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lectures

Le tao de la physique. Fridtjof Capra.

17 Mai 2014, 06:29am

Publié par pam

extraits de la post-face (1985 !) :

"J’essaie d’analyser les conséquences sociales de cette mutation à laquelle nous assistons. Les problèmes majeurs de notre époque : danger nucléaire, destruction de notre environnement naturel, impuissance à réduire la misère et la malnutrition un peu partout dans le monde, ne sont que les facettes d’une seule et même crise, essentiellement une crise de perception. La plupart d’entre nous, particulièrement ceux qui ont pour tâche de gérer nos structures politiques et sociales, continuent encore de fonctionner selon un mode de pensée aujourd’hui dépassé. Leurs concepts et systèmes de valeurs sont périmés. Inadaptés aux problèmes du monde surpeuplé et profondément interdépendant dans lequel nous vivons. Mais en même temps, des chercheurs d’avant-garde, des pionniers dans les domaines des techniques de pointe et des sciences sociales, des militants associatifs, souvent qualifiés de marginaux, travaillent à l’élaboration d’une nouvelle approche de la réalité. Ces idées neuves vont construire notre avenir, car elles vont donner naissance aux technologies, systèmes économiques et institutions sociales du futur.

Jusque là et depuis des siècles, ce qui structurait la société occidentale et influençait considérablement le monde entier était que l’univers est un système purement mécanique composé d’un assemblage de blocs élémentaires ; que le corps humain est une machine perfectionnée ; que la vie est une lutte permanente dans laquelle chaque organisme vivant combat pour sa survie ; et pire qu’un certain “ordre naturel” veut que dans toute la hiérarchie des créatures vivantes, la femelle soit partout et toujours en situation de dépendance et de soumission vis-à-vis du mâle. D’innombrables générations ont été endoctrinées par cette idéologie, qui ne résiste pas aux découvertes de la science moderne. Partout sur la planète, des femmes et des hommes, de plus en plus nombreux, ont acquis la conviction que des hypothèses de ce genre doivent être radicalement revues, comportant de graves lacunes.

Beaucoup parlent d’une conception holistique du monde, une approche qui va au-delà de l’apparente dissociation des formes et structures pour voir l’univers comme un Grand Tout intégré. Idem pour l’écologie, être véritablement sensibilisé aux problèmes de l’écologie, c’est reconnaître l’interdépendance fondamentale de tous les phénomènes de l’univers et comprendre que l’homme, et par extension les sociétés humaines, font intimement partie des processus cycliques naturels. De plus en plus de gens sont ainsi d’authentiques écologistes.

Le tao de la physique. Fridtjof Capra.

Face aux multiples dangers qui menacent la planète, la race humaine ne survivra que si nous parvenons à transformer radicalement les méthodes et codes de valeur qui gouvernent encore notre démarche scientifique et nos technologies. J’appelle fortement le passage d’une mentalité dominatrice, axée sur le contrôle et l’asservissement de la nature, êtres humains compris, à une mentalité cherchant à développer la coopération, l’entraide, la non-violence.

En Occident, sciences et techniques ont confondu connaissance et contrôle : l’idée de base étant que, pour comprendre la nature, l’homme doit commencer par la dominer. Système patriarcal qui inculque au mâle un désir pathologique de contrôle et domination.

Jusqu’à la Renaissance, le but de la science était la recherche de la sagesse, une meilleure compréhension de l’ordre naturel, un mode de vie en harmonie avec cet ordre. Depuis Bacon, le but de la science est de fournir à l’homme des connaissances spécialisées lui permettant d’asservir la nature. De nos jours encore, science et technologie sont utilisées conjointement à des fins nuisibles, dangereuses et anti-écologiques.

Plus femmes et hommes prennent conscience de ces problèmes, comprennent que les prétendus progrès techniques se retournent bien souvent contre nous, plus les choses changent. Mais ce changement devra s’accompagner d’un changement des mentalités. La tête évolue, le cœur doit suivre, pour que cette société obnubilée par le pouvoir, la domination, le contrôle, devienne une communauté travaillant à développer coopération et non-violence.

Tao : “Celui qui se conforme à l’ordre naturel flotte naturellement dans le courant du Tao.”

Le tao de la physique. Fridtjof Capra.

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“Conseils d’une amie pour des temps difficiles”

16 Mai 2014, 07:05am

Publié par pam

Pema Chödrön. “Conseils d’une amie pour des temps difficiles”. Quand tout s’effondre. Ed. La Table Ronde. 1997. Extraits :

Éviter de nuire :

Ne pas nuire à autrui suppose évidemment de s’abstenir de tuer, voler ou mentir. Cela implique aussi de ne pas être agressif (en parole comme en esprit ou en action). Apprendre à ne nuire ni à nous-mêmes ni aux autres est un enseignement de base du bouddhisme sur le pouvoir de guérison lié à la non-agression. C’est la base même d’une société éveillée.

L’agression la plus fondamentale envers nous-mêmes, le mal le plus fort que nous pouvons nous faire est de demeurer ignorant en n’ayant ni le courage ni le respect de nous regarder avec honnêteté et douceur.

C’est le parcours de toute une vie que d’entrer honnêtement en relation avec le caractère immédiat de notre expérience et de nous respecter suffisamment pour ne pas porter de jugement sur celle-ci.

C’est un vrai choc de constater à quel point nous avons refusé de voir certaines de nos manières de nuire. Notre style est si bien enraciné en nous que nous ne pouvons pas entendre ceux qui essayent de nous dire que peut-être nous causons du tort par notre façon d’être ou dans nos rapports avec les autres.

Grâce à l’attention, nous voyons nos désirs et notre agression, notre jalousie et notre ignorance, sans suivre ces pulsions ; nous nous contentons de les voir, d’en prendre acte. L’étape suivante consiste à s’abstenir. L’attention est la base, l’action de s’abstenir est la voie.

“Conseils d’une amie pour des temps difficiles”

Une pratique de méditation faisant appel à l’attention et à la faculté de s’abstenir : remarquer les mouvements de notre corps quand nous nous sentons mal à l’aise. La consigne est de ne pas essayer de changer quoi que ce soit, de ne pas nous critiquer quoi que nous fassions, mais de nous contenter d’observer nos gestes. Prendre note de la manière dont nous essayons d’éviter l’absence de terrain solide est un moyen d’entrer en contact avec cette perte d’assise.

