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ecologie

Sacrée croissance !

3 Novembre 2014, 07:55am

Publié par pam

Le nouveau documentaire de Marie-Monique Robin sera diffusé sur Arte le 4 novembre à 20h45. N'oubliez pas c'est demain !!

"La crise que nous traversons est multiple. En réalité, il s’agit d’une crise économique (financière et monétaire), sociale (les inégalités, la pauvreté et le chômage progressent) et environnementale (énergétique, climatique, alimentaire, perte de la biodiversité)… Les 3 piliers du développement durable sont touchés, montrant que nous n’arrivons pas à changer de modèle. Dans cette perspective, comment la seule croissance économique pourrait nous en sortir? Comment continuer d’imaginer une croissance illimitée, alors que les ressources naturelles de la planète sont limitées ? C’est à ces questions que « Sacrée croissance ! » tente de répondre, en mettant en lumière certaines alternatives éprouvées.

Ce documentaire s’intéresse notamment aux solutions alternatives pour sortir des crises alimentaires, énergétiques et monétaires. Portées par des entrepreneurs, des élus locaux et même des gouvernements, plusieurs expériences complémentaires fleurissent pour définir un nouveau modèle, prenant en compte les limites de la planète, les biens communs, le bonheur de la population et l’adaptation au changement climatique. Pendant deux ans, Marie-Monique Robin a voyagé en Europe, Amérique et Asie pour rencontrer ces pionniers, construisant le monde de demain."

Sacrée croissance !

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Syndrome du Titanic...

1 Novembre 2014, 09:12am

Publié par pam

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Société post-croissance

29 Octobre 2014, 08:27am

Publié par pam

Pensez-y, la semaine prochaine passera sur Arte le nouveau documentaire de

Marie-Monique Robin : « La société post-croissance a déjà commencé ! »

"On peut toujours produire plus, consommer plus, et c’est même le moteur de l’économie. Tous les matins à la radio, vous entendez que c’est parce qu’on n’a pas de croissance qu’on a du chômage, qu’on ne peut pas payer les retraites, etc.

Quand on commence à réfléchir à cette question, on se dit que quelque chose est bizarre dans cette affaire, car on sait que les ressources de la planète sont limitées, ce qui n’est quand même pas un scoop. Le pétrole, le gaz, toutes les énergies fossiles, là-dessus il y a un consensus : on a passé le pic pétrolier et gazier.

C’est-à-dire qu’à partir de maintenant les stocks de ces ressources vont commencer à diminuer, et surtout que le prix de ces ressources va augmenter, ce qu’on constate déjà depuis une dizaine d’années.

Est-ce qu’on va continuer à dire aux français que c’est la croissance la solution à tous nos problèmes, est-ce que ce ne serait pas plutôt le contraire ? Est-ce que ce ne serait pas plutôt le problème la croissance ?

J’ai donc commencé à travailler là-dessus, et j’ai réalisé qu’il y avait une urgence extrême. J’ai véritablement compris, au cours de la dernière année, à quel point le réchauffement climatique était largement en marche, qu’il faisait partie évidemment des conséquences du modèle basé sur la croissance illimitée.

Plus on a de croissance économique et plus on émet de gaz à effet de serre, parce que plus on utilise de pétrole (là-dessus les données sont très claires aussi). Le réchauffement climatique, ce n’est pas pour dans deux cents ans, ce n’est pas pour mes arrières-arrières-arrières petits-enfants, on est déjà dans la tourmente, et d’ici vingt ou trente ans, ce sera très, très dur.

Tout ça est déjà à l’œuvre. Il suffit d’aller en Afrique subsaharienne pour voir que la désertification est déjà en marche, tout comme en Amérique du Nord. En Californie ils ont une sécheresse tellement énorme en ce moment qu’ils ne savent même pas s’ils vont pouvoir sauver leurs arbres fruitiers. En France on a des inondations de plus en plus courantes, des cyclones, etc.

Donc il y a urgence ! Je le dis carrément, il y a véritablement urgence !

Montrer les solutions !

Moi je ne fais que retransmettre ce que m’ont dit les experts qui travaillent de manière indépendante sur ces questions. Donc comme il y a urgence, je pense que mon rôle n’est plus uniquement comme je l’ai fait pendant vingt-cinq ans, de faire des films pour dénoncer des choses et permettre au citoyen d’agir ensuite. Je pense qu’il faut montrer les alternatives, et montrer qu’il faut faire autrement et vite !

Donc mon film n’est pas uniquement une critique de la croissance, il montre aussi que sur le terrain, partout dans le monde, il y a des gens qui ont compris ça. Et c’est vraiment magique. Ils ont compris que si l’on veut sortir du modèle de la croissance illimitée, il faut relocaliser la production de l’alimentation, de l’énergie, et aussi de l’argent. Trois grands mouvements planétaires en ce moment répondent à cela.

Si on avait le courage de se dire : On y va ! On revoit notre paradigme(d’ailleurs il y a une réflexion mondiale actuellement, y compris aux nations unies, pour définir un nouveau paradigme de développement), plein de gens se mobiliseraient, parce qu’il y a plein de gens qui comprennent que de toute façon ça ne marche pas. Il y a plein de gens qui sont sur le bord de la route, il y a huit millions de français qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté, ceux-là n’attendent qu’une chose : qu’on leur propose quelque chose d’autre.

