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Transition écologique.

28 Septembre 2014, 06:26am

Publié par pam

La vie sans pétrole, c’est possible !

ENTRETIEN | Jardins partagés, énergies propres… la révolution verte est en marche. Des initiatives surtout citoyennes. Pour Alain Grandjean, économiste, l'or noir se fait rare, pas les idées.

Le 25/09/2014 à 00h00
Weronika Zarachowicz - Télérama n° 3374

Saviez-vous que huit cents millions de personnes pratiquent l'agriculture urbaine et produisent 15 à 20 % de l'alimentation mondiale ? Qu'en 2011, en Italie, les ventes de bicyclettes neuves ont dépassé celles des voitures neuves pour la première fois depuis quarante ans ? Et qu'en Allemagne, 51 % de l'énergie renouvelable est fournie par les citadins et les agriculteurs ? Autant de signes, avance Rob Hopkins dans un livre formidable à paraître le 16 octobre 2014, que la « transition » écologique et sociale est en marche.

Ce Britannique est à l'origine du mouvement des Villes en transition, démarré à Totnes. En 2006, dans cette petite ville du sud-ouest de l'Angleterre, les habitants se sont mis à inventer leur vie sans pétrole : jardins partagés, arbres fruitiers dans les lieux publics, énergies propres, relocalisation de l'économie via une monnaie complémentaire… Aujour­d'hui, Villes en transition est implanté dans quarante-quatre pays. Et le terme de « transition » s'est répandu de ­façon virale, pour englober une myriade d'initiatives à travers le monde. « La transition, écrit Rob Hopkins, c'est comme un logiciel libre. Chacun se l'approprie, l'essaie là où il vit et contribue à son évolution permanente. »

Un peu à la manière d'un vaste réseau fait de milliers de laboratoires de recherche et développement, où chacun expérimente et innove, nous dit un « transitionneur » de la première heure, l'économiste Alain Grandjean, membre du conseil scientifique de la fondation Nicolas Hulot. Visite guidée des mille et une facettes de la transition en marche, en compagnie de celui qui vient de présider le comité des experts du débat national sur la transition énergétique.

La transition a-t-elle déjà commencé ?
Elle est à l'œuvre un peu partout dans le monde : c'est une transition « par en bas », qui soutient l'idée que des individus, des villages, des villes peuvent répondre à leurs besoins fondamentaux localement, en réduisant leur dépendance aux énergies fossiles et leurs émissions de carbone. Mais c'est aussi une réponse au fait que les politiques nationales ne s'y sont pas encore mises : elles soutiennent encore massivement les combustibles fossiles plutôt que les énergies renouvelables. Ceux qui s'engagent dans les Villes en transition n'attendent pas l'aval de Jean-Claude Juncker ou de François Hollande. Ils se lancent, à leur échelle, portés par le bouillonnement du génie collectif.

“Notre rapport à la ville,
comme à la voiture,
est en train de basculer.”

C'est-à-dire ?
L'appel à la créativité du groupe, la création d'une dynamique positive et la reprise en main d'un avenir commun désirable ! A Seattle, aux Etats-Unis, les citoyens ont obtenu deux évolutions intéressantes : une modification du droit de l'urbanisme qui permet à chacun de produire dans son jardin et de vendre une partie de sa production ; et la création d'une forêt-jardin collective produisant fruits, légumes, bois… Cette nouvelle agriculture urbaine offre une réponse à la concentration des exploitations – en France, en 1945, il y avait six millions d'exploitations agricoles, il en reste cinq cent mille.

Et elle « verdit » la ville, non pas pour faire plaisir aux écolos, mais parce que le citoyen urbain n'en peut plus de vivre dans un univers minéralisé ! C'est aussi une question de génération. Mes parents, qui ont traversé la guerre et la reconstruction, ne se préoccupaient pas de savoir si on vivait bien ou non en ville. Mais, aujourd'hui, notre rapport à la ville comme à la voiture est en train de basculer. Aux Etats-Unis, la proportion des titulaires du permis de conduire parmi les 16-20 ans a chuté de près de 30 % entre 1998 et 2008.

On reproche souvent aux écologistes d'être catastrophistes. La transition, elle, se veut optimiste et pratique…
Le diagnostic n'a hélas pas changé du tout : le changement climatique est sans équivoque ; la crise énergétique, bien réelle, et nous sommes entrés dans une époque d'extinction massive des espèces, d'effondrement de la bio­diversité et de perturbations majeures des écosystèmes. Mais nous pouvons aborder ces réalités sous l'angle du défi constructif. La crise que nous traversons est la face émergée du processus de transformation en cours : une formidable opportunité d'être créatif et collaboratif. Aux Etats-Unis, par exemple, le nombre de ces initiatives est colossal.

