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S'occuper de soi...

30 Septembre 2014, 06:37am

Publié par pam

D. LOBEAU IN “L’ART DE LA SIMPLICITÉ”.

“Le corps ne doit pas être considéré comme une “masse”, mais comme un ensemble de gestes à travers lesquels nous nous exprimons. Plus que la beauté plastique, ce sont les mouvements et les expressions du visage qui font qu’une personne est agréable ou non à regarder. Nous devons faire des efforts pour essayer de trouver le geste juste, la façon la plus naturelle et harmonieuse d’utiliser notre corps.

Il est dommage de donner une fausse impression de sa véritable identité, alors qu’un simple exercice pourrait effacer des attitudes parfois disgracieuses ou maladroites.

Plus les recettes sont vieilles, plus elles sont efficaces ; sinon elles auraient été oubliées !

EXFOLIATION : frottez votre visage, pendant deux ou trois minutes avec l’intérieur d’une peau de papaye ou de mangue : ces fruits contiennent des enzymes merveilleux pour dissoudre les impuretés de sébum (et les graisses dans le corps aussi).”

NETTOYAGE EN PROFONDEUR : faire bouillir 200 cl d’eau, ajouter 2 ou 3 gouttes d’une huile essentielle (lavande, citron...) et donner au visage un bain de vapeur pour ouvrir les pores. Puis appliquer un masque maison : 1 à 2 cuillères à café de farine mélangées à la même quantité de yaourt, citron, jus de racines etc... expérimenter et juger !

POUR AVOIR UNE BELLE PEAU :

Essayer de ne consommer que des produits frais et non traités.

Boire de l’eau minérale... pour ses minéraux.

Se coucher avant minuit et dormir de 6 à 8 heures par nuit. Trop ou moins est mauvais pour la santé.

Introduire des produits à base de soja dans les repas, ils aident à rester jeune.

Savoir reconnaître et choisir des aliments médicinaux : graines, fruits, fines herbes...

Ce ne sont pas les rides qui sont le facteur déterminant d’une peau âgée, c’est plutôt la couleur terne et grise d’une peau qui a une mauvaise circulation.

Autre secret : le vinaigre. Dissout dans un peu d’eau, il dissout les résidus de savon, aussi bien sur la peau que sur les cheveux.

Une bouteille de vinaigre de toilette, un savon doux, une bonne huile et un shampooing devraient être les seuls produits présents dans une salle de bains.

Éviter les crèmes pour la peau, elles contiennent de la glycérine qui bouche les pores et empêche la peau de respirer. Se contenter d’une bonne huile (visage, corps, cheveux, ongles). L’huile est nécessaire au corps extérieurement et intérieurement : 1 cuillère par jour d’une bonne huile pressée à froid a pour fonction d’assouplir et d’entretenir les parois intestinales. Les massages à l’huile sont aussi une bonne prévention contre la fragilité des os car l’huile pénètre profondément.

L’huile d’avocat par exemple, prévient les rides, apporte élasticité et souplesse à l’épiderme. Elle ne cause pas de comédons et est riche en vitamines B et E.

1 à 2 fois par mois, enduire le corps d’huile avant de prendre un bain assez chaud. L’huile pénétrera d’autant plus facilement que les pores seront dilatés par la chaleur.

Pour les peaux sèches : manger un demi-avocat par jour et en écraser l’équivalent d’une cuillère à café à étaler 10 minutes en masque sur le visage. Mettre 1 verre de saké japonais et 3 gouttes d’huile dans l’eau du bain.

Pour les peaux grasses : éviter les produits laitiers (sauf yaourts) et les produits à base de blé.

L’état des cheveux dépend beaucoup de l’alimentation. Algues et sésame sont des élixirs.

Se brosser le corps est revigorant et énergétique. Cette pratique renforce les défenses du système immunitaire. Le brossage nettoie le système lymphatique, ce système de drainage faisant évacuer les déchets tissulaires.

Dans l’idéal, se brosser le corps chaque jour avant la douche ou le bain (pour se rincer), se sécher en frictionnant et se masser à l’huile (1/2 cuillère à café suffit pour tout le corps). Le faire avant d’aller se coucher permet de se débarrasser de la fatigue de la journée.

S'occuper de soi...

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Soigner la fibromyalgie par le jeûne

25 Septembre 2014, 06:36am

Publié par Samtosha et Pam

Publié par Samtosha

Dernièrement, j'ai croisé dans les cours quelques personnes atteintes de fybromyalgie. Certaines ont arrêté de venir car les douleurs sont trop intenses. Voici le témoignage d'une dame qui s'est guérie grâce au jeûne.

Si vous ne réalisez pas de jeûne, supprimez au moins tous les aliments qui causent des inflammations: les produits laitiers et le gluten et consommer un maximum de fruits et de légumes crus qui reminéralisent et qui donc, désenflamment.

merci yog'

Je pense comme yog' que même si vous n'envisagez pas le jeûne vous pouvez supprimer ou diminuer laitages de vache et gluten. Prenez le temps de tenir quelques jours et observez votre corps, votre sommeil, votre digestion...

Suite à l'achat d'un extracteur de jus, j'ai changé mes habitudes alimentaires, et les résultats sont vite spectaculaires. Pourtant j'ai fait le choix de n'être pas dans l'excès, donc pour le moment pas de jeûne, de la viande encore de temps en temps, pas de café ni d'alcool mais du thé et du tabac (... chacun ses petits défauts !! ), très peu de produits laitiers mais un peu de beurre, et de temps en temps un détour par la pâtisserie, la charcuterie ou l'achat d'une baguette croustillante comme je m'offrirai des fleurs ou un nouveau bouquin !

Je dois préciser que je ne souffre pas de fibromyalgie (même si u toubib me l'a diagnostiqué il y a quelques années) mais des séquelles d'un gave accident de voiture.

Quelquefois je souffre tant que j'en oublie que je soigne les autres... appelez ça magnétisme, reiki, don, barreur de feu... peu importe si ce n'est les résultats et l'aide apportée. Je suis adepte du Do-In, de la moxibustion, de l'importance de se faire plaisir pour se sortir du cercle vicieux de la douleur, du retour à la simplicité (à tous les niveaux), et de l'importance de l'activité physique même très légère quand la douleur est forte. C'est pourquoi le Do In me semble une très bonne piste à suivre, je vous ai déjà proposé des vidéos que vous trouverez facilement sur You Tube.

Vous pouvez me joindre en laissant un commentaire sur ce blog si vous avez besoin d'aide.

Voici quelques pistes douces pour la fibromyalgie :

FIBROMYALGIE : trouble psychologique variante du “mal-partout” des anglo-saxons. Douleurs chroniques diffuses musculaires et articulaires, fatigabilité, troubles du sommeil. Origine mystérieuse.

La relaxation peut aider à diminuer, canaliser, voire supprimer les conséquences.

Calcium (rôle sur l’excitabilité neuro-musculaire), lithium et magnésium. Vit B.

Homéopathie : Actea racemosa, Gelsemium.

Phytothérapie : aubépine, passiflore.

H.E. : lavande, marjolaine, : 2 gouttes dans un peu de miel, 2 à 3 fois par jour.

Soigner la fibromyalgie par le jeûne

extraits de : Serge RAFAL in "Combattre la douleur"

Les méthodes non médicamenteuses de prise en charge de la douleur, connues et utilisées depuis longtemps mais de manière empirique, ont trouvé leurs bases scientifiques en 1965 avec la “théorie du portillon” de Wall et Melzack, puis par la découverte des récepteurs à morphine et des substances opioïdes.

Différentes méthodes : repos, rééducation, massage, chaleur, froid, électricité, ondes mécaniques (ultrasons), eau (cure thermale), substances naturelles (boue, argile, algues), champs magnétiques.

Un pharmacien de la Rome antique utilisait la décharge électrique du poisson-torpille contre les crises de goutte et les rhumatismes. Les Indiens d’Amazonie utilisent les piqûres de fourmis rouges sur les zones douloureuses. De nombreux usages de sorciers, d’homme-médecine, visent au même procédé : activer le gate-control, comme l’acupuncture, la moxibustion... Phénomènes de contre-stimulation.

Indiscutablement, le repos soulage nombre de douleurs, en particulier rhumatismales. Néanmoins, le repos prolongé est néfaste car il empêche ou retarde la réadaptation nécessaire à la guérison.

