Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

meditation

MATTHIEU RICARD. PLAIDOYER POUR L'ALTRUISME.

12 Juin 2014, 06:32am

Publié par pam

INTRODUCTION. (extraits)

À mon retour d'Orient, mon regard avait changé, et le monde aussi. J'étais habitué à vivre au sein d'une culture et parmi des personnes dont la priorité était de devenir de meilleurs êtres humains en transformant leur manière d'être et de penser. Les préoccupations ordinaire du gain et de la perte, du plaisir et du déplaisir, de la louange et de la critique, de la renommée et de l'anonymat, y étaient considérées comme puériles et sources de déboires. Par-dessus tout, l'amour altruiste et la compassion constituaient les vertus cardinales de toute vie humaine et se trouvaient au coeur du chemin spirituel. J'ai été, et je suis toujours particulièrement inspiré par la vision bouddhiste selon laquelle chaque être humain possède en lui un potentiel inaltérable de bonté et d'épanouissement.

Le monde occidental que je retrouvais, un monde où l'individualisme est apprécié comme une force et comme une vertu, au point souvent de virer à l'égoïsme et au narcissisme, était d'autant plus déconcertant.

Sources culturelles et philosophiques de cette différence :

- Plaute : l'homme est un loup pour l'homme.

- Thomas Hobbes : la guerre de tout homme contre tout homme.

- Nietzsche : l'altruisme est la marque des faibles.

- Freud : assure avoir découvert que fort peu de bien chez les hommes.

Supposer que tous nos actes, paroles, pensées sont motivés par l'égoïsme a longtemps influencé la psychologie occidentale, les théories de l'évolution et de l'économie, jusqu'à acquérir la force d'un dogme dont la validité n'a guère été contestée que récemment. Le plus surprenant reste la persistance de grands esprits à vouloir déceler à tout prix une motivation égoïste à l'origine de chaque acte humain.

En Occident, les sages ne sont plus des modèles, on leur a substitué les gens célèbres, riches ou puissants. L'importance démesurée accordée à la consommation et au goût du superflu ainsi que le règne de l'argent me font penser que beaucoup de nos contemporains ont oublié le but de l'existence - atteindre un sentiment de plénitude - pour se perdre dans les moyens. Mais ce monde semble en proie à une curieuse contradiction, puisque les sondages de popularité mettent aux premières places Gandhi, Martin Luther King, Nelson Mandela et Mère Teresa. Reconnaître les vraies valeurs humaines ne nous empêche pas d'être séduits par le miroir aux alouettes de la richesse, du pouvoir et de la célébrité et de préférer l'image de la facilité à l'idée d'un effort de transformation spirituelle.

Dans la réalité quotidienne, en dépit du lot de violences qui afflige le monde, notre existence est le plus souvent tissée d'actes de coopération, d'amitié, d'affection et de prévenance.

Par ailleurs, contrairement aux idées reçues et à l'impression que nous donnent les médias, toutes les études montrent que la violence, sous toutes ses formes, n'a cessé de diminuer au cours des siècles derniers. L'hypothèse de l'égoïsme universel est démentie par l'investigation scientifique. L'altruisme véritable existe et ne se réduit pas à une forme d'égoïsme déguisé.

J'ai été élevé dans un milieu laïc et personne ne m'a inculqué de dogmes sur l'altruisme ou la charité. La seule force de l'exemple m'a appris bien davantage.

Dalaï-lama : "Ma religion, c'est la bonté". " Tout être, même hostile, redoute comme moi la souffrance et cherche le bonheur. Cette réflexion nous amène à nous sentir profondément concernés par le bonheur d'autrui, ami ou ennemi. C'est la base de la compassion authentique. Rechercher le bonheur en restant indifférent aux autres est une erreur tragique."

Tout pratiquant doit d'abord se transformer lui-même avant de pouvoir se mettre efficacement au service des autres. Toutefois, le Dalaï-lama insiste sur la nécessité de jeter un pont entre la vie contemplative et la vie active. Si la compassion sans sagesse est aveugle, la compassion sans action est hypocrite.

MATTHIEU RICARD. PLAIDOYER POUR L'ALTRUISME.

MATTHIEU RICARD. PLAIDOYER POUR L'ALTRUISME.

La force de la bienveillance. Nil éditions; 3013.

"Rien n'est plus puissant qu'une idée dont le temps est venu." Victor Hugo.

Voir les commentaires

simplicité...

