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philosophie

déconstruire les mythes...

14 Octobre 2014, 06:16am

Publié par pam

La passion de la méchanceté. Sur un prétendu divin marquis. Editions Autrement

S’il est un mythe à déconstruire, c’est bien celui du marquis de Sade, porté aux nues par l’intelligentsia depuis le début du XXème siècle. Comment a été construite la légende du divin marquis? Contre la vérité des faits historiques, contre la justice (qui l’a emprisonné pulsieurs fois), contre ses propres écrits mêmes, Sade est devenu un modèle, un sage visionnaire, un philosophe précurseur du XXème siècle. Il a inspiré et passionné un nombre incalculable d’intellectuels, de Breton à Bataille, de Barthes à Lacan, de Deleuze à Sollers.

Comment est-il possible qu’à quelques rares exceptions près, le Marquis soit devenu l’idole de tous? On doit ceci à Apollinaire, rédacteur de la préface hagiographique d’un recueil de textes de Sade choisis (par lui-même) en 1909. Il construit ainsi, sans grande connaissance des oeuvres de l’auteur, le mythe du marquis, qui tient lieu d’histoire.

Parce que les mots et les faits doivent primer sur les légendes poétiques, Michel Onfray entreprend sa contre-histoire. Il rappelle combien Les 120 journées de Sodome sont d’une perversité abjecte et procèdent d’une pulsion de mort ; il souligne que Sade est un Jacobin d’occasion, méprisant le peuple dans ses écrits et converti par opportunisme ; que ses actes de délinquants sexuels ne sont ni des détails ni des » badinages » mais des comportements cruels et barbares plusieurs fois condamnés (et plusieurs fois étouffés), etc. Contre-légende après contre-légende, il pose des pierres dans le jardin de Sade et de ses partisans aveuglés.

déconstruire les mythes...

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Noam Chomsky

12 Octobre 2014, 08:29am

Publié par pam

“J’essaie d’encourager les gens à penser de façon autonome, à remettre en question les idées communément admises. Ne prenez pas vos présomptions pour des faits acquis. Commencez par adopter une position critique envers tout idée « politiquement correcte ». Forcez-la à se justifier. La plupart du temps, elle n’y arrive pas. Soyez prêts à poser des questions sur tout ce qui est considéré comme un fait acquis. Essayez de penser par vous-même. Il y a beaucoup d’information en circulation. Vous devez apprendre à juger, à évaluer et à comparer les choses. Il vous faudra faire confiance à certaines choses, sinon vous ne pourriez pas survivre. Mais lorsqu’il s’agit de choses importantes, ne faites pas confiance. Dés que vous lisez quelque chose d’anonyme, il faut se méfier. Si vous lisez dans la presse que l’Iran défie la communauté internationale, demandez-vous qui est la communauté internationale ? L’Inde est opposée aux sanctions. Le Brésil est opposé aux sanctions. Le Mouvement des pays Non-Alignés est opposé aux sanctions et l’a toujours été depuis des années. Alors qui est la communauté internationale ? C’est Washington et tous ceux qui se trouvent être en accord avec lui. C’est le genre de choses que vous pouvez découvrir par vous-mêmes, mais pour ça il faut travailler. Et c’est pareil pour tous les sujets, les uns après les autres.” Noam Chomsky, 2010.

Si vous cherchiez quelques idées originales pour les bonnes résolutions de fin d'année, voilà !

"La propagande est à la démocratie ce que la violence est aux dictatures"

"Si l'on ne croit pas à la liberté d'expression pour les gens que l'on méprise, on n'y croit pas du tout."

"L'endoctrinement n'est nullement incompatible avec la démocratie, il est son essence même."

"Dans une société bien huilée, on ne dit pas ce que l'on sait, on dit ce qui est utile au pouvoir."

Chomsky.

Telle qu’elle est relayée par les grands médias, la vie intellectuelle française suscite parfois la consternation à l’étranger : phrases extraites de leur contexte, indignations prévisibles, « polémiques » de pacotille, intellectuels de télévision qui prennent la pose à l’affût du mot trop rapide qui servira de pâture à leurs éditoriaux indignés. En France, Noam Chomsky a été l’objet de campagnes de disqualification d’autant plus vives et régulières qu’il a su détailler, calmement, l’imposture d’un discours à géométrie variable sur les « droits de l’homme », lequel, souvent, couvrait les forfaits de l’Occident.

Jean Bricmont, avril 2001.

“Toute l’histoire du contrôle sur le peuple se résume à cela : isoler les gens les uns des autres, parce que si on peut les maintenir isolés assez longtemps, on peut leur faire croire n’importe quoi.”

Noam Chomsky, Comprendre le pouvoir, deuxième mouvement, 1993.

“La démocratie dans le sens où l’entend le pouvoir ne laisse quant à elle aucune place à l’ingérence du peuple dans la structure totalitaire de l’économie dirigée par le monde des affaires, avec tout ce qui en découle dans les autres domaines de l’existence. Le rôle du public consiste à suivre les ordres, non à s’y ingérer.”

Noam Chomsky, L'An 501, la conquête continue, 1993.

“Par miracle économique, on entend un ensemble intégré de belles statistiques macroéconomiques, de grands profits pour les investisseurs étrangers et de vie de luxe pour les élites locales ; avec, en petits caractères, un accroissement de la misère pour la majorité de la population.”

Noam Chomsky, L'An 501, la conquête continue, 1993.

http://partages.overblog.com/2014/04/noam-chomsky.html

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Technique et philosophie...

19 Août 2014, 05:12am

Publié par pam

Antimanuel de philosophie. Michel Onfray. Extraits, résumé, fiche de lecture.....

Chapitre III - LA TECHNIQUE.

Le cellulaire, l’esclave et la greffe.

Une fois accomplis, les progrès techniques rendent difficiles et improbables les retours en arrière.

La technique se définit par l’ensemble des moyens mis en œuvre par les hommes pour s’affranchir des nécessités et des contraintes naturelles. Là où la nature oblige, la technique libère, elle recule les limites de la soumission aux puissances naturelles. À l’origine, la technique vise à permettre l’adaptation de l’homme à un milieu hostile. Dans un premier temps assurer la survie, puis rendre la vie plus agréable. Ensuite, besoins humains de communication. Chaque problème posé appelle une solution et induit les développements technologiques appropriés. L’histoire de l’humanité coïncide avec l’histoire des techniques. Quelquefois, les inventions déclenchent des révolutions de civilisation (feux, métaux, roue, électricité, informatique, code génétique).

Mais une invention n’existe pas sans contrepoint négatif. Aujourd’hui, le monde de la technique s’oppose tellement à celui de la nature qu’on peut craindre une mise à mal de l’ordre naturel, mettant en danger la planète. D’où l'apparition de l’écologie en appelant au principe de précaution. De plus le fossé se creuse entre riches et pauvres : ceux qui disposent de la technologie de pointe et les autres qui n’ont même pas les moyens de la survie. La technique est un luxe de civilisation riche. En Occident, la technique mène à la paupérisation, au chômage, à la raréfaction du travail, à l'aliénation.

Il faut espérer un monde où la technologie serait au service des hommes.

Risques technologiques majeurs résultant du développement des industries chimiques ou du nucléaire.

Theodor Adorno : “L’affirmation selon laquelle les moyens de communication sont source d’isolement ne vaut pas seulement pour le domaine intellectuel... Le progrès sépare littéralement les hommes.... Les communications établissent l’uniformité parmi les hommes en les isolant.”