S’abstenir, c’est-à-dire ne pas passer à l’acte de façon impulsive comme d’habitude, a quelque chose à voir avec le renoncement à la mentalité de divertissement. En nous abstenant d’agir, nous pouvons voir que quelque chose existe entre l’apparition du désir (ou de l’agression ou de la solitude...) et toute action que nous accomplissons comme résultat de ce sentiment. Il y a quelque chose dont nous ne voulons pas faire l’expérience et dont nous ne faisons jamais l’expérience parce que nous sommes tellement pressés d’agir.

S’abstenir, c’est la méthode dont on use pour parvenir à connaître la nature de cette agitation et de cette peur. C’est la méthode permettant de se faire à l’absence de terrain solide.

Si nous nous divertissons aussitôt en commençant à parler, agir ou penser, nous ne pourrons jamais nous détendre. Notre vie sera un marathon sans fin. Nous demeurerons bloqués au stade de “vrai paquet de nerfs”.

Si vous ne faites pas ce que vous dicte la peur, alors la peur n’a aucun pouvoir sur vous.

Quand nous comprenons le processus, nous ne nous faisons pas avoir par la réaction en chaîne qui transforme des choses minuscules en monstruosités.

En restant en attente, nous commençons à entrer en rapport avec l’agitation fondamentale aussi bien qu’avec l’espace fondamental. Et la conséquence, c’est que nous cessons de nous causer du tort. Établir une relation vraiment bonne avec nous-mêmes nous apprend l’immobilité, ce qui n’empêche pas de courir, danser, sauter, mais signifie que la compulsion a disparu. Nous arrêtons de trop manger, trop fumer, chercher à trop séduire...

Notre parole est apprivoisée et communique quelque chose. Nous ne gaspillons pas le don de parole pour exprimer notre névrose. C’est la libération qui se produit naturellement quand nous sommes tout à fait là, sans nous faire de souci au sujet de l’imperfection.

“Conseils d’une amie pour des temps difficiles”

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Inégalités et altruisme...

4 Mai 2014, 06:05am

Publié par pam

JE VOUS PROPOSE UN NOUVEAU CONDENSÉ DE LECTURE :

MATTHIEU RICARD. PLAIDOYER POUR L'ALTRUISME.

La force de la bienveillance. Nil éditions; 3013.

chapitre 38 - Combattre les inégalités.

"Le déséquilibre entre les riches et les pauvres est la plus fatale et la plus ancienne des maladies des républiques." Plutarque.

Inégalités présentes partout dans la nature. Inégaux physiquement, intellectuellement ou de la richesse à la naissance, nous sommes égaux dans notre désir de ne pas souffrir et de nous épanouir dans la vie. La société a le devoir de ne pas délaisser ceux qui souffrent. Inégalités territoriales, économiques, sociologiques (mode de vie) ou sanitaires, inégalités d'éducation ou de conditions professionnelles, inégalités dans l'administration de la justice, dans la fiscalité, entre ceux qui subissent leur vie et ceux qui en jouissent.

Les inégalités économiques augmentent presque partout dans le monde ; aux USA 1% des plus riches détiennent 40% de la richesse du pays alors qu'ils n'en possédaient que 13% il y a 25 ans. Moralement injustifiable, un tel niveau d'inégalité est un fléau pour la société.

Cercle vicieux : d'après Spiglitz, l'inégalité est la cause et la conséquence de la faillite du système politique, et elle alimente dans notre système économique une instabilité qui l'aggrave à son tour. Dans les sociétés les plus inégalitaires, les institutions financières et politiques s'affairent énergiquement à maintenir l'inégalité aux profits de la minorité dominante.

Aux USA en 2011 un patron touchait en moyenne 253 fois plus qu'un salarié (au lieu de 30 fois il y a 50 ans, et 16 fois aujourd'hui au Japon). En France, revenu annuel d'un "grand patron" égal 400 à 1500 ans de SMIC, celui des cadres sup et de certains sportifs correspond à 35 ans de SMIC ; 23 ans pour un cadre de la finance, 18 ans pour un dirigeant d'entreprise salarié. Edgar Morin : dans le contexte français, la nouvelle pauvreté, celle des précarisés, des dépendants, des sans-défense, celle du "quart-monde" est la première à s'aggraver.

Existe-t-il vraiment un patron qui mérite d'être payé 300 fois plus que ses employés ?

Les USA se fracturent de plus en plus vite, pendant que les plus nantis s'enrichissent considérablement, la situation de la majorité des Américains se dégrade.

Les pays les plus égalitaires sont les pays scandinaves ou l'écart de revenus entre les 10% les plus pauvres et les 10% les plus riches n'est que de 1 à 6.

En France, entre 1998 et 2005, le revenu des 3500 foyers les plus riches a augmenté de 42%, tandis que le revenu moyens es Français n'augmentait que de 6%.

Presque partout dans le monde, l'inégalité des revenus ralentit la croissance et provoque des crises financières.

Jacques Attali : Le cinquième de l'humanité le plus riche reçoit 86% du revenu mondial, contre seulement 1% pour le dernier cinquième. La richesse totale du milliard d'êtres humains les plus déshérités est aujourd'hui égale à celle des 100 plus riches……

Les femmes, quant à elles, ne gagent que 10% du revenu mondial, alors qu'elles effectuent les deux tiers du travail de l'humanité.

Rapport de l'OCDE de 2011 : le contrat social commence à se lézarder dans de nombreux pays. Cette étude balaie l'hypothèse qui voudrait que les bienfaits de la croissance économique se répercutent automatiquement sur les catégories défavorisées, et qu'un surcroît d'inégalité stimule la mobilité sociale. Sans stratégie exhaustive de croissance solidaire, le creusement des inégalités se poursuivra.

L'OCDE souligne la nécessité pour les gouvernements de réviser leur fiscalité, afin que les plus nantis assument une part équitable de la charge fiscale.

Une enquête, menée par le Forum économique mondial de Davos auprès de plus d'un milliers d'experts, conclut que l'inégalité doit être considéré comme le problème le plus urgent de la décennie à venir.

Exception sud-américaine : le taux de pauvreté y a baissé de 30% durant les 10 dernières années. Progrès dû à l'éducation, à l'égalisations des salaires et aux avantages sociaux accordés aux familles à condition qu'elles envoient leurs enfants à l'école. Le salaire minimum à travers tout le continent a grimpé en flèche depuis 2003 (plus de 50% au Brésil). Il en va de même pour les retraites, indexées sur les salaires. Les gouvernements sud-américains dépensent maintenant une part nettement plus grande de leur PIB à l'éducation des enfants des 20% les plus pauvres que ne le font les uSA.