Les méthodes de rééducation sont utiles voire indispensables pour renforcer les muscles, assouplir les ligaments et assurer la mobilité des articulations. Elles permettent une réadaptation globale aux mouvements et à la vie quotidienne, facilitent la récupération ou la correction de certaines postures inadaptées, ce qui leur procurent une action à la fois curative et préventive.

Porter la main sur la région douloureuse et la frotter doucement est un geste instinctif accompli par l’homme depuis ses origines. Éclipser pendant longtemps par l’influence de la religion, il a heureusement réapparu. Le massage est vaso-activant, relaxant et revigorant, il améliore la circulation locale et le retour veineux.

Les médecines douces sont un des phénomènes de société des années 80. Les plus utilisées sont l’acupuncture, la mésothérapie, l’ostéopathie suivies de loin par l’homéopathie, l’oligothérapie et la phytothérapie.

Elles visent à renforcer les réactions naturelles de défense, s’appuient sur la notion de terrain, recourent souvent au concept d’énergie, prennent en compte le patient et pas seulement sa maladie. Ce sont des techniques globales, non agressives Méthodes basées sur la notion d’énergie (acupuncture), manipulatives, manuelles, réflexes, à base de plantes, basées sur l’alimentation et des supplémentations, basées sur l’usage de médicaments faiblement dosés, basées sur les éléments (naturopathie) ou mentales (relaxation).

La santé et l’art de guérir reposent, dans tout l’Orient, sur la notion d’énergie vitale : prana pour les Hindous, chi pour les chinois, ki pour les japonais. L’énergie vitale existe et circule dans notre corps pour assurer son équilibre mental et physique. La douleur est considérée comme la stagnation de cette énergie dans une région du corps. Les traitements consistent, en s’aidant des mains, d’aiguilles, de mouvements précis, à apporter cette énergie, la renforcer, à la dissiper, la canaliser ou la mobiliser.

DIFFÉRENTS SYMPTÔMES DOULOUREUX :

Tous les éléments constitutifs du corps humain sont susceptibles de présenter ce symptôme à l’occasion d’un accident, d’un dysfonctionnement ou d’une maladie.

- DOULEURS RHUMATOLOGIQUES : aiguës mais surtout chroniques. Touchent les articulations, les structures avoisinantes (tendons, muscles, ligaments...) et la colonne vertébrale. Concernent un cinquième de la population européenne. Causes diverses : mécanique, inflammatoire, dégénérative (arthrose), infectieuse (rhumatismes articulaires), métabolique (goutte). En réduisant les capacités fonctionnelles et l’activité du patient, elle les isole et les maintient dans un état de handicap et de dépendance.

- DOULEURS NERVEUSES : névralgies, liées à l’atteinte locale d’un nerf, neuropathies (polynévrite alcoolique ou diabétique...), douleurs consécutives à une contusion, douleurs séquellaires d’une section chirurgicale, douleurs du zona.

- DOULEURS PSYCHOLOGIQUES : où intervient le psychisme. Les douleurs parfois atroces des grandes manifestations hystériques, des états névrotiques... entrent dans les tableaux de somatisation, même si les patients refusent très souvent d’admettre qu’il puisse y avoir un rapport entre psychisme et douleurs. Dépression, syndrome fibromyalgique, spasmophilie, algoneurodystrophie (les 3 surviennent sur un terrain fragile psychiquement). Les douleurs psy sont les plus difficiles à comprendre, à traiter et à soulager.

- DOULEURS VASCULAIRES : dues à une insuffisance d’apport sanguin par rétrécissement d’une artère (angine de poitrine, artérite...), à une congestion veineuse (jambes lourdes, hémorroïdes...), migraine, crampes.

- DOULEURS INFECTIEUSES : soulagées par le traitement de la cause : l’infection de l’organe concerné.

- DOULEURS VISCÉRALES : coliques hépatique et néphrétique, maux de ventre (colites, règles...). Entraînent souvent des douleurs projetées. Attention chez l’enfant il peut s’agir d’une appendicite ou une infection urinaire.

- DOULEURS ACCIDENTELLES : entorse, brûlures, traumatismes.

- DOULEURS DU CANCER.

D’un diagnostic précis dépendent le choix et l’efficacité du traitement (méthode ou médicament). Selon les cas, la douleur est traitée, contrôlée ou éliminée. La stratégie contre la douleur s’appuie sur une progression de moyens en partant des moins agressifs. Mal remboursés, les traitements et médicaments des médecines douces imposent souvent des difficultés et des sacrifices. Il est possible de les mélanger aux médicaments traditionnels à condition d’éviter de les absorber aux mêmes moments de la journée. Les T.M. (teintures mères) sont faciles d’utilisation et les S.I.P.F. (suspensions intégrales de plantes fraîches) restituent l’intégralité des propriétés des plantes, mais n’existent que pour peu de plantes.

Les médicaments classiques des affections rhumatismales, les anti-inflammatoires, malgré leurs effets secondaires, calment les poussées aiguës, diminuent la gravité évolutive de la maladie, évitent parfois les déformations, permettent une rééducation efficace. En revanche, ils doivent être pris de façon ponctuelle et limitée car ils pourraient libérer des radicaux libres. L’infiltration de cortisone est très efficace en cas de poussée douloureuse et rapidement, mais elle fragilise les structures tendineuses et/ou articulaires. Les médecines douces (probiotiques, plantes, compléments alimentaires) occupent une place de choix dans la prise en charge, prévention et stabilisation ; ainsi que l’ostéopathie, l’acupuncture, la mésothérapie.

Les douleurs mécaniques sont déclenchées par le mouvement, les douleurs inflammatoires réveillent, elles, en fin de nuit.

Les médecines douces sont souvent efficaces dans les épisodes douloureux aigus d’origine infectieuses, évitant la prise d’antibiotiques, mais aussi dans la prévention des infections à répétition où les traitements classiques sont décevants.

MÉTHODES de CONTRÔLE MENTAL :

La douleur se traite le plus souvent en bloquant la transmission du message durant son trajet vers le cerveau, ou en activant la sécrétion de nos morphines naturelles.

Il est aussi possible de jouer sur le vécu et le ressenti du parient pour ramener le seuil de douleur à un niveau supportable et compatible avec une vie normale.

Les méthodes de contrôle mental de la douleur peuvent être utilisées quand des facteurs psychologiques interfèrent très négativement et aggravent ou pérennisent les symptômes. Elles seules sont capables de rompre le cercle vicieux alors mis en place.

La plupart des patients ont une stratégie mentale et comportementale contre la douleur : modulation des activités en fonction de la douleur, repérage des facteurs d’amélioration ou d’aggravation, importance des activités dérivatrices... qui de plus (surtout prolongées) font sécréter les morphines naturelles et permettent ainsi un contrôle de la douleur sans usage de médicaments. Ces endorphines libérées permettent une sensation de bien-être et une antalgie qui perdurent au-delà de ces activités.

Les techniques de contrôle de la douleur s’appuyant sur un travail de relaxation ou sur la suggestion, vont plus loin que ces constatations personnelles de bon sens

- soit apprennent à contrôler l’anxiété et le stress (relaxation passive ou active).

- soit permettent de contrôler les pensées, appelées cognitives (techniques de visualisation et de détournement de l’attention).

- soit proposent un changement de comportement (comportementales).

Toutes simples, elles nécessitent l’adhésion du patient et une phase d’apprentissage donc ne conviennent pas aux situations d’urgence sauf à s’y être préparé.

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« La dette neutralise le temps, matière première de tout changement politique ou social »

20 Septembre 2014, 07:22am

Publié par Basta : Agnès Rousseaux

CONTRÔLE SOCIAL

PAR AGNÈS ROUSSEAUX 6 SEPTEMBRE 2012

  • Emprunt, crédit, créanciers, débiteurs, déficits, remboursement, taux d’endettement, « pacte budgétaire »… La dette est partout, elle a envahi nos vies. Or la dette n’est pas seulement économique, elle est avant tout une construction politique. Elle n’est pas une conséquence malheureuse de la crise : elle est au cœur du projet néolibéral et permet de renforcer le contrôle des individus et des sociétés. « Le remboursement de la dette, c’est une appropriation du temps. Et le temps, c’est la vie », nous explique le sociologue et philosophe Maurizio Lazzarato (auteur de La Fabrique de l’homme endetté). Entretien.

Basta ! : Vous dites que l’Homo debitor est la nouvelle figure de l’Homo economicus. Quelles sont les caractéristiques de ce « nouvel homme » ?