Et cette société-là, finalement, comme elle transparait dans mon prochain film, tous ces gens qui ont franchi le pas à un niveau personnel, individuel, localement, eh bien ils vont beaucoup mieux, ils recréent du lien avec leurs voisins, ils retrouvent un sens à leurs vies, et évidemment ça ne passe pas par une croissance des biens matériels. Mais finalement on coopère plus, on partage plus… On sera obligé de le faire de toute façon donc autant anticiper…

Le changement n’aura lieu que s’il y a suffisamment d’initiatives partout, déjà en place sur le terrain, qui montrent qu’une autre voie est possible, mais pour que cela soit un changement systémique, il faut que les gouvernements soutiennent. Ça ne se fera que s’il y a une volonté politique d’accompagner cela très rapidement.

D’ailleurs ce film est aussi beaucoup sur la résilience, comment est-ce qu’on se prépare à encaisser les chocs, mais dans la bonne humeur et le bonheur…

L’urgence climatique semble passer inaperçue

Car l’enjeu c’est quand même de savoir si nous allons survivre, à plus ou moins long terme, à ces chocs qui nous attendent ; le premier d’entre eux étant bien évidemment le réchauffement climatique.

Vous avez vu le dernier rapport du GIEC, il y a quinze jours, si on ne fait rien, si on fait « business as usual » : 4,8° d’augmentation de la température, c’est inouï ! Ça veut dire plus d’un mètre d’élévation du niveau de la mer, ça veut dire des millions de réfugiés climatiques, ça veut dire que la production alimentaire va être totalement perturbée, et ça veut dire beaucoup de souffrances…

Je suis complètement sidérée de voir que quand le GIEC sort un rapport comme celui-ci, où il tire vraiment la sonnette d’alarme, on ne fasse pas ce qu’on a fait le 11 septembre. Le fameux 11 septembre. Nous étions en montage d’un film et tout d’un coup tout s’est arrêté partout, en boucle, on a parlé que de ça, la 11 septembre, le 11 septembre, pendant des journées entières. Les plateaux de télé, les experts qui défilaient, etc.

C’est ça qu’on aurait dû faire depuis le dernier rapport du GIEC, c’est-à-dire se dire attention, là c’est trop grave… mais non, il ne s’est rien passé, ça a été traité vraiment comme une petite info, dans la plupart des médias. Pas une déclaration d’un homme politique de haut niveau, disant attention ce rapport est vraiment très grave. Le déni.

On a besoin de nouveaux hommes politiques, éclairés. Pour l’instant, la classe politique telle qu’elle est, est très verrouillée, très empêtrée dans cette conception du développement qui a fait les Trente glorieuses.

Donc il faut vraiment changer de logiciel, et je pense qu’on a besoin d’une nouvelle classe politique constituée de jeunes, qui aient déjà intégré tout ça, et qui ne soient pas dans cette conception totalement dépassée."

Société post-croissance

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UNE FORÊT QUI SE MANGE

3 Octobre 2014, 07:36am

Publié par pam

http://www.bioconsomacteurs.org/bio/dossiers/agriculture/une-foret-qui-se-mange

A Dartington, dans le sud de l'Angleterre, nous avons visité un jardin expérimental nourricier qui reproduit un écosystème forestier en milieu tempéré. Créé il y a 20 ans, il est aujourd'hui autogéré et produit suffisamment de fruits, feuilles comestibles, champignons, graines et noix pour subvenir aux besoins d’un ménage.

Imaginez un jardin d'un hectare qui ressemblerait à une forêt vierge, avec des grands arbres, des arbustes, buissons, des plantes grimpantes, champignons et feuilles mortes au sol. Cette forêt jardin nourrirait en grande partie votre famille, sans que vous y travailliez plus d'une fois par semaine. Enfin, par travail... entendez prendre un panier et des ciseaux pour cueillir salades, myrtilles et autre noix. Nul besoin d'arrosage, de tonte ni de labour, et encore moins d'épandage de pesticides ou d'ajout d'engrais : les plantes se débrouilleraient toutes seules. Vous en rêvez ? Martin Crawford l'a fait. Ce passionné d'agroforesterie mène depuis 20 ans des expérimentations sur les systèmes d'alimentation les plus soutenables et résilients possibles en milieu tempéré.

550 espèces sur 1 hectare
Mai 2014. Nous entrons dans la forêt jardin de Martin Crawford, à Dartington, dans le Devon, circonscription du sud de l'Angleterre. Pins, aulnes, châtaigniers, saules, brocolis, artichauts, poireaux sauvages, framboisiers, bigaradier, plaqueminier, bambous, pêchers, lierre... On ne sait où poser les pieds et les yeux. Deux pigeons ramiers se bécotent dans un sorbier, à 50 centimètres de nos visages. En regardant de près les feuilles poilues d'une consoude, je marche sur un framboisier sauvage. Je me décale et écrase un petit tapis de menthe et de mélisse, caché par un poivrier du Sichuan. Sur un hectare seulement, environ 550 espèces de végétaux poussent tranquillement, comme dans un écosystème forestier. Sauf que la plupart sont comestibles. Si la méthode de la forêt jardin existe depuis des millénaires sous les latitudes tropicales, c'est un Anglais, Robert Hart, qui a expérimenté le premier la forêt jardin en milieu tempéré, dans les années 60 en Angleterre. Martin Crawford est l'un de ceux qui ont pris le relais.


