Bonheur et méditation...
Matthieu Ricard, "Plaidoyer pour le bonheur" extraits :
XXI - LE BONHEUR AU LABORATOIRE.
Adage bouddhiste : “ Il n’y a pas de grande tâche difficile qui ne puisse être décomposée en petites tâches faciles.”
On doit s’interroger sur les rapports entre le bonheur et le fonctionnement du cerveau.
Notre monde émotionnel peut être considérablement bouleversé par des anomalies cérébrales. Est-il possible de modifier durablement les configurations cérébrales en pratiquant certaines activités physiques et en cultivant divers états mentaux par un entraînement de l’esprit ?
On parle actuellement de neuroplasticité : le cerveau évolue continuellement en fonction de nos expériences (établissement de nouvelles connexions entre neurones, renforcement de connexions existantes, fabrication de nouveaux neurones). Exemple typique : la pratique musicale.
Pas de centre des émotions, mais interaction de plusieurs régions du cerveau.
À l’inverse, le cortex préfrontal gauche est plus actif chez les gens joyeux, altruistes, enthousiastes, vifs d’esprit ; et le cortex préfrontal droit est plus actif chez les dépressifs, anxieux, pessimistes. Ce serait présent dès l’enfance.
Le rapport personnel droite-gauche serait le point d’équilibre émotionnel.
Daniel Goleman : “Dans quelle mesure peut-on former le cerveau à fonctionner de façon constructive, à remplacer l’avidité par le contentement, l’agitation par le calme, la haine par la compassion ? Les médicaments sont la principale réponse de l’Occident aux émotions perturbatrices, pour le meilleur et pour le pire. Mais peut-on, par nos propres efforts, obtenir des changements positifs et durables du fonctionnement de son cerveau ?”
Des recherches ont envisagé la méditation comme un entraînement de l’esprit, comme une réponse pratique à l’éternel casse-tête que constitue la gestion des émotions perturbatrices. Les résultats sont prometteurs.
Contrairement à la plupart des sujets inexpérimentés, un moine peut volontairement réguler son activité cérébrale. Des méditations différentes entraînent des changements notables et distincts, autant que l’éveil et le sommeil. Corroborant aussi le fait que les altruistes manifestent la plus grande satisfaction de vivre.
Un autre test fait suivre très rapidement des expressions faciales traduisant des émotions. La capacité de reconnaître des expressions fugaces indique une disposition inusuelle à l’empathie et à la perspicacité. L’étude montrait que les plus doués sont aussi les plus ouverts, curieux des choses en général, consciencieux, fiables et efficaces. Les méditants pulvérisèrent les records de reconnaissance des signes émotionnels. Le Dalaï-lama avança que ce pouvait impliquer deux formes d’aptitude : un accroissement de la vitesse de cognition, qui faciliterait la perception de stimuli rapides, et une plus grande réceptivité aux émotions des autres.
Du point de vue des sciences cognitives, on pourrait décrire la méditation comme un effort systématique de focalisation de l’attention et des facultés mentales et émotionnelles qui l’accompagnent.
La méditation peut donc induire de profondes transformations du cerveau.
Si les méditants entraînent leur esprit de façon à maîtriser leurs émotions destructrices, pourrait-on intégrer certains aspects pratiques, non religieux, d’un tel entraînement dans l’éducation des enfants ? Pourrait-on inciter les gens à mieux gère leurs émotions destructrices en s’essayant à certaines de ces méthodes d’exercices de l’esprit ?
Le Dalaï-lama : “Je ne cherche pas à promouvoir le bouddhisme, mais plutôt la façon dont la tradition bouddhiste peut contribuer au bien de la société. “