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vivre en yourte

6 Avril 2014, 08:15am

Publié par Pam

connaissez-vous le blog : http://yurtao.canalblog.com/

allez y faire un tour et pour vous mettre l'eau à la bouche la couverture de son livre et voici son dernier texte :

vivre en yourte

YURTAO, la voie de la yourte.

le TAO de la yourte

Oeuvrer sans agir.

02 AVRIL 2014

Oeuvrer sans agir.

« Maintenant, tu vas faire quoi ?

Et demain, tu veux quoi pour demain ? »

La question me laisse sans voix, ou juste avec un « je ne sais pas » imbécile.

Quel après ? Après quoi ? Ce calendrier m'échappe, je ne connais de plus tard que ce qui est en gestation maintenant.

Ça s'énerve : « Alors, c'est quoi tes projets ?! »

Je ne sais pas pourquoi je n'arrive pas à répondre que je n'en ai pas, ou plus. Sans doute parce qu'il faut des explications et que j'en ai marre d'expliquer.

Pourtant, c'est simple, je n'ai plus de projets parce que j'ai réalisé ce que je voulais.

Habiter la nature en ermite, m'adonner aux livres, aux fleurs,

aux arbres, au merveilleux et à l'anodin du quotidien.

C'est enfin arrivé.

Après bien des détours, des empêchements, des erreurs, du malheur.

Que peut-il donc y avoir comme après à la réalisation ?

Que vouloir d'autre que jouir désormais du rêve réalisé ?

Que d'accompagner joyeusement le sage ralentissement de la vieillesse ?

Quoi d'autre que s'établir dans une écoute plus approfondie, plus ouverte ?

Quoi de mieux que cet apprivoisement de la fusion à l'indicible, qui préserve de la distraction ?

Rien, il n'y a rien d'autre à désirer que d'être là, attentive au présent, à ce qui advient.

Tout ce qui a existé avant n'a eu lieu que pour me mener là où je suis.

Suivre les saisons, contempler les transformations,

puiser l'eau, couper le bois, nourrir le feu,

soigner les restitutions à la terre,

enfouir des bulbes, repérer l'ortie, le chénopode, les noisetiers sauvages,

surveiller les boutures, dégager un chemin,

jeter des boules d'argile pleines de graines dans la forêt ravagée,

découvrir des yeux dans les branches,

une foule de vivants dans les plantes,

et sourire aux esprits.

Admirer les tulipes au milieu des bruyères arborescentes en liesse,

et les muscaris au coin des restanques,

surveiller les petites salades qui pointent,

tresser des nids pour parler aux oiseaux,

écouter les vibrations des pierres,

mijoter un ragoût de pousses de houblon,

s'éblouir des fleurs de cerisiers,

suspendre des colliers au cou des troncs,

et des grappes aux arbres morts,

se laisser fasciner par les reflets chatoyants du soleil

sur les rideaux et les drapeaux

et, quand le ciel est voilé,

s'abriter sous un flot d'étoiles.

Allumer la chandelle,

tricoter des attrape-rêves,

dénicher la phrase qui ira bien pour dire

comment le petit déjoue l'assaut du méchant,

choisir la lecture inspirée du soir.

Et toujours, continuer à gamberger sur cabanes de toiles.

Je ne vois rien qui puisse égaler ce bonheur simple qui s'élève de la racine de l'être jusqu'au troisième œil et pardessus la tête vidée, aérée, avec de toutes petites choses qu'on est seul à savourer.

Ni amoureux, ni voyages, ni renommée, ni argent, ni promotion, ni château, ni bateau, ni île déserte, aucune promesse, aucune illusion.

Rien de mieux que ne plus rien attendre, ne plus rien exiger.

Avoir compris que le monde peut continuer sans soi,

être rassurée de ne pas avoir à s'éterniser.

Parce que dès que s'établit le réel, les effets de la paix intérieure se dégustent au quotidien : évitement des confrontations, respect,réconciliation, pudeur, équanimité, tempérance, compassion, stabilité, humilité, joie sans objets, communion avec la nature, disponibilité à l'intime et à la grâce, ravissements.

L'absence de projet dégage l'avenir de projections et planifications contraignantes, comme la toile blanche du peintre où sont invitées toutes les couleurs,

un peintre dont la production n'est commandée que

par l'appel viscéral de l'intériorité.

Alors le cadre de l'action s'ouvre par le haut,

comme un vase attendant son bouquet.

Car, selon le Tao, ce qui est plein entraîne la possession

et ce qui est vide produit l'œuvre.

L'artiste libre saisit le pinceau

et tout se passe sans soi, en pure création.

Comme la rose qui ne fait aucun effort pour être belle,

dans le repos du « vouloir faire » s'épanouit le fruit de l'être.

vivre en yourte

sans commentaires (de ma part) trop touchée je crois mais je vous conseille une visite sur son blog ne serait-ce que pour voir les images de sa yourte, de ses oeuvres de land art, de sa vie. Je suis dans l'admiration !

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P
il y a vraiment des gens formidables ! dommage que les médias parlent toujours du pire ! je continue mes drapeaux multicolores entre deux séances de jardinage ! bonne journée, Pam...
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H
C'est très beau.une sage.<br /> tu as terminé tes bandes de tissu.?<br /> Je trouve passionnant le blog 'vivre cru' que tu m'avais indiqué.<br /> bonne semaine<br /> Hélène
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