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jardinage

Permaculture : le paillage pour régénérer le sol de nos jardins

5 Mars 2016, 10:10am

Publié par pam

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Kaisen magazine en partenariat avec Mon Jardin En Permaculture

Le paillage présente de multiples avantages :

  • limiter les herbes indésirables,
  • réduire les besoins d’arrosage (l’évaporation est divisée par 4),
  • protéger le sol (du tassement, de l’érosion) et la faune du sol,
  • nourrir les organismes qui travaillent le sol et le rendent vivant et fertile.

Suivant les saisons, la nature offre de multiples ressources…

Les feuilles mortes, très nutritives, composent un des meilleurs paillis. Épaisses et vernissées (hêtre, érable plane et sycomore, châtaignier, chêne d’Amérique, platane, laurier-palme, laurier-sauce, houx, lierre), elles formeront un paillis de longue durée, idéal pour les plantes pérennes du jardin comme les arbustes, les haies, les arbres et les arbres fruitiers. Il est préférable de broyer ces feuilles qui se décomposent lentement – de 10 à 24 mois selon l’épaisseur (jusqu’à 15 cm). Les feuilles tendres (aulne, bouleau, charme, érable champêtre et japonais, frêne, noisetier, noyer, orme, peuplier, poirier, pommier, prunier, robinier, saule, sureau, tilleul) constitueront un paillis idéal pour le potager, les arbres à petits fruits, les arbustes et les haies, les fleurs vivaces et annuelles, les rosiers. Ces feuilles se décomposent rapidement – de 6 à 10 mois en fonction de l’épaisseur (jusqu’à 15 cm).

Les tontes de pelouse, riches en azote et de décomposition rapide, peuvent, quant à elles, servir de paillage pour des cultures courtes de laitues, de pommes de terre, de navets, ou, par exemple, de haricots. Lors d’un paillage après la tonte, il faudra étaler le paillis en une couche mince de 2 centimètres maximum, en évitant les petits tas et les couches trop épaisses à la base des plantes. Un paillage après séchage (1 ou 2 jours au soleil) permettra de pailler jusqu’à 10 centimètres, prolongeant ainsi la durée du paillis à 6 mois maximum.

La consoude et l’ortie, riches en potasse, azote et autres éléments nutritifs, font également d’excellents paillis. Il faudra les couper avant que les graines ne soient formées.

Les fougères, les bambous, les « mauvaises herbes » comme le chénopode, l’amarante, le trèfle, le pissenlit peuvent aussi faire office de paillis, au même titre que les fanes de légumes, les fleurs coupées et la paille.

Jardin en Permaculture de Joseph Chauffrey

Le paillage est une des pratiques nécessaires pour garantir un sol vivant, riche en humus, où l’eau et les nutriments sont restitués au fur et à mesure des besoins des plantes. Alors, pour éviter les pesticides et les engrais chimiques, pour produire des fruits et des légumes sains, nutritifs et savoureux, peut-être suffirait-il de collaborer avec la nature…

Par Olivier Gruié, fondateur de Mon Jardin En Permaculture

Permaculture : le paillage pour régénérer le sol de nos jardins

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bonjour !

4 Octobre 2015, 15:03pm

Publié par pam

Bonjour à tous qui me faites l'honneur de visiter si nombreux mon blog... que j'ai un peu honte d'avoir délaissé ces derniers temps. Trop de temps passé sur facebook quand j'ouvre l'ordi... et surtout beaucoup de temps passé dans le jardin qui après la grande sécheresse de cet été a retrouvé ses couleurs mais avait besoin d'un sérieux nettoyage !

Quelle merveille de voir après chaque catastrophe (chenilles processionnaires, orages de grêle, tempête et autres...) la nature reprendre sa place, les végétaux reverdir, refleurir alors qu'on les croyaient morts.

Et puis les grosses chaleurs ont entrainé une recrudescence des appels pour des soins... les organismes humains eux aussi ont souffert, il faut s'adapter aux changement climatiques qui iront crescendo, adapter nos habitats, nos habitudes de vie, et pour certains s'est difficile semble t'il... Les climat-sceptiques ont fait des dégâts, espérons qu'eux aussi réfléchiront...

Et relativisons, d'autres que nous subissent bien plus, bien pire, et ont besoin de notre compassion.

Je rêverai aussi que les patients de la médecine occidentale soient un peu plus sceptiques quant à eux... trop d'appels pour que je les suive lors de leurs chimios et radiothérapies alors qu'ils me disent j'ai un kyste non cancéreux mais dans le doute.... ou bien le spécialiste m'a donné les statistiques, il vaut mieux faire le traitement pour éviter que ça devienne cancéreux... je ne suis pas habilitée à donner des conseils médicaux, mais j'aimerai tant qu'au lieu de subir, les patients se renseignent, demandent un autre avis médical ; nous sommes tous responsables de notre santé et seuls juges des traitements que nous souhaitons, encore faut-il avoir toutes les cartes en main pour que le choix en soit un, réellement, et je sais combien il est difficile de tenir tête à des gens sensés être détenteurs du savoir... ça n'empêche pas de se renseigner, de comparer, de rechercher les alternatives, même quand on est envahi par la peur du diagnostic voire par le soulagement qui incite à tout accepter pour sortir des statistiques.

À tous, soignants et soignés, guéris ou malades, jardiniers ou bricoleurs, et aux autres, je souhaite un bel automne.

bonjour !

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AIL !

24 Septembre 2015, 09:15am

Publié par pam

sur le site de la ferme de Sainte Marthe :

Xavier Mathias et Les Cahiers du Potager Bio nous raconte

Nourrir et guérir : Plantez de l'ail !

