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ecologie

chamanisme et écologie...

16 Mars 2015, 08:59am

Publié par pam

extraits de

MAUD SÉJOURNANT. “LE CERCLE DE VIE”. 1997.

Chapitre 8 - LA TERRE - MÈRE.

C’est parce que nous avons oublié nos vraies origines que nous devons aujourd’hui faire face aux drames écologiques actuels. La Terre est source de vie. D’elle nous venons, vers elle nous retournerons, pour nous transformer, tel le phénix, en une autre forme de vie.

Certains savants pensent que la Terre pourrait bien être “un système complexe capable d’autorégulation”.

La grande erreur de notre culture est de croire que la mythologie est un ramassis de contes de cultures passées et dépassées. Le propre d’un mythe, à la différence d’une histoire, c’est qu’il continue à être vrai dans le temps : il décrit littéralement la réalité d’une autre dimension, d’un univers parallèle. Toutes les cultures ont des mythes de création, des mythes concernant la nature. Nous ne pourrions vivre sans eux. Ils continuent à faire vivre notre psyché, à animer notre inconscient, à susciter nos désirs. Nous avons créer le mythe de la toute-puissance de la technologie. Les problèmes environnementaux actuels semblent montrer que la technologie ne peut pas les résoudre et continue au contraire à en créer sans cesse de nouveaux.

Rendre à la Terre ce qu’elle nous donne, rendre grâces, remercier.

Léon Shenandoah, Ancien Hopi : “Notre religion s’occupe de remercier le Créateur pour le monde, et chaque animal et chaque plante qu’il contient. Nous le remercions pour tout ce qui existe. Nous ne considérerons pas comme acquis le fait qu’il y ait un arbre à cet endroit. Nous remercions pour cet arbre. Si nous ne le faisons pas, le créateur pourrait l’enlever. C’est pour cela que nos cérémonies sont importantes. Nous prions pour l’harmonie du monde. Nous croyons que si nous ne faisions pas nos cérémonies, le monde s’arrêterait, ce sont elles qui le maintiennent. On peut ne pas le croire, on peut en rire, mais c’est vrai. Le Créateur veut être remercié.”

Fausse est la vision dichotomique qui a laissé une marque parfois indélébile chez les catholiques, avec d’un côté le sacré intangible, et de l’autre la matière vulgaire, dépourvue de tout esprit. Les Indiens ont gardé vivante dans leur culture cette relation d’échange et de respect avec la Terre-Mère, qui existait aussi dans la vieille tradition européenne.

Des psy californiens mettent l’accent sur nos liens psychiques profonds avec le monde naturel : écopsychologie ou psychiatrie de l’âge de pierre !

Ils questionnent le bien-fondé physique et surtout psychologique de l’économie industrielle, mettent en relations nos dépendances et nos mauvaises habitudes face à l’environnement. Le problème de l’environnement n’est-il pas au fond ancré dans notre difficulté à transformer nos émotions ? (recyclage). Certains thérapeutes pensent que beaucoup ressentent inconsciemment une peine profonde devant la disparition de myriades de formes de vie, mais ne savent exprimer cette peine ni comment y réagir. La biosphère devrait être incluse dans tout projet thérapeutique. Chellis Glendinning montre la relation entre nos dépendances (drogues, tabac, alcool, télé...) et la crise écologique. Elle suggère que les solutions pour améliorer l’état de la société et de la Terre peuvent être inspirées par les approches de guérison des dépendances individuelles. Elle parle de la technodépendance qui sévit actuellement et rappelle la manière dont l’homo sapiens et les autres vivaient proches de la terre pendant plus d’un million d’années.

L’homme est d’essence divine mais il a perdu la conscience de sa filiation en s’incarnant. Parce qu’il a perdu sa conscience profondément spirituelle, il se venge en quelque sorte sur la Terre-Mère. S’il ne reporte pas sa faute sur les autres, s’il assume, cette prise de responsabilité le sauvera. Il faut du courage, il faut nous réveiller.

Il est important de reconnaître l’aspect nourricier de notre Terre au sens alimentaire mais aussi énergétique. Un groupe de scientifiques français ont montré les interactions vibratoires dues à la présence de divers réseaux d’énergie à la surface du globe et la possibilité pour ces interactions de créer des ondes négatives pour les humains. On parle de géographie subtile. Les Templiers par exemple semblait connaître cette biogéographie, conscients des méridiens d’énergie terrestre entre Paris et Jérusalem. En Extrême-Orient, l’art du feng shui permet de déterminer les lieux propices à l’édification de certains bâtiments, l’organisation interne des maisons en fonction des courants d’énergie, du terrain, des directions cardinales... Castaneda dit que son maître l’envoie dans des sites choisis avec soin, qui auront un effet spécifique sur sa conscience, et lui apprendront à devenir plus sensible et réceptif à l’énergie de la Terre. Beaucoup de grands lieux de pèlerinage, d’apparition, se trouvent dans des sites bien particuliers (Saint-Jacques de Compostelle, Rocamadour, Le Puy…) On parle de lieux saints ou sacrés ou spéciaux ou maudits parfois dans le monde entier.

On peut imaginer que les humains, avant l'avènement de l’esprit bicaméral, savaient percevoir directement certaines forces de la nature. Ils y amoncelèrent des tas de pierres, certains rituels s’y déroulèrent pour en capter l’énergie, des milliers de pèlerins finirent par former des sentiers. Les abris, les autels se transformèrent au fil des siècles en chapelles, lieux de cultes... Les chamanes ont toujours su s’installer dans des lieux de pouvoir et utiliser leur énergie. Certains lieux sacrés servaient de couloirs d’énergie pour communiquer à distance.

Cette énergie tellurique est aujourd’hui en grande partie ignorée et totalement sous-employée, même si notre culture reconnaît depuis longtemps l’influence bienfaitrice de certains lieux.

Notre survie va dépendre de l’éveil de la conscience collective par rapport aux dons et aux besoins de la Terre. le respect et l’amour en sont les premiers éléments.

Le meilleur moyen de voir les étoiles, c’est de s’allonger sur la terre...

Nous sommes à 90% déconnectés de la Terre. Durant les millénaires qui précédèrent l’ère patriarcal, les sociétés étaient fondées sur le culte de la Grande Mère, source de toute vie, c’est par là que l’humanité a commencé, s’est construite. Et à l’époque, l’égalité était de mise, culture égalitaire contrairement aux sociétés patriarcales.

Puis la culture de l’épée fit irruption entraînant la domination patriarcal : domination des hommes sur les femmes, des maîtres sur les esclaves, des techniciens sur la Terre. La relation d’équilibre disparut, au profit de la destruction et de l’oppression, et ce sur toute la planète. Sauf les Celtes et les Hopis, et quelques tribus.

Nous pouvons vivre chaque acte important de notre vie et même chaque instant dans l’esprit du chamane. Une certaine vibration intérieure peut influer sur notre environnement.

Chant Indien : La Terre est notre Mère, nous devons prendre soin d’elle.

Nous touchons son corps sacré, à chaque pas que nous faisons.

La Terre est notre Mère, elle prendra soin de nous.

chamanisme et écologie...

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Lettre ouverte : pour se réapproprier l'écologie.

2 Mars 2015, 08:36am

Publié par Derrick Jensen

Derrick Jensen

Merci de lire la lettre ci-dessous, puis de rejoindre les 745 autres en signant sur http://www.derrickjensen.org/lettre-ouverte-pour-se-reapproprier-lecologie/

Read in English

Il fut un temps, le mouvement écologiste œuvrait à protéger le monde naturel de l’insatiable exigence de cette culture extractive. Une partie du mouvement y œuvre encore : sur toute la planète des activistes de terrain et leurs organisations luttent désespérément afin de sauver telle ou telle créature, telle ou telle plante, ou champignon, tel ou tel lieu, et cela par amour.

