Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

liberte

Liberté...

14 Mai 2015, 07:36am

Publié par pam

“Nous faisons partie d’une génération connue pour son enthousiasme contestataire dans sa remise en cause des idées reçues et nous refusons de considérer la seconde partie de notre vie comme une période de dégradation progressive du corps et de l’esprit. Nous préférons envisager l’âge mûr comme une époque de la vie où l’on peut accroître sagesse, amour, créativité et joie, où l’on peut mieux cerner le sens de la vie et améliorer nos facultés physiques et mentales.”

Deepak Chopra in “Vivre en rajeunissant”.

Liberté...

“ La liberté, assurément, résidait plutôt dans la franchise que dans le secret, et la liberté mérite toujours qu’on prenne un risque. De toute façon, il ne pouvait pas voir quel risque il y avait.

... Il perdit du poids ; il marchait avec légèreté sur la terre. Le manque d’exercices physiques, le manque de diversité de ses occupations, de rapports sociaux et sexuels, tout cela ne lui apparaissait pas comme des manques, mais comme la liberté. Il était un homme libre : il pouvait faire ce qu’il voulait, quand il le voulait, aussi longtemps qu’il le voulait. Et il le faisait. Il travaillait. Il travaillait / jouait. "

in “ Les dépossédés “ . Ursula Le Guin.

Liberté...

Voir les commentaires

politique et liberté d'expression...

15 Janvier 2015, 08:59am

Publié par pam

Je vous propose quelques textes, base de réflexion, un peu en vrac, à vous de faire le tri !

Myriam Revault d’Allonnes : “La politique est le champ des rapports de force. La passion du pouvoir corrompt. L’art de gouverner est celui de tromper les hommes. L’art d’être gouverné est celui d’apprendre la soumission, laquelle va de l’obéissance forcée à l’enchantement de la servitude volontaire.”

“Les événements des Larmes de la Liberté stigmatisent l’urgence d’inventer de nouvelles valeurs, plus en accord avec la réalité naturelle, et qui évoqueraient aussi, en plus de leurs droits, les devoirs des peuples envers la terre qui les porte.

¨Partout, aujourd’hui, des gens se dressent, au nom du respect et de la liberté, au nom du droit à la différence et à la dignité, pour la préservation des ressources naturelles et celle de la diversité de leurs identités culturelles.

Partout des peuples se lèvent, contre l’aveuglement matérialiste forcené, à court terme, qui dirige l’économie mondiale et détermine l’évolution des sociétés humaines.

Et aucun pouvoir, politique ou militaire, ne saura plus faire taire leurs colères contre les saccages et le mensonge, et leurs volontés de paix et d’équité.

Quels que soient les dommages.

Pour la première fois dans l’histoire, la constitution d’un pays moderne va être réécrite, en tenant compte des interactions des idéaux et des principes démocratiques avec les valeurs traditionnelles et spirituelles qui régissent la vie de ses habitants.”

Jean-Marc Pasquet in “Libre toujours”.

“... question qui a dominée tout le XX° siècle : le besoin d’avoir une emprise totale sur autrui.

- Je ne pensais pas que c’était une obsession réservée à ce siècle.

- Certes. Mais pendant cette période nous avons fait des progrès considérables en termes de contrôle et de manipulation des êtres humains. Nous avons tourné toutes les ressources de la technologie dans ce but. Prenez les camps de concentration nazis : c’est le premier exemple de meurtre high-tech, le nec plus ultra de l’extermination. La bombe atomique a été un autre triomphe du contrôle absolu sur les masses, non seulement par sa capacité à distribuer la mort de loin mais aussi en tant que moyen de chantage politique. Grâce à elle, qu’on le veuille ou non, nous avons tous gobé la supercherie de la guerre froide, pendant que de part et d’autre les gouvernants s’en servaient comme d’un prétexte pour mettre les gens au pas et construire de gigantesques appareils policiers... Et maintenant nous disposons de moyens d’informations toujours plus envahissants pour assurer ce contrôle sur les individus. En complément à la logique de la consommation permanente, celle qui permet au monde occidental d’occuper et d’asservir le commun des mortels.

- Mais quel rapport avec Salo ?