Une forêt est naturellement très productive. Pas un centimètre carré de sol n'étant nu, tous les rayons du soleil sont interceptés, donc exploités pour faire la photosynthèse. Une forêt est aussi autonome : contrairement à ce qui se passe dans un champ homogène d'une seule espèce, maladies, plantes adventices et éventuels ravageurs se régulent d'eux-mêmes dans ce milieu très riche en biodiversité. Mais s'il laisse faire la nature le plus possible, l'homme intervient tout de même, précise Martin Crawford.

Ne pas tuer les plantes que l'on ne veut pas, mais laisser pousser celles que l'on veut
« Ce qui semble sauvage et bordélique est en fait géré : les plantes ont une place bien précise, et on enlève les pousses d'arbres, sinon il n'y aurait que des arbres, puisqu'une forêt a naturellement tendance à se refermer ! ». Les nouvelles pousses de bambous sont régulièrement coupées. Et il faut tailler de temps à temps un arbuste qui prend un peu trop de place et gêne l'ensoleillement. Au final, cette forêt jardin réclame le travail d’une personne durant un jour par semaine. Le printemps et l'automne réclament un petit coup de collier : « j'ai désherbé durant deux jours il y a deux semaines, il va falloir que je le refasse bientôt », souligne Martin en insistant sur le fait qu'il ne s'amuse pas à arracher une par une chaque plante indésirable. «Il n'est pas question de tuer les plantes que je ne veux pas, mais de laisser pousser celles que je veux ». Le plus gros du travail, finalement, consiste à la créer, cette forêt jardin. Il y a 20 ans, Martin a dû choisir et planter toutes les espèces, à commencer par les arbres et en poursuivant avec les strates inférieures. Et il faut être patient : ce n'est qu'au bout de plusieurs années que le système commence à être autonome et qu'il n'y a quasiment plus besoin de s'en occuper.


Une forêt jardin, c’est quoi ?
Plusieurs strates de végétaux dessinent la forêt jardin. Soit ils sont nourriciers, soit ils aident au système. Tout en haut, les arbres, qui produisent du bois et de la résine (pins) ; puis les arbustes ou petits arbres, surtout fruitiers (pommiers, pruniers, poiriers, sorbier), les arbrisseaux (néflier, mûrier, plaqueminier, cognassier, arbousier, févier d'Amérique, chêne-châtaignier jaune, azérolier), les herbacées (plantes et légumes vivaces comme la consoude, les poireaux sauvages, l'oseille, l'osta, l'oya, l'ail des ours), les couvre-sol (fraisiers, ronces, gaulthérie, etc.), la strate mycélienne (champignons, légumes-racines) et les plantes grimpantes (kiwis, lierre, vigne). Toutes ces plantes sont natives de partout dans le monde. « Si on n'utilise que des plantes originaires du Royaume-Uni, on mourra de faim. Et puis l'Angleterre a une longue histoire d'importation d'espèces de végétaux, lesquelles sont devenues en quelque sorte, au fil du temps, natives ».

La consoude, extraordinaire pour les pollinisateurs
Les plantes ne sont pas placées au hasard. On les plante ici ou là en fonction de leurs exigences en soleil, en humidité, en nutriments, et aussi en fonction de leurs affinités avec d’autres plantes. Point important: les espèces qui enrichissent le sol en nutriments sont indispensables : elle rendent ces derniers disponibles pour les autres végétaux. C'est le cas du cornouiller et de l'aulne, qui fixent l'azote de l'air et le rendent disponibles dans le sol; et aussi de la valériane officinale et de la consoude, qui vont chercher le phosphore et le potassium profondément dans le sol grâce à leurs grandes racines, et les ramènent à la surface. La faune n’est pas négligée. Une petite mare accueille « une très grosse population de grenouilles » qui mangent les limaces. Les arbres sont des maisons à chauves-souris qui, elles, mangent beaucoup d'insectes. La consoude est, selon Martin, extraordinaire pour attirer les pollinisateurs. Conclusion : il faut un minimum de connaissances en biologie végétale et en écologie pour réussir une forêt jardin. Résultat: un taux de matière organique dans le sol qui est « passé de 5 à 12 % en 20 ans », ce qui fait de cette forêt comestible un réservoir important de carbone. Et des fruits, feuilles comestibles, champignons, graines et noix en quantités suffisantes pour nourrir un foyer (celui de Martin). Sans compter le bois de chauffage et d’œuvre, ainsi que l'osier pour faire de la vannerie. Tout ça sur un hectare.