Comparons cela à ce que certains activistes appellent le complexe conservato-industriel – des grands groupes écolos, des énormes fondations « environnementales », des néo-environnementalistes, quelques universitaires – qui ont coopté une trop grande partie du mouvement vers la « soutenabilité », un mot dont le sens s’est perdu, et qui signifie aujourd’hui « faire en sorte que cette culture continue le plus longtemps possible ». Au lieu de lutter afin de protéger notre seule et unique maison, ils essaient de « soutenir » cette même culture qui est en train de tuer la planète. Et ils sont souvent très explicites dans leurs priorités.

Par exemple, la récente « lettre ouverte aux environnementalistes sur l’énergie nucléaire », signée par un certain nombre d’universitaires, de biologistes, et d’autres membres du complexe conservato-industriel, déclare la production d’énergie à partir du nucléaire « soutenable » et explique qu’en raison du réchauffement climatique, l’énergie nucléaire joue un « rôle-clé » dans la « conservation mondiale de la biodiversité ». Leur argumentation toute entière est basée sur l’hypothèse selon laquelle l’utilisation industrielle de l’énergie est, comme le dit Dick Cheney, non négociable – à prendre comme une donnée. Et à quoi servira cette énergie ? A continuer l’extraction et le prélèvement – à convertir les dernières créatures vivantes et leurs communautés en marchandises mortes.

Leur lettre dit que nous devrions nous laisser guider par « des preuves objectives ». La reconnaissance de schéma est un signe d’intelligence : exposons un schéma et voyons si nous pouvons le reconnaitre dans les 10 000 dernières années. Quand vous pensez à l’Irak, pensez-vous à des forêts de cèdres si denses que la lumière du Soleil ne puisse atteindre le sol ? C’était le cas avant l’avènement de cette culture. Le Proche-Orient était une forêt. L’Afrique du Nord était une forêt. La Grèce était une forêt. Toutes furent rasées afin de soutenir cette culture. Les forêts nous précèdent, et les déserts nous suivent. Il y avait tellement de baleines dans l’Atlantique qu’elles étaient un danger pour les bateaux. Il y avait tellement de bisons dans les grandes prairies que vous pouviez passer quatre jours à regarder défiler le même troupeau. Il y avait tellement de saumons dans le Pacifique Nord-Ouest que vous pouviez les entendre des heures avant qu’ils n’arrivent. La preuve n’est pas seulement « objective », elle est accablante : cette culture saigne la Terre de son eau, du sol, de ses espèces, et du processus de vie lui-même, jusqu’à ce qu’il ne reste que poussière.

Les combustibles fossiles ont accéléré cette destruction, mais ils ne l’ont pas causée, et passer des combustibles fossiles à l’énergie nucléaire (ou aux éoliennes) ne stoppera rien du tout. Peut-être que trois générations peuvent connaître ce niveau de consommation, mais une culture basée sur le prélèvement n’a pas de futur. Les biologistes de la conservation devraient être les plus à même de comprendre que le prélèvement ne peut pas durer, et qu’il ne devrait pas être pris pour acquis en tant que politique publique – et encore moins en tant que mode de vie.

Il est plus que temps pour que ceux d’entre nous dont la loyauté réside avec les plantes, les animaux sauvages et les endroits, reprennent les rênes du mouvement des mains de ceux qui utilisent sa rhétorique pour soutenir un écocide accéléré. Il est plus que temps que nous comprenions qu’un mode de vie extractif n’a jamais eu de futur, et ne peut que finir en effondrement biotique. Chaque jour cette culture extractive continue, et 200 espèces sombrent dans les ténèbres de l’extinction. Il reste bien peu de temps pour arrêter la destruction et commencer à réparer. Et la réparation est encore possible : les prairies, par exemple, sont si performantes dans le stockage de carbone qu’en restaurant 75% des prairies de la planète, le taux de CO2 atmosphérique pourrait retomber sous les 330 ppm en moins de 15 ans. Ceci permettrait aussi la restauration d’habitats pour un nombre incalculable de créatures. Les mêmes arguments peuvent être avancés à propos de la reforestation. Or, il faut savoir que sur les 450 – et plus – zones mortes des océans, juste une seule s’est restaurée d’elle-même. Comment ? L’effondrement de l’Empire Soviétique a rendu impossible l’agriculture dans la région proche de la Mer Noire : avec la disparition de l’activité destructrice, la zone morte a disparu, et la vie a fait son retour. C’est vraiment aussi simple que ça.

On aurait pensé que ceux qui prétendent se soucier de la biodiversité chériraient de telles « preuves objectives ». Mais au lieu de ça le complexe conservato-industriel promeut l’énergie nucléaire (ou les éoliennes). Pourquoi ? Parce que restaurer les prairies et les forêts et démanteler les empires ne colle pas au programme extractif des seigneurs du monde.

Ceci, ainsi que d’autres tentatives de rationalisation de moyens de plus en plus désespérés permettant de continuer à propulser cette culture destructrice, relève clairement de la démence. Le problème fondamental auquel nous faisons face en tant qu’écologistes et en tant qu’êtres humains n’est pas la recherche de nouvelles sources d’énergies permettant à cette destruction de continuer encore un peu, c’est d’y mettre fin ! L’ampleur de l’urgence dépasse l’entendement. Des montagnes s’effondrent. Les océans se meurent. Le climat lui-même est touché et ce sont nos enfants qui découvriront si c’est sans espoir. La seule certitude c’est que notre seule et unique maison, autrefois regorgeant de vie en constante expansion, ne sera plus qu’un simple caillou si on ne fait rien.

Nous, les signataires, ne faisons pas partie du complexe conservato-industriel. Beaucoup d’entre nous sont des activistes écologistes de la première heure. Certains d’entre nous sont des indigènes dont les cultures vivent de manière véritablement soutenable et respectueuse de toutes nos relations depuis bien avant que cette culture dominante ne commence à exploiter la planète. Mais nous sommes tous des êtres humains qui admettent être des animaux, et qui comme tous les autres ont besoin d’un habitat vivable sur une planète vivante. Et nous aimons les saumons et les chiens de prairies et les sternes noires et la nature sauvage plus que ce mode de vie.

L’écologie ça n’est pas isoler cette culture des conséquences de ses activités destructrices du monde. Ça n’est pas non plus essayer de perpétuer ces activités destructrices du monde. Nous nous réapproprions l’écologie pour protéger le monde naturel de cette culture.

Et plus important encore, nous nous réapproprions cette Terre qui est notre seule maison, et la tirons des griffes de cette culture extractive. Nous aimons cette Terre, et nous défendrons notre bien-aimée.

http://www.derrickjensen.org/lettre-ouverte-pour-se-reapproprier-lecologie/

Lettre ouverte : pour se réapproprier l'écologie.

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Eau contaminée...

24 Février 2015, 07:51am

Publié par Super Trash le film

trouvé dans : Super Trash, le film.