La possibilité technique oblige-t-elle à sa réalisation effective ? La seule faisabilité technologique donne-t-elle la mesure du faisable et de l’infaisable ? Morale, éthique, sens du bien et du mal ?

Les progrès considérables du génie génétique prend de vitesse toute réflexion.

Limites des manipulations génétiques ?

Les possibilités et les limites de la technique médicale supposent aussi une morale.

La brevetabilité du vivant ainsi que les organismes génétiquement modifiés font aussi problème. Piller le patrimoine végétal des pays pauvres pour le profit de quelques uns : la technique artificialise la planète, met à mort la nature au profit d’un seul pays riche ainsi dominateur.

Seule une politique éthique écologique et humaniste pourra éviter la transformation de la terre en champ de bataille pour de nouvelles guerres économiques.

Hans Jonas : maître à penser des défenseurs du principe de précaution, face aux périls écologiques, biologiques et technologiques de la modernité, formule une éthique de la responsabilité en invitant à agir seulement après avoir réfléchi aux conséquences de l’action immédiate dans le futur.

Esclaves modernes, de nombreux individus croupissent en victimes du capitalisme qui se caractérise par un usage de la technique exclusivement indexé sur le profit et la rentabilité. Subir ce processus, c’est être esclave : smicards, chômeurs, SDF, prostitués, enfants et adultes exploités. Passé le temps de la découverte, la technique permet aux plus forts de dominer les plus faibles, de l’âge des cavernes à celui d’Internet. La technique se met au service de ceux qui possèdent les moyens de production. Fabrication d’objets périssables destinés à faire circuler l’argent des consommateurs.

En utilisant la technologie à des fins humanistes et libertaires, et non inhumaines et libérales, on augmente le temps de loisir, on diminue le temps et la pénibilité du travail, on ne produit que les richesses nécessaires, on limite les stocks.

L’esclave d’aujourd’hui, c’est aussi l’individu privé de relations humaines, coupé du monde ou relié que par des réseaux de providence (aides humanitaires).

Là où la technique permet un progrès matériel, elle annonce souvent une régression morale. On ne peut prévoir ce que donneront ces énergies nouvellement libérées par la mise en réseau planétaire des initiatives privées et publiques. La quantité tue la qualité (livre, informations...).

Nietzsche (1844-1900) : “Pauvre, joyeux, indépendant ! tout cela est possible simultanément. Pauvre, joyeux et esclave, c’est aussi possible... Fi ! croire que l’on pourrait remédier par un salaire plus élevé à l’essentiel de leur détresse, je veux dire leur asservissement impersonnel ! ... Fi ! avoir un prix auquel on cesse d’être une personne pour devenir un rouage !... quelles énormes sommes de valeur intérieure (celle des hommes) sont gaspillées pour une fin aussi extérieure (celle des nations)... Qu’est devenue votre valeur intérieure sans un minimum de maîtrise de vous-mêmes ? Si vous n’avez plus foi en la liberté spirituelle de l’homme sans besoins ?

Paul Lafargue : “Au lieu de réagir contre cette aberration mentale (l’épuisement des forces vitales au travail), les prêtres, économistes, moralistes, ont sacro-sanctifié le travail... Dans la société capitaliste, le travail est la cause de toute dégénérescence intellectuelle... Si la classe ouvrière se soulevait non pour réclamer les Droits de l’homme (droits de l’exploitation capitaliste) ou le Droit au travail (droit à la misère), mais pour forger une loi d’airain, défendant à tout homme de travailler plus de trois heures par jour, la Terre... sentirait bondir en elle un nouvel univers... Mais comment demander à un prolétariat corrompu par la morale capitaliste une résolution virile ?

André Gortz : “Le sens de l’actuelle révolution technique ne peut pas être de réhabiliter l’éthique du travail, l’identification au travail. Elle n’a de sens que si elle élargit le champ des activités non professionnelles dans lesquelles chacun puisse épanouir la part d’humanité qui, dans le travail technicisé, ne trouve pas d’emploi.”

Herbert Marcuse (1898 -1979) : “Dans les zones techniquement avancées de la civilisation, la conquête de la nature est pratiquement totale... Cependant, le développement du progrès semble être lié à l’intensification de la servitude... L’asservissement et la destruction de l’homme par l’homme les plus efficaces, s’installent au plus haut niveau de la civilisation, au moment où les réalisations matérielles et intellectuelles de l’humanité semblent permettre la création d’un monde réellement libre.”

Technique et philosophie...

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Éviter de nuire

30 Juillet 2014, 07:25am

Publié par pam

Pema Chödrön. “Conseils d’une amie pour des temps difficiles”.

Éviter de nuire :

Ne pas nuire à autrui suppose évidemment de s’abstenir de tuer, voler ou mentir. Cela implique aussi de ne pas être agressif (en parole comme en esprit ou en action). Apprendre à ne nuire ni à nous-mêmes ni aux autres est un enseignement de base du bouddhisme sur le pouvoir de guérison lié à la non-agression. C’est la base même d’une société éveillée.

L’agression la plus fondamentale envers nous-mêmes, le mal le plus fort que nous pouvons nous faire est de demeurer ignorant en n’ayant ni le courage ni le respect de nous regarder avec honnêteté et douceur.

C’est le parcours de toute une vie que d’entrer honnêtement en relation avec le caractère immédiat de notre expérience et de nous respecter suffisamment pour ne pas porter de jugement sur celle-ci.

C’est un vrai choc de constater à quel point nous avons refusé de voir certaines de nos manières de nuire. Notre style est si bien enraciné en nous que nous ne pouvons pas entendre ceux qui essayent de nous dire que peut-être nous causons du tort par notre façon d’être ou dans nos rapports avec les autres.

Grâce à l’attention, nous voyons nos désirs et notre agression, notre jalousie et notre ignorance, sans suivre ces pulsions ; nous nous contentons de les voir, d’en prendre acte. L’étape suivante consiste à s’abstenir. L’attention est la base, l’action de s’abstenir est la voie.

Une pratique de méditation faisant appel à l’attention et à la faculté de s’abstenir : remarquer les mouvements de notre corps quand nous nous sentons mal à l’aise. La consigne est de ne pas essayer de changer quoi que ce soit, de ne pas nous critiquer quoi que nous fassions, mais de nous contenter d’observer nos gestes. Prendre note de la manière dont nous essayons d’éviter l’absence de terrain solide est un moyen d’entrer en contact avec cette perte d’assise.

S’abstenir, c’est-à-dire ne pas passer à l’acte de façon impulsive comme d’habitude, a quelque chose à voir avec le renoncement à la mentalité de divertissement. En nous abstenant d’agir, nous pouvons voir que quelque chose existe entre l’apparition du désir (ou de l’agression ou de la solitude...) et toute action que nous accomplissons comme résultat de ce sentiment. Il y a quelque chose dont nous ne voulons pas faire l’expérience et dont nous ne faisons jamais l’expérience parce que nous sommes tellement pressés d’agir.

S’abstenir, c’est la méthode dont on use pour parvenir à connaître la nature de cette agitation et de cette peur. C’est la méthode permettant de se faire à l’absence de terrain solide.

Si nous nous divertissons aussitôt en commençant à parler, agir ou penser, nous ne pourrons jamais nous détendre. Notre vie sera un marathon sans fin. Nous demeurerons bloqués au stade de “vrai paquet de nerfs”.

Si vous ne faites pas ce que vous dicte la peur, alors la peur n’a aucun pouvoir sur vous.

