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lectures

harmonie...

10 Mai 2013, 06:08am

Publié par pam

Gaulcovang est la potentialité primordiale, la pensée, la mémoire, la mère en gestation. Sé est le principe spirituel de la vie, il en organise tous les éléments. Les lois originelles, tous les principes fondamentaux, sont en Sé.

Le Dieu des Blancs est à leur image, il exige, menace, vitupère, promet le paradis aux uns, l’enfer aux autres, châtie ou récompense, selon des critères purement humains. Les petits frères affirment qu’il leur a confié la terre en héritage pour qu’ils en usent à leur guise... Et regardez ce que ça a donné !

Sé n’accorde de privilège à personne. Sé est un concept, et un concept ne peut exprimer de préférence. Végétaux, minéraux, animaux, hommes, tout est vivant et tous sont égaux selon nous.

À chaque espèce, Sé a assigné une fonction spécifique, et à nos ancêtres qui sont nés sur la sierra Nevada, le soin de veiller, de génération en génération, à ce qu’aucune de ces espèces ne soit menacée, afin de conserver l’équilibre vital.

Nous ne vénérons pas Sé, nous vénérons Gaulcovang, et pour bien les servir, pour être fidèle à la Madre Tierra, nous nous efforçons de respecter la loi de Sé.

Remplace le mot Sé par le mot destinée, la destinée de chacun relève en partie de son comportement. Si tu fais des excès, tu as beaucoup plus de risques d’attraper des maladies et d’abréger ton existence que si tu es sobre. Il en est de même pour la biosphère : si l’on détruit sans compter sa faune et sa flore, si l’on corrompt son air et son eau, on la met en péril et nous avec. En revanche, si on lui laisse le temps de se régénérer à chaque fois qu’on effectue des prélèvements pour assurer sa propre existence, si on évite au maximum d’empoisonner les éléments essentiels à la vie, on respecte l’harmonie. C’est la loi de Sé.

La religion de ce peuple depuis l’aube des temps était l’écologie au sens spirituel du terme, qu’une minorité de petits frères venaient de découvrir dans une version profane très réductrice, après que leurs semblables eurent souillé toute la surface de la planète.

Il serait plus raisonnable d’essayer de réparer les dégâts commis sur notre planète que de songer à trouver ailleurs, dans le cosmos, un refuge éventuel pour l’espèce qui est déjà, sans qu’elle en ait pris conscience en voie de disparition.

Les petits frères sont incapables de concevoir d’autre culture que la leur, pourtant il faut bien leur ouvrir les yeux, si l’on veut éviter le pire.

Il y a 2 500 ans, Confucius déjà, comme vos Mamus, affirmait que lorsque le milieu et l’harmonie étaient portés au point de perfection, le ciel et la terre se trouvant dans un état de tranquillité, tous les êtres connaissaient un épanouissement idéal.

N’était-ce pas l’écriture qui avait contribué à la disparition, sur presque toute la surface de la terre, de cette connaissance occulte encore si présente ici. Les chiffres et les lettres avaient séparé les hommes de la nature. Leur nouvel essor intellectuel, aux possibilités illimités, tout en les ancrant dans des certitudes fondées sur le raisonnement, les avait privés des perceptions extrasensorielles qui les reliaient jadis à toutes les autres formes d’existence et nourrissaient leur âme.

Jean Bertolino in "Fura-Tena" 2004.

harmonie...

L’homme ne renaîtra pas forcément de ses cendres, l’intelligence si. Nous étions le produit achevé d’un environnement donné. Celui-ci a changé à cause de nos souillures. Le miracle teilhardien de l’homme épicentre de l’univers était une idée alléchante. J’y ai cru parce que, comme lui, je pensais que la sagesse finirait par triompher. Les sédentaires ont façonné la surface du globe selon leurs besoins qui se sont révélés sans limite. Ils en tirent le maximum, obèrent ses possibilités de recyclage. Si l’homo sapiens disparaît un jour de notre planète, celle-ci retrouvera, j’en suis convaincu, sa créativité première. Sur les ruines qu’il aura laissées, la vie rejaillira, et au bout de la chaîne, la pensée refleurira comme la première fois. La Grande Mère échaudée ne commettra peut-être pas la même erreur, et limitera les capacités de nuisance de ceux qui en seront les dépositaires.