Peut-on les chiffrer ?
L'extrême diversité de ces expériences, leur interdisciplinarité rendent la tâche difficile. Comment répertorier des réalisations qui portent à la fois sur l'agriculture, la production d'énergie, la rénovation énergétique des logements, l'économie circulaire, les monnaies locales, la mobilité, l'éducation… ? Et qui engagent toutes sortes de citoyens, de collectivités locales et d'entreprises ? Nous sommes face à un territoire d'innovation, très mouvant : de nouveaux acteurs économiques arrivent sans arrêt, et beaucoup vont se casser la figure. Le secteur de la rénovation énergétique, par exemple, voit fleurir des start-up spécialisées dans le pilotage du chauffage – maison « intelligente », en réseau, etc. Ce n'est pas pour rien que Google a récemment acheté pour 3,2 milliards de dollars une start-up californienne qui fabrique des thermostats intelligents…

“La transition est
à notre portée.”

La transition serait pour bientôt ?
Elle est en tout cas à notre portée. Construire des logements moins énergivores est déjà une réalité. Tout comme rénover des bâtiments de manière à réduire leur facture énergétique par trois ou quatre (même si cela coûte encore cher). Idem pour la mobilité, autre enjeu essentiel : nous savons déjà fabriquer des voitures légères, consommant 1 à 2 litres pour 100 kilomètres (par rapport aux 7, 8 litres actuels). Le taux de renouvellement du parc de véhicules oscille entre dix et quinze ans : en deux changements, en trente ans donc, nous pouvons en diviser par quatre la consommation moyenne ! Même observation pour l'agriculture, où le bio monte en puissance, parallèlement aux modèles conventionnels.

Sans volonté politique, ces initiatives pourront-elles s'étendre ?
L'expérimental peut-il devenir dominant ? L'énergie solaire, aujourd'hui marginale, sera-t-elle notre source d'énergie principale ? Impossible à dire à l'avance, et c'est ce qui rend l'innovation si passionnante à observer. Voyez les premiers modèles d'avions, au XIXe siècle. C'est fourmillant d'inventivité, de pistes variées ! Nous vivons la même chose, sauf que l'innovation n'est pas que technique mais aussi sociale, économique. Et on ne sait pas ce qui va l'emporter. Dans le Nord de la France, dans un univers économiquement sinistré, vous avez, distantes de quelques kilomètres, Hénin-Beaumont et Loos-en-Gohelle. Soit, dans le premier cas, une petite ville qui se replie sur elle-même et se radicalise et, dans l'autre, un formidable projet de transition écologique et sociale.

A lire

Miser (vraiment) sur la transition écologique, d'Alain Grandjean et Hélène Le Teno, Les Editions de l'atelier, 2014, 17 €.
1001 Initiatives de transition écologique. Comment l'action locale peut changer le monde, de Rob Hopkins, éd. du Seuil (à paraître le 16 octobre 2014).
Les Défricheurs. Voyage dans la France qui innove vraiment, d'Eric Dupin, éd. La Découverte (à paraître le 11 septembre 2014).

A voir

Le site de la transition, qui rassemble nombre de projets.

Le site du mouvement Colibris qui répertorie une variété d'expériences en

photo Severine Lavoine

photo Severine Lavoine

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L'urgence de ralentir...

27 Septembre 2014, 05:59am

Publié par pam

http://www.bastamag.net/Toujours-plus-vite-ces-dissidents

Toujours plus vite, toujours plus pressés. Nous sommes entrés dans l’ère de l’immédiateté, celle des profits, celle de l’information, celle de la satisfaction individuelle. Que traduit cette accélération de nos modes de vie ? Avec quels risques dans une planète aux ressources limitées ? Comment résister à cette injonction du toujours plus vite ? C’est ce qu’interroge Philippe Borrel dans son dernier film, L’urgence de ralentir, diffusé le 2 septembre sur Arte. Il est allé à la rencontre de ceux qui expérimentent des alternatives concrètes à contre-temps du modèle dominant néolibéral. Basta ! et Mediapart vous proposent des séquences inédites de son film.

L’immédiat et la vitesse sont devenus la norme. L’accélération, notre rythme quotidien. « Mais à quel prix ? Et jusqu’à quand ? » interroge le réalisateur Philippe Borrel [1] dans son dernier film, L’urgence de ralentir. « Ce que nous vivons, appuie l’économiste Geneviève Azam, c’est vraiment la colonisation du temps humain dans toutes ses dimensions – biologique, social, écologique – par le temps économique. C’est un temps vide, sans racine, sans histoire, seulement occupé par la circulation des capitaux ». Directement pointés du doigt, les milieux financiers et la logique d’actionnaires en attente d’une rentabilité immédiate.