Quand nous comprenons le processus, nous ne nous faisons pas avoir par la réaction en chaîne qui transforme des choses minuscules en monstruosités.

En restant en attente, nous commençons à entrer en rapport avec l’agitation fondamentale aussi bien qu’avec l’espace fondamental. Et la conséquence, c’est que nous cessons de nous causer du tort. Établir une relation vraiment bonne avec nous-mêmes nous apprend l’immobilité, ce qui n’empêche pas de courir, danser, sauter, mais signifie que la compulsion a disparu. Nous arrêtons de trop manger, trop fumer, chercher à trop séduire...

Notre parole est apprivoisée et communique quelque chose. Nous ne gaspillons pas le don de parole pour exprimer notre névrose. C’est la libération qui se produit naturellement quand nous sommes tout à fait là, sans nous faire de souci au sujet de l’imperfection.

Éviter de nuire

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Droit de se rebeller...

17 Juillet 2014, 06:21am

Publié par pam

extraits, résumé, fiche de lecture, simple outil pour donner envie de lire ou de relire, pour méditer, pour occuper l'esprit quand les mains sont à l'ouvrage...suite...

MICHEL ONFRAY. ANTIMANUEL DE PHILOSOPHIE.

Leçons socratiques et alternatives.

5 - LE DROIT. Le règlement, le surveillant et la police.

Il existe un droit de se rebeller ou de désobéir qui s’appuie même sur un devoir de se comporter ainsi. Le droit ne peut pas vous obliger quand la morale vous retient. Avant toute législation, et indépendamment d’elle, les obligations éthiques priment (respecter la dignité de l’autre, assurer son existence ou sa subsistance alimentaire, lui accorder la protection élémentaire de son corps et de sa santé, de son identité et de sa subjectivité, donner à son cadavre les soins convenables...)

Les uns placent l’humanité et la justice au-dessus de tout, les autres vénèrent la loi, l’ordre et le droit au détriment de toute autre considération.

La Déclaration des droits de l’homme, la Constitution de 1958 reconnaissent légalement et juridiquement la possibilité d’un droit de refus ou d’insurrection. Article 21 de la Constitution : lorsque “le gouvernement viole les libertés et les droits garantis par la Constitution, la résistance sous toutes ses formes est le plus sacré de tous les droits et le plus impérieux des devoirs”. On ne peux mieux dire : le droit obéit d’abord à la morale, il doit garantir la sécurité et la liberté des individus ayant accepté de s’y soumettre. Le pouvoir existe par le seul consentement de ceux sur lesquels il s’exerce. Le droit d’opposition se manifeste dans le refus de contribuer personnellement à la logique qui fait sa force : déséquilibrer en refusant de soutenir. En n’obéissant pas à une loi inique, on en supprime l’effet. La loi et le droit existent pour les hommes, pas le contraire.

Epicure (342-270 av. J.C.). Matérialiste (il ne croit qu’aux atomes et à leur organisation dans le vide), indifférent aux dieux (qui n’ont que faire des hommes), eudémoniste (recherchant le maximum de bien-être dans l’existence), il propose pour parvenir au bonheur de satisfaire les seuls désirs naturels et nécessaires. “Le droit de la nature est le moyen de reconnaître ce qui est utile pour ne pas se faire du tort les uns aux autres et ne pas en subir.”

La Boétie : “Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libre.”

Henri-David Thoreau (1817-1862) : “La seule obligation que j’aie le droit d’adopter, c’est d’agir à tout moment selon ce qui me paraît juste... La loi n’a jamais rendu les hommes plus justes d’un iota.”

Si l’on exige de vous que des devoirs sans vous reconnaître aucun droit, alors vous expérimentez la situation des esclaves, des domestiques et des prisonniers ; si en revanche on ne vous accordait que des droits, vous brilleriez de tous les feux du tyran. La liberté n’est pas la licence de faire ce que l’on veut, quand on veut, avec qui l’on veut. Cela est plutôt la loi de la jungle. La liberté pure c’est la violence de tous contre tous, le maximum de pouvoir accordé aux plus forts et aux plus rusés. Elle permet aux dominants d’imposer leur loi aux plus faibles.

Chacun doit parler, échanger et contribuer à la rédaction d’un règlement intérieur pour consentir à l’essentiel (le besoin d’une règle du jeu) sans qu’il soit nécessaire de payer le prix fort (tous les droits pour l’administration et la direction, aucun pour les élèves). La loi réalise une liberté : pouvoir disposer de soi sans craindre pour soi. Partout entre les individus et les groupes, le contrat social doit se pratiquer : constater le risque d’une liberté sans limitation, vouloir vivre ensemble et construire un projet pour permettre cette convivialité, accepter de renoncer à un pouvoir de nuisance, puis construire une règle du jeu viable à laquelle chacun peut se référer en cas de besoin - voilà la nature du projet. Trop souvent, le règlement intérieur correspond à la liste des interdits et des obligations à vous destinés. La loi et le droit sont justifiables quand ils permettent de réduire les risques de la vie en communauté. S’ils doivent servir à asseoir le pouvoir de l’autorité habituelle sur les individus qui deviennent ainsi des sujets soumis, alors la loi est l’instrument de domination du pouvoir, le droit sert l’autorité en place et les individus subissent l’injustice d’un système qui les bâillonne.

J.J. Rousseau : “Trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s’unissant à tous n’obéisse pourtant qu’à lui-même..... Enfin chacun se donnant à tous ne se donne à personne, et comme il n’y a pas un associé sur lequel on n’acquière le même droit qu’on lui cède sur soi, on gagne l’équivalent de tout ce qu’on perd, et plus de force pour conserver ce qu’on a.”

Au regard de ces disparités (entre les petits et les grands), a-t-on vraiment envie de défendre la police ? Le mot police suppose l’organisation de la cité dans le respect de tous et de chacun, l’ordre reconnu pour les citoyens, la protection des personnes exposées et la contrainte exercée sur ces individus décidés à n’écouter que leur intérêt, donc nuisibles. Légitimer l’idée de police ne signifie pas légitimer l’action des policiers dans le détail. Tant que les hommes vivront en société, il faudra une police pour empêcher la loi de la jungle et permettre la loi de la civilisation.

Nous laissons partout des traces numériques, informatiques, électroniques. Les États qui aspirent à dominer la planète commencent à contrôler la circulation des informations, d’où la crainte d’une maîtrise des ondes de communication par une puissance secrète, commerciale et mafieuse. L’apparent effacement de la discipline correspond à l’augmentation du contrôle. Craignez plutôt la police invisible. Moins vous la voyez, plus elle vous voit.

Droit de se rebeller...
Droit de se rebeller...

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COMMENT VIVRE ENSEMBLE ?

16 Juillet 2014, 05:56am

Publié par pam

extraits, résumé, fiche de lecture, simple outil pour donner envie de lire ou de relire, pour méditer, pour occuper l'esprit quand les mains sont à l'ouvrage...suite...

MICHEL ONFRAY. ANTIMANUEL DE PHILOSOPHIE.

Leçons socratiques et alternatives.

COMMENT VIVRE ENSEMBLE ?

4 - LA LIBERTÉ. L’architecte, le pédophile et Internet.

Pourquoi votre lycée est-il construit comme une prison ?... tout ce qui manifeste l’autonomie de l’individu (la possibilité de décider de son existence dans son moindre détail) gêne considérablement la société dans son ensemble. La société n’aime pas la liberté car elle n’engendre pas l’ordre, la cohérence sociale, la communauté utile, mais plutôt l’éclatement des activités, l’individualisation et l’atomisation sociale. La liberté fait peur, angoisse, elle inquiète l’individu, qui se retrouve face à lui-même, dans le doute, devant la possibilité de choisir, donc d’expérimenter le poids de la responsabilité ; mais elle gêne aussi la société qui préfère des personnages intégrés dans le projet prévu pour chacun plutôt qu’une multiplicité de pièces jouées par des petits groupes d’individus.