Avec cette forêt jardin, Martin Crawford voulait montrer qu'un système nourricier pouvait être productif, soutenable, réclamant très peu de travail sur une petite surface, et résilient - c'est à dire capable de s'adapter aux changements, tels que le réchauffement climatique et ses conséquences. Agronome autodidacte (il a fait des études en informatique), il mène d'autres expériences de forêts jardins dans le Devon. Il gagne sa vie en vendant plantes et semences et en donnant des cours et des conférences. En goûtant à une jeune pousse de bambou qu'il a coupée devant nous, j'ai une légère amertume dans la bouche – c'est meilleur cuit à la vapeur, dit-il - mais une certitude : d'autres façons de nous nourrir, bien loin de nos systèmes productivistes déconnectés de la nature, existent et méritent d’être explorées.

Pour en savoir plus sur les méthodes qu'emploie Martin Crawford, les semences et plants qu'il utilise et les cours qu'il donne, allez voir le site internet de son association, Agroforestry research trust!

Crédit photos: Diana Semaska

UNE FORÊT QUI SE MANGE
UNE FORÊT QUI SE MANGE

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Optimisme... ou pas.

30 Septembre 2014, 07:37am

Publié par pam

En 40 ans, plus de 50% d'animaux sauvages ont disparus....

Surpêche, changements climatiques, surconsommation, pollution, guerres, conflits.....

Nous vivons à crédit sur la planète, il nous faudrait 5 planètes si nous étions tous des consommateurs abrutis... comme les médias nous montrent les exemples si merveilleux !

Chaque jour je me dis que je dois arrêter de vous bassiner avec la politique, l'écologie, les scandales permanents et en constante augmentation, qu'il faut positiver, voir le bon côté des choses et des gens, éviter de ressasser, d'inquiéter, de juger, de critiquer....

Je pense, comme beaucoup d'entre vous je crois, que les pensées positives, les actes positifs même minuscules, mettent dans l'air et dans les têtes toujours plus d'énergie bénéfique pour nous, pour nos proches, pour la planète. Nous devons être exigeants, ne pas jouer les autruches et dans le même temps refuser de nous laisser prendre la tête par ceux qui croient que toujours plus (d'argent, de biens de consommation...) est bon : c'est dans la simplicité et vers le naturel que nous pourrons nous respecter et respecter ce et ceux qui nous entourent.

Alors, si vous n'avez pas trop la pêche, ne regardez pas ce documentaire, il est comme beaucoup d'autres, très bien fait, très documenté, affolant, effrayant, monstrueux, il met le doigt là où ça fait mal, mais allez vous balader, méditer, dessiner ou jouer de la musique et contentez vous de me croire sur parole : c'est intéressant.

Chaque fois que vous changez une petite habitude, que vous refusez un aliment trafiqué, un produit manufacturé dont vous n'êtes pas sûr qu'il soit fabriqué éthiquement, respectueux de l'homme et de la planète, chaque fois vous faites un pas dans la bonne direction et tous ces petits pas se multiplient si vite, nous sommes de plus en plus nombreux et peut être qu'un jour on nous écoutera, on nous suivra, et qu'on donnera une chance de survie à la Terre et aux hommes de bonne volonté !

Passez une belle journée, réjouissez-vous de la pluie, du soleil, du chant des oiseaux et des rires des enfants.

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Transition écologique.

28 Septembre 2014, 06:26am

Publié par pam

La vie sans pétrole, c’est possible !

ENTRETIEN | Jardins partagés, énergies propres… la révolution verte est en marche. Des initiatives surtout citoyennes. Pour Alain Grandjean, économiste, l'or noir se fait rare, pas les idées.

Le 25/09/2014 à 00h00
Weronika Zarachowicz - Télérama n° 3374

Saviez-vous que huit cents millions de personnes pratiquent l'agriculture urbaine et produisent 15 à 20 % de l'alimentation mondiale ? Qu'en 2011, en Italie, les ventes de bicyclettes neuves ont dépassé celles des voitures neuves pour la première fois depuis quarante ans ? Et qu'en Allemagne, 51 % de l'énergie renouvelable est fournie par les citadins et les agriculteurs ? Autant de signes, avance Rob Hopkins dans un livre formidable à paraître le 16 octobre 2014, que la « transition » écologique et sociale est en marche.

Ce Britannique est à l'origine du mouvement des Villes en transition, démarré à Totnes. En 2006, dans cette petite ville du sud-ouest de l'Angleterre, les habitants se sont mis à inventer leur vie sans pétrole : jardins partagés, arbres fruitiers dans les lieux publics, énergies propres, relocalisation de l'économie via une monnaie complémentaire… Aujour­d'hui, Villes en transition est implanté dans quarante-quatre pays. Et le terme de « transition » s'est répandu de ­façon virale, pour englober une myriade d'initiatives à travers le monde. « La transition, écrit Rob Hopkins, c'est comme un logiciel libre. Chacun se l'approprie, l'essaie là où il vit et contribue à son évolution permanente. »

Un peu à la manière d'un vaste réseau fait de milliers de laboratoires de recherche et développement, où chacun expérimente et innove, nous dit un « transitionneur » de la première heure, l'économiste Alain Grandjean, membre du conseil scientifique de la fondation Nicolas Hulot. Visite guidée des mille et une facettes de la transition en marche, en compagnie de celui qui vient de présider le comité des experts du débat national sur la transition énergétique.