LA QUASI TOTALITÉ DES RÉSERVES D’EAU FRANÇAISES CONTAMINÉES PAR LES PESTICIDES
Dans une étude datée du 22 juillet dernier, le Commissariat général au Développement durable, montre que la contamination des cours d’eau français par les pesticides est « quasi généralisée ».
les contaminations des nappes phréatiques par les pesticides sont essentiellement localisées, pour les plus fortes, en région Centre, dans les Charentes, le Vaucluse, les Alpes de Haute-Provence, en Martinique, ainsi qu’au Sud de la Guyane et de Basse Terre en Guadeloupe, avec des concentrations totales de pesticides dépassant 0,5 µg/l (norme de qualité DCE). Au nord de l’Hexagone, en nord Bretagne, dans le couloir rhodanien et le Sud-Ouest, les concentrations totales en pesticides des nappes sont fréquemment supérieures à 0,1 µg/l. Les nappes sous couverture argileuse (en Aquitaine et à l’est du bassin parisien) et les nappes de montagne, est et sud du Massif Central, Pyrénées, Alpes, sont les plus préservées puisqu’aucun pesticide n’y est détecté. »
Dans les zones de cultures intensives comme le Bassin parisien, le Sud-Ouest et le nord de la France, certains secteurs dépassent les 5 microgrammes par litre, seuil au-delà duquel l’eau est « impropre à la fabrication d’eau potable ». Plus de 20 pesticides différents ont été décelés sur 18% des points de mesure, précise le Commissariat.
Les conséquences sont maintenant factuelles. Ainsi, ma commune, Saint Jean-de-la-Ruelle (~17000 habitants), au Nord Ouest dans l’agglomération d’Orléans, était « branchée » sur un approvisionnement en eau potable arrivant de la fameuse nappe de Beauce. Mais suite à la pollution, en 2008, un accord a du être signé avec la ville d’Orléans et le Maire communiquait ainsi :
Une décision responsable dans l’intérêt des stéoruellans
Depuis le 4 juillet, les habitants de Saint Jean de la Ruelle sont approvisionnés en eau potable par la ville d’Orléans, à partir des ressources de l’usine du Val.
En effet, l’eau fournie par les forages de la ville présentait une teneur croissante en nitrates et dépassait les normes prescrites par la DDASS, de façon permanente sur 2 forages. Par ailleurs, la ville n’avait pas de solution interne, tous les forages étant condamnés car non protégeables. Après des études et de nombreux débats, il était de notre responsabilité d’agir et nous avons pris la seule décision possible à court terme, permettant de fournir aux habitants une eau de qualité.
Il s’agissait pour les élus du conseil municipal, d’une question de responsabilité et de santé publique et je me félicite qu’aujourd’hui les stéoruellans puissent consommer une eau de qualité.
Par ailleurs, ainsi que je m’y étais engagé, la distribution de l’eau potable à Saint Jean de la Ruelle reste et restera un service public municipal géré en régie directe.
Votre maire,
Christophe Chaillou
Conséquences : afin d’équilibrer les dépenses dues au changement de mode d’approvisionnement du réseau d’eau potable, une hausse des tarifs a été nécessaire. Elle fut lissée sur trois ans pour en réduire l’impact sur les budgets des ménages. Le tarif de l’eau et le droit d’abonnement ont augmenté de 6.90% en 2008, mais cette hausse fut compensée cette année-là par la baisse de la redevance pollution (!).
En 2012, année de sécheresse, le Président de la FNSEA, Xavier Beulin, demandait la création de retenues d’eau qu’il présentait comme une réponse pérenne à la sécheresse en se plaignant de « tracasseries administratives » et de « l’écologie punitive ».
A priori, monsieur Beulin, la punition ne vient pas de l’écologie, mais d’une agriculture intensive épuisant nos ressources, dont vous êtes le fier héraut.
Les écologistes lui avaient répondu de manière factuelle et documentée, par la voix de Gilles Deguet (Vice-Président au Conseil de la Région Centre) :
« Notre système agricole est confronté à un double défi : il faut d’une part produire de l’alimentation pour nourrir la population, et d’autre part il faut le faire dans un contexte où les facteurs de production (eau, sol, énergie fossile…) sont et seront de plus en plus rares.
« Depuis les années 60 l’agriculture a augmenté sa productivité, mais le modèle qui a été utilisé repose sur une forte consommation d’eau, de produits phytosanitaires (néfastes pour la santé et le bon état des écosystèmes) et d’engrais de synthèse produits à partir d’énergie fossile. La Politique Agricole Commune a largement contribué à l’adoption de ce modèle de production.
« Aujourd’hui, ce modèle n’est clairement plus adapté : les ressources fossiles s’épuisent, les ressources en eau qui sont déjà largement surexploitées risquent de diminuer du fait du changement climatique. Les consommateurs qui achètent les produits et les citoyens qui paient pour la PAC veulent une agriculture qui préserve leur santé et leur environnement et non l’inverse. C’est malheureusement très loin d’être le cas.
« Ainsi, Le Commissariat Général au Développement Durable évalue le coût complet du traitement annuel des excédents en nitrates et pesticides d’agriculture et d’élevage dissous dans l’eau entre 54 et 91 milliards d’euros par an ! Soit cinq fois plus que le solde positif de notre balance agroalimentaire ! »
Monsieur Beulin a une bête noire : les écologistes, comme le montre ses petites interventions politiciennes, comme un accusateur encart dans la République du Centre en période électorale où il expliquait tout le mal que représentait EELV à ses yeux.
Les écologistes ne s’axent pas en terme de bêtes noires, mais d’objectif : améliorer le quotidien de chacune et chacun dans le respect de toutes et tous. Voilà notre grande différence.

Eau contaminée...
Eau contaminée...

À part ça les écolos sont de doux rêveurs utopistes !

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Futur OU croissance ?

17 Février 2015, 09:37am

Publié par Christiane Kliemann Nicolas Casaux

Soyons honnêtes: Nous devons choisir entre notre économie et notre futur! (Christiane Kliemann)

LePartage 13 février 2015

Environnement / Écologie

capitalisme, climat, croissance, écologie, économie,environnement

Article initialement publié en anglais sur le site du Guardian, en date du 23 janvier 2015.

Christiane Kliemann est une journaliste allemande, en Freelance qui écrit pour différents médias, dont le Guardian. Les sujets qu’elle aborde le plus souvent sont l’après-croissance, les alternatives économiques, et les changements sociétaux. Elle est membre de l‘organisation internationale pour la décroissance.

Oubliez Davos. L’heure est venue de créer un mouvement social qui mette la pression aux gouvernements et aux entreprises afin que la priorité soit mise sur la qualité de vie plutôt que sur la croissance économique.

La nouvelle année début à peine et nous sommes déjà submergés par des nouvelles horribles: deux nouveaux rapports ont accumulés des preuves du risque que l’activité économique humaine fait peser sur la vie terrestre, et un autre nous a stupéfait en expliquant que les 85 personnes les plus riches de la planète possédaient autant que les 50% les plus pauvres – et que le fossé se creusait en permanence. Sans parler des attaques de Charlie Hebdo, des guerres en cour au Moyen-Orient et en Ukraine, et de la situation catastrophique des réfugiés.

Parallèlement, beaucoup d’efforts sont faits pour nous assurer que la croissance économique et que l’économie capitaliste sont essentiels pour résoudre ce que certains appellent « la crise de civilisation ».

La croissance est le mot clé perpétuel du forum économique mondial – de cette année comme des autres. Les représentants nous assurent que leurs propres profits sont vitaux pour la sauvegarde de l’humanité, tandis que nous, les gens ordinaires, continuons avec notre routine: nous conduisons jovialement nos voitures, nous réservons nos vols pour nos prochaines vacances et élevons nos enfants comme nous l’avons toujours fait.

Il semble que nous souffrions de déni collectif vis-à-vis des implications menaçantes de la réalité. Nous croyons toujours en cette vieille litanie, comme quoi la croissance et la compétition sont des bonnes choses, comme quoi la technologie et les experts répareront tout et comme quoi le capitalisme est la victoire ultime de l’histoire. Les limites écologiques et les inégalités sociales croissantes, mais aussi la violence des fondamentalistes de tous bords en augmentation nous indiquent qu’il est grand temps de mettre en place une nouvelle économie et une nouvelle structure sociale. Une économie essentiellement basée sur la compétition continuera à perpétuer la violence et la haine.