L’usage libre de son temps, de son corps, de sa vie engendre une angoisse plus grande que si l’on se contente d’obéir aux instances génératrices de docilité (famille, école, travail...)... tout vise moins pour vous une compétence qu’une mesure de votre aptitude à l’obéissance, à la docilité, à la soumission aux demandes du corps enseignant.

Quiconque contrôle les flux contrôle les individus qui les constituent. Partout vous devez pouvoir être vu. Le quadrillage de l’espace est rendu possible par l’architecture. Votre liberté individuelle disparaît dans les quadrillages d’espace (architecture) et les quadrillages de temps (administration) : écoles, prisons, casernes, atelier. Il s’agit avant tout d’encager les possibilités multiples de la liberté pure pour les contraindre à passer par le trou d’aiguille de la discipline sociale. Le but non avoué étant d’éteindre les formidables puissances de désordre contenues dans une liberté sans limite.

Gilles Deleuze (1924-1995) : “Crise des institutions = installation progressive et dispersée d’un nouveau régime de domination... Réformer l’école, l’industrie, l’hôpital, l’armée, la prison, chacun sait que ces institutions sont finies, à plus ou moins longue échéance. Il s’agit seulement de gérer leur agonie et d’occuper les gens, jusqu’à l’installation de nouvelles forces qui frappent à la porte. Ce sont les sociétés de contrôle qui sont en train de remplacer les sociétés disciplinaires.”

Déterminisme : être dans la peau d’un individu qui n’a pas le choix et subit son impulsion sans pouvoir y résister. Il suppose une force contraignant un individu à se comporter d’une façon qui ne relève pas d’un choix conscient. Malgré le processus éducatif, certains dressages ne suffisent pas pour empêcher un comportement déviant. Un déterminisme peut être façonné par le contexte socioculturel de l’époque. Une époque, une histoire, une géographie, une culture, une civilisation fabriquent des déterminismes auxquels on n’échappe pas. Le déterminisme peut aussi être physiologique, en l’occurence génétique : on ne choisit pas son corps et les caractères transmis par l’hérédité.

Les influences les plus puissantes, les moins visibles mais les plus repérables dans leurs conséquences sont les influences psychiques. Ce que nous sommes, goûts, dégoûts, plaisirs, désirs, envies, projets, tout procède et découle de la puissance de l’inconscient. Chacun de vous est déterminé à être ce qu’il est aujourd’hui. Et si le choix existait, hors déterminismes, la plupart choisiraient d’être autres que ce qu’ils sont. Généralement, l’individu dispose d’une liberté minimale et subit des contraintes maximales. On constate que la liberté existe en doses différentes chez les individus, mais pour l’essentiel, on est choisi par plus fort que soi, on obéit.

La croyance à la liberté ressemble étrangement à une illusion.

Spinoza : “Telle est cette liberté humaine que tous les hommes se vantent d’avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes que les déterminent.”

Vous vous retrouverez dans la peau du censeur de vos désirs anciens censurés hier par vos parents. Ce que chacun s’autorise, il ne le tolère pas forcément des siens ou des autres en général.

Les libertés sont plus faciles à revendiquer qu’à accorder.

Une liberté qui ne rencontre aucune limite ne peut se définir, se préciser. Les limites sont là où une nuisance s’ensuit de son usage, pour soi ou pour autrui. Mais qui est habilité à juger des nuisances?

L’exercice de la liberté suppose donc un apprentissage. La liberté se borne en regard des impératifs religieux et éthiques qui permettent de construire et d’entretenir une société dans les règles. Ainsi, vous êtes libre tant qu’une figure d’autorité ne vous l’interdit pas....

On doit aussi envisager la loi morale.

La liberté d’un enfant, c’est donc celle que définissent pour lui ses parents. Idem pour un handicapé mental ou un vieillard sénile.

Bakounine (1814-1876) : “N’en déplaise aux métaphysiciens et aux idéalistes religieux, philosophes, politiciens ou poètes : l’idée de Dieu implique l’abdication de la raison et de la justice humaines ; elle est la négation la plus décisive de la liberté humaine et aboutit nécessairement à l’esclavage des hommes, tant en théorie qu’en pratique.

Si Dieu est, l’homme est esclave ; or, l’homme peut, doit être libre ; donc Dieu n’existe pas.”

COMMENT VIVRE ENSEMBLE ?

merci d'être là si nombreux pour suivre ce blog, grâce à vous ce matin je redécouvre ce chapitre qui m'avait profondément touché, avec une impression de rentrer à la maison !

" Il s’agit avant tout d’encager les possibilités multiples de la liberté pure pour les contraindre à passer par le trou d’aiguille de la discipline sociale. Le but non avoué étant d’éteindre les formidables puissances de désordre contenues dans une liberté sans limite."

qu'en termes élégants ces choses-là sont dites, et du coup elles touchent plus qu'un long discours, comme certaines pancartes dans une manif !!

Et la peur que cela génèrent chez les conventionnels et les hommes de pouvoir... et chez chacun de nous finalement quand il s'agit de dire ou faire ou décider "en toute liberté"....

Et parce que "Les libertés sont plus faciles à revendiquer qu’à accorder. " j'ai supprimé l'article de dimanche dernier, en vous remerciant pour vos touchants commentaires.

En vous remerciant de votre attention et en espérant vous avoir donné envie de lire ou relire Onfray, passez tous une bonne journée.

Refusons de poser des limites à la liberté de nos proches mais parallèlement refusons d'eux qu'ils essayent d'en poser pour nous et notre liberté.

COMMENT VIVRE ENSEMBLE ?

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Qu'est ce que l'homme ?

15 Juillet 2014, 07:18am

Publié par pam

Michel Onfray. Antimanuel de philosophie. Extraits-réumé-fiche-de-lecture- suite : chapitre 1 : Qu'est ce que l'homme ?

I - LA NATURE. Le singe, le cannibale et le masturbateur.

L’éthologie enseigne qu’il existe des comportements naturels communs aux animaux et aux humains, on obéit la plupart du temps à des mouvements naturels. Différences sur la façon d’y répondre : l’homme peut choisir d’exercer sa volonté, sa liberté, son pouvoir de décision, réduire la nécessité. Besoins spirituels propres aux hommes. Langage, définition réelle de l’humanité. La culture éloigne de la nature, arrache aux obligations qui soumettent les animaux qui n’ont pas le choix. Spécifiquement humain : capacité à transmettre des savoirs mémorisés et évolutifs. Plus l'acquisition intellectuelle augmente en l’homme, plus le singe recule en lui, plus l’homme est libre, inverse d’une personne dominée par ses instincts.

Diderot : “Méfiez-vous de celui qui veut mettre de l’ordre (institutions politiques, civiles et religieuses).

Ordonner, c’est toujours se rendre le maître des autres en les gênant.”

Thomas Hobbes : propose un contrat social générateur de droits et de lois qui agissent en remèdes à la méchanceté naturelle des hommes.

Simone de Beauvoir : “On ne naît pas femme, on le devient.”

Le cannibalisme célèbre à sa manière le culte dû aux ancêtres, assure la survie du mort et son utilité dans la communauté. Ainsi le mort sert une fois encore au groupe et rend possible une société où triomphe la solidarité, la réalisation de l’un par l’autre, de la partie au tout.