- Très simple. Pasolini a dépeint le fascisme dans sa version prétechnologique la plus pure : la conviction d’avoir le droit, le privilège de prendre complètement le contrôle sur quelqu’un au point de lui dénier plus encore que ses droits, son humanité, au point de le réduire à l’état d’objet jetable une fois qu’il a été utilisé jusqu’à ses ultimes ressources. Depuis, les aristocrates déments du film ont été détrônés par des sources de pouvoir encore plus puissantes, États, multinationales, banques de données... Mais le monde dans lequel nous vivons reste marqué par cette pulsion fondamentale de domination. Tous, nous voulons imposer nos vues aux autres. N’est-ce pas ?”

Douglas Kennedy in “Rien ne va plus”.

politique et liberté d'expression...

“On voit mal comment un homme décidé à sacrifier sa vie à la vérité pourrait faire une carrière politique. Comment parvenir au pouvoir, et une fois parvenu au sommet, s’y maintenir ? Réponse : tous les moyens sont bons. Machiavélisme : art d’évacuer intégralement la morale pour réduire la politique à de purs problèmes de force : la fin justifie les moyens. Dans cette perspective, le mensonge fournit une arme redoutable et efficace.

L’accès au pouvoir suppose la démagogie = mensonge au peuple. Au lieu du souci de l’intérêt général que la fonction appelle, le politicien cherche bien souvent l’assentiment du plus grand nombre (51%!) et pour l’obtenir il flatte, séduit, promet sans intention de tenir, et affirme ensuite que ses promesses n’engagent que ceux qui y ont cru.... Il ment aussi sur l’adversaire à discréditer. Il cache aussi ses zones d’ombre. Et il prétend présenter un projet pour le destin de la France alors qu’il a été concocté par des cabinets de conseillers en communication pour correspondre au profil du meilleur produit vendable.

Toujours la volonté particulière triomphe au détriment de l’intérêt général.

La fonction politique oblige à un mensonge particulier caractérisé par une pratique sophiste. Les sophistes étaient des ennemis de Platon. Pour eux, l’essentiel réside dans la forme, jamais dans le fond. Ancêtres des publicitaires, aucune considération pour les idées véhiculées et chèrement payés. Pour un sophiste, la vérité réside dans l’efficacité. Est vrai ce qui parvient à ses fins et produit ses effets. Est faux tout ce qui manque son but.

L’art politique est un art de la sophistique, donc du mensonge. Pour dissimuler cette évidence, les théoriciens du droit ont même forgé le concept de raison d’État qui permet de tout justifier, d’entretenir le silence, de classer des affaires secrets défense ou secrets d’État, de négocier avec des terroristes ou des États sanguinaires, de vendre des armes à des pays ennemis des Droits de l’Homme, mais amis quand ils paient.

La raison d’État prouve que l’État existe rarement pour les individus mais que les individus n’existent que pour le servir et qu’en cas de refus d’obéissance il dispose, tout puissant, de moyens de contrainte : police, tribunaux, armée, droit, loi. Sachez-le, ne l’oubliez pas, et votez si le cœur vous en dit...”

Michel Onfray in “Antimanuel de philosophie”.

politique et liberté d'expression...

“Le moine et le philosophe”.

J.F. : Science politique (= étude des systèmes de gouvernement) ?

M. : Le but du bouddhisme étant d’éliminer toute forme de souffrance, il est évident que la connaissance des principes d’une société juste, reposant sur des valeurs spirituelles, et sur le sens non seulement des droits de l’homme mais des devoirs de l’individu, a une importance primordiale.

Il faut que les principes qui animent la société soient vécus par ses membres comme une évidence indiscutable. Et tout dépend de la façon dont on applique les idéaux.

J.F. : Un des aspects de la crise des démocraties modernes, c’est que les citoyens ont de plus en plus de droits et de moins en moins de devoirs vis-à-vis de la collectivité. Certains asiatiques ont une théorie : le principe de relativité des droits de l’homme et des principes démocratiques. Il existe, selon eux, dans chaque civilisation une conception particulière des droits de l’homme.