[A ce propos la présentation de Naomi Klein lors des conférences Bioneers 2014 est extrêmement intéressante!!]:

Recherché: nouveau projet économique

Avant qu’un nouveau projet – la décroissance par exemple – puissent prendre racine, nous devons accepter qu’il ne reste plus que des options radicales. Nous devons choisir entre notre économie et notre futur.

Aujourd’hui même, la décroissance attire de plus en plus de monde, comme la quatrième conférence internationale sur la décroissance et pour la soutenabilité écologique et l’équité sociale, de l’an dernier à Leipzig, nous le prouve.

Elle englobe bien des aspects communs à un certain nombre d’initiative populaires sociales et écologiques à travers la planète:

  • Intégrer les problèmes sociaux et écologiques au lieu de les mettre en concurrence.
  • Remplacer la croissance économique par une idée holistique de bien-être
  • Se détourner de la production qui surexploite les ressources et de l’agriculture industrielle
  • Instaurer une démocratie réellement participative et la co-création
  • Préférer les petites solutions décentralisées avec retours rapides, relocaliser l’économie et décentraliser
  • Favoriser l’autonomie et la résilience
  • Créer des lieux de vies résilients plutôt que des emplois instables dans des chaines logistiques mondialisées

Dans les cercles proches du « mainstream », j’ai pu personnellement observer que critiquer la dépendance à la croissance économique et appeler à une transformation socio-écologique de l’économie était bien accueilli par beaucoup.

Le doute et l’hésitation naissent de l’impression répandue comme quoi transformer le système serait irréaliste, vu les puissants intérêts des élites. Les gens ordinaires se sentent plutôt sujets, plutôt que maitres, de leurs circonstances. Afin que la perspective d’une société de décroissance soit acceptée largement comme réaliste, nous devons accepter les points suivants:

  • Croissance et stabilité climatique sont incompatibles
  • La croissance perpétuelle n’augmente pas la prospérité
  • La croissance va de toute façon bientôt toucher à sa fin
  • Après un certain point, les coûts écologiques et sociaux du maintien de la croissance sont inacceptables
  • Les schémas de croissance et de consommation occidentaux sont de plus en plus réprouvés dans l’hémisphère Sud
  • Les « retombées économiques » n’existent pas
  • La « croissance verte » n’existe pas non plus
  • La décroissance ne signifie pas moins, mais différemment, c’est-à-dire répondre aux besoins de chacun de manière plus soutenable et équitable en utilisant moins de ressources
  • La décroissance n’est pas contre l’innovation technologique, mais requiert son administration démocratique et basée sur le principe de précaution

La marche pour le climat du 21 septembre 2014 à New-York!

Il est temps de créer un mouvement social mondial

En dépit de ce que les intérêts des corporations disent, nous pouvons tous comprendre qu’une bonne vie ne requiert pas plus de traffic, des maisons plus grandes, et plus de gaspillage. On ne peut pas comparer les bénéfices de « plus de trucs » alors que nos écosystèmes sont menacés et que cela entraine de la pauvreté extrême à certains endroits du globe.

Une bonne vie requiert que les besoins fondamentaux de tous soient sécurisés: nourriture, toit, affection, loisirs, protections, compréhension, santé, participation, création et liberté. Toutes ces conditions dépendent d’une planète saine.

Si nous prenons les valeurs occidentales – dont nous parlons sans cesse – au sérieux, il ne fait aucun doute que nous devons changer nos modes de vies et nous assurer que valeurs viennent avant les corporations et le profit.

Il est grand temps d’esquisser un vaste mouvement social qui mettrait la pression sur les gouvernements et le monde du commerce afin de modifier les productions et la consommation au bénéfice de tous. Nous voulons la coopération au lieu de la compétition, le bien commun au lieu de l’intérêt des corporations, la solidarité au lieu de l’avarice, des relations sociales fortes au lieu d’une consommation insensée, une gestion intelligente des ressources au lieu d’un extractivisme et la compassion au lieu de l’indifférence. Nous voulons moins de trafic, moins de méga-projets et plus de règles basées sur les communautés.

Il est grand temps de prendre en main notre futur et de réaliser que notre système économique actuel fait partie du problème et ne peut donc faire partie de la solution.

Christiane Kliemann

Traduction: Nicolas CASAUX

Futur OU croissance ?

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Stopper la consommation de viandes industrielles...

16 Février 2015, 08:11am

Publié par pam

Cette video ne restera sûrement pas longtemps, profitez en ! et merci Mr Mondialisation :

[ Reportage ] Cowspiracy : le secret du développement durable

Cowspiracy est un documentaire d’importance majeure. Controversé, il se penche sur l’impact de l’élevage sur l’environnement. Kip Andersen, producteur et directeur du film, révèle des informations exclusives portant sur les politiques de groupes environnementaux comme Greenpeace, Sierra Club, Surfrider Foundation, and Rainforest Action Network en plus de statistiques alarmantes sur les impacts que génèrent la consommation de viande.

Le 17 novembre 2014, l’équipe Mr Mondialisation assistait à la première projection du film en France. Nous vous avions livré nos impressions à chaud dans un article. On y apprend notamment que, selon les données de l’ONU (Livestock’s long shadow), la cause principale des problèmes environnementaux tels que la déforestation, la pollution de l’eau, l’acidification des océans ou les émissions de gaz à effet de serre est l’élevage industriel.

Mais pourquoi donc cette cause est si peu combattue par les principales ONG si elle est factuellement (toujours sur base des données de l’ONU) la première cause de pollution, avant l’avion, l’industrie pétrolière ou d’autres sources polluantes. Le reportage forcément controversé révèle que des ONG telles que Greenpeace pourraient être influencées par des lobbies de l’élevage pour garder la discrétion sur la cause principale des problèmes environnementaux de notre planète.

Le film s’avère être un électrochoc pour les écologistes convaincus que leurs actions quotidiennes suffisent à lutter contre les maux de la planète alors que ces problèmes se résoudraient drastiquement si nous cessions de faire vivre l’industrie de l’élevage intensif en mangeant moins, mieux, voir plus du tout de viande industrielle.

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2015 : trois minutes avant la fin du monde.

11 Février 2015, 10:02am

Publié par C. Magdelaine

2015 : trois minutes avant la fin du monde

5 février 2015.
Auteur
 Christophe Magdelaine / notre-planete.info -

L'humanité a survécu à la prétendue fin du monde de 2012 mais elle est, avec bien plus de sérieux, sur le point de basculer : guerre nucléaire et changements climatiques font partie des risques planétaires les plus inquiétants comme le symbolise la célèbre horloge de l'Apocalypse qui vient d'être avancée à 23 h 57 : il ne reste plus que 3 minutes avant la fin de notre civilisation.

L'horloge de l'Apocalypse ou de la fin du monde (Doomsday Clock) fut créée en 1947, peu de temps après les bombardements atomiques américains sur le Japon, par les membres du Bulletin des scientifiques atomistes, (BAS) basé à l'Université de Chicago. Cette association, qui compte pas moins de 17 prix Nobel avertit la communauté internationale : "la probabilité d'une catastrophe mondiale est très élevée", faisant avancer l'horloge de 3 minutes, le premier ajustement depuis 2012.

Une horloge conceptuelle pour estimer le temps qu'il nous reste avant la fin du monde

L'horloge de l'Apocalypse est une horloge virtuelle qui décompte le nombre de minutes qu'il reste avant minuit (l'Apocalypse). Elle est révisée chaque année par les dirigeants du BAS, principalement en fonction des tensions géopolitiques autour du risque nucléaire : course aux armements, traités d'interdiction, terrorisme...  La menace d'une guerre nucléaire planétaire a très largement contribué à diminuer le nombre de minutes qu'il restait à l'humanité avant de sombrer dans le chaos.