Les prétendus barbares qui mangent leurs morts pour les honorer trouveraient sûrement barbares nos coutumes : on prétend aimer nos défunts et on leur destine le même sort qu’aux animaux (mettre les morts en terre où ils seront dévorés par les vers). Et si la barbarie n’était pas là où l’on croit ?

Montaigne : “Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage.”

La masturbation est naturelle et sa répression culturelle (Église, science). La civilisation se construit sur la répression des pulsions naturelles, les détourne. Un onaniste est un improductif social.

Pour les Cyniques grecs, la culture consiste à imiter la nature, à rester au plus proche d’elle. La culture sert la plupart du temps les intérêts de la société, la sexualité doit viser à la fabrication de la famille. Réappropriation de soi par soi sans autre souci que sa satisfaction égoïste, la masturbation est un facteur d’équilibre psychique personnel chaque fois qu’une sexualité classique est impossible.

Wilhelm Reich associe la critique marxiste et la psychanalyse pour libérer les êtres des aliénations économiques et sexuelles.

Les Cyniques enseignent le renoncement aux fausses valeurs (pouvoir, argent, famille, réputation, honneurs...) et célèbrent des vertus austères (liberté, autonomie, indépendance, insoumission...).

Peter Sloterdijk : “La honte est la chaîne sociale la plus intime qui nous attache aux normes générales du comportement avant toutes les règles concrètes de la conscience”.

“L’indépendance sexuelle demeure une des conditions les plus importantes de l’émancipation”.

Qu'est ce que l'homme ?

II - L’ART. Le décodeur, la Joconde et la pissotière.

Tout jugement esthétique devient impossible si l’on ignore les conditions d’existence et d’émergence d’une œuvre d’art. Comme les langues parlées, le langage artistique change en fonction des époques et des lieux. Il faut donc savoir resituer l’oeuvre d’art dans son contexte géographique et historique. Savoir qui elle veut toucher, à quoi ou à qui elle sert. Connaître aussi son auteur.

Car l’oeuvre d’art est cryptée, toujours.

Comme on ne parvient pas à répondre à toutes ces questions, le spectateur ou le critique se contentent souvent de projeter leurs obsessions sur les œuvres examinées.

Il n’y a pas de compréhension d’une œuvre si l’intelligence du regardeur fait défaut.

L’objet ne prend son sens qu’avec la culture, le tempérament et le caractère du personnage appréciant le travail.

On ne naît pas amateur, on le devient, en construisant son jugement : éduquer les sens, solliciter le corps. L’École et la famille devraient jouer ce rôle, l’une ne le fait pas, l’autre ne le peux pas toujours, alors la tâche vous incombe.

Adorno : “L’oeuvre d’art demande plus que le simple abandon en elle-même.”

Le goût de chacun provient souvent de ses chances ou malchances, de son milieu ou de son éducation, de ses rencontres ou de son isolement, de son parcours scolaire ou familial : la plupart du temps le goût kitsch caractérise les victimes exclues de la culture, de l’art et du monde des idées par un système qui recourt à l’art pour marquer les relations sociales entre les individus, puis les classes.

Quand ces “gens de peu” ne se contentent pas de consommer de l’art kitsch, mais qu’ils le créent, on dit qu’ils évoluent dans le monde de l’art brut. Exclus du rapport bourgeois à l’oeuvre d’art, les artistes du brut pratiquent en toute liberté, sans contrainte, sans souci de plaire à d’autres qu’eux ou leurs proches. Seul importe leur besoin de créer avec les matériaux modestes à leur disposition et qui ne coûtent pas cher. Dans une intégrale liberté d’inspiration, création, facture, composition, avec une imagination entièrement débridée, sans avoir à produire pour une institution à même de transformer l’oeuvre d’art en argent, indépendants à l’endroit des gens qui font la loi dans le milieu artistique, ces artistes kitsch insufflent un véritable vent de fraîcheur dans le monde de l’art. On le trouve aussi dans les arts premiers qui concernent les peuples dits primitifs.

Indépendants du monde occidental et du marché bourgeois, ces objets d’art vivent une existence autonome, en marge. Les sortir de leur milieu pour les exposer dans un musée font du kitsch et du primitif des objets d’art à part entière, car aujourd’hui, le musée crée et fabrique l’art.

Jean Dubuffet : “Ce n’est pas des écrivains ni des artistes que la classe possédante, à la faveur de sa propagande culturelle, entend susciter, c’est des lecteurs et des admirateurs. La propagande culturelle s’applique, bien au contraire, à faire ressentir aux administrés l’abîme qui les sépare de ces prestigieux trésors dont la classe dirigeante détient les clefs, et l’inanité de toute visée à faire œuvre créatrice valable en dehors des chemins par elle balisés.”

Après Marcel Duchamp et son urinoir, une œuvre d’art n’a plus à être belle, on lui demande de faire sens. Duchamp tord le cou à la Beauté et invente un art radicalement cérébral, conceptuel et intellectuel. Duchamp donne les pleins pouvoirs à l’artiste, décideur de ce qui est de l’art et de ce qui ne l’est pas. Il pensait que le regardeur fait le tableau. L’art contemporain, plus qu’un autre, exige une participation active du regardeur.

Octavio Paz : “L’intérêt des ready-made est moins plastique que critique ou philosophique.... il est une arme contre ce que nous trouvons valable, une critique active. ”

Marcel Duchamp : “Ce qui ne va pas en art dans ce pays aujourd’hui, et apparemment en France aussi, c’est qu’il n’y a pas d’esprit de révolte - pas d’idées nouvelles naissant chez les jeunes artistes... L’art est produit par une suite d’individus qui s’expriment personnellement ; ce n’est pas une question de progrès.” 1975.

“Qu’est-ce que le goût ? Une habitude. La répétition d’une chose déjà acceptée.” 1977.

méduses. Hélène Lagrange.

méduses. Hélène Lagrange.

III - LA TECHNIQUE. Le cellulaire, l’esclave et la greffe.

Une fois accomplis, les progrès techniques rendent difficiles et improbables les retours en arrière.

La technique se définit par l’ensemble des moyens mis en œuvre par les hommes pour s’affranchir des nécessités et des contraintes naturelles. Là où la nature oblige, la technique libère, elle recule les limites de la soumission aux puissances naturelles. À l’origine, la technique vise à permettre l’adaptation de l’homme à un milieu hostile. Dans un premier temps assurer la survie, puis rendre la vie plus agréable. Ensuite, besoins humains de communication. Chaque problème posé appelle une solution et induit les développements technologiques appropriés. L’histoire de l’humanité coïncide avec l’histoire des techniques. Quelquefois, les inventions déclenchent des révolutions de civilisation (feux, métaux, roue, délectricité, informatique, code génétique).

Mais une invention n’existe pas sans contrepoint négatif. Aujourd’hui, le monde de la technique s’oppose tellement à celui de la nature qu’on peut craindre une mise à mal de l’ordre naturel, mettant en danger la planète. D’où apparition de l’écologie en appelant au principe de précaution. De plus le fossé se creuse entre riches et pauvres : ceux qui disposent de la technologie de pointe et les autres qui n’ont même pas les moyens de la survie. La technique est un luxe de civilisation riche. En Occident, la technique mène à la paupérisation, chômage, raréfaction du travail, aliénation.

Il faut espérer un monde où la technologie serait au service des hommes.

Risques technologiques majeurs résultant du développement des industries chimiques ou du nucléaire.