Maurizio Lazzarato : De nombreux services sociaux, comme la formation ou la santé, ont été transformés en assurance individuelle ou en crédit. Le mode de développement néolibéral est fondé sur le crédit et l’endettement. Cette situation s’est aggravée avec la crise des subprimes de 2007. Un exemple ? La formation aux États-Unis : la Réserve fédérale (Banque centrale) a récemment évalué que le montant total de prêts aux étudiants était de 1 000 milliards de dollars [1] ! C’est un chiffre astronomique. Pour avoir accès aux services, à la formation, vous devez tout payer par vous-même. Vous devenez débiteur. Entrepreneur de votre vie, de votre « capital humain ».

Le droit à la formation ou au logement s’est transformé en droit au crédit…

C’est une logique qui ne fonctionne que si l’économie est en expansion. Or la dette privée a été transférée aux États, lorsque ceux-ci ont sauvé les banques notamment, ce qui fait augmenter la dette souveraine. Et nous sommes devenus tous endettés. Cela ne peut pas continuer à l’infini ! Chaque bébé français naît aujourd’hui avec 22 000 euros de dette… À l’époque de l’expansion du capitalisme néolibéral, le crédit permettait de réaliser des projets économiques, des projets de vie, c’était une ouverture du temps et des projets. La logique s’est inversée. Aujourd’hui, notre seule perspective pour quelques années, c’est de rembourser ! La dette est produite et fabriquée par les banques privées, et c’est la population dans son ensemble qui doit rembourser. En Espagne, en Italie, en Grèce, les politiques d’austérité vont approfondir cette privatisation des services et la logique libérale d’endettement.

En quoi cela fonde-t-il un nouveau rapport social, et un nouveau rapport au temps ?

J’ai repris l’hypothèse que développe Friedrich Nietzsche : le rapport social fondamental n’est pas l’échange économique ou l’échange symbolique, mais le rapport débiteur/créditeur. Un rapport fondé sur la confiance, sur la promesse : moi, débiteur, je m’engage à rembourser le crédit, je me porte garant de moi-même. Cette promesse qui engage l’avenir, qui se joue dans le futur, est au cœur de la relation de crédit. Certains textes du Moyen Âge expliquent que le crédit est un « vol du temps ». On disait alors que le temps appartenait à Dieu. Et que les créditeurs étaient des voleurs du temps de Dieu. Aujourd’hui, le temps appartient au capital. Avec le crédit, on fait une préemption sur l’avenir. Cela peut être une anticipation positive – c’était le cas avant la crise –, mais aujourd’hui c’est une anticipation qui ferme complètement l’avenir, avec comme seule perspective de rembourser la dette. La crise continue, la croissance est faible, la dette augmente. Nous allons être bloqués pendant longtemps avec « ce remboursement du temps ». Le remboursement de la dette, c’est une appropriation du temps. Et le temps, c’est la vie.

Une dette, ce n’est pas seulement de l’argent à rembourser, mais des comportements à ajuster, du temps passé à se plier à des contraintes, écrivez-vous. Comment la logique du crédit et de la dette impacte-t-elle nos modes de vie ?

C’est une nouvelle forme de contrôle. Les sociétés du XIXe siècle et du début du XXe étaient des sociétés disciplinaires, comme l’a décrit Michel Foucault. Le contrôle des personnes s’effectuait dans des espaces fermés – écoles, prisons, usines… On pouvait contrôler les gestes de l’ouvrier ou de l’écolier, assignés à une place précise. Avec le crédit, l’espace est ouvert, le contrôle est totalement différent. Vous êtes obligé de rendre chaque mois une somme d’argent. Vous devez régler votre vie par rapport à cette obligation, avoir une discipline de vie compatible avec le remboursement. Nous sommes dans une phase d’adaptation. Il faudra bientôt s’adapter en temps réel aux mouvements de la Bourse ! Et ce contrôle n’est pas seulement sur des individus mais sur des pays entiers : c’est le remboursement de la dette qui « décide » aujourd’hui des baisses des salaires, de la réduction des services sociaux, des dépenses publiques. Cela influence les modes de vie, et empêche d’envisager toute rupture ou bifurcation. La dette neutralise le temps, matière première de tout changement politique ou social. Cela permet aussi d’imposer des formes régressives d’organisation sociale. Tout ça pour une dette qui ne sera jamais remboursée : d’un point de vue économique, c’est une folie !

Le taux d’endettement des ménages, par rapport à leur revenu disponible, est de 120 % aux États-Unis et de 140 % en Grande-Bretagne. Cette situation est-elle tenable ?

L’endettement de l’Italie est de 120 % de son PIB. On ne peut pas rembourser de telles sommes, même sur 10 ans, 15 ans. Il faudrait saigner les gens de manière abominable. Le paiement des intérêts de la dette française s’élève à 50 milliards d’euros par an. Que l’on soit en récession ou en croissance, il faudra toujours payer ces 50 milliards (soit 1 200 milliards depuis 1974 [2]). C’est le deuxième poste budgétaire de l’État français. Une espèce de dîme, de prélèvement forcé, qui s’ajoute au prélèvement des politiques d’austérité. Et de l’autre côté, on privatise, on continue de vendre les biens de l’État. En Italie, il est prévu de vendre chaque année pour 20 à 25 milliards d’euros de biens de l’État. D’ici dix ans, on aura tout privatisé !

La domination actuelle des banques, de la finance, est-elle le signe de la centralité de ce rapport social débiteur/créditeur ?

Marx l’avait dit : ce ne sont pas les industriels qui vont diriger le capitalisme, ce sont les banquiers. L’argent déposé dans les banques est une forme abstraite de richesse. Mais c’est aussi une potentialité : il peut être investi dans n’importe quel domaine. Alors que le capitalisme industriel est « déterminé ». Donc le pouvoir de l’argent est plus important. Le capitalisme est fondamentalement industriel, mais c’est le capitalisme financier qui lui donne sa forme. Ce pouvoir du capitalisme financier a été bridé pendant les Trente Glorieuses, mais la puissance financière est aujourd’hui mise en avant. Depuis 1988, en France, la dette peut être vendue et achetée. Cette « titrisation » de la dette, la possibilité de transformation de la dette en titres négociables sur les marchés, a déterminé la situation actuelle. Cela devient un multiplicateur d’endettement, d’investissements financiers, et donc de risque.

Vous citez le philosophe Jean Baudrillard :« On revient avec le crédit à une situation proprement féodale, celle d’une fraction de travail due d’avance au seigneur, au travail asservi. » La logique actuelle du crédit nous entraine-t-elle dans une régression ?

La logique de départ de cette crise, c’est qu’on a appauvri les gens en même temps qu’on leur donnait la possibilité de s’endetter. Sous prétexte de démocratiser et d’élargir le crédit… Mais pour des gens qui ne pouvaient pas payer pour ces crédits. Même chose avec le crédit étudiant : si les étudiants deviennent de plus en plus pauvres, comment font-ils pour rembourser ? Vous êtes endetté avant même d’entrer sur le marché du travail. Vous êtes obligé de vous comporter, à 20 ans, comme une entreprise individuelle, de vous projeter et de calculer les coûts et les investissements. Vous devenez une entreprise. C’est notamment contre cela que se sont mobilisés récemment les étudiants au Canada ou au Chili.

On reproche aux individus l’endettement collectif, en tentant par exemple de culpabiliser les Grecs. Mais nous vivons aussi dans l’incitation permanente à consommer et vivre à crédit…

Deux morales se télescopent actuellement, la morale de la dette et la morale de la consommation. Au journal télévisé, on vous informe que vous êtes responsable de la dette : vous consommez trop, vous ne travaillez pas suffisamment, vous faites appel trop souvent à la Sécurité sociale. Et de l’autre côté, on vous dit que vous méritez toutes les marchandises qui vous sont proposées. La morale hédoniste de la consommation et la morale culpabilisante de la dette et du travail, qui s’agençaient avant la crise, deviennent maintenant contradictoires. On les retrouve dans la logique d’austérité et la logique de croissance. Aucune des deux ne constitue une solution à la crise.

Vous évoquez les analyses de Nietzsche [3], qui explique que la dette permet le passage de la société sauvage à la société civilisée, parce que la dette oblige l’homme à construire une mémoire, et donc une capacité de promettre. Le crédit est-il un processus socialement positif ?

