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politique

Manipulation

10 Novembre 2015, 08:02am

Publié par pam

Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média.

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes.

1 - La statégie de la distraction

La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle.

Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2 - Créer des problèmes, puis offrir des solutions.

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une «situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter.

Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3 - La stratégie de la dégradation.

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4 - La stratégie du différé.

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite.

Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5 - S'adresser au public comme à des enfants.

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant.

Pourquoi ? «Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celle d’une personne de 12 ans». Extrait de «Armes silencieuses pour guerres tranquilles»

6 - Faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion.

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7 - Maintenir le public dans l'ignorance et la bêtise.

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures« . Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8 - Encourager le pubic à se complaire dans la médiocrité.

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9 - Remplacer la révolte par la culpabilité.

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10 - Connéitre les individus mieux qu'ils ne se connaissent eux-mêmes.

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement.

Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

photo d'Ugo Marechal. Bali.

photo d'Ugo Marechal. Bali.

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migrants.... autres points de vue...

10 Septembre 2015, 05:50am

Publié par pam

Eric Legrand :

"Guerre, pauvreté, noyades, massacres, l'actualité à nos frontières ne résonne que de ces maux. Et voici que notre cœur nous presse d'accueillir ces migrants, ces réfugiés, qui les fuient. Et nous les accueillons, en nombre encore trop faible telle est leur multitude.

Il ne faudrait pourtant pas oublier que le sort de ces émigrés, de ces auto-expatriés par nécessité, est aussi le reflet de ce que nous devenons. Le mal que nous faisons aux autres naît en nous du mal que l'on nous fait et nous revient projeté, démultiplié par la multitude des autres, nos semblables, nos frères en destinée, nos propres nous même.

Car, en réalité, nous sommes déjà des migrants et si certains d'entre nous, chanceux, ne le sont pas encore, qu'ils se remémorent le souvenir d'un proche, de leur famille très certainement, qui, ayant perdu son emploi, se retrouve à la rue, ou de ces jeunes, toujours plus nombreux, qui s'expatrient pour trouver un emploi et se vendent parfois pour un salaire de misère ne suffisant pas à couvrir leurs besoins les plus vitaux.

Car, en réalité, nous sommes tous des migrants, nous qui, nous prostituant, nous prosternant devant nos employeurs, avons dû laisser derrière nous, sur le bord de la route, cet enfant qui rêvait d'un devenir meilleur.

Et migrants, nous le devenons toujours davantage, à force de délaisser l'être humain, l'être aimant, qui sommeille en nous, contre l'éphémère et illusoire bonheur du confort matériel que nous promet la société.

Société qui elle-même ne sait pas trop où elle va, société migrante, errant comme un animal sans tête, ou plutôt avec pour seule tête une caste sans foi qui n'honore qu'un seul dieu que l'on nomme Profit.

Une caste capitaliste qui, pour garantir son profit, décide seule de notre devenir. Une caste, ou devrais-je dire une hydre, qui nous exploite, nous presse, nous compresse, nous "esclavagis", nous remplace quand nous ne sommes plus bons à rien, nous tue quand cela lui sied.

Migrants, nous sommes, en apparence encore vivants. Mais jusqu'où, jusqu'à quand, jusqu'à quel refuge ?

Migrants, nous sommes, mais nous l'ignorons encore, aveuglés que nous sommes par une illusoire sécurité.

Migrants, nous sommes, mais encore sans refuge, nous qui prétendons l'offrir, ce refuge, à ceux qui se pressent à nos frontières.

Migrants, nous sommes, pas encore réfugiés.

Car il s'agit bien de cela, de trouver un refuge, un vrai, un de ses refuges qui nous permettra de vivre enfin nos rêves, nos rêves d'enfant, nos rêves d'être humains, nos rêves d'être aimants, nos rêves enfin retrouvés quand nous aurons oublié ces rêves froids, sans âme, ni vie, que l'on nous impose."

Eric Emmanuel Schmitt

LE DISCOURS SOUTERRAIN D'UN MOT

L'avez-vous remarqué ? On ne parle plus d'émigrés ni d'immigrants mais de migrants.
Cette amputation des termes me semble lourde de sous-entendus inquiétants... Lorsqu'on évoque un émigré, on le caractérise par le lieu d'où il vient. Lorsqu'on désigne un immigré, on affirme qu'il est d'ici, même s'il vit le jour ailleurs. En revanche, de par son nom, le migrant vient de nulle part et ne va nulle part, sans origine et sans destination, dépourvu de terre de racines et d'espace d'accueil, comme s'il était destiné à errer sans jamais trouver un port où s'arrêter. Nomade forcé et éternel.
Ce mot "migrant" est une condamnation.
Qui peut se permettre de décider des sorts ? Qui peut s'estimer légitimement propriétaire de la planète ? Lorsqu'on dit "migrant", on dit "circulez, votre place n'est ni ici ni ailleurs ! «
Ma seule façon d'accepter ce mot consiste à inventer un autre sens implicite : nous sommes tous des migrants, fils et filles de migrants, voyageurs provisoires sur cette terre qui nous a précédé et qui nous survivra.

Samtosha Yoga

Faut-il se sentir si haut -voire Dieu- pour constamment juger qui est bien et qui ne l'est pas? Qui a le droit de manger ou pas?

Depuis qu'on aide les migrants, beaucoup placardent des affiches gémissantes: "Et nos SDF ?". J'aimerais savoir si ces personnes ont déjà invité un SDF à prendre un café et une douche chez eux...

Les mêmes qui râlent sur les bénéficiaires du RSA alors que, hein, des retraités gagnent si peu, et ragnagna...

Les mêmes toujours qui voient les bénéficiaires des Resto du Cœur arriver en BMW...

Et encore les mêmes jasant sur les allocations de rentrée utilisées pour acheter des multi médias,...

Quand bien même, si une proportion d'individus "profitent du système", il faut savoir que ce sont des broutilles par rapport aux énormes profits que font les banques, les multinationales, les supermarchés et malgré tout, vous continuez à contribuer à ce système silencieusement et vous êtes bien au chaud le soir dans votre canapé, vos pantoufles, votre télé, votre chien chien et votre ronron.

Faut-il vraiment s'ennuyer pour passer son temps à divulguer des propos qui n'entretiennent que la division? Il n'y a donc pas assez de guerres dans ce monde?

Et pour en finir (pour aujourd'hui....!!)

Samtosha Yoga : L'immigré, le bouc émissaire idéal.

Le débat sur l’accueil des réfugiés fait rage. La haine est sur de nombreuses lèvres. "Touche pas à mon travail" "C'est chez nous ici" "Fermons les frontières contre l'invasion" ... Les langues se délient, la France a peur et se réfugie, à son tour, dans les plus sombres idées. Nous revoilà à nous questionner sur l'origine de la haine.

On dit que la liberté commence où termine l'ignorance. Comment saisir ce qui se passe sans sombrer dans un extrême où l'autre ? En pratique, une situation d'urgence se présente. Des gens meurent, concrètement, à nos portes, et fuient une situation innommable qu'on ne souhaiterait pas à nos pires ennemis. Si on aimerait tous s'attaquer à la cause des causes, la réaction humaine la plus élémentaire est de tendre la main. Pourtant, beaucoup s'y refusent, et les théories du complot vont bon train pour justifier l'inhumanité. Le SDF devient soudainement un argument dans la bouche de ceux qui, hier, ne les regardaient pas ou les traitaient de 'parasites sociaux', alors que toutes les associations ne font aucune distinction entre les misères humaines - des associations qui voient toujours leur budget amputé quand l’extrême droite gagne une mairie. Une redite de l'histoire. Comme si nous étions incapables d'apprendre, englués dans la médiocrité de nos préjugés.