Selon Wilkinson, épidémiologiste anglais et Kate Picket, une plus grande égalité entraine des sociétés en meilleure santé, où règnent une harmonie et une prospérité plus grandes.

Ils démontrent que pour chacun des paramètres sanitaires ou sociaux (santé physique, santé mentale, réussite scolaire, statut de la femme, confiance en autrui, obésité, toxicomanie, violence, homicides, taux d'emprisonnement, montée dans l'échelle sociale, grossesses précoces, mortalité infantile, bien-être des enfants en général) les résultats sont bien pires dans les pays où l'inégalité est la plus grande.

On pourrait abaisser de 10% la mortalité des 15-60 ans dans les 30 pays les plus riches en réduisant les inégalités de revenus. L'espérance de vie est meilleure dans les pays les plus égalitaires (Japon, pays scandinaves) où la cohésion sociale est forte, tandis que les USA sont les derniers du classement des 30 pays les plus riches. De même pour les contributions à l'aide internationale en proportion du PIB : bien plus importante dans les pays scandinaves mais 4 fois moindre aux USA, Australie, Portugal, champions en matière d'inégalités.

La confiance dans les autres joue en particulier un rôle très important dans la bonne marche d'une société. Or, le niveau de confiance est étroitement lié au degré d'égalité.

Les inégalités sont source de mépris et de rejet (stigmatisation de certains groupes (noirs, immigrés…). Tocqueville : "Ainsi, le même homme qui est plein d'humanité pour ses semblables quand ceux-ci sont ses égaux, devient insensible à leurs douleurs dès que l'égalité cesse."

Les grands écarts de richesse engendre des sociétés violentes et conflictuelles, car la richesse n'est pas seulement mesurable en volume de biens, mais en termes de qualité relationnelle. Il en découle aussi, de la part des plus pauvres, un retrait de la vie publique et une forte abstention lors des élections.

À l'inverse, la solidarité profite aux pauvres quand la coopération l'emporte sur la compétition, mais elle profite également à la classe moyenne et aux classe aisées, qui se portent mieux quand l'éventail des disparités est réduit. Les sociétés démocratiques les plus égalitaires sont aussi les plus prospères à la longue (cf. la Suède).

Ce n'est pas l'enrichissement des plus riches qui stimule l'économie et profite à tous mais l'enrichissement des plus pauvres qui profite à tous, même aux riches !

Edgar Morin propose pour réduire ces inégalités de revoir à la baisse ou d'effacer les dettes des pays pauvres, de leur fournir à des prix abordables sources d'énergies renouvelables et médicaments, et gratuitement les traitements contre les pandémies et les aliments en cas de famine. Il faut aussi rétablir l'autosuffisance vivrière des pays qui l'ont perdue et juguler les spéculations financières qui font fluctuer artificiellement les prix des produits de base. Il faut aussi lutter contre la corruption qui détourne l'aide apportée aux pays pauvres tout en accroissant les inégalités. En Scandinavie, la principale source de l'égalité est le redistribution des ressources par l'État : les taux d'imposition sont élevés mais les services sociaux très importants. Ils restent pourtant parmi les pays à la croissance est la plus forte et la plus stable.

Synthèse d'experts dans The Economist : réformes pour réduire les inégalités dans le monde : en premier lieu sévir contre la corruption, le népotisme (Chine et autres pays émergents), les trafics d'influences qui permettent à des individus et des multinationales d'exercer des pressions indues sur les gouvernements et de jouir de monopoles leur permettant de maintenir la mainmise sur les marchés. Les grandes entreprises et les banques font du chantage aux États sous prétexte que leur faillite entraineraient des catastrophes nationales, échappant ainsi à toute sanction pour leur gestion déplorable, voire malhonnête. Il faut aussi réduire les abus et les gaspillages, et instaurer une protection sociale efficace, tout en demandant plus d'aide financière aux plus riches et aux plus âgés. L'Amérique Latine a montré que c'était possible en liant l'aide sociale à l'implication des citoyens dans l'apprentissage professionnel et dans l'éducations e leurs enfants.

L'impôt sur le revenu doit être considéré comme un moyens de financer l'État et de réduire les inégalités, et non comme un outil pour punir les riches. Il faut surtout s'assurer que l'imposition est bien progressive et que le système fiscal devienne plus efficace en éliminant entre autres les paradis fiscaux. Les plus riches disposent de toutes sortes de stratagèmes pour échapper à l'impôt et déduire des sommes considérables de leurs déclarations de revenus, ce qui accentue encore les inégalités.

Cela est vrai aussi au niveaux des entreprises. Aux USA, les compagnies pharmaceutiques ont obtenu de l'État qu'il ne négocie pas le prix des médicaments remboursables par la sécurité sociale, recevant ainsi un cadeau (des contribuables) d'au moins 50 milliards de dollars chaque année…..

Une société inégalitaire est une société fracturée. Les leaders politiques doivent réparer cette fracture et combler les inégalités qui sauf en Amérique Latine et dans les pays scandinaves, n'ont cessé de se creuser depuis les années 1970. Il faut favoriser une économie du bien commun, fondée sur la solidarité, la réciprocité et la justice sociale appelée "économie positive", économie altruiste qui restaure le bien-être social et le capital écologique.

... en espérant vous avoir donner envie d'en lire plus....

Inégalités et altruisme...
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Bonheur de la méditation.

5 Avril 2014, 06:48am

Publié par pam

de Yongey Mingyour Rinpotché.

PRÉFACE DE MATHIEU RICARD.

Mingyour Rinpotché a une place unique dans le dialogue et la coopération entre science et bouddhisme. Il s’intéresse profondément aux sciences modernes, particulièrement aux neurosciences et à la physique quantique. Les neurosciences ont pour objet l’étude empirique du phénomène de la conscience, des événements mentaux et des émotions, sujets sur lesquels se penche le bouddhisme depuis 2500 ans. La mécanique quantique aboutit, par des méthodes différents, à une description de la réalité très proche de celle du bouddhisme, selon laquelle le monde des phénomènes est un ensemble de relations, d’événements interdépendants et impermanents, et non une collection d’entités autonomes douées d’existence propre.

Pour lui, comme pour le Dalaï-lama, le bouddhisme est avant tout une science de l’esprit. Les textes bouddhistes insistent sur le fait que toutes les pratiques spirituelles, mentales, physiques ou verbales visent directement ou indirectement à transformer l’esprit. Mais, comme il l’écrit : “l’une des principales difficultés que l’on rencontre en essayant d’examiner son esprit est la conviction profonde et souvent inconsciente que l’on est comme on est, et que l’on n’y peut rien changer... sentiment pessimiste inutile... Sans même que nous en soyons conscients, l’idée que notre esprit ne peut pas changer empêche d’emblée toute tentative de changement.”

