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meditation

espoir, non-espoir...

31 Juillet 2014, 06:47am

Publié par pam

Pema Chödrön. “Conseils d’une amie pour des temps difficiles”. extraits...

L’absence d’espoir et la mort :

Si nous sommes disposés à abandonner l’espoir d’éradiquer l’insécurité et la douleur, alors nous aurons le courage de nous détendre dans une situation sans assise. C’est le premier pas sur la voie.

Quand on tourne son esprit vers le dharma, on prend courageusement acte de l’impermanence et du changement et on commence à acquérir le talent du non-espoir.

Ye tang che signifie en tibétain complètement épuisé (ras-le-bol total), ce mot décrit une expérience d’absence totale d’espoir. C’est le commencement.

Si nous n’abandonnons pas l’espoir, l’idée qu’il existe quelque part un endroit où nous serions mieux, qu’il existe quelqu’un de mieux que nous pourrions être, alors nous ne nous détendrons jamais là où nous sommes avec la personne que nous sommes.

Le mot attention signifie être bien là où nous sommes. La souffrance commence à se dissoudre quand on est capable de remettre en question la croyance ou l’espoir qu’il existe un endroit quelconque où se cacher.

La différence entre théisme et non-théisme ne réside pas dans le fait de croire ou non en Dieu. Le théisme est la conviction profondément ancrée qu’il existe une main que l’on peut tenir : si nous faisons ce qu’il faut, quelqu’un l’appréciera et prendra soin de nous. Cela revient à croire qu’il y a toujours une baby-sitter disponible quand nous en avons besoin (tendance à nous démettre de nos responsabilités et à déléguer notre autorité à quelque chose d’extérieur à nous). Le non-théisme, c’est se détendre dans l’ambiguïté et la précarité de l’instant présent sans chercher à atteindre quoi que ce soit pour nous protéger.

Le dharma ne nous procure absolument rien à quoi nous accrocher.

Nous sommes tous accro à l’espoir - l’espoir que le doute et le mystère vont disparaître.

Selon Bouddha, quand nous ressentons la souffrance cela ne veut pas dire que quelque chose ne va pas. La souffrance fait partie de la vie et rien ne sert de croire qu’on a mal parce qu’on a fait quelque chose de travers.

Dans ce monde d’espoir et de peur, on doit constamment changer de chaîne, de température, de musique, parce que quelque chose devient gênant ou nous agite, quelque chose commence à nous faire mal et nous n’arrêtons pas de chercher autre chose : laisser tomber l’espoir, pour vivre.

L’espoir et la peur proviennent de l’impression de manquer de quelque chose.

On ne peut pas faire l’impasse sur soi-même comme si on n’était pas là. Il faut mieux avoir une vue juste sur tous nos espoirs et toutes nos peurs. C’est alors que surgit une sorte de confiance en notre santé fondamentale.

Le renoncement est un enseignement pour nous inciter à élucider ce qui se produit chaque fois que nous empoignons quelque chose parce que nous ne supportons pas de faire face à ce qui nous arrive. Quand on se sent mal à l’aise, nauséeux, déstabilisé, on panique, on met aussitôt le grappin sur quelque chose, geste fondé sur l’espoir. S’abstenir de mettre le grappin sur quelque chose, c’est l’absence d’espoir.

Si nous sommes disposés à abandonner l’espoir d’éradiquer l’insécurité et la douleur, alors nous aurons le courage de nous détendre dans une situation sans assise. Si nous faisons le voyage pour nous rassurer, nous passons complètement à côté de l’essentiel.

Toute l’anxiété, l’insatisfaction, les raisons d’espérer que notre expérience pourrait être différente, prennent racine dans notre peur de la mort. Nous avons été élevés dans une culture qui a peur de la mort et qui nous la cache. Nous en faisons néanmoins l’expérience tout le temps : sous forme de déceptions, sous la forme de choses qui ne marchent pas, ou de choses en perpétuel changement. Quand un jour finit, quand une seconde finit, quand nous expirons, c’est la mort dans la vie de tous les jours. Avoir une relation avec la mort dans notre vie de tous les jours signifie que nous commençons à pouvoir attendre, à pouvoir nous détendre dans l’insécurité, la panique, la gêne, ou avec ce qui ne marche pas.

La mort et l’absence d’espoir procurent une motivation adéquate pour vivre une vie lucide et compatissante. Mais la plupart du temps nous prémunir contre la mort est notre motivation la plus puissante, nous évitons tout ce qui pose problème. Se détendre dans le moment présent, se détendre dans l’absence d’espoir, se détendre avec la mort, ne pas s’opposer au fait que les choses changent tout le temps, qu’elles n’ont pas de substance durable, c’est ça le message de base. Parler de l’absence d’espoir et de la mort, ça veut dire faire face aux faits. Aucune fuite de la réalité. Nous pouvons continuer à avoir des dépendances de toutes natures, mais nous cessons de croire qu’elles sont autant de portes d’accès au bonheur.

espoir, non-espoir...

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Éviter de nuire

30 Juillet 2014, 07:25am

Publié par pam

Pema Chödrön. “Conseils d’une amie pour des temps difficiles”.

Éviter de nuire :

Ne pas nuire à autrui suppose évidemment de s’abstenir de tuer, voler ou mentir. Cela implique aussi de ne pas être agressif (en parole comme en esprit ou en action). Apprendre à ne nuire ni à nous-mêmes ni aux autres est un enseignement de base du bouddhisme sur le pouvoir de guérison lié à la non-agression. C’est la base même d’une société éveillée.

L’agression la plus fondamentale envers nous-mêmes, le mal le plus fort que nous pouvons nous faire est de demeurer ignorant en n’ayant ni le courage ni le respect de nous regarder avec honnêteté et douceur.

C’est le parcours de toute une vie que d’entrer honnêtement en relation avec le caractère immédiat de notre expérience et de nous respecter suffisamment pour ne pas porter de jugement sur celle-ci.

