectuels laisse pantois. Pensent-ils que leur statut d’élite les immunise contre le risque ? Ne laissez pas les écologistes, et eux seuls, être porteurs à la fois du diagnostic sur le risque, de l’alerte sur les effets, des solutions à mettre en œuvre et des réflexions sur la refondation d’une autre société. Si le péril commun ne provoque pas un processus unitaire dans la sphère politique, si les familles idéologiques se déchirent sur l’impératif écologique comme sur le reste, nous n’emporterons jamais l’adhésion de l’opinion. Psychologiquement, la méfiance dominera. Le doute sera entretenu chez les uns et les autres, qui servira de prétexte au plus grand nombre pour rester en retrait. L’impératif écologique rend obsolète un certain nombre de clivages gauche-droite par exemple) et de comportements. Il faut en finir avec les logiques exclusives de parti, cette psychologie de horde où l’individu abdique toutes conscience pour privilégier les intérêts de sa boutique. Il faut en finir avec ses pratiques occultes qui font passer en catimini des amendements favorisant tel ou tel intérêt particulier sans que l’opinion en soit informée. Il faut en finir avec la pléthore des textes de loi si compliqués qu’ils mettent des années à être efficients et aussi avec cette dérive des mœurs politiques que constitue le cumul des mandats. Assez des camps faussement opposés car, à droite comme à gauche, on partage le même engouement pour une croissance illimitée, pour l’augmentation du PIB, des productions, des consommations. À quand un dirigeant politique qui émettrait le moindre doute sur ces questions ?

Nous avons besoin cruellement de nouveaux instruments financiers pour lutter contre la pauvreté et le sous-développement.

Pour les citoyens, les politiques sont assimilés à l’incapacité et la corruption. On a les politiques qu’on mérite... Nous devons accepter le postulat que le législatif et l’exécutif n’ont qu’une part relative de pouvoir, qu’ils doivent composer en permanence avec d’autres (industriels, syndicats, lobbies, ONF, médias...) et que les initiatives nationales sont encadrées par un réseau de contraintes et de réglementations internationales. Nous ne viendra pas d’en haut.

L’essentiel, si l’on veut avancer, c’est de s’interroger sur les raisons de l’incapacité de la société à opérer les changements nécessaires. Pourquoi restons-nous bloqués alors qu’une ardente obligation de changement s’impose à nous ?

Les modifications devront intervenir non seulement au niveau des structures mais aussi à l’échelle de nos faits et gestes quotidiens. Les bouleversements ne sont pas destinés à s’appliquer aux autres seulement !

La force de persuasion clandestine de la publicité finit par nous convaincre que l’envie de posséder permet d’échapper au mal-être. Nous nous retrouvons formatés par l’idée que le progrès est quelque chose de continu et que chaque nouvelle technologie, chaque nouveau produit apporte forcément un mieux-être. Le système du progrès est grippé. En portant atteinte aux équilibres du vivant, l’excès de nos productions, l’outrance de nos consommations, la dérive de nos comportements ont engendré quelque chose qui nous dépasse et qui s’est retourné en risque majeur. La faute à qui ? À tout le monde et à personne !

extraits de "Le syndrome du Titanic" de Nicolas Hulot.

photo d'Oleg Oprisco

photo d'Oleg Oprisco

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Vacances...

27 Juin 2015, 15:42pm

Publié par pam

1milliard 200 000 de touristes cette année...

Réflechissez et informez-vous avant de partir vous "dépayser"... soyez responsables !

Bien sur je suis mal placée pour donner des leçons puisque j'habite un lieu magnifique, mais je m'en suis donnée les moyens et j'en subis les inconvénients (éloignement, isolement, désert médical... touristes...!!!). Depuis que mon métier ne m'oblige plus à prendre l'avion je n'en ai plus jamais pris, préférant rêver qu'aller polluer encore un peu plus.

J'espère que vous prendrez le temps de regarder ce documentaire édifiant jusqu'au bout.

Et je vous souhaite de bonnes vacances (si vous pouvez en prendre...) vraiment vertes ou bleues, vraiment écologistes, et vraiment reposantes ...

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Santé et changement climatique...

24 Juin 2015, 08:56am

Publié par pam

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