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au sujet de la paix ...

23 Septembre 2013, 07:23am

Publié par pam

La paix est un trésor de l’esprit qui ne s’acquiert pas sans efforts. Si nous nous laissons submerger par nos problèmes personnels, si tragiques soient-ils, nous ne faisons qu’accroître nos difficultés et devenons également un fardeau pour ceux qui nous entourent. Il est essentiel d’acquérir une certaine paix intérieure, de sorte que, sans diminuer en aucune façon notre sensibilité, notre amour et notre altruisme, nous sachions nous relier aux profondeurs de notre être.

Il est commun en Occident de considérer la souffrance comme une anomalie, une injustice ou un échec. En Orient, celle-ci est moins dramatisée et on l’envisage avec plus de courage et de tolérance. Aux yeux d’un occidental, beaucoup plus individualiste, tout ce qui perturbe, menace et finalement détruit l’individu est ressenti comme un drame absolu car l’individu constitue un monde à lui seul. En Orient, où prévaut une vision plus holistique du monde et où l’on accorde une plus grande importance aux relations entre tous les êtres et à la croyance en un continuum de conscience qui reprend naissance, la mort n’est pas un anéantissement, mais un passage.

“Une profonde souffrance peut nous ouvrir l’esprit et le cœur, et nous ouvrir aux autres.” Dalaï-Lama.

La souffrance peut être un extraordinaire enseignement, à même de nous faire prendre conscience du caractère superficiel de nombre de nos préoccupations habituelles, du passage irréversible du temps, de notre propre fragilité et surtout de ce qui compte vraiment au plus profond de nous-même.

“À long terme, la souffrance favorise la découverte d’un monde où il n’y a pas de séparation réelle entre l’extérieur et l’intérieur, entre le corps et l’esprit, entre moi et les autres.” Guy Corneau.

Il serait absurde de nier que la souffrance peut avoir des qualités pédagogiques si l’on sait l’utiliser à bon escient. Par contre, s’y résigner en pensant simplement “c’est la vie !” équivaut à renoncer d’avance à cette possibilité de transformation intérieure qui s’offre à chacun et permettrait d’éviter que la souffrance ne soit systématiquement convertie en malheur. Ne plus être submergé par des obstacles comme la maladie, l’inimitié, la trahison, la critique ou les revers de fortune ne signifie en rien que les événements ne nous affectent pas, ni que nous les ayons éliminés à jamais, mais qu’ils n’entravent plus notre progression vers la liberté intérieure. Il est important de ne pas laisser l’anxiété et le découragement envahir l’esprit.

Shantideva : “S’il y a un remède, à quoi bon le mécontentement ? S’il n’y a pas de remède, à quoi bon le mécontentement ?”

Blâmer les autres pour nos tourments et voir en eux les seuls responsables de nos souffrances revient à nous garantir une vie misérable. Ne sous-estimons pas les répercussions de nos actes, de nos paroles et de nos pensées. Si nous alternons comportements altruistes et nuisibles, ne soyons pas surpris de glaner un mélange de joies et de souffrances.

d'après Matthieu Ricard "Plaidoyer pour le bonheur".

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