L’état que nous considérons comme “normal” n’est qu’un point de départ, et non le but que nus devons nous fixer. Il est possible de parvenir peu à peu à une manière d’être optimale.

Pour cela l’introspection bouddhiste à 2 méthodes, l’une analytique, l’autre contemplative. L’analyse consiste à examiner la nature de la réalité, essentiellement interdépendante et impermanente, et à évaluer honnêtement les tenants et aboutissants de nos souffrances et de celles que nous faisons subir aux autres; l’approche contemplative consiste à tourner son attention vers l’intérieur et à observer, derrière le voile des pensées et des concepts, la nature de la “conscience originelle” qui sous-tend toute pensée et permet leur formation. Cette faculté fondamentale de “connaître” ou conscience pure, existe en l’absence de constructions mentales et d’objets de pensée.

Mingyour Rinpotché : “le véritable but de la méditation est de demeurer dans la conscience nue, quoi qu’il se passe ou ne se passe pas dans l’esprit. Peu importe ce qui se présente à vous, restez simplement ouvert et présent à ce phénomène, puis laissez-le disparaître. Si rien ne se produit, ou si les pensées s’évanouissent avant que vous les ayez remarquées, demeurez simplement dans cette clarté naturelle.” Il explique comment l’entraînement de l’esprit permet de passer d'un état pathologique à un état normal, puis à un état optimal. Il décrit de l’intérieur, le processus de transformation qu’il l’a conduit de l’état d’angoisse chronique paniquante à une sérénité durable alliée à un ensemble de qualités, dont la compassion et la liberté intérieure, qui permettent de gérer toutes les circonstances auxquelles nous sommes confrontés dans l’existence. Nous montrant ainsi que nous sous-estimons le pouvoir de transformation de l’esprit et la façon d’y remédier. “Peu à peu, je commençais à reconnaître la fragilité et le caractère éphémère des pensées et émotions qui m’avaient perturbé pendant des années, et je comprenais comment, en me focalisant sur de petits ennuis, je les avais transformés en énormes problèmes.”

Dans quelle mesure peut-on former son esprit à fonctionner de manière constructive, à remplacer l’obsession par le contentement, l’agitation par le calme, la haine par la compassion ?

Actuellement on parle de neuroplasticité, le cerveau évolue continuellement en fonction de nos expériences et peut fabriquer de nouveaux neurones tout au long de la vie. Cela implique que l’attention, la compassion, le bonheur, peuvent être cultivées et relèvent en grand partie d’une savoir-faire que l’on peut acquérir. Cela nécessite un entraînement, une longue pratique régulière.

La méditation consiste à se familiariser avec une nouvelle manière d’être, de gérer ses pensées et de percevoir le monde. Les neurosciences permettent d’évaluer ces méthodes et de vérifier leur impact sur le cerveau et sur le corps. Les recherches ont montré que quand les participants méditent sur la compassion, on constate une augmentation remarquable des oscillations rapides dans les fréquences gamma et de la cohérence de leur activité cérébrale. L’activité cérébrale des méditants sur la compassion est particulièrement élevée dans le lobe pré-frontal gauche, région liée aux émotions positives. La compassion est donc associée à la joie et l’enthousiasme. Les zones impliquées dans la planification des mouvements et de l’amour maternel sont elles aussi, fortement stimulées. Pour Richard Davidson : “cela semble démontrer que le cerveau peut être entraîné et modifié physiquement d’une manière que peu de personnes peuvent imaginer.”

Une étude sur des sujets méditants confirmés a montré qu’ils pouvaient maintenir intacte la qualité de leur attention pendant 45 minutes, contre 10 pour des sujets non entraînés. On peut donc entraîner son esprit d'une façon beaucoup plus importante que ne l’avait supposé la psychologie. Le Dalaï-lama a joué un rôle catalyseur en encourageant les rencontres et le dialogue.

Validées scientifiquement, les techniques de méditation pourraient être utilement intégrées dans l’éducation des enfants et dans la prise en charge des problèmes émotionnels des adultes. Il reste à étudier comment le cerveau des méditants évolue dans le temps.

certaines expériences prouvent qu’il n’est pas nécessaire d’être un méditant surentraîné pour bénéficier des effets de la méditation : 20 minutes de pratique journalière contribuent significativement à la réduction de l’anxiété et du stress ainsi qu’au renforcement du système immunitaire et de l’équilibre émotionnel. Une étude effectuée sur des débutants a montré qu’après 3 ans de pratique assidue, la faculté d’attention des sujets s’était considérablement améliorée.

Devant 37000 scientifiques le Dalaï-lama a souligné la nature pragmatique et expérimentale du bouddhisme qui vise à éliminer la souffrance par une meilleure connaissance du fonctionnement de l’esprit.

Stephen Kosslyn déclarait : “Nous devons faire preuve d’humilité devant la masse de données empiriques fournies par les contemplatifs bouddhistes.”

Comme l’explique Mingyour Rinpotché, la méditation n’est pas un exercice superflu mais un élément essentiel de notre existence. “La seule différence entre la méditation et l’approfondissement d’une amitié est que dans le premier cas, l‘ami que vous apprenez à peu à peu connaître, c’est vous.”

Il explique que le but de la méditation n’est pas de faire le vide dans l’esprit ou d’atteindre un état de relaxation inerte. “Les pensées sont l’activité naturelle de l’esprit et la méditation n’a pas pour but d’arrêter les pensées. Elle consiste simplement à reposer l’esprit dans son état naturel, lequel est spontanément conscient des pensées, émotions et sensations à mesure qu'elles surgissent, sans les suivre ni les rejeter.”

La méditation permet de se familiariser avec une nouvelle manière d’être : “L’esprit est la source de tout ce que nous ressentons, et changer l’orientation de notre esprit revient à changer la qualité de toutes nos perceptions.”

Elle nous aide aussi à cultiver les qualités humaines indispensables à un bonheur authentique : l’amour bienveillant et la compassion sont les plus essentielles.

Rien ne peut remplacer l’expérience elle-même.

BONHEUR DE LA MÉDITATION. Yongey Mingyour Rinpotché.

en collaboration avec Éric Swanson.

Éditions. Fayard. 2007.

Bonheur de la méditation.

Prière des quatre pensées incommensurables :

“Puissent tous les êtres trouver le bonheur et les causes du bonheur !

Puissent-ils être libres de la souffrance et des causes de la souffrance !