La transition a-t-elle déjà commencé ?
Elle est à l'œuvre un peu partout dans le monde : c'est une transition « par en bas », qui soutient l'idée que des individus, des villages, des villes peuvent répondre à leurs besoins fondamentaux localement, en réduisant leur dépendance aux énergies fossiles et leurs émissions de carbone. Mais c'est aussi une réponse au fait que les politiques nationales ne s'y sont pas encore mises : elles soutiennent encore massivement les combustibles fossiles plutôt que les énergies renouvelables. Ceux qui s'engagent dans les Villes en transition n'attendent pas l'aval de Jean-Claude Juncker ou de François Hollande. Ils se lancent, à leur échelle, portés par le bouillonnement du génie collectif.

“Notre rapport à la ville,
comme à la voiture,
est en train de basculer.”

C'est-à-dire ?
L'appel à la créativité du groupe, la création d'une dynamique positive et la reprise en main d'un avenir commun désirable ! A Seattle, aux Etats-Unis, les citoyens ont obtenu deux évolutions intéressantes : une modification du droit de l'urbanisme qui permet à chacun de produire dans son jardin et de vendre une partie de sa production ; et la création d'une forêt-jardin collective produisant fruits, légumes, bois… Cette nouvelle agriculture urbaine offre une réponse à la concentration des exploitations – en France, en 1945, il y avait six millions d'exploitations agricoles, il en reste cinq cent mille.

Et elle « verdit » la ville, non pas pour faire plaisir aux écolos, mais parce que le citoyen urbain n'en peut plus de vivre dans un univers minéralisé ! C'est aussi une question de génération. Mes parents, qui ont traversé la guerre et la reconstruction, ne se préoccupaient pas de savoir si on vivait bien ou non en ville. Mais, aujourd'hui, notre rapport à la ville comme à la voiture est en train de basculer. Aux Etats-Unis, la proportion des titulaires du permis de conduire parmi les 16-20 ans a chuté de près de 30 % entre 1998 et 2008.

On reproche souvent aux écologistes d'être catastrophistes. La transition, elle, se veut optimiste et pratique…
Le diagnostic n'a hélas pas changé du tout : le changement climatique est sans équivoque ; la crise énergétique, bien réelle, et nous sommes entrés dans une époque d'extinction massive des espèces, d'effondrement de la bio­diversité et de perturbations majeures des écosystèmes. Mais nous pouvons aborder ces réalités sous l'angle du défi constructif. La crise que nous traversons est la face émergée du processus de transformation en cours : une formidable opportunité d'être créatif et collaboratif. Aux Etats-Unis, par exemple, le nombre de ces initiatives est colossal.

Peut-on les chiffrer ?
L'extrême diversité de ces expériences, leur interdisciplinarité rendent la tâche difficile. Comment répertorier des réalisations qui portent à la fois sur l'agriculture, la production d'énergie, la rénovation énergétique des logements, l'économie circulaire, les monnaies locales, la mobilité, l'éducation… ? Et qui engagent toutes sortes de citoyens, de collectivités locales et d'entreprises ? Nous sommes face à un territoire d'innovation, très mouvant : de nouveaux acteurs économiques arrivent sans arrêt, et beaucoup vont se casser la figure. Le secteur de la rénovation énergétique, par exemple, voit fleurir des start-up spécialisées dans le pilotage du chauffage – maison « intelligente », en réseau, etc. Ce n'est pas pour rien que Google a récemment acheté pour 3,2 milliards de dollars une start-up californienne qui fabrique des thermostats intelligents…

“La transition est
à notre portée.”

La transition serait pour bientôt ?
Elle est en tout cas à notre portée. Construire des logements moins énergivores est déjà une réalité. Tout comme rénover des bâtiments de manière à réduire leur facture énergétique par trois ou quatre (même si cela coûte encore cher). Idem pour la mobilité, autre enjeu essentiel : nous savons déjà fabriquer des voitures légères, consommant 1 à 2 litres pour 100 kilomètres (par rapport aux 7, 8 litres actuels). Le taux de renouvellement du parc de véhicules oscille entre dix et quinze ans : en deux changements, en trente ans donc, nous pouvons en diviser par quatre la consommation moyenne ! Même observation pour l'agriculture, où le bio monte en puissance, parallèlement aux modèles conventionnels.

Sans volonté politique, ces initiatives pourront-elles s'étendre ?
L'expérimental peut-il devenir dominant ? L'énergie solaire, aujourd'hui marginale, sera-t-elle notre source d'énergie principale ? Impossible à dire à l'avance, et c'est ce qui rend l'innovation si passionnante à observer. Voyez les premiers modèles d'avions, au XIXe siècle. C'est fourmillant d'inventivité, de pistes variées ! Nous vivons la même chose, sauf que l'innovation n'est pas que technique mais aussi sociale, économique. Et on ne sait pas ce qui va l'emporter. Dans le Nord de la France, dans un univers économiquement sinistré, vous avez, distantes de quelques kilomètres, Hénin-Beaumont et Loos-en-Gohelle. Soit, dans le premier cas, une petite ville qui se replie sur elle-même et se radicalise et, dans l'autre, un formidable projet de transition écologique et sociale.