Un jour viendra où l’idée de créer des musées de la biodiversité, des réserves de biotope, ne fera plus sourire.

La fin de la guerre du Vietnam était prémonitoire. Elle annonçait, au pire de la crispation idéologique mondiale, la disparition de ce type de conflit et la prééminence prochaine du pouvoir financier sur le politique, un pouvoir qui ne s’embarrasse, lui, d’aucun principe moral et exploite sans l’ombre d’un discernement toutes les ressources terrestres et humaines.

Jean Bertolino in “Chaman”. 2002.

harmonie...

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message des hommes vrais au monde mutant...

2 Mai 2013, 05:48am

Publié par pam

“Il semble que les Mutants aient dans leur vie une chose appelée sauce. Ils connaissent la vérité, mais celle-ci est enfouie sous les liants et les épices des convenances, du matérialisme, de l’insécurité et de la peur. Ils ont aussi dans leur vie une chose appelée glaçage et qui paraît correspondre à la façon dont ils gaspillent presque tous les instants de leur vie en projets superficiels, artificiels, temporaires, agréables au goût et jolis et passent très peu de vrais moments à développer leur être éternel.”

“Nous ne comprenons, n’approuvons et n’acceptons pas vos façons d’agir, mais nous ne jugeons pas. Nous respectons votre situation. Vous êtes où vous devez être, étant donné vos choix passés et votre libre arbitre actuel. “

“Par nos paroles et nos actes, nous devrions composer, de manière consciente, le décor de la vie que nous souhaitons mener.”

Marlo Morgan. "Message des hommes vrais au monde mutant".

message des hommes vrais au monde mutant...

“Nous pouvons vivre plus d’une vie en l’espace d’une seule, mais on ferme des portes... On peut aussi en ouvrir.”

“La plupart des hommes ne pensent pas posséder un talent inné, et ils ne réfléchissent au but de leur vie qu’au moment où la mort approche.“

message des hommes vrais au monde mutant...

“Je levais les yeux vers l’immensité et je remerciai, certaine désormais que le monde est un lieu d’abondance. Il est rempli de gens prêts à nous aider, à partager notre vie si nous les laissons faire. Il y a de l’eau et de la nourriture pour tous si nous sommes assez ouverts pour recevoir et pour donner. Plus important encore, je savais maintenant où trouver sans difficulté une direction spirituelle : de l’aide, j’en obtiendrais dans chaque épreuve, même dans l’affrontement avec la mort, même dans la mort elle-même, maintenant que j’avais appris à tracer mon propre chemin.”

Marlo Morgan. "Message des hommes vrais au monde mutant".

message des hommes vrais au monde mutant...

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Jean M. Auel, Ayla et les Enfants de la Terre

1 Mai 2013, 08:34am

Publié par pam

“L’existence est un long apprentissage. On ne naît pas avec la vérité, on l’apprend... Je ne suis pas ce que les autres croient que je suis...

- Nous sommes tous dans ce cas. Mais cela n’empêchera jamais les autres d’attendre de nous plus que nous pouvons donner.”