C’est un vrai choc de constater à quel point nous avons refusé de voir certaines de nos manières de nuire. Notre style est si bien enraciné en nous que nous ne pouvons pas entendre ceux qui essayent de nous dire que peut-être nous causons du tort par notre façon d’être ou dans nos rapports avec les autres.

Grâce à l’attention, nous voyons nos désirs et notre agression, notre jalousie et notre ignorance, sans suivre ces pulsions ; nous nous contentons de les voir, d’en prendre acte. L’étape suivante consiste à s’abstenir. L’attention est la base, l’action de s’abstenir est la voie.

Une pratique de méditation faisant appel à l’attention et à la faculté de s’abstenir : remarquer les mouvements de notre corps quand nous nous sentons mal à l’aise. La consigne est de ne pas essayer de changer quoi que ce soit, de ne pas nous critiquer quoi que nous fassions, mais de nous contenter d’observer nos gestes. Prendre note de la manière dont nous essayons d’éviter l’absence de terrain solide est un moyen d’entrer en contact avec cette perte d’assise.

S’abstenir, c’est-à-dire ne pas passer à l’acte de façon impulsive comme d’habitude, a quelque chose à voir avec le renoncement à la mentalité de divertissement. En nous abstenant d’agir, nous pouvons voir que quelque chose existe entre l’apparition du désir (ou de l’agression ou de la solitude...) et toute action que nous accomplissons comme résultat de ce sentiment. Il y a quelque chose dont nous ne voulons pas faire l’expérience et dont nous ne faisons jamais l’expérience parce que nous sommes tellement pressés d’agir.

S’abstenir, c’est la méthode dont on use pour parvenir à connaître la nature de cette agitation et de cette peur. C’est la méthode permettant de se faire à l’absence de terrain solide.

Si nous nous divertissons aussitôt en commençant à parler, agir ou penser, nous ne pourrons jamais nous détendre. Notre vie sera un marathon sans fin. Nous demeurerons bloqués au stade de “vrai paquet de nerfs”.

Si vous ne faites pas ce que vous dicte la peur, alors la peur n’a aucun pouvoir sur vous.

Quand nous comprenons le processus, nous ne nous faisons pas avoir par la réaction en chaîne qui transforme des choses minuscules en monstruosités.

En restant en attente, nous commençons à entrer en rapport avec l’agitation fondamentale aussi bien qu’avec l’espace fondamental. Et la conséquence, c’est que nous cessons de nous causer du tort. Établir une relation vraiment bonne avec nous-mêmes nous apprend l’immobilité, ce qui n’empêche pas de courir, danser, sauter, mais signifie que la compulsion a disparu. Nous arrêtons de trop manger, trop fumer, chercher à trop séduire...

Notre parole est apprivoisée et communique quelque chose. Nous ne gaspillons pas le don de parole pour exprimer notre névrose. C’est la libération qui se produit naturellement quand nous sommes tout à fait là, sans nous faire de souci au sujet de l’imperfection.

Éviter de nuire

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Meditation Tonglen...

28 Juillet 2014, 06:47am

Publié par pam

extraits de

“CONSEILS D’UNE AMIE POUR DES TEMPS DIFFICILES”.

de PEMA CHÖDRÖN.

Aller à contre-courant :

Pour avoir de la compassion envers les autres, il faut en éprouver pour soi. Nous soucier des personnes anxieuses, irritées, jalouses, dominées par des dépendances, arrogantes, orgueilleuses, avares, méchantes..., ressentir de la compassion pour elles, nous en occuper implique de ne pas fuir la douleur de découvrir toutes ces choses en nous-mêmes.

La pratique de tonglen est une méthode pour entrer en relation avec la souffrance, la nôtre et celle qui nous entoure partout où nous allons. C’est une méthode pour surmonter la peur de la souffrance et faire disparaître la rigidité de notre cœur, pour éveiller la compassion quelles que soient la cruauté ou la froideur qui semblent nous habiter. Le cœur de la pratique c’est inspirer la douleur des autres pour qu’ils puissent se sentir bien et avoir plus d’espace pour se détendre et s’ouvrir ; et expirer en leur envoyant la détente ou tout ce que nous sentons pouvoir leur apporter soulagement et bonheur.

Souvent nous sommes incapables d’accomplir cette pratique parce que nous sommes face à notre peur, notre propre résistance ou colère ou autre forme de notre douleur personnelle. Nous pouvons alors faire porter notre pratique de tonglen sur ce que nous et des millions d’autres ressentent à ce moment-là. Nous entrons en contact avec ce que nous ressentons et nous l’inspirons, nous l’accueillons à l’intérieur de nous-mêmes pour nous tous et nous renvoyons à l’extérieur du soulagement pour tous.

Cette pratique dissout les murs que nous avons édifiés autour de notre cœur. On dit qu’elle dissout la fixation et l’attachement à l’ego.

Tonglen éveille notre compassion et nous amène à une vision beaucoup plus vaste de la réalité. Nous commençons à entrer en relation avec la dimension ouverte de notre être. Cela nous permet de vivre sans faire tout un plat de tout ce qui arrive, sans voir les choses de manière aussi solide qu’elles nous paraissaient avant.

Méditation en quatre étapes :

- reposez votre esprit brièvement dans un état d’ouverture ou d’immobilité : ouverture soudaine à la clarté et à l’espace primordiaux.

- inspirez une sensation de chaleur, d’obscurité et de lourdeur (claustrophobie) et expirez une sensation de rafraîchissement, de clarté et de légèreté.

Inspirez et irradiez à fond par tous les pores de la peau. Continuez jusqu’à synchronisation avec l’expir et l’inspir.

- travaillez sur une situation personnelle douloureuse et en même temps pour tous ceux qui souffrent comme vous.

Aspirez votre douleur et renvoyez la confiance, le sentiment d’être à la hauteur ou le soulagement.