Depuis quelques jours, les articles racoleurs venant de sites d'extrême droite circulent en boucle sur les réseaux sociaux. De l'invasion en masse de terroristes au complot médiatique, la France a peur. Rares sont ceux qui semblent vouloir prendre la peine de vérifier leurs sources. L'idée la plus commune et simpliste, serait que l’accueil, et donc une forme d'ouverture des frontières temporaire, ferait partie du grand complot mondialiste. Alors on se questionne, pourquoi la fachosphère, connue comme étant le chien de garde du capitalisme, s’inquiète tant de la circulation des personnes ? Car la récupération politique se construit autour d'une confusion volontaire entre "mondialisme" et "solidarité internationale". Une confusion qui profite pourtant à cette mondialisation bâtie sur la perpétuation des inégalités et des dites frontières.

Un bon chien de garde du Capital doit porter la confusion entre la circulation des marchandises (et des capitaux) et la circulation des Hommes et de ses droits. En pratique, ce qui permet à des multinationales d'être richissimes, d'exploiter des peuples ou de s'accaparer des terres, ce sont précisément les rigidités nationales qui bâtissent un capitalisme de connivence au profit de certains états, et donc du confort de certains au détriment d'autres, notamment via les traités de libre-échange imposés et les guerres néo-coloniales. En pratique, la mondialisation est plus une guerre implicite entre états, chacun cherchant à maximiser son bilan. Difficile de remettre en question son mode de vie dans ces conditions. Sur le terrain, tout est fait, contrairement aux discours, pour que les droits de l'Homme, les droits sociaux, le déplacement des personnes, ne se mondialisent PAS, à contrario des marchandises, afin que l'exploitation et le pillage organisés puissent continuer. Que tous les peuples aient accès à un même niveau de vie, les mêmes chances, le même droit au bonheur, tout en ayant la possibilité de se déplacer, c'est précisément la mondialisation que les puissants ne veulent pas voir, car cela impliquerait une redistribution des cartes trop importante et une remise en question des modes de vie et de production à l'échelle de la planète. Oh, oui, tout le monde se plaint de voir des pauvres exploités pour produire du t-shirt à 5 euros. Mais quelle part de la population veut vivre plus simplement pour que d'autres puissent simplement vivre ? La voie de la division et de la haine est une bien meilleure option, du point de vue du Capital, comme l'histoire nous l'apprend toujours et encore. Reste à convaincre assez d'esprit que la division est une bonne chose. Visiblement, ça marche.

Ainsi, venant de ceux qui se plaignent de leurs conditions de vie et qui préfèrent juger le réfugié plutôt que de questionner les 1% qui détiennent 70% des richesses, il va falloir se passer la tête sous une douche froide. Car quand on soutient des idées nationalistes dont le projet affiché est de soutenir l'industrie de l'armement et les rigidités internationales, tout ça pour perpétuer, l'air de rien, l'exploitation continue des ressources des autres, il ne faut pas se plaindre des inégalités et de la volonté des victimes de migrer. Pouvoir reconnaître la réalité de nos agissements, en prendre la responsabilité, redistribuer la richesse là où elle peut l'être, voilà qui semble digne de maturité.

La seule voie possible est une répartition équitable des richesses à l'échelle mondiale et la mise en application immédiate des droits humains. Non pas des beaux discours politiques venant souvent de ceux qui sont les premiers à violer ces droits, mais une concrète application de ceux-ci. Mettre fin aux guerres, à l'exploitation, à l'élitisme, au pillage du Sud, aux traités de libre-échange, à l'austérité, aux échanges militaires avec les dictatures du Golfe, à l'obscurantisme idéologique, aux différences de niveaux de vie, aux pratiques qui créent de l'inégalité. Et pour y arriver, il faut bousculer les règles du capitalisme actuel, non pas pour se renfermer au niveau national tels des petits êtres frustrés qui s'imaginent appartenir à un peuple supérieur, mais pour créer de la résilience LOCALE au niveau MONDIAL. Et cette distribution commence maintenant, par l’accueil de réfugiés en situation d'urgence, tout en s'attaquant aux 1% des plus riches afin d'exiger une équité dans l'accès aux richesses et la fin de l'hypocrisie. Ce n'est ni simple, ni impossible. Cela demande de prendre beaucoup de recul pour être à même de comprendre les nuances des différents niveaux de contrôle dont la haine et la division font partie. Mais c'est une bonne nouvelle, car la facilité est souvent la voie de l'obscurantisme.

Texte : Mr Mondialisation

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Inquiétude ou/et hospitalité.... capitalisme ou humanisme...

5 Septembre 2015, 07:04am

Publié par pam

ASILES ? Dedans et dehors ?

Publié le 5 septembre 2015 par imagiter.over-blog.com

Devant les images qui avalent toute notre pitié et la grande compassion de certain(e)s – nous omettons de nous concentrer sur 3 faits de blocus de cette civilisation :

1) - Nommer y est plus important que la réalité. La fonction de séquestrateur des mots que paraissent se monopoliser les médias mercenaires obéissent à un seul impératif : celui qui convient le mieux à, leurs commanditaires. Pas à l’objectivité collective.

D’où se concentrer sur ce que ne disent pas ces appellations. Soit devancer les prétendus pouvoirs et leurs trouver les points faibles.

2) - La position des populations européennes (ou celle que l’on voudrait nous faire la leur) – il y bien deux mouvements opposés : celle du refus de tout asile qui ne repose sur rien de juridique. Uniquement de la pression médiatico-politique. Et celle d’une grande partie de la population (peut-être majoritaire .) qui a la Constitution et des textes juridiques pour elle. Mais dont les applications quotidiennes semblent bien entravées.

3) – L’incompréhension complète des CAUSES réelles de ces mouvements de réfugiés. De ne pas vouloir savoir que c’est L’ÉCONOMIE qui est la cause essentielle de ces mouvements devient une attitude trop enfantine et insupportablement puérile : genre « je veux juste effacer les images d’aujourd’hui qui me dérangent dans ma vie »… Un peu de rationalité ? « Vous pensez que cela suffira ? … « Pour moi oui » de l’inconscience complète…cachez ce vrai réel que je ne veux pas voir. L’espace Schengen provient de pressions que des lobbies capitalistes ont imposées aux gouvernements européens. Sans l’accord des populations des pays. Il n’y a nulle fatalité : tous ces « non-accords » sont réversibles !!! Tous les traités économiques et financiers européens n’ont jamais eu le soutien de la majorité des populations. Qui peuvent toujours, de ce fait, contraindre les gouvernements A CHANGER DE POLITIQUE !!!

A ces seules conditions ces images insupportables (mais tellement moins que les réalités vécues trop loin des images) disparaitraient. Mais cela ne sera pas le cas. Pourquoi ? La nouvelle question devient « à qui profitent ces mouvements de réfugiés ? »

La réponse est : « Les afflux de réfugiés dans l’UE sont une stratégie Étasunienne» – à partir de la stratégie de globalisation des quatre prétendus « flows ininterrompus » (en français flux). Celle-ci provient du géostratégie militaire US-américain Thomas P.M. Barnett. Qui dit : « Comme condition préalable pour le fonctionnementsans heurts (de la globalisation), nous devons permettre quatre ‘Flows’ durables et sans entraves. »… Les afflux actuels, presque surdimensionnés, de réfugiés vers l’Europe, font partie de la stratégie du «Flux sans entraves », qui en l’occurrence vise l’Europe et n’a le droit d’être empêché par aucun gouvernement ou institution souveraines selon Barnett. Dont acte : ce n’est plus de la politique, c’est bien de l’invasion organisée.