“Ce n’était pas le hasard, il en était convaincu, qui avait conduit Ayla au Camp du Lion. Rencontres fortuites, coïncidences ne tenaient pas une grande place dans sa conception du monde. Mamut était persuadé que tout avait un but, une orientation voulue, une raison d’être, qu’il fût ou non à même de la saisir. La Mère, il en était sûr, avait eu un motif pour diriger Ayla vers eux. “

“ Plus il devient difficile de savoir quelle est la bonne décision à prendre, plus ce qui est en jeu répond à une problématique profonde, ancienne, voire archaïque : une souffrance qui vient de la nuit des temps, là où la mémoire ne peut plus se rendre. Là où les souvenirs, muets, ne se font plus entendre qu’à travers un corps souffrant, un langage symbolique qu’il faut savoir décrypter, des comportements récessifs et répétitifs : ce qui justement nous pose un problème... C’est là où l’on doit apprendre à écouter ce qui vit en nous.

On le sait, de génération en génération, ce qui n’a pas été dit se revit. Et on reproduit à l’infini ce qui n’a jamais été compris. Des douleurs familiales se transmettent sans que l’on sache d’où elles viennent : qui de nos ancêtres à souffert et quelle fut sa souffrance.”

“ Elle pourrait apprendre une activité ou se consacrer à une chose qui en vaille la peine. Elle ne songerait plus à ennuyer les autres sous prétexte que sa vie n’est pas comme elle l’avait rêvée. Chacun devrait exercer une activité, une chose qu’il ait plaisir à faire et à bien faire. Si Maronna n’en trouve pas, elle continuera à causer des ennuis pour attirer l’attention.”

Jean M. Auel, Ayla et les Enfants de la Terre

“ Cela montre ce qui peut arriver quand une doniate (guérisseuse) s’écarte de la bonne voie... On dit que Ceux Qui Servent La Mère paieront dans le Monde d’Après le mauvais usage qu’ils font de leur pouvoir dans le nôtre. C’est pourquoi les Zelandonia choisissent avec tant de soin ceux qu’ils acceptent. Il est impossible de revenir en arrière... On est Zelandoni pour la vie. Même si nous sommes parfois tentés de le faire, nous ne pouvons pas nous décharger de notre fardeau.”

“ ... Ceux qui possédaient l’art de guérir intercédaient souvent auprès du monde des esprits. Cependant, tous Ceux Qui Servent la Mère n’étaient point capables de la même façon dans tous les domaines. ..

Cette femme est reconnaissante pour les Dons reçus, les enseignements qu’on lui a dispensés et le savoir qu’elle a acquis....

Grand Esprit du Totem, cette femme qui a déjà demandé des conseils a aujourd’hui besoin d’aide. Le Grand Lion des Cavernes a guidé cette femme dans l’enseignement des plantes et a fait d’elle une guérisseuse. Cette femme sait soigner. Cette femme connaît les remèdes pour les plaies et les maux, elle connaît les infusions, et les badigeons, et les cataplasmes, et les autres remèdes tirés des plantes, cette femme connaît les soins et les pratiques. Cette femme est reconnaissante des connaissances et du savoir guérisseur que l’Esprit du Totem daignera lui révéler. Mais cette femme ignore les voies du monde des esprits.... La femme qui est étendue ... a besoin d’aide. Cette femme éprouve de grandes souffrances, mais la souffrance qui est en elle est encore pire. La femme supporte la douleur, mais la femme craint d’être inutile si son bras reste invalide. Cette guérisseuse aimerait aider la femme, mais l’aide peut s’avérer dangereuse. Cette femme implore l’assistance de l’Esprit du Grand Lion des Cavernes, ou de tout autre esprit que le Grand Totem choisira, pour guider cette femme, et aider celle qui est allongée devant toi.

Puisse notre Grande Mère à tous veiller sur toi, Roshario.”

“ Elle avait été elle-même cruellement éprouvée et y avait gagné des dons exceptionnels, et elle en était venue à croire que les bienfaits étaient en proportion de la sévérité des épreuves.... si pénible soit-elle, l’épreuve est nécessaire.”