- amplifiez ce que vous prenez en vous et ce que vous renvoyez. Vous pouvez faire tonglen pour des gens que vous considérez comme vos ennemis, pensez qu’ils souffrent de la même déroute et de la même incapacité à se décoincer que vous.

Inspirez leur souffrance et renvoyez-leur du soulagement.

Meditation Tonglen...

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Quand tout s’effondre...

27 Juillet 2014, 07:23am

Publié par pam

PEMA CHÖDRÖN.

“CONSEILS D’UNE AMIE POUR DES TEMPS DIFFICILES”.

Quand tout s’effondre :

et qu’on est sur le bord d’on ne sait quoi, l’épreuve pour chacun d’entre nous est de demeurer au bord de ce précipice sans s’efforcer de concrétiser la situation.

Le voyage spirituel n’a rien à voir avec le ciel ni avec le fait d’arriver, au bout du compte, dans un endroit mirobolant.

Toutes les façons de me protéger, de me duper, de maintenir bien polie l’image que j’avais de moi-même, tout cela s’écroulait. Ce ne sont pas les qualités qui me manquaient, c’est simplement que je n’étais pas la petite chérie la plus populaire. C’était si douloureux que je me demandais si j’arriverais jamais à m’en remettre.

“Quand tu seras devenue une bonne amie de toi-même, il y aura aussi plus d’amitié dans ta vie.”

“C’est seulement dans la mesure où nous nous exposons nous-mêmes encore et toujours à l’anéantissement que ce qui est indestructible en nous peut apparaître.”

Quand la base est ébranlée, toutefois, et qu’on ne peut rien trouver à quoi s’accrocher, la douleur est grande.

La première vérité du Bouddha montre que la souffrance est inévitable pour les êtres humains tant qu’on croit que les choses durent.

Je me souviens de ce jour où tout ce qui faisait ma vie s’est volatilisé.

La vie est un bon maître et un bon ami. Les choses sont toujours transitoires, si seulement nous pouvions nous en rendre compte. Jamais rien ne se résout de la façon dont nous le rêvions. L’état intermédiaire, décentré, est une situation idéale, une situation dans laquelle on n’est pas piégé et où on peut ouvrir son cœur et son esprit au-delà de toute limite. C’est un état très tendre, non agressif, ouvert.

Demeurer avec cet ébranlement (rester ainsi avec le cœur brisé, un estomac qui gargouille, un sentiment de non-espoir et le désir de prendre sa revanche) c’est cela le chemin de l’éveil véritable. Coller à cette incertitude, acquérir le talent de se détendre au milieu du chaos, apprendre à ne pas être pris de panique, c’est ça la voie spirituelle. Trouver le truc pour s’attraper soi-même, s‘attraper avec douceur et compassion, c’est la voie du guerrier.

Quand tout s’effondre...

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Colère...

18 Juillet 2014, 07:33am

Publié par pam

extrait de "La colère" de Thich Nhat Hanh.

Transformer son énergie en sagesse.

MÉDITATIONS GUIDÉES POUR UN REGARD PROFOND ET L’APAISEMENT DE LA COLÈRE.

Vous devriez toujours commencer par quelques instants de respiration consciente, afin d’apaiser votre esprit. “J’inspire, je sais que j’inspire. J’expire, je sais que j’expire.”

Évitez de dire les mots de façon mécanique, efforcez-vous de les ressentir concrètement, pour atteindre réellement le sens de la méditation.

À chaque exercice, inspirez et expirez de 8 à 10 fois.

Analyse de la colère.

1- Je vois une personne en colère : j’inspire.

Je vois la souffrance de cette personne : j’expire.

2- Je vois les souffrances qu’entraîne la colère pour moi et pour les autres : j’inspire.

Je vois que la colère consume et détruit le bonheur : j’expire.

3- Je découvre les racines de la colère dans mon corps : j’inspire.

Je découvre les racines de la colère dans ma conscience : j’expire.

4- Je découvre que la colère s’enracine dans les perceptions erronées et l’ignorance : j’inspire.

Je souris à mes perceptions erronées et à mon ignorance : j’expire.

5- Je vois que l’autre personne souffre : j’inspire.

J’éprouve de la compassion pour la personne en colère qui souffre : j’expire.

6- Je découvre l’environnement défavorable et la tristesse de la personne en colère : j’inspire.

Je comprends les causes de cette tristesse : j’expire.

7- Je vois que je suis moi-même consumée par le feu de la colère : j’inspire.

J’éprouve de la compassion pour moi-même, alors que je brûle de colère : j’expire.

8- Je sais que la colère m’enlaidit : j’inspire.

Je comprends que je suis la cause principale de ma laideur : j’expire.

9- Je me rends compte que je suis comme une maison en feu lorsque je suis en colère : j’inspire.

Je prends soin de ma colère et je reviens en moi-même : j’expire.

10- J’envisage d’aider la personne ne colère : j’inspire.

Je constate que je suis capable d’aider la personne en colère : j’expire.

LA RELAXATION PROFONDE.

Permettre à votre corps de se reposer est très important. Si celui-ci est détendu, votre esprit le sera également. La pratique de la relaxation profonde est essentielle à la bonne santé de l’un comme de l’autre. La durée de la méditation guidée ci-dessous est généralement de 30 minutes, mais vous pouvez l’adapter à votre convenance. Le plus important est de l’apprécier.

Étendu sur le dos, confortablement, fermez les yeux ; bras et jambes allongés, détendus, pieds tournés vers l’extérieur.

Tout en inspirant / expirant, prenez conscience de votre corps tout entier, des zones en contact avec le sol : talons, jambes, fesses, dos, dessus des mains et des bras, arrière de la tête. À chaque expiration, sentez comme vous vous enfoncez de plus en plus profondément dans le sol, en vous libérant de toute tension, de tout souci.

Tout en inspirant, concentrez votre attention sur votre abdomen qui se soulève et s’abaisse, faites ainsi plusieurs respirations.