11 Juin 2014, 06:33am

Publié par pam

“Le simple vit comme il respire, sans plus d’efforts ni de gloire, sans plus d’effets ni de honte. La simplicité n’est pas une vertu qui s’ajouterait à l’existence. C’est l’existence même, en tant que rien ne s’y ajoute... Sans autre richesse que tout. Sans autre trésor que rien. Simplicité est liberté, légèreté, transparence. Simple comme l’air, libre comme l’air... Le simple ne prend ni au sérieux ni au tragique. Il suit son bonhomme de chemin, le cœur léger, l’âme en paix, sans but, sans nostalgie, sans impatience. Le monde est son royaume, qui lui suffit. Le présent est son éternité, qui le comble. Il n’a rien à prouver, puisqu’il ne veut rien paraître. Ni rien à chercher puisque tout est là. Quoi de plus simple, de plus léger que la simplicité ? C’est la vertu des sages, et la sagesse des saints.”

Comte-Sponville

simplicité...

Voir les commentaires

L'essentiel...

10 Juin 2014, 07:48am

Publié par pam

Pour commencer... un grand merci à vous toutes et tous qui me suivez ici, ça me réchauffe le coeur !

Vous êtes toujours plus nombreux malgré mes coups de gueule et mes dérives...

Mais revenons à l'essentiel :

L'essentiel...

“Je suis persuadée que la substance de toute chose est inscrite depuis la nuit des temps dans notre inconscient et que parfois, dans des moments privilégiés, s’ouvre une brèche.”

Gilbert Sinoué in “Des jours et des nuits”.

L'essentiel...

"Au fil des ans, la conscience plus aiguë du temps qui passe nous porte à préférer la qualité à la quantité, comme à fuir la dispersion pour n’accorder désormais de valeur qu’à l’essentiel. Nous prenons garde de ne plus nous noyer dans des douleurs qui n’ont que l’existence que nous voulons bien leur donner, et nous sommes capables d’apprécier les joies et les plaisirs qui nous sont offerts sans y mettre d’autre finalité que le bonheur de l’instant."

Catherine Bensaid.

L'essentiel...

"L’être humain ne réalise pas à quel point sa propre survie dépend de l’amour et du respect qu’il porte à la planète. Tout le monde le ressent plus ou moins, mais peu le réalise vraiment. La nature et les éléments ont ce pouvoir extraordinaire de procurer des expériences de ravissement, où l’on s’oublie, ou ce qui est superficiel en nous disparaît pour laisser place à notre vraie nature, la plus profonde.

Si nous voulons que s’installe l’harmonie entre l’homme et son environnement, et aussi simplement survivre sur cette terre, nous devons retrouver, par un important travail sur nous-mêmes cette réalité sacrée qui vit en chacun de nous.

Nous devons préserver à tout prix un système de vie interdépendant qui doit rester intact si chacun veut continuer à exister. Seule solution pour sortir de l’impasse."

Dr. Daniel Chevassut in “Rélexions d’un médecin bouddhiste”.

Voir les commentaires

Pema Chödrön

7 Juin 2014, 08:01am

Publié par pam

RENFORCER L’ENTRAÎNEMENT À LA JOIE.

“Pour rendre les choses aussi faciles à comprendre que possible, nous pouvons résumer les quatre qualités sans limites en une seule expression : “un bon cœur”. Entraînez-vous simplement à avoir bon cœur, toujours et en toute situation.” Patrul Rinpoché.

Quand la vie est agréable, pensez aux autres. Quand la vie vous pèse, pensez aux autres. Même la plus petite chose, un instant fugace, peut permettre de s’arrêter, remarquer, apprécier ce qui se passe. Puis on pense à quelqu’un qui souffre et on lui souhaite de connaître ce plaisir pour adoucir sa vie. N’importe quel malaise est aussi une base de pratique : on inspire en sachant que sa souffrance est partagée, qu’il y a partout sur terre des gens qui ressentent la même chose au même moment. C’est un grain de compassion pour soi et autrui. Chaque petite chose devient notre lien avec toute l’humanité. Ressentir sa parenté avec tous ceux qui nous entourent, entrer en relation avec autrui, nous guérir tous.

PEMA CHÖDRÖN. “LES BASTIONS DE LA PEUR”.

Pratique du courage dans les moments difficiles.

Pema Chödrön

Voir les commentaires

Bonheur et méditation...

5 Juin 2014, 07:40am

Publié par pam

Matthieu Ricard, "Plaidoyer pour le bonheur" extraits :

XXI - LE BONHEUR AU LABORATOIRE.

Adage bouddhiste : “ Il n’y a pas de grande tâche difficile qui ne puisse être décomposée en petites tâches faciles.”