……..%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%

Après ce tableau global, où la 3ème facette cachée de la catastrophe a reçu une réponse intégrale – voyons pourquoi le mot prime sur le fait !!!

1)

- Réfugiés c’est celles et ceux qui cherchent un refuge, un abri, oui une cachette et ne l’ont pas trouvé. Le mot présente une forme passive de participe passé. Réfugié accuse deux responsabilités de sa situation : que fuit-il et avec raison ?. Vers où va-t-il sans le trouver ?

- Migrants le terme neutre et insensible qui souligne juste le déplacement, le mouvement, la mobilité. A distinguer des moins appréciés immigrants ou émigrants.

- Exilés ou expatriés , comme tous les mots avec le préfixe ex- qui avoue une extraction, un arrachement, la fin d’une situation antérieure. Et demeure connoté de l’ombre du proscrit.

Le mot réfugiés appelle à un refuge. Et donc à des réfugiants. De la bienvenue. Un accueil conscient et volontaire. Le mot « migrant » sonne comme subir une fatalité naturelle ou climatique telle le déplacement saisonnier des animaux. Le mot exil parait ne se remplir que de tristesse. Comme d’être coupé de tout contexte politique ou social.

Enfin , le mot asile des demandeurs d’asile semble correspondre à la fois :

*** - A la reconnaissance des causes réelles : celles d’une barbarie des sommets de la société dont il faut protéger les populations par le plus maternant asile.

** - A l’acte sociétal demandant une totale reconnaissance : oui nous « devons » asile au reste du monde.

*** - Au respect, enfin, des asilaires admis comme des créditeurs des maltraitances diverses. Et ayant droit à réparation. L’équilibre de respect entre accueillants et accueillis semble bien plus présent dans le mot « asile » (dressé droit contre le ciel) que dans « refuge » (où se terrer en se cachant, plutôt).

Et c’est le mot « réfugiés » que « préfèrent » ce genre de médias !!! Donc…un œil sur leurs écrits :

………………………………….****

2)

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2015/09/04/migrant-exile-refugie-les-mots-pour-le-dire_4745562_1654200.html

Les reportages montrant ou décrivant les parcours de ces personnes ont recouru conjointement ou alternativement aux termes « migrants » ou « réfugiés ». Parce que la distinction n’est pas toujours aisée à faire entre ceux qui participent à une migration, quelles qu’en soient les raisons (et celles-ci ne sont pas toujours mauvaises), et ceux qui fuient leur pays d’origine afin d’échapper à un danger mortel. D’où les hésitations, dans la presse en général, quant à l’emploi des mots. Par exemple : « “Migrant”, “exilé”, “réfugié” : le poids des mots »…

(…) Amnesty International utilise la formulation générale « migrants et réfugiés ». Sauf, bien évidemment, quand la situation des personnes ou des populations est sans équivoque. Ainsi, dans les pays frontaliers de la Syrie, ce sont bien des « réfugiés » fuyant le régime de Bachar Al-Assad ou les exactions de l’Etat islamique qui ont été accueillis par centaines de milliers. »

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2015/09/04/en-france-quelques-elans-citoyens-ne-masquent-pas-une-hospitalite-en-berne_4745565_1654200.html

Le télescopage de deux réalités : « La France réagit par le repli et nous ne sommes pas d’accord, défend Brigitte Comard, membre du collectif implanté dans le Sud-Ouest. Nous sommes des gens engagés à gauche. Nous voulions désespérément un gouvernement de gauche et on s’est planté. »

Autre initiative : la start-up Singa a lancé fin juin une application qui met en relationdes réfugiés politiques avec des gens prêts à les accueillir. « Depuis deux jours, nous avons reçu 550 propositions », s’étonne sa codirigeante Alice Barbe. Sur Facebook, plus de 14 000 personnes indiquent qu’elles participeront samedi 5 septembre à un «rassemblement citoyen en solidarité avec les migrants » à Paris. »

La France au 12e rang européen pour l’asile

Seront-ils tenus ? Les derniers appels du genre ont réuni en août à peine un peu plus d’une centaine de personnes, à Calais ou à Paris. Enfin, Mercredi 2 septembre, un sondage commandé par BFM-TV indiquait, d’ailleurs, que 56 % des Français à ne pas souhaiter accueillir les migrants. »

http://www.huffingtonpost.fr/muriel-boulmier/56-des-francais-ne-sont-pas-egoistes-au-sujet-des-migrants-ils-sont-inquiets_b_8083212.html?utm_hp_ref=france

Ces quasi mêmes 56 % qui votaient contre la Constitution européenne et dont il n’aura pas été tenu compte, seraient ici mis en exergue ? « Migrants : 56% des Français ne sont pas égoïstes, ils sont inquiets."

« Cependant, voilà que le nombre de ceux qui veulent rejoindre la paix et la prospérité de l'Europe augmente, et qu'au travers de chacune de ses frontières, les Syriens, les Irakiens, les Afghans, et bien d'autres, sollicitent l'accueil de ces vieux pays, avec la détermination de leur désespoir exploitée par les passeurs avides et assassins. Le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie... et la France avec Calais, impuissantes, tentent de trouver une ou des solutions.

Et les Français... eux, craignent d'être envahis. Ont-ils perdu leur hospitalité ? Certainement pas, nos compatriotes ont su accueillir, protéger des exilés pendant la dernière guerre mondiale, ceux fuyant les régimes autoritaires de Mussolini ou Franco, et tant d'autres dans des périodes plus récentes. Mais les temps ont changé et nos concitoyens sont devenus inquiets.

Finie la croissance, finie la France industrielle au travail et son agriculture vivrière et familiale. Les industries ont disparu, quant à l'agriculture, son champ se réduit. Cette évolution a modifié la perception des Français face aux migrations.

Notre pays s'est structuré autour de sa protection sociale, suscitant les plus grands rassemblements contestataires dès lors qu'une réforme se profilait. Je suis fière de la protection sociale de mon pays, mais je ne voudrais pas qu'on y perde la notion de ce que représente la valeur du travail, du mérite, de l'engagement. »

...

Ce n'est pas une absence de générosité qui pousse 56% des Français à ne pas souhaiter accueillir les migrants, c'est l'inquiétude pour le conjoint ou l'enfant qui cherche en vain un travail depuis des mois, c'est l'insécurité contre laquelle ils ne sentent pas assez protégés tant le laxisme du gouvernement a été grand sur ce sujet. Alors l'amalgame est proche. "De quoi vont vivre ceux qui viendraient ? Le travail ?", s'interrogent ceux qui vivent en France."

…………………………..%%%%%

2) – Tout ce récit mythifié qui dit un bon temps passé, entre-file une fatalité du ciel qui contraint l’économie (ainsi autonomisée et douée de volonté propre) à ne pas pouvoir être partagée (ce qui est le cas inexcusable du capitalisme avant tout, le non-partage). Et le tout dénucléé de toutes causalités (politique capitaliste du non respect généralisé des humains de Schengen et politique impérialiste injustifiable des U.S.A.). Comme évidé de toutes pressions : comme si la propagande ne tentait pas de manipuler les esprits…Et le tout justifie à bon compte les européens. Tout en omettant le parcours des solutions (acheter une ile en Méditerranée pour les réfugiés, etc.). La position des populations européennes (ou celle que l’on voudrait nous faire la leur) est, ici, utilisée contre qui veut une politique cohérente et humaine d’accueil des réfugiés. –

…………………….***

Ce qui implique de faire connaître les données concrètes des drames que vivent les réfugiées : 52 millions de réfugiés sur Terre – soit moins que la population de la France. Plus comparable à la population d’un pays comme la Turquie.