En inspirant, prenez conscience de vos pieds. En expirant, laissez-les se détendre. En inspirant, irradiez vos pieds de votre amour et en expirant, souriez-leur. Alors que vous respirez, découvrez qu’il est merveilleux d’avoir deux pieds qui permettent de marcher, courir, pratiquer des sports, danser, conduire, mener d’innombrables activités durant la journée. Remerciez vos pieds d’être présents chaque fois que vous avez besoin d’eux.

En inspirant, prenez conscience de votre jambe droite et de votre jambe gauche. En expirant, laissez toutes les cellules de celles-ci se détendre. En inspirant, souriez-leur et, en expirant, irradiez-les de votre amour. Ressentez la force et la santé de vos jambes. En respirant, enveloppez-les de votre tendresse et de votre sollicitude. Laissez-les se reposer, s’enfoncer doucement dans le sol. Relâcher toute tension qui pourrait les affecter.

En inspirant, prenez conscience de vos mains qui reposent sur le sol. En expirant, détendez complètement tous les muscles de vos mains, en relâchant toute tension qui pourrait les affecter. En inspirant, découvrez à quel point il est merveilleux d’avoir deux mains. En expirant, souriez-leur et enveloppez-les de votre amour. En respirant, prenez conscience de tout ce que vous pouvez faire avec vos mains : cuisiner, conduire, prendre quelqu’un par la main, prendre un bébé dans vos bras, caresser, vous laver, dessiner, jouer d’un instrument de musique, taper à l’ordinateur, bricoler, prendre soin d’un animal, tenir une tasse de thé... Grâce à elles, vous pouvez faire tant de choses. Efforcez-vous simplement d’apprécier la chance d’avoir deux mains et laissez toutes leurs cellules se reposer réellement.

En inspirant, prenez conscience de vos bras. En expirant, laissez-les se détendre complètement.

Épaules. Prenez conscience des tensions et du stress accumulés. Laissez cette tension s’en aller à chaque expiration, et sentez comme elles sont plus détendues.

Cœur. Estomac, intestins. Yeux. Continuez à détendre chaque partie de votre corps.

À présent, si une partie de votre corps est affectée d’une maladie ou d’une douleur, efforcez-vous d’en prendre conscience et de l’envelopper de votre amour.

Sachez qu’il y a d’autres zones de votre corps qui sont restées fortes et saines. Laissez-les envelopper de leur force et de leur énergie la partie faible ou malade. Inspirez et affirmez votre propre aptitude à guérir.

Expirez et débarrassez-vous des soucis et des peurs qui pourraient affecter votre corps. En respirant, souriez avec amour et confiance à la région de votre corps qui souffre encore.

Enfin, en inspirant, prenez conscience de votre corps tout entier qui est allongé. En expirant, appréciez la sensation de bien-être que vous procure votre corps allongé, détendu et calme. Souriez-lui en inspirant, puis, en expirant, enveloppez-le de votre amour et de votre compassion. Voyez comme toutes les cellules sourient joyeusement en même temps que vous. Remerciez-les. Prenez à nouveau conscience de votre abdomen qui s’élève et s’abaisse doucement.

Pour finir, étirez-vous lentement et ouvrez les yeux. Prenez votre temps pour vous lever, avec calme. Efforcez-vous de faire bénéficier votre activité suivante et le reste de la journée du calme et de l’énergie de la Pleine Conscience que vous avez générés.

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La mort dans le monde contemporain.

11 Juillet 2014, 06:11am

Publié par pam

Malgré ses prouesses technologiques, la société moderne occidentale ne possède aucune compréhension réelle de ce qu’est la mort, ni de ce qui se passe pendant et après celle-ci. De nos jours, on apprend aux gens à nier la mort et à croire qu’elle ne représente rien de plus qu’un anéantissement et une perte. Ainsi, la majeure partie du monde vit soit dans le refus de la mort, soit dans la crainte qu’elle lui inspire. Soit une réalité à fuir à tout prix, soit juger qu’il n’est pas nécessaire de s’en préoccuper.

Toutes les grandes traditions spirituelles du monde ont clairement affirmé qu’elle n’est pas une fin. Pourtant, la société contemporaine demeure, dans une large mesure, un désert spirituel. Sans foi réelle et authentique en une vie après la mort, la plupart d’entre nous mènent une existence dépourvue de toute signification ultime.

Nier la mort est porteur de conséquences désastreuses s’étendant bien au-delà de l’individu, elles affectent la planète entière.

José Antonio Lutzenberg, ancien ministre brésilien de l’environnement : ”La société industrielle est une religion fanatique. Nous saccageons, empoisonnons, détruisons tous les écosystèmes de la planète. Nous signons des reconnaissances de dette que nos enfants ne pourront jamais payer... Nous nous conduisons comme si nous étions la dernière génération sur terre. Sans un changement radical dans nos coeurs, nos esprits et notre perspective, la terre finira comme Vénus, calcinée, morte.” 1991.

La destruction de notre environnement est alimentée par la peur de la mort et par l’ignorance d’une vie après la mort (pas y croire en tant que proposition philosophique, mais le ressentir profondément dans leur cœur). On ne nous enseigne ni ce qu’est la mort, ni comment mourir. Croire en une vie après celle-ci implique un sentiment aigu de responsabilité et la nécessité d’une morale personnelle. Raison qui nous a amenés à créer le monde brutal dans lequel nous vivons, avec si peu de compassion véritable ?

Notre société vit dans l’obsession de la jeunesse, du sexe et du pouvoir, et nous fuyons ce qui évoque la vieillesse et la décrépitude. Nous sommes démunis face à nos proches mourants, quand nous ne fuyons pas. Les mentalités heureusement changent (mouvement des soins palliatifs par exemple). Mais l’amour et les soins ne suffisent pas, il nous faut découvrir le sens réel à la mort et à la vie, autrement comment leur apporter un réconfort ultime.