M. : Selon le B., tous les êtres aspirent au bonheur et ont le même droit d’être heureux. Tous aspirent à être délivrés de la souffrance et ont le même droit de ne plus souffrir. Ces aspirations et ces droits ont bien entendu une valeur universelle. Il convient d’examiner la nature et l’efficacité des lois et institutions humaines pour voir si elles favorisent ou entravent ces droits fondamentaux. L’Orient est plus enclin que l’Occident à considérer que l’harmonie d’une société ne doit pas être compromise par une forme d’anarchie qui consiste à utiliser la notion de droits de l’homme pour faire n’importe quoi, n’importe comment, n’importe quand, tant que cela est “permis”, car une telle attitude conduit à un déséquilibre entre droits et devoirs, entre la liberté pour soi et la responsabilité à l’égard d’autrui. C’est l’”individu roi” qui prédomine dans les sociétés occidentales. Dans la mesure où il reste dans le cadre des lois, il peut pratiquement faire n’importe quoi.

J.F. : Les droits de certains individus ou groupes atteignent en fait, souvent, à une permissivité qui sort de la légalité. Ce sont des droits hors du droit.

M. : Ce n’est pas une source de bonheur pour l’individu, et il troublera constamment la société. La responsabilité de l’individu, c’est de préserver consciemment l’harmonie de la société. On ne peut y parvenir que si les individus ne respectent pas les lois par obligation, mais à la lumière d’une éthique à la fois temporelle et spirituelle. Une société régie par une tradition de nature plus spirituelle (Inde et Tibet jusqu’à peu), attache une importance plus grande au bien-être global de la communauté qu’au respect de l’individualisme à tout prix. L’échec et le drame des régimes totalitaires, c’est qu’ils s’opposent à l’individualisme et dominant les individus de façon aveugle et violente, et prétendent assurer le bonheur des peuples d’une manière grossièrement contredite par les faits. Il ne s’agit donc pas de restreindre la liberté de l’individu mais d’éduquer son sens des responsabilités. Le Dalaï-lama répète souvent qu’il est essentiel de garantir l’égalité des droits de l’homme et de la femme, l’égalité des droits fondamentaux à la vie, au bonheur et à la protection de la souffrance, quels que soient notre race, notre caste ou notre sexe.

La conception des droits de l’homme de Li Peng (1° ministre chinois) n’a rien à voir avec la notion de responsabilité de l’individu vis-à-vis du bien-être général de la société ; elle relève plutôt de la hantise du chaos (qu’il est prêt à tout instant à conjurer dans le sang), la hantise de libertés qui déstabiliseraient le régime totalitaire.

J.F. : Les sociétés démocratiques se prêtent à toute sorte de manoeuvres qui permettent à des groupes catégoriels (lobbies), des privilégiés, de bénéficier de certains privilèges, de tenter d’extorquer à la communauté des avantages spéciaux en les faisant passer pour des droits démocratiques. Débat actuel sur les “avantages acquis” en Europe et aux USA. Au fil des ans, ils sont devenus abusifs, détérioration quasi inévitable dans les démocraties. Il faudrait pouvoir ramener le compteur à zéro : l’égalité de tous devant la loi et devant l’utilisation de l’argent public. Voir certains s’organiser pour obtenir un traitement privilégié par rapport à la loi commune et pour se dispenser de la respecter, est un vieux démon de la démocratie. Déjà Platon montrait comment, en dégénérant, la démocratie peut engendrer la tyrannie : à partir du moment où les droits démocratiques ne sont plus constitués que par une mosaïque d’intérêts particuliers qui s’affrontent au détriment d’autrui en utilisant la rhétorique de l’intérêt général, on aboutit à un état d’anarchie incontrôlable qui fait inéluctablement la tentation du gouvernement autoritaire qui surgit (Italie des années 20, Espagne des années 30...). Un régime dictatorial ne sort jamais du néant.

M. : Exemple de la violence : le public est fasciné par la violence et le sexe. Les producteurs voient l’argent à prendre, les législateurs sont paralysés par la crainte d’égratigner la liberté d’expression. Le résultat est une ignorance complète de la notion de responsabilité et une incapacité à traduire cette notion en lois ou conventions. Car le sens de la responsabilité doit naître non de lois restrictives mais de la maturité des individus. Et pour cela, il faudrait que les principes spirituels qui permettent une transformation intérieure soient encore vivants dans la société, au lieu d’y faire cruellement défaut.

