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Vivre ou travailler ?

23 Août 2013, 06:51am

Publié par pam

Suite à un article dans Yog'lavie : "ils ont choisi de ne plus travailler" du 22 aout, je vous propose un extrait de "Attention danger travail" de Pierre Carles... ça commence à dater mais c'est malheureusement toujours autant d'actualité.

C'est même ça le problème : de plus en plus de chômeurs, des riches de plus en plus riches et le nombre de pauvres, de précaires, de laisser-pour-compte qui augmentent encore et encore, de même que le nombre des travailleurs mal payés ou sous payés, toujours plus exploités et avilis par des emplois indignes ou inutiles , et à qui on ne propose en échange que la consommation de biens inutiles ou dangereux pour leur santé, et à la sortie du boulot, juste assez d'énergie pour quelques heures devant la télé où on leur manipule les neurones par des infos trafiquées, orientées, anxiogènes et limitées, histoire de leur montrer l'horreur environnante et la chance qu'ils ont de faire ce boulot pourri et inintéressant en échange de miettes qu'ils dépenseront en biens de consommation toujours plus périssables et inutiles.

Il suffirait d'arrêter de consommer, de fermer la télé, de se contenter de moins mais avec une meilleure qualité de vie, du temps pour ceux qu'on aime...etc... Mais ça fait peur, on préfère être "comme tout le monde", rester dans le rang, se lever chaque matin pour faire un boulot même nul ou inutile. Mais ça rassure, on pense à la retraite, à l'avenir, à la santé et on finit par se réveiller vieux, moche et un peu abimé de partout, on a perdu sa vie à la gagner, on a enrichi le système, le patron, les politiques et leurs sbires.

Il y a tant de choses à faire qui ne coutent rien, tant de merveilles à découvrir autour de nous, tant de possibilités de s'enrichir intellectuellement, intérieurement, personnellement. Tant de choses à apprendre, ne serait-ce que pour faire nous-mêmes ce qui nous fait besoin ou qui nous manque, seul ou contact des autres, ceux qui nous environnent et qu'on ne prend plus le temps d'écouter, de regarder faire, de regarder vivre.

La société qu'on nous propose ne fonctionne que si une grande majorité se laisse manipuler, museler, standardiser pour qu'une poignée de privilégiés en profite. Annihilés par la peur de "perdre", de régresser, ce pourcentage énorme de la population s'auto-esclavagise silencieusement, alors qu'une semaine ou deux de grève du travail généralisée et pacifiste suffirait à faire passer plus de justice, plus de respect de l'homme et de la nature, n'importe quelle revendication honnête et globale en fait.

Arrêter de consommer permet d'arrêter de travailler.

Limiter ses besoins permet de limiter ses contraintes.

Revenir à l'essentiel, notre essentiel à chacun différent, retrouver le temps et l'énergie de faire nous-mêmes plutôt que de "payer pour", d'avoir le temps et l'énergie pour apprendre à faire et ainsi retrouver le plaisir et la satisfaction d'un travail utile, intéressant et constructif voilà qui peut remplir une vie et calmer cette peur de manquer, de perdre son travail, ses avantages sociaux, ses petits privilèges perso.

Ouvrons les portes et les fenêtres, de notre maison et de notre coeur, de notre esprit et de nos rêves, ne laissons personne être maître de notre temps, de nos envies, de notre vie. La vie est belle quand on retrouve la liberté et le temps de partager. Il suffit d'oser faire le premier pas, vous verrez, ensuite c'est facile parce que le bonheur est au bout du chemin !

P.S. : depuis que j'ai visionné le reportage d'Arte sur l'exploitation animale, je ne peux m'empêcher de penser à la vie de cet homme qui chaque jour passe des heures à trier des poussins qu'il jette devant lui dans une vis sans fin qui les broie vivants. Quel karma pour lui ? comment l'aider ? quel avenir pour lui après ça ? combien qui comme lui sacrifient leur santé mentale et physique, et pour quoi, pour qui ? En fermant les yeux, nous cautionnons. Nous avons tous notre part de culpabilité (oh le vilain mot !), nous n'avons pas le droit d'ignorer les dégâts que nos styles de vie impliquent pour nous, pour les autres et pour notre petite planète encore verte et bleue mais plus pour longtemps sans prise de conscience globale, sans révolte salutaire à notre échelle et à l'échelle du monde.

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L
passant chez yog, me voici..

" sans révolte salutaire à notre échelle"

on peut voir la révolte comme une véritable révolution qui bouleverse tout et penser qu'on n'est pas encore prêt..
Pourtant s'il s'agit bien d'une révolution c'est dans le sens d'un tour complet sur soi pour changer d'angle de vue et cela peut se faire à tout instant de manière silencieuse et légère.
La suite en découle naturellement dans la modification des comportements.
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P
depuis l'enfance je suis révoltée ! la révolte fait partie de moi !!! petite fille je refusais d'accepter sans comprendre, je demandais sans cesse des explications... et bien sûr je fatiguais tout le monde ! depuis je vois la révolte comme un moteur positif qui fait avancer l'être humain et le monde tout entier. On disait de moi que je ne savais pas ce que je voulais mais que je savais trop bien ce que je ne voulais pas, je ne crois pas avoir beaucoup changé. La liberté et l'intégrité sont je crois à ce prix. Ce n'est pas un chemin facile et souvent solitaire mais c'est le mien.
J'aime ta référence à "changer de point de vue", c'est souvent la seule solution pour sortir d'une impasse, pour résoudre un problème qui nous bloque, quelques fois depuis longtemps, quelques fois jusqu'à nous rendre malade. Mais il faut pour cela accepter de changer, d'évoluer, de se remettre en question, de ne rien tenir pour acquis.
N'être ni mouton ni loup, juste un être humain libre et conscient.
Merci pour tes messages éclairés, j'y réponds tardivement car ils s'affichent seulement au bout de quelques jours... patience !!! et bonne journée.