Illustration de cette accélération financière et technologique, le trading haute fréquence dans lequel les algorithmes ont remplacé les hommes. « Le marché est un serveur mettant en relation des acheteurs et des vendeurs qui sont désormais des algorithmes, relate Alexandre Laumonier, auteur de 6. Un ordre est exécuté au New York Stock Exchange en 37 microsecondes, soit 1350 fois moins de temps qu’il n’en faut pour cligner de l’œil... » Le rythme est désormais dicté par les machines. « Celui qui compressera le temps le plus rapidement possible gagnera la partie », assène le sociologue Douglas Rushkoff. A moins que les catastrophes écologiques, économiques et sociales annoncées ne prennent les devants.

Résister à la société de consommation

Croisant les réflexions de sociologues, philosophes et économistes, le film de Philippe Borrel ne montre pas seulement les effets du néolibéralisme. Il filme celles et ceux qui tentent de faire émerger des alternatives constructives à la logique d’accélération généralisée. C’est dans le Val de Suse, en Italie, que Philippe Borrel pose d’abord sa caméra. Depuis vingt ans, la résistance s’organise face au projet de ligne à grande vitesse entre Lyon et Turin évalué à 26 milliards d’euros (voir nos articles). Outre les scandales financiers de ce projet, les militants interrogent le modèle de développement qu’il préfigure. « Si quelque chose doit s’accélérer ce sont les idées et pas les personnes ou les marchandises, confie un membre des No Tav.La modernité ce n’est pas d’aller plus vite, c’est d’avancer avec plus de sagesse. »

Passage incontournable à Notre-Dame-des-Landes, où les occupants de cette zone dénoncent « le projet d’aéroport et le monde qui va avec » (notre dossier). Dans cette zone de bocage, ils réinvestissent les terrains en plantant des vergers, des haies, en défrichant, drainant, repiquant des semis... « Rendre fertile ce qu’ils veulent rendre stérile, là est notre force », assurent les opposants au projet d’aéroport. Bien évidemment, d’une lutte à l’autre, les stratégies varient. Certains ont décidé de se couper complètement de la société de consommation. C’est le cas de la Wildroots Community, basée dans les Appalaches en Caroline du nord. Elle a été fondée par un ancien ingénieur et sa compagne. En pleine forêt, cette communauté de « survivalistes » accueille ceux qui, comme eux, veulent réapprendre à vivre en pleine autonomie au cœur de la nature.

Se réapproprier la technologie

« La réponse du capitalisme à l’urgence climatique reste uniquement technologique et ne remet jamais en cause ce qui, dans son fonctionnement, contribue au dérèglement des écosystèmes », analyse Philippe Borrel. Fort de ce constat, il est allé à la rencontre de Bunker Roy, le fondateur du Barefoot College en Inde.« Depuis quinze ans, il recrute des femmes illettrées dans les milieux ruraux d’Afrique, d’Amérique latine ou d’Asie pour les former pendant six mois à l’ingénierie solaire et à l’autonomie énergétique », relate le réalisateur. Plus de 300 ingénieures solaires auraient ainsi été formées depuis le lancement du projet. Ici, la technologie est démystifiée et réappropriée collectivement.

Aux États-Unis aussi, des systèmes d’apprentissage alternatifs se mettent en place. C’est ainsi qu’à deux pas des sièges de Google et de Facebook, au cœur de la Silicon Valley, une école interdit l’usage des ordinateurs ou des portables aux élèves jusqu’à la classe de seconde. « Nous amenons la technologie aux élèves seulement quand ils sont en mesure de la comprendre, explique une professeure. Je veux que mes élèves soient excités à l’idée d’apprendre. » Au-travers d’apprentissages concrets comme la permaculture, les enseignants espèrent développer chez les enfants des capacités d’innovation et d’adaptation à un monde en mutation accélérée. « L’éducation est la clé, c’est l’espoir de voir des êtres humains capables de penser librement ».

Un autre rapport à l’argent

Questionner notre rapport au temps conduit irrémédiablement, dans une société capitaliste, à interroger notre rapport à l’argent. Philippe Borrel s’attache notamment à rencontrer les porteurs de monnaies locales, de Romans-sur-Isère (Drôme) à Bristol (sud-ouest de l’Angleterre). Une manière de relocaliser l’économie qui essaime dans une grande diversité de territoires (nos articles). « On résiste beaucoup mieux aux chocs extérieurs lorsque l’on a une économie locale solide »confirme Lionel Astruc, auteur de (R)évolutions.