“Quand une personne meurt et s’en va dans le monde des esprits, poursuivit Iza, la guérisseuse perd une partie de cet esprit. Toutes les femmes ne sont pas aptes à devenir guérisseuse. Une guérisseuse doit posséder en elle le désir profond de secourir les autres. Mais toi, Ayla, tu l’as déjà en toi, cette volonté, et c’est pourquoi j’ai commencé à te former. Je l’ai su quand tu as rapporté à la caverne ce lapin blessé... Quand tu t’es portée au secours d’Ona, tu n’as pas songé un seul instant au danger que tu pouvais courir, tu désirais la sauver avant tout.... Si tu ne possèdes pas toutes mes connaissances, ce que tu sais sera néanmoins suffisant car tu as un don inestimable, le don de comprendre et de deviner l’origine du mal, et, à partir de là, de le guérir.... Ce don que tu possèdes peut se révéler aussi puissant et efficace, et peut-être plus même, qui sait, que tous les souvenirs dont nos têtes sont pleines.”

“ Connais-tu le don que tu possèdes ?

- Oui, je crois. Quand quelqu’un est malade, je vois sa maladie. Je regarde ses yeux, la couleur de son visage, je sens son souffle. Je réfléchis. Quelque fois je sais par le regard, d’autres fois je sais quelles questions poser. Et je fais la médecine pour aider. Pas toujours la même médecine, et même quelque fois j’invente.

- Les meilleurs guérisseurs possèdent ce don.”

“ Tu sais bien que certaines maladies ne peuvent être guéries par les remèdes et les traitements à eux seuls. Comment soigner quelqu’un qui ne veut plus vivre ? Quel remède apporte à un homme la volonté de se remettre d’un grave accident ? Lorsque quelqu’un meurt, quel traitement appliquer à ceux qu’il laisse derrière lui ?”

Les médecines traditionnelles affirment depuis des millénaires qu'à l’origine de toutes les maladies il y a une intoxication physique et/ou psychique et que la maladie correspond à un effort du corps pour se dépolluer. Quand l’organisme est sans arrêt sur le qui-vive, en alerte, l’élimination des toxines ne se fait plus correctement. C’est la raison pour laquelle il n’est pas suffisant, pour dépolluer son organisme, d’adopter une alimentation saine ou d’utiliser les ressources des thérapies naturelles. Il faut aussi apprendre à se délivrer du stress, de cette tension psychique permanente qui mine votre santé... Notre équilibre va donc dépendre d’une alternance harmonieuse de détente et de tension... Enlever une douleur sans avoir compris le message n’est pas bon.”

Jean M. Auel, Ayla et les Enfants de la Terre

“Du fait que les Mamutoï vivaient tous ensemble durant de longues périodes, ils devaient apprendre à se tolérer les uns les autres. Il n’y avait, dans l’abri, aucune intimité possible, sinon celle des pensées de chacun, et tous prenaient grand soin de ne pas faire intrusion dans ce domaine. Ils hésitaient à poser des questions personnelles, à offrir assistance ou conseils si on ne les leur demandait pas, à intervenir dans des chamailleries privées, sauf si on les en sollicitait, ou si les querelles prenaient des proportions excessives. S’ils voyaient se développer une situation inquiétante, ils se montraient discrètement disponibles et attendaient, dans une attitude de patience et de tolérance, le moment où un ami serait prêt à parler de ses tracas, de ses craintes, de ses frustrations. Jamais ils ne s’érigeaient en juges, en critiques impitoyables et ils imposaient peu de restrictions dans le domaine du comportement personnel si celui-ci ne risquait pas de blesser ou de perturber gravement les autres. La solution valable d’un problème était celle qui aboutissait à des résultats et qui satisfaisait toutes les parties prenantes. Chacun savait ménager l’âme de ses voisins.”

Jean M. Auel, Ayla et les Enfants de la Terre

“ Elle prenait grand soin de faire sécher les plantes lentement dans un endroit sec et sombre, à l’abri du soleil, pour en conserver autant que possible le principe actif. ..