La dette est un mécanisme, ce n’est pas en soi négatif. C’est un instrument pour construire de nouvelles écoles, de nouveaux hôpitaux… Mais dans la logique capitaliste, cela devient un instrument de pouvoir. Aujourd’hui, la dette a pour seule fonction d’enrichir le créditeur. Rembourser, c’est enrichir les investisseurs institutionnels. Les gens ont cru à ce système, il est attractif. Il a fonctionné pendant vingt ans : on a eu l’impression d’un eldorado qui s’ouvrait devant nous, permettant de différer des remboursements. Pendant des années, on a acheté le consensus. Aux États-Unis, vous pouvez avoir des dizaines de cartes de crédit dans la poche. Cela a marché un temps. Mais on ne peut pas différer indéfiniment. Pourtant, le capitalisme a introduit l’infini dans l’économie. La consommation n’a pas pour but la satisfaction, mais de vous faire passer à une autre consommation. C’est donc une frustration. Vous n’avez donc jamais fini de consommer, de payer la dette…

Pourtant le crédit permet de posséder par anticipation des biens auxquels on ne peut pas accéder, et d’améliorer les conditions matérielles de vie ?

C’est autour du mot d’ordre « Tous propriétaires » de George Bush, repris par Nicolas Sarkozy, qu’a éclaté la crise, avec les subprimes. C’est la faillite de cette idée, qui devait être le symbole de la « déprolétarisation ». La déprolatarisation, c’était une idée des néolibéraux : transformer chaque individu en une entreprise individuelle. Les néolibéraux allemands après-guerre avaient un programme qui visait à construire des unités de production non-prolétariennes : favoriser l’artisanat, la petite entreprise… Nous sommes en train de vivre une nouvelle prolétarisation avec l’endettement : les classes moyennes et populaires s’appauvrissent depuis 2007 de façon redoutable. D’un côté, on coupe les salaires, de l’autre, les services sociaux. En Allemagne, l’espérance de vie a diminué [4]. La logique du crédit qui visait une déprolétarisation produit une nouvelle prolétarisation.

Faut-il annuler une partie des dettes des États ?

On passera forcément par l’annulation de dette, comme c’est souvent le cas. Ce serait logique : si on était dans une perspective libérale, les banques perdraient de l’argent. Mais après la crise des subprimes, les banquiers ont recommencé comme avant, car ils savent qu’ils ne risquent rien, même s’ils perdent de l’argent. La banque Barclays qui a manipulé le Libor (London Interbank Offered Rate) ne va rien payer pour ce scandale. Ce sont les Anglais qui vont payer pour leurs banques.

Comment peut-on lutter contre ce diktat de la dette ?

Le terrain de la lutte des classes, qui était centré sur le rapport capital/travail, autour de la production, a été déplacé sur le terrain créditeur/débiteur. Cette nouvelle relation de pouvoir s’est superposée aux autres. C’est un niveau d’affrontement beaucoup plus abstrait, mais qui traverse complètement la société. Que vous soyez salarié, chômeur ou retraité, vous devez contribuer au remboursement de la dette. Pendant un siècle et demi, le mouvement ouvrier s’est organisé autour de la question du travail. Il a inventé des formes d’organisation des luttes pour contre-balancer le pouvoir du capital. C’est plus compliqué de lutter sur le terrain de la dette. Ce déplacement laisse les gens désarmés car on n’a pas encore trouvé la façon de s’opposer de manière efficace. Il faudrait exproprier les expropriateurs, comme l’a fait le New Deal. Une euthanasie du rentier ! Comme quand Roosevelt a taxé les contribuables riches jusqu’à 90 % – et pas 75 % comme le propose François Hollande… La relation créditeur/débiteur est organisé autour de la propriété, des titres. Pour repenser la croissance – et non le contenu de la croissance, qu’elle soit verte, jaune ou autre ! – ce sont les rapports de propriété qu’il faudrait mettre en discussion.

Propos recueillis par Agnès Rousseaux

Photo/CC : Ma Gali via Flickr

A lire : La Fabrique de l’homme endetté. Essai sur la condition néolibérale, par Maurizio Lazzarato, éditions Amsterdam, 125 pages, 10,50 euros. Pour commander ce livre dans la librairie la plus proche de chez vous, rendez-vous sur le site Lalibrairie.com.

Notes

[1] Dette accumulée par les jeunes aux États-Unis pour financer leurs études. Le taux de défautsur ce type de crédit est d’environ 9 %, contre 6 % il y a dix ans.

[2] « Il a été calculé que la somme de tous les intérêts de la dette payés depuis 1974 (date à laquelle a été introduite en France l’obligation, pour l’État, de se financer sur les marchés) représente près de 1 200 milliards d’euros, sur les 1 641 milliards de l’ensemble de la dette publique. Les intérêts de la dette constituent la mesure de la prédation que les marchés opèrent sur la population depuis quarante ans », in La Fabrique de l’homme endetté, Maurizio Lazzarato.

[3] Friedrich Nietzsche, Généalogie de la morale.

[4] lire notre article.

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Tao de la physique. Fridtjof Capra.

14 Septembre 2014, 06:17am

Publié par pam

TAO DE LA PHYSIQUE. FRIDTJOF CAPRA.

Extrait de la postface :

Face aux multiples dangers qui menacent la planète, la race humaine ne survivra que si nous parvenons à transformer radicalement les méthodes et codes de valeur qui gouvernent encore notre démarche scientifique et nos technologies. J’appelle fortement le passage d’une mentalité dominatrice, axée sur le contrôle et l’asservissement de la nature, êtres humains compris, à une mentalité cherchant à développer la coopération, l’entraide, la non-violence.

En Occident, sciences et techniques ont confondu connaissance et contrôle : l’idée de base étant que, pour comprendre la nature, l’homme doit commencer par la dominer. Système patriarcal qui inculque au mâle un désir pathologique de contrôle et domination.

Jusqu’à la Renaissance, le but de la science était la recherche de la sagesse, une meilleure compréhension de l’ordre naturel, un mode de vie en harmonie avec cet ordre. Depuis Bacon, le but de la science est de fournir à l’homme des connaissances spécialisées lui permettant d’asservir la nature. De nos jours encore, science et technologie sont utilisées conjointement à des fins nuisibles, dangereuses et anti-écologiques.

Plus femmes et hommes prennent conscience de ces problèmes, comprennent que les prétendus progrès techniques se retournent bien souvent contre nous, plus les choses changent. Mais ce changement devra s’accompagner d’un changement des mentalités. La tête évolue, le cœur doit suivre. Ce n'est pas par le seul intellect que se fera le difficile, et sans doute tumultueux, passage d’une société obnubilée par le pouvoir, la domination, le contrôle, à une communauté travaillant à développer coopération et non-violence. La nouvelle mentalité sera écologiste, Et nous apprendrons sans surprise qu'elle est celle qu'enseignent les traditions spirituelles. Les sages de la Chine antique avaient une belle phrase pour exprimer cette attitude :

“Celui qui se conforme à l’ordre naturel flotte naturellement dans le courant du Tao.”

Tao de la physique. Fridtjof Capra.

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Technique et philosophie...

19 Août 2014, 05:12am

Publié par pam

Antimanuel de philosophie. Michel Onfray. Extraits, résumé, fiche de lecture.....

Chapitre III - LA TECHNIQUE.

Le cellulaire, l’esclave et la greffe.

Une fois accomplis, les progrès techniques rendent difficiles et improbables les retours en arrière.

La technique se définit par l’ensemble des moyens mis en œuvre par les hommes pour s’affranchir des nécessités et des contraintes naturelles. Là où la nature oblige, la technique libère, elle recule les limites de la soumission aux puissances naturelles. À l’origine, la technique vise à permettre l’adaptation de l’homme à un milieu hostile. Dans un premier temps assurer la survie, puis rendre la vie plus agréable. Ensuite, besoins humains de communication. Chaque problème posé appelle une solution et induit les développements technologiques appropriés. L’histoire de l’humanité coïncide avec l’histoire des techniques. Quelquefois, les inventions déclenchent des révolutions de civilisation (feux, métaux, roue, électricité, informatique, code génétique).

Mais une invention n’existe pas sans contrepoint négatif. Aujourd’hui, le monde de la technique s’oppose tellement à celui de la nature qu’on peut craindre une mise à mal de l’ordre naturel, mettant en danger la planète. D’où l'apparition de l’écologie en appelant au principe de précaution. De plus le fossé se creuse entre riches et pauvres : ceux qui disposent de la technologie de pointe et les autres qui n’ont même pas les moyens de la survie. La technique est un luxe de civilisation riche. En Occident, la technique mène à la paupérisation, au chômage, à la raréfaction du travail, à l'aliénation.