Theodor Adorno : “L’affirmation selon laquelle les moyens de communication sont source d’isolement ne vaut pas seulement pour le domaine intellectuel... Le progrès sépare littéralement les hommes.... Les communications établissent l’uniformité parmi les hommes en les isolant.”

La possibilité technique oblige-t-elle à sa réalisation effective ? La seule faisabilité technologique donne-t-elle la mesure du faisable et de l’infaisable ? Morale, éthique, sens du bien et du mal ?

Les progrès considérables du génie génétique prend de vitesse toute réflexion.

Limites des manipulations génétiques ?

Les possibilités et les limites de la technique médicale supposent aussi une morale.

La brevetabilité du vivant ainsi que les organismes génétiquement modifiés font aussi problème. Piller le patrimoine végétal des pays pauvres pour le profit de quelques uns : la technique artificialise la planète, met à mort la nature au profit d’un seul pays riche ainsi dominateur.

Seule une politique éthique écologique et humaniste pourra éviter la transformation de la terre en champ de bataille pour de nouvelles guerres économiques.

Hans Jonas : maître à penser des défenseurs du principe de précaution, face aux périls écologiques, biologiques et technologiques de la modernité, formule une éthique de la responsabilité en invitant à agir seulement après avoir réfléchi aux conséquences de l’action immédiate dans le futur.

Esclaves modernes, de nombreux individus croupissent en victimes du capitalisme qui se caractérise par un usage de la technique exclusivement indexé sur le profit et la rentabilité. Subir ce processus, c’est être esclave : smicards, chômeurs, SDF, prostitués, enfants et adultes exploités. Passé le temps de la découverte, la technique permet aux plus forts de dominer les plus faibles, de l’âge des cavernes à celui d’Internet. La technique se met au service de ceux qui possèdent les moyens de production. Fabrication d’objets périssables destinés à faire circuler l’argent des consommateurs.

En utilisant la technologie à des fins humanistes et libertaires, et non inhumaines et libérales, on augmente le temps de loisir, on diminue le temps et la pénibilité du travail, on ne produit que les richesses nécessaires, on limite les stocks.

L’esclave d’aujourd’hui, c’est aussi l’individu privé de relations humaines, coupé du monde ou relié que par des réseaux de providence (aides humanitaires).

Là où la technique permet un progrès matériel, elle annonce souvent une régression morale. On ne peut prévoir ce que donneront ces énergies nouvellement libérées par la mise en réseau planétaire des initiatives privées et publiques. La quantité tue la qualité (livre, informations...).

Nietzsche (1844-1900) : “Pauvre, joyeux, indépendant ! tout cela est possible simultanément. Pauvre, joyeux et esclave, c’est aussi possible... Fi ! croire que l’on pourrait remédier par un salaire plus élevé à l’essentiel de leur détresse, je veux dire leur asservissement impersonnel ! ... Fi ! avoir un prix auquel on cesse d’être une personne pour devenir un rouage !... quelles énormes sommes de valeur intérieure (celle des hommes) sont gaspillées pour une fin aussi extérieure (celle des nations)... Qu’est devenue votre valeur intérieure sans un minimum de maîtrise de vous-mêmes ? Si vous n’avez plus foi en la liberté spirituelle de l’homme sans besoins ?

Paul Lafargue : “Au lieu de réagir contre cette aberration mentale (l’épuisement des forces vitales au travail), les prêtres, économistes, moralistes, ont sacro-sanctifié le travail... Dans la société capitaliste, le travail est la cause de toute dégénérescence intellectuelle... Si la classe ouvrière se soulevait non pour réclamer les Droits de l’homme (droits de l’exploitation capitaliste) ou le Droit au travail (droit à la misère), mais pour forger une loi d’airain, défendant à tout homme de travailler plus de trois heures par jour, la Terre... sentirait bondir en elle un nouvel univers... Mais comment demander à un prolétariat corrompu par la morale capitaliste une résolution virile ?

André Gortz : “Le sens de l’actuelle révolution technique ne peut pas être de réhabiliter l’éthique du travail, l’identification au travail. Elle n’a de sens que si elle élargit le champ des activités non professionnelles dans lesquelles chacun puisse épanouir la part d’humanité qui, dans le travail technicisé, ne trouve pas d’emploi.”

Herbert Marcuse (1898 -1979) : “Dans les zones techniquement avancées de la civilisation, la conquête de la nature est pratiquement totale... Cependant, le développement du progrès semble être lié à l’intensification de la servitude... L’asservissement et la destruction de l’homme par l’homme les plus efficaces, s’installent au plus haut niveau de la civilisation, au moment où les réalisations matérielles et intellectuelles de l’humanité semblent permettre la création d’un monde réellement libre.”

Qu'est ce que l'homme ?

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Antimanuel de philosophie...

14 Juillet 2014, 07:05am

Publié par pam

extraits, résumé, fiche de lecture, simple outil pour donner envie de lire ou de relire, pour méditer, pour occuper l'esprit quand les mains sont à l'ouvrage...

MICHEL ONFRAY. ANTIMANUEL DE PHILOSOPHIE.

Leçons socratiques et alternatives.

Édition Bréal. 2001.

La tâche de la philo selon Nietzsche : “Nuire à la bêtise”.

INTRODUCTION.

La matière peut ennuyer si elle persiste à privilégier les questions sans jamais se soucier d’apporter des réponses.

Plus votre vocabulaire est riche, plus votre pensée peut s’approfondir, décoller des lieux communs.

La philo existe pour essayer de résoudre les questions que vous vous posez dans la vie quotidienne. Nombre des idées que vous teniez de vos parents, de votre milieu, de votre époque s’effritent et laissent place à un désert angoissant. C’est en continuant la philo que vous dépasserez cet état d’inquiétude pour commencer à trouver un réel plaisir à résoudre des problèmes philosophiques.

Pour l’institution, un bon philosophe est un philosophe mort.

Occasion de soumettre la réalité et le monde à une critique constructive.

Cours de philo = perpétuel mouvement d’aller et retour entre votre existence et les pensées philosophiques disponibles.

Raoul Vaneigem (1934) “Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations” en 1967. Critique radicale du capitalisme, instrument de mort et d’aliénation, défend la révolution comme condition de réalisation de la jouissance : “Préoccupation dominante de l’entreprise scolaire : améliorer les techniques de dressage afin que l’animal soit rentable.”

Jean Dubuffet (1901-1985) souhaite réhabiliter, dans le monde de la création, la puissance des malades, fous, gens simples et sans cultures et attaque ceux qui fabriquent le goût d’une époque : marchands, critiques, intellectuels, profs...

Jacques Derrida (1930) invente la déconstruction, art de démontrer par l’analyse des textes philosophiques leurs sous-entendus idéologiques, politiques et métaphysiques.

Pierre Hadot : “Le discours philosophique prend son origine dans un choix de vie et une option existentielle et non l’inverse.”

Tanguy Kan

Tanguy Kan

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Le grand saut vers la liberté...

8 Juillet 2014, 05:34am

Publié par pam

On continue avec Matthieu Ricard, extraits de "Plaidoyer pour le bonheur".

Chapitre XI - LE GRAND SAUT VERS LA LIBERTÉ.

“Quel soulagement pour le porteur qui a longtemps marché dans le monde de la souffrance que de poser à terre son lourd et inutile fardeau.” Longchen Radbjam.