Sa caméra nous conduit à Tomkins Time Traders, la banque du temps d’Ithaca, dans l’État de New York. Ici, le temps n’est plus forcément synonyme d’argent. Des services peuvent être échangés gratuitement avec d’autres habitants du quartier, tous à égalité, que l’on soit avocat ou électricien. « Nous avons tous des savoirs-faire uniques et quelque chose à partager ou à donner aux autres », confie une membre du projet. L’enjeu est de créer un nouveau système qui revalorise le travail au cœur de l’économie. Dans cette banque, une heure d’une compétence particulière – en plomberie ou comme dentiste par exemple – équivaut à une heure de soins pour les personnes âgées ou une heure de garde pour les enfants. Un moyen de sortir du système capitalisme monétisé mettant en concurrence les uns avec les autres.


Des adeptes du mouvement de la simplicité volontaire aux villes en transition (nos articles), en passant par des expériences en permaculture telles que la Ferme du Bec Hellouin, le film de Philippe Borrel nous amène à prendre le temps de s’arrêter pour réfléchir. Il égrène d’autres façons de vivre ensemble pour façonner un autre monde. Plutôt que de suivre un rythme qui nous mène vers des catastrophes écologiques, économiques et sociales, le réalisateur nous propose de redonner du sens au temps et de reprendre le contrôle de nos vies. Une invitation à amorcer dès aujourd’hui une véritable transition écologique et sociale. Un film à voir de toute urgence.

Sophie Chapelle

Notes

[1] Philippe Borrel est le réalisateur de Les Insurgés de la Terre, d’Un monde sans fous ? et d’Un monde sans humains ?

"Nous n'avons pas encore compris à quel point la situation est terrifiante. Nous sommes inconscients..."

"Nous sommes beaucoup plus qu'on ne le croit à avoir envie de changer de paradigme."

"D'abord ils vous ignorent, puis ils se moquent de vous, ensuite ils vous combattent, et à la fin vous gagnez." Gandhi.

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réchauffement climatique...

24 Septembre 2014, 05:57am

Publié par pam

Hier exceptionnellement sur la 5, C dans l'air proposait une émission correcte sur l'impact du réchauffement climatique (si on oublie les commentaires des auditeurs quasi tous persuadés d'avoir raison d'être sceptiques...) mais avec des intervenants passionnants et passionnés.Tapez sur votre moteur de recherche : C dans l'air replat - 23-09-2014. Et ce soir : Climat état d'urgence.

réchauffement climatique...

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Tao de la physique. Fridtjof Capra.

14 Septembre 2014, 06:17am

Publié par pam

TAO DE LA PHYSIQUE. FRIDTJOF CAPRA.

Extrait de la postface :

Face aux multiples dangers qui menacent la planète, la race humaine ne survivra que si nous parvenons à transformer radicalement les méthodes et codes de valeur qui gouvernent encore notre démarche scientifique et nos technologies. J’appelle fortement le passage d’une mentalité dominatrice, axée sur le contrôle et l’asservissement de la nature, êtres humains compris, à une mentalité cherchant à développer la coopération, l’entraide, la non-violence.

En Occident, sciences et techniques ont confondu connaissance et contrôle : l’idée de base étant que, pour comprendre la nature, l’homme doit commencer par la dominer. Système patriarcal qui inculque au mâle un désir pathologique de contrôle et domination.

Jusqu’à la Renaissance, le but de la science était la recherche de la sagesse, une meilleure compréhension de l’ordre naturel, un mode de vie en harmonie avec cet ordre. Depuis Bacon, le but de la science est de fournir à l’homme des connaissances spécialisées lui permettant d’asservir la nature. De nos jours encore, science et technologie sont utilisées conjointement à des fins nuisibles, dangereuses et anti-écologiques.

Plus femmes et hommes prennent conscience de ces problèmes, comprennent que les prétendus progrès techniques se retournent bien souvent contre nous, plus les choses changent. Mais ce changement devra s’accompagner d’un changement des mentalités. La tête évolue, le cœur doit suivre. Ce n'est pas par le seul intellect que se fera le difficile, et sans doute tumultueux, passage d’une société obnubilée par le pouvoir, la domination, le contrôle, à une communauté travaillant à développer coopération et non-violence. La nouvelle mentalité sera écologiste, Et nous apprendrons sans surprise qu'elle est celle qu'enseignent les traditions spirituelles. Les sages de la Chine antique avaient une belle phrase pour exprimer cette attitude :

“Celui qui se conforme à l’ordre naturel flotte naturellement dans le courant du Tao.”

Tao de la physique. Fridtjof Capra.