A lire

Miser (vraiment) sur la transition écologique, d'Alain Grandjean et Hélène Le Teno, Les Editions de l'atelier, 2014, 17 €.
1001 Initiatives de transition écologique. Comment l'action locale peut changer le monde, de Rob Hopkins, éd. du Seuil (à paraître le 16 octobre 2014).
Les Défricheurs. Voyage dans la France qui innove vraiment, d'Eric Dupin, éd. La Découverte (à paraître le 11 septembre 2014).

A voir

Le site de la transition, qui rassemble nombre de projets.

Le site du mouvement Colibris qui répertorie une variété d'expériences en

photo Severine Lavoine

photo Severine Lavoine

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L'urgence de ralentir...

27 Septembre 2014, 05:59am

Publié par pam

http://www.bastamag.net/Toujours-plus-vite-ces-dissidents

Toujours plus vite, toujours plus pressés. Nous sommes entrés dans l’ère de l’immédiateté, celle des profits, celle de l’information, celle de la satisfaction individuelle. Que traduit cette accélération de nos modes de vie ? Avec quels risques dans une planète aux ressources limitées ? Comment résister à cette injonction du toujours plus vite ? C’est ce qu’interroge Philippe Borrel dans son dernier film, L’urgence de ralentir, diffusé le 2 septembre sur Arte. Il est allé à la rencontre de ceux qui expérimentent des alternatives concrètes à contre-temps du modèle dominant néolibéral. Basta ! et Mediapart vous proposent des séquences inédites de son film.

L’immédiat et la vitesse sont devenus la norme. L’accélération, notre rythme quotidien. « Mais à quel prix ? Et jusqu’à quand ? » interroge le réalisateur Philippe Borrel [1] dans son dernier film, L’urgence de ralentir. « Ce que nous vivons, appuie l’économiste Geneviève Azam, c’est vraiment la colonisation du temps humain dans toutes ses dimensions – biologique, social, écologique – par le temps économique. C’est un temps vide, sans racine, sans histoire, seulement occupé par la circulation des capitaux ». Directement pointés du doigt, les milieux financiers et la logique d’actionnaires en attente d’une rentabilité immédiate.

Illustration de cette accélération financière et technologique, le trading haute fréquence dans lequel les algorithmes ont remplacé les hommes. « Le marché est un serveur mettant en relation des acheteurs et des vendeurs qui sont désormais des algorithmes, relate Alexandre Laumonier, auteur de 6. Un ordre est exécuté au New York Stock Exchange en 37 microsecondes, soit 1350 fois moins de temps qu’il n’en faut pour cligner de l’œil... » Le rythme est désormais dicté par les machines. « Celui qui compressera le temps le plus rapidement possible gagnera la partie », assène le sociologue Douglas Rushkoff. A moins que les catastrophes écologiques, économiques et sociales annoncées ne prennent les devants.

Résister à la société de consommation

Croisant les réflexions de sociologues, philosophes et économistes, le film de Philippe Borrel ne montre pas seulement les effets du néolibéralisme. Il filme celles et ceux qui tentent de faire émerger des alternatives constructives à la logique d’accélération généralisée. C’est dans le Val de Suse, en Italie, que Philippe Borrel pose d’abord sa caméra. Depuis vingt ans, la résistance s’organise face au projet de ligne à grande vitesse entre Lyon et Turin évalué à 26 milliards d’euros (voir nos articles). Outre les scandales financiers de ce projet, les militants interrogent le modèle de développement qu’il préfigure. « Si quelque chose doit s’accélérer ce sont les idées et pas les personnes ou les marchandises, confie un membre des No Tav.La modernité ce n’est pas d’aller plus vite, c’est d’avancer avec plus de sagesse. »

Passage incontournable à Notre-Dame-des-Landes, où les occupants de cette zone dénoncent « le projet d’aéroport et le monde qui va avec » (notre dossier). Dans cette zone de bocage, ils réinvestissent les terrains en plantant des vergers, des haies, en défrichant, drainant, repiquant des semis... « Rendre fertile ce qu’ils veulent rendre stérile, là est notre force », assurent les opposants au projet d’aéroport. Bien évidemment, d’une lutte à l’autre, les stratégies varient. Certains ont décidé de se couper complètement de la société de consommation. C’est le cas de la Wildroots Community, basée dans les Appalaches en Caroline du nord. Elle a été fondée par un ancien ingénieur et sa compagne. En pleine forêt, cette communauté de « survivalistes » accueille ceux qui, comme eux, veulent réapprendre à vivre en pleine autonomie au cœur de la nature.

Se réapproprier la technologie

« La réponse du capitalisme à l’urgence climatique reste uniquement technologique et ne remet jamais en cause ce qui, dans son fonctionnement, contribue au dérèglement des écosystèmes », analyse Philippe Borrel. Fort de ce constat, il est allé à la rencontre de Bunker Roy, le fondateur du Barefoot College en Inde.« Depuis quinze ans, il recrute des femmes illettrées dans les milieux ruraux d’Afrique, d’Amérique latine ou d’Asie pour les former pendant six mois à l’ingénierie solaire et à l’autonomie énergétique », relate le réalisateur. Plus de 300 ingénieures solaires auraient ainsi été formées depuis le lancement du projet. Ici, la technologie est démystifiée et réappropriée collectivement.