Il faut espérer un monde où la technologie serait au service des hommes.

Risques technologiques majeurs résultant du développement des industries chimiques ou du nucléaire.

Theodor Adorno : “L’affirmation selon laquelle les moyens de communication sont source d’isolement ne vaut pas seulement pour le domaine intellectuel... Le progrès sépare littéralement les hommes.... Les communications établissent l’uniformité parmi les hommes en les isolant.”

La possibilité technique oblige-t-elle à sa réalisation effective ? La seule faisabilité technologique donne-t-elle la mesure du faisable et de l’infaisable ? Morale, éthique, sens du bien et du mal ?

Les progrès considérables du génie génétique prend de vitesse toute réflexion.

Limites des manipulations génétiques ?

Les possibilités et les limites de la technique médicale supposent aussi une morale.

La brevetabilité du vivant ainsi que les organismes génétiquement modifiés font aussi problème. Piller le patrimoine végétal des pays pauvres pour le profit de quelques uns : la technique artificialise la planète, met à mort la nature au profit d’un seul pays riche ainsi dominateur.

Seule une politique éthique écologique et humaniste pourra éviter la transformation de la terre en champ de bataille pour de nouvelles guerres économiques.

Hans Jonas : maître à penser des défenseurs du principe de précaution, face aux périls écologiques, biologiques et technologiques de la modernité, formule une éthique de la responsabilité en invitant à agir seulement après avoir réfléchi aux conséquences de l’action immédiate dans le futur.

Esclaves modernes, de nombreux individus croupissent en victimes du capitalisme qui se caractérise par un usage de la technique exclusivement indexé sur le profit et la rentabilité. Subir ce processus, c’est être esclave : smicards, chômeurs, SDF, prostitués, enfants et adultes exploités. Passé le temps de la découverte, la technique permet aux plus forts de dominer les plus faibles, de l’âge des cavernes à celui d’Internet. La technique se met au service de ceux qui possèdent les moyens de production. Fabrication d’objets périssables destinés à faire circuler l’argent des consommateurs.

En utilisant la technologie à des fins humanistes et libertaires, et non inhumaines et libérales, on augmente le temps de loisir, on diminue le temps et la pénibilité du travail, on ne produit que les richesses nécessaires, on limite les stocks.

L’esclave d’aujourd’hui, c’est aussi l’individu privé de relations humaines, coupé du monde ou relié que par des réseaux de providence (aides humanitaires).

Là où la technique permet un progrès matériel, elle annonce souvent une régression morale. On ne peut prévoir ce que donneront ces énergies nouvellement libérées par la mise en réseau planétaire des initiatives privées et publiques. La quantité tue la qualité (livre, informations...).

Nietzsche (1844-1900) : “Pauvre, joyeux, indépendant ! tout cela est possible simultanément. Pauvre, joyeux et esclave, c’est aussi possible... Fi ! croire que l’on pourrait remédier par un salaire plus élevé à l’essentiel de leur détresse, je veux dire leur asservissement impersonnel ! ... Fi ! avoir un prix auquel on cesse d’être une personne pour devenir un rouage !... quelles énormes sommes de valeur intérieure (celle des hommes) sont gaspillées pour une fin aussi extérieure (celle des nations)... Qu’est devenue votre valeur intérieure sans un minimum de maîtrise de vous-mêmes ? Si vous n’avez plus foi en la liberté spirituelle de l’homme sans besoins ?

Paul Lafargue : “Au lieu de réagir contre cette aberration mentale (l’épuisement des forces vitales au travail), les prêtres, économistes, moralistes, ont sacro-sanctifié le travail... Dans la société capitaliste, le travail est la cause de toute dégénérescence intellectuelle... Si la classe ouvrière se soulevait non pour réclamer les Droits de l’homme (droits de l’exploitation capitaliste) ou le Droit au travail (droit à la misère), mais pour forger une loi d’airain, défendant à tout homme de travailler plus de trois heures par jour, la Terre... sentirait bondir en elle un nouvel univers... Mais comment demander à un prolétariat corrompu par la morale capitaliste une résolution virile ?

André Gortz : “Le sens de l’actuelle révolution technique ne peut pas être de réhabiliter l’éthique du travail, l’identification au travail. Elle n’a de sens que si elle élargit le champ des activités non professionnelles dans lesquelles chacun puisse épanouir la part d’humanité qui, dans le travail technicisé, ne trouve pas d’emploi.”

Herbert Marcuse (1898 -1979) : “Dans les zones techniquement avancées de la civilisation, la conquête de la nature est pratiquement totale... Cependant, le développement du progrès semble être lié à l’intensification de la servitude... L’asservissement et la destruction de l’homme par l’homme les plus efficaces, s’installent au plus haut niveau de la civilisation, au moment où les réalisations matérielles et intellectuelles de l’humanité semblent permettre la création d’un monde réellement libre.”

Technique et philosophie...

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principes de base de la méditation...

13 Août 2014, 07:51am

Publié par pam

continuons le résumé de "Réflexions d'un médecin bouddhiste à l'usage des soignants et des soignés" Dr. Daniel Chevassut.

- PRINCIPES DE BASE DE LA MÉDITATION.

Pour réaliser cet objectif, le moyen est la pratique de l’attention. Être attentif, présent et pleinement conscient à ce qui est Aussi bien intérieurement dans sa tête et dans son corps qu’à l’extérieur : environnement, situation vécue... Pour éliminer progressivement l’habitude du mental de partir dans tous les sens, on utilise un support comme le souffle pour le fixer. On reste donc posé sans distraction sur le va et vient du souffle, on ne bloque pas pensées ou sensations (physiques ou psychologiques) et on ne les suit pas non plus. On expérimente alors progressivement cet état témoin. Tout est vu, éprouvé, mais sans identification, ni fixation, ni tentative d’appropriation. C’est un acte de dépossession.

Ce type de travail sur soi a pour résultat de développer un esprit paisible, réceptif, disponible et apte à se concentrer rapidement et efficacement sur ce qui est approprié en fonction du lieu et du temps. Il favorise donc l’expression d'une attitude juste mais aussi le développement de l’intuition. D’ailleurs, si on est vraiment réceptif à une situation, l’esprit est en paix et souvent la solution s’impose d’elle-même.

Outre l’esprit, la méditation implique un travail sur le corps, par le biais de la posture. La position du corps a d’elle-même un effet apaisant. Le plus important est la rectitude du dos. Le corps est parcouru de canaux subtils (nadi en sanscrit), dans lesquels circule l’énergie (prâna en sanscrit). La production et la qualité des pensées, émotions et rêves sont étroitement liées à la circulation de cette énergie.

“L’axe vertébral est la manifestation physique de la verticalité. À ce titre, il occupe une place essentielle dans l’équilibre et l’épanouissement de l’être. La verticalité n’est pas seulement une posture corporelle, mais aussi le reflet de la présence à l’instant, dans laquelle aucune énergie n’est dispersée dans la remémoration du passé ou l’anticipation du futur. Dans cette intemporalité, libre du moi et de ses illusoires sécurités, le corps trouve sa dignité naturelle et son repos parfait.” Jean-Marc Mantel.

L’outil pour observer le corps subtil (canaux, centres d’énergie...) est la conscience, mais une conscience plus affinée que celle dont nous faisons habituellement l’expérience, une conscience progressivement purifiée par le travail de la méditation.

Bokar Rimpotché : “Les scientifiques nous révèlent un grand nombre de choses que nous n’avons pas la capacité de percevoir par nous-mêmes. Cependant, malgré tout leur savoir, malgré les découvertes merveilleuses qu’ils opèrent, il reste un domaine qu’ils ne savent ni approcher ni comprendre : celui de la nature de l’esprit. Ce domaine est précisément celui de l’enseignement du Bouddha.”

Seul l’esprit peut connaître et analyser l’esprit, et la première étape de cette observation consiste à développer un état intérieur clair et serein.

Par ailleurs, le niveau de conscience du sujet modifie considérablement l’observation de l’objet. Nous percevons les choses en fonction de ce que nous sommes. D’après le principe d’incertitude du physicien Heisenberg, la qualité de conscience de l’observateur peut modifier la nature ou la structure de l’objet observé. Cette vision quantique selon laquelle les atomes forment un univers d’événements multiples plutôt qu’un monde figé d’éléments et d’états, crée beaucoup d’espace dans les possibles de la relation humaine. Cela signifie que la qualité d’être du médecin a une influence directe sur la santé de son patient.

