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Bonheur de vivre...

2 Avril 2015, 06:36am

Publié par pam

Extraits de "L'art de la simplicité" de Dominique Lobeau :

Le bonheur de vivre dépend de toutes petites choses et il ne faut pas renoncer à être libre, modeste, agréable ou sociable. Le bonheur est un exercice physique et mental de chaque instant, une bagarre continuelle. Il faut savoir se défendre de tout et faire de sa vie un abri. Et savoir que là où il est possible de vivre, il est possible de bien vivre. Notre objectif devrait se résumer à ne pas rechercher les biens éphémères mais à trouver son bonheur et son bien ultime dans son âme et dans son esprit, à être libre, à se créer sa propre esthétique de l’existence.

“Est heureux celui qui croit l’être. Tout ce que j’ai est avec moi.” Stilpon de Mégare, disciple de Socrate.

Nulle part l’homme ne trouve plus de tranquillité et plus de retraite que dans son âme, surtout s’il possède, en son for intérieur, ces notions sur lesquelles il lui suffit de se pencher pour acquérir aussitôt une quiétude et un ordre parfait.

Acceptez l’inévitable avec grâce et résignation. Ne pas accepter la vie telle qu’elle est nous empêche d’évoluer. Lorsque nous arrêtons de nous battre contre l’inévitable, nous pouvons vivre plus richement.

“L’essentiel n’est pas de vivre, mais de bien vivre.” Platon.

Puisque nous avons un temps limité à vivre sur cette terre, il faut le vivre aussi heureusement que nous le pouvons dans les circonstances données. Faites le premier pas, puis un autre, mais ne regardez ni trop loin, ni trop en arrière.

Bonheur de vivre...

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La volonté de guérir...

19 Mars 2015, 08:21am

Publié par pam

Norman Cousin “La volonté de guérir” Ed. du Seuil.

Dr Rynearson (1978) : “La maladie , une maladie chronique en particulier, peut mettre sa victime en relation de dépendance à la personne qui offre de la guérir. Si la confiance ne devient pas un aspect important de cette relation, il est peu probable que la guérison se produise... L’utilisation croissante de la technologie en médecine éloigne le médecin du patient... Un examen physique complet entretient la confiance, il comporte l’imposition des mains et une écoute attentive. .. Tant que les êtres humains se sentiront menacés et sans défense, ils chercheront à se réfugier dans le sanctuaire de la maladie."

C’est pourquoi le service le plus précieux qu’un médecin puisse rendre à un patient c’est de l’aider à développer au maximum ses propres facultés de récupération et de guérison, et d’accorder la plus grande attention à l’immunologie et à la tendance naturelle du corps humain à l’autoguérison.

Les traitements (médicaments ou exercices) ont beaucoup plus d’effets si le patient se donne un but dans la vie, s’il tire pleinement partie de sa volonté de vivre.

Un médecin qui n’a pas été lui-même gravement malade ne se rend pas compte de la démobilisation qui s’opère chez son patient : la longueur des jours et des semaines qui s’écoulent sans qu’aucune amélioration visible ne vienne conforter l’espoir et la volonté, la difficulté qu’on éprouve à garder espoir et but quand la volonté de vivre est gangrenée par la douleur celle-ci elle-même renforcée par les effets secondaires contre lesquels son organisme doit lutter en plus de sa maladie ou de sa douleur... de même il est facile de se laisser gagner par le découragement quand les autres (familles, amis) se découragent eux-mêmes et se font de plus en plus lointains au fur et à mesure que le temps s’écoule sans amélioration.

Toutes les maladies ne peuvent pas être surmontées, mais bien des gens permettent à la maladie de leur gâcher la vie plus que de raison.

La volonté de guérir...

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L’ART DE L’ESSENTIEL.

18 Mars 2015, 08:12am

Publié par pam

CONCLUSION de L’ART DE L’ESSENTIEL.

Jeter l’inutile et le superflu pour faire de l’espace en soi.

par

DOMINIQUE LOREAU. Flammarion. 2008.

Ne consommons pas plus que ce qui nous est nécessaire, ne jetons que pour mieux vivre dans moins de stress et en harmonie parfaite avec nous-même. Le problème n’est pas ce que nous possédons mais comment et pourquoi nous le possédons. Certains de nos désirs sont nécessaires à notre bonheur, pas ceux que nous imposent la société de consommation.

La simplicité, ce n’est pas éliminer tous les désirs, c’est apprendre à ne pas se laisser contrôler par eux. C’est s’abstenir de les multiplier.

Demandez-vous régulièrement de quoi vous avez réellement besoin, vivez avec passion chaque journée, ayez un but pour vos lendemains.

Plaisir de la connaissance, plaisir de prendre conscience de ce qu’il y a de merveilleux dans l’existence, plaisir de savoir maîtriser sa pensée pour se représenter les choses agréables, pour faire ressusciter les plaisirs du passé, pour jouir du moment présent, pour utiliser intelligemment les ressources naturelles, ses sens, son intelligence, la force naturelle dont nous sommes dotés.

Le désencombrement doit rester un mode de vie, un savoir.

Réveiller son âme, affiner sa conscience.

“Avec trop on se perd, avec moins on se trouve.” Tchouang-tseu.

 L’ART DE L’ESSENTIEL.

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sobriété heureuse...

15 Mars 2015, 08:50am

Publié par pam

PIERRE RABHI. Vers la sobriété heureuse. Acte sud 2010.