Puissent-ils posséder la joie et les causes de la joie !

Puissent-ils être impartiaux, libres d’attachement et d’aversion !”

Bonheur de la méditation.

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conscience et politique...

19 Mars 2014, 07:56am

Publié par pam

En ces temps pré-électoraux, des extraits de "Réflexions d'un médecin bouddhiste" de Daniel Chevassut qui résonnent...

- L’OBLIGATION DE CONSCIENCE : POUR UNE POLITIQUE, UNE ÉCONOMIE, UNE JUSTICE ET UNE MÉDECINE EN SYNTONIE.

Tout ne va pas bien dans le monde, l’égocentrisme et le manque de sagesse et de compassion en sont des raisons. Politiquement, la sagesse consisterait à utiliser le savoir et les richesses en tenant compte du bien-être de tous. Sagesse et spirituel sont intimement liés.

Les critères de sélection et d’élection de ceux qui assument des fonctions de responsabilités impliquant le devenir d’autres êtres humains, environnement inclus, devrait être basés sur le niveau de spiritualité et de compétence... Il y a au cœur de cet espace spirituel une intelligence prodigieuse et bonne, ni manipulée ni manipulable, avec tout ce qui peut en découler : orgueil, désir, avidité, colère, jalousie, ignorance, bêtise... Le sous-développement le plus grave n’est pas celui de l’avoir mais celui de l’être. L’homme coupé de sa racine infinie blesse l’autre et se blesse. L’homme moderne a le cœur dur et la tripe molle comme disait Bernanos.

Gandhi : “une amélioration authentique, profonde et durable ne peut plus résulter de la victoire d’une conception politique traditionnelle qui ne restera jamais que superficielle.”

Vaclav Havel : “Une telle amélioration ne pourra venir que de l’existence humaine, de la réévaluation fondamentale de la place des hommes dans le monde, des rapports qu’ils entretiennent entre eux, avec eux-mêmes et avec l’univers. Si un meilleur modèle économique et politique doit voir le jour, peut-être devra-t-il, plus que jamais, reposer sur de profonds changements existentiels et moraux au sein de la société.”

On peut remarquer la multiplication des associations humanitaires qui se mettent en place pour gérer ce que l’état est incapable d’assumer. Lorsque les gouvernement affichent leurs carences, ce sont les gouvernés qui se bougent. Le changement, c’est cette mise en valeur de l’intelligence du cœur, plus que le changement d’orientation politique. Le problème n’est pas tant de savoir ce qu’il faut penser, mais plutôt de savoir comment penser.

Les vraies questions ne sont pas toujours posées ou on n’ose pas les aborder, tant la remise en question qui est nécessaire est grande et fondamentale.

Krishnamurti : “Lorsque vous vous dites Indien, musulman, chrétien, Européen, bouddhiste ou autre chose, vous êtes violents. Car vous vous séparez du reste de l’humanité, et cette séparation due à votre croyance, votre nationalité, vos traditions, engendre tout naturellement la violence.”

conscience et politique...

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paix, pardon et compassion...

2 Mars 2014, 15:00pm

Publié par pam

PEMA CHÖDRÖN. “LES BASTIONS DE LA PEUR”.

Pratique du courage dans les moments difficiles.

“Reconnais tes erreurs cachées.

Approche-toi de ce que tu trouves repoussant.

Aide ceux que tu crois ne pas pouvoir aider.

Tout ce à quoi tu es attaché, abandonne-le.

Va dans les lieux qui t’effraient.”

NOUVEAU DÉPART.

“Nous sommes tous les enfants du Grand Esprit, nous appartenons tous à la Terre Mère. Notre planète est en grand danger et si nous persistons à nourrir de vieilles rancunes, sans travailler tous ensemble, nous mourrons tous. “ Le chef Seattle.

Le pardon est un élément essentiel de la pratique de la bodhichitta, il permet d’oublier le passé et de repartir à zéro. On peut revoir sa vie avec honnêteté et compassion. La chose la plus importante c’est de se pardonner à soi-même. Se visualiser puis passer intentionnellement en revue tous les regrets de sa vie. Pas ressasser des souvenirs pénibles mais entrer en contact avec les sentiments sous-jacents à la douleur : culpabilité, honte, confusion, remords, tout ce qui nous bloque. Ensuite il faut inspirer ces sentiments dans son cœur et en expirant se pardonner. Ensuite il faut penser à tous ceux qui ressentent la même angoisse et leur renvoyer à tous le pardon. C’est un processus de guérison qui permet de se réconcilier avec ceux à qui on a fait du mal et avec ceux qui nous en ont fait. On n’a plus à porter le fardeau, on peut reconnaître les faits, se pardonner et repartir à neuf. On apprendra ainsi à demeurer avec ce regret de s’être fait du mal à soi et d’en avoir fait aux autres. Le pardon est l’expression naturelle du cœur ouvert, l’expression de la bonté primordiale. Chaque instant est l’occasion de repartir à neuf.

paix, pardon et compassion...

PEMA CHÖDRÖN. POUR FAIRE LA PAIX EN TEMPS DE GUERRE.

Un point de vue bouddhiste.

“Si personne ne commence à proposer une certaine harmonie, le monde dans lequel nous vivons n’aura jamais de bon sens. Quelqu’un doit planter des semences pour que règne le sens commun sur cette terre.” Chögyam Trungpa Rinpoché.

Si l’on veut que règne la paix, de la paix de l’esprit à la paix sur terre, il faut rester avec la crispation initiale au lieu de s’en éloigner sur le champ. Ne rien compliquer.

Il faut aussi s’entraîner à rester simple dans le vaste contexte qui englobe tous les êtres doués de sensibilité. Compassion.

Dès que vous sentez une énergie déstabilisante vous envahir, dès que vous vous mettez à construire des barrières protectrices, faites une pause et respirez avec. Et dans ces moments voyez que l’insécurité qu’on ressent pourrait créer une nouvelle culture fondée sur l’amour et la compassion et non sur la peur et l’agression. On peut prendre part à la création de cette nouvelle culture chacun pour soi et pour toute la planète.

Lorsqu’on s’ouvre à la nature toujours changeante de son être et de sa réalité, on accroît sa capacité d’aimer et de se soucier d’autrui et sa capacité de ne pas s’effaroucher. On peut garder les yeux, le cœur et l’esprit ouverts. On se rend compte des moments où l’on se fait prendre au jeu des préjugés, des partis pris et de l’agression. On n’arrose plus ces graines de négativité, et on commence à voir que la vie offre des possibilités innombrables de faire les choses autrement, de laisser se désagréger les semences de la guerre là où elles prennent naissance, dans le cœur et l’esprit d’êtres humains comme nous.

paix, pardon et compassion...