C’était une habitude, une pratique intensive qui l’amenaient à recueillir les plantes médicinales avec le passage des saisons... Elle connaissait bien d’autres utilisations des plantes, depuis les fibres qui permettaient de faire des cordes jusqu’aux propriétés alimentaires, mais c’étaient les propriétés médicinales qui l’intéressaient.

Elle était tellement familiarisée avec la végétation que les plantes nouvelles l’intriguaient toujours. Elle cherchait leurs ressemblances avec des végétaux connus et savait classer les sous-espèces dans des espèces plus largement répandues. Elle était capable d’identifier des familles et des types voisins mais elle savait très bien qu’une apparence semblable n’entraînait pas forcément des réactions semblables, et elle les expérimentait prudemment sur elle-même, en se basant sur ses connaissances et sur son expérience.

Elle était méticuleuse aussi pour les dosages et les méthodes de préparation. Elle savait qu’une infusion, préparée en versant de l’eau bouillante sur des feuilles, des fleurs ou des baies, dégageait des principes et des essences aromatiques et volatiles. La décoction, obtenue par ébullition, éliminait les propriétés résineuses, amères et donnait plus de résultat avec des produits durs comme les racines, les écorces et les graines. Elle savait comment extraire les huiles essentielles, les gommes, les résines d’une plante, comment faire des cataplasmes, des emplâtres, des fortifiants, des sirops, des onguents, des pommades. Elle savait mêler plusieurs ingrédients, renforcer ou diluer le mélange selon les besoins.

... Ayla était à la fois botaniste, pharmacienne, médecin. La magie lui venait des traditions ésotériques transmises et améliorées... par une génération après l’autre de cueilleurs et de chasseurs dont l’existence même dépendait d’une connaissance intime de leur territoire et de ce qu’il produisait.

En se fondant sur ces ressources venues de la nuit des temps, transmises par Iza, et en s’aidant d’un don inhérent d’analyse et d’une perception intuitive, Ayla savait reconnaître et traiter la plupart des maladies et des blessures. ... Ses traitements reposaient avant tout sur les propriétés curatives des plantes.”

Jean M. Auel, Ayla et les Enfants de la Terre

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la vie vue par Alessandro Baricco...

30 Avril 2013, 08:48am

Publié par pam

“... droit de l’humain à posséder un lieu à lui... la prétention de l’humain à être en mesure de défendre ce lieu, par les armes d’une lâcheté méthodique ou d’un courage équipé. Toute la condition humaine est résumée dans cette image. Car c’est exactement ainsi qu’apparaît la position destinale de l’homme : être face au monde, avec soi-même dans le dos.”

“Il pensait, vraiment, que les hommes se tiennent sur la véranda de leur propre vie (exilés par conséquent d’eux-mêmes) et que c’est la seule manière possible, pour eux, de défendre leur vie contre le monde, car si seulement ils se risquaient à rentrer chez eux (à être eux-mêmes, donc) cette maison redeviendrait immédiatement refuge fragile dans la mer du néant, destinée à se voir balayer par la grande vague de l’Ouvert, et le refuge se transformerait en piège mortel, raison pour laquelle les gens s’empressent de sortir sur la véranda (et donc d’eux-mêmes), reprenant position au seul endroit où il leur a été donné d’arrêter l’invasion du monde, sauvant au moins l’idée d’une maison à soi, fut-ce en se résignant à la savoir, cette maison, inhabitable. Nous avons des maisons, mais nous sommes des vérandas. Il regardait les hommes et dans leurs mensonges émouvants entendait le grincement de la chaise à bascule sur les planches poussiéreuses du porche ; et pour lui les grands éclats d’orgueil et de fatigante affirmation de soi où il voyait, chez les autres et chez lui-même, se nicher le verdict d’un exil éternel n’étaient que de ridicules fusils chargés.”

Alessandro Baricco in “City”.