Pour un esprit naïf, l'économie est cet art magnifique dont la raison d'être est de gérer et réguler les échanges et la répartition des ressources, avec le minimum de dissipation et pour le bien de tous, en évitant les dépenses inutiles, excessives, qui porteraient atteinte au patrimoine vital. Bien éloigné de la réalité élémentaire, fondée sur la survie et la perpétuation de l'espèce, l'être humain est pris au piège de ses fantasmes. Il donne à des métaux ou des pierreries une valeur symbolique exorbitante. Pourquoi tant d'irrationalité devait affecter de façon aussi tragique toute l'histoire…

L'immodération semble être fille de la subjectivité humaine, quête d'une sorte de dépassement de la banalité du quotidien, en ouvrant un champ illimité aux désirs toujours renouvelés, toujours inassouvis et concurrentiels, l'essentiel étant de susciter l'envie de ses semblables par l'apparence que l'on offre.

Les cultures traditionnelles, régulées par la modération qui y est une attitude naturelle et spontanée ("nous appartenons à la Terre"), font place aux civilisations de l'outrance ("la Terre nous appartient"), responsables de leur propre éradication.

Les outils de la communication renforcent-ils les liens sociaux, ou ne font-ils que connecter les solitudes ? L'internet a incontestablement l'avantage de libérer l'information des censures arbitraires des pouvoirs. Il peut alors participer à la constitution d'une belle sphère de conscience planétaire. Mais il peut aussi véhiculer, propager et mutualiser toutes les turpitudes du monde. Comme tous les outils inventés par le genre humain, il peut servir au pire et au meilleur, selon l'évolution et la conscience qui en fait usage.

Fondé sur des outils entièrement dépendants des énergies conventionnelles, le monde moderne est à l'évidence -et en dépit des apparences- le plus vulnérable qui ait jamais existé.

Même ceux qui récusent l'ordre établi sont condamnés à l'entretenir par leurs gestes quotidiens : acheter, s'éclairer, user de l'eau, se servir du téléphone, des ordinateurs et des portables, se déplacer, etc. Les situations de cohérence entre nos aspirations profondes et nos comportements sont limités, et nous sommes contraints de composer avec la réalité.

sobriété heureuse...

PROPOSITIONS : VIVRE ET PRENDRE SOIN DE LA VIE.

Incarner l'utopie.

L’utopie n’est pas la chimère mais le « non lieu » de tous les possibles. Face aux limites et aux impasses de notre modèle d’existence, elle est une pulsion de vie, capable de rendre possible ce que nous considérons comme impossible. C’est dans les utopies d’aujourd’hui que sont les solutions de demain. La première utopie est à incarner en nous-mêmes car la mutation sociale ne se fera pas sans le changement des humains.

La terre et l'humanisme.

Nous reconnaissons en la terre, bien commun de l’humanité, l’unique garante de notre vie et de notre survie. Nous nous engageons en conscience, sous l’inspiration d’un humanisme actif, à contribuer au respect de toute forme de vie et au bien-être et à l’accomplissement de tous les êtres humains. Enfin, nous considérons la beauté, la sobriété, l’équité, la gratitude, la compassion, la solidarité comme des valeurs indispensables à la construction d’un monde viable et vivable pour tous.

La logique du vivant.

Nous considérons que le modèle dominant actuel n'est pas aménageable et qu'un changement de paradigme est indispensable. Il est urgent de placer l'humain et la nature au coeur de nos préoccupations et de mettre tous nos moyens et compétences à leur service.

Le féminin au coeur du changement.

La subordination du féminin à un monde masculin outrancier et violent demeure l’un des grands handicaps à l’évolution positive du genre humain. Les femmes sont plus enclines à protéger la vie qu’à la détruire. Il nous faut rendre hommage aux femmes, gardiennes de la vie, et écouter le féminin qui existe en chacun d’entre nous.

Agroécologie.

De toutes les activités humaines, l’agriculture est la plus indispensable car aucun être humain ne peut se passer de nourriture. L’agroécologie que nous préconisons comme éthique de vie et technique agricole permet aux populations de regagner leur autonomie, sécurité et salubrité alimentaires tout en régénérant et préservant leurs patrimoines nourriciers.

Sobriété heureuse.

Face au « toujours plus » qui ruine la planète au profit d’une minorité, la sobriété est un choix conscient inspiré par la raison. Elle est un art et une éthique de vie, source de satisfaction et de bien-être profond. Elle représente un positionnement politique et un acte de résistance en faveur de la terre, du partage et de l’équité.

Relocalisation de l'économie.

Produire et consommer localement s’impose comme une nécessité absolue pour la sécurité des populations à l’égard de leurs besoins élémentaires et légitimes. Sans se fermer aux échanges complémentaires, les territoires deviendraient alors des berceaux autonomes valorisant et soignant leurs ressources locales. Agriculture à taille humaine, artisanat, petits commerces... devraient être réhabilités afin que le maximum de citoyens puissent redevenir acteurs de l’économie.

Une autre éducation.

Nous souhaitons de toute notre raison et de tout notre cœur une éducation qui ne se fonde pas sur l’angoisse de l’échec mais sur l’enthousiasme d’apprendre. Qui abolisse le « chacun pour soi » pour exalter la puissance de la solidarité et de la complémentarité. Qui mette les talents de chacun au service de tous. Une éducation qui équilibre l’ouverture de l’esprit aux connaissances abstraites avec l’intelligence des mains et la créativité concrète. Qui relie l’enfant à la nature à laquelle il doit et devra toujours sa survie et qui l’éveille à la beauté et à sa responsabilité à l’égard de la vie. Car tout cela est essentiel à l’élévation de sa conscience.

« Pour que les arbres et les plantes s’épanouissent, pour que les animaux qui s’en nourrissent prospèrent, pour que les hommes vivent, il faut que la terre soit honorée »

Pierre Rabhi.