J.F. : Toutes les grandes sociétés démocratiques modernes sont basées à la fois sur la liberté de l’opinion politique, la liberté de la recherche scientifique et philosophique et la liberté religieuse ; mais toujours sous réserve que cela n’empiète pas sur les droits des autres.

M. : Nulle part, l’équilibre entre droit et responsabilité n’est réalisé. Par manque de sagesse et d’altruisme, par manque de principes éthiques et spirituels, on ne distingue pas clairement entre les aspects désirables de la liberté d’expression et ceux qui, directement ou indirectement, nuisent aux autres êtres.

J.F. : Il est impossible de définir des principes qui prévoient tous les cas particuliers. Nous entrons dans la casuistique (tendance à argumenter de façon subtile) de l’application des lois, qui exige énormément de finesse. L’application catégorique, mécanique n’est pas possible. Mais c’est le propre de toute civilisation ! Si elles étaient simples, elles seraient ennuyeuses.

M. : Mais, tant que le motif prédominant est l’appât du gain et non l’approfondissement des connaissances, et que les conséquences sont néfastes, arguer du sacro-saint principe de la liberté d’expression me semble être une tromperie cynique de la part des promoteurs et une nouvelle forme de superstition de la part des intellectuels.

J.F. : N’oublions pas que dans les démocraties, l’intervention du facteur opinion public est très important. L’éducation de cette opinion publique est le point essentiel, le législateur ne peut rien sans elle. C’est là que la liberté d’information, la liberté d’échanges de vues jouent un rôle important. Un public dégoûté peut agir plus efficacement que ne l’aurait fait une interdiction.

M. : Il importe de considérer les intérêts des autres comme aussi importants que les siens.

J.F. : Le devoir d’altruisme ne peut faire l’objet de lois. Le danger est l’utopie. La science politique, science de l’organisation du fonctionnement des sociétés humaines dans la légitimité et la justice ne peut pas être élaborée dans le vide. Les utopistes ne sont pas des gens qui se font des illusions mais ont de bonnes intentions, les utopistes sont des inventeurs de systèmes totalitaires : partant d’une idée abstraite de ce que l’être humain doit faire, ils appliquent leurs ordonnances d’une manière impitoyable.

La vraie science politique repose uniquement sur l’observation du fonctionnement des sociétés humaines. La science politique, qui ne peut se passer de la science économique parce qu’il faut bien vivre, repose d’abord sur des sciences positives : sociologie, histoire, économie. C’est à partir de la pratique de ces sciences que l’on peut se permettre de dégager, prudemment, un certain nombre de principes directeurs.

M. : Sur quels principes reposent ces sciences humaines ou politiques ?

J.F. : 1° danger philosophique : prétention de vouloir bâtir un système global expliquant une fois pour toutes le fonctionnement des sociétés humaines. Détrôner toutes les théories des prédécesseurs et rendre inutiles toues les théories des successeurs. Tentation totalitaire de la sociologie. 2° danger idéologique. Aucune de ces disciplines ne doit être prise comme une science. Tout dépend du scrupule de celui qui s’exprime, de sa compétence, de ses capacités de travail, de son ingéniosité dans la recherche, et surtout de son honnêteté : qu’il n’obéisse par à des fidélités d’école ou de clan.

Il n’y a pas en soi de science historique, il y a des historiens qui font preuve ou pas de scrupules scientifiques. Certaines erreurs sont tellement tendancieuses qu’elles sont certainement volontaires.

M. : Le danger philosophique et idéologique est évident lorsqu’il s’agit de constructions intellectuelles, d’un “savoir ignorant” qui veut répondre à tout sans se fonder sur une compréhension profonde des principes qui régissent le bonheur et le malheur des êtres et de la société. L’Histoire est une observation, la plus rigoureuse possible, de l’évolution de l’humanité. Elle peut tout au plus décrire des événements, dégager des tendances et analyser des causes, mais elle ne propose pas de principes de vie.

Le Dalaï-Lama et les membres de son gouvernement en exil essaient de reconnaître quel système serait le plus apte à assurer le fonctionnement de la société tibétaine à notre époque, tout en préservant les valeurs fondamentales du bouddhisme. Ces valeurs, loin d’entraver ce système démocratique, ne peuvent que lui assurer une efficacité accrue, car elles aident les gens à comprendre que l’ensemble des lois doivent être sous-tendues par le principe de responsabilité des individus à l’égard de la société, permettant ainsi un meilleur équilibre entre les droits et les devoirs.”