Mais…

4 FOIS PLUS de morts dans les 5 premiers mois de 2015 qu’en toute l’année 2014.

95 % des 3,8 millions de réfugiés syriens sont accueillis dans seulement 5 pays.

http://www.huffingtonpost.fr/2015/04/24/migrants-europe-chiffres-immigration_n_7133634.html

Les dirigeants européens ont décidé, fin Août, « de tripler les moyens alloués pour le sauvetage des migrants en Méditerranée, et vont chercher l'aval de l'ONU pour mener des actions militaires contre les trafiquants en Libye. Mais ils se sont divisés sur la prise en charge des réfugiés, en renvoyant les décisions à plus tard.

Un nouveau naufrage de migrants en Méditerranée a fait officiellement 24 morts, mais le nombre des disparus est estimé à environ 800 par les organisations humanitaires internationales. »

15 chiffres qui montrent, alors, l'ampleur du défi en Europe :.

• 42

C'est le nombre de Libyens qui ont obtenu le statut de réfugiés en France depuis 2013. En comparaison, ils sont près de 350 à l'avoir obtenu en Suède.

• 500 à 700

C'est la part de l'accueil de réfugiés syriens que prendrait la France, a indiqué François Hollande jeudi à Bruxelles. Le chiffre de 5000 pour toute l'Europe, qui figurait mercredi dans un projet de déclaration du sommet européen extraordinaire, consacré aux migrants en Méditerranée, ne figure toutefois plus dans la version finale.

• 1300

C'est le nombre de migrants qui ont perdu la vie en avril 2015, ce qui en fait un mois record, selon le porte-parole du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (ONU) Adrian Edwards.

• 1500

C'est le nombre de Syriens qui ont obtenu le statut de réfugié en France depuis 2013,selon les derniers chiffres du Haut commissariat aux réfugiés. On est loin de l'Allemagne, qui a accordé ce statut à 21.000 Syriens depuis deux ans. Plus de trois millions de Syriens ont fui la guerre dans leur pays depuis 2011, ce qui en fait la plus importante population de réfugiés au monde.

• 1750

C'est le nombre de personnes qui ont perdu la vie depuis le début de l'année en tentant de traverser la Méditerranée, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Soit 30 fois plus que durant la même période de l'an dernier.

• 3200

C'est le nombre de dossiers de Syriens reçus par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) en 2014. On reste toutefois loin des niveaux que connaissent la Suède (31.000) et l'Allemagne (41.000), selon les chiffres d'Eurostat.

• 10.000

C'est le nombre de morts potentiels qu'il pourrait y avoir en 2015 en Méditerranée "si nous ne faisons rien", avertit Koji Sekimizu, le directeur de l'Organisation maritime internationale (OMI).

• 20.000

C'est le nombre de migrants qui sont déjà arrivés en Italie depuis le début de l'année. Et rien ne semble les décourager. Plus de 200 ont encore débarqué jeudi matin dans le port sicilien de Catane, et l'Italie s'attend à un flux continu qui pourrait être de 5000 par semaine jusqu'en septembre.

• 36.000

C'est le nombre de réfugiés syriens acceptés par l'Union européenne en 2014. Le Haut Commissariat des Nations unis pour les réfugiés (HCR) avait demandé à l'UE d'en accueillir 130.000 à l'origine.

• 50.830

C'est le nombre de migrants qui sont passés illégalement par la route de la Méditerranée orientale en 2014, deux fois plus qu'en 2013 (24.800), mais moins que l'année 2011 qui avait atteint un record (57.000 passages illégaux). Les réfugiés syriens mais aussi les Afghans et les Somaliens constituent les groupes les plus nombreux. La frontière terrestre gréco-turque, la frontière terrestre bulgare et surtout la voie maritime Turquie-îles grecques de la mer Égée (Lesbos, Samos, Kos, Chios notamment) constituent les trois points de passage principaux de cette route de la Méditerranée orientale.

• 65.000

C'est le nombre de dossiers de migrants, toutes nationalités confondues, reçus par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) en 2014. Plus largement, l'Allemagne a concentré un tiers de toutes les demandes déposées dans l'UE (202.000), suivie par la Suède et l'Italie.

• 283.000

C'est le nombre de migrants entrés illégalement dans l'Union européenne en 2014. Parmi eux, 220.000 sont arrivés par la Méditerranée, selon les données de l'agence européenne de contrôle des frontières de l'UE (Frontex).

• 258.900

C'est le nombre de migrants accueillis légalement en France en 2014, selon les chiffres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

• 500.000 à 1 million

C'est le nombre de migrants qui pourraient arriver cette année dans l'Union européenne, selon Frontex.

• 21 millions

C'est le nombre d'étrangers non européens qui vivent dans un des 28 pays de l'Union européenne, selon les chiffres de l'OCDE.

……………………………………***

Enfin, les médias ne mettant en exergue que quelques cas isolés d’agressions des réfugiés par les populations autochtones voudraient faire croire que ces quelques actes isolés représenteraient l’avis massif de la population. Le danger massif des images ( utilisées, exclusivement, dans TOUTES les dictatures) c’est que celles-ci exigent une action immédiate. Instantanée. Tandis que les mots (fuis par toutes les dictatures…) savent mettre en place des actions échelonnées qui réalisent, elles, un réel changement. Les prétendues « actions » exigées par les images qui ne croient qu’aux miracles instantanés – pas à la réalité durable – oui ces actions ne sont que réactions.

………………………….Dont il ne restera, sans doute, rien

…………………………………..%%%%%%%%%%

Documentation complémentaire :

http://www.imagiter.fr/2015/09/asiles-dedans-et-dehors.html

Inquiétude ou/et hospitalité.... capitalisme ou humanisme...

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Nous sommes ceux qui sont du côté du vivant — Et nous allons gagner. (Derrick Jensen)

5 Septembre 2015, 06:43am

POSTED BY: LEPARTAGE 1 SEPTEMBRE 2015

Derrick Jensen (né le 19 décembre 1960) est un écrivain et activiste écologique américain, partisan du sabotage environnemental, vivant en Californie. Il a publié plusieurs livres très critiques à l’égard de la société contemporaine et de ses valeurs culturelles, parmi lesquels The Culture of Make Believe (2002) Endgame Vol1&2 (2006) et A Language Older Than Words (2000). Il est un des membres fondateurs de Deep Green Resistance.

Plus de renseignements sur l’organisation Deep Green Resistance et leurs analyses dans cet excellent documentaire qu’est END:CIV, disponible en version originale sous-titrée français en cliquant ici.

Article initialement publié en anglais, le 23 juillet 2015, sur le site web de The Ecologist, à l’adresse suivante:
http://www.theecologist.org/green_green_living/2905572/we_are_those_who_are_on_the_side_of_the_living_and_we_are_going_to_win.html

Qui sommes nous? Nous sommes ceux qui sont parés pour la riposte, écrit Derrick Jensen. Ceux qui ne vivent plus dans l’espoir que l’on sauvera la Planète, mais dans la certitude que nous la sauverons. Nous sommes des activistes, des survivants, des amants et des combattants. Et nous disons : la destruction cessera !