La mort peut s’avérer une expérience paisible, voire transformatrice, à condition que les mourants bénéficient d’un amour inconditionnel et d’une attitude plus éclairée. Qu’elle nous effraye et que nous refusions de lui faire face, ou que nous la trouvions romantiquement attrayante, elle est banalisée. Ni déprimante, ni séduisante, elle est tout simplement une réalité de la vie.

Il est triste que la plupart d’entre nous commencent à apprécier leur vie lorsqu’ils sont sur le point de mourir. Ceux qui croient qu’ils ont beaucoup de temps ne se préparent qu’au moment de leur mort, ils sont alors ravagés par les regrets. Mais n’est-il pas trop tard ? La plupart des gens meurent non préparés à la mort, de la même manière qu’ils ont vécu, non préparés à la vie.

“Le livre tibétain de la vie et de la mort” de Sogyal Rinpoché.

La mort dans le monde contemporain.

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Le grand saut vers la liberté...

8 Juillet 2014, 05:34am

Publié par pam

On continue avec Matthieu Ricard, extraits de "Plaidoyer pour le bonheur".

Chapitre XI - LE GRAND SAUT VERS LA LIBERTÉ.

“Quel soulagement pour le porteur qui a longtemps marché dans le monde de la souffrance que de poser à terre son lourd et inutile fardeau.” Longchen Radbjam.

Être libre, c’est être maître de soi-même. Pour beaucoup, cette maîtrise concerne la liberté d’action, de mouvement et d’opinion, l’occasion de réaliser les buts qu’on s’est fixés : ainsi, on situe la liberté à l’extérieur de soi, sans prendre conscience de la tyrannie des pensées. En Occident, la conception répandue consiste à penser qu’être libre revient à pouvoir faire tout ce que l’on veut, réaliser nos caprices. Cette liberté anarchique, qui a pour seul but l’accomplissement immédiat des désirs, apportera-t-elle le bonheur ? La spontanéité est une qualité précieuse à condition de ne pas la confondre avec l’agitation mentale. Laisser entrer dans notre esprit désir, jalousie, orgueil, ressentiment, nous impose un univers carcéral en expansion continue, oblitérant toute joie de vivre. La liberté intérieure, bien plus essentielle, c’est d’abord l’affranchissement de la dictature du moi, du mien, de l’avoir envahissant. Savoir trouver l’essentiel et ne plus s’inquiéter de l’accessoire entraîne un profond sentiment de contentement. Être libre revient donc à s’émanciper de la contrainte des afflictions qui dominent l’esprit et l’obscurcissent, c’est prendre sa vie en main, ne pas lâcher la barre vers la destination choisie.

Les méandres de l’irrésolution.

L’irrésolution peut s’opposer à tout accomplissement. L’attente et l’appréhension qui nous déchirent sont bien souvent l’expression d’une insécurité profonde devant un avenir peuplé d’espoirs et de craintes. L’irrésolution et l’immobilisme qu’elle engendre constituent ainsi un obstacle majeur à la quête du bonheur. Hésitation paralysante, rumination anxieuse. À force d’être préoccupé par soi-même, on se retrouve constamment écartelé entre l’espoir et la peur, qui monopolisent l’esprit et obscurcissent le jugement. Moins obsédé par soi, on examine plus objectivement les tenants et aboutissants d’une situation, on prend des décisions et on s’y tient. Quand le choix est difficile, conserver un certain détachement à l’égard des événements à venir permet de trancher sans rester figé dans l’irrésolution et la peur.

Le sage agit peu mais une fois qu’il a décidé de l’action, sa résolution est comme une parole gravée dans le roc.

Cette liberté permet d’être ouvert et patient avec les autres, tout en restant ferme quant à l’orientation que l’on a choisi de donner à son existence.

De même, l’angoisse que certains ressentent ne vient-elle pas d’un manque de direction dans leur vie, de ne pas avoir pris conscience du potentiel de transformation qui est en eux ?

Prendre conscience que l’on n’est ni parfait ni totalement heureux n’est pas une faiblesse. C’est un constat très sain qui n’a rien à voir avec le manque de confiance en soi, l’apitoiement sur son sort ou une vision pessimiste de la vie. Une telle prise de conscience conduit à une nouvelle appréciation des priorités de l’existence, à un sursaut d’énergie que, dans le bouddhisme, on appelle renoncement, mot souvent mal compris et qui exprime en réalité un profond désir de liberté.

Le paradoxe du renoncement.

Pour beaucoup, l’idée du renoncement, et du non-attachement, évoquent l’ascèse et la discipline. Une série d’injonctions, d’interdits qui restreignent la liberté de jouir.

Pourtant, le renoncement fait que les préoccupations sans fin qui oppressaient l’esprit s’évanouissent, laissant s’exprimer le potentiel de la liberté intérieure. Posons notre sac à terre et faisons le tri pour alléger le fardeau.

Renoncer n’est pas se priver de ce qui nous procure joie et bonheur mais mettre fin à ce qui nous cause tant de tourments. C’est décider de sortir du trou, s’affranchir de toute dépendance à l’égard des causes mêmes du mal-être. Il est plus facile de se leurrer parce qu’on ne veut pas se donner le temps ni la peine d’analyser les causes de sa souffrance. Il faut se demander ce qui nous rend vraiment heureux, et constater que certains aspects de sa vie ne méritent pas qu’on s’y accroche. Abandonner le superflu, ne pas perdre sa vie à la gagner, éviter ce qui n’est pas indispensable matériellement...

Tchouang-tseu : “Celui qui a pénétré le sens de la vie ne se donne plus de peine pour ce qui ne contribue pas à la vie.”

Désenchantement à l’égard des préoccupations les plus vaines de la vie qui font perdre temps, argent, énergie et n’apportent que satisfactions mineures et éphémères.

Libre du passé, libre de l’avenir.

À quoi bon se tourmenter pour ce qui n’existe plus et ce qui n’existe pas encore ?

La liberté intérieure permet de savourer la simplicité limpide du moment présent. Elle permet d’accepter les choses avec sérénité sans pour autant tomber dans la passivité ou la faiblesse. Une manière d’utiliser toutes les circonstances de la vie, d’éviter d’être distrait ou arrogant lorsque tout va bien, puis déprimé lorsque les circonstances se font contraires.