Matthieu Ricard et Jean-François Revel in “Le moine et le philosophe”.

politique et liberté d'expression...

Voir les commentaires

TAFTA : urgence !

11 Décembre 2014, 09:04am

Publié par pam

Défendez votre liberté et celles ce ceux qui nous suivront :

https://stop-ttip.org/fr/signer/

« Signez l’ICE anti Tafta ! »
Découvrez cette Initiative Citoyenne Européenne contre les accords commerciaux entre l’Union Européenne et les Etats-Unis.
Les initiateurs de ce mouvement dénoncent les répercussions socio-économiques néfastes pour l'humain et l’environnement, telles que le manque de transparence sur les origines et conditions de production des aliments ; la destruction de nombreux emplois dans le secteur agricole, la dégradation des sols et surtout la remise en cause de la souveraineté des Etats…
Cette campagne se termine à la fin de l’année. Il manque 500.000 signatures. Mobilisez-vous et parlez-en autour de vous !

Voir les commentaires

Nous pouvons vivre libres.

6 Octobre 2014, 07:00am

Publié par pam

EMMANUEL DANIEL (REPORTERRE)

samedi 4 octobre 2014

Dans son ouvrage, Comme si nous étions déjà libres, l’anthropologue David Graeber s’appuie sur le mouvement Occupy pour rafraichir la pensée de la démocratie et de la liberté. « Il ne s’agit pas de construire une société à partir de zéro, mais de la construire à partir de la société existante, en y élargissant les zones de liberté, jusqu’à ce que la liberté serve de principe d’organisation absolu ».

En 2011, un vent révolutionnaire a soufflé sur les Etats-Unis. Dans l’antre du capitalisme mondialisé, des milliers de personnes ont occupé plusieurs centaines de places publiques, de Wall Street à Phoenix en passant par Cincinnati. Le mouvement, baptisé Occupy, ne réclamait pas une hausse des salaires, de meilleures retraites ou une meilleure prise en charge des soins médicaux. C’est le fonctionnement même de notre système économique et politique qui était remis en cause. Non pas un changement des personnes au pouvoir, mais bien un changement d’institutions.

Dans son livre au titre encourageant, Comme si nous étions déjà libres, l’anthropologue David Graeber nous raconte par le menu la naissance, le déroulement et l’essoufflement de ce mouvement au sein duquel il a été très actif. Scènes de vie collective, discussions pendant ou en dehors des assemblées, violences policières, traitement médiatique... Il nous livre un riche témoignage de ce qu’il a vécu sur les places de New York et d’ailleurs ainsi que son analyse d’un mouvement politique inédit de par sa composition et sa forme.

Pour lui, l’expulsion des derniers campements en novembre 2011 ne marque pas la fin, mais plutôt le début d’un processus : « Une fois les horizons politiques de la population élargis, le changement est permanent. Des centaines de milliers d’Américains ont aujourd’hui fait l’expérience directe de l’auto-organisation, de l’action collective et de la solidarité humaine. Ils est alors presque impossible de revenir en arrière et de voir les choses comme avant ».

Il argue que l’occupation de places a permis une "renaissance de l’imaginaire révolutionnaire", notamment chez des participants qui pour beaucoup étaient éloignés des sphères militantes. En prenant part à ce mouvement, des personnes qui se contentaient d’être des électeurs passifs et résignés se sont transformées en citoyens conscients de leur pouvoir individuel et collectif.

Il voit les assemblées générales et ses prises de décisions au consensus comme un modèle de "véritable démocratie directe" capable de faire"contrepoids à la mascarade corrompue que le gouvernement américain qualifie de démocratie". Il espère que "la liberté soit contagieuse" et pense que "voir un groupe de mille ou deux mille individus prendre des décisions collectivement, sans structures hiérarchiques et uniquement motivé par des principes de solidarité peut changer notre conception fondamentale de ce à quoi pourrait ressembler la politique, ou même la vie humaine".