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BIENVEILLANCE.

2 Mars 2014, 14:59pm

Publié par pam

PEMA CHÖDRÖN. “LES BASTIONS DE LA PEUR”.

LA BIENVEILLANCE.

“La paix entre les nations doit reposer sur la base solide qu’est l’amour entre les individus.” Gandhi.

Nos efforts personnels pour vivre de façon humaine dans ce monde ne sont jamais perdus, choisir de cultiver l’amour plutôt que la colère est peut être ce qu’il faut pour sauver la planète de l’extinction. On dit que la racine de l’agressivité et de la souffrance est l’ignorance. Retranchés dans la vision étroite de nos petites affaires, c’est notre parenté avec les autres que nous ignorons, notre interdépendance. C’est à nous que nous nuisons quand nous nuisons aux autres. À force de pratiquer la bienveillance, on apprend d’abord à être honnête et compatissant envers soi et à s’aimer. Au lieu de se dénigrer, on se met à cultiver une bienveillance éclairée. Peu importe comment on se sent, on peut aspirer à être heureux. Première étape pour développer la bienveillance, voir quand on érige des barrières entre soi et les autres, et faire cette prise de conscience avec compassion. Si on ne comprend pas qu’on durcit son cœur, on ne peut dissoudre l’armure et la bienveillance est entravée. On fait obstacle à sa capacité innée d’aimer sans ordre du jour. Que nos relations soient sincères ou bloquées, elles sont autant d’aides pour découvrir notre capacité à aimer.

On peut avoir besoin de formuler en ses propres mots l’aspiration au bonheur : aspiration à ce que soi et les autres réalisent au maximum leur potentiel, aspirer à ce que nous apprenions tous à parler, penser, agir de manière à augmenter le bien-être fondamental, aspiration à ce que tous les êtres commencent à avoir confiance ne leur bonté primordiale...

On peut faire une liste des êtres sensibles qui nous font éprouver bienveillance, gratitude, reconnaissance, tendresse et partir d’eux pour étendre notre pratique. Il est important de s’inclure soi-même. Il est essentiel d’entrer en contact avec une honnête bonne volonté et de l’encourager à s’étendre. Localiser cette capacité à ressentir de la bienveillance et de l’entretenir. Cette pratique consiste à arroser la graine de la bonne volonté pour qu’elle grandisse. Ainsi on se familiarise avec les obstacles : torpeur, inadaptation, scepticisme, ressentiment, indignation du bien-pensant, orgueil... On apprivoise ses peurs, sa cupidité, son aversion. Si on ne prête pas attention à ses propres démons, on n’a aucune possibilité de bienveillance inconditionnelle. Sinon tout ce qu’on rencontre devient une occasion de pratiquer la bienveillance.

BIENVEILLANCE.

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Compassion...

2 Mars 2014, 14:59pm

Publié par pam

PEMA CHÖDRÖN. “LES BASTIONS DE LA PEUR”.

LA COMPASSION.

“Dans d’autres traditions les démons sont mis dehors. Mais dans la mienne on les accueille avec compassion.” Machik Labdrön.

Pratiquer la compassion est plus difficile que faire preuve de bienveillance, car la compassion implique la disposition à ressentir la douleur. Elle exige de la hardiesse, car entrer pleinement en rapport direct avec la souffrance d’un autre être, c’est douloureux, terrifiant pour beaucoup. Il faut apprendre à se détendre et à approcher en douceur de ce qui nous terrorise, laisser la peur adoucir au lieu de durcir sa résistance. La compassion n’est pas une relation entre un guérisseur et un être blessé, c’est une relation entre égaux. Ce n’est qu’en connaissant bien sa propre obscurité qu’on peut être présent à celle des autres. La compassion ne devient véritable que quand on reconnaît la condition humaine qui est commune à tous. Variantes à que je sois libéré de la souffrance et de la racine de la souffrance : que je sois sain et sauf, que je sois exempt de colère, de la peur, des soucis, que je ne tombe ni dans l’indifférence ni dans les extrêmes de la convoitise ou de la répugnance, que je ne sois pas victime de la tendance à me duper....

L’essentiel n’est pas d’être submergé par toutes ces souffrances mais simplement de donner naissance à une compassion authentique. En élargissant cette aspiration compatissante aux autres, à tous les autres, on commence à se libérer de la prison de l’isolement et de l’indifférence. Puis on se met face à ses préjugés et aversion. Être compatissant, c’est mettre fin aux habitudes d’apitoiement sur son sort, à la peur, la colère. Nous nous délestons des opinions et préjugés qui nous isolent les uns des autres. On souhaite que les manifestations extérieures de la souffrance diminuent mais aussi qu’on arrête tous d’agir et de penser en utilisant des moyens qui ne font qu’augmenter l’ignorance et la confusion. On souhaite vivre sans obsessions ni étroitesse d’esprit.

On dit que tous les êtres sont prédisposés à s’éveiller et à aller vers autrui et que cette tendance naturelle peut être développée, c’est ce qu’on fait quand on formule les aspirations. mais si on ne cultive pas cette disposition, elle s’amenuise.

Par nos plaisirs et nos douleurs, par nos espoirs et nos craintes, nous sommes profondément liés les uns aux autres. Pour connaître le bonheur durable il faut quitter son cocon. Pour apporter le bonheur aux autres aussi. La meilleure manière de se rendre service à soi-même, c’est d’aimer les autres et de s’en occuper.

Compassion...

“Si personne ne commence à proposer une certaine harmonie, le monde dans lequel nous vivons n’aura jamais de bon sens. Quelqu’un doit planter des semences pour que règne le sens commun sur cette terre.” Chögyam Trungpa Rinpoché.

Compassion...

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“ LÂCHER PRISE. ” de Rosette Poletti et Barbara Dobbs.

27 Février 2014, 08:38am

Publié par pam

Extraits.

“ Alors même que l’on nous a conduits à croire que si nous lâchons prise, nous nous retrouverons les mains vides, la vie elle-même révèle sans cesse le contraire : le lâcher-prise est le chemin de la vraie liberté.” Sogyal Rimpoché.

Lâcher prise, savoir abandonner ce qui n’a plus lieu d’être pour aller vers ce qui vient, voilà l’un des aspects essentiels de la vie. Chemin de la liberté, le lâcher prise de tout ce qui nous limite et nous fait souffrir.