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Soyons le changement !

6 Septembre 2014, 08:50am

Publié par pam

Soyons le changement !

Pour une insurrection des consciences

"Le vingtième siècle finissant a été dominé par l’alliance de la science et de la technique au service du "progrès". Certes, des prouesses considérables ont été réalisées dans divers domaines mais qu’en est-il du destin des humains et de celui de la planète qui les héberge ? Dans cette épopée matérialiste, la violence de l’homme contre l’humain a atteint des seuils désastreux et la nature a subi des déteriorations sans précédent.

Ces constats rendent plus que jamais nécessaire et urgente une alternative globale. Nous sommes de ceux qui pensent que le XXIème siècle ne pourra être sans tenir compte du caractère "sacré" de la réalité, et sans les comportements et les organisations qui témoignent de cette évidence ; car les bons vœux, les incantations, les analyses et les constats cumulés ne suffiront pas. La première utopie est à incarner en nous-même. Les outils et les réalisations matérielles ne seront jamais facteur de changement s’ils ne sont les œuvres de consciences libérées du champ primitif et limité du pouvoir, de la peur et de la violence.

La vraie révolution est celle qui nous amène à nous transformer nous-mêmes pour transformer le monde

La crise de ce temps n’est pas due aux insuffisances matérielles. La logique qui nous meut, nous gère et nous digère, est habile à faire diversion en accusant le manque de moyens. La crise est à débusquer en nous-même dans cette sorte de noyau intime qui détermine notre vision du monde, notre relation aux autres et à la nature, les choix que nous faisons et les valeurs que nous servons.

Incarner l’utopie, c’est avant tout témoigner qu’un être différent est à construire. Un être de conscience et de compassion, un être qui, avec son intelligence, son imagination et ses mains rende hommage à la viedont il est l’expression la plus élaborée, la plus subtile et la plus responsable."

Pierre Rabhi

Soyons le changement !

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prise de conscience des hommes...

5 Septembre 2014, 05:53am

Publié par pam

“Il est peut-être trop tard pour une prise de conscience des hommes. La Terre est trop gravement atteinte. Normalement, nous devrions déjà être tous détruits mais le Créateur nous donne encore du temps pour que certaines personnes puissent survivre. Celles qui auront eu la sagesse de se regrouper dans des communautés et de vivre directement des fruits de la terre. Tous les Anciens disent qu’il n’y a plus beaucoup de temps, une dizaine d’années peut-être. Sun Bear affirme que les trois quarts de l’humanité vont disparaître. Il y aura un bouleversement total, un renversement des pôles. Les plus menacés sont ceux qui vivent dans les villes.

Cette catastrophe est nécessaire pour purifier la Terre. Trop d’humains ont choisi d’accumuler des biens matériels. C’est tout juste s’il y en a cinq pour cent qui ont une conscience un peu éveillée. Mais il y en a bien moins encore qui sont vraiment détachés.

Le véritable abandon, c’est de ne pas rester attaché aux biens matériels parce qu’ils sont transitoires. Il faut savoir partager. Donner chaque fois qu’on reçoit.

La panique ne sert à rien. La seule chose à faire, c’est de travailler sur soi pour se mettre en accord avec ce que le Créateur attend de nous.

La Terre est malade de l’homme, l’homme est pour elle un cancer qui la tue à petit feu.”

“Chaque geste que nous faisons a une résonance spirituelle. Quand les gens qui viennent veulent m’aider à arracher les “mauvaises herbes”, je les invite à se demander ce qu’ils doivent arracher à l’intérieur d'eux-mêmes. Quand ils sèment, ce qu’ils voudraient semer à l’intérieur d’eux-mêmes.

Nous avons perdu, nous, cette capacité à remercier pour tout ce qui nous est donné. Nous ne savons qu’abuser des cadeaux reçus. Pour moi, faire le jardin à la manière indienne, c’est remercier sans cesse pour l’abondance et la beauté, c’est faire de cette terre un lieu d’harmonie en même temps qu’un lieu de production.

Faire un jardin, cela n’a l’air de rien mais je suis persuadée, comme la plupart des Anciens, que les temps sont en train de venir où il nous faudra être capables de cultiver nous-mêmes notre propre nourriture.

Nous plantons en spirale car pour nous elle est très importante. C’est la spirale d’énergie qui monte de la terre et qui descend du ciel. Et aussi la spirale du cœur. En nous, l’ADN est une spirale. Ma vision de ce jardin a donc été celle d’une spirale qui monte de la terre. Elle monte en beauté à partir du centre et tourne autour des légumes et des fruits pour arriver jusqu’à nous. Je fais d’autres jardins sans spirale car c’est long et compliqué, l’essentiel est de comprendre qu’il s’agit toujours d’un espace sacré. J’invite les gens à entrer par l’est pour amener l’énergie avec eux, à tourner dans le jardin dans le sens des aiguilles d’une montre.