Un caricaturiste du début du siècle nous montre un brave homme visitant un malheureux invalide amputé des deux jambes :
« -Mon cher, je vais vous dire quelque chose dont vous ne vous doutez pas : je viens de manger de l'ail !
- Et moi, répond l'homme tronc, je vais vous faire à mon tour un aveu : je suis cul de jatte ! » Eh oui, il semble qu'il faille s'y résigner, et qu'il soit recommandé aux nombreux amateurs de cette alliacée d'en faire un de ces plaisirs solitaires et honteux, sous peine de fortement incommoder leur entourage. Même le bon géant, héros de Rabelais, en est victime et se retrouve avec « une puante haleine qui estoit venue de l'estomac de Pantagruel, alors qu'il mangea tant d'aillade ! »
Mais, tout n'est pas si simple. Un rapide survol sur l'histoire de ce condiment nous enseigne à quel point, malgré l'aspect rédhibitoire de ses contraintes olfactives,Allium sativum L., l'ail sut charmer et guérir, traverser les siècles en faisant fi de sa lourde réputation.

Grecs et romains n'étaient bien sûr pas en reste. Les premiers en étaient de solides partisans. L'ail avait la réputation de procurer une grande force à ses consommateurs. Aristophane le conseille pour entretenir la vigueur et « pour avoir plus de force dans les combats ». La république romaine des premiers siècles en était également très amatrice. Avant que, le temps aidant, ce mets odorant ne soit réservé à une plèbe plutôt rurale. Le poète Horace encourage Mécène à prendre garde de ne pas en consommer sous peine de voir sa compagne se réfugier à l'autre bout de sa couche ! Et pourtant, l'ail était une nourriture tellement fréquente dans l'ordinaire du soldat romain que l'on disait volontiers « N'allez pas manger l'ail » pour signifier aux éventuels candidats « Ne vous engagez pas ».

« Tout a dévoré l'ail, cette plante magique »
Extrait de l'Ode à l'ail du poète méridional Joseph Méry, ce vers résume assez bien la situation de l'ail en France : on lui prête des vertus magiques. Il semble cependant que ce soit plus dans le sud et le midi de la France que l'on apprécie son parfum et que l'on s'accommode de ses « effets secondaires ». Même sil'aillée était une sauce communément vendue dans les rues de Paris.
Et à quoi pensez-vous que l'on reconnaisse un vrai béarnais ? Le test fut mis au point au 16ème siècle par Henri d'Albret, grand-père du futur Henri IV. On raconte qu'à la naissance du garçonnet, il se fit porter une gousse d'ail et quelques gouttes de vin du Jurançon. Deux produits de terroir, pour user d'une expression contemporaine, que le nouveau-né, futur souverain, sembla grandement apprécier. « Va, va tu seras un vrai béarnais ! » en conclut son grand-père ravi. Authentique ou inventée, cette anecdote nous présente un roi populaire appréciant un mets populaire.

« Les rustiques, et gens de travail pourront manger quelques gousses d'aulx ou eschalotte avec du pain du beurre et du bon vin, s'ils en peuvent fournir, afin de charmer la brouée (peste), puis s'en iront à leurs œuvres en laquelle Dieu les aura appelé ». Ambroise Paré. Ceci n'est pas un moindre avantage. On comprend que l'ail reconnu depuis l'antiquité, entre autres pour ses vertus parasiticides (voir bas de page), mais également pour les traitements des affections des voies respiratoires, la variole etc. n'ait eu aucun mal à traverser les grandes périodes de l'histoire.
Et effectivement, des études scientifiques plus récentes nous confirment cette hypothèse. Ne se contentant pas de ses pourtant impressionnants 20% de protéines, ce qui n'est déjà pas rien, l'ail est également riche en dérivés sulfoxydes de la cystéine, un acide aminé souffré. Ceci expliquant ses nombreux pouvoirs thérapeutiques. Attention je prends mon souffle car la liste est longue... Ces sulfoxydes ont des pouvoirs antibiotiques, antiseptiques, bactéricides (découvertes par Pasteur) insecticides et nématicides. Ils sont également hypotenseurs, anti-agréggants plaquettaires et anti-cancéreux.
Il est intéressant de signaler que les gens du sud-ouest de la France, avec un régime paradoxalement plus riches en graisses animales qu'au nord, mais gros consommateurs d'ail, souffrent moins d'infarctus qu'ailleurs. Notons par ailleurs que l'ail entre pour bonne part dans le régime crétois. Nous retrouvons encore cette idée qui m'est chère d'alicament, quand bien se nourrir est un premier geste de soin, de façon préventive tout au moins.

Les variétés
Paradoxalement pour une plante aussi cultivée, et depuis tellement longtemps, il n'en n'existe finalement que peu de variétés. L'ail était multiplié de façon végétative, un caïeu planté en donnant plusieurs et garantissant la semence pour la saison à venir. Depuis les années 60 en France, la semence certifiée est le plus souvent produite à partir de cultures de méristèmes. Ces clones certifiés garantissant l'absence de maladie déclarée.
On distingue deux catégories principales d'ail : le blanc et le rose. Ce dernier comprenant le violet. Deux variétés en ressortent. Celles dites d'automne à très fort rendement mais à conservation moindre, et celle dites alternatives, moins prolifiques, mais se gardant plus longtemps. Celles-ci sont plantées généralement fin février, exceptées dans les régions à hiver doux, où l'automne leur convient.



Une fois le terrain près, on enfonce les caïeux du tour (ceux du centre sont moins productifs), la pointe vers le haut à 2cm de profondeur en les espaçant d'au moins 10cm sur le rang, en espaçant ces rangs de 30cm. Personnellement, pour des facilités de binage je les « mets » à 15. Les fameux caïeux du centre, qui ne forment souvent qu'une seule tête peuvent être plantés à part et récoltés plus tôt en ail vert.
Les plantations d'automne, exceptées pour les régions dîtes à hiver doux, donnent de bien meilleurs résultats qu'au printemps, ceci se vérifiant d'autant plus ces dernières années avec les étranges débuts de saison que nous connaissons... Il n'y a pas de date précise pour planter l'ail, cependant, quand les fermes n'étaient pas encore ces grandes unités monoculturales que nous connaissons maintenant, mais des exploitations extrêmement diversifiées, on plantait l'ail après les vendanges en ayant à l'esprit ce dicton : « La toussaint doit voir l'ail lever ».