On doit s’interroger sur les rapports entre le bonheur et le fonctionnement du cerveau.

Notre monde émotionnel peut être considérablement bouleversé par des anomalies cérébrales. Est-il possible de modifier durablement les configurations cérébrales en pratiquant certaines activités physiques et en cultivant divers états mentaux par un entraînement de l’esprit ?

On parle actuellement de neuroplasticité : le cerveau évolue continuellement en fonction de nos expériences (établissement de nouvelles connexions entre neurones, renforcement de connexions existantes, fabrication de nouveaux neurones). Exemple typique : la pratique musicale.

Pas de centre des émotions, mais interaction de plusieurs régions du cerveau.

À l’inverse, le cortex préfrontal gauche est plus actif chez les gens joyeux, altruistes, enthousiastes, vifs d’esprit ; et le cortex préfrontal droit est plus actif chez les dépressifs, anxieux, pessimistes. Ce serait présent dès l’enfance.

Le rapport personnel droite-gauche serait le point d’équilibre émotionnel.

Daniel Goleman : “Dans quelle mesure peut-on former le cerveau à fonctionner de façon constructive, à remplacer l’avidité par le contentement, l’agitation par le calme, la haine par la compassion ? Les médicaments sont la principale réponse de l’Occident aux émotions perturbatrices, pour le meilleur et pour le pire. Mais peut-on, par nos propres efforts, obtenir des changements positifs et durables du fonctionnement de son cerveau ?”

Des recherches ont envisagé la méditation comme un entraînement de l’esprit, comme une réponse pratique à l’éternel casse-tête que constitue la gestion des émotions perturbatrices. Les résultats sont prometteurs.

Contrairement à la plupart des sujets inexpérimentés, un moine peut volontairement réguler son activité cérébrale. Des méditations différentes entraînent des changements notables et distincts, autant que l’éveil et le sommeil. Corroborant aussi le fait que les altruistes manifestent la plus grande satisfaction de vivre.

Un autre test fait suivre très rapidement des expressions faciales traduisant des émotions. La capacité de reconnaître des expressions fugaces indique une disposition inusuelle à l’empathie et à la perspicacité. L’étude montrait que les plus doués sont aussi les plus ouverts, curieux des choses en général, consciencieux, fiables et efficaces. Les méditants pulvérisèrent les records de reconnaissance des signes émotionnels. Le Dalaï-lama avança que ce pouvait impliquer deux formes d’aptitude : un accroissement de la vitesse de cognition, qui faciliterait la perception de stimuli rapides, et une plus grande réceptivité aux émotions des autres.

Du point de vue des sciences cognitives, on pourrait décrire la méditation comme un effort systématique de focalisation de l’attention et des facultés mentales et émotionnelles qui l’accompagnent.

La méditation peut donc induire de profondes transformations du cerveau.

Si les méditants entraînent leur esprit de façon à maîtriser leurs émotions destructrices, pourrait-on intégrer certains aspects pratiques, non religieux, d’un tel entraînement dans l’éducation des enfants ? Pourrait-on inciter les gens à mieux gère leurs émotions destructrices en s’essayant à certaines de ces méthodes d’exercices de l’esprit ?

Le Dalaï-lama : “Je ne cherche pas à promouvoir le bouddhisme, mais plutôt la façon dont la tradition bouddhiste peut contribuer au bien de la société. “

 Bonheur et méditation...

Voir les commentaires

Technique de méditation.

20 Mai 2014, 06:47am

Publié par pam

d'après :

CHÔGYAM TRUNGPA. LE CHEMIN EST LE BUT.

Manuel de base de méditation bouddhique.

1995. 2005, Édition Véga.

extraits.

La pratique de la méditation implique une notion fondamentale de continuité. Il n’est pas nécessaire d’opérer une discontinuité dans notre relation avec nous-même et avec l’autre, de chercher à devenir une meilleure personne ou les possibilités de nous réformer.

La pratique de la méditation est une façon d’entretenir notre confusion, chaos, agressivité, passion, mais en travaillant avec cela, en le considérant d’un point de vue éveillé.

Shamatha : développement de la paix. Le terme paix se réfère à l’harmonie conjuguée à la rectitude, plutôt qu’au plaisir préféré à la douleur. Nous avons fait l’expérience de la douleur, de l’inconfort, parce que nous avons échoué à communiquer avec l’harmonie des choses telles qu’elles sont. Pour la première fois, nous sommes capables de nous voir tels que nous sommes, c’est la paix.