L’intelligence du renoncement.

Le renoncement n’est pas frustration mais façon sensée de prendre sa vie en main. Ce n’est pas fuir un monde ingérable mais se désintéresser de préoccupations futiles parce qu’on en voit les inconvénients. Le renoncement doit être un acte libérateur, pas une contrainte déchirante. Ne rien rejeter mais tout simplifier.

Le baume de la simplicité.

Notre vie se perd dans des détails, simplifions ! Simplifions nos actes, nos pensées, nos paroles pour nous débarrasser du superflu. Les conversations ordinaires sont des échos d’échos. Prendre conscience de la parole juste, de la valeur du temps, éviter commérages et mensonges. La simplicité de l’esprit s’accompagne de lucidité.

Comte-Sponville : “Le simple vit comme il respire, sans plus d’efforts ni de gloire, sans plus d’effets ni de honte. La simplicité n’est pas une vertu qui s’ajouterait à l’existence. C’est l’existence même, en tant que rien ne s’y ajoute... Sans autre richesse que tout. Sans autre trésor que rien. Simplicité est liberté, légèreté, transparence. Simple comme l’air, libre comme l’air... Le simple ne prend ni au sérieux ni au tragique. Il suit son bonhomme de chemin, le cœur léger, l’âme en paix, sans but, sans nostalgie, sans impatience. Le monde est son royaume, qui lui suffit. Le présent est son éternité, qui le comble. Il n’a rien à prouver, puisqu’il ne veut rien paraître. Ni rien à chercher puisque tout est là. Quoi de plus simple, de plus léger que la simplicité ? C’est la vertu des sages, et la sagesse des saints.”

Libre pour les autres.

La liberté comme source de bonheur, de plénitude durable, est intimement liée à l’altruisme. À quoi bon une liberté qui ne profite qu’à soi ?

Pour que l’intelligence serve à des fins altruistes, il est essentiel qu’elle s’émancipe de l’égoïsme, de l’indifférence et de la cruauté. C’est une condition indispensable à l’accomplissement du bonheur des autres. Et pour mieux aider autrui, il faut commencer par se transformer soi-même. Être libre, c’est donc aussi avoir la faculté de suivre un chemin de transformation intérieure. À cette fin, il faut vaincre non seulement l’adversité extérieure, mais plus encore nos ennemis intimes : paresse, dispersion mentale et toutes les habitudes qui nous détournent sans cesse de la pratique spirituelle ou la diffèrent.

L’aspect austère du chemin spirituel fait place à une satisfaction profonde que les états de dépendance ou de satiété ne peuvent procurer.

Le grand saut vers la liberté...

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Une sociologie du bonheur...

7 Juillet 2014, 06:08am

Publié par pam

extraits de "Plaidoyer pour le bonheur" de Matthieu Ricard.

Chapitre XX - UNE SOCIOLOGIE DU BONHEUR.

Nous cherchons à déterminer les conditions qui favorisent le bonheur et celles qui l’entravent.

Au XX°, psychologie et psychiatrie se sont surtout occupées de décrire et de traiter les troubles psychologiques et les maladies mentales. Mais la science s’est peu interrogée sur la possibilité de passer d’une situation “normale” à un état de bien-être et de satisfaction accrus.

3 000 publications scientifiques sur le bonheur... 3 conclusions :

Nous avons une prédisposition génétique à être heureux ou malheureux : environ 50% de la tendance au bonheur peuvent être attribués aux gènes.

Les conditions extérieures et autres facteurs généraux (statut social, éducation, loisirs, richesse, sexe, âge, ethnie...) ont une influence circonstancielle mais n’expliquent que 10 à 15% des variations dans la satisfaction de vie.

On peut influencer considérablement l’expérience du bonheur et du malheur par sa manière d’être et de penser, par la façon dont on perçoit les événements de l’existence et dont on agit en conséquence.

Heureusement, car si la faculté d’être heureux était invariable, étudier le phénomène du bonheur et essayer d’être plus heureux n’aurait aucun sens !

Nombreux sont les philosophes qui se sont moqués de l’idée que le bonheur pouvait être bon pour la santé, favoriser la longévité et qu’on pouvait cultiver le bonheur. Ce sont pourtant des faits établis, le bonheur n’est pas une “niaiserie inutile” !!

Selon les chercheurs, les événements de la petite enfance n’ont qu’un effet mineur sur la personnalité adulte, beaucoup moins d’effet que les gènes.

Les dispositions à ressentir des émotions plaisantes ou déplaisantes semblent être gouvernées par des gènes différents. Pour la psy occidentale, l’émotivité plaisante inclut joie, plaisir, contentement, émerveillement, gratitude, affection, soulagement, intérêt, élévation, amour et enthousiasme, et l’émotivité déplaisante comprend colère, tristesse, angoisse, peur, dégoût, mépris et honte. L’émotivité déplaisante que l’on ressent dépend à 55% des gènes, l’émotivité plaisante qu’à 40%.

Une série d’expériences a montré chez des rats ayant eu une mère aimante et attentive, le gène de l’anxiété n’était pas exprimé et ce pour la vie. Cela est en accord avec le bouddhisme pour qui le jeune enfant a essentiellement besoin d’affection encore et toujours. Il est indéniable que le degré d’amour et de tendresse qu’on reçoit dans la petite enfance influence profondément notre vision de l’existence.

Parmi les traits fortement liés aux gènes certains sont peu modifiables (orientation sexuelle, poids moyen...), mais d’autres peuvent être considérablement modifiés par les conditions de vie et un entraînement mental (peur, pessimisme, bonheur...). L’entraînement mental peut augmenter notablement l’aptitude à l’altruisme, la compassion, la sérénité.

Nombreuses recherches consacrées au bonheur défini comme qualité de vie ou appréciation subjective que l’on a de la qualité de vie.