Nous sommes ceux qui ne se résignent pas au destin qu’on nous présente trop souvent comme inéluctable.

Nous sommes ceux qui refusent de continuer en tant qu’esclaves. Nous sommes ceux qui se souviennent comment être humain. Nous sommes ceux qui sont prêts à reprendre en main leurs vies, et à les défendre, ainsi que celles de ceux que nous aimons, et donc de la terre.

Nous sommes ceux qui sont enfin prêts et volontaires pour riposter. Nous sommes ceux qui comprennent au plus profond d’eux-mêmes la vérité de cette affirmation de Robert E. Lee, « nous devons choisir entre le risque de l’action et la perte assurée qu’engendre l’inaction ». Nous sommes ceux qui sont prêts à passer à l’offensive, ou à soutenir ceux qui le font.

Nous sommes des survivants. Nous avons survécu à la violence domestique. Nous avons survécu au racisme, et nous avons survécu au sexisme. Nous avons survécu à l’éducation industrielle, et nous avons survécu à l’économie industrielle. Nous avons survécu à la télévision. Nous avons survécu à l’intoxication totale de notre environnement.

Et nous sommes parés pour la riposte

Nous sommes les amants de la terre, les amants les uns des autres, les amants de nos propres corps et de nos émotions. Nous aimons. Nous haïssons. Nous ressentons de la joie, du désespoir, de la peine, de l’indignation, du bonheur et de la colère. Et nous sommes parés pour la riposte.

Nous sommes les opprimés. Nous sommes prisonniers, familles de paysans, libérateurs d’animaux, femmes, enfants, Indiens d’Amérique, noirs, Mexicains, blancs pauvres, Asiatiques, peuples du Tiers-Monde, nous sommes les indigènes. Nous sommes des parents, et nous sommes des sans enfants. Nous sommes ceux qui haïssent leurs emplois, nous sommes les chômeurs, et nous sommes ceux qui ne veulent pas de travail. Et nous sommes parés pour la riposte.

Nous sommes ceux qui ont longtemps écouté avec amour et peine, et qui, dorénavant, et avec leur permission, parlent pour les saumons, les séquoias, les rivières, les campagnols et les chouettes tachetées. Nous parlons pour le bison, pour l’esturgeon, pour le lamantin et pour le requin.

Nous parlons pour le sol, pour le vent, pour la neige, pour la banquise. Nous parlons pour le phytoplancton, et nous parlons pour les insectes. Nous parlons avec des voix qui ne sont ni plus ni moins que le vent soufflant à travers nos corps, à travers nos cordes vocales. Nous parlons pour nos maisons, et pour nos voisins, et nous serons entendus. Ils seront entendus. Et nous sommes parés pour la riposte.

Nous sommes activistes. Nous sommes des enseignants. Nous sommes des étudiants. Nous sommes des ouvriers dans des champs de fraises. Nous sommes des artistes visuels. Nous sommes des petits commerçants. Nous sommes des ouvriers du bâtiment. Nous sommes des ingénieurs généticiens. Nous sommes des bibliothécaires. Nous sommes des spécialistes en armes biochimiques. Nous sommes d’anciens SEALS de la US Navy.

Nous sommes des experts en démolition. Nous sommes des pirates informatiques. Nous sommes des employés chez Wal-Mart. Nous sommes des détenus. Nous sommes des mères célibataires. Nous sommes des punks. Nous sommes des pécheurs. Nous sommes des chasseurs. Nous sommes ceux qui s’opposent à la chasse. Nous sommes écrivains. Nous sommes des tueurs. Nous sommes d’anciens bûcherons. Nous sommes des saboteurs. Nous sommes des infirmières. Nous sommes des paysans. Nous sommes des arrières grand-mères. Nous sommes des avocats. Nous sommes d’anciens détenus. Et nous sommes parés pour la riposte.

Nous sommes à Los Angeles, à Detroit, à Boston et à New-York. Nous sommes à St. Louis et à Asheville, en Caroline du Nord. Nous sommes à Saint-Pétersbourg et nous sommes à Seattle. Nous sommes dans de petites communes du Montana et nous sommes dans le Sud du Mexique. Nous sommes au Canada et nous sommes en Corée. Nous sommes en Chine, en Inde, en Australie. Nous sommes au Congo et en Tanzanie. Nous sommes en Macédoine, en Autriche, au Danemark, en Finlande. Et nous sommes parés pour la riposte.

Et nous allons gagner

Nous sommes ceux qui ont réalisé qu’à moins d’être stoppée, la civilisation tuera tout ce qui vit sur Terre. Nous sommes ceux qui ont réalisé que la civilisation était motivée par une pulsion destructrice, et nous sommes ceux qui ont réalisé que cette civilisation n’était pas réformable.

Nous sommes ceux qui ont tiré des leçons de ceux qui ont essayé de conclure des traités avec ceux qui tuent la planète, et nous sommes ceux qui, alors que la planète entière est en jeu, sont finalement parés pour la riposte.

Nous sommes ceux qui n’espèrent plus que la civilisation cesse de détruire la planète, mais qui feront ce qu’il faut pour l’en empêcher. Nous sommes ceux qui n’espèrent plus que les saumons survivent, mais qui feront tout leur possible pour entraver leur extinction. Nous sommes ceux qui feront de même pour les bisons, les chiens de prairie, les tortues du désert, les baleines, les dauphins, les lions, les grands singes, et les rhinocéros. Nous n’espérons pas. Nous agissons. Et nous sommes parés pour la riposte.

Nous sommes ceux qui comprennent au plus profond d’eux-mêmes que la peur n’est qu’un concept qui nous fait croire que nous avons quelque chose à perdre, et, avec la planète entière en jeu, nous sommes parés pour la riposte.

Nous sommes ceux qui avertissent ceux qui détruisent ce monde que nous aimons. Vous devez arrêter. Maintenant. Vous allez arrêter. Entendez cela comme vous n’avez jamais entendu quoi que ce soit auparavant. Vous arrêterez. Nous sommes parés pour la riposte.

Et nous allons gagner.

Nous sommes ceux qui n’oublieront jamais que les juifs ayant participé au soulèvement du Ghetto de Varsovie ont connu un meilleur taux de survie que ceux qui se sont soumis.

Nous sommes ceux qui sont du côté du vivant, et nous allons gagner.

Derrick Jensen

Traduction: Nicolas Casaux

Édition & Révision: Héléna Delaunay

http://partage-le.com/2015/09/nous-sommes-ceux-qui-sont-du-cote-du-vivant-et-nous-allons-gagner-derrick-jensen/

Nous sommes ceux qui sont du côté du vivant — Et nous allons gagner. (Derrick Jensen)

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31 Août 2015, 08:22am

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Ne vivons plus comme des esclaves.

3 Août 2015, 09:57am

Publié par pam

à revoir "autrement" aujourd'hui... à rêver qu'ici aussi on se bougera avant d'avoir atteint le pire du pire... on a le droit de rêver le lundi matin, non ?
et aussi pour éviter d'être figés dans nos certitudes, genre je l'ai déjà lu-vu...??? relire un livre apprend parfois plus que de l'avoir lu... je dis ça je dis rien...