Il y a une compréhension qui naît de la pratique de la méditation elle-même. L’accès à certaines réalités implique en effet un niveau de maturation de la psyché et de la conscience équivalent.

Ces connaissances sont le fruit de l’expérience spirituelle des grands maîtres du passé. Rien n’a donc été inventé.

Bokar Rimpotché : “S’engager sur la voie de la méditation implique que l’on en connaisse la finalité, les moyens utilisés et les résultats obtenus :

- Reconnaître que la source de toute souffrance et de tout bonheur est l’esprit lui-même et que, donc, seul le travail sur l’esprit permet d’éliminer la première et d’établir le second de manière authentique et définitive.

- Connaître les conditions auxiliaires nécessaires : désir de méditer, instructeur qualifié, lieu retiré.

- Savoir poser son esprit en méditation : sans suivre les pensées du passé ou de l’avenir, établir dans le présent son esprit, ouvert, détendu, lucide et le fixer sur l’objet de concentration choisi.

- Savoir quels sont les fruits temporaires et ultimes de la méditation : sérénité, liberté face aux circonstances et enfin, l’état de Bouddha.”

principes de base de la méditation...

- LA MÉDITATION EST-ELLE SANS RISQUES ?

Toute la difficulté consiste à maintenir une cohérence dans le fonctionnement du corps et de la psyché, tout en conservant cette vision profonde, même si, inéluctablement, il y a des périodes de crises. Entre l’éveil de la conscience et l’ignorance, il y a un entre-deux qui peut parfois être inconfortable, mais qui est aussi en même temps très tonifiant.

Je ne sais pas exactement où j’en suis sur le chemin spirituel, mais je sais que pour rien au monde ne ne reviendrais en arrière. Cela serait de toute façon impossible.

Pratique mal comprise : la torpeur est un danger, il est essentiel de maintenir un esprit vif et clair pendant la méditation. Il vaut mieux raccourcir le temps de méditation ou reporter en cas de fatigue. Sinon cette torpeur risque de nous faire développer une apathie dans le reste de l’existence. Il faut de la rigueur.

La pratique peut révéler des problèmes antérieurs. La méditation favorise progressivement une transparence intérieure. Dans cette transparence, la censure répressive de la psyché se relâche, tout un contenu mental et émotionnel inconscient est susceptible de remonter à la surface. Il faut donc savoir travailler avec ce qui peut se révéler désagréable, voire inacceptable. Un dysfonctionnement mental sévère peut constituer un obstacle majeur dans le cadre de la pratique contemplative.

Enfin, quand tout se passe bien, la structure égotique, se sentant menacée par une pratique méditative bien conduite, va réagir de multiples façons : le plus souvent par l’ennui, l’orgueil, la tristesse ou la dépression. Ce cas particulier n’est pas sans rappeler le phénomène du sevrage. On peut aussi éprouver de la peur, plus dans l’approche de la vision supérieure.

Aristote : “De même que les yeux des oiseaux de nuit clignotent devant l’éclat de la lumière du jour, ainsi le regard des mortels est ébloui devant ce qui est le plus manifeste.”

Tout cela se travaille, en comprenant entre autre que ce sont des effets secondaires d’une pratique efficace (variables en fonction de chacun).

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POUR UNE JUSTE COMPRÉHENSION DE LA MÉDITATION.

11 Août 2014, 06:34am

Publié par pam

RÉFLEXIONS D’UN MÉDECIN BOUDDHISTE À L’USAGE DES SOIGNANTS ET DES SOIGNÉS.

Dr. Daniel Chevassut. Fiche de lecture suite...

CHAPITRE 4 : MÉDITATION ET CONTEMPLATION, LES VOIES INEXPLORÉES DE LA MÉDECINE MODERNE.

- POUR UNE JUSTE COMPRÉHENSION DE LA MÉDITATION.

La nature profonde de l’être humain est paisible. C’est une réalité que l’on découvre progressivement, d’une manière inéluctable et universelle, si la voie spirituelle dans laquelle on s’engage est authentique (chemin qui arrive quelque part et qui conduit à incarner les potentialités les plus profondes et nobles de l’esprit : paix, amour, compassion, sagesse).

Le parcours spirituel se crée au fur et à mesure de notre progression et mène à une transformation radicale si la détermination est forte.

Dans la tradition de l’Inde ancienne, “le bon praticien, qualifié de guide ou de convoyeur de la vie, est censé avoir des connaissances non seulement en anatomie et physiologie, mais aussi en psychologie et spiritualité.” Les qualités de vitalité et d’ouverture d’esprit du médecin étaient donc considérées comme essentielles.

La méditation concerne le spirituel. Le mot peut lui-même être source de confusion et d’erreurs, comme de confondre avec réflexion, analyse ou relaxation.

Méditer : du latin meditari (penser, étudier, avoir en vue, réfléchir) et de mederi (soigner, traiter), et aussi racine sanscrite madya (milieu, centre). Donc dimension de centre, équilibre et soin. Méditer c’est aussi la traduction de zen, mot japonais dérivé du sanscrit dhyana (concentration de l’esprit, contrôle de l’esprit).

La voie de la méditation est un processus graduel d’ouverture de l’esprit ou d’expansion de la conscience. Méditer signifie “tourner son regard vers l’intérieur et demeurer l’esprit posé en lui-même, sans se fixer sur ce qui peut être vu”.

Notre esprit est généralement fermé, égocentré, limité par ses conditionnements (pensées, concepts, émotions...). Si une forme de dépendance est bonne dans l’enfance, le bouddhisme considère qu’être esclave de ses passions est pratiquement du domaine de l’addiction.

Honorer le devoir de mémoire n’a de sens que si l’on honore en même temps l’exigence de transformation de soi.

À mesure qu’on progresse dans la pratique de la méditation, la conscience se dégage des liens qui l’entravent et l’esprit commence à s’ouvrir, s’épanouir et réaliser sa véritable nature. Car la conscience a tendance à s’identifier à ces états ou perturbations que sont pensées, émotions, rêves. Il ne s’agit pas de nier ou refouler nos contenus mentaux, mais de les voir pour ce qu’ils sont, sans en être prisonnier ou s’y identifier. 1° étape de la méditation : pratique du calme mental (samatha en sanscrit).

Méditer signifie donc demeurer posé sans distraction sur la nature de l’esprit. Bien que n’ayant aucune substantialité, l’ego est le sentiment d’exister comme une entité permanente, fixe et solide. Centre factice qui naît d’un manque de clarté et qui n'a pas d’existence en soi. L’ego est comme une contracture de la conscience, l’amalgame d’une succession d’instants de conscience, donnant l’illusion d’une entité fixe et solide, tout comme la succession rapide des molécules d’eau donne l’illusion d’un fleuve.

Francisco Varela : “L’ego, c’est l’entité virtuelle qui cache l’essence”.

Le terme méditer est aussi synonyme de contempler, si on considère la pratique contemplative comme un moyen de dépasser la pensée conceptuelle. Il semble que la plupart des gens pensent la vie plus qu’ils ne la vivent. Nous vivons en fait ce que nous pensons être. On peut donc parler d’un processus de désaliénation par la connaissance de soi, par la réalisation de ce que nous sommes véritablement en essence.

2° étape du processus méditatif et objectif principal de la méditation : reconnaître la nature ultime de son esprit, pratiquer la vision supérieure (vipassana en sanscrit). Dans le sens de supérieur à notre mode de vision précédent. Dans sa réalisation, le témoin disparaît, ni moi ni autre. Il est dit qu’ultimement on devient soi-même l’espace. Cette étape est la vraie méditation et cette observation sans observateur ne ressemble en rien à l’introspection de type psy.

La pratique du calme mental est une phase préparatoire indispensable à cette étape révélatrice et cruciale. Le calme mental apaise l’agitation des pensées, ensuite grâce à la vison supérieure, on voit la nature de l’esprit, on voit ce qui n’était pas vu auparavant. Le calme mental c’est demeurer dans ce qui perçoit au lieu de demeurer habituellement dans ce qui est perçu.