“Tout à coup tu te sens comique, là sur ta véranda, à monter la garde contre un ennemi inexistant, et c’est une fatigue qui te mord, et l’humiliation de te sentir aussi inutilement ridicule, à la fin tu te lèves et tu rentres chez toi, après des années de mensonges, de comédies, tu rentres chez toi en sachant que peut-être tu n’arriveras même pas à trouver ton chemin, une fois dedans, comme si c’était la maison d’un autre alors que c’était la tienne, ça l’est encore, tu ouvres la porte et tu entres, curieux bonheur que tu avais oublié, ta maison à toi, dieu que c’est merveilleux, ce giron, cette tiédeur, la paix, moi, finalement, je ne sortirai plus jamais d’ici, je pose mon fusil dans un coin et je réapprends la forme des objets et les figures de l’espace, je me réhabitue à la géographie oubliée de la vérité, j’apprendrai à me déplacer sans rien casser, quand quelqu’un frappera à la porte je l’ouvrirai, et quand ce sera l’été j’ouvrirai les fenêtres en grand, je serai dans cette maison aussi longtemps que je serai,...” idem.

“Tout serait plus simple si on ne t’avait pas inculqué cette histoire d’arriver quelque part, si seulement on t’avait appris, plutôt, à être heureux, en restant immobile. Toutes ces histoires à propos de ton propre chemin. Trouver ton chemin, suivre ton chemin. Alors que si ça se trouve on est fait pour vivre sur une place, là sans bouger, à faire que la vie passe...” Idem.

“ Alors elle pensa que, même si la vie est incompréhensible, nous la traversons probablement avec le seul désir de revenir à l’enfer qui nous a engendré, et d’y habiter auprès de qui, un jour, de cet enfer, nous a sauvé. Elle essaya de se demander d’où venait cette absurde fidélité à l’horreur, mais elle s’aperçut qu’elle n’avait pas de réponse. Elle comprenait seulement que rien n’est plus fort que cet instinct de revenir là où l’on nous a brisé, et de répéter cet instant pendant des années. En pensant seulement que ce qui nous a sauvé une fois pourra nous sauver à jamais. Dans un long enfer identique à celui d’où nous venons. Mais clément tout à coup. Et sans sang.”

Alessandro Baricco in “ Sans sang” .

“ Et puis la vie, elle ne se passe pas comme tu imagines. Elle va son chemin. Et toi le tien. Et ce n’est pas le même chemin. Alors... Ce n’est pas que je voulais être heureuse, non. Je voulais... me sauver de tout ça, voilà : me sauver. Mais j’ai compris tard de quel côté il fallait aller. On croit que c’est autre chose qui sauve les gens : le devoir, l’honnêteté, être bon, être juste. Non. Ce sont les désirs qui vous sauvent. Ils sont la seule chose vraie. Si tu marches avec eux, tu seras sauvée. Mais je l’ai compris trop tard. Si tu lui laisses du temps, à la vie, elle tourne d’une drôle de manière, inexorable : et tu t’aperçois que là où tu en es maintenant, tu ne peux pas désirer quelque chose sans te faire du mal. C’est là que tout se complique, il n’y a aucun moyen de s’échapper, plus tu t’agites, plus le filet s’emmêle, plus tu te rebelles, et plus tu te blesses. On ne s’en sort plus. Quand il était trop tard, c’est là que j’ai commencé à désirer. De toute la force que j’avais. Je me suis fait tant de mal, tu ne peux même pas imaginer.”

Alessandro Baricco in “Océan mer”.

“ Je voulais dire que la vie, je la veux, je ferai n’importe quoi pour l’avoir, toute la vie possible, même si je deviens folle, peu importe, je deviendrai folle tant pis mais la vie je ne veux pas la rater, je la veux, vraiment, même si ça devait faire mal à en mourir c’est vivre que je veux. J’y arriverai, n’est-ce pas ?” idem.

la vie vue par Alessandro Baricco...