Aux États-Unis aussi, des systèmes d’apprentissage alternatifs se mettent en place. C’est ainsi qu’à deux pas des sièges de Google et de Facebook, au cœur de la Silicon Valley, une école interdit l’usage des ordinateurs ou des portables aux élèves jusqu’à la classe de seconde. « Nous amenons la technologie aux élèves seulement quand ils sont en mesure de la comprendre, explique une professeure. Je veux que mes élèves soient excités à l’idée d’apprendre. » Au-travers d’apprentissages concrets comme la permaculture, les enseignants espèrent développer chez les enfants des capacités d’innovation et d’adaptation à un monde en mutation accélérée. « L’éducation est la clé, c’est l’espoir de voir des êtres humains capables de penser librement ».

Un autre rapport à l’argent

Questionner notre rapport au temps conduit irrémédiablement, dans une société capitaliste, à interroger notre rapport à l’argent. Philippe Borrel s’attache notamment à rencontrer les porteurs de monnaies locales, de Romans-sur-Isère (Drôme) à Bristol (sud-ouest de l’Angleterre). Une manière de relocaliser l’économie qui essaime dans une grande diversité de territoires (nos articles). « On résiste beaucoup mieux aux chocs extérieurs lorsque l’on a une économie locale solide »confirme Lionel Astruc, auteur de (R)évolutions.

Sa caméra nous conduit à Tomkins Time Traders, la banque du temps d’Ithaca, dans l’État de New York. Ici, le temps n’est plus forcément synonyme d’argent. Des services peuvent être échangés gratuitement avec d’autres habitants du quartier, tous à égalité, que l’on soit avocat ou électricien. « Nous avons tous des savoirs-faire uniques et quelque chose à partager ou à donner aux autres », confie une membre du projet. L’enjeu est de créer un nouveau système qui revalorise le travail au cœur de l’économie. Dans cette banque, une heure d’une compétence particulière – en plomberie ou comme dentiste par exemple – équivaut à une heure de soins pour les personnes âgées ou une heure de garde pour les enfants. Un moyen de sortir du système capitalisme monétisé mettant en concurrence les uns avec les autres.


Des adeptes du mouvement de la simplicité volontaire aux villes en transition (nos articles), en passant par des expériences en permaculture telles que la Ferme du Bec Hellouin, le film de Philippe Borrel nous amène à prendre le temps de s’arrêter pour réfléchir. Il égrène d’autres façons de vivre ensemble pour façonner un autre monde. Plutôt que de suivre un rythme qui nous mène vers des catastrophes écologiques, économiques et sociales, le réalisateur nous propose de redonner du sens au temps et de reprendre le contrôle de nos vies. Une invitation à amorcer dès aujourd’hui une véritable transition écologique et sociale. Un film à voir de toute urgence.

Sophie Chapelle

Notes

[1] Philippe Borrel est le réalisateur de Les Insurgés de la Terre, d’Un monde sans fous ? et d’Un monde sans humains ?

"Nous n'avons pas encore compris à quel point la situation est terrifiante. Nous sommes inconscients..."

"Nous sommes beaucoup plus qu'on ne le croit à avoir envie de changer de paradigme."

"D'abord ils vous ignorent, puis ils se moquent de vous, ensuite ils vous combattent, et à la fin vous gagnez." Gandhi.

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réchauffement climatique...

24 Septembre 2014, 05:57am

Publié par pam

Hier exceptionnellement sur la 5, C dans l'air proposait une émission correcte sur l'impact du réchauffement climatique (si on oublie les commentaires des auditeurs quasi tous persuadés d'avoir raison d'être sceptiques...) mais avec des intervenants passionnants et passionnés.Tapez sur votre moteur de recherche : C dans l'air replat - 23-09-2014. Et ce soir : Climat état d'urgence.

réchauffement climatique...

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Tao de la physique. Fridtjof Capra.

14 Septembre 2014, 06:17am

Publié par pam

TAO DE LA PHYSIQUE. FRIDTJOF CAPRA.

Extrait de la postface :

Face aux multiples dangers qui menacent la planète, la race humaine ne survivra que si nous parvenons à transformer radicalement les méthodes et codes de valeur qui gouvernent encore notre démarche scientifique et nos technologies. J’appelle fortement le passage d’une mentalité dominatrice, axée sur le contrôle et l’asservissement de la nature, êtres humains compris, à une mentalité cherchant à développer la coopération, l’entraide, la non-violence.

En Occident, sciences et techniques ont confondu connaissance et contrôle : l’idée de base étant que, pour comprendre la nature, l’homme doit commencer par la dominer. Système patriarcal qui inculque au mâle un désir pathologique de contrôle et domination.