Bokar Rimpotché : “La vraie raison et le véritable but de la méditation sont d’éliminer notre ignorance (qui conçoit à tort l’existence d’un soi réel) et les émotions perturbatrices... Le point de vue de la méditation considère que les bonheurs et les souffrances ne dépendent pas fondamentalement des circonstances extérieures, mais de l’esprit lui-même.

Une attitude d’esprit positive engendre le bonheur, une attitude négative produit la souffrance.

Comment comprendre cette méprise qui nous fait chercher au-dehors ce que nous ne pouvons trouver qu’au-dedans ?

La nature positive ou négative de notre esprit se reflète dans les apparences extérieures qui nous renvoient notre propre image. La manifestation extérieure est ainsi une réponse à la qualité de notre monde intérieur.

Le bonheur que nous désirons ne viendra pas de la déstructuration du monde qui nous entoure, mais de la réforme de notre monde intérieur.

Donc méditer nous apprend d’abord à développer une relation plus juste vis-à-vis de nous-mêmes et de notre environnement, en attendant de nous éveiller à une non-dualité, au-delà de toute forme de relation.

Lama Denys Teundroup : “La méditation est un moyen d’explorer l’esprit, mais non pas tant un moyen d’exploration et d’analyse des contenus de l’esprit, comme dans la psychologie, mais plutôt de connaissance de ses mécanismes profonds et de sa structure fondamentale”.

Méditer, c’est aussi se familiariser avec une nouvelle manière d’être, en expérimentant concrètement et progressivement une nouvelle vision des choses, une nouvelle façon d’entrer en relation avec ses pensées et émotions, ainsi qu’une nouvelle perception des phénomènes extérieurs.

La méditation est le lieu de la transformation où le corps, la parole et l’esprit entrent en cohérence parfaite.

Méditer c’est finalement devenir soi-même, lorsque tout ce que nous ne sommes pas vraiment a progressivement disparu. Tout ce qui est faux en nous, tout ce à quoi nous sommes identifiés et qui ne nous appartient pas.

 POUR UNE JUSTE COMPRÉHENSION DE LA MÉDITATION.

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gestion de la souffrance...

10 Août 2014, 06:30am

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RÉFLEXIONS D’UN MÉDECIN BOUDDHISTE À L’USAGE DES SOIGNANTS ET DES SOIGNÉS.

Dr. Daniel Chevassut. notes de lecture, chapitre 3.

Souffrance : mal-être qui touche à la fois le corps, la psyché et l’esprit : douleur physique, morale et spirituelle. On peut y ajouter souffrances sociales, difficultés de communication au sein de la famille, de l’entreprise, compétition, rythme de vie épuisant... Aujourd’hui, les gens sont très destructurés et vulnérables. Beaucoup ne présentent pas de dysfonctionnements mentaux avérés, mais ont de grandes difficultés à s’adapter à leur situation et à la crise qu’ils traversent. Solitude, maladie, difficultés financières, indifférence générale sont le lot de beaucoup de gens. Souvent en fond apparaissent agressivité, manque d’amour et de tendresse, besoin de fraternité.

Syndrome du mal-être et nouvelle pathologie : celle d’une incapacité croissante des êtres humains à s’adapter au monde qu’ils ont eux-mêmes créé.

“Les gens, aujourd’hui, sont atteints d’une maladie particulière, qui est celle du syndrome de manque de force intérieure.” Maître tibétain.

Spinoza : concept de potentia, puissance d’agir (d’essence divine) propre à tout être vivant. Tant que la potentia d’un sujet n’est pas corrompue, abîmée ou détruite, ce dernier est toujours à même de surmonter les difficultés de son existence.

Boris Cyrulnik : la notion de résilience, capacité de certaines personnes à sortir renforcées de l’adversité et à rebondir, s’enracine dans cette dimension, notion de potentiel humain.

Nietzsche : “Ce qui ne me détruit pas me rend plus fort.”

Certaines épreuves peuvent être des blessures qui guérissent, à condition que la puissance d’agir soit intacte ou restaurée. Sinon la souffrance peut emprisonner pendant une longue période celui ou celle qu’elle afflige dans une sorte d’entre-deux douloureux, sans l’anéantir pour autant.

Tout cela abouti parfois à une perte du goût de vivre. Le développement du coaching est aussi un reflet de cette fragilité ambiante.

Coaching : accompagnement personnalisé d’une personne dans le cadre personnel ou professionnel, dans le but de développer son potentiel et son savoir-faire avec l’aide d’une autre personne. Plusieurs étapes : au début trois points : comment se manifeste le problème et quelle est sa cause ? Qu’est-ce que je souhaite à la place (objectif) ? Lorsque mon objectif sera atteint, quelles en seront les conséquences ? Coacher un individu, c’est le mobiliser en stimulant ses ressources psychologiques.... Dans un environnement fait de turbulences, d’accélération et de dépression, le coach est capable de connecter chacun à sa motivation profonde.” B. Stenier.

Beaucoup aujourd’hui, survivent plus qu’ils ne vivent. Certains flottent dans le passé ou un hypothétique futur. Indices de ce mal-être : anxiolytiques, drogues, alcool, augmentation des consultations en pédopsychiatrie : que des enfants soient touchés confirme une extension de la souffrance collective et sociale en surface et en profondeur. Syndrome d’Harry Potter : ils aimeraient tant échapper à cette condition par des pouvoirs magiques ; comme lui, ils ont le sentiment d’avoir peu de chances de s’en sortir sur un plan purement humain ou en faisant confiance seulement aux adultes.

Du fait de notre manière erronée de fonctionner et de voir les choses, nous avons fini par créer un monde inhumain ou inadapté, dans un environnement (France) qui est pourtant très favorable à l’homme.

XIV° Dalaï Lama : “Atteindre le bonheur authentique exige de transformer à la fois le regard que l’on porte sur le monde et sa manière de penser.”

Gandhi : “La multiplication des hôpitaux n’est pas un critère de santé, au contraire... La civilisation moderne n’a de civilisation que le nom. En elle, les nations d’Europe se dégradent et se ruinent davantage chaque jour.... Cette civilisation est telle qu’il suffit d’être patient et on la verra s’autodétruire.”

Râmarthirthâ : “Le monde civilisé se traîne avec les béquilles de la respectabilité en gaspillant son temps et son matériel de façon évidente et fatigante. Et que le monde européen et yankee soit en train de réussir dans sa dévotion complète à la futilité, personne ne peut le nier.”

Philosophe russe : “J’ai entendu dire qu’en Occident vous aviez tout... et rien d’autre.”

Seule l’expérience spirituelle peut permettre l’émergence d’une autre échelle de valeurs favorisant un comportement juste. Aujourd’hui, la raison ne suffit plus, l’absence de sacré dans nos vies produit l’avoir et la société de consommation actuelle. Au lieu de trouver l’esprit de l’univers en nous-mêmes, nous passons notre temps à étreindre la poussière.

Mais comme dit Hölderlin : “là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve.”

“La conscience n’est dans le chaos du monde qu’une petite lumière, précieuse mais fragile.” Céline.

gestion de la souffrance...

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la maladie comme maître ?

9 Août 2014, 07:07am

Publié par pam

RÉFLEXIONS D’UN MÉDECIN BOUDDHISTE À L’USAGE DES SOIGNANTS ET DES SOIGNÉS.

Dr. Daniel Chevassut. suite des notes de lecture...

Dénominateur commun : tout l’enseignement du Bouddha repose sur la libération de la souffrance et sur les moyens pour y parvenir. l’objectif de la médecine est de soulager la souffrance des malades et de les guérir chaque fois que c’est possible.

Albert Einstein : “S’il y a une religion qui puisse s’accommoder des exigences de la science moderne, c’est bien le bouddhisme.”

En effet, le message transmis par le Bouddha préconise d’expérimenter soi-même les principes du Dharma, démarche qui me satisfait entièrement d’un point de vue scientifique. “Nous ne devons pas croire à une chose parce qu’elle a été dite, ni croire aux traditions parce qu’elles ont été transmises, ni croire sur la simple autorité de nos maîtres ou instructeurs.” Cela dit, le bouddhisme propose une direction, mais en aucun cas il n’impose quoi que ce soit.

- LA MALADIE COMME MAÎTRE.

Mourir est une succession de deuils à vivre : on fait le deuil de sa santé, puis de sa vitalité et de son indépendance, ce qui amène à réfléchir à la question de la vulnérabilité. Puis deuil de ses identifications (sociale, familiale) ; dans la vie, c’est l’autre qui vous confère votre statut, l’autre qui vous indique le rôle qu’il convient de jouer au bon moment. L’image de soi change, la maladie transforme. Tout cela abouti progressivement à une dépression réactionnelle avec une douleur morale profonde.