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Océan mer.

5 Mars 2015, 08:09am

Publié par pam

“Mais guérir est un mot trop petit pour ce qui se passe ici. Et trop simple. C’est un endroit, ici, où tu prends congé de toi-même. Ce que tu es se détache doucement de toi, peu à peu. Et à chaque pas, tu le laisses derrière toi, sur ce rivage qui ne connaît pas le temps et ne vit qu’un seul jour, toujours le même. Le présent disparaît et tu deviens mémoire. Tu te défais de tout, tes peurs, tes sentiments, tes désirs : tu les conserves, comme des habits qu’on ne met plus, dans l’armoire d’une sagesse que tu ne connaissais pas, et d’une tranquillité que tu n’espérais pas. Est-ce que tu peux comprendre ? Est-ce que tu peux comprendre combien tout cela est beau ? Crois-moi, ce n’est pas une autre manière, juste un peu plus légère, de mourir. Je ne me suis jamais sentie plus vivante qu’aujourd’hui. Mais c’est différent. Ce que je suis, désormais, est advenu : et cela vit en moi, ici, maintenant, comme un pas dans une trace, comme un son dans un écho, et comme une énigme dans sa réponse. Cela ne meurt pas, non. Cela glisse de l’autre côté de la vie. Si légèrement que c’est comme une danse.

C’est une manière de tout perdre, pour tout trouver. Si tu peux comprendre tout cela, tu me croiras aussi quand je te dirai qu’il m’est impossible de penser à l’avenir. L’avenir est une idée qui s’est détachée de moi. Cela n’a pas d’importance. Cela ne signifie plus rien. Je n’ai plus d’yeux pour le voir... Mon avenir est déjà tout entier ici et maintenant. Mon avenir sera la quiétude d’un monde immobile, qui collectionnera des instants à poser les uns sur les autres, comme s’ils étaient un seul et unique instant. D’aujourd’hui jusqu’à ma mort, il y aura cet instant, rien d’autre.

Je ne te suivrai pas André. Je ne reconstruirai aucune vie, parce que je viens d’apprendre à être la demeure de celle qui fut la mienne. Je ne veux pas autre chose.”

Alessandro Baricco in “Océan mer”.

Océan mer.

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Nicolas Hulot...

20 Novembre 2014, 07:46am

Publié par pam

Futile, inutile, sordide....

Nabilla, feu de l’insignifiance. Nicolas Hulot s’indigne !

Découvrez le coup de gueule de Nicolas Hulot publié le 14/11/2014 sur sa propre page facebook. Un message qui parle au nom de beaucoup.

« L’ÈRE DU VIDE »

« Les géologues nous disent que nous sommes brutalement rentrés dans l’anthropocène, une nouvelle étape géologique qui signifie que nous avons basculé dans l’ère de l’Humanité. L’Homme en peu de temps, dans sa toute puissance est devenu son propre facteur d’évolution, il est lui même une force géologique.

« Je déplore que le sort de l’humanité soit dans d’aussi mauvaises mains que les siennes » disait déjà au 18ème siècle le philosophe Julien Offray de La Mettrie. Pour ma part, je me bats, avec bien d’autres, pour donner tort à cette sentence. Je considère que tant que l’avenir dépend de nous, l’improbable est possible et le meilleur aussi. Sauf que la fenêtre d’opportunité entre ce que nous pouvons décider ou ce que nous devrons subir se réduit à chaque instant.
Mais j’avoue qu’au retour d’un déplacement au Sahel, je me demande dans un accès de colère si l’avenir ne va pas va pas cruellement donner raison au philosophe. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait Rabelais. « Science sans conscience sera la ruine de l’Homme » oserai-je paraphraser !

Ce qui motive ma fureur de l’instant (mauvaise conseillère), c’est le contraste saisissant entre la situation de l’Afrique au carrefour de toutes les douleurs et de toutes les menaces et l’objet chez nous de nos attentions. Une Afrique engluée dans les conflits qui subit déjà pour une partie des conditions climatiques difficiles mais qui voit sous le joug des changements globaux le phénomène tragique de désertification s’accélérer. Une Afrique abreuvée de l’extérieur de bonnes intentions mais ignorées souvent des réalisations concrètes. Une Afrique qui attend désespérément la matérialisation des innombrables engagements énoncés ici et là et notamment au sommet de Copenhague. Une Afrique qui en définitive aura toute légitimité à migrer vers le Nord si celui ci ne remplit pas d’urgence ses obligations. La désertification aura porté aux portes de l’Europe, entre 2000 et 2020, 60 millions de personnes nous dit Monique Barbut, secrétaire exécutive de la convention des Nations Unies sur la désertification.

A peine posé sur notre sol et parcourant d’un œil distrait mais consterné la presse de ces derniers jours, me saute aux yeux combien une fois de plus, mais avec un art consommé, nous avons inversé l’ordre des priorités entre l’utile et le futile. Le futile, l’inutile et même le sordide en terme d’espace sont devenus l’objet premier d’un microcosme qui malheureusement préempte l’attention et détourne de l’essentiel au profit du superficiel.

Le summum a été atteint avec le fait divers Nabilla. Je crois que nous étions proche de l’orgasme médiatique tant il y avait matière à alimenter le feu de l’insignifiance. Un cas d’école où la même machine qui a consacré sans précaution au rang de star un personnage vide de tout talent et d’intérêt, la même machine se repaît aujourd’hui des conséquences de notre inconséquence.