Depuis 2007, ce terrible compte à rebours intègre les changements climatiques et les nouveaux développements en matière de sciences de la vie, menaces qui pourraient compromettre de manière irrévocable l'avenir des sociétés humaines.

Si l'année 1953 détient le record avec seulement 2 minutes avant minuit, la situation s'est fortement dégradée depuis le début des années 1990 où l'horloge était fixée à 23 h 43, soit 17 minutes avant la fin du monde. Depuis, presque chaque année, l'horloge avance ses aiguilles vers minuit.

L'échelle verticale représente le temps qu'il reste sur cette horloge jusqu'à l'heure fatidique de minuit. Les carrés rouges représentent les périodes de tensions internationales pendant lesquelles on considère que l'heure de la fin du monde approche. À l'inverse, les carrés bleus représentent des périodes de détente pendant lesquelles l'heure de la fin du monde semble s'éloigner. À sa création, en 1947, l'horloge indiquait 23 h 53.
© Wikimedia Commons

Soulignons les limites de cette pendule : il ne s'agit pas d'une prédiction, personne ne connaît le futur, mais d'un outil d'alerte, un moyen clair et compréhensible par tous pour mesurer l'urgence des décisions à prendre.

2015 : la menace des changements climatiques et d'une guerre nucléaire

Comme en 2012, les décisions politiques ne sont manifestement pas à la hauteur des défis posés par le changement climatique en cours et la modernisation des armes nucléaires : "Malgré des développements modestement positifs dans le domaine du changement climatique, les efforts actuels sont absolument insuffisants pour éviter un réchauffement catastrophique de la Terre", soulignent les chercheurs.
"Parallèlement, les Etats-Unis et la Russie se sont lancés dans des programmes massifs de modernisation de leurs "triades" nucléaires, compromettant ainsi les traités existant sur les armes nucléaires", ajoutent-ils, évoquant les trois composantes terrestre, aérienne et navale des arsenaux nucléaires.
En effet, le conflit en Ukraine a fait basculer, en seulement quelques mois, l'équilibre des grandes puissances vers une nouvelle guerre froide où chaque partie s'emploie à augmenter considérablement ses capacités de dissuasion nucléaire.
Résultat : "Si quelqu'un perd son sang-froid durant cette période surchauffée, nous n'allons pas survivre aux années à venir" a déclaré Mikhaïl Gorbatchev, âgé de 83 ans. "Ce n'est pas quelque chose que je dis à la légère. Je suis extrêmement préoccupé" a t-il ajouté dans un entretien donné dans un journal allemand.

Par conséquent, l'horloge de l'Apocalypse a été avancée de deux minutes par rapport à 2012 et se situe maintenant à 23h57, à  seulement 3 minutes de la fin du monde, au même niveau qu'en 1984 à l'apogée de la guerre froide entre les Etats-Unis et la Russie. 30 ans plus tard, la sagesse collective de l'humanité n'a pas progressé...

"L'horloge n'est plus qu'à trois minutes de minuit en raison de l'échec des dirigeants internationaux à accomplir leur devoir le plus important : assurer et préserver la santé et la vitalité de la civilisation humaine." ont déclaré les membres du BAS.

L'humanité est plus que jamais confrontée à un monde qui change, loin de l'espoir suscité par l'entrée dans le XXIème siècle. En effet, la course à l'armement nucléaire a été ravivée avec la guerre en Ukraine, une guerre régionale enflamme tout le moyen-orient, le protocole de Kyoto est un échec total et aucune décision forte n'a été prise pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre tandis que les sources d'énergie renouvelables et sûres ne sont pas encore suffisamment développées et soutenues. Finalement, les décideurs du monde entier ne parviennent pas à sortir du modèle « business as usual » qui favorise leurs propres intérêts et hypothèque l'avenir de l'humanité.

Sivan Kartha, membre du Conseil de la science et de la sécurité du Bulletin of the Atomic Scientists, et chercheur à l'Institut de Stockholm pour l'environnement, a déclaré : "les émissions de gaz à effet de serre mondial sont maintenant 50% plus élevé que ce qu'ils étaient en 1990. Depuis 2000, les taux d'émissions ont augmenté plus rapidement encore que les trois précédentes décennies combinées. Les investissements ont continué d'être portés dans les combustibles fossiles à un rythme qui dépasse les 1000 milliards de dollars par an, auxquels il faut ajouter des centaines de milliards de dollars de subventions. Nous pouvons et devons inverser cette tendance"

Les recommandations urgentes du Bulletin des scientifiques atomistes

Dans tous les cas, ce constat peu encourageant conduit le BAS à émettre une liste de recommandations qui réclament « une attention urgente » dont notamment :

Prendre des mesures fortes visant à plafonner les émissions de gaz à effet de serre à des niveaux suffisants pour maintenir l'augmentation de la température moyenne mondiale à + 2°C au-dessus des niveaux préindustriels.
Réduire considérablement les dépenses engagées sur les programmes de modernisation des armes nucléaires.
Re-dynamiser le processus de désarmement, en insistant sur les résultats.
Traiter les problème des déchets nucléaires.
Sans aucun doute, l'humanité vit un tournant. Les alertes sont nombreuses - l'horloge de l'Apocalypse en fait partie - elles émanent bien souvent de scientifiques et d'observateurs et sont partagées avec dépit par de très nombreux citoyens. Pour autant, le monde semble figé, ancré dans ses querelles puériles et futiles : l'indécision et l'inaction politique risquent bien de faire sonner les douze coups de minuits, pour une dernière fois...

Source
It is now 3 minutes to midnight - BAS




Source : notre-planete.info, http://www.notre-planete.info/actualites/4199-horloge-apocalypse-fin-du-monde
2015 : trois minutes avant la fin du monde.

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désastre écologique....

6 Février 2015, 16:07pm

Publié par pam

"Entre une catastrophe qui a été pensée, préparée, qui est gérée dans la solidarité et qui génère au final de l'espérance, et une catastrophe que nous avons niée jusqu'au bout et qui génère de la panique, de la violence et du désespoir, il y a une différence fondamentale."

"À chaque fois que l'on se pose la question de la résilience, on voit bien que ce qu'il faudrait faire après une catastrophe, pour reconstituer la force de vie, l'espérance, du lien social, de la sobriété, du mieux-vivre, c'est précisément ce qu'il aurait fallu faire avant pour l'éviter."

in PRÉFACE de Patrick Viveret pour (R)ÉVOLUTIONS pour une politique en actes. Éditions Actes Sud 2011.

désastre écologique....

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Sobriété heureuse...

1 Février 2015, 17:09pm

Publié par pam

Extraits de " VERS LA SOBRIÉTÉ HEUREUSE." de Pierre Rabhi.

Éditions Babel. 2010.

Nos méthodes de gestion du petit domaine se sont fondées sur des principes écologiques, à l'exclusion de toute nuisance chimique. C'était le refus radical de l'agriculture industrielle, qui ne peut produire sans détruire, ce qui à nos yeux représentait une exaction majeure contre la terre nourricière, la nature et les êtres humains.

Les pesticides affectent toutes les ramifications du système vivant, jusqu'à atteindre l'être humain par son alimentation dénaturée.

Ainsi le principe de sobriété que je prône n'est pas un principe de circonstance, il vient d'une conviction intrinsèquement liée à un choix de vie.

Cette vie est à l'évidence un chemin initiatique ascendant.

Les efforts révolutionnaires des mouvements de protestation, comme celui de 1968, ont souvent été réduits à néant ou à la portion congrue par la confusion de la désinvolture et de la liberté, elle-même assimilée au refus de toute contrainte. Une vision rationnelle et objective est en fait indispensable pour satisfaire aux besoins matériels.