Pour faire un jardin il faut savoir prendre son temps, il ne faut rien brusquer, rien bousculer, car tout ce qui vit à une âme, même le plus humble brin d’herbe.

Réaliser cela et le vivre dans la profondeur de mon être a été pour moi une extraordinaire révélation et une révolution dans ma vie.”

“Avant, les terres indiennes étaient communales. Chacun occupait juste ce qu’il pouvait travailler et le reste appartenait à tout le monde, formule idéale.”

Cartier in “Les gardiens de la terre”.

prise de conscience des hommes...

“Tout le monde savait que la Terre se réchauffait, tout le monde se doutait qu’elle préparait sa mue, qu’elle n’avait pas d’autre choix que de s’adapter pour survivre, comme n’importe quel organisme vivant, mais tout le monde s’en contrefoutait, tout le monde ne songeait qu’à jouir de ses privilèges, qu’à étendre ses possessions, qu’à s’étourdir en danses macabres sur des scènes de plus en plus branlantes. "

Pierre Bordage in “L’évangile du Serpent”.

prise de conscience des hommes...

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évolution...

23 Août 2014, 09:31am

Publié par pam

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Choix et évolution...

16 Juin 2014, 06:18am

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René Dubos :

“ Nous ne devenons jamais que l’une des nombreuses personnes que nous aurions été capables de devenir. Nous ne développons que certaines potentialités de notre nature, celles compatibles, certes, avec les conditions d’environnement auxquelles nous sommes exposés, mais celles aussi qui dépendent des choix que nous faisons dans le cours de nos propres vies.”

Choix et évolution...

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L'essentiel...

10 Juin 2014, 07:48am

Publié par pam

Pour commencer... un grand merci à vous toutes et tous qui me suivez ici, ça me réchauffe le coeur !

Vous êtes toujours plus nombreux malgré mes coups de gueule et mes dérives...

Mais revenons à l'essentiel :

L'essentiel...

“Je suis persuadée que la substance de toute chose est inscrite depuis la nuit des temps dans notre inconscient et que parfois, dans des moments privilégiés, s’ouvre une brèche.”

Gilbert Sinoué in “Des jours et des nuits”.

L'essentiel...

"Au fil des ans, la conscience plus aiguë du temps qui passe nous porte à préférer la qualité à la quantité, comme à fuir la dispersion pour n’accorder désormais de valeur qu’à l’essentiel. Nous prenons garde de ne plus nous noyer dans des douleurs qui n’ont que l’existence que nous voulons bien leur donner, et nous sommes capables d’apprécier les joies et les plaisirs qui nous sont offerts sans y mettre d’autre finalité que le bonheur de l’instant."

Catherine Bensaid.

L'essentiel...

"L’être humain ne réalise pas à quel point sa propre survie dépend de l’amour et du respect qu’il porte à la planète. Tout le monde le ressent plus ou moins, mais peu le réalise vraiment. La nature et les éléments ont ce pouvoir extraordinaire de procurer des expériences de ravissement, où l’on s’oublie, ou ce qui est superficiel en nous disparaît pour laisser place à notre vraie nature, la plus profonde.

Si nous voulons que s’installe l’harmonie entre l’homme et son environnement, et aussi simplement survivre sur cette terre, nous devons retrouver, par un important travail sur nous-mêmes cette réalité sacrée qui vit en chacun de nous.

Nous devons préserver à tout prix un système de vie interdépendant qui doit rester intact si chacun veut continuer à exister. Seule solution pour sortir de l’impasse."

Dr. Daniel Chevassut in “Rélexions d’un médecin bouddhiste”.

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Produire autrement et partager le travail pour en finir avec le chômage

13 Mai 2014, 07:18am

Publié par pam

trouvé sur le site "reporterre".

« Produire autrement et partager le travail pour en finir avec le chômage »

ENTRETIEN AVEC DOMINIQUE MÉDA

Le 1er mai était le jour de la fête du Travail, que Reporterre a célébré en se mettant en pause. On en a profité pour réfléchir sur ce que représente le travail aujourd’hui, lors d’une rencontre avec la philosophe et sociologue Dominique Méda, notamment auteure de Réinventer le travail.

Reporterre - La Fête du Travail a-t-elle encore un sens pour vous qui avez écrit en 1995 Le travail. Une valeur en voie de disparition ?