Au regard il y a quelques semaines de l’hystérie collective provoquée par la publication d’un livre d’une ex première dame, événement qui aurait dû se réduire à une simple brève dans les journaux, nous sommes dans la même logique ou plutôt illogisme. Comparé avec le traitement insignifiant de la publication du dernier volet du 5ème rapport du GIEC qui met ni plus ni moins en lumière l’incertitude de plus en plus forte sur l’avenir de l’humanité, avouons qu’il y a de quoi pleurer.

Si l’on ajoute à cela le spectacle constant et désolant des affaires, et le climat tout aussi édifiant d’une permanence d’élection présidentielle, avec son lot de petites haines et phrases assassines qui fait le bonheur de l’info continue et de ses commentateurs avisés, je me dis que garder espoir devient vraiment un acte de bravoure.

Paris va accueillir en décembre 2015 la conférence climat où 195 états vont décider pour le meilleur, je l’espère ou pour le pire, je le crains, de l’avenir de la planète et donc de l’humanité. Cet enjeu éminemment complexe qui oblige à combiner 2 notions de temps, le court terme et le long terme, et à remettre à plat un modèle économique, dopé depuis 150 ans par l’usage des énergies fossiles qui, aujourd’hui, ne sont plus la solution mais le problème, ce carrefour de complexité ne peut en aucun cas s’accommoder de cette inversion consacrée des valeurs. La France qui sera sous l’œil du monde doit se ressaisir et renouer avec la hiérarchie des priorités.

Chacun de nous doit prendre sa part de responsabilités dans ce cycle du futile. Dans cette complaisance silencieuse, voire même cette gourmandise avec le frivole, nous nous réduisons. Car derrière les fonctions, derrière nos différences culturelles, politiques ou sociales, c’est notre responsabilité de parents qui doit primer.

Ne sacrifions pas l’avenir de nos enfants à l’aune de nos futilités ! » – N. Hulot

brésil, coupe du monde de foot...

brésil, coupe du monde de foot...

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au sujet de la souffrance ...

17 Novembre 2014, 07:58am

Publié par pam

“Le schéma habituel de votre esprit est de réagir. Cependant, vous êtes dorénavant en mesure de reconnaître la vérité de la douleur et aussi la vérité de sa cause, qui est la réaction.

Tout être vivant souffre. La naissance, la maladie, la vieillesse et la mort sont des sources de douleur, mais si misérable que soit la vie, personne ne veut mourir, car la mort est la plus effrayante de toutes les souffrances.

La racine de tous les maux est l’ignorance. C’est à partir de l’ignorance que s’enchaînent les événements par lesquels on produit des montagnes de souffrance pour soi-même et pour les autres. Mais comment peut-on éliminer l’ignorance et rompre la chaîne ? Le Bouddha a proclamé que la chaîne pouvait être rompue au point des sensations. Là où s’amorcent les réactions et où se multiplient les addictions, obligeant l’individu à prendre sa part de plaisir et de souffrance comme une drogue.

Chaque sensation engendre plaisir ou aversion. Si, au lieu de réagir aveuglément, l’on s’attache à en saisir l’impermanence, pour comprendre que tout est voué à changer et disparaître, on cesse d’infliger de la souffrance à soi-même et aux autres.

Le Vipassana enseigne à agir plutôt que réagir. La réaction est toujours négative.

De même que les aliments que vous mangez et l’atmosphère dans laquelle vous vivez, sont la contribution pour que le flux de la matière (éléments qui constituent votre corps) continue à circuler, de même, la nourriture de l’esprit se compose des réactions mentales du passé et du présent. Si l’on observe bien, on verra que lorsqu’on nourrit l’esprit avec une réaction mentale de colère, l’élément feu prédominera, provoquant des sensations de chaleur. Si l’on éprouve de la peur, l’élément de l’air prédominera, provoquant des sensations de tremblement. Cette logique peut s’appliquer à tous les éléments. Observez, pour faire en sorte de ne pas produire de nouvelles réactions mentales. La cupidité et l’aversion sont le feu qui brûle et vous consume. L’ignorance des lois de la nature est la cause de votre souffrance. Cessez d’alimenter votre esprit en négativité. Renversez le processus. Comprenez bien l’enseignement et cultivez l’ataraxie (sérénité), l’outil qui vous purifiera en vous ouvrant les portes du bonheur et de la paix.

Ce ne sont pas les autres mais nous-mêmes, qui avons besoin de changer. Notre entourage n’est jamais responsable de nos réactions ou de ce que nous éprouvons. Nous seuls faisons ces choix, à l’exclusion de toute autre personne. Nul ne peut nous rendre malheureux sans notre consentement. Nul n’est responsable de la dureté de nos paroles ou de la méchanceté de notre comportement, même si l’on nous fait du tort ou qu’on nous insulte.

Je ne vous demande ni de vous poser en victimes, ni d’être passifs ou indifférents à la vie. Il y aura des moments où vous devrez prendre position et lutter pour vous protéger contre les malveillances et les agressions. Faites ce que vous avez à faire, mais sans cultiver de haine contre l’agresseur. Rappelez-vous constamment que c’est l’intention de l’esprit qui compte. L’intention est la semence qui produira le fruit, amer ou sucré. Un meurtrier utilise une lame, le chirurgien aussi, mais leur intention est totalement différente.

Protégez votre esprit de la négativité, méditez, suivez le chemin, laisser le Dharma progresser en vous et devenir fort, fort en vertu, fort en équanimité, fort en sagesse. Rendez-vous compte qu’il n’y a pas de Je, pas de Moi, par de Mien, et que s’accrocher à ces illusions n’apporte que souffrance et désolation. La mort nous prendra tous, tôt ou tard. Avons-nous donc la moindre raison de nous attacher à des choses vouées à disparaître, en nous engageant dans d’âpres luttes pour leur possession ?