En cas de forte sécheresse on peut arroser raisonnablement au mois de mai et juin en prenant bien garde de ne pas mouiller le feuillage.
Un mois avant la récolte, qui a lieu en général au mois de juillet, il est conseillé de bien gratter autour des pieds en formation pour les déterrer légèrement. Ceci facilite d'une part leur grossissement, et évite d'autre part d'éventuels échauffements.
Marquant la fin de son cycle, la tige de l'ail jaunit et se couche, signalant ainsi qu'elle concentre toutes ses réserves dans le bulbe en cours de formation. Pour augmenter la récolte, on noue généralement les feuilles un mois avant, ou plus rapidement, on les couche au sol avec le dos du râteau.
On récolte l'ail par temps sec, en le laissant sécher quelques jours sur le sol avant de le rentrer dans un endroit frais et surtout bien sec à l'abri de la lumière. Il est recommandé de lui laisser ses fanes et de ne l'éplucher qu'au fur et à mesure des besoins pour faciliter sa conservation. Les plus patients peuvent le tresser comme on tresse des cheveux, ou réaliser une tresse simplifiée. Les plus pressés se contenteront de le ranger dans des cagettes pas trop hautes, ce qui est moins esthétique mais tout aussi efficace.

Du côté de nos traditionnels champignons, grands pourfendeurs de cultures dès que celles-ci ne sont pas dans des conditions optimales de croissance (ce qui arrive plutôt fréquemment malgré tous les bons soins que l'on croit apporter) deux se distinguent :
-La rouille, avec ses tâches orangées caractéristiques sur le feuillage, que l'on traite en général au cuivre : bouillie bordelaise, sulfate de cuivre ou mieux, oxychlorure de cuivre.
- La graisse, qui fait pourrir les bulbes en terre. Elle est provoquée par des excès d'humidité ou des amendements trop frais. Contre celle-ci il n'y a pas grand chose d'autre à faire que d'arracher et brûler les sujets atteints en veillant bien à respecter scrupuleusement les rotations les années suivantes.
Cependant, dans des conditions correctes de culture, l'ail reste une plante en général peu sensible aux maladies et ravageurs.

Relativement facile à cultiver, peu exigeant sur la qualité des sols, l'ail est le condiment indispensable au potager, de ces plaisirs simples dont on ne saurait se passer. Quand au moment - toujours un peu rédhibitoire - de le biner, notre dos ou nos articulations nous rappellent à l'ordre, une simple pensée pour son parfum fort et subtil, la note méridionale qu'il ne manque pas d'apporter à chacun des plats où il est convié, suffit à se redonner du cœur à l'ouvrage. En savourant à l'avance tant ses vertus culinaires que ses bienfaits sur notre santé.

Xavier Mathias et Les Cahiers du Potager Bio nous raconte

Nourrir et guérir : Plantez de l'ail !

Un caricaturiste du début du siècle nous montre un brave homme visitant un malheureux invalide amputé des deux jambes :
« -Mon cher, je vais vous dire quelque chose dont vous ne vous doutez pas : je viens de manger de l'ail !
- Et moi, répond l'homme tronc, je vais vous faire à mon tour un aveu : je suis cul de jatte ! » Eh oui, il semble qu'il faille s'y résigner, et qu'il soit recommandé aux nombreux amateurs de cette alliacée d'en faire un de ces plaisirs solitaires et honteux, sous peine de fortement incommoder leur entourage. Même le bon géant, héros de Rabelais, en est victime et se retrouve avec « une puante haleine qui estoit venue de l'estomac de Pantagruel, alors qu'il mangea tant d'aillade ! »
Mais, tout n'est pas si simple. Un rapide survol sur l'histoire de ce condiment nous enseigne à quel point, malgré l'aspect rédhibitoire de ses contraintes olfactives,Allium sativum L., l'ail sut charmer et guérir, traverser les siècles en faisant fi de sa lourde réputation.

Grecs et romains n'étaient bien sûr pas en reste. Les premiers en étaient de solides partisans. L'ail avait la réputation de procurer une grande force à ses consommateurs. Aristophane le conseille pour entretenir la vigueur et « pour avoir plus de force dans les combats ». La république romaine des premiers siècles en était également très amatrice. Avant que, le temps aidant, ce mets odorant ne soit réservé à une plèbe plutôt rurale. Le poète Horace encourage Mécène à prendre garde de ne pas en consommer sous peine de voir sa compagne se réfugier à l'autre bout de sa couche ! Et pourtant, l'ail était une nourriture tellement fréquente dans l'ordinaire du soldat romain que l'on disait volontiers « N'allez pas manger l'ail » pour signifier aux éventuels candidats « Ne vous engagez pas ».

« Tout a dévoré l'ail, cette plante magique »
Extrait de l'Ode à l'ail du poète méridional Joseph Méry, ce vers résume assez bien la situation de l'ail en France : on lui prête des vertus magiques. Il semble cependant que ce soit plus dans le sud et le midi de la France que l'on apprécie son parfum et que l'on s'accommode de ses « effets secondaires ». Même sil'aillée était une sauce communément vendue dans les rues de Paris.
Et à quoi pensez-vous que l'on reconnaisse un vrai béarnais ? Le test fut mis au point au 16ème siècle par Henri d'Albret, grand-père du futur Henri IV. On raconte qu'à la naissance du garçonnet, il se fit porter une gousse d'ail et quelques gouttes de vin du Jurançon. Deux produits de terroir, pour user d'une expression contemporaine, que le nouveau-né, futur souverain, sembla grandement apprécier. « Va, va tu seras un vrai béarnais ! » en conclut son grand-père ravi. Authentique ou inventée, cette anecdote nous présente un roi populaire appréciant un mets populaire.