"Nous sommes traités comme des animaux de laboratoire. Des apprentis sorciers testent sur nous une nouvelle étape du capitalisme avant de l'étendre à tout le continent. Ils testent notre capacité à survivre à la multiplication des privations, à nous rebeller, à nous échapper, à imaginer et créer des initiatives. S'ils parviennent à nous mettre à genoux, ce sera bientôt votre tour. Leonidas, étudiant.

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Comprendre la "crise grecque"...

10 Juillet 2015, 07:20am

Publié par pam

La raison délirante de l’Europe, un nouveau fascisme mou ?

LAURENT DE SUTTER PROFESSEUR DE THÉORIE DU DROIT, À LA VRIJE UNIVERSITEIT DE BRUXELLES ET DIRECTEUR DE LA COLLECTION «PERSPECTIVES CRITIQUES» AUX PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE 10 FÉVRIER 2015

Il est temps d’ouvrir les yeux : les autorités qui se trouvent à la tête de l’Europe incarnent un fascisme nouveau. Ce fascisme, ce n’est plus celui, manifeste et assumé, qui a fait du XXe siècle l’un des grands siècles de la laideur politique ; il s’agit plutôt d’un fascisme mou et retors, dissimulant ses intentions mauvaises derrière un langage qui se voudrait de raison. Mais la raison que manifestent tous ceux qui, aujourd’hui, se trouvent forcés de discuter avec le Premier ministre grec, Aléxis Tsípras, est en réalité une raison délirante. Elle l’est sur plusieurs plans.

Premièrement, la raison européenne est délirante sur le plan politique : chaque nouveau geste posé par les autorités de l’Europe (ainsi, en dernier lieu, celui du directeur de la Banque centrale, Mario Draghi) affiche davantage le mépris des principes sur lesquels elle se prétend fondée par ailleurs. En proclamant que les traités européens sont soustraits à tout vote démocratique, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ne l’avait pas caché : la démocratie, en Europe, n’est qu’un mot vide. Qu’il ait pointé une réalité juridique (il est vrai que les traités sont négociés entre Etats et non entre populations) n’empêchait pas moins qu’il s’agissait là d’une déclaration de renégat. Non, l’Europe ne vous appartient pas, peuples d’Europe - pas plus qu’elle n’appartient aux gouvernements que vous avez élus, si ceux-ci ne marchent pas au rythme que nous souhaitons lui voir adopter. Tel était le message que Juncker souhaitait faire passer - et qui a été entendu.

Deuxièmement, la raison européenne est délirante du point de vue économique : ce que les autorités européennes sont en train de réaliser, c’est tout simplement la ruine d’un continent entier. Ou, plutôt : la ruine de la population d’un continent entier - à l’heure où la richesse globale de l’Europe, en tant qu’entité économique, ne cesse de croître. Les autorités économiques européennes, en tentant de tuer dans l’œuf le programme grec, pourtant d’une impeccable rationalité économique, de Yánis Varoufákis, le disent là aussi sans ambages. Ce qui les intéresse, c’est la perpétuation d’un statu quo financier permettant au capitalisme, dans son caractère le plus désincarné et le plus maniaque, de continuer à produire une richesse abstraite. Il n’est pas important que la richesse en Europe profite aux personnes ; en revanche, il est d’une importance croissante qu’elle puisse continuer à circuler - et toujours davantage. Pourtant, qu’en déséquilibrant de manière aussi radicale le système économique européen, les autorités en question risquent d’aboutir à la destruction du système capitaliste lui-même, comme ne cessent de le souligner les analystes financiers, ne leur traverse même pas l’esprit. Car, au bout du compte, il ne s’agit pas vraiment de capitalisme, ni même d’économie ; il s’agit de pouvoir, et de sa pure imposition.

Troisièmement, la raison européenne est délirante du point de vue de la raison elle-même. Derrière les différents appels au «raisonnable», que le nouveau gouvernement grec devrait adopter, se dissimule en réalité la soumission à la folie la plus complète. Car la raison à laquelle se réfèrent les politiciens européens (par exemple, pour justifier les mesures d’austérité débiles qu’ils imposent à leur population) repose sur un ensemble d’axiomes pouvant tout aussi bien définir la folie. Ces axiomes sont, tout d’abord, le refus du principe de réalité - le fait que la raison des autorités européennes tourne dans le vide, sans contact aucun avec ce qui peut se produire dans le monde concret. C’est, ensuite, le refus du principe de consistance - le fait que les arguments utilisés pour fonder leurs décisions sont toujours des arguments qui ne tiennent pas debout, et sont précisément avancées pour cela (voir, à nouveau, l’exemple de l’austérité, présentée comme rationnelle du point de vue économique alors que tout le monde sait que ce n’est pas le cas). C’est, enfin, le refus du principe de contradiction - le fait que l’on puisse remonter aux fondements mêmes des décisions qui sont prises, et les discuter, possibilité suscitant aussitôt des réactions hystériques de la part des autorités.

Ce délire généralisé, que manifestent les autorités européennes, doit être interrogé. Pourquoi se déploie-t-il de manière si impudique sous nos yeux ? Pourquoi continue-t-il à faire semblant de se trouver des raisons, lorsque ces raisons n’ont plus aucun sens - ne sont que des mots vides, des slogans creux et des logiques inconsistantes ? La réponse est simple : il s’agit bien de fascisme. Il s’agit de se donner une couverture idéologique de pure convention, un discours auquel on fait semblant d’adhérer, pour, en vérité, réaliser une autre opération. Comme je l’ai suggéré plus haut, cette autre opération est une opération d’ordre : il s’agit de s’assurer de la domestication toujours plus dure des populations européennes - de ce qu’elles ne réagiront pas aux mesures de plus en plus violentes prises à leur encontre. Des gouvernements qui se prétendent démocratiques ont été élus par les différentes populations européennes - mais ce sont des gouvernements dont le programme caché est tout le contraire : ce sont des gouvernements qui souhaitent la fin de la démocratie, car la démocratie ne les arrange pas. Tout le reste n’est que prétexte. Or, ce que le nouveau gouvernement grec tente de réaliser, c’est réintroduire un peu de réalisme au milieu de l’invraisemblable délire politique, économique et rationnel dans lequel baigne l’Europe - donc un peu de démocratie. Mais, ce faisant, il rend apparent l’ampleur de la crapulerie régnant dans les autres pays du continent - et, cela, on ne le lui pardonnera pas.

Comprendre la "crise grecque"...

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vérités sur la Grèce...

3 Juillet 2015, 06:31am

Publié par pam

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manger tranquille ???

20 Mai 2015, 09:25am

Publié par pam

En quinze ans, les organismes génétiquement modifiés ont profondément bouleversé les habitudes de production dans le monde agricole. Des firmes agrochimiques, à l'instar de Monsanto, ont donné naissance à des variétés de soja et de maïs, plus résistantes aux pesticides. Pour autant, des effets secondaires sont constatés par les éleveurs et agriculteurs. Au Danemark, où la quasi-totalité des animaux d'élevage est nourrie au soja transgénique, les éleveurs de cochon ont vu apparaître un mal nouveau, la mort jaune, une maladie gastrique qui tue 30% des bêtes. En Argentine, la culture transgénique a permis d'augmenter de 65% de la surface cultivable. Les riverains de ces exploitations dénoncent une pollution massive issue des pesticides.

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Tout va s'effondrer, alors préparons la suite...

8 Mai 2015, 06:47am

Publié par Marie Astier pour Reporterre

Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, de Pablo Servigne et Raphaël Stevens.