C’est plus que relever notre niveau de potentialité.

Il s’agit de développer notre attention, pas la concentration attentive sur les bancs de l’école, plutôt être pleinement attentif, plein d’attentions, une nouvelle approche, un développement de la paix, de l’harmonie, de l’ouverture.

L’enseignement ne doit pas être une entité extérieure harcelante mais une partie de vous, votre conviction propre. Il faut juste être, simplement, et garder un oeil attentif.

Sans la pratique de la méditation, impossible de faire un pas en direction d’une compréhension personnelle du véritable bouddhadharma. Bouddha inventa cette technique et traversa le même processus expérimental, il ne s’agit pas d’un mythe, nous pouvons suivre son exemple.

La technique de base consiste à s’identifier à sa respiration ou, pendant la méditation en marchant, à la marche.

Quand nous pratiquons, nous devrions mettre 25% de notre attention dans la respiration ou la marche, et le reste de notre activité mentale devrait être relâché, laissé ouvert. Être concentré à 100% rend stupide, tellement concentré qu’il n’y a plus d’espace pour communiquer, pour s’ouvrir. Une concentration trop lourde sur la technique amène toutes sortes d’activités mentales, frustrations, fantasmes. 25% d’attention, 25% de détente, 25% occupés à entrer en amitié avec soi, 25% connectés à l’attente, esprit ouvert à la possibilité que quelque chose arrive pendant la session de pratique. Se séparer donne plusieurs possibilités d’identification, c’est l’ensemble de l’expérience.

Ces quatre aspects de l’attention sont comparés aux quatre roues du chariot : concentration, ouverture, attention, attente. Ces techniques sont les plus simples, les plus puissantes, immédiates, pratiques, pertinentes pour notre vie. Il existe une tradition ou l’on trouve la notion, liée à la respiration, de mélanger l’esprit et l’espace. Cette combinaison joue un rôle important dans le développement du méditant. L’attention devient conscience attentive. Elle porte de l’intérêt à la précision de toutes sortes de choses, à la simplicité de la respiration, aux sensations du corps, aux expériences de l’esprit (flux mental et souvenirs). La conscience attentive est décrite comme la 1° expérience de la non-ego-ïté, 1° introduction à la compréhension de l’absence d’ego. Elle est dans ce cas globale plutôt qu’orientée. Il n’y a pas d’objet de conscience : vous êtes complètement conscient de l’ensemble, de vous, de l’autre, de vos activités et des siennes en même temps, tout est ouvert.

Il faut dompté son esprit pour commencer une discipline spirituelle, développer santé fondamentale, réconciliation, acceptation. Le niveau du débutant est une voie étroite, très sévère.

Il ne s’agit pas de conquérir mais de réconcilier, de vous réconcilier avec cela.

À ce stade, la seule voix intelligente est celle de l’observateur, on en parle comme de la conscience de soi.

Inutile d’essayer de savoir qui ou quoi est confus, l’ensemble deviendrait compliqué. Il faut simplifier, dépouiller, sans essayer de le faire, c’est le point de départ. Devenir ami avec soi-même. Ne pas faire le tri entre ce qui est meilleur et ce qui ne l’est pas : trier produit d’autres problèmes.

Lâcher prise est observer la respiration, observer la respiration est lâcher prise.

La méditation n’est ni une médecine, ni une thérapie, juste une façon inconditionnelle d’être en vie.

Selon la tradition bouddhiste, il y a cinq sentiers qui composent le chemin : le sentier de l’accumulation, celui de l’unification, celui de la vision, celui de la méditation et celui de la cessation de l’apprentissage.

Attendre quelque chose, c’est perdre votre temps, car vous n’allez rien obtenir.

Technique de méditation.

Voir les commentaires

“Conseils d’une amie pour des temps difficiles”

16 Mai 2014, 07:05am

Publié par pam

Pema Chödrön. “Conseils d’une amie pour des temps difficiles”. Quand tout s’effondre. Ed. La Table Ronde. 1997. Extraits :

Éviter de nuire :

Ne pas nuire à autrui suppose évidemment de s’abstenir de tuer, voler ou mentir. Cela implique aussi de ne pas être agressif (en parole comme en esprit ou en action). Apprendre à ne nuire ni à nous-mêmes ni aux autres est un enseignement de base du bouddhisme sur le pouvoir de guérison lié à la non-agression. C’est la base même d’une société éveillée.

L’agression la plus fondamentale envers nous-mêmes, le mal le plus fort que nous pouvons nous faire est de demeurer ignorant en n’ayant ni le courage ni le respect de nous regarder avec honnêteté et douceur.