Semez la graine de la colère et le feu en résultera.

Le premier puni par une action négative est celui qui l’a commise. On est puni lorsque l’on cède à la négativité. On ne peut infliger de souffrance à autrui sans se blesser d’abord soi-même.

Tous les remords du monde n’effaceront pas les mauvaises actions. Seule le peut la purification, et dans ce cas la purification sera l’observation équilibrée des sensations douloureuses que l’on a créées en soi-même.”

Vana Verouti in “Les soupirs des dieux”.

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Les imposteurs de l'economie.

16 Octobre 2014, 08:45am

Publié par pam

Les imposteurs de l’économie

PAR LAURENT MAUDUIT. Mediapart.


A la veille du débat que Mediapart organise, jeudi 29 mars au Théâtre national de Chaillot sur le thème « Des économistes au-dessus de tous soupçons ? » en présence de nombreux économistes ou chercheurs, je voudrais apporter ici, par avance, une première pierre à cet échange. Et à cette fin, je voudrais expliquer les raisons qui m’ont conduit à mener une longue enquête sur les économistes français, consignée dans un livre, intitulé Les imposteurs de l’économie (Editions Gawsewitch) à paraître ce même jeudi.

Ce que je vais écrire ici n’engage donc pas les orateurs qui s’exprimeront au Théâtre de Chaillot. Comme il s’agit d’un débat libre, chacun donnera ce jour-là son regard - qui peut être contraire au mien ou le nuancer- sur les menaces qui pèsent sur le monde des économistes et leur l’indépendance ; sur l’honnêteté du débat économique et sur son pluralisme ; ou encore sur les menaces qui pèsent sur l’enseignement de l’économie aussi bien dans le secondaire qu’à l’Université. Mais pour que cette confrontation soit la plus fructueuse possible, sans doute n’est-il pas inutile que je m’explique par avance sur les raisons qui m’ont conduit à mener cette enquête. Et sur les enjeux démocratiques que recouvre, à mon sens, ce débat.

Si j’ai jugé utile de mener ce travail, c’est pour une première raison : ces derniers mois, j’ai été frappé de constater que dans de nombreux pays, à commencer par les Etats-Unis, les économistes les plus médiatisés ont parfois été critiqués. Mais pas en France, ou quasiment pas. Et cette différence de traitement, j’ai voulu chercher à en percer le mystère.

De fait, nul vrai débat ni réelle polémique en France. Malgré la violence de la crise, malgré le cortège de souffrances sociales qu’elle a généré, quelques économistes parmi les plus médiatisés, ceux qui courent micros et plateaux de télévision, ont juste été moqués, de proche en proche, pour leur manque de discernement ou de clairvoyance. Dans les magazines, on a donc vu fleurir, ici ou là, le bêtisier de la crise. On en connaît les héros, puisque tous les économistes connus, ou presque, ont été épinglés. De l’économiste de la banque Natixis Patrick Artus (« La crise est finie ») jusqu’à l’économiste de l’Ecole normale supérieure Daniel Cohen (« La bonne nouvelle c'est que cela ne durera pas plus longtemps »), en passant par l’entremetteur du capitalisme parisien Alain Minc (la crise est « grotesquement psychologique ») ou encore l’économiste Anton Brender (« Les paniques bancaires à l’ancienne ont disparu grâce au dispositif d’assurance des dépôts mis en place pour permettre de les éviter »). Mais ces inepties proférées par les économistes français les plus connus ne les ont condamnés à une abstinence médiatique, même courte: depuis que la crise a commencé, ce sont donc toujours les mêmes experts, même ceux qui se sont le plus gravement trompés, que l’on entend perpétuellement sur toutes les ondes de radio et dans toutes les émissions de télévision.

Aux Etats-Unis, l’affaire a pris une tournure différente. Comme ici, des économistes ont été critiqués pour s’être trompés - mais en vérité qui ne se trompe pas? Mais, surtout, un débat autrement plus grave a été lancé: des économistes parmi les plus connus ont été mis en cause pour leur connivence avec le monde de la finance qui a entraîné la planète tout entière dans la tourmente. Des économistes ont été pointés du doigt pour avoir rédigé des rapports faisandés en faveur de la dérégulation de la finance et avoir amassé en retour des tas d’or. Ou alors pour avoir, sous couvert d’un discours académique, disculpé les banquiers et assureurs américains de toute responsabilité, alors que ces mêmes banquiers et assureurs les avaient cooptés dans leurs conseils d’administration.

En bref, beaucoup d’économistes ont à juste titre été mis en cause pour leur manque d’indépendance, leurs conflits d’intérêt sinon même leur corruption.

Ce procès-là, c’est l’américain Charles Ferguson qui l’a le mieux mis en scène à l’automne 2010 dans son célèbre documentaireInside Job, qui décrit par le menu les débuts de la crise aux Etats-Unis, celle des subprimes, et le rôle accablant qui y ont joué certains économistes parmi les plus célèbres, stipendiés à des degrés divers par Wall Street. En accéléré, on revoit donc la folie financière dans laquelle les Etats-Unis se sont, au fil des ans, enfoncés ; les dérégulations qui se sont succédées, les produits les plus toxiques qui se sont accumulés ; la complicité coupable des organismes pourtant censés faire office de gendarme des marchés ; l’invraisemblable consanguinité entre les milieux de la finance et la Maison-Blanche. Grâce à ce film, on voit comment une mèche lente a été allumée, et on comprend pourquoi cette bombe financière devait nécessairement exploser. Ci-dessous la bande-annonce du film :


Inside Job - Bande-annonce - VOST

Mais au fur et à mesure qu’avance ce procès en responsabilité, on comprend aussi que de très nombreux économistes, loin de jouer les démineurs, ont en réalité tenu les allumettes qui ont servi à allumer la mèche. Loin d’être des chercheurs indépendants ou savants respectables, auxquels l’opinion pouvait se fier, ils ont été des complices de ce système qui a fini par sombrer.