Entretien avec Pablo Sevigne

Le pic pétrolier, le climat qui se dérègle, la biodiversité qui disparaît… Les scientifiques nous bombardent de nouvelles alarmistes, mais que faire ? Prenons-les enfin au sérieux, préconise Pablo Servigne, co-auteur de « Comment tout peut s’effondrer ». Mais pas de panique : même si le chemin n’est pas facile, il faut l’accepter, pour commencer à préparer le monde d’après.

Sur quels faits vous appuyez-vous pour affirmer que l’effondrement est possible ?

Nous avons rassemblé un faisceau de preuves qui viennent des publications scientifiques. Les plus évidentes sont liées au fait que notre civilisation est basée à la fois sur les énergies fossiles et sur le système-dette.

Le pic de pétrole conventionnel a eu lieu en 2006-2007, on est entrés dans la phase où l’on exploite le pétrole non conventionnel : sables bitumineux, gaz de schiste, pétroles de schiste, etc. Déjà, c’est un signe qui ne trompe pas.

Ensuite, il y a un siècle, on investissait un baril de pétrole et on en retirait cent. On avait quatre-vingt-dix-neuf barils de surplus, on nageait dans le pétrole. Un siècle après, ce taux de retour est descendu à dix ou vingt, et cette diminution s’accélère. Or, en-dessous d’un certain seuil, entre quinze et vingt, c’est dangereux pour une civilisation. Pour fonctionner, notre société a besoin de toujours plus d’énergie. Or il y en a toujours moins. Donc à un moment, il y a un effet ciseaux.

En même temps, pour fonctionner, notre société a besoin de toujours plus de croissance. Pendant les Trente glorieuses, les deux-tiers de notre croissance faramineuse venaient des énergies fossiles. Sans énergies fossiles il n’y a plus de croissance. Donc toutes les dettes ne seront jamais remboursées, et c’est tout notre système économique qui va s’effondrer comme un château de cartes.

Dans ce schéma, quelle place a la crise écologique ?

Dans notre livre, on prend la métaphore de la voiture. Il y a la question du réservoir d’essence : à un moment il sera vide. C’est ce que je viens d’expliquer. Et il y a un autre problème : la voiture va de plus en plus vite et sort de la route. La science s’est rendue compte que le climat s’est emballé, que la biodiversité s’effondre littéralement. On dépasse des seuils qu’il ne faudrait pas dépasser sous peine de déstabiliser les écosystèmes qui nous maintiennent en vie. La voiture risque de se prendre des arbres. Si on va au bout, certaines études montrent que l’on peut vraiment éliminer presque toute vie sur Terre. On en est à ce point là.

Donc la crise écologique est beaucoup plus grave que les crises économiques. Certaines civilisations anciennes se sont effondrées économiquement et politiquement. Quelques siècles après, ça renaît. Et puis il y a des civilisations qui se sont effondrées pour des cause écologiques. L’effondrement de l’environnement provoque l’effondrement de la civilisation. Là, en revanche, la civilisation ne repart pas parce que le milieu est épuisé, mort.

Parmi toutes ces catastrophes, quelle est celle qui risque de déclencher les autres ?

Ce qui est important, pour l’étincelle qui déclenchera les autres, c’est la rapidité. Et là, c’est le système financier qui est le plus fragile. Les effondrements financiers sont très rapides, même s’ils sont moins graves. Le problème, c’est qu’ils peuvent déclencher un effondrement économique, donc du commerce physique, qui peut déclencher un effondrement politique, et plus tard un effondrement des institutions sociales, de la foi en l’humanité, de la culture, etc.

On utilise plutôt les mots « crise » ou « catastrophe » : pourquoi avoir choisi de parler d’« effondrement » ?

On a quand même utilisé les mots catastrophe et crise. Catastrophe, on l’aime bien parce qu’il est provocateur. En fait nous sommes devenus catastrophistes. Cela ne veut pas dire qu’on souhaite les catastrophes ou qu’on arrête de lutter contre. Cela veut juste dire qu’on est lucides et qu’on les accepte.

Le mot crise, lui, ne convient pas parce qu’il sous-entend que l’on peut revenir à l’état de normalité qu’on avait avant la crise. Or ce n’est pas le cas. Donc parler de crise est un abus de langage, même si on l’a quand même un peu utilisé dans le livre.

Effondrement est un mot qui nous plaît bien parce qu’il est très large. Il permet d’être aussi bien du côté de la raison, de parler des rapports scientifiques, que de toucher l’imaginaire. Quand on parle d’effondrement, les gens voient Mel Gibson avec un fusil à pompe, ou des films de zombies. Mais il y a beaucoup d’autres choses qui peuvent émerger. Donc notre travail, c’est de donner chair à ce mot d’effondrement. D’arriver à décrire ce à quoi il pourrait correspondre dans notre société, pour la génération présente, en-dehors des mythes hollywoodiens.

Et cela permet aussi de se rendre compte que c’est un processus.

Oui. Dans notre imaginaire, on a la notion d’apocalypse. Du jour au lendemain, il n’y a plus rien et c’est la barbarie. En fait non. Quand on parle d’effondrement, on parle aussi bien d’une catastrophe financière qui arrive en quelques heures, que d’une catastrophe climatique qui arrive en quelques décennies voire en quelques siècles. Toutes les grandes civilisations qui se sont effondrées ont mis des dizaines voire des centaines d’années à le faire.

Si ça s’effondre, qu’est-ce qui s’effondre exactement ?

On a creusé cette question en partant de ce qui était vulnérable. Aujourd’hui dans nos sociétés, on a une économie, des lignes d’approvisionnement, un système financier, des structures de flux – tout ce qui est système alimentaire, système d’approvisionnement en eau, système médical. Tout cela est devenu extrêmement fragile parce que complexe, inter-connecté. Donc ce qui va s’effondrer, c’est tout ce qui dépend des énergies fossiles. Cela inclut les énergies renouvelables et le nucléaire, car pour les fabriquer, il faut des énergies fossiles. Quand on se rend compte que quasiment toute notre nourriture dépend du pétrole, qu’est-ce qu’on va manger ? Ce qui va s’effondrer est absolument gigantesque.

Une autre manière de répondre est que plus un pays est riche et industrialisé, et hors sol, plus il va tomber de haut. Aux périphéries, cela va être beaucoup moins grave et il va y avoir des jeunes pousses qui vont pouvoir relancer une civilisation. Par exemple, pendant la crise des subprimesde 2008, il y a eu trente-cinq pays qui sont entrés en émeutes de la faim, juste à cause d’une fluctuation des matières premières. Au Mozambique, ils n’étaient pas connectés au système mondial économique, et ils n’ont pas subi cette crise.

Est-il possible d’éviter cet effondrement ?

Non, c’est un des grands messages du livre. L’éviter voudrait dire qu’on continue notre trajectoire de croissance. Or non seulement ce n’est plus possible (on l’a montré avec la fin des énergies fossiles), mais si on continue de croître, le réchauffement climatique et la destruction de la biodiversité provoqueront un effondrement de notre civilisation. L’autre voie pour éviter un effondrement serait de bâtir une économie qui n’ait pas besoin de croissance. Mais sans croissance, la civilisation industrielle actuelle s’effondre. Donc de tous les côtés, ça s’effondre. On est cernés.

La posture du livre est de l’accepter. Il y a un effondrement, d’accord, on respire. On apprend à gérer sa raison, à gérer ses émotions, à gérer son rapport avec les autres, avec l’avenir. J’ai dû renoncer à des rêves que j’avais pour moi, mais j’ai dû renoncer à des rêves que j’avais pour mes enfants. C’est très douloureux. Une piste de sortie, c’est que l’effondrement peut être vu comme une opportunité incroyable d’aller vers quelque chose qu’on peut commencer à construire dès maintenant.