« Les rustiques, et gens de travail pourront manger quelques gousses d'aulx ou eschalotte avec du pain du beurre et du bon vin, s'ils en peuvent fournir, afin de charmer la brouée (peste), puis s'en iront à leurs œuvres en laquelle Dieu les aura appelé ». Ambroise Paré. Ceci n'est pas un moindre avantage. On comprend que l'ail reconnu depuis l'antiquité, entre autres pour ses vertus parasiticides (voir bas de page), mais également pour les traitements des affections des voies respiratoires, la variole etc. n'ait eu aucun mal à traverser les grandes périodes de l'histoire.
Et effectivement, des études scientifiques plus récentes nous confirment cette hypothèse. Ne se contentant pas de ses pourtant impressionnants 20% de protéines, ce qui n'est déjà pas rien, l'ail est également riche en dérivés sulfoxydes de la cystéine, un acide aminé souffré. Ceci expliquant ses nombreux pouvoirs thérapeutiques. Attention je prends mon souffle car la liste est longue... Ces sulfoxydes ont des pouvoirs antibiotiques, antiseptiques, bactéricides (découvertes par Pasteur) insecticides et nématicides. Ils sont également hypotenseurs, anti-agréggants plaquettaires et anti-cancéreux.
Il est intéressant de signaler que les gens du sud-ouest de la France, avec un régime paradoxalement plus riches en graisses animales qu'au nord, mais gros consommateurs d'ail, souffrent moins d'infarctus qu'ailleurs. Notons par ailleurs que l'ail entre pour bonne part dans le régime crétois. Nous retrouvons encore cette idée qui m'est chère d'alicament, quand bien se nourrir est un premier geste de soin, de façon préventive tout au moins.

Les variétés
Paradoxalement pour une plante aussi cultivée, et depuis tellement longtemps, il n'en n'existe finalement que peu de variétés. L'ail était multiplié de façon végétative, un caïeu planté en donnant plusieurs et garantissant la semence pour la saison à venir. Depuis les années 60 en France, la semence certifiée est le plus souvent produite à partir de cultures de méristèmes. Ces clones certifiés garantissant l'absence de maladie déclarée.
On distingue deux catégories principales d'ail : le blanc et le rose. Ce dernier comprenant le violet. Deux variétés en ressortent. Celles dites d'automne à très fort rendement mais à conservation moindre, et celle dites alternatives, moins prolifiques, mais se gardant plus longtemps. Celles-ci sont plantées généralement fin février, exceptées dans les régions à hiver doux, où l'automne leur convient.



Une fois le terrain près, on enfonce les caïeux du tour (ceux du centre sont moins productifs), la pointe vers le haut à 2cm de profondeur en les espaçant d'au moins 10cm sur le rang, en espaçant ces rangs de 30cm. Personnellement, pour des facilités de binage je les « mets » à 15. Les fameux caïeux du centre, qui ne forment souvent qu'une seule tête peuvent être plantés à part et récoltés plus tôt en ail vert.
Les plantations d'automne, exceptées pour les régions dîtes à hiver doux, donnent de bien meilleurs résultats qu'au printemps, ceci se vérifiant d'autant plus ces dernières années avec les étranges débuts de saison que nous connaissons... Il n'y a pas de date précise pour planter l'ail, cependant, quand les fermes n'étaient pas encore ces grandes unités monoculturales que nous connaissons maintenant, mais des exploitations extrêmement diversifiées, on plantait l'ail après les vendanges en ayant à l'esprit ce dicton : « La toussaint doit voir l'ail lever ».

En cas de forte sécheresse on peut arroser raisonnablement au mois de mai et juin en prenant bien garde de ne pas mouiller le feuillage.
Un mois avant la récolte, qui a lieu en général au mois de juillet, il est conseillé de bien gratter autour des pieds en formation pour les déterrer légèrement. Ceci facilite d'une part leur grossissement, et évite d'autre part d'éventuels échauffements.
Marquant la fin de son cycle, la tige de l'ail jaunit et se couche, signalant ainsi qu'elle concentre toutes ses réserves dans le bulbe en cours de formation. Pour augmenter la récolte, on noue généralement les feuilles un mois avant, ou plus rapidement, on les couche au sol avec le dos du râteau.
On récolte l'ail par temps sec, en le laissant sécher quelques jours sur le sol avant de le rentrer dans un endroit frais et surtout bien sec à l'abri de la lumière. Il est recommandé de lui laisser ses fanes et de ne l'éplucher qu'au fur et à mesure des besoins pour faciliter sa conservation. Les plus patients peuvent le tresser comme on tresse des cheveux, ou réaliser une tresse simplifiée. Les plus pressés se contenteront de le ranger dans des cagettes pas trop hautes, ce qui est moins esthétique mais tout aussi efficace.

Du côté de nos traditionnels champignons, grands pourfendeurs de cultures dès que celles-ci ne sont pas dans des conditions optimales de croissance (ce qui arrive plutôt fréquemment malgré tous les bons soins que l'on croit apporter) deux se distinguent :
-La rouille, avec ses tâches orangées caractéristiques sur le feuillage, que l'on traite en général au cuivre : bouillie bordelaise, sulfate de cuivre ou mieux, oxychlorure de cuivre.
- La graisse, qui fait pourrir les bulbes en terre. Elle est provoquée par des excès d'humidité ou des amendements trop frais. Contre celle-ci il n'y a pas grand chose d'autre à faire que d'arracher et brûler les sujets atteints en veillant bien à respecter scrupuleusement les rotations les années suivantes.
Cependant, dans des conditions correctes de culture, l'ail reste une plante en général peu sensible aux maladies et ravageurs.