“Soyez patient en face de tout ce qui n’est pas résolu dans votre cœur. Essayez d’aimer vos questions elles-mêmes... Ne cherchez pas... des réponses qui ne peuvent vous être apportées, parce que vous ne saurez pas... les vivre. Et il s’agit précisément de tout vivre. Ne vivez pour l’instant que vos questions. Peut-être simplement... finirez-vous par entrer insensiblement, un jour, dans les réponses.”

Rainer Maria Rilke in “Lettres à un jeune poète.”

la vie vue par Alessandro Baricco...

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Bernard Werber et Lilou...

29 Avril 2013, 08:54am

Publié par pam

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Bruce Chatwin

7 Février 2013, 17:03pm

Publié par pam

Bruce Chatwin.

“Il avait un compte à régler avec tous les sédentaires, les insatisfaits, les ambitieux et les fous qui ne songeaient qu’à bouleverser et à détruire l’ordre de l’univers. Il éprouvait en revanche une passion pour les errants, les nomades qu’il considérait comme les fondateurs de l’humanité, comme des êtres qui de tout temps avaient établi leur vie sur la marche, le voyage et le respect de l’immuable perfection de la nature. L’homme n’était-il pas, à l’origine, un “vagabond dans le désert brûlant et désolé de ce monde”, pour reprendre les paroles de Dostoïevski.”

in “Le Chant des pistes”.

“Ce devait être un ouvrage follement ambitieux et intolérant, une sorte d’”Anatomie de l’errance” qui développerait l’affirmation de Pascal sur l’homme assis tranquillement dans une chambre. La thèse était à peu près la suivante : en devenant humain, l’homme avait acquis, en même temps que la station debout et la marche à grandes enjambées, une “pulsion” ou instinct migrateur qui le pousse à marcher sur de longues distances d’une saison à l’autre. Cette “pulsion” est inséparable de son système nerveux et, lorsqu’elle est réprimée par les conditions de la sédentarité, elle trouve des échappatoires dans la violence, la cupidité, la recherche du statut social ou l’obsession de la nouveauté. Ceci expliquerait pourquoi les sociétés mobiles comme les tziganes sont égalitaires, affranchies des choses, résistantes au changement, et aussi pourquoi, afin de rétablir l’harmonie de l’état originel, tous les grands maîtres spirituels - Bouddha, Lao Tseu, saint François - ont placé le pèlerinage perpétuel au cœur de leur message et demandé à leurs disciples, littéralement, de suivre le Chemin.”

in“Anatomie de l’errance”.

La première fois que j'ai vu une photo de Bruce Chatwin, mon coeur s'est arrêté. Impression d'avoir enfin trouvé mon âme soeur, mon alter ego... je ne peux rien dire de plus. J'avais déjà vécu une expérience similaire à l'âge de 5ans environ. C'était un dimanche à l'église, j'étais montée m'installer près de l'orgue où jouait mon oncle, d'autres enfants se regroupaient là pour chanter et j'ai vu un garçon, un grand de 8 ou 9 ans, et j'ai pensé que c'était l'homme de ma vie.... et j'ai passé des années à le chercher en vain, je ne l'ai jamais revu, je ne lui ai jamais parlé... et je ne les oublierai jamais ni l'un ni l'autre... sans savoir pourquoi !

La première fois que j'ai vu une photo de Bruce Chatwin, mon coeur s'est arrêté. Impression d'avoir enfin trouvé mon âme soeur, mon alter ego... je ne peux rien dire de plus. J'avais déjà vécu une expérience similaire à l'âge de 5ans environ. C'était un dimanche à l'église, j'étais montée m'installer près de l'orgue où jouait mon oncle, d'autres enfants se regroupaient là pour chanter et j'ai vu un garçon, un grand de 8 ou 9 ans, et j'ai pensé que c'était l'homme de ma vie.... et j'ai passé des années à le chercher en vain, je ne l'ai jamais revu, je ne lui ai jamais parlé... et je ne les oublierai jamais ni l'un ni l'autre... sans savoir pourquoi !

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