Les uns après les autres, dans le film, on les voit donc défiler, tous les grands noms de l’économie aux Etats-Unis, qui ont entretenu des relations incestueuses avec le monde de la banque ou celui des affaires. Il y a Larry Summers, qui devient le président de la prestigieuse université de Harvard en 2001, après avoir été au Trésor, et qui, grâce aux conseils qu’il prodigue à des hedge funds rapaces, affiche un patrimoine entre 16,5 et 39,5 millions de dollars, ce qui ne l’a pas empêché d’être le conseiller économique tour à tour de Bill Clinton et de Barak Obama. Il y a aussi le célèbre économiste Martin Feldman, qui enseigne à la même université d’Harvard mais qui dans le même temps a été enrôlé au sein du conseil d’administration d’AIG, l’assureur new-yorkais qui est au coeur du scandale des subprimes et a été impliqué de surcroît dans des affaires de fraude comptable – « no comment », se borne-t-il à dire devant la caméra de Charles Ferguson qui le poursuit. Il y a également Frederic Mishkin, l’ancien membre de la Réserve fédérale (la banque centrale américaine), qui a été grassement rémunéré pour rédiger un rapport sur la bonne santé financière de l’Islande... juste quelques mois avant que le pays ne fasse faillite! Poursuivi par les caméras de Charles Ferguson, l’intéressé balbutie tellement qu’il finit par en être presque drôle car il ne trouve rien d’autre à dire pour justifier sa démission qu’il avait, toutes affaires cessantes, « un manuel à mettre à jour » pour l’Université.

En somme, au-delà de la crise, le documentaire montre un naufrage. Celui, comme le dit la voix « off » qui fait le récit, « de grands universitaires qui s’enrichissent en douce » tout un jurant leurs grands dieux que la dérégulation financière va générer une nouvelle ère de prospérité. « Le corps des économistes a été le moteur de cette illusion », résume le milliardaire Georges Sorros.

Aux Etats-Unis, le documentaire a fait sensation. Plus que cela, il a fait débat et alimenté une salubre réflexion sur cette invraisemblable endogamie entre certains économistes et les milieux d’affaires. Car tout le monde a compris que le film, par de-là quelques raccourcis ou simplifications, visait juste. Dans les colonnes du New York Times (6 décembre 2010), même le célèbre chroniqueur et Prix Nobel d’économie Paul Krugman l’a souligné: « Je ne pense pas que tous les économistes soient du genre à se faire payer pour défendre un point de vue - le film ne le prétend d’ailleurs pas. Mais ce que le documentaire suggère, en revanche, c’est qu’il existe une sorte de corruption douce: vous pouvez gagner beaucoup d’argent grâce à l’industrie financière, vous pouvez être coopté dans les conseils d’administration, mais à la condition que vous ne cassiez pas trop la baraque (...) Et je pense que tout cela est très vrai ». On peut lire ici sa chronique en langue anglaise.

Pour qui a vu ce documentaire, une question vient donc immanquablement à l’esprit: mais pourquoi ce débat si important, qui a pris une si grande ampleur aux Etats-Unis, n’a-t-il eu presque aucun écho en France? L’interrogation vient d’autant plus à l’esprit qu’il y a, au détour du documentaire, un indice qui suggère que la France est elle-même directement concernée par ces dérives. Il n’y a pas en effet que Frederic Mishkin, qui soit mis en cause pour avoir été généreusement rémunéré pour écrire un rapport sur l’Islande assurant qu’elle était financièrement à l’abri de tout danger... juste avant qu’elle ne sombre. Il y a aussi un autre économiste, qui est mentionné, dénommé Richard Portes.

Et si le film ne s’attarde pas sur son cas, il est tout aussi accablant. L’économiste a en effet, lui aussi, réalisé un rapport sur l’Islande, en avril 2008. Rédigé sous l’égide de la London Business School et un institut britannique, Centre for Economic Policy Research, pour le compte de la Chambre de commerce islandaise, le rapport est consternant. Il ne poursuit qu’un seul objectif: convaincre qu’un « atterrissage en catastrophe » du pays (« hard landing » ) est « improbable » et que « la volatilité financière ne constitue pas une menace » pour lui. Et pour établir cette démonstration – au moment précis où le pays est en passe de faire faillite- tout y passe: l’économiste incrimine pêle-mêle les rumeurs incontrôlées du marché, les analystes, et bien évidemment le « mauvais journalisme » (« bad journalism ») qui veut «vendre du papier» en diffusant des informations à sensation..

Or, qui est Richard Portes? Son port d’attache, c’est effectivement la London Business School. Mais c’est aussi un économiste qui a beaucoup de liens avec la France, puisqu’il a un statut de chercheur associé à la prestigieuse Ecole d’économie de Paris (aussi dénommée Paris School of Economics –PSE), qui regroupe quelques-uns des meilleurs économistes français. Richard Portes est aussi directeur d’études à la non moins prestigieuse Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales (Ehess). Voici sa biographie sur le site Internet de l’Ecole d’économie de Paris.

Mais de ce rapport calamiteux, il n’a presque pas été question dans la presse française. D’où cette interrogation: est-ce parce que les économistes français se sont tenus à l’écart des compromissions avec le monde de la finance dont se sont rendus coupables beaucoup de leurs homologues américains? Les uns ont-ils été plus vertueux que les autres?