Relativement facile à cultiver, peu exigeant sur la qualité des sols, l'ail est le condiment indispensable au potager, de ces plaisirs simples dont on ne saurait se passer. Quand au moment - toujours un peu rédhibitoire - de le biner, notre dos ou nos articulations nous rappellent à l'ordre, une simple pensée pour son parfum fort et subtil, la note méridionale qu'il ne manque pas d'apporter à chacun des plats où il est convié, suffit à se redonner du cœur à l'ouvrage. En savourant à l'avance tant ses vertus culinaires que ses bienfaits sur notre santé.

AIL !

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Sous les pavés la terre...

16 Juillet 2015, 06:55am

Publié par pam

jardinage, agriculture et saloperies industrielles, chimiques et commerciales....

expliqués clairement par de belles personnes...

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soigner le jardin...

30 Mai 2015, 07:30am

Publié par pam

PURIN D’ORTIE et compagnie. Résumé.

Les plantes au secours des plantes.

Nature et Progrès.

ABSINTHE. Artémisia absinthium.

Propriétés : insectifuge, fongicide (rouille du groseillier)

Parties utilisées : tige et feuilles, frais ou sec.

Récolte au début de la floraison, fleurs bien jaunes, juin juillet.

Extrait fermenté : 1 kg de plantes fraîches dans 10 l d’eau. Pulvérisé pur sur le sol, repousse les limaces. Dilué à 10% contre le ver de la pomme.

ACHILLÉE. Achillea millefolium.

Propriétés : facilite le compostage, renforce les préparations fongicides.

Extrait à froid : 20 g de fleurs sèches pour 1 l d’eau, mises à macérer 24 heures. Verser dans 10 l de préparation fongicide (prêle ou tanaisie par ex).

AIL CULTIVÉ. Allium sativum.

On plante les gousses d’ail blanc à la Toussaint, d’ail rose ou violet de mi-février à fin mars.

Propriétés : insecticide et fongicide.

Décoction : plonger 100 g de gousses hachées dans 1 l d’eau, porter à ébullition puis infuser 1 heure. Employer pur, en arrosage direct, pour éviter la fonte des semis, contre la cloque du pêcher et la pourriture grise du fraisier.

Macération huileuse : broyer 100 g d’ail, mettre à macérer 12 heures dans 2 cuillerées à soupe d’huile de lin, filtrer en ajoutant 1 l d’eau de pluie, attendre une semaine. Pulvériser dilué à 5%. Contre puceron et acarien, et en répulsif gibier (chevreuil).

BARDANE. Arctium lappa.

On la récolte sauvage dans les bords de chemin et les friches. On peut répandre les feuilles sèches directement en paillage contre le mildiou de la pomme de terre.

Propriétés : stimule la vie du sol et la végétation. Fongicide.

Parties utilisées : plante entière racines comprises avant la floraison.

Plante fraîche en extrait fermenté (1 kg pour 10 l). Odeur forte. Pulvériser dilué à 5% sur les feuilles de pommes de terre contre le mildiou.

CAPUCINE. Tropaeolum majus.

Semer en avril-mai en place. On l’associe avec arbres fruitiers, tomate, radis, pomme de terre et courge. Feuilles, boutons floraux, fleurs et jeunes fruits sont comestibles en salades et câpres.

Propriétés : fongicide contre les chancres des arbres fruitiers. Insectifuge sur la mouche blanche.

Utilisation : feuilles fraîches en infusion 1 kg dans 5 litres d’eau. Utiliser non dilué sur les arbres et dilué à 30% sur les tomates (prévention du mildiou).

CONSOUDES. Symphytum officinalis et sympphytum x uplandicum.

En compost ou en paillage, bon alliée du jardinier.

Propriétés : stimulent la flore microbienne du sol et la végétation en général. Favorise la pousse des semis. Feuilles fraîches bon accélérateur de compost. Utilisé chez le végétal et chez l’animal pour soulager coups et blessures diverses.

Emploi : feuilles fraîches en extrait fermenté (1 kg pour 10 litres d’eau) distribution à l’arrosoir au sol dilué à 20%, en pulvérisation foliaire dilué à 5% sur les semis et en engrais foliaire.

En jus concentré : la plante est mise à fermenter seule sans eau dans un récipient opaque. On presse au bout de deux jours pour obtenir un jus concentré foncé. Ce jus passé pur permet de désinfecter les plaies de taille, on peut le pulvériser dilué à 5% après la taille des arbres fruitiers.

FOUGÈRE. Pteridium aquilinum.

La fougère aigle se récolte en forêt. Disposée fraîche sur les plants elle éloigne la piéride du chou. Les déchets de fermentation attirent les limaces et les intoxiquent.

Propriétés : insecticide et répulsive.

Emploi : extrait fermenté 1 kg pour 1 litre d’eau, seul ou associé à ortie et prêle.

LAVANDE. Lavandula officinalis.

Propriétés : insectifuge, insecticide.

Emploi : infusion : 100 g de plante fraîche pour 1 litre d’eau, utiliser pur.

Extrait fermenté : 1 kg de plante fraîche pour 10 litres d’eau puis diluer à 10%.

Plante sèche : réduire à 20 gr pour l’infusion et 200 gr pour l’extrait fermenté.

LIERRE. Hedera helix.

Les apiculteurs du XVIII° se frottaient les mains de lierre pour éviter les piqûres.

Propriétés : insectifuge et insecticide contre aleurodes, acariens et pucerons.

Extrait fermenté : 1 kg de feuilles hachées dans 10 l d’eau. Surveiller la fermentation, les feuilles contiennent des saponines d’où une mousse blanche différente des bulles de la fermentation. Diluer à 5%. Attention, ne pas porter à la bouche (enfant).

MÉLISSE. Melissa officinalis.

Attention, l’infusion de mélisse freine la germination des légumes !

Propriétés : insectifuge (pucerons, moustiques, aleurodes, fourmis).

Emploi : infusion : 50 gr de plantes fraîches pour 1 litre d’eau. Laisser refroidir et pulvériser non dilué.

MENTHE POIVRÉE. Mentha piperita.