Les résultats montrent qu’une proportion plus importante de gens se disent heureux dans les pays économiquement prospères. Mais dans ces pays, au delà d’un certain seuil de richesse, le niveau de satisfaction ne s’accroît pas même si les revenus augmentent encore. Problème des “pauvres heureux” qui sont plus gais et insouciants que bien des riches stressés. Nombre de ces pauvres ont abandonné l’espoir de voir évoluer leur statut social et financier et ne ne sont donc pas anxieux à ce sujet. Ceux qui n’ont presque rien seraient sans doute heureux d’en avoir davantage, mais tant qu’ils peuvent manger à leur faim et que l’absence de richesse ne les obsède pas, le fait de ne posséder que très peu de choses va de pair avec une forme de liberté sans soucis.

Diogène à Alexandre : “je suis plus grand que toi, Seigneur, car j’ai dédaigné plus que tu n’as possédé”.

Le sentiment de bonheur est plus élevé dans les pays qui garantissent davantage de sécurité, d’autonomie et de liberté, d’accès à l’éducation et à l’information et bien sûr de paix. Le bonheur augmente avec l’implication sociale, la participation à des organisations bénévoles, la pratique du sport, de la musique, d’activités. Il est lié à la présence et la qualité des relations privées. Il semble lié à l’emploi, la bonne santé, l’énergie, les loisirs, mais pas au climat. Plus le pays est moderne, plus heureux sont les citoyens. Mais la dépression est 10 fois plus fréquente dans les pays développé qu’en 1960. Les suicides augmentent.

Martin Seligman : “Une culture qui se construit sur une estime de soi excessive adopte la tendance exacerbée à s’ériger en victime au moindre préjudice et encourage l’individualisme chronique, qui a sans doute contribué à cette épidémie”.

Un bouddhiste ajoutera que c’est sans doute aussi le fait de consacrer la plus grande partie de son temps à des activités et des buts extérieurs qui n’ont jamais de fin, au lieu d’apprendre à jouir de l’instant présent, de la compagnie de ceux qui nous sont chers, de la sérénité d’un paysage, et surtout, de l’épanouissement de la paix intérieure qui confère une qualité différente à chaque moment de la vie.

L’excitation et le plaisir occasionnés par la multiplication et l’intensification des stimulations sensorielles ne peuvent pas remplacer cette paix intérieure et la joie de vivre qu’elle engendre. Les excès ont pour but de secouer notre apathie, mais ne font que produire une fatigue nerveuse doublée d’une insatisfaction chronique.

Ce dégoût de la vie vient d’une totale ignorance ou d’un mépris de notre richesse intérieure. D’un refus de regarder en soi et de comprendre que c’est en cultivant la sérénité pour soi et la bonté envers les autres que l’on pourra respirer cet oxygène qu’est la joie de vivre.

L’”intelligence émotionnelle” différencie de façon significative les gens heureux des malheureux. Notion de Daniel Goleman, est définie par la faculté de percevoir avec justesse les sentiments des autres et d’en tenir compte, faculté d’identifier lucidement et rapidement nos propres émotions.

K. Magnus : le bonheur va de pair avec la capacité de s’affirmer, avec l’extraversion et l’empathie : les gens heureux sont en général ouverts au monde. Les malheureux ont tendance à se croire les jouets du destin. Plus on maîtrise son environnement, plus on est heureux. Les extravertis vivent plus d’évènements positifs que les autres, les névrosés davantage d’expériences négatives que les stables. On peut donc bien “attirer les ennuis” ou “avoir la poisse”.

Les personnes pratiquant une religion sont plus heureuses et vivent plus longtemps : sociabilisation accrue, entraide, morale évitant les excès, espoir, sentiment d’être protégé, favorise un but dans l’existence.

Peu d’influence de la santé , ainsi que de la richesse et de la beauté, sur le bonheur.

Tout dépend des buts que l’on se fixe dans l’existence.

Les gens heureux vivent plus longtemps.

Le problème de ces corrélations c’est qu’on ne sait pas si elles sont causes ou conséquences. On parle des conditions extérieures, peu des conditions intérieures du bonheur.

Cavalli-Sforza : “Les États contemporains ne considèrent pas que c’est leur rôle de faire le bonheur des concitoyens, ils s’occupent plutôt de garantir leur sécurité et leur propriété.”

Chercher le bonheur dans la simple amélioration des conditions extérieures revient à moudre du sable en espérant en extraire de l’huile. Le bonheur est en soi.

Une sociologie du bonheur...

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Captivé par le flot du temps...

6 Juillet 2014, 06:59am

Publié par pam

Extraits (ou résumé ou fiche de lecture !) de

"Plaidoyer pour le bonheur" de Matthieu Ricard.

Chapitre XIX - CAPTIVÉ PAR LE FLOT DU TEMPS.

“Une bonne vie est caractérisée par une absorption totale dans ce que l’on fait.”

Lorsqu’il exécute une œuvre, l’artiste absorbé par son œuvre, et en poursuivant le travail jusqu’à son terme, oublie fatigue, faim, inconfort. Le fait d'être immergé dans ce que l’on fait compte plus que le résultat de l’action. Le plaisir de l’acte constitue la motivation principale. C’est l’expérience du flux, une résonance s’établit entre l’action, le milieu extérieur et la pensée. Cette expérience peut toucher au ravissement. C’est l’opposé de l’ennui et de la dépression, mais aussi de la fébrilité et de la distraction. La conscience de soi s’estompe, ne reste que la vigilance du sujet qui se confond avec l’action et ne s’observe pas lui-même. L’esprit est à la fois focalisé et détendu.

Si une tâche est trop difficile, la tension s’installe, puis l’anxiété, si elle est trop facile, on va se relâcher et vite s’ennuyer.

Tout dépend de la façon dont on vit l’expérience du temps qui passe.