Toutes les grandes traditions spirituelles insistent sur la notion d’impermanence.

“Rien n’est permanent, hormis le changement.” La Cabale.

“Comprendre correctement la nature de l’impermanence, c’est en saisir la révélation profonde.” Dalaï-Lama.

Ce qui était n’est plus, tout change. Pourtant chacun s’accroche à ce qui l’entoure, à ses croyances, ses principes, ceux qu’il aime, sa santé, ses biens, ses œuvres, sa sécurité. Il cherche à contrôler ceux qui l’entourent, les événements, à influencer le cours de son destin. Investi dans cette quête de contrôle, il perd son calme intérieur et met toute son énergie à nourrir l’illusion qu’un jour il parviendra à contrôler pleinement sa vie : ce qui entraîne angoisse, tensions, frustration.

Lâcher prise, c’est cesser de retenir, c’est abandonner une position. C’est aussi s’ouvrir à ce qui vient, faire le deuil, pardonner, s’attacher à ce qui est ici et maintenant.

Toute notre vie nous accumulons croyances, habitudes, craintes diverses : premier obstacle au lâcher prise.

Le deuxième consiste à faire dépendre le bonheur des circonstances extérieures.

Le troisième est la co-dépendance : croyance que quelque chose à l’extérieur de nous-mêmes peut nous apporter la joie et la réalisation de nous-mêmes.

Le quatrième est relié aux buts que nous nous fixons : il faut relativiser l’importance qu’on leur donne.

Le cinquième réside dans les émotions négatives qu’on peut nourrir : ressentiment, rancune, haine, désir de vengeance, peur, ressassement. Nous oublions que la réalité même de notre condition humaine est de vivre dans l’incertitude.

Le sixième obstacle réside dans l’impossibilité de terminer les situations, de se séparer, de laisser derrière soi ce qui n’a plus lieu d’être, donc empêcher la cicatrisation et l’ouverture au “nouveau”.

Ces obstacles maintiennent l’être humain dans le mal-être.

Ouvrir la porte de la prison des croyances et des habitudes :

L’immense potentiel du petit enfant est vite diminué et limité par les nombreux messages négatifs de son entourage.

12 interdictions fondamentales formulées involontairement par ceux qui l’élèvent :

concernant l’être (n’existe pas, ne sois pas un enfant, ne grandis pas, ne sois pas toi-même), les sentiments (n’exprime pas ce que tu ressens, tu n’as pas le droit d’exprimer tel ou tel sentiment, ne sois pas proche, n’aie pas de plaisir), l’action (n’agis pas, ne réussis pas, ne sache pas, ne pense pas).

Bon nombre de croyances limitantes prennent leur source dans les messages reçus au début de la vie, et constituent le cadre à partir duquel nous interprétons la vie, les autres, les événements.

5 messages contraignants : sois fort, sois parfait, acharne-toi, dépêche-toi, fais plaisir.

Ces messages contribuent à ligoter la personne dans des croyances à propos d’elle-même, de la vie, des autres, qui l’empêchent de vivre pleinement, de lâcher prise, de vivre sereinement.

La première démarche consiste à identifier les messages reçus, puis de se donner des permissions nouvelles, de tenter ce qui ne semblait pas possible.

Je n’ai pas à être autre chose que ce que je suis, ma seule responsabilité est de vivre pleinement et harmonieusement ce que je suis.

L’un des plus grands freins consiste à donner la responsabilité de sa vie et de son bonheur aux gens qui nous entourent. La personne co-dépendante tente de sauver, de réparer les autres, alors qu’elle ne prend pas soin d’elle-même, elle n’arrive pas à dire non, elle se laisse manipuler.

Atteindre la sérénité, c’est lâcher prise des messages inhibants, contraignants qui contrôlent nos vies, c’est devenir conscient des dépendances qui nous enchaînent. Ce lâcher prise est la suite logique d’une prise de conscience. Pour certains c’est comme une illumination, pour d’autres c’est progressif : ils lâchent prise de leurs illusions, de leurs croyances limitantes et ils entrent en contact avec les faits.

Un autre obstacle est l’attachement à des buts, l’identification aux buts qu’on poursuit. Le besoin de gagner peut vider de son pouvoir. Il faut être ouvert au fait qu’on aura peut-être à les modifier, à y renoncer, à en changer. L’espoir est l’apanage de ceux qui peuvent changer de buts sans s’en vouloir, de ceux qui développent la capacité d’avancer tout en lâchant prise.

Nombreux sont ceux qui sont déprimés et ne le savent pas, qui sont remplis de colère larvée qu’ils n’identifient pas ou de peurs les enchaînant sans savoir comment ils sont immobilisés.

1° étape : devenir conscient de nos sentiments négatifs.

2° étape : réaliser que ces sentiments sont en nous mais n’ont rien à voir avec la réalité. Ce n’est pas lorsque ceux que l’on côtoie auront changé que nous nous sentirons mieux, mais lorsque nous aurons changé le regard que nous portons sur eux. C’est nous-mêmes, à cause de nos attentes, parce que nous nous agrippons à nos illusions, à des buts irréalistes, qui nous rendons malheureux.

3° étape : ne pas s’identifier avec le sentiment négatif qui n’a rien à voir avec notre être essentiel.

4° étape : se changer soi-même, lâcher prise du désir de voir les autres, ou les choses ou la vie, changer.

Celui qui vit la douleur d’avoir subi l’offense ne peut atteindre la paix intérieure qu’à travers le lâcher prise que représente le chemin du pardon. Cela permet d’éviter de perpétuer en soi et chez les autres le mal subi, d’éviter également de rester accroché au passé et de vivre dans un ressentiment constant. Croyances erronées :

- pardonner signifierait oublier : mais mettre à distance ce qui s’est produit.

- pardonner signifierait se réconcilier : ne vont pas forcément ensemble.

- pardonner signifierait qu’on renonce à ses droits : faire valoir ses droits représente un aspect important du respect de soi-même.

Savoir pardonner (Jean Monbourquette) :

- décider de ne pas se venger et faire cesser les gestes offensants.

- reconnaître sa blessure.

- partager sa blessure avec quelqu’un.

- bien identifier la perte pour en faire le deuil.

- accepter sa colère et son envie de se venger.

- se pardonner à soi-même.

- commencer à comprendre son offenseur.

- trouver le sens de la blessure dans sa vie.

- se savoir digne de pardon, c’est déjà pardonner.

- s’ouvrir à la grâce de pardonner.

- décider de mettre fin à la relation ou la renouveler.