C’est le parcours de toute une vie que d’entrer honnêtement en relation avec le caractère immédiat de notre expérience et de nous respecter suffisamment pour ne pas porter de jugement sur celle-ci.

C’est un vrai choc de constater à quel point nous avons refusé de voir certaines de nos manières de nuire. Notre style est si bien enraciné en nous que nous ne pouvons pas entendre ceux qui essayent de nous dire que peut-être nous causons du tort par notre façon d’être ou dans nos rapports avec les autres.

Grâce à l’attention, nous voyons nos désirs et notre agression, notre jalousie et notre ignorance, sans suivre ces pulsions ; nous nous contentons de les voir, d’en prendre acte. L’étape suivante consiste à s’abstenir. L’attention est la base, l’action de s’abstenir est la voie.

“Conseils d’une amie pour des temps difficiles”

Une pratique de méditation faisant appel à l’attention et à la faculté de s’abstenir : remarquer les mouvements de notre corps quand nous nous sentons mal à l’aise. La consigne est de ne pas essayer de changer quoi que ce soit, de ne pas nous critiquer quoi que nous fassions, mais de nous contenter d’observer nos gestes. Prendre note de la manière dont nous essayons d’éviter l’absence de terrain solide est un moyen d’entrer en contact avec cette perte d’assise.

S’abstenir, c’est-à-dire ne pas passer à l’acte de façon impulsive comme d’habitude, a quelque chose à voir avec le renoncement à la mentalité de divertissement. En nous abstenant d’agir, nous pouvons voir que quelque chose existe entre l’apparition du désir (ou de l’agression ou de la solitude...) et toute action que nous accomplissons comme résultat de ce sentiment. Il y a quelque chose dont nous ne voulons pas faire l’expérience et dont nous ne faisons jamais l’expérience parce que nous sommes tellement pressés d’agir.

S’abstenir, c’est la méthode dont on use pour parvenir à connaître la nature de cette agitation et de cette peur. C’est la méthode permettant de se faire à l’absence de terrain solide.

Si nous nous divertissons aussitôt en commençant à parler, agir ou penser, nous ne pourrons jamais nous détendre. Notre vie sera un marathon sans fin. Nous demeurerons bloqués au stade de “vrai paquet de nerfs”.

Si vous ne faites pas ce que vous dicte la peur, alors la peur n’a aucun pouvoir sur vous.

Quand nous comprenons le processus, nous ne nous faisons pas avoir par la réaction en chaîne qui transforme des choses minuscules en monstruosités.

En restant en attente, nous commençons à entrer en rapport avec l’agitation fondamentale aussi bien qu’avec l’espace fondamental. Et la conséquence, c’est que nous cessons de nous causer du tort. Établir une relation vraiment bonne avec nous-mêmes nous apprend l’immobilité, ce qui n’empêche pas de courir, danser, sauter, mais signifie que la compulsion a disparu. Nous arrêtons de trop manger, trop fumer, chercher à trop séduire...

Notre parole est apprivoisée et communique quelque chose. Nous ne gaspillons pas le don de parole pour exprimer notre névrose. C’est la libération qui se produit naturellement quand nous sommes tout à fait là, sans nous faire de souci au sujet de l’imperfection.

“Conseils d’une amie pour des temps difficiles”

Voir les commentaires

L’INFLUENCE DE LA TERRE MÈRE.

11 Mai 2014, 06:06am

Publié par pam

extraits de :

"RÉFLEXIONS D’UN MÉDECIN BOUDDHISTE À L’USAGE DES SOIGNANTS ET DES SOIGNÉS."

Dr. Daniel Chevassut. Éditions Sully. 2007.

On peut se demander dans quelle mesure le lieu où l’on naît exerce ou non une influence sur notre vie : nourritures matérielles et spirituelles, terre, air qu’on respire, saveurs, parfums, sons, couleurs, êtres qui y vivent. Quelque chose au départ est déjà scellé.

Mon apprentissage de la solitude et cette aptitude à ressentir plus qu’à analyser me sont utiles comme médecin, et aussi comme aspirant spirituel. Dans ma vision d’enfant, j’avais déjà perçu le jeu de l’égocentrisme, la puissance de l’aveuglement et leurs conséquences dramatiques sur les êtres, avant-goût de l’équanimité bouddhiste.

Le sous-développement le plus grave n’est pas tant celui du matériel et de l’avoir que celui de l’être. Le délabrement progressif de la planète et la souffrance qui en résulte nous amèneront peut-être à le réaliser plus tôt que prévu.