Les personnes qui entrent le plus facilement dans cette expérience du flux sont généralement intéressées et curieuses des choses de la vie, persévérantes et douées d’un faible égocentrisme, dispositions qui permettent d’être motivé par des gratifications intérieures.

La prise en considération de l’expérience du flux a permis des améliorations de conditions de travail, d’agencement de musées, et surtout de pédagogie scolaire.

À l’opposé du flux, l’un des symptômes majeurs de la dépression est l’égocentrisme. Nombreux sont ceux qui colportent le sentiment de l’importance de soi, produisant une génération de narcissiques dont la principale préoccupation est de savoir comment ils se sentent. N’avoir de cesse d’exaucer ses moindres désirs, voilà la recette assurée du mécontentement.

L’expérience du flux n’est pas à confondre avec le plaisir : le plaisir est facile, n’exige aucune aptitude particulière, c’est une puissante source de motivation mais il n’engendre pas le changement. Le sentiment de gratification n’est pas toujours plaisant, peut même être stressant. Ce qui est gratifiant produit l’expérience du flux mais demande une certaine aptitude, des efforts et comporte des risques d’échec. Croire qu’on peut prendre des raccourcis pour atteindre à une satisfaction profonde et se dispenser de développer ses qualités et ses vertus est une folie. Ce genre d’attitude produit des légions de dépressifs qui, plantés au milieu de grandes richesses, meurent de faim spirituellement. Mais l’expérience du flux n’est qu’un instrument, pour qu’elle puisse engendrer à long terme une meilleure qualité de vie, elle doit être imprégnée de qualités humaines : altruisme, sagesse... La valeur du flux dépend de la motivation qui colore l’esprit. Elle se révèle précieuse quand il s’agit d’apprécier chaque instant de l’expérience, de le mettre à profit de façon constructive.

Thich Nhat Hanh propose un exercice de marche attentive.

La contemplation de la nature de l’esprit est une expérience profonde et fertile qui combine la relaxation (calme intérieur) et le flux (présence d’esprit claire et éveillée, attentive mais sans tension). Mais elle exige une lucidité d’esprit ou l’effacement du moi est total. On pourrait dire que l’être “éveillé” demeure constamment dans un état de fluidité altruiste et sereine.

Captivé par le flot du temps...

Essayons de passer la journée avec ça en tête et donnons-nous rendez-vous à nous-mêmes ce soir.... Bonne journée à tous.

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au sujet des épreuves...

25 Juin 2014, 08:42am

Publié par pam

Bouddha : “Les menaces et tous les dangers, tout comme la douleur, sont issus de la pensée. Quand on maîtrise ses pensées, on peut apprivoiser les tigres, les serpents, voire même les gardiens de l’enfer.”

au sujet des épreuves...

“Les êtres sont submergés dans un océan de douleurs, une souffrance créée par les idées fausses, la colère et la cupidité. Si vous voulez vous libérez de cette souffrance, vous devez chercher un maître et pratiquer ses enseignements, comme on consulte un médecin pour se guérir d’une maladie. Vous devez tout d’abord apprendre à observer votre esprit et simplifier votre vision des choses. Amenez votre esprit à un état de calme. Quelles que soient les pensées et les émotions qui surgissent, laissez-les s’élever et reposer, ne les suivez pas. Comme le vent qui va et vient sans pour autant changer le ciel, laissez-les affluer à votre esprit sans qu’il en soit affecté.”

“Chaque jour évitez les actes nuisibles. Même le plus petit méfait a un effet dont les conséquences viendront un jour vous hanter. “

“Quiconque est vivant aujourd’hui sera mort dans cent ans. Comme un cheveu que l’on retire du beurre, vous devez abandonner tout ce que vous aurez accumulé. Vous devrez quitter tous vos biens. Si vous devenez égoïste, même en possédant des biens qui n’ont que la taille d’une fourmilière, vous en éprouverez des souffrances aussi grandes que des montagnes. Si vous réduisez vos besoins et savez vous satisfaire de ce que vous avez, l’infortune n’aura pas de prise sur vous.”

Ani Patchen.

au sujet des épreuves...

Adage tibétain : “Chercher le bonheur en dehors de nous, c’est comme attendre le soleil dans une grotte orientée au nord.”

Les moyens mêmes de pallier à la souffrance servent souvent à l’alimenter. Maladroitement, nous cherchons le bonheur en dehors de nous-mêmes, alors qu’il est essentiellement un état intérieur. Nos désirs sont sans limites et notre contrôle du monde, restreint, temporaire, et le plus souvent illusoire.

Pourquoi accordons-nous si peu de temps à améliorer notre condition intérieure ?

La peur de l’inconnu l’emporte, et l’audace d’explorer le monde intérieur s’arrête à la frontière de notre esprit. Il faut beaucoup de courage pour regarder en soi.

Pascal Bruckner s’insurge curieusement contre “la construction de soi-même comme tâche infinie”. Si on devait renoncer en principe à toute œuvre de longue haleine, les notions mêmes d’apprentissage, d’éducation, de culture ou d’amélioration de soi n’auraient aucun sens. L’acquisition des connaissances est, elle aussi, une tache infinie. Pourquoi accepter celle-là et négliger la construction de soi-même, qui détermine la qualité de notre vécu ? Vaut-il mieux partir à la dérive ? N’est-ce pas ainsi qu’on finit parmi les épaves ?

Christophe André : “Les bonheurs répétés sont souvent le fruit d’une ascèse. Pas au sens chrétien de “privation”, au sens étymologique grec “exercice” askésis. Le bonheur ne se décrète pas, ne se convoque pas, mais se cultive et se construit peu à peu, dans la durée.”

En cessant de se révolter contre ses limitations et en faisant la paix avec soi-même, on pourrait résoudre la plupart de ses conflits intérieurs et aborder chaque jour de la vie avec confiance et décontraction.

En étant ordinairement soi-même, on reste ordinaire.

Proverbe persan : “Avec de la patience, le verger devient confiture”.

extraits de "Plaidoyer pour le bonheur" Matthieu Ricard

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