Pardonner n’est pas facile, surtout aux offenseurs invisibles (le parent décédé envers lequel on a encore du ressentiment, la mère qui vous a abandonné, le patron inconnu au sommet de la hiérarchie.).

C’est aussi difficile de pardonner à ceux qui ne se repentent pas, qui ne se sentent pas concernés, non coupables ou se moquant des conséquences de leurs actes.

Il est encore plus difficile de se pardonner à soi-même qu’aux autres.

Quelques questions à se poser :

- À qui n’ai-je pas pardonné ?

- Quel avantage je tire de ce lien de ressentiment entre cette personne et moi ?

- Est-ce que je souhaite maintenant entrer dans le chemin du pardon ?

- Suis-je prêt à me pardonner à moi-même ?

- Suis-je prêt à lâcher prise ?

Importance des pensées sur le comportement humain : là où vont les pensées, là va l’énergie et l’attention. La qualité des pensées que l’on abrite en soi affecte notre santé physique et mentale.

Il faut lutter contre l’envahissement des pensées obsédantes qui reviennent sans cesse malgré le désir d’aller de l’avant. Il faut affirmer clairement son intention, imaginer qu’elle se transforme en feu d’artifice et disparaît.

On peut dépasser ses échecs, ses manques, ses habitudes limitantes en les laissant derrière soi. La manière dont on aborde les hauts et les bas de la vie font de cette vie un bonheur ou un malheur. Se focaliser sur les épreuves, les échecs, c’est trouver des excuses à son mal-être. Il ne faut pas maintenir dans son esprit ce que l’on voudrait ne pas avoir vécu.

Il est essentiel de dépasser la colère et l’amertume pour pouvoir lâcher prise d’un passé mort. Chaque fois que nous pensons à cette personne ou au tort qu’elle nous a causé, nous ressentons colère et amertume. Il faut accepter que cette personne s’est peut-être trouvée sur notre chemin pour nous aider à grandir, mûrir, avancer.

Les mots que nos utilisons sont porteurs d’énergie. Pour mettre en route le processus que nous désirons, il faut en changer, car nos pensées et nos paroles vont dans la direction que nous désirons prendre.

Il est essentiel de rester centré sur ce que nous voulons plutôt que sur ce que nous voulons abandonner.

L’ancêtre de chaque action est une pensée. Ce sont les pensées qui créent notre expérience de la réalité. Quand nous examinons ce que nous croyons impossible, nous pouvons changer cette croyance. Ce sont les images de la réalité qui nous affectent et non pas la réalité.

Des rites pour faciliter le lâcher prise :

Les rites sont des actions symboliques qui activent fortement la mémoire sensorielle à travers les odeurs, les sons, les couleurs. Ils conviennent à tous les âges. Ils renforcent la continuité tout en permettant la transformation. Ils contribuent à modifier notre perception de la réalité. Ils nous permettent de nous souvenir du mouvement constant de la vie et, à cause de cela, ils facilitent le lâcher prise : rites funéraires, rites du divorce, cérémonie.

Lâcher prise de ses regrets : vivre, c’est commettre des erreurs.

Lâcher prise de ce qui a été pour aller vers ce qui vient : la résistance au changement provient très probablement de l’absence de rites facilitant le changement.

Lâcher prise avec sagesse permet d’économiser son énergie, de garder l’esprit clair, de trouver des solutions, de jouir de ce qui se vit ici et maintenant, cela permet d’augmenter son amour pour soi et pour les autres : importance de changer ses attentes pour pouvoir lâcher prise.

Chaque personne peut vivre dans la joie, l’amour, la paix intérieure en lâchant prise de son passé, des regrets, des offenses, de l’amertume. Pourtant nombreux sont ceux qui se sentent frustrés, malheureux, irrités lorsque leurs désirs ne sont pas satisfaits. ils font dépendre leur paix intérieure de ce qui se passe à l’extérieur. Les attentes dépendantes sont la cause principale de l’impossibilité de lâcher prise, seul nous nous pouvons changer notre programmation mentale. Il faut lâcher prise des certitudes. S’ouvrir à d’autres vues, d’autres compréhensions, oser considérer des interprétations nouvelles de ce qu’on a toujours cru évident, voilà le lâcher prise qu’exige le développement de la dimension spirituelle.

Tous les moments de notre vie peuvent être occupés par des préoccupations matérielles. Notre être existentiel est si fortement investi dans les préoccupations de la vie courante qu’il ne reste plus une minute pour entrer en contact avec notre être essentiel. Développer sa dimension spirituelle, c’est lâcher prise des jugements à propos de soi-même et de ceux qui nous entourent. Ne jugez pas afin de ne pas être jugés. Mettre les gens dans des catégories c’est rendre notre monde plus prévisible, augmenter notre fausse sécurité, donner l’illusion de contrôler la situation.

Chacun a la responsabilité de sa vie. Personne n’a plus raison que l’autre !

“ Lâcher prise” de Rosette Poletti et Barbara Dobbs. Ed. Jouvence. 1998.

“ LÂCHER PRISE. ” de Rosette Poletti et Barbara Dobbs.

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Mario Mercier

16 Février 2014, 16:58pm

Publié par pam

S'émerveiller c'est vivre dans l'intensité de soi-même.

Ma marche renforce le mûrissement d'une intention qui me tient à coeur : me défaire de mon histoire d'homme ordinaire et élever mon émotion au niveau des étoiles. Ne pas gommer pour autant ce passé dont je suis aussi fait, car il est miroir d'enseignements dans les reflets duquel il me faudra prendre des leçons de perfection chaque fois que je le consulterai.

Boire aux eaux pures, s'offrir, agir, écouter, méditer, écouter encore, voir, voir, voir, goûter, éprouver, s'éprouver, se concentrer, jaillir, s'abandonner, se reconcentrer, se mesurer avec soi-même, être en osmose avec le tout, se taire, écrire, peindre, s'orchestrer, changer de teinte, rêver, se rêver, se laisser rêver, lutter, travailler de ses mains, observer, prier, se désarrimer du quotidien en rendant le quotidien magique, être l'oiseau du vent, ne plus rien posséder hormis sa conscience de veille, scruter, analyser, synthétiser, jaillir, parler à sa puissance, faire d'elle sa compagne de tout instant, ne plus avoir du pourri dans l'esprit, dans le coeur non plus, s'allumer et rester allumé le plus longtemps possible… ne pas dételer… prendre de l'avance sur son avancée, et surtout, surtout ne pas déshonorer ses rêves…

Ce qu'il faut faire de choses pour remuer un peu de ciel !

Mario Mercier

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