En fait, non ! Et c’est ce que mon enquête, publiée dans ce livreLes imposteurs de l’économie, établit : si les quelques 3.500 économistes, chercheurs ou enseignants que comptent la France ne sont pas dans leur immense majorité atteint par ces dérives, il existe une petite caste d’économistes, celle qui précisément déteint un quasi monopole d’expression dans les plus grands médias, qui sont dans des situations de conflits d’intérêt aussi graves, et même pour certains d’entre eux, beaucoup plus graves.

Pour ceux qui voudront prendre connaissance des faits que j’ai mis au jour – et donc je témoignerais lors de ce débat au Théâtre de Chaillot-, les enseignements auxquels ils invitent à réfléchir sont donc nombreux.

D’abord, ils suggèrent que le monde de la finance et du CAC 40 ont lancé une OPA sur celui de l’enseignement et de la recherche de pointe en économie qui a en partie réussi et qui est passablement inquiétante. D’abord parce des économistes de renom sont désormais appointés discrètement par lui, alors qu’officiellement, il sont universitaires. D’autres professeurs d’économie siègent dans des conseils d’administration d’entreprises privées, alors que la loi l’interdit.

Mais cette main mise de la finance va bien au-delà. On verra, au travers de mon livre, que ce sont les pôles d’excellence de la recherche économique qui sont eux-mêmes menacés par cette intrusion, même si certains de ces pôles font de la résistance et d'autres font du zèle.

Mais le débat sur la nécessaire indépendance des économistes ne concernent pas que les économistes eux-mêmes. Les citoyens sont tout autant concernés car on combien bien le risque de cette main mise de la finance sur le monde de l’enseignement universitaire et de la recherche en économie : la formation d’une petite camarilla d’experts dévoués qui, par-delà les alternances démocratique, se gardent naturellement de mordre la main qui les nourrit, et assure perpétuellement la promotion des mêmes idées économiques. Celles-là mêmes qui ont conduit à la crise économique historique que nous traversons. Le prêt à pensée néo-libéral.

Au travers de quelques experts, ou réputés tels, comme Alain Minc et Jacques Attali, mais aussi bien d’autres économistes réputés, c’est donc aussi cette enquête que j’ai essayé de mener dans cet ouvrage : l’enquête sur les ultimes prolongements de cette main mise de la finance, sur les processus de domination dans le débat public de la « pensée unique ».

En ces temps de campagne présidentielle, l’enjeu de ce débat me semble donc majeur pour de très nombreuses raisons. Majeur parce que les économistes, qui en ces temps de crise, jouent un rôle particulièrement important, doivent être naturellement au-dessus de tous soupçons, et jouir d’une totale indépendance. Majeure parce que l’intrusion de la finance et du monde de l’entreprise au sein de l’université mais aussi au sein du secondaire choque légitimement les enseignants d’économie ; et leur indignation doit être entendue. Majeure enfin parce que l’économie politique dans ce qu’elle a de plus noble, c’est l’inverse de la « pensée unique » dans laquelle la droite mais malheureusement aussi trop souvent la gauche a versé ; c’est l’absolu contraire du « diktat Tina » (« There is no alternative » ; c’est en somme le large champ des possibles…

Voilà, à mon sens, quelques-uns des enjeux de ce débat. Des enjeux qui sont décisifs pour la vitalité et l’honnêteté du débat public. Et donc décisif pour la vitalité de notre démocratie.

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Noam Chomsky

12 Octobre 2014, 08:29am

Publié par pam

“J’essaie d’encourager les gens à penser de façon autonome, à remettre en question les idées communément admises. Ne prenez pas vos présomptions pour des faits acquis. Commencez par adopter une position critique envers tout idée « politiquement correcte ». Forcez-la à se justifier. La plupart du temps, elle n’y arrive pas. Soyez prêts à poser des questions sur tout ce qui est considéré comme un fait acquis. Essayez de penser par vous-même. Il y a beaucoup d’information en circulation. Vous devez apprendre à juger, à évaluer et à comparer les choses. Il vous faudra faire confiance à certaines choses, sinon vous ne pourriez pas survivre. Mais lorsqu’il s’agit de choses importantes, ne faites pas confiance. Dés que vous lisez quelque chose d’anonyme, il faut se méfier. Si vous lisez dans la presse que l’Iran défie la communauté internationale, demandez-vous qui est la communauté internationale ? L’Inde est opposée aux sanctions. Le Brésil est opposé aux sanctions. Le Mouvement des pays Non-Alignés est opposé aux sanctions et l’a toujours été depuis des années. Alors qui est la communauté internationale ? C’est Washington et tous ceux qui se trouvent être en accord avec lui. C’est le genre de choses que vous pouvez découvrir par vous-mêmes, mais pour ça il faut travailler. Et c’est pareil pour tous les sujets, les uns après les autres.” Noam Chomsky, 2010.

Si vous cherchiez quelques idées originales pour les bonnes résolutions de fin d'année, voilà !

"La propagande est à la démocratie ce que la violence est aux dictatures"

"Si l'on ne croit pas à la liberté d'expression pour les gens que l'on méprise, on n'y croit pas du tout."

"L'endoctrinement n'est nullement incompatible avec la démocratie, il est son essence même."

"Dans une société bien huilée, on ne dit pas ce que l'on sait, on dit ce qui est utile au pouvoir."

Chomsky.