Graeber place l’expérimentation démocratique au cœur de la reconquête de notre existence. Il est persuadé que les Américains "aiment la démocratie, détestent les politiciens et doutent de la notion même de gouvernement", mais n’imaginent pas qu’un autre mode de fonctionnement soit possible. Lui assure au contraire que "la démocratie est aussi ancienne que l’histoire et l’intelligence humaine". Il va puiser dans l’histoire et l’anthropologie des exemples concrets pour défendre l’idée que les hommes pourraient tout à fait se gouverner sans appareil d’Etat.

De sensibilité anarchiste, l’universitaire croit que l’homme peut se comporter de manière décente et responsable sans y être contraint par un Etat, un policier ou un juge. Il rappelle que même dans notre société individualiste et hiérarchisée, nous faisons preuve de générosité tous les jours et il existe déjà des espaces où nous nous organisons de manière horizontale. "Il ne s’agit donc pas de construire une société à partir de zéro. Il s’agit plutôt de la construire à partir de la société existante, en y élargissant les zones de liberté, jusqu’à ce que la liberté serve de principe d’organisation absolu". Pour lui, le meilleur moyen de réveiller l’instinct démocratique qui sommeillerait en nous, serait de multiplier les expériences d’organisations horizontales et égalitaires qui préfigurent le monde de demain. Il nous invite à incarner au quotidien le monde que nous désirons créer en choisissant de vivre "comme si nous étions déjà libres".

Comme si nous étions déjà libres, David Graeber, éd. Lux, 278 p., 22 €.

Voir les commentaires

COMMENT VIVRE ENSEMBLE ?

16 Juillet 2014, 05:56am

Publié par pam

extraits, résumé, fiche de lecture, simple outil pour donner envie de lire ou de relire, pour méditer, pour occuper l'esprit quand les mains sont à l'ouvrage...suite...

MICHEL ONFRAY. ANTIMANUEL DE PHILOSOPHIE.

Leçons socratiques et alternatives.

COMMENT VIVRE ENSEMBLE ?

4 - LA LIBERTÉ. L’architecte, le pédophile et Internet.

Pourquoi votre lycée est-il construit comme une prison ?... tout ce qui manifeste l’autonomie de l’individu (la possibilité de décider de son existence dans son moindre détail) gêne considérablement la société dans son ensemble. La société n’aime pas la liberté car elle n’engendre pas l’ordre, la cohérence sociale, la communauté utile, mais plutôt l’éclatement des activités, l’individualisation et l’atomisation sociale. La liberté fait peur, angoisse, elle inquiète l’individu, qui se retrouve face à lui-même, dans le doute, devant la possibilité de choisir, donc d’expérimenter le poids de la responsabilité ; mais elle gêne aussi la société qui préfère des personnages intégrés dans le projet prévu pour chacun plutôt qu’une multiplicité de pièces jouées par des petits groupes d’individus.

L’usage libre de son temps, de son corps, de sa vie engendre une angoisse plus grande que si l’on se contente d’obéir aux instances génératrices de docilité (famille, école, travail...)... tout vise moins pour vous une compétence qu’une mesure de votre aptitude à l’obéissance, à la docilité, à la soumission aux demandes du corps enseignant.

Quiconque contrôle les flux contrôle les individus qui les constituent. Partout vous devez pouvoir être vu. Le quadrillage de l’espace est rendu possible par l’architecture. Votre liberté individuelle disparaît dans les quadrillages d’espace (architecture) et les quadrillages de temps (administration) : écoles, prisons, casernes, atelier. Il s’agit avant tout d’encager les possibilités multiples de la liberté pure pour les contraindre à passer par le trou d’aiguille de la discipline sociale. Le but non avoué étant d’éteindre les formidables puissances de désordre contenues dans une liberté sans limite.

Gilles Deleuze (1924-1995) : “Crise des institutions = installation progressive et dispersée d’un nouveau régime de domination... Réformer l’école, l’industrie, l’hôpital, l’armée, la prison, chacun sait que ces institutions sont finies, à plus ou moins longue échéance. Il s’agit seulement de gérer leur agonie et d’occuper les gens, jusqu’à l’installation de nouvelles forces qui frappent à la porte. Ce sont les sociétés de contrôle qui sont en train de remplacer les sociétés disciplinaires.”