Être libre, c’est être maître de soi-même. Pour beaucoup, cette maîtrise concerne la liberté d’action, de mouvement et d’opinion, l’occasion de réaliser les buts qu’on s’est fixés : ainsi, on situe la liberté à l’extérieur de soi, sans prendre conscience de la tyrannie des pensées. En Occident, la conception répandue consiste à penser qu’être libre revient à pouvoir faire tout ce que l’on veut, réaliser nos caprices. Cette liberté anarchique, qui a pour seul but l’accomplissement immédiat des désirs, apportera-t-elle le bonheur ? La spontanéité est une qualité précieuse à condition de ne pas la confondre avec l’agitation mentale. Laisser entrer dans notre esprit désir, jalousie, orgueil, ressentiment, nous impose un univers carcéral en expansion continue, oblitérant toute joie de vivre. La liberté intérieure, bien plus essentielle, c’est d’abord l’affranchissement de la dictature du moi, du mien, de l’avoir envahissant. Savoir trouver l’essentiel et ne plus s’inquiéter de l’accessoire entraîne un profond sentiment de contentement. Être libre revient donc à s’émanciper de la contrainte des afflictions qui dominent l’esprit et l’obscurcissent, c’est prendre sa vie en main, ne pas lâcher la barre vers la destination choisie.

Les méandres de l’irrésolution.

L’irrésolution peut s’opposer à tout accomplissement. L’attente et l’appréhension qui nous déchirent sont bien souvent l’expression d’une insécurité profonde devant un avenir peuplé d’espoirs et de craintes. L’irrésolution et l’immobilisme qu’elle engendre constituent ainsi un obstacle majeur à la quête du bonheur. Hésitation paralysante, rumination anxieuse. À force d’être préoccupé par soi-même, on se retrouve constamment écartelé entre l’espoir et la peur, qui monopolisent l’esprit et obscurcissent le jugement. Moins obsédé par soi, on examine plus objectivement les tenants et aboutissants d’une situation, on prend des décisions et on s’y tient. Quand le choix est difficile, conserver un certain détachement à l’égard des événements à venir permet de trancher sans rester figé dans l’irrésolution et la peur.

Le sage agit peu mais une fois qu’il a décidé de l’action, sa résolution est comme une parole gravée dans le roc.

Cette liberté permet d’être ouvert et patient avec les autres, tout en restant ferme quant à l’orientation que l’on a choisi de donner à son existence.

De même, l’angoisse que certains ressentent ne vient-elle pas d’un manque de direction dans leur vie, de ne pas avoir pris conscience du potentiel de transformation qui est en eux ?

Prendre conscience que l’on n’est ni parfait ni totalement heureux n’est pas une faiblesse. C’est un constat très sain qui n’a rien à voir avec le manque de confiance en soi, l’apitoiement sur son sort ou une vision pessimiste de la vie. Une telle prise de conscience conduit à une nouvelle appréciation des priorités de l’existence, à un sursaut d’énergie que, dans le bouddhisme, on appelle renoncement, mot souvent mal compris et qui exprime en réalité un profond désir de liberté.

Le paradoxe du renoncement.

Pour beaucoup, l’idée du renoncement, et du non-attachement, évoquent l’ascèse et la discipline. Une série d’injonctions, d’interdits qui restreignent la liberté de jouir.

Pourtant, le renoncement fait que les préoccupations sans fin qui oppressaient l’esprit s’évanouissent, laissant s’exprimer le potentiel de la liberté intérieure. Posons notre sac à terre et faisons le tri pour alléger le fardeau.

Renoncer n’est pas se priver de ce qui nous procure joie et bonheur mais mettre fin à ce qui nous cause tant de tourments. C’est décider de sortir du trou, s’affranchir de toute dépendance à l’égard des causes mêmes du mal-être. Il est plus facile de se leurrer parce qu’on ne veut pas se donner le temps ni la peine d’analyser les causes de sa souffrance. Il faut se demander ce qui nous rend vraiment heureux, et constater que certains aspects de sa vie ne méritent pas qu’on s’y accroche. Abandonner le superflu, ne pas perdre sa vie à la gagner, éviter ce qui n’est pas indispensable matériellement...

Tchouang-tseu : “Celui qui a pénétré le sens de la vie ne se donne plus de peine pour ce qui ne contribue pas à la vie.”

Désenchantement à l’égard des préoccupations les plus vaines de la vie qui font perdre temps, argent, énergie et n’apportent que satisfactions mineures et éphémères.

Libre du passé, libre de l’avenir.

À quoi bon se tourmenter pour ce qui n’existe plus et ce qui n’existe pas encore ?

La liberté intérieure permet de savourer la simplicité limpide du moment présent. Elle permet d’accepter les choses avec sérénité sans pour autant tomber dans la passivité ou la faiblesse. Une manière d’utiliser toutes les circonstances de la vie, d’éviter d’être distrait ou arrogant lorsque tout va bien, puis déprimé lorsque les circonstances se font contraires.

L’intelligence du renoncement.

Le renoncement n’est pas frustration mais façon sensée de prendre sa vie en main. Ce n’est pas fuir un monde ingérable mais se désintéresser de préoccupations futiles parce qu’on en voit les inconvénients. Le renoncement doit être un acte libérateur, pas une contrainte déchirante. Ne rien rejeter mais tout simplifier.

Le baume de la simplicité.

Notre vie se perd dans des détails, simplifions ! Simplifions nos actes, nos pensées, nos paroles pour nous débarrasser du superflu. Les conversations ordinaires sont des échos d’échos. Prendre conscience de la parole juste, de la valeur du temps, éviter commérages et mensonges. La simplicité de l’esprit s’accompagne de lucidité.

Comte-Sponville : “Le simple vit comme il respire, sans plus d’efforts ni de gloire, sans plus d’effets ni de honte. La simplicité n’est pas une vertu qui s’ajouterait à l’existence. C’est l’existence même, en tant que rien ne s’y ajoute... Sans autre richesse que tout. Sans autre trésor que rien. Simplicité est liberté, légèreté, transparence. Simple comme l’air, libre comme l’air... Le simple ne prend ni au sérieux ni au tragique. Il suit son bonhomme de chemin, le cœur léger, l’âme en paix, sans but, sans nostalgie, sans impatience. Le monde est son royaume, qui lui suffit. Le présent est son éternité, qui le comble. Il n’a rien à prouver, puisqu’il ne veut rien paraître. Ni rien à chercher puisque tout est là. Quoi de plus simple, de plus léger que la simplicité ? C’est la vertu des sages, et la sagesse des saints.”

Libre pour les autres.

La liberté comme source de bonheur, de plénitude durable, est intimement liée à l’altruisme. À quoi bon une liberté qui ne profite qu’à soi ?

Pour que l’intelligence serve à des fins altruistes, il est essentiel qu’elle s’émancipe de l’égoïsme, de l’indifférence et de la cruauté. C’est une condition indispensable à l’accomplissement du bonheur des autres. Et pour mieux aider autrui, il faut commencer par se transformer soi-même. Être libre, c’est donc aussi avoir la faculté de suivre un chemin de transformation intérieure. À cette fin, il faut vaincre non seulement l’adversité extérieure, mais plus encore nos ennemis intimes : paresse, dispersion mentale et toutes les habitudes qui nous détournent sans cesse de la pratique spirituelle ou la diffèrent.

L’aspect austère du chemin spirituel fait place à une satisfaction profonde que les états de dépendance ou de satiété ne peuvent procurer.

Le grand saut vers la liberté...

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Une sociologie du bonheur...

7 Juillet 2014, 06:08am

Publié par pam

extraits de "Plaidoyer pour le bonheur" de Matthieu Ricard.