“La nature nous aide à être nous-mêmes, à traverser les changements majeurs et les situations où notre vie est en jeu. Elle apporte la magie et le rire.” Sobonfu Somé.

L’être humain ne réalise pas à quel point sa propre survie dépend de l’amour et du respect qu’il porte à la planète. Tout le monde le ressent plus ou moins, mais peu le réalisent vraiment. La nature et les éléments ont ce pouvoir extraordinaire de procurer des expériences de ravissement, où l’on s’oublie, où ce qui est superficiel en nous disparaît pour laisser place à notre vraie nature, la plus profonde.

Mircea Eliade : “Je crois que l’élément essentiel de la condition humaine est le sens du sacré.”

Si nous voulons que s’installe l’harmonie entre l’homme et son environnement, et aussi simplement survivre sur cette terre, nous devons retrouver, par un important travail sur nous-mêmes cette réalité sacrée qui vit en chacun de nous.

Nous devons préserver à tout prix un système de vie interdépendant qui doit rester intact si chacun veut continuer à exister. Seule solution pour sortir de l’impasse.

“Quand les êtres humains perdent le contact avec la nature, avec le ciel et la terre, ils ne sont plus capables de nourrir leur environnement, ni - ce qui revient au même - de gouverner leur monde ; ils détruisent leur écologie en même temps qu’ils se détruisent entre eux. Dans cette optique, la guérison de notre société doit s’effectuer de concert avec la guérison de notre lien personnel et élémentaire avec le monde phénoménal.” Chögyam Trungpa in “Shambhala, la voie sacrée du guerrier”.

Harmonie...

Harmonie...

Voir les commentaires

L'art de la méditation

3 Mai 2014, 07:50am

Publié par pam

Je me suis permis de résumer pour ceux qui pensent ne pas avoir le temps de lire et pour donner aux autres l'envie d'ouvrir ou de réouvrir ce livre :

Matthieu Ricard, "L'art de la méditation".

AVANT-PROPOS.

“Nous devons être le changement que nous voulons voir dans le monde.” Gandhi.

Se transformer intérieurement en entraînant son esprit est la plus passionnante des aventures. Et c’est le véritable sens de la méditation.

Des études scientifiques démontrent que la méditation, pratiquée sur de longues durées, développe considérablement attention, équilibre émotionnel, altruisme et paix intérieure. D’autres études démontrent les bienfaits qui découlent de 20 minutes de méditation quotidienne pendant 6 à 8 semaines : diminution de l’anxiété et de la vulnérabilité à la douleur, de la tendance à la dépression et à la colère, renforcement de l’attention, du système immunitaire et du bien-être en général. Quelque soit l’angle sous lequel on envisage la méditation, elle apparaît donc comme facteur essentiel d’une vie équilibrée et riche de sens.

Ne sous-estimons pas la capacité de transformation de notre esprit, chacun dispose du potentiel nécessaire pour s’affranchir des états mentaux qui entretiennent nos souffrances et celles des autres, pour trouver la paix intérieure et contribuer au bien des êtres.

L'art de la méditation

UNIR MÉDITATION ET VIE QUOTIDIENNE.

La médiation est un processus de formation et de transformation. Pour avoir un sens, elle doit se refléter dans chaque aspect de notre manière d’être, chaque action et attitude. Sinon, c'est une perte de temps. Nous devons donc persévérer avec sincérité, vigilance, détermination et vérifier qu’au fil du temps de réels changements se produisent en nous. Le but de l’entraînement de l’esprit est de nous rendre capables de maintenir une certaine façon d’être dans toutes nos activités. Le tourbillon de la vie quotidienne nous laisse rarement l’occasion d’acquérir force et stabilité nécessaires à la pratique méditative. C’est pourquoi il est important de consacrer du temps à la méditation, ne serait-ce que 30 minutes par jours, si possible plus. Pratiquée le matin, elle donnera un autre parfum à notre journée. Ses effets imprégneront de manière discrète mais profonde nos attitudes et la manière dont nous mènerons nos activités et interagirons avec ceux qui nous entourent. Lorsque nous disposerons de quelques moments de répit, il nous sera plus facile de nous replonger dans une qualité d’être devenue familière et de maintenir la continuité de ses effets bienfaisants.