Déterminisme : être dans la peau d’un individu qui n’a pas le choix et subit son impulsion sans pouvoir y résister. Il suppose une force contraignant un individu à se comporter d’une façon qui ne relève pas d’un choix conscient. Malgré le processus éducatif, certains dressages ne suffisent pas pour empêcher un comportement déviant. Un déterminisme peut être façonné par le contexte socioculturel de l’époque. Une époque, une histoire, une géographie, une culture, une civilisation fabriquent des déterminismes auxquels on n’échappe pas. Le déterminisme peut aussi être physiologique, en l’occurence génétique : on ne choisit pas son corps et les caractères transmis par l’hérédité.

Les influences les plus puissantes, les moins visibles mais les plus repérables dans leurs conséquences sont les influences psychiques. Ce que nous sommes, goûts, dégoûts, plaisirs, désirs, envies, projets, tout procède et découle de la puissance de l’inconscient. Chacun de vous est déterminé à être ce qu’il est aujourd’hui. Et si le choix existait, hors déterminismes, la plupart choisiraient d’être autres que ce qu’ils sont. Généralement, l’individu dispose d’une liberté minimale et subit des contraintes maximales. On constate que la liberté existe en doses différentes chez les individus, mais pour l’essentiel, on est choisi par plus fort que soi, on obéit.

La croyance à la liberté ressemble étrangement à une illusion.

Spinoza : “Telle est cette liberté humaine que tous les hommes se vantent d’avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes que les déterminent.”

Vous vous retrouverez dans la peau du censeur de vos désirs anciens censurés hier par vos parents. Ce que chacun s’autorise, il ne le tolère pas forcément des siens ou des autres en général.

Les libertés sont plus faciles à revendiquer qu’à accorder.

Une liberté qui ne rencontre aucune limite ne peut se définir, se préciser. Les limites sont là où une nuisance s’ensuit de son usage, pour soi ou pour autrui. Mais qui est habilité à juger des nuisances?

L’exercice de la liberté suppose donc un apprentissage. La liberté se borne en regard des impératifs religieux et éthiques qui permettent de construire et d’entretenir une société dans les règles. Ainsi, vous êtes libre tant qu’une figure d’autorité ne vous l’interdit pas....

On doit aussi envisager la loi morale.

La liberté d’un enfant, c’est donc celle que définissent pour lui ses parents. Idem pour un handicapé mental ou un vieillard sénile.

Bakounine (1814-1876) : “N’en déplaise aux métaphysiciens et aux idéalistes religieux, philosophes, politiciens ou poètes : l’idée de Dieu implique l’abdication de la raison et de la justice humaines ; elle est la négation la plus décisive de la liberté humaine et aboutit nécessairement à l’esclavage des hommes, tant en théorie qu’en pratique.

Si Dieu est, l’homme est esclave ; or, l’homme peut, doit être libre ; donc Dieu n’existe pas.”

COMMENT VIVRE ENSEMBLE ?

merci d'être là si nombreux pour suivre ce blog, grâce à vous ce matin je redécouvre ce chapitre qui m'avait profondément touché, avec une impression de rentrer à la maison !

" Il s’agit avant tout d’encager les possibilités multiples de la liberté pure pour les contraindre à passer par le trou d’aiguille de la discipline sociale. Le but non avoué étant d’éteindre les formidables puissances de désordre contenues dans une liberté sans limite."

qu'en termes élégants ces choses-là sont dites, et du coup elles touchent plus qu'un long discours, comme certaines pancartes dans une manif !!

Et la peur que cela génèrent chez les conventionnels et les hommes de pouvoir... et chez chacun de nous finalement quand il s'agit de dire ou faire ou décider "en toute liberté"....

Et parce que "Les libertés sont plus faciles à revendiquer qu’à accorder. " j'ai supprimé l'article de dimanche dernier, en vous remerciant pour vos touchants commentaires.

En vous remerciant de votre attention et en espérant vous avoir donné envie de lire ou relire Onfray, passez tous une bonne journée.

Refusons de poser des limites à la liberté de nos proches mais parallèlement refusons d'eux qu'ils essayent d'en poser pour nous et notre liberté.

COMMENT VIVRE ENSEMBLE ?

Voir les commentaires