Puis quelque chose en soi cède, on accepte de mourir. Pas résignation mais acceptation du corps et de l’esprit. Cet état s’accompagne d’une paix indescriptible, à l’origine pour moi de ma quête spirituelle.

Changements psychologiques : comment expérimenter une douleur physique intense et en même temps être intérieurement en paix ? Et aussi changement de notre relation au monde et à l’environnement. Plus grande transparence et plus grande acuité de perception. Plus grande aptitude à communiquer avec la nature, plantes, animaux. Plus le degré de connaissance spirituelle s’affine, plus le rapport avec le monde naturel s’élabore.

Poème persan : “La Vie est dormante dans le minéral, rêve dans la plante, se réveille dans l’animal et devient consciente d’elle-même dans l’homme.”

Graf Dürckheim, philosophe : “À condition que l’homme comprenne à quoi il a affaire, la grande expérience est un tournant et un bouleversement. Elle induit une transformation de l’attitude globale envers la vie.”

Cette maladie fut un élément déterminant dans ma quête spirituelle. Elle m’aide à mieux ressentir ce que l’autre peut éprouver et à ne jamais oublier la compassion ni l’enfer psychologique que l’on peut parfois expérimenter quand on s’apprête à quitter ce monde ou lorsqu’on est atteint d’une maladie sévère, longue et invalidante.

la maladie comme maître ?

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"Réflexions d'un médecin bouddhiste" fiche de lecture suite...

8 Août 2014, 07:45am

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RÉFLEXIONS D’UN MÉDECIN BOUDDHISTE À L’USAGE DES SOIGNANTS ET DES SOIGNÉS.

Dr. Daniel Chevassut. Éditions Sully. 2007.

CHAPITRE 1.

“Nous sommes ce que nous expérimentons et nous expérimentons ce que nous sommes.”

Lama Denys Teundroup.

Les événements et circonstances que nous rencontrons dans notre existence exercent une influence indéniable, sur notre constitution, et sur la manière dont nous appréhendons le monde.

On ne devient pas médecin par hasard. Se poser la question de la souffrance et s’engager sérieusement sur une voie spirituelle sont le fruit d’un cheminement, et d’une sensibilité, assez mûre pour prendre le risque d’être blessée. Car à moins d’être vraiment touché, on ne se pose pas véritablement de questions, ou pas les vraies questions.

- L’INFLUENCE DE LA TERRE MÈRE.

On peut se demander dans quelle mesure le lieu où l’on naît exerce ou non une influence sur notre vie : nourritures matérielles et spirituelles, terre, air qu’on respire, saveurs, parfums, sons, couleurs, êtres qui y vivent. Quelque chose au départ est déjà scellé.

Mon apprentissage de la solitude et cette aptitude à ressentir plus qu’à analyser me sont utiles comme médecin, et aussi comme aspirant spirituel. Dans ma vision d’enfant, j’avais déjà perçu le jeu de l’égocentrisme, la puissance de l’aveuglement et leurs conséquences dramatiques sur les êtres, avant-goût de l’équanimité bouddhiste.

Le sous-développement le plus grave n’est pas tant celui du matériel et de l’avoir que celui de l’être. Le délabrement progressif de la planète et la souffrance qui en résulte nous amèneront peut-être à le réaliser plus tôt que prévu.

Parler à ses parents avant leur mort : la fin de l’existence n’est plus le moment des conflits, mais celui de la réconciliation et de la paix.

“La nature nous aide à être nous-mêmes, à traverser les changements majeurs et les situations où notre vie est en jeu. Elle apporte la magie et le rire.” Sobonfu Somé.

L’être humain ne réalise pas à quel point sa propre survie dépend de l’amour et du respect qu’il porte à la planète. Tout le monde le ressent plus ou moins, mais peu le réalisent vraiment. La nature et les éléments ont ce pouvoir extraordinaire de procurer des expériences de ravissement, où l’on s’oublie, où ce qui est superficiel en nous disparaît pour laisser place à notre vraie nature, la plus profonde.

Mircea Eliade : “Je crois que l’élément essentiel de la condition humaine est le sens du sacré.”

Si nous voulons que s’installe l’harmonie entre l’homme et son environnement, et aussi simplement survivre sur cette terre, nous devons retrouver, par un important travail sur nous-mêmes cette réalité sacrée qui vit en chacun de nous.

Nous devons préserver à tout prix un système de vie interdépendant qui doit rester intact si chacun veut continuer à exister. Seule solution pour sortir de l’impasse.

“Quand les êtres humains perdent le contact avec la nature, avec le ciel et la terre, ils ne sont plus capables de nourrir leur environnement, ni - ce qui revient au même - de gouverner leur monde ; ils détruisent leur écologie en même temps qu’ils se détruisent entre eux. Dans cette optique, la guérison de notre société doit s’effectuer de concert avec la guérison de notre lien personnel et élémentaire avec le monde phénoménal.” Chögyam Trungpa in “Shambhala, la voie sacrée du guerrier”.

"Réflexions d'un médecin bouddhiste" fiche de lecture suite...

- L’INFLUENCE DES ANCÊTRES.

Retenir de la transmission et de l’apport de nos parents et grands-parents ce qui a été positif en ressentant pour eux une vraie gratitude, même si les relations n’ont pas toujours été ce qu’elles auraient dû être. Devoir de gratitude ?

Capacité à être moi-même, en accord avec mon ressenti et mes idées, même si ceux-ci s’avéraient être en décalage, ou en désaccord avec l’entourage.

Aujourd’hui, plus que jamais, l’importance de l’énergie féminine dans le monde doit être considérée à sa juste valeur : c’est une énergie cachée, terriblement puissante, dont la femme elle-même n’est pas toujours consciente. C’est l’énergie de la Vie qui est présente et c’est parfois la fonction de certains hommes de la leur révéler. C’est probablement le pressentiment de cette puissance qui peut aussi inconsciemment faire peur au sexe masculin. André Breton appelait cette puissance mystérieuse le noyau de nuit.

Dans les temps anciens et dans certains pays, la femme qui portait un enfant était sacralisée. Elle était porteuse de vie et consciente de l’importance de ses états d’âmes sur la vie future de son bébé.

La mort étant l’opposé de la naissance, les connaissances issues de la pratique des soins palliatifs doivent venir compléter celles de la gynécologie-obstétrique. Et réciproquement.

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- LA MALADIE COMME MAÎTRE.

Mourir est une succession de deuils à vivre : on fait le deuil de sa santé, puis de sa vitalité et de son indépendance, ce qui amène à réfléchir à la question de la vulnérabilité. Puis deuil de ses identifications (sociale, familiale) ; dans la vie, c’est l’autre qui vous confère votre statut, l’autre qui vous indique le rôle qu’il convient de jouer au bon moment. L’image de soi change, la maladie transforme. Tout cela abouti progressivement à une dépression réactionnelle avec une douleur morale profonde.

Puis quelque chose en soi cède, on accepte de mourir. Pas résignation mais acceptation du corps et de l’esprit. Cet état s’accompagne d’une paix indescriptible, à l’origine pour moi de ma quête spirituelle.

Changements psychologiques : comment expérimenter une douleur physique intense et en même temps être intérieurement en paix ? Et aussi changement de notre relation au monde et à l’environnement. Plus grande transparence et plus grande acuité de perception. Plus grande aptitude à communiquer avec la nature, plantes, animaux. Plus le degré de connaissance spirituelle s’affine, plus le rapport avec le monde naturel s’élabore.

Poème persan : “La Vie est dormante dans le minéral, rêve dans la plante, se réveille dans l’animal et devient consciente d’elle-même dans l’homme.”

Graf Dürckheim, philosophe : “À condition que l’homme comprenne à quoi il a affaire, la grande expérience est un tournant et un bouleversement. Elle induit une transformation de l’attitude globale envers la vie.”

Cette maladie fut un élément déterminant dans ma quête spirituelle. Elle m’aide à mieux ressentir ce que l’autre peut éprouver et à ne jamais oublier la compassion ni l’enfer psychologique que l’on peut parfois expérimenter quand on s’apprête à quitter ce monde ou lorsqu’on est atteint d’une maladie sévère, longue et invalidante.

"Réflexions d'un médecin bouddhiste" fiche de lecture suite...

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