Ces effets nous permettront de situer les événements de notre vie dans une perspective plus vaste, et de les vivre avec davantage de sérénité sans pour autant tomber dans l’indifférence, d’accepter ce qui survient sans pour autant être résignés, et de construire le futur en l’étayant sur une motivation altruiste et confiante. C’est ainsi que, peu à peu, grâce à l’entraînement de l’esprit, nous pourrons changer notre manière d’être habituelle. Nous bénéficierons d’une compréhension plus juste de la réalité et, de ce fait, nous serons moins choqués lorsque des changements brutaux se produiront dans notre vie, et moins infatués par nos succès superficiels. Ce seront là autant de signes d’une transformation personnelle authentique qui nous permettra de mieux agir sur le monde dans lequel nous vivons et de contribuer à la construction d’une société plus sage et altruiste.

d'après Matthieu Ricard "L'art de la méditation",

Pourquoi méditer ? sur quoi ? comment ?

Nil Éditions 2008.

Pour ceux que ça intéresse je tiens à votre disposition le résumé complet de ce livre et de biens d'autres... il suffit de demander...

L'art de la méditation

Voir les commentaires

Bonheur de la méditation.

5 Avril 2014, 06:48am

Publié par pam

de Yongey Mingyour Rinpotché.

PRÉFACE DE MATHIEU RICARD.

Mingyour Rinpotché a une place unique dans le dialogue et la coopération entre science et bouddhisme. Il s’intéresse profondément aux sciences modernes, particulièrement aux neurosciences et à la physique quantique. Les neurosciences ont pour objet l’étude empirique du phénomène de la conscience, des événements mentaux et des émotions, sujets sur lesquels se penche le bouddhisme depuis 2500 ans. La mécanique quantique aboutit, par des méthodes différents, à une description de la réalité très proche de celle du bouddhisme, selon laquelle le monde des phénomènes est un ensemble de relations, d’événements interdépendants et impermanents, et non une collection d’entités autonomes douées d’existence propre.

Pour lui, comme pour le Dalaï-lama, le bouddhisme est avant tout une science de l’esprit. Les textes bouddhistes insistent sur le fait que toutes les pratiques spirituelles, mentales, physiques ou verbales visent directement ou indirectement à transformer l’esprit. Mais, comme il l’écrit : “l’une des principales difficultés que l’on rencontre en essayant d’examiner son esprit est la conviction profonde et souvent inconsciente que l’on est comme on est, et que l’on n’y peut rien changer... sentiment pessimiste inutile... Sans même que nous en soyons conscients, l’idée que notre esprit ne peut pas changer empêche d’emblée toute tentative de changement.”

L’état que nous considérons comme “normal” n’est qu’un point de départ, et non le but que nus devons nous fixer. Il est possible de parvenir peu à peu à une manière d’être optimale.

Pour cela l’introspection bouddhiste à 2 méthodes, l’une analytique, l’autre contemplative. L’analyse consiste à examiner la nature de la réalité, essentiellement interdépendante et impermanente, et à évaluer honnêtement les tenants et aboutissants de nos souffrances et de celles que nous faisons subir aux autres; l’approche contemplative consiste à tourner son attention vers l’intérieur et à observer, derrière le voile des pensées et des concepts, la nature de la “conscience originelle” qui sous-tend toute pensée et permet leur formation. Cette faculté fondamentale de “connaître” ou conscience pure, existe en l’absence de constructions mentales et d’objets de pensée.

Mingyour Rinpotché : “le véritable but de la méditation est de demeurer dans la conscience nue, quoi qu’il se passe ou ne se passe pas dans l’esprit. Peu importe ce qui se présente à vous, restez simplement ouvert et présent à ce phénomène, puis laissez-le disparaître. Si rien ne se produit, ou si les pensées s’évanouissent avant que vous les ayez remarquées, demeurez simplement dans cette clarté naturelle.” Il explique comment l’entraînement de l’esprit permet de passer d'un état pathologique à un état normal, puis à un état optimal. Il décrit de l’intérieur, le processus de transformation qu’il l’a conduit de l’état d’angoisse chronique paniquante à une sérénité durable alliée à un ensemble de qualités, dont la compassion et la liberté intérieure, qui permettent de gérer toutes les circonstances auxquelles nous sommes confrontés dans l’existence. Nous montrant ainsi que nous sous-estimons le pouvoir de transformation de l’esprit et la façon d’y remédier. “Peu à peu, je commençais à reconnaître la fragilité et le caractère éphémère des pensées et émotions qui m’avaient perturbé pendant des années, et je comprenais comment, en me focalisant sur de petits ennuis, je les avais transformés en énormes problèmes.”