Dominique Méda - Dans cet ouvrage, je ne décrivais pas une situation objective. J’exprimais le souhait que le travail prenne moins de place dans nos vies et soit mieux réparti entre les membres de la société, pour que chacun assume ses rôles de travailleur, parent, citoyen, ami…

Continuer à faire du partage du travail une cause commune aux travailleurs de tous les pays – puisque je rappelle qu’il s’agit d’une Fête internationale des travailleurs ! – et conserver un jour férié pour formuler des propositions destinées à améliorer leur situation me paraît non seulement une excellente chose, mais aussi une absolue nécessité.

Les chiffres du chômage sont parus la semaine dernière : 3 349 300 demandeurs d’emploi. De quoi le marché du travail souffre-t-il aujourd’hui ?

On peut aussi évoquer trois autres chiffres : plus de six millions de personnes sont désormais, en France, inscrites à Pôle emploi dans l’une des cinq catégories ; plus de 42 % des demandeurs d’emploi en catégorie A, B et C sont inscrits à Pôle emploi depuis plus d’un an ; moins de 50 % des demandeurs d’emploi sont indemnisés.

Les causes du chômage tiennent à la conjugaison de trois éléments : un étouffement de l’activité par les politiques d’austérité et plus généralement par le détournement des financements vers l’économie spéculative, une compétition intra-européenne et internationale non régulée dont la principale variable d’ajustement est le travail, et une réduction du temps de travail non proportionnelle aux gains de productivité réalisés durant le dernier quart de siècle.

Les diagnostics qui mettent en avant les prétendues rigidités et le coût du travail français sont partiels car ils se focalisent sur un élément unique alors que l’on pourrait tout autant incriminer la faiblesse de la recherche française, les erreurs de management, les stratégies à courte vue, l’insuffisante qualité des produits français, etc.

Quelles solutions l’écologie apporte-t-elle pour sortir de ces impasses ?

D’abord, un message crucial : non, la croissance ne constitue pas la réponse au chômage. Cela fait trente ans qu’on entend cette idée que le retour de la croissance va nous sauver. Or, non seulement la croissance ne revient pas, non seulement elle risque de ne pas revenir, mais surtout, il n’est pas souhaitable qu’elle revienne aux rythmes antérieurs.

Car il est désormais clair qu’elle s’accompagne de maux, de dégâts, de dégradations inestimables sur le patrimoine naturel et sur la cohésion sociale. L’écologie est donc porteuse de cette prise de conscience qu’il nous faut inventer autre chose, c’est-à-dire un modèle de développement capable de répondre à la diversité des besoins sociaux tout en respectant des normes strictes, sur les plans social et environnemental.

Ma thèse est que nous pouvons sortir par le haut de la grave crise écologique à laquelle nous sommes confrontés en mettant la résolution de celle-ci au service de l’emploi et du travail.

Comment ?

Par un changement de la production. Produire autrement, enserrer la production dans des contraintes sociales et environnementales peut nous permettre à la fois de mieux partager l’emploi et de changer le travail. Jean Gadrey a montré dans ses travaux qu’une production plus propre, écologiquement et socialement, exige plus de travail. Cette plus grande quantité de travail, il nous faut la répartir autrement sur l’ensemble de la population active.

Cela passe-t-il également par une réduction légale du temps de travail ? Quid des fameuses « 32 heures » que les écologistes évoquent parfois ?

Les 32 heures ne sont pas la seule manière d’y arriver. L’enjeu me semble plutôt être de partager autrement le travail. Car cela passe, certes, pour les uns par une réduction, et pour d’autres – tous ceux qui sont à temps partiel subi notamment – par une augmentation du temps de travail. Il faut substituer au partage actuel du travail, sauvage, un partage civilisé.

Ce partage devrait surtout selon moi s’accompagner d’une désintensification du travail, avec de nouveaux rythmes. Et ce d’autant plus qu’il nous faut désormais rechercher, dans un grand nombre de secteurs, des gains de qualité et de durabilité plutôt que des gains de productivité.

Vous expliquez dans vos recherches que les problèmes de l’emploi sont aussi liés à la façon que l’on a de mesurer les richesses économiques aujourd’hui. Que pensez-vous de la proposition de loi portée par la députée écologiste Eva Sas sur de nouveaux indicateurs de richesse ?

Le plus grand bien ! L’association que je copréside avec Florence Jany-Catrice et Célina Whitaker, le Forum pour d’autres indicateurs de richesse (FAIR), va d’ailleurs exprimer officiellement son soutien.