Est-ce qu’on le saura, quand l’effondrement arrivera ?

Vous connaissez la fable de la grenouille ? Quand on met une grenouille dans l’eau bouillante, elle saute. Quand on la met dans l’eau froide et qu’on fait peu à peu monter la température, elle reste jusqu’à en mourir parce qu’elle ne se rend pas compte que l’eau devient bouillante… Notre intuition est que peut-être, en Grèce, en Espagne, en Syrie, l’effondrement a déjà commencé. Nous, on n’est pas encore touchés parce qu’on est riches.

Comment êtes-vous arrivé à concentrer vos recherches sur l’effondrement ?

Un spécialiste du pic pétrolier, dans un colloque, a un jour parlé de ce qu’il appelle des « Oh my God points » [des points « oh mon Dieu » - NDLR]. Ce n’est pas un choc de la tête, c’est un choc du ventre et du cœur et après, plus rien n’est pareil.

Mon premier, c’était le pic pétrolier. J’ai vu un documentaire sur comment Cuba a survécu au pic pétrolier, et ça m’a tellement bouleversé que j’y suis allé pendant deux mois. Un autre grand « Oh my god point » est ma rencontre avec Dennis Meadows, le co-auteur du rapport du club de Rome [Rapport sur les limites de la croissance, 1972 - NDLR]. Son message est clair : il est trop tard pour le développement durable, il faut se préparer au choc, et construire des petits systèmes résilients parce que l’effondrement est là. Cela fait quarante ans qu’il dit cela, personne ne l’écoute. Le rapport prévoit un effondrement pour le début du 21e siècle et c’est ce qu’on est en train de vivre.

Pourtant, la grande majorité des gens ne voient pas l’effondrement.

Ils sont dans le déni, parce que c’est trop violent.

Après plein de gens savent. C’est le grand problème de notre époque : on sait mais on ne croit pas. Les mythes sont toujours plus forts que les faits. Notre mythe, c’est la croissance infinie, la techno-science qui domine la nature. Si on trouve un fait qui ne colle pas avec ces mythes, on le déforme pour le faire rentrer. On dit qu’on trouvera de nouvelles énergies, par exemple.

C’est pour cela qu’avec ce livre on est sur le terrain de l’imaginaire, qui est beaucoup plus fort que les faits, et structure la manière de donner sens au monde. On dit que l’utopie a changé de sens : les utopistes sont aujourd’hui ceux qui croient qu’on peut encore continuer comme avant.

Accepter l’effondrement, c’est comme accepter la mort d’un proche. Il faut dépasser les phases du deuil : le déni, le marchandage, la colère, la tristesse et l’acceptation. Beaucoup de gens sont encore dans le déni, mais il y en a aussi dans la tristesse, dans la colère. Et il y en a qui sont dans la joie, parce qu’ils sont déjà dans l’acceptation.

A la fin de l’année se déroulera une grande conférence sur le climat à Paris. N’est-ce pas la preuve que nos élites politiques ne nient plus l’effondrement et cherchent des solutions ?

Non, je pense que les politiques n’y croient pas. C’est bien que des gens se mettent autour de la table pour parler de climat, cela a au moins une vertu pédagogique. Mais parler de solutions, c’est tordu. Cela laisse la porte ouverte à tous les techno-béats qui sont là à trépigner avec la géo-ingénierie. Et cela empêche de se rendre compte que le changement climatique, même si tout s’arrête d’un coup, c’est déjà trop tard, il s’est emballé.

Mais on peut limiter les dégâts, c’est pour cela que c’est bien de mener des négociations. Et surtout on doit le faire parce qu’aujourd’hui, il n’y a aucun grand conflit international. C’est le moment idéal pour des négociations.

Que peut-on faire d’autre au niveau politique pour faire face à l’effondrement ?

On est dans des paradoxes, car si quelqu’un au niveau politique commence à parler d’effondrement cela va créer une panique des marchés financiers, qui va provoquer l’auto-réalisation de l’effondrement. Il va provoquer ce qu’il voulait éviter.

En revanche, on peut agir au niveau micro-politique. Avec l’effondrement, les macro-structures vont souffrir. On va retourner à des sociétés beaucoup plus locales. Le mouvement de la transition est en train de redonner du pouvoir aux gens au niveau municipal. C’est cette échelle qui permet de passer à l’action rapidement.

Vous dites que pour décrire l’effondrement, les faits scientifiques ne suffisent pas. Il faut aussi avoir l’intuition qu’il arrive. Ceux qui portent des alternatives sont-ils ceux qui ont cette intuition ?

Pour beaucoup, oui. Il y a des millions d’individus dans le monde qui sont déjà dans le monde post-pétrole, post-effondrement : le monde d’après.

Le problème est que si on n’a pas encore mis les lunettes de la transition, on ne voit pas ces initiatives. On ne comprend pas pourquoi tel paysan a développé la traction animale. Or dans vingt ans, l’agriculture industrielle se sera effondrée et tout le monde sera à la traction animale.

Il faut se mettre en transition, c’est une opportunité de changer le monde. Cela veut dire construire des « réseaux des temps difficiles ». C’est retrouver le lien aux autres, à la nature, avec nous-mêmes. C’est accepter l’interdépendance de tous les êtres. Quand une civilisation s’effondre, les bâtiments peuvent s’effondrer, il reste les liens humains.

A quoi ressemblerait ce monde d’après, ce monde en transition ?

Ce n’est pas à moi de répondre à cette question. Ce qu’on donne dans ce livre, ce sont des outils pour qu’avec votre imaginaire, vous forgiez votre monde d’après. Il sera différent d’un pays à l’autre, d’une personne à l’autre, c’est la mosaïque de l’effondrement. Je ne sais pas si on arrivera dans un grand sursaut collectif à en atténuer les effets, ou si on ira vers plus de guerres, de famines, de catastrophes. Mais je sais qu’il y a un grand chemin intérieur à faire, qu’on a déjà commencé et qu’on est nombreux.

Ici nous sommes au Hameau des buis, une communauté installée dans la campagne ardéchoise. Avoir fait le choix d’habiter ici, est-ce une façon d’anticiper l’effondrement ?

J’aimerais dire non, mais en fait je dois avouer qu’au fond de moi, j’ai fait cela pour quitter la ville parce que je sens qu’à ville, cela va être de plus en plus difficile. Un grand exode urbain a commencé. Plein de jeunes, de néoruraux, de « nimaculteurs » - non issus du monde agricole - y participent.

Et la transition, comment l’amorcez-vous ici ?

Ici, au Hameau des buis, on n’est pas du tout autonomes en énergie, en alimentation, etc. Quand je suis arrivé, j’ai fait ma conférence et cela a provoqué des « Oh my god points ». On a entamé des travaux pour être autonomes en eau et en alimentation. On se dit qu’il va falloir qu’on ait des chevaux pour se débrancher de la voiture.

Pour moi, la transition c’est l’histoire d’un grand débranchement du système industriel. Se débrancher avant qu’il ne s’effondre et nous emporte avec. Car pour l’instant, si tout s’effondre on est mort : je ne sais pas vivre sans voiture et sans supermarché.

- Propos recueillis par Marie Astier

Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, de Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Ed. Le Seuil, 304 p., 19 €

Tout va s'effondrer, alors préparons la suite...

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