Jusqu’à la Renaissance, le but de la science était la recherche de la sagesse, une meilleure compréhension de l’ordre naturel, un mode de vie en harmonie avec cet ordre. Depuis Bacon, le but de la science est de fournir à l’homme des connaissances spécialisées lui permettant d’asservir la nature. De nos jours encore, science et technologie sont utilisées conjointement à des fins nuisibles, dangereuses et anti-écologiques.

Plus femmes et hommes prennent conscience de ces problèmes, comprennent que les prétendus progrès techniques se retournent bien souvent contre nous, plus les choses changent. Mais ce changement devra s’accompagner d’un changement des mentalités. La tête évolue, le cœur doit suivre. Ce n'est pas par le seul intellect que se fera le difficile, et sans doute tumultueux, passage d’une société obnubilée par le pouvoir, la domination, le contrôle, à une communauté travaillant à développer coopération et non-violence. La nouvelle mentalité sera écologiste, Et nous apprendrons sans surprise qu'elle est celle qu'enseignent les traditions spirituelles. Les sages de la Chine antique avaient une belle phrase pour exprimer cette attitude :

“Celui qui se conforme à l’ordre naturel flotte naturellement dans le courant du Tao.”

Tao de la physique. Fridtjof Capra.

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prise de conscience des hommes...

5 Septembre 2014, 05:53am

Publié par pam

“Il est peut-être trop tard pour une prise de conscience des hommes. La Terre est trop gravement atteinte. Normalement, nous devrions déjà être tous détruits mais le Créateur nous donne encore du temps pour que certaines personnes puissent survivre. Celles qui auront eu la sagesse de se regrouper dans des communautés et de vivre directement des fruits de la terre. Tous les Anciens disent qu’il n’y a plus beaucoup de temps, une dizaine d’années peut-être. Sun Bear affirme que les trois quarts de l’humanité vont disparaître. Il y aura un bouleversement total, un renversement des pôles. Les plus menacés sont ceux qui vivent dans les villes.

Cette catastrophe est nécessaire pour purifier la Terre. Trop d’humains ont choisi d’accumuler des biens matériels. C’est tout juste s’il y en a cinq pour cent qui ont une conscience un peu éveillée. Mais il y en a bien moins encore qui sont vraiment détachés.

Le véritable abandon, c’est de ne pas rester attaché aux biens matériels parce qu’ils sont transitoires. Il faut savoir partager. Donner chaque fois qu’on reçoit.

La panique ne sert à rien. La seule chose à faire, c’est de travailler sur soi pour se mettre en accord avec ce que le Créateur attend de nous.

La Terre est malade de l’homme, l’homme est pour elle un cancer qui la tue à petit feu.”

“Chaque geste que nous faisons a une résonance spirituelle. Quand les gens qui viennent veulent m’aider à arracher les “mauvaises herbes”, je les invite à se demander ce qu’ils doivent arracher à l’intérieur d'eux-mêmes. Quand ils sèment, ce qu’ils voudraient semer à l’intérieur d’eux-mêmes.

Nous avons perdu, nous, cette capacité à remercier pour tout ce qui nous est donné. Nous ne savons qu’abuser des cadeaux reçus. Pour moi, faire le jardin à la manière indienne, c’est remercier sans cesse pour l’abondance et la beauté, c’est faire de cette terre un lieu d’harmonie en même temps qu’un lieu de production.

Faire un jardin, cela n’a l’air de rien mais je suis persuadée, comme la plupart des Anciens, que les temps sont en train de venir où il nous faudra être capables de cultiver nous-mêmes notre propre nourriture.

Nous plantons en spirale car pour nous elle est très importante. C’est la spirale d’énergie qui monte de la terre et qui descend du ciel. Et aussi la spirale du cœur. En nous, l’ADN est une spirale. Ma vision de ce jardin a donc été celle d’une spirale qui monte de la terre. Elle monte en beauté à partir du centre et tourne autour des légumes et des fruits pour arriver jusqu’à nous. Je fais d’autres jardins sans spirale car c’est long et compliqué, l’essentiel est de comprendre qu’il s’agit toujours d’un espace sacré. J’invite les gens à entrer par l’est pour amener l’énergie avec eux, à tourner dans le jardin dans le sens des aiguilles d’une montre.

Pour faire un jardin il faut savoir prendre son temps, il ne faut rien brusquer, rien bousculer, car tout ce qui vit à une âme, même le plus humble brin d’herbe.

Réaliser cela et le vivre dans la profondeur de mon être a été pour moi une extraordinaire révélation et une révolution dans ma vie.”

“Avant, les terres indiennes étaient communales. Chacun occupait juste ce qu’il pouvait travailler et le reste appartenait à tout le monde, formule idéale.”

Cartier in “Les gardiens de la terre”.

prise de conscience des hommes...

“Tout le monde savait que la Terre se réchauffait, tout le monde se doutait qu’elle préparait sa mue, qu’elle n’avait pas d’autre choix que de s’adapter pour survivre, comme n’importe quel organisme vivant, mais tout le monde s’en contrefoutait, tout le monde ne songeait qu’à jouir de ses privilèges, qu’à étendre ses possessions, qu’à s’étourdir en danses macabres sur des scènes de plus en plus branlantes. "

Pierre Bordage in “L’évangile du Serpent”.

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