Cela fait plus de dix ans que nous prônons la prise en compte, à côté du PIB, d’autres indicateurs capables de mettre en évidence les évolutions des patrimoines et des collectifs qui nous importent : patrimoine naturel, santé sociale. C’est exactement cela que propose Eva Sas puisqu’il s’agit d’adopter quatre indicateurs, l’empreinte écologique, l’empreinte carbone, l’espérance de vie en bonne santé et l’indice de santé sociale, et de consacrer à l’analyse de leur évolution un temps déterminé de débat parlementaire.

C’est non seulement un excellent projet mais aussi la première étape, indispensable, d’un changement de modèle.

Le revenu minimum ou revenu inconditionnel d’existence peut-il être un outil dans la redéfinition de la valeur travail ?

Je mesure les avantages attachés à un tel revenu, notamment dans ce qu’il permet aux individus de refuser les travaux ou les conditions de travail indécentes, ce qui est essentiel. Il est aussi la marque du caractère collectif de la production.

Enfin, quand on sait à quels tourments bureaucratiques sont soumis les demandeurs du RSA (Revenu de solidarité active), on a évidemment envie de plaider pour le caractère inconditionnel d’un tel revenu.

Pourtant, je n’arrive pas à être convaincue que c’est « LA » solution. D’abord je pense que notre société n’est pas prête à délier à ce point travail et revenu, et surtout à abandonner à ce point le mythe de l’incitation individuelle au travail. Je crains aussi que cette solution ne soit l’occasion de se donner bonne conscience : on donnerait un tout petit revenu à un ensemble de personnes exclues du système productif, devenu de plus en plus sélectif, et tout serait réglé.

Je préfère de loin une solution qui me paraît plus exigeante et qui conjuguerait le partage du travail, un revenu maximum empêchant un petit groupe d’accaparer et de privatiser des ressources collectives, et une protection sociale généreuse, qui serait largement déconnectée du travail et détachée du mythe de la productivité individuelle du travail.

De manière générale, tout ce que vous défendez constituerait une véritable révolution pour nos sociétés. Pensez-vous qu’elles soient prêtes ?

Nos sociétés sont tellement tétanisées et désorientées qu’elles sont certainement prêtes à des changements. Pas nécessairement ceux que je propose, mais je crois que nos concitoyens sont désormais en attente de solutions radicales, tant on leur a raconté d’histoires.

La gauche s’est particulièrement décrédibilisée en mettant très peu en œuvre les propositions qu’elle soutenait lorsqu’elle était dans l’opposition, et ce depuis le début des années 1980. Un discours « écologiste-de-gauche » est de ce fait difficilement audible : comment parler de décroissance ou de sobriété heureuse à ceux qui gagnent moins de mille euros par mois ?

Les écologistes sont considérés comme des bobos et des gens dont les préoccupations sont beaucoup trop de long terme. Pour concilier justice sociale et efficacité écologique, la voie est étroite et nouvelle : il faut en effet tout changer, engager une bifurcation radicale.

Cela nécessite de remettre en cause les situations établies, les intérêts des lobbies, sans savoir très bien ce qu’il y aura au bout du chemin et sans avoir réellement trouvé le bon argumentaire. Il faut réussir à montrer quels peuvent être les enchaînements vertueux, qui va y gagner, comment on va procéder, etc.

Et puis, il y a évidemment la question centrale de savoir qui va commencer et avec qui nous allons nous engager dans cette voie. Une telle révolution dans un seul pays est inenvisageable. Cela ne peut se faire qu’au niveau européen, et il faut donc parvenir à constituer des coalitions, des alliances susceptibles de promouvoir cette nouvelle configuration.

Pendant ce temps, on relance le débat sur le travail dominical…

J’ai été choquée de lire que l’un de nos ministres [Laurent Fabius, ndlr] avait expliqué qu’il fallait absolument se saisir de la « manne » représentée par le tourisme et par conséquent autoriser largement le travail du dimanche.

On nous dit que les salariés sont pour... Mais dans une société malade du chômage, il faudrait être un fou ou un saint pour ne pas prendre ce qui se présente ! Est-ce une raison pour faire l’apologie pêle-mêle du travail du dimanche, des emplois payés sous le Smic, de la suppression de toutes les prétendues entraves à la liberté du travail ?

« Le travail libre », c’est ce qui était en vigueur dans la première moitié du 19ème siècle… Il faut des moments collectifs, quels qu’ils soient, réservés à autre chose qu’au travail, à la production, à la consommation.

Propos recueillis par Barnabé Binctin

A lire : Réinventer le travail, Dominique Méda, Patricia Vendramin, PUF.

Source : Barnabé Binctin pour Reporterre

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Lire aussi : La croissance, c’est dépassé

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 Produire autrement et partager le travail pour en finir avec le chômage
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