Telle qu’elle est relayée par les grands médias, la vie intellectuelle française suscite parfois la consternation à l’étranger : phrases extraites de leur contexte, indignations prévisibles, « polémiques » de pacotille, intellectuels de télévision qui prennent la pose à l’affût du mot trop rapide qui servira de pâture à leurs éditoriaux indignés. En France, Noam Chomsky a été l’objet de campagnes de disqualification d’autant plus vives et régulières qu’il a su détailler, calmement, l’imposture d’un discours à géométrie variable sur les « droits de l’homme », lequel, souvent, couvrait les forfaits de l’Occident.

Jean Bricmont, avril 2001.

“Toute l’histoire du contrôle sur le peuple se résume à cela : isoler les gens les uns des autres, parce que si on peut les maintenir isolés assez longtemps, on peut leur faire croire n’importe quoi.”

Noam Chomsky, Comprendre le pouvoir, deuxième mouvement, 1993.

“La démocratie dans le sens où l’entend le pouvoir ne laisse quant à elle aucune place à l’ingérence du peuple dans la structure totalitaire de l’économie dirigée par le monde des affaires, avec tout ce qui en découle dans les autres domaines de l’existence. Le rôle du public consiste à suivre les ordres, non à s’y ingérer.”

Noam Chomsky, L'An 501, la conquête continue, 1993.

“Par miracle économique, on entend un ensemble intégré de belles statistiques macroéconomiques, de grands profits pour les investisseurs étrangers et de vie de luxe pour les élites locales ; avec, en petits caractères, un accroissement de la misère pour la majorité de la population.”

Noam Chomsky, L'An 501, la conquête continue, 1993.

http://partages.overblog.com/2014/04/noam-chomsky.html

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esprit de solitude...

11 Octobre 2014, 06:05am

Publié par pam

extraits de "Esprit de solitude" de Jacqueline Kelen.

VIII - UN GRAND RETIREMENT.

La voie solitaire est universellement désignée comme noblesse et liberté de l’individu, approche de la divinité ou du vide, maîtrise et détachement à l’égard du temporel. La solitude fait le pont entre domaine social où nous vivons et domaine spirituel, qui rend l’homme attentif à ses frères et ouvert à une transcendance.

Diogène dit : “Est riche parmi les hommes celui qui se suffit à lui-même”.

Épicure insiste sur “l'autosuffisance comme un grand bien : non pour satisfaire à une obsession gratuite de frugalité, mais pour que le minimum, au cas où la profusion ferait défaut, nous satisfasse.”

Ces exemples de la sagesse grecque représentent moins une apologie du dénuement qu’une recherche de liberté totale. Ils invitent chacun à dépendre le moins possible des circonstances extérieures et à s’ancrer en soi. C’est aussi une façon de savourer le présent, sans se plaindre, sans être suspendu à l’avenir. La solitude n’est pas misanthropie, la compagnie des autres n’est pas fuite de soi, on peut alterner les deux états pour un meilleur équilibre.

Souvent les ermites sont des contestataires, des pionniers, des êtres assoiffés de perfection. Le désert apprend l’humilité, et fait prendre conscience de la fragilité humaine et de la perdition qu’est l’absence de sacré. Seuls avec le réel, la vérité.

Toute solitude est hantée de présences et de signes, on devient attentif à tout.

Derrière l’ascétisme, le dénuement visible, il y a des moments d’exaltation intérieure, de multiples joies. Plus rien n’est ordinaire, tout devient précieux. Le solitaire fraternise avec tout le monde du vivant au lieu de se limiter aux hommes. Un être humain qui rayonne l’amour et la bienveillance pacifie tout autour de lui. La vie solitaire mène à l’état d’ouverture.

Préférer l’absolu de l’absence à une présence approximative.

Vérité paradoxale : je suis toujours plus seul que je le crois, et bien moins seul que je ne pense.

Les joies de la solitude font de nos plaisirs terrestres d’illusoires compensations à un manque essentiel et ineffable.

Les solitaires se comprennent vite, ayant approché l’essentiel, ils ne vont pas discuter sur des broutilles ni perdre leur temps à des choses insignifiantes. Ils ne vont pas non plus s’affronter, faire valoir leur vérité ni défendre une image de soi, parce que la solitude leur a montré leur ignorance et leur pauvreté extrêmes en même temps qu’elle les a nourris du grand silence de l’amour.

Il n’y a pas de spiritualité de groupe.

L’état acquis par le solitaire est un affranchissement du monde des contingences et de l’éphémère, aussi peut-il se vivre hors des religions et des formes.

Tant que nous sommes dépendants du monde, nous nous efforçons par conscience morale d’avoir de la rectitude, de mettre de la cohérence entre nos pensées et nos actes, de trouver un accord avec les autres.

esprit de solitude...

IX - DE L’EXIL À L’ABSOLU.

Le pèlerin se sent étranger sur terre et entreprend le voyage vers sa véritable patrie, tandis que la plupart des hommes aménagent leur prison ou en jouissent.

L’esseulement cache un grand secret d’amour, mais il n’est pas pour autant léger à vivre. Il enjoint de se dépouiller entièrement de soi, de s’affranchir de toute satisfaction et de toute consolation, de parvenir à un état de parfait dénuement...

L’être humain est appelé à devenir un être spirituel, pas un maître spirituel...

Tout être profondément solitaire porte en lui une immense soif d’absolu, et sa solitude n’étanche pas cette soif, au contraire.

Dans toute société, le solitaire est celui qui empêche de tourner en rond, qui empêche de s’endormir les gens si satisfaits. Il porte sa soif démesurée au cœur d’un monde tiède, repu ou cuirassé. Sa solitude est une blessure autant qu’une épée, fort déplaisante. Toute solitude est une voix qui crie ou une voix qui se tait dans le désert des hommes. Elle n’annonce pas une destruction ni un malheur, elle invite à entendre ce qui ne passe pas, elle ouvre la porte du mystère.

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