Chapitre XX - UNE SOCIOLOGIE DU BONHEUR.

Nous cherchons à déterminer les conditions qui favorisent le bonheur et celles qui l’entravent.

Au XX°, psychologie et psychiatrie se sont surtout occupées de décrire et de traiter les troubles psychologiques et les maladies mentales. Mais la science s’est peu interrogée sur la possibilité de passer d’une situation “normale” à un état de bien-être et de satisfaction accrus.

3 000 publications scientifiques sur le bonheur... 3 conclusions :

Nous avons une prédisposition génétique à être heureux ou malheureux : environ 50% de la tendance au bonheur peuvent être attribués aux gènes.

Les conditions extérieures et autres facteurs généraux (statut social, éducation, loisirs, richesse, sexe, âge, ethnie...) ont une influence circonstancielle mais n’expliquent que 10 à 15% des variations dans la satisfaction de vie.

On peut influencer considérablement l’expérience du bonheur et du malheur par sa manière d’être et de penser, par la façon dont on perçoit les événements de l’existence et dont on agit en conséquence.

Heureusement, car si la faculté d’être heureux était invariable, étudier le phénomène du bonheur et essayer d’être plus heureux n’aurait aucun sens !

Nombreux sont les philosophes qui se sont moqués de l’idée que le bonheur pouvait être bon pour la santé, favoriser la longévité et qu’on pouvait cultiver le bonheur. Ce sont pourtant des faits établis, le bonheur n’est pas une “niaiserie inutile” !!

Selon les chercheurs, les événements de la petite enfance n’ont qu’un effet mineur sur la personnalité adulte, beaucoup moins d’effet que les gènes.

Les dispositions à ressentir des émotions plaisantes ou déplaisantes semblent être gouvernées par des gènes différents. Pour la psy occidentale, l’émotivité plaisante inclut joie, plaisir, contentement, émerveillement, gratitude, affection, soulagement, intérêt, élévation, amour et enthousiasme, et l’émotivité déplaisante comprend colère, tristesse, angoisse, peur, dégoût, mépris et honte. L’émotivité déplaisante que l’on ressent dépend à 55% des gènes, l’émotivité plaisante qu’à 40%.

Une série d’expériences a montré chez des rats ayant eu une mère aimante et attentive, le gène de l’anxiété n’était pas exprimé et ce pour la vie. Cela est en accord avec le bouddhisme pour qui le jeune enfant a essentiellement besoin d’affection encore et toujours. Il est indéniable que le degré d’amour et de tendresse qu’on reçoit dans la petite enfance influence profondément notre vision de l’existence.

Parmi les traits fortement liés aux gènes certains sont peu modifiables (orientation sexuelle, poids moyen...), mais d’autres peuvent être considérablement modifiés par les conditions de vie et un entraînement mental (peur, pessimisme, bonheur...). L’entraînement mental peut augmenter notablement l’aptitude à l’altruisme, la compassion, la sérénité.

Nombreuses recherches consacrées au bonheur défini comme qualité de vie ou appréciation subjective que l’on a de la qualité de vie.

Les résultats montrent qu’une proportion plus importante de gens se disent heureux dans les pays économiquement prospères. Mais dans ces pays, au delà d’un certain seuil de richesse, le niveau de satisfaction ne s’accroît pas même si les revenus augmentent encore. Problème des “pauvres heureux” qui sont plus gais et insouciants que bien des riches stressés. Nombre de ces pauvres ont abandonné l’espoir de voir évoluer leur statut social et financier et ne ne sont donc pas anxieux à ce sujet. Ceux qui n’ont presque rien seraient sans doute heureux d’en avoir davantage, mais tant qu’ils peuvent manger à leur faim et que l’absence de richesse ne les obsède pas, le fait de ne posséder que très peu de choses va de pair avec une forme de liberté sans soucis.

Diogène à Alexandre : “je suis plus grand que toi, Seigneur, car j’ai dédaigné plus que tu n’as possédé”.

Le sentiment de bonheur est plus élevé dans les pays qui garantissent davantage de sécurité, d’autonomie et de liberté, d’accès à l’éducation et à l’information et bien sûr de paix. Le bonheur augmente avec l’implication sociale, la participation à des organisations bénévoles, la pratique du sport, de la musique, d’activités. Il est lié à la présence et la qualité des relations privées. Il semble lié à l’emploi, la bonne santé, l’énergie, les loisirs, mais pas au climat. Plus le pays est moderne, plus heureux sont les citoyens. Mais la dépression est 10 fois plus fréquente dans les pays développé qu’en 1960. Les suicides augmentent.

Martin Seligman : “Une culture qui se construit sur une estime de soi excessive adopte la tendance exacerbée à s’ériger en victime au moindre préjudice et encourage l’individualisme chronique, qui a sans doute contribué à cette épidémie”.

Un bouddhiste ajoutera que c’est sans doute aussi le fait de consacrer la plus grande partie de son temps à des activités et des buts extérieurs qui n’ont jamais de fin, au lieu d’apprendre à jouir de l’instant présent, de la compagnie de ceux qui nous sont chers, de la sérénité d’un paysage, et surtout, de l’épanouissement de la paix intérieure qui confère une qualité différente à chaque moment de la vie.

L’excitation et le plaisir occasionnés par la multiplication et l’intensification des stimulations sensorielles ne peuvent pas remplacer cette paix intérieure et la joie de vivre qu’elle engendre. Les excès ont pour but de secouer notre apathie, mais ne font que produire une fatigue nerveuse doublée d’une insatisfaction chronique.

Ce dégoût de la vie vient d’une totale ignorance ou d’un mépris de notre richesse intérieure. D’un refus de regarder en soi et de comprendre que c’est en cultivant la sérénité pour soi et la bonté envers les autres que l’on pourra respirer cet oxygène qu’est la joie de vivre.

L’”intelligence émotionnelle” différencie de façon significative les gens heureux des malheureux. Notion de Daniel Goleman, est définie par la faculté de percevoir avec justesse les sentiments des autres et d’en tenir compte, faculté d’identifier lucidement et rapidement nos propres émotions.

K. Magnus : le bonheur va de pair avec la capacité de s’affirmer, avec l’extraversion et l’empathie : les gens heureux sont en général ouverts au monde. Les malheureux ont tendance à se croire les jouets du destin. Plus on maîtrise son environnement, plus on est heureux. Les extravertis vivent plus d’évènements positifs que les autres, les névrosés davantage d’expériences négatives que les stables. On peut donc bien “attirer les ennuis” ou “avoir la poisse”.

Les personnes pratiquant une religion sont plus heureuses et vivent plus longtemps : sociabilisation accrue, entraide, morale évitant les excès, espoir, sentiment d’être protégé, favorise un but dans l’existence.

Peu d’influence de la santé , ainsi que de la richesse et de la beauté, sur le bonheur.

Tout dépend des buts que l’on se fixe dans l’existence.

Les gens heureux vivent plus longtemps.

Le problème de ces corrélations c’est qu’on ne sait pas si elles sont causes ou conséquences. On parle des conditions extérieures, peu des conditions intérieures du bonheur.

Cavalli-Sforza : “Les États contemporains ne considèrent pas que c’est leur rôle de faire le bonheur des concitoyens, ils s’occupent plutôt de garantir leur sécurité et leur propriété.”

Chercher le bonheur dans la simple amélioration des conditions extérieures revient à moudre du sable en espérant en extraire de l’huile. Le bonheur est en soi.

Une sociologie du bonheur...

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