Option de l'autolimitation réussie car la sobriété est une force.

Le système est fait de telle sorte que si l'on prend comme référence, dans la hiérarchie de l'avoir, les besoins vitaux les plus légitimes, il y a beaucoup de capitalistes qui s'ignorent. On peut dire en toute logique que, sitôt après avoir satisfait aux nécessités vitales de base, indexées sur le niveau élémentaire de survie (nourriture, eau potable, abri, vêtements, soins pour tous), et qui sont loin d'être couverts sur la planète, on passe dans le domaine du superflu et de l'accumulation sans équité ni limites.

Tant qu'un seul enfant naît dépourvu de ce qui lui revient légitimement en tant qu'être vivant, il y a usurpation car les biens venus de la terre, qui sont encore abondants, sont dédiés à tous les êtres vivants qu'elle héberge et non à ceux qui, par le pouvoir politique, la loi du marché, les finances ou les armes, s'en attribuent la légitimité. Un tel hold-up est aujourd'hui entériné par des lois qui en font une norme que l'on ne peut remettre en question. Tant que cette malhonnêteté ne sera pas considérée comme illicite selon l'ordre et l'intelligence de la vie, l'humanité ne pourra être pérenne. Ainsi, misère, pauvreté et richesse cohabitent sur notre planète commune et créent des hiérarchies de l'avoir et du pouvoir débouchant sur toutes les répressions - le tout imitable à l'idéologie du toujours plus illimité.

Consommer, au risque de toutes les obésités physiques et psychiques, est de fait une sorte de devoir civique, reposant sur une manière d'ascèse inversée, où insatiabilité et insatisfaction alternées constituent les deux mamelles de l'économie. Gratitude, modération, pondération sont les sentiments et vertus qu'Homo economicus, rouage d'une gigantesque machine mondiale, doit résolument abolir, car ils sont dangereux pour le métabolisme de la pseudo-économie qui tient le monde à la gorge. Comment définir alors ce que devrait être la sobriété ? D'autant que l'on sait aussi que, sans l'aide sociale de l'Etat et des organisations caritatives, une plus grande partie encore des citoyens des pays dits développés seraient dans un état de misère insoutenable. Cette situation mène inexorablement au surendettement de familles, qui s'ajoute à celui des Etats et d'un nombre toujours grandissant d'institutions communales, départementales, régionales… Ce que l'on n'ose appelé "récession" n'a pas besoin d'être nommé pour exister dans les faits.

Les défaillances et les incompétences sont telles que des révoltes incontrôlables, de plus en plus violentes, vont à l'évidence se multiplier en s'amplifiant si la gouvernance mondiale persiste à entretenir la logique inhumaine qui produit souffrance et indifférence.

Il est évident que, pour les catégories les plus pénalisées, le principe de sobriété n'a aucun sens et pourrait légitimement être interprété comme une provocation, ou de la dérision.

Je prône la sobriété heureuse comme une sorte d'antidote à la société de surabondance sans joie dans laquelle les pays dits développés se sont enlisés.

"La seule économie qui vaille est celle qui produit du bonheur avec de la modération." Roegen, économiste roumain.

Au train où va leur prélèvement par une minorité acquise au credo de la croissance indéfinie, et de toujours plus de finance, l'épuisement des ressources évolue selon une courbe exponentielle. En choisissant le modèle de développement responsable du désastre, les pays émergents contribuent à accélérer un processus qui ne peut qu'être fatal à l'espèce humaine.

En même temps que le réenchantement du monde que nous aurons à accomplir, la beauté étant à l'évidence une nourriture immatérielle absolument indispensable à notre évolution vers un humanisme authentique, nous devons également et impérativement trouver une façon juste d'habiter la planète et d'y inscrire notre destin d'une manière satisfaisante pour le coeur, l'esprit et l'intelligence. Seule la beauté qui s'épanouit en générosité, équité et respect est capable de changer le monde, car elle est plus puissante que toutes les beautés créées de la main de l'homme, qui, pour foisonnantes qu'elles soient, n'ont pas sauvé le monde et ne le sauveront jamais. En réalité, il y a va de notre survie. Le choix d'un art de vivre fondé sur l'autolimitation individuelle et collective est des plus déterminants ; cela est une évidence.

Le modèle de société destructeur qui s'est imposé sur toute la planète n'est pas "rafistolable". S'acharner à le maintenir, comme le fait la gouvernance du monde, est vain et ne fait qu'en prolonger l'agonie. Les effets désastreux induits ne cessent de s'amplifier.

Les évolutions climatiques, écologiques, économiques et sociales, prévisibles comme imprévisibles, nécessitent une créativité sans précédent. Partant d'un art de vivre personnel, nous sommes impérativement invités à travailler à la sobriété du monde.

Les biens absolument vitaux que recèle notre planète doivent être protégés par une réglementation spécifique. Il faudrait voter des résolutions radicales pour en préserver l'intégrité.

Sobriété heureuse...

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Edgar Morin : " ayez de l'audace"

28 Décembre 2014, 09:49am

Publié par Hervé Kempf pour Reporterre

Voici un texte qui est un magnifique bilan de l'année, des années écoulées, des références à des gens ou des groupes qui se bougent, qui donnent des alternatives, des solutions, qui partagent, un texte qui donne envie de se lever et de reprendre espoir, de dire non et de dire oui ! bonne lecture et espérons tous ensemble en une nouvelle année plus constructive..

« Ayez de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace »

ENTRETIEN AVEC EDGAR MORIN

lundi 6 octobre 2014

Edgar Morin observe avec attention et pertinence l’évolution du monde. S’interrogeant avec Reporterre sur les chances du politique, il appelle les partis à s’irriguer de l’énergie et des idées du mouvement associatif. Et voit dans l’écologie, non pas une réponse à tout, mais une chance de refaire l’économie et de renouer une relation humaine avec la nature et dans la civilisation.

Pour réfléchir avant La Rencontre de Reporterre, lundi 6 octobre : L’écologie au cœur de la reconstruction politique

Reporterre - Edgar Morin, croyez vous encore à la politique ?

Edgar Morin - Cela dépend de ce que vous entendez par là. Je crois en la nécessité d’une pensée politique pour une action politique. Ce que je vois, c’est que le vide de toute pensée politique dans les représentants de tous les partis de pouvoir ou d’opposition, un vide rempli par le fait d’être à la remorque d’un économisme, qui n’est même pas l’économie stricto sensu, mais une doctrine de l’économie néo-libérale, avec des mots gri-gri, comme croissance, résorber la dette, compétitivité, etc.

Donc, je vois une situation très dommageable, très grave, très menaçante, mais je pense à la nécessité d’une reconstruction d’une pensée politique, qui est un préalable.

Vous allez réunir des gens qui représentent des partis politiques, la gauche, Nouvelle Donne, tout ça, mais il y a aussi une fermentation de pensée politique dans des associations et dans des groupes qui n’ont pas officiellement d’étiquette politique, mais qui portent à mon avis les germes d’un renouveau politique.

Vous avez eu un entretien avec Alain Caillé, qui promeut le convivialisme. Ce mouvement du convivialisme est très important à intégrer dans la pensée politique. Le thème de la convivialité a été introduit dès 1970, par Ivan Illich, en même temps que le message écologique.

Mais alors que le message écologique a fini par prendre – pas aussi puissamment qu’il devrait l’être -, parce qu’il y avait des choses visibles, Tchernobyl, Fukushima, les pluies acides, le réchauffement, la pollution, tout ça est sensible, tous les maux de l’absence de convivialité, d’une civilisation où sont détruites les solidarités, tous ces vices ont été attribués à des facteurs privés.