Dans quelle mesure peut-on former son esprit à fonctionner de manière constructive, à remplacer l’obsession par le contentement, l’agitation par le calme, la haine par la compassion ?

Actuellement on parle de neuroplasticité, le cerveau évolue continuellement en fonction de nos expériences et peut fabriquer de nouveaux neurones tout au long de la vie. Cela implique que l’attention, la compassion, le bonheur, peuvent être cultivées et relèvent en grand partie d’une savoir-faire que l’on peut acquérir. Cela nécessite un entraînement, une longue pratique régulière.

La méditation consiste à se familiariser avec une nouvelle manière d’être, de gérer ses pensées et de percevoir le monde. Les neurosciences permettent d’évaluer ces méthodes et de vérifier leur impact sur le cerveau et sur le corps. Les recherches ont montré que quand les participants méditent sur la compassion, on constate une augmentation remarquable des oscillations rapides dans les fréquences gamma et de la cohérence de leur activité cérébrale. L’activité cérébrale des méditants sur la compassion est particulièrement élevée dans le lobe pré-frontal gauche, région liée aux émotions positives. La compassion est donc associée à la joie et l’enthousiasme. Les zones impliquées dans la planification des mouvements et de l’amour maternel sont elles aussi, fortement stimulées. Pour Richard Davidson : “cela semble démontrer que le cerveau peut être entraîné et modifié physiquement d’une manière que peu de personnes peuvent imaginer.”

Une étude sur des sujets méditants confirmés a montré qu’ils pouvaient maintenir intacte la qualité de leur attention pendant 45 minutes, contre 10 pour des sujets non entraînés. On peut donc entraîner son esprit d'une façon beaucoup plus importante que ne l’avait supposé la psychologie. Le Dalaï-lama a joué un rôle catalyseur en encourageant les rencontres et le dialogue.

Validées scientifiquement, les techniques de méditation pourraient être utilement intégrées dans l’éducation des enfants et dans la prise en charge des problèmes émotionnels des adultes. Il reste à étudier comment le cerveau des méditants évolue dans le temps.

certaines expériences prouvent qu’il n’est pas nécessaire d’être un méditant surentraîné pour bénéficier des effets de la méditation : 20 minutes de pratique journalière contribuent significativement à la réduction de l’anxiété et du stress ainsi qu’au renforcement du système immunitaire et de l’équilibre émotionnel. Une étude effectuée sur des débutants a montré qu’après 3 ans de pratique assidue, la faculté d’attention des sujets s’était considérablement améliorée.

Devant 37000 scientifiques le Dalaï-lama a souligné la nature pragmatique et expérimentale du bouddhisme qui vise à éliminer la souffrance par une meilleure connaissance du fonctionnement de l’esprit.

Stephen Kosslyn déclarait : “Nous devons faire preuve d’humilité devant la masse de données empiriques fournies par les contemplatifs bouddhistes.”

Comme l’explique Mingyour Rinpotché, la méditation n’est pas un exercice superflu mais un élément essentiel de notre existence. “La seule différence entre la méditation et l’approfondissement d’une amitié est que dans le premier cas, l‘ami que vous apprenez à peu à peu connaître, c’est vous.”

Il explique que le but de la méditation n’est pas de faire le vide dans l’esprit ou d’atteindre un état de relaxation inerte. “Les pensées sont l’activité naturelle de l’esprit et la méditation n’a pas pour but d’arrêter les pensées. Elle consiste simplement à reposer l’esprit dans son état naturel, lequel est spontanément conscient des pensées, émotions et sensations à mesure qu'elles surgissent, sans les suivre ni les rejeter.”

La méditation permet de se familiariser avec une nouvelle manière d’être : “L’esprit est la source de tout ce que nous ressentons, et changer l’orientation de notre esprit revient à changer la qualité de toutes nos perceptions.”

Elle nous aide aussi à cultiver les qualités humaines indispensables à un bonheur authentique : l’amour bienveillant et la compassion sont les plus essentielles.

Rien ne peut remplacer l’expérience elle-même.

BONHEUR DE LA MÉDITATION. Yongey Mingyour Rinpotché.

en collaboration avec Éric Swanson.

Éditions. Fayard. 2007.

Bonheur de la méditation.

Prière des quatre pensées incommensurables :

“Puissent tous les êtres trouver le bonheur et les causes du bonheur !

Puissent-ils être libres de la souffrance et des causes de la souffrance !

Puissent-ils posséder la joie et les causes de la joie !

Puissent-ils être impartiaux, libres d’attachement et d’aversion !”

Bonheur de la méditation.

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>