On la reconnaît à sa tige rouge. Ne pas pulvériser sur les semis de légumes, elle freine la germination.

Propriétés : insectifuge et insecticide sur pucerons vert, noir, cendré.

Emploi : infusion : 100 gr de plantes fraîche pour 1 litre d’eau, laisser refroidir et pulvériser non dilué.

Extrait fermenté : fermentation très rapide, diluer à 10%.

ORTIE. Urtica dioica.

Ne pas confondre avec l’ortie blanche non urticante.

Propriétés : fortifie et stimule la flore microbienne du sol et la végétation. Bon activateur de compost, favorise la décomposition des matières organiques.

Emploi : récolte de la plante entière avant floraison.

Infusion : 1 kg dans 10 litre d’eau pendant 12 heures, dilué à 10%. Insectifuge (puceron, acarien, carpocapse) parfois insecticide contre certains pucerons.

Extrait fermenté : 1 kg dans 10 l pendant quelques jours. Favorise la germination des semences, renforce les défenses immunitaires des plantes : trempage pendant maxi 30 minutes dans de l’extrait pur. Dilué à 20% permet de renforcer les effets du pralinage pour la plantation d’arbres et arbustes à racines nues et pour les légumes (poireau, chou, salade, tomate...).

PISSENLIT. Taraxacum officinalis.

On utilise la plante entière. On peut la faire sécher, il faut alors couper la racine en fins tronçons.

Extrait fermenté : 1 kg pour 10 l d’eau. Diluer à 20%. C’est un bon stimulant du sol et de la végétation.

PRÈLE. Equisetum arvense.

Propriétés: insectifuge, dynamiseur de croissance. Fongicide en préventif.

EMploi : décoction : faire bouillir 500 gr de prêle sèche dans 5 l d’eau pendant 1 heure, puis laisser infuser une nuit. Utiliser dilué à 20%. Extrait fermenté : 200 gr de prêle sèche dans 10 l d’eau. Diluer à 5% pour pulvériser. On peut laisser infuser la prêle pendant une journée avant de la faire fermenter pour exprimer le maximum de silice.

RHUBARBE. Rheum rhaponticum.

Les feuilles utilisées pour les macérations en jardinage sont toxiques voire mortelles.

Propriétés : insectifuge contre pucerons, chenilles et larves de différents insectes. Répulsive.

Protège contre les herbivores.

Emploi : macération à froid (500 gr de feuilles pour 3 l d’eau 24 heures), pulvériser non dilué à trois reprises sur trois jours.

Pour repousser limaces et insectes rongeurs, répandre des feuilles séchées passées au broyeur sur le sol ou arroser le sol d’une macération de feuilles.

RUE. Ruta graveolens.

Plante abortive. On l’utiliser fraîche ou sèche. Son odeur éloigne les chats et les insectes. En pot elle protège des mouches et des taons. En fleur elle peut provoquer des allergies sur la peau de même quand elle est broyée.

Propriétés : répulsive et insecticide.

Emploi : feuilles et tiges fraîches avant la floraison. Extrait fermenté : 800 gr de feuilles dans 10 l d’eau pendant 10 jours. Diluer à 20% comme répulsif sur limaces et ravageurs divers, et insecticide sur les pucerons. On peut additionner rue, lavande, mélisse et menthe poivrée sous forme d’extrait fermenté mais chaque plante sera préparée à part.

SUREAU. Sambucus nigra.

Le sureau yèble (S. ebulus) est plus concentré en principes actifs que le sureau noir.

Propriétés : répulsif puissant; fongicide.

Emploi : décoction (1 kg de feuilles mises à tremper 24 heures dans 10 l d’eau, puis à bouillir 30 mn). Pulvériser non dilué contre pucerons, altises et noctuelles.

Extrait fermenté (1 kg dans 10 l) utilisé non dilué comme répulsif et dilué à 10% contre les polypores du bois.

Autres pistes :

- Oignon : contre la mouche de la carotte en extrait fermenté de pelures d’oignon.

- Thym : sa présence en bordure permet d’éloigner les pucerons et la piéride du chou.

- Pomme de terre : l’eau de cuisson employée pure chasse les pucerons.

- Tagète : petit œillet d’Inde, chasse les némapodes et les pucerons.

- Tomate : l’extrait fermenté rapidement (2 poignées de gourmands dans 2 l d’eau pendant quelques jours) chasse la mouche blanche dans les serres.

- Chou brocolis et frisé : l’extrait fermenté (3 kg de feuilles dans 10 l, diluer à 20%) éloigne l’altise du chou et du radis.

- Souci : son extrait fermenté apporte vigueur et santé aux tomates et aux choux.

- Betterave rouge : son extrait fermenté ravive les gazons en arrosage, dilué à 10%.

soigner le jardin...

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Coquelicot...

17 Mai 2015, 08:35am

Publié par pam

Comme chaque année, je guette l'arrivée des premiers coquelicots... on a le temps mais en attendant...

Cueillette :

les fleurs de coquelicots (Papaver rhoeas L.) égaient les bords des chemins, talus et les prairies. Si les fruits - ou capsules - de ce cousin du pavot sont toxiques, ses fragiles pétales renferment des sucres complexes adoucissants (mucilages), des pigments antioxydants (anthocyanines) et un alcaloïde. Choisissez un lieu non pollué (évitez en particulier les champs de céréales) et récoltez les pétales en mai-juin. Faites-les sécher dans un local aéré, en les étalant sur un linge par exemple.

Usages et propriétés :

plante pectorale, le coquelicot soulage les affections respiratoires, notamment les toux sèches et les enrouements. Contre les toux sèches, mais également les insomnies légères, préparez une infusion avec deux cuillers à café par tasse d'eau bouillante. Laissez infuser dix minutes et sucrez éventuellement avec du miel (deux à trois tasses par jour). Une si jolie fleur ne pouvait être ignorée dans les soins de beauté. La lotion préparée avec une infusion forte de pétales (une cuillère à soupe pour ¼ de litre d'eau) est réputée prévenir les rides et convient aux soins des peaux sèches et sensibles (employée comme une lotion tonique). Elle se conserve quelques jours au réfrigérateur.