Ceux qui ne sentent pas bien, qui ont des insomnies, qui ont des maux de tête, qui ont des difficultés digestives, vont consulter le docteur, le psychanalyste, le gourou, ils croient qu’ils ont affaire à des choses personnelles, ce qui est vrai, mais en même temps, ils souffrent d’un mal de civilisation, et ce mal de civilisation n’est pas diagnostiqué. Regardez toutes les souffrances, les myriades de petites souffrances invisibles, causées par la bureaucratisation, aussi bien de nos administrations publiques que de nos grandes entreprises. Les gens téléphonent, ils entendent des petites musiques, on les fait lanterner, le téléphone se coupe, ils vont dans des bureaux, on les renvoie à un autre guichet - on a affaire à un monde de compartimentation, où personne n’aide l’autre, c’est un des exemples de ce mal de civilisation.

Alors, il faut rassembler. Mais chacune de ces associations finit par avoir son autonomie, son petit chef, et dans le fond, ils sont très contents, l’idée d’un rassemblement leur fait peur. C’est comme les nations souveraines qui ont peur de se rassembler.

J’ai cité ce mouvement convivialiste, il y a aussi le mouvement de l’économie sociale et solidaire, il y a le mouvement écologique qui est symbolisé par Pierre Rabhi et aussi Philippe Desbrosses, ils ne sont pas seulement agro-écologistes, ils ont une pensée qui déborde ce champ-là, et au-delà de leur propre pensée, la vision du problème écologiste dans le domaine agricole, il y a quelque chose de vital, parce que nous sommes dominés par une agriculture industrialisée, un élevage industrialisé qui est la pire des choses. C’est cela qu’il faut faire régresser.

Mais il faut une volonté capable de surmonter le poids énorme des lobbies économiques, parce que la politique est asphyxiée par les lobbies financiers, par les gens qui ont de l’argent. Le gouvernement actuel comme l’ancien sont entièrement noyautés par les puissances d’argent.

Alors voilà une pensée politique saine : refaire progresser l’agro-écologie, le retour à une agriculture fermière. Il y a aussi l’économie circulaire, où il y a des idées intéressantes. Il y a ce mouvement qui lie développement personnel au développement social, parce que le grand problème aujourd’hui est qu’on ne peut avancer que si on se réforme soi-même et qu’on réforme la société. Réformer soi-même ne veut pas seulement dire être vertueux ou ne pas se mettre en colère pour rien, mais ça veut dire être capable de discernement dans la consommation, éviter les vraies intoxications qui sont les intoxications consommationnistes et automobilistiques, stimulées par la publicité.

Aujourd’hui, vous avez un peu partout des mouvements qui se dessinent pour la sauvegarde des territoires. Cela va dans le sens de ce que je disais dans mon livre La Voie, plus on mondialise, plus il faut démondialiser. C’est-à-dire sauver des territoires désertifiés et par la désindustrialisation et par l’agriculture ou l’élevage industriels, leur redonner une nouvelle vie paysanne, une nouvelle vie citoyenne, il faut ressusciter les petites patries, locales, régionales, nationales, il y a la méta-patrie européenne, il y a la Terre Patrie, il faut redonner vie à toutes ces terres qui meurent. Et aussi dans le nord de la France, où sévit la désindustrialisation. Il ne faut pas croire que c’est le retour à l’industrialisation qui va sauver les choses, il faut au contraire aller vers une reruralisation, vers un re-artisanat.

Donc, il y a aujourd’hui la nécessité d’une pensée politique qui rassemble en faisceau les idées de ces mouvement épars et qui ne se rassemblent pas. Pourquoi ne pas faire une fédération du renouveau ? Il ne faut pas chercher un modèle de société, ce qui est grotesque dans un monde toujours en mouvement, mais une voie qui nous évite les catastrophes.

Puisque ces mouvements qui n’arrivent pas à se réunir, les partis politiques pourraient-ils porter le message de cette voie que vous dessinez ?

C’est ce qu’ils devraient faire. Mais ce n’est que si les mouvements dans la société civile sont assez forts pour porter ces aspirations et ces idées que les politiques pourraient s’en saisir. Mais cela supposerait aussi la mort et la résurrection sous une autre forme de ce qu’on appelle les partis de gauche. Les sources de la gauche, c’est l’idée socialiste qui veut dire d’améliorer la société, l’idée communiste qui veut dire de créer une communauté, c’est l’idée libertaire qui veut dire de s’occuper des individus, à quoi s’ajoute aujourd’hui l’idée écologiste qui dit qu’il faut trouver un autre rapport à la nature. Mais ces idées ne doivent plus s’opposer, comme les sociaux-démocrates qui s’opposaient aux libertaires, et les uns et les autres. C’est des idées fécondes qui doivent être conjointes.

Nous ne sommes même pas à la préhistoire de ceci, même pas au commencement, il y a des balbutiements, mais il faut essayer.

C’est inquiétant si on n’est même pas à la préhistoire alors que la crise écologique s’aggrave rapidement et qu’il y a une aggravation générale de la situation politique et économique ! Est-ce qu’on peut attendre qu’il y ait cette unification des idées ?

Je crois qu’une résurrection est possible. Mais cela nécessite un diagnostic. Le socialisme a été fort tant qu’il avait un diagnostic fort, posé tant par Marx que par Proudhon, et qui garde en partie sa pertinence. Mais il faut aujourd’hui une pensée plus complexe de l’humain, et aussi une pensée de la mondialisation, pas seulement sous l’angle du processus socio-économique, qui à la fois unifie et disloque le globe - il est très intéressant de voir que c’est en 1990, au moment où l’unification du marché mondial et économique s’est fait que la Yougoslavie s’est disloquée, puis ensuite la Tchécoslovaquie, et aujourd’hui nous voyons le Moyen-Orient se disloquer complètement.

Le même processus formidable de la compétitivité, engagé dans ces années fatales 1990-1995, est aussi une machine désastreuse pour les travailleurs, qui subissent des burn-out, des suicides, des maladies, des perturbations. Tout ce processus énorme, nos politiques n’en ont pas conscience, ils vivent en-dehors de la vie quotidienne des gens.

Il faut prendre conscience de toutes ces souffrances qui n’ont pas de sens réel, efficace. Avant, dans la perspective du communisme, on se sacrifiait pour un avenir meilleur. Mais là, on se sacrifie uniquement pour augmenter les bénéfices du capital, et pour accroitre la condition de servilité du travail. On n’est pas conscient de ces questions, pas seulement au niveau politique, mais aussi au niveau de l’opinion, parce que les gens vivent cela sur le plan de la vie privée, les gens qui souffrent ne replacent pas ce qui leur arrive dans l’ensemble. D’où un fatalisme dans l’opinion, une résignation qui fait considérer comme tout à fait normal le scandale de l’affaire Bettencourt ou que Khadafi ait subventionné la campagne de Sarkozy. Alors, on arrive à un point d’apathie, mais au sein de laquelle peut surgir des accès de fureur aveugle.

C’est à partir d’une pensée que l’action vient. Pour parler du socialisme, il a fallu plus d’un demi-siècle d’incubation pour arriver à la création du parti social-démocrate allemand. Peut-être pourra-t-on voir des prises de conscience accélérées avec l’accumulation des catastrophes.

Mais en France, le mécontentement aveugle se cristallise en faveur du Front national. Il y a ce handicap que le peuple de gauche a dépéri, avec la disparition des instituteurs de campagne, avec la bureaucratisation des professeurs du secondaire, avec tous ces gens qui insufflaient l’idéologie de la Révolution française enrichie par les apports socialiste et communiste à tout un peuple paysan, ouvrier, intellectuel, de classes moyennes - tout ce peuple est en train de disparaître. Par contre, le peuple de droite, qui a toujours existé, est loin de disparaître. Aujourd’hui, la manifestation du mariage pour tous est un triomphe.