Petite recette :

le sirop de coquelicot est une préparation médicinale bien connue, mais aussi une gourmandise que vous pouvez employer pour aromatiser salades de fruits, fromages blancs, yaourts et boissons. Récoltez 400 g de pétales, jetez-les dans un litre d'eau bouillante et laissez infuser hors du feu dix minutes. Filtrez en exprimant bien à travers un linge, puis pesez le jus recueilli. Ajoutez le même poids de sucre et portez à nouveau à ébullition. Aux premiers bouillons, baissez le feu et laissez cuire très doucement deux à trois minutes en tournant, jusqu'à la consistance désirée. Arrêtez la cuisson et versez dans des bouteilles que vous aurez préalablement ébouillantées. Fermez aussitôt.

Sylvie Hampikian, expert en pharmaco-toxicologie

Coquelicot...

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Jardinage et pucerons...

7 Mai 2015, 06:47am

Publié par pam

Les pucerons envahissent la plante et se déplacent en colonie pour sucer la sève. Leur prédateur : la coccinelle.

Autres solutions écologiques :

Pratiquez la douche écossaise pour les éliminer, car ils détestent l’eau. On peut aussi effectuer des pulvérisations de savon noir dilué dans de l’eau, à quelques jours d’intervalle et à titre préventif.

Pour protéger vos plants contre les pucerons, il existe une autre solution naturelle. En effet, le purin d’ail est très efficace :

  • Portez un litre d’eau à ébullition puis retirez du feu.
  • Incorporez 100 g d’ail épluché et haché.
  • Couvrez et laissez refroidir.
  • Filtrez et diluez la solution à raison de 1 volume de solution pour 5 litres d’eau.
  • Pulvérisez sur les feuilles sans oublier le dessous.
  • Renouvelez la pulvérisation au bout d’une semaine.
Jardinage et pucerons...

et toujours et encore le purin d'ortie, faites tremper une bonne poignée d'orties dans de l'eau, au bout de quelques jours filtrer et pulvériser, à part l'odeur tout est bon dans ce purin, il soigne, booste et traite toutes les plantes !

alors bon jardinage !

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Amarante

25 Avril 2015, 06:29am

Publié par pam

Quand la nature reprend ses droits... ou comment lutter pacifiquement et efficacement contre une multinationale empoisonneuse et en même temps semer des protéines :

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UNE FORÊT QUI SE MANGE

3 Octobre 2014, 07:36am

Publié par pam

http://www.bioconsomacteurs.org/bio/dossiers/agriculture/une-foret-qui-se-mange

A Dartington, dans le sud de l'Angleterre, nous avons visité un jardin expérimental nourricier qui reproduit un écosystème forestier en milieu tempéré. Créé il y a 20 ans, il est aujourd'hui autogéré et produit suffisamment de fruits, feuilles comestibles, champignons, graines et noix pour subvenir aux besoins d’un ménage.

Imaginez un jardin d'un hectare qui ressemblerait à une forêt vierge, avec des grands arbres, des arbustes, buissons, des plantes grimpantes, champignons et feuilles mortes au sol. Cette forêt jardin nourrirait en grande partie votre famille, sans que vous y travailliez plus d'une fois par semaine. Enfin, par travail... entendez prendre un panier et des ciseaux pour cueillir salades, myrtilles et autre noix. Nul besoin d'arrosage, de tonte ni de labour, et encore moins d'épandage de pesticides ou d'ajout d'engrais : les plantes se débrouilleraient toutes seules. Vous en rêvez ? Martin Crawford l'a fait. Ce passionné d'agroforesterie mène depuis 20 ans des expérimentations sur les systèmes d'alimentation les plus soutenables et résilients possibles en milieu tempéré.

550 espèces sur 1 hectare
Mai 2014. Nous entrons dans la forêt jardin de Martin Crawford, à Dartington, dans le Devon, circonscription du sud de l'Angleterre. Pins, aulnes, châtaigniers, saules, brocolis, artichauts, poireaux sauvages, framboisiers, bigaradier, plaqueminier, bambous, pêchers, lierre... On ne sait où poser les pieds et les yeux. Deux pigeons ramiers se bécotent dans un sorbier, à 50 centimètres de nos visages. En regardant de près les feuilles poilues d'une consoude, je marche sur un framboisier sauvage. Je me décale et écrase un petit tapis de menthe et de mélisse, caché par un poivrier du Sichuan. Sur un hectare seulement, environ 550 espèces de végétaux poussent tranquillement, comme dans un écosystème forestier. Sauf que la plupart sont comestibles. Si la méthode de la forêt jardin existe depuis des millénaires sous les latitudes tropicales, c'est un Anglais, Robert Hart, qui a expérimenté le premier la forêt jardin en milieu tempéré, dans les années 60 en Angleterre. Martin Crawford est l'un de ceux qui ont pris le relais.


Une forêt est naturellement très productive. Pas un centimètre carré de sol n'étant nu, tous les rayons du soleil sont interceptés, donc exploités pour faire la photosynthèse. Une forêt est aussi autonome : contrairement à ce qui se passe dans un champ homogène d'une seule espèce, maladies, plantes adventices et éventuels ravageurs se régulent d'eux-mêmes dans ce milieu très riche en biodiversité. Mais s'il laisse faire la nature le plus possible, l'homme intervient tout de même, précise Martin Crawford.