Comment peut-on combattre ce fatalisme ?

Il faut que cette voie d’une politique possible soit énoncée et proposée. Différents économistes ont énoncée une vérité évidente qui n’a pas gagné les sphères gouvernementales : l’austérité et les restrictions, comme par exemple la diminution des allocations familiales, vont diminuer la consommation et aggraver la crise. On arrive au même problème que dans les années 1930, où la crise a été aggravée par les mesures qui ont été prises à l’époque.

Ce monde vit dans un somnanbulisme aveugle. Des économistes comme Joseph Stiglitz ou Michel Santi disent ce qu’il faut faire, mais ils sont isolés, les médias ne diffusent que parcimonieusement ces idées. Il faut créer un courant, remonter la pente, parce que les espérances qui étaient encore fortes au siècle dernier, en dépit des désastres de la Deuxième guerre mondiale, dans un monde meilleur – la société industrielle chantée par Raymond Aron, les lendemains qui chantent par l’autre côté, aussi bien l’ouest que l’est annonçaient un avenir, les uns merveilleux, les autres le meilleur possible. Aujourd’hui, ça, c’est effondré, le futur c’est l’incertitude, et il faut accepter de vivre dans l’incertitude. On n’a aucune recette magique pour passer de l’apathie à l’espoir.

Que diriez-vous aux personnes qui se sentent fatalistes, dans l’apathie ?

Je leur dirais : une autre politique est possible. Une relance de l’économie est possible, en relançant une économie écologisée, pas seulement par le renouvellement des sources d’énergie, mais aussi par la dépollution généralisée des villes par des parkings autour des villes et la limitation de la circulation automobile, par une évolution de l’agriculture pour qu’on ait une nourriture saine, je leur dirais, il y a une autre voie possible.

On nous accable du poids de cette dette énorme, mais il ne faut commencer à payer la dette que quand l’économie est prospère. Et en voyant ce qui est valable et ce qui ne l’est pas. En Equateur, le gouvernement du président Correa faisait face à une dette où il fallait payer 170 fois le prix de ce qui avait été prêté. Ils ont dit non, et n’ont payé que ce qui était payable. Et nous, on nous donne cette dette comme une sorte de fatalité de la nature.

Nos malheureux dirigeants socialistes ont été convertis par l’argument capitaliste ; en campagne, ils disaient que l’ennemi principal c’est la finance, aujourd’hui, l’allié principal c’est la finance. Dans la mesure où ils sont intoxiqués par ces idées, la situation est très grave.

Comment convaincre ces gens ? Que faire quand on est dans une époque de somnanbulisme ? J’ai vu ça quand j’étais jeune, puisque j’ai vécu les années trente, années de total somnanbulisme, où on n’a pas compris ce qui se passait, avec la prise de pouvoir d’Hitler, avec la guerre d’Espagne, avec Munich. Aujourd’hui, on nous divertit en pensant qu’on va faire quelque chose contre le califat, en faisant des frappes aériennes, mais c’est dérisoire, on n’a aucune politique, on dit qu’on va reconstruire l’Irak alors que l’Irak est complètement désintégré. Là aussi, on a affaire à un manque de lucidité, à un somnanbulisme profond. Comment secouer tout ça ? Je fais ce que je peux, en écrivant des articles, en répondant à ce qu’on me demande. Il faut continuer à prêcher. Le christianisme a mis quatre siècles avant de s’imposer dans l’Empire romain.

Espérons qu’il ne faudra pas attendre quatre siècles ! Quel pourrait être le rôle des partis politiques, si l’on admet que le pire est évitable ?

Il serait évitable. Si l’on prend le pire de ce qui se passe au Moyen Orient, le pire est évitable par une autre politique, si l’on parle de l’Ukraine, le pire est évitable, il faut trouver des compromis. Mais si l’on parle du cours de la mondialisation, le pire n’est évitable que si l’on commence à penser qu’il faut changer de voie. Parce que nous sommes emportés par un développement incontrôlé des sciences, des techniques, de l’économie, de la finance, du fanatisme – tant qu’on n’a pas conscience de ça et qu’on n’essaye pas de lutter contre ça…

Les partis politiques en ont-ils conscience, par exemple ceux qui vont se retrouver à la Rencontre de Reporterre ?

Oui, mais ils sont minoritaires, et ils ont une conscience d’une partie seulement des problèmes. Par exemple, la gauche mélenchonienne est très juste dans ce qu’elle dénonce, mais ce qu’elle énonce ne va pas assez loin. Ces gens-là devraient puiser dans ce que peuvent leur donner les associations. Dans le passé, la politique de Pierre Mendès-France a été fécondée par un club, le Club Jean Moulin, qui apportait des idées. Aujourd’hui, des associations apportent des idées. Mais les politiques n’y sont pas sensibles.

Vous voulez dire que ces partis politiques se sont coupés du mouvement citoyen et que s’ils veulent retrouver un rôle, il faut qu’ils s’irriguent, qu’ils s’hybrident avec ce mouvement citoyen ?

Certainement. Mais ils tiennent en main chacun une partie de la vérité. Je fais partie du Collectif Roosevelt, mais pas du parti Nouvelle Donne, qui dit des choses très justes sur la relance économique. Malheureusement, les représentants de l’écologie sur le plan parlementaire et politique ont fait de l’écologie à la petite semaine, mais pas une politique écologique de fond, ils ne sont pas inspirés par une pensée politique de fond. Regardez cette polémique sur la décroissance, c’est un problème de pensée binaire, on oppose la décroissance à la croissance, alors que le vrai problème est de savoir ce qui doit croitre et ce qui doit décroitre. L’économie écologique doit croître, l’agro-écologie doit croître, mais ce qui doit décroitre, c’est l’industrie du jetable, du futile, toute l’économie de l’obsolescence programmée avec les produits faits pour être détraqués, pour être remplacés, ou les produits nocifs à base de sucre qui devraient être interdits.

Mais la puissance de ces industries est énorme, alors que la faiblesse de l’opposition est immense.

Quelle pourrait être le rôle de l’écologie dans la reconstruction politique ?

Elle joue un rôle économique clé, parce que la grande relance, c’est l’économie écologisée, mais elle doit aussi être intégrée dans une pensée de nos relations humaines avec la nature, qui doit dicter un certain nombre de comportements dans notre civilisation. Autrement dit, toute politique doit être écologisée, mais on ne peut réduire la politique à l’écologie, parce que les problèmes de la justice, du droit, ne relèvent pas de l’écologie. L’écologie doit faire partie d’un ensemble. Elle peut jouer un rôle vital dans la réponse économique à la crise, mais pas seulement économique, aussi dans une réponse de type humain, anthropologique, afin de nous rendre compte de nos responsabilités humaines, parce que celles que nous avons à l’égard du monde naturel sont les mêmes que celles que nous avons à l’égard de nous-mêmes.

Et si vous pouviez venir à la Rencontre de Reporterre du 6 octobre, que diriez-vous aux intervenants, qui croient encore à la politique ?

Puisez dans l’apport de ces associations multiples qui sont des lieux de bouillons de culture de nouvelle politique.

Essayez d’avoir une conception pertinente du monde actuel et de la situation mondiale, pour baser votre politique.

Et ayez de audace, encore de l’audace, toujours de l’audace.

Source et photos : Hervé Kempf pour Reporterre

Edgar Morin : " ayez de l'audace"

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changements climatiques...

17 Décembre 2014, 07:47am

Publié par pam

changements climatiques...

c'est à se taper la tête contre les murs...

changements climatiques...

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