Ne pas tuer les plantes que l'on ne veut pas, mais laisser pousser celles que l'on veut
« Ce qui semble sauvage et bordélique est en fait géré : les plantes ont une place bien précise, et on enlève les pousses d'arbres, sinon il n'y aurait que des arbres, puisqu'une forêt a naturellement tendance à se refermer ! ». Les nouvelles pousses de bambous sont régulièrement coupées. Et il faut tailler de temps à temps un arbuste qui prend un peu trop de place et gêne l'ensoleillement. Au final, cette forêt jardin réclame le travail d’une personne durant un jour par semaine. Le printemps et l'automne réclament un petit coup de collier : « j'ai désherbé durant deux jours il y a deux semaines, il va falloir que je le refasse bientôt », souligne Martin en insistant sur le fait qu'il ne s'amuse pas à arracher une par une chaque plante indésirable. «Il n'est pas question de tuer les plantes que je ne veux pas, mais de laisser pousser celles que je veux ». Le plus gros du travail, finalement, consiste à la créer, cette forêt jardin. Il y a 20 ans, Martin a dû choisir et planter toutes les espèces, à commencer par les arbres et en poursuivant avec les strates inférieures. Et il faut être patient : ce n'est qu'au bout de plusieurs années que le système commence à être autonome et qu'il n'y a quasiment plus besoin de s'en occuper.


Une forêt jardin, c’est quoi ?
Plusieurs strates de végétaux dessinent la forêt jardin. Soit ils sont nourriciers, soit ils aident au système. Tout en haut, les arbres, qui produisent du bois et de la résine (pins) ; puis les arbustes ou petits arbres, surtout fruitiers (pommiers, pruniers, poiriers, sorbier), les arbrisseaux (néflier, mûrier, plaqueminier, cognassier, arbousier, févier d'Amérique, chêne-châtaignier jaune, azérolier), les herbacées (plantes et légumes vivaces comme la consoude, les poireaux sauvages, l'oseille, l'osta, l'oya, l'ail des ours), les couvre-sol (fraisiers, ronces, gaulthérie, etc.), la strate mycélienne (champignons, légumes-racines) et les plantes grimpantes (kiwis, lierre, vigne). Toutes ces plantes sont natives de partout dans le monde. « Si on n'utilise que des plantes originaires du Royaume-Uni, on mourra de faim. Et puis l'Angleterre a une longue histoire d'importation d'espèces de végétaux, lesquelles sont devenues en quelque sorte, au fil du temps, natives ».

La consoude, extraordinaire pour les pollinisateurs
Les plantes ne sont pas placées au hasard. On les plante ici ou là en fonction de leurs exigences en soleil, en humidité, en nutriments, et aussi en fonction de leurs affinités avec d’autres plantes. Point important: les espèces qui enrichissent le sol en nutriments sont indispensables : elle rendent ces derniers disponibles pour les autres végétaux. C'est le cas du cornouiller et de l'aulne, qui fixent l'azote de l'air et le rendent disponibles dans le sol; et aussi de la valériane officinale et de la consoude, qui vont chercher le phosphore et le potassium profondément dans le sol grâce à leurs grandes racines, et les ramènent à la surface. La faune n’est pas négligée. Une petite mare accueille « une très grosse population de grenouilles » qui mangent les limaces. Les arbres sont des maisons à chauves-souris qui, elles, mangent beaucoup d'insectes. La consoude est, selon Martin, extraordinaire pour attirer les pollinisateurs. Conclusion : il faut un minimum de connaissances en biologie végétale et en écologie pour réussir une forêt jardin. Résultat: un taux de matière organique dans le sol qui est « passé de 5 à 12 % en 20 ans », ce qui fait de cette forêt comestible un réservoir important de carbone. Et des fruits, feuilles comestibles, champignons, graines et noix en quantités suffisantes pour nourrir un foyer (celui de Martin). Sans compter le bois de chauffage et d’œuvre, ainsi que l'osier pour faire de la vannerie. Tout ça sur un hectare.


Avec cette forêt jardin, Martin Crawford voulait montrer qu'un système nourricier pouvait être productif, soutenable, réclamant très peu de travail sur une petite surface, et résilient - c'est à dire capable de s'adapter aux changements, tels que le réchauffement climatique et ses conséquences. Agronome autodidacte (il a fait des études en informatique), il mène d'autres expériences de forêts jardins dans le Devon. Il gagne sa vie en vendant plantes et semences et en donnant des cours et des conférences. En goûtant à une jeune pousse de bambou qu'il a coupée devant nous, j'ai une légère amertume dans la bouche – c'est meilleur cuit à la vapeur, dit-il - mais une certitude : d'autres façons de nous nourrir, bien loin de nos systèmes productivistes déconnectés de la nature, existent et méritent d’être explorées.

Pour en savoir plus sur les méthodes qu'emploie Martin Crawford, les semences et plants qu'il utilise et les cours qu'il donne, allez voir le site internet de son association, Agroforestry research trust!

Crédit photos: Diana Semaska

UNE FORÊT QUI SE MANGE
UNE FORÊT QUI SE MANGE

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Rêver....

18 Septembre 2014, 06:19am

Publié par pam

L'automne arrive, même si les températures sont encore estivales, le travail au jardin va se raréfier,

Rêver....

Ca n'empêche pas de continuer de chercher de bonnes idées pour le potager :

Rêver....
n'oubliez pas que les palettes qui ont voyagé loin sont imbibés de produits chimiques... attendez quelques années pour les utiliser ou choisissez des palettes "locales" !

n'oubliez pas que les palettes qui ont voyagé loin sont imbibés de produits chimiques... attendez quelques années pour les utiliser ou choisissez des palettes "locales" !

et puis il est tant de prévoir les travaux à l'intérieur :

Rêver....
Rêver....

ou simplement de rêver....

Rêver....
Rêver....
Rêver....
Rêver....

sans oublier l'essentiel :

"Désormais, la plus haute, la plus belle performance que devra réaliser l'humanité sera de répondre à ses besoins vitaux avec les moyens les plus simples et les plus sains.

Cultiver son jardin ou s'adonner à n'importe quelle activité créatrice d'autonomie sera considéré comme un acte politique, un acte de légitime résistance à la dépendance et à l'asservissement de la personne humaine